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interviewFrance Culture· 25 juin 2026 40 min

Interview : Marine Le Pen explique ses choix et projets pour la France

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Guerre au Proche-Orient, Russie aux portes de l'Europe, fracture avec Washington dans un monde multipopulaire où les menaces se multiplient. Quelle politique étrangère défend le Rassemblement National ? Bonjour Marine Le Pen. Bonjour. Vous êtes présidente du groupe RN à l'Assemblée Nationale. Nous allons vous poser des questions sur la situation internationale avec mon camarade Jean Lémarie qui m'accompagne avec tout d'abord cette actualité autour des relations entre Donald Trump et Georgia Mellonie. Il y a eu autour du 19 juin une passe d'armes.

Entre eux, cette passe d'armes signifie un éloignement, une sorte de rupture de Georgia Mellonie avec Donald Trump tandis qu'elle passait hier pour particulièrement proche du président américain. Qu'est-ce que ça vous inspire ? Quelle attitude souhaitez-vous adopter justement vis-à-vis de Donald Trump ?

0:52
Marine Le Pen

Je crois qu'au-delà des difficultés personnelles entre Donald Trump et Georgia Mellonie, chaque dirigeant, en tout cas qui mériterait ce nom-là, doit défendre les intérêts de son pays. Et autant, on a tendance à trop l'oublier. L'objectif pour Georgia Mellonie, je crois, c'est défendre les intérêts de l'Italie. Je ne suis pas sûr que ça change fondamentalement les relations qu'elle peut avoir avec les États-Unis. Mais c'est vrai qu'il a été très insultant. Et donc je comprends très bien la réaction d'orgueil national qui a été celle de Georgia Mellonie. Est-ce que c'est une rupture définitive entre les deux nations ? Certainement pas.

Est-ce que c'est un rafraîchissement sévère entre les deux personnes ? Très certainement.

1:40
Présentateur

Mais pour vous, c'est un faux ami, Donald Trump ?

1:43
Marine Le Pen

Mais on n'a pas d'amis en matière internationale, pardon de le dire. Enfin, je veux dire, je le rappelle, c'est une évidence depuis toujours. On a des intérêts. Ces intérêts peuvent être communs ou ils peuvent être contradictoires. Je veux dire, une nation peut être dans le même temps un adversaire, un concurrent ou un allié. C'est ainsi, il faut l'admettre et justement, il faut éviter ces formes de positionnement, de posture, dirais-je, qui en réalité évitent d'analyser la situation pour être capable de passer de l'un à l'autre.

2:18
Présentateur

Bon alors, on n'a pas d'amis, mais on peut avoir des accointances idéologiques, politiques. Un certain nombre de membres du Rassemblement national se disaient séduits sur une partie de la politique de Donald Trump. Vous, qu'en est-il ?

2:32
Marine Le Pen

Non, ce n'est pas réellement ça. En réalité, quand Donald Trump dit...

2:35
Présentateur

Tu as entendu dire quelqu'un qu'il avait beaucoup d'énergie, par exemple.

2:38
Marine Le Pen

Oui, bon d'accord, ok. Enfin, ça n'en fait pas un alignement, quoi, si vous voulez. Il fait une qualité, déjà. Il est incontestablement le symbole d'une forme de volonté politique. Et c'est vrai qu'en Europe, cette volonté politique, on l'a peu vue, il faut bien le dire, depuis des décennies. Donc la volonté politique, ça veut dire qu'au-delà de l'administration, lorsque un politique est élu, il est élu pour faire quelque chose. Et donc, il se doit, en réalité, de respecter ses engagements. Ça n'est pas ce que Donald Trump a fait.

Et lorsque des membres du RN se sont félicités d'un certain nombre de ces discours indiquant que, en gros, les États-Unis rompaient avec une forme d'impérialisme, rompaient avec cette volonté d'appliquer son modèle à tous, d'user, voire d'abuser de l'extraterritorialité du droit américain, évidemment, nous nous en réjouissions parce que nous considérions qu'à l'époque, il en allait de l'intérêt de la France. Il se trouve qu'il a fait, il faut bien le dire, avec cette guerre en Irak, exactement l'inverse de ce qu'il avait promis dans ce domaine.

3:41
Présentateur

Donc, effectivement, sur l'Iran, il n'a rien réglé.

3:45
Marine Le Pen

Donc, les points... C'est peu de le dire. C'est-à-dire ? C'est peu de le dire parce que moi, il m'apparaît, si vous voulez, que l'Iran ressort de cette séquence, certainement plus puissant qu'il ne l'était, en réalité, avant cette séquence. Ce qui est un problème pour vous ? C'est toujours un problème parce que c'est un système dont nous savons qu'il écrase sous sa botte son propre peuple. Et le fait qu'à l'issue de cette guerre, ils ressortent avec leur avoir dégelé la capacité de revenir dans le concert des nations, qui ne sera peut-être pas obligatoirement, d'ailleurs, à terme, une mauvaise solution.

Mais des capacités, en réalité, militaires qui sont moins atteintes qu'on aurait pu l'espérer, n'est pas obligatoirement une bonne nouvelle. Et surtout, il y a une chose, si vous voulez, c'est que tout le monde savait que le détroit d'Hormuz, entre les mains de l'Iran, était un danger. Aujourd'hui, que c'était une forme de bombe atomique sans être la bombe atomique. Et bien, à partir du moment où ils s'en sont servis, par définition, leur pouvoir est aujourd'hui plus important qu'il ne l'était hier, où cette bombe atomique restait encore hypothétique.

4:57
Présentateur

Changement de discours au RN sur l'autre question. La question russe. Jordan Bardella dit la menace russe multidimensionnelle. Il la dénonce désormais frontalement. Vous en pensez quoi alors que le RN a voté contre la plupart des sanctions contre la Russie ?

5:16
Marine Le Pen

D'abord, nous pensons depuis toujours que les sanctions ne servent à rien. Je crois que l'Iran en est d'ailleurs, accessoirement, une démonstration.

5:24
Présentateur

Surtout si on l'élève.

5:25
Marine Le Pen

Non, mais les sanctions ne servent à rien. Pourquoi ? Parce que les sanctions, en réalité, ne frappent pas les bonnes personnes. Les sanctions, elles frappent le peuple. On l'a vu en Irak, avec un million d'enfants morts de manque de nourriture et de manque de médicaments. On le voit en Russie, on le voit en Iran, on le voit en réalité partout. Les sanctions, d'abord, un, ça ne sert à rien. Et à chaque fois que l'Union européenne propose quelque chose à voter, il y a toujours à l'intérieur, si vous voulez, l'entrée, par exemple, de l'Ukraine dans l'Union européenne. Nous y sommes opposés.

Donc, si vraiment, ils veulent qu'il y ait une unanimité sur le positionnement, alors qu'ils n'intègrent pas ce qui représente des lignes rouges absolues pour un certain nombre de groupes politiques, au premier rang desquels le Rassemblement national.

6:13
Intervenant

Jean-Lémarie, quelle est la ligne aujourd'hui du Rassemblement national face à Vladimir Poutine ? Est-ce que c'est celle de Jordan Bardella, qu'on évoquait, qui condamne l'agression russe en Ukraine ? Ou est-ce celle, par exemple, de Thierry Mariani, qui reprend régulièrement les éléments du Kremlin encore, là, tout récemment ?

6:30
Marine Le Pen

Non, mais très clairement, depuis le début de la guerre en Ukraine, nous avons été, je crois, sans aucune ambiguïté. Nous avons condamné parce que nous sommes des souverainistes. Et par conséquent, toute atteinte à la souveraineté d'un État par un autre État, toute atteinte de l'intégrité de ses frontières, fait l'objet de notre part d'une condamnation. Nous, notre ligne, c'est le droit international. Alors, je sais que c'est plus trop à la mode, mais nous sommes les défenseurs du droit international. Nous avons donc soutenu l'Ukraine dans la défense qu'elle a exprimée à l'égard de la Russie.

Mais j'avais dit, dès le début de ce conflit, il y a, en réalité, si on n'arrive pas à créer les conditions d'une grande conférence pour la paix entre, évidemment, l'Ukraine et la Russie, ça a été ma première demande, alors il y aura soit la Troisième Guerre mondiale, si l'OTAN entre dans ce conflit, soit la guerre de Cent Ans. Je vous signale que la guerre entre la Russie et l'Ukraine, aujourd'hui, a déjà duré plus longtemps que 14-18. Et je n'évoque pas ici les pertes humaines épouvantables qui ont quasiment annihilé une génération entre celle qui est morte sur le front en Ukraine et celle qui a fui le pays.

7:47
Présentateur

Vous êtes pour le droit international, donc vous condamnez la politique menée par Benjamin Netanyahou dans la guerre et les massacres perpétrés à Gaza, Marine Le Pen.

7:57
Marine Le Pen

Alors, pardon, mais nous sommes dans une situation un peu différente, puisque, en l'occurrence, Israël est attaqué. Il a été attaqué et il continue d'être attaqué par le Hezbollah et le Hamas, qui ne sont pas des États, qui sont des organisations terroristes. Enfin, je pense qu'à peu près tout le monde l'admet, sauf la France insoumise. Maintenant, par exemple au Liban, je considère que la technique qui est utilisée par Israël de bombardement de la capitale libanaise n'est pas, à mon sens, un moyen d'affaiblir le Hezbollah.

J'ai beaucoup de respect pour les services de renseignement israéliens, pour leur capacité militaire, et je pense qu'ils peuvent obtenir peut-être les mêmes résultats sans prendre le risque d'attenter, si c'est possible, à l'avis des civils. Maintenant, la problématique du Liban, c'est une problématique dans laquelle je trouve la France complètement inaudible. Là, à la fin de l'année, c'est la fin de la mission Finul, quelle est notre position ? J'ai réclamé un débat 50-1 sur ce sujet de l'après-Finul, pour qu'à l'Assemblée nationale, les différents groupes se positionnent et que le gouvernement nous dise quelle est sa position.

9:17
Présentateur

Qu'est-ce que vous voulez dire ? Vous voulez dire que, par exemple, il y a une bande entre la frontière israélienne et le fleuve Litani qui doit demeurer désarmée ?

9:27
Marine Le Pen

Je ne dis rien, je dis quelle est la stratégie de la France pour l'après-Finul. Est-ce qu'on arrête tout ? Vous, quelles sont vos demandes ? Moi, je considère que l'on doit travailler sur trois axes. Le premier axe, c'est demander le retrait israélien du Liban. Le deuxième axe, c'est procéder à avoir une mission pour l'après-Finul de désarmement effectif et progressif du Hezbollah. Et la troisième, c'est le renforcement des forces armées libanaises.

Parce que sinon, et on voit bien que le fait que le Liban n'ait pas été en réalité véritablement dans l'accord entre l'Iran et les États-Unis, fait qu'on va très certainement se retrouver à commettre les mêmes erreurs commises en 2006, où comme on n'avait pas ce mandat clair de désarmement du Hezbollah, en réalité, la période a servi au Hezbollah pour se renforcer.

10:16
Présentateur

Marine Le Pen, j'aimerais passer aux répercussions de ce conflit israélo-palestinien en France, avec la question de l'antisémitisme. J'ai trouvé sur les réseaux sociaux une sorte de petit montage qui passe, comparant Jean-Marie Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sur le sujet de l'antisémitisme. Quand avez-vous décidé, Marine Le Pen, de rompre avec l'antisémitisme de votre père ?

10:38
Marine Le Pen

D'abord, je pense que cette comparaison n'est pas raison entre les deux personnages, parce que ce qui est éminemment contestable dans le comportement de Jean-Luc Mélenchon, c'est que les propos qu'il tient sont des propos à viser électoralistes. C'est-à-dire qu'il y a une forme de cynisme politique incroyable à tenir des propos de plus en plus critiquables, de plus en plus dangereux d'ailleurs, pour les Français de confession juive, pour pouvoir attirer les voix de ceux qu'ils considèrent être sensibles à cet antisémitisme.

11:16
Présentateur

Vous voulez dire que ce n'est pas de la conviction, donc c'est plus grave que votre père pour qui c'était une conviction ?

11:21
Marine Le Pen

Non, non, ce n'est pas ce que je veux dire. Ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, nos compatriotes de confession juive sont en danger. Aussi contestable soit-elle, nous avons rompu sur ce sujet avec mon père, et je crois que j'ai pris mes responsabilités, et croyez-moi, elle n'était pas facile.

11:36
Présentateur

J'aimerais savoir, quand vous avez eu l'épiphanie, vous vous êtes dit « je ne suis pas antisémite, je ne suis plus antisémite ».

11:42
Marine Le Pen

Non, mais je ne sais pas, je ne suis plus, je ne l'ai jamais été, et je ne le serai jamais. Et il y a eu un phénomène, encore une fois, à un moment donné, non seulement de ras-le-bol, mais en plus, si vous voulez, c'est intervenu à un moment où nos compatriotes de confession juive étaient en danger. Et parce qu'ils étaient en danger, ce qui était peut-être moins le cas avant, parce qu'ils étaient à nouveau en danger, alors nous devions de les protéger.

Et j'étais venue sur cette antenne, d'ailleurs, il y a très longtemps, il y a 16 ans, pour dire qu'il y a un certain nombre de quartiers dans lesquels il ne fait pas bon être juifs, être homosexuels, être femmes, ou être simplement, somme toute, français. Et donc, j'avais analysé cette dérive auquel nous assistions, et qui aujourd'hui prend sa pleine mesure, avec le soutien affiché d'un mouvement politique comme la France insoumise.

12:39
Présentateur

Ma mère avait très très peur de votre père. Elle pensait que c'était le retour du nazisme si elle était élue. Je pense qu'il y a beaucoup de mères musulmanes qui, aujourd'hui, ont très peur de vous. Qu'est-ce que ça vous inspire ?

12:52
Marine Le Pen

Ça m'inspire un sentiment d'échec, parce que, quelque part, et donc, ça me force à être peut-être encore plus clair que ce que je suis, parce que je n'ai jamais attaqué, moi, les musulmans. Jamais. J'ai toujours combattu l'islamisme, qui est une idéologie totalitaire, qui n'est pas une religion, qui est une idéologie totalitaire. C'est elle que je combats, et je la combats aussi au bénéfice des musulmans qui, soit sont français, soit vivent en France, et qui ont le droit, en réalité, de profiter des droits qui ont été acquis dans notre pays.

Donc, je viens leur dire, si vous ne souhaitez pas que vos enfants, et bien, précisément, soient les victimes de cette idéologie totalitaire, alors, rejoignez le combat du Rassemblement National.

13:38
Intervenant

Jean-Lémarie. Vous avez sans doute vu passer cette vidéo qui tourne depuis quelques jours, cette discothèque à Arrodez, et des jeunes hommes qui crient devant des témoins « Marine au pouvoir, les Arabes à l'abattoir ». Pardon de cette citation, mais c'est ce qu'on entend dans cette vidéo. Le parquet a ouvert une enquête pour provocation à la haine ou à la violence. Pourquoi des gens racistes et violents vous veulent-ils au pouvoir, Mme Le Pen ?

14:01
Marine Le Pen

Non, mais écoutez, monsieur, ce genre de méthode n'est pas admissible, parce que la réalité, c'est que les réseaux sociaux sont pleins d'appels à la haine, d'appels à la violence, et je ne me sens aucune responsabilité dans le fait que ces jeunes hommes puissent tenir des propos que je trouve insupportables. Donc, le parquet les poursuit, tant mieux. Et j'espère que la justice les condamnera. Et je n'ai strictement, encore une fois, rien à voir avec tout cela. Demain, vous trouverez, encore une fois, des mises en cause d'autres natures, et les responsables politiques qui seraient cités dans ces propos ne peuvent pas être tenus pour responsables.

Parce que sinon, c'est une dérive, et somme toute, on ouvre à toutes les instrumentalisations possibles.

14:48
Présentateur

Bon, mais justement, dans ce cas-là, puisque vous avez rompu avec l'antisémitisme, qui était un marqueur important pour le Front National, pourquoi ne pas rompre complètement avec cette tradition d'extrême droite ? Pourquoi ne pas aller dans un...

15:02
Marine Le Pen

Mais de quelle tradition parlez-vous ? Écoutez, à la dernière élection présidentielle, je me suis fait attaquer, assez durement, il faut bien le dire, par Éric Zemmour. Précisément parce que j'avais dit que la religion musulmane est compatible avec la République française. Et qu'il considérait que j'avais commis là une forme d'outrage. Donc j'ai toujours assumé cela, que je ne m'attaquais pas à la religion. Moi, je suis le défenseur précisément de la liberté religieuse.

Mais que j'attaquais en revanche l'idéologie totalitaire islamiste, parce qu'il m'apparaît qu'elle est une idéologie de la régression, de l'enfermement des femmes, de la disparition de nos libertés individuelles, et en réalité de la disparition de notre culture. Voilà, donc vous ne pouvez pas aujourd'hui me dire que je n'ai pas fait tout ce qu'il fallait, que je n'ai pas été assez claire sur ce sujet.

15:56
Présentateur

Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale. On vous retrouve dans quelques instants. On évoquera avec vous, bien sûr, la présidentielle, cette canicule, pour connaître votre point de vue là-dessus. Et puis, tiens, on parlera aussi de l'audiovisuel public. On parlera de nous un peu. 8h sur France Culture. Les matins de France Culture, Guillaume Erner. Notre invitée, c'est Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale. Mon camarade Jean Lémarie vient d'évoquer le statut de la Corse. Un commentaire, Marine Le Pen.

16:33
Marine Le Pen

Vous savez, nous, le mot d'autonomie ne nous fait pas peur. Nous considérons qu'il peut exister une autonomie insulaire. Je l'encadre dans la proposition qui a été faite par le Rassemblement National. C'est-à-dire qu'on ne transfère pas le pouvoir législatif du Parlement à la collectivité unique de Corse, qui, au passage, n'a aucun contre-pouvoir au moment où nous nous parlons. Et donc, j'avais proposé de passer par, en réalité, une habilitation du Parlement à adapter les lois à la situation particulière, c'est vrai, de Lille. Deuxièmement, ce terme de communauté, ce n'est pas possible. Si on fait ça, on ouvre la boîte de Pandore et on ne peut pas intégrer ça dans la Constitution.

Pour une fois, le Conseil d'État, je crois, enfin, pour une fois, je suis d'accord avec le Conseil d'État, c'est assez rare pour le dire quand même. Et puis, il y a un autre concept qui pose un problème, c'est le concept de non-régression sociale et environnementale, qui veut dire qu'en réalité, il n'y a plus de liberté politique à partir du moment où on intègre ce concept dans la Constitution.

17:31
Présentateur

Vous êtes d'accord avec le Conseil d'État pour une fois. Ça veut dire que si vous étiez, par exemple, au pouvoir, vous modifieriez cette institution ?

17:41
Marine Le Pen

Non, non, pas du tout. Ce que je veux dire, c'est que... Si vous êtes en désaccord avec le Conseil d'État. Ce que je veux dire, puisqu'on parle de la Corse, ça ne passera pas, il faut 3 cinquièmes, les 3 cinquièmes ne seront pas atteints. Et donc, il faudra qu'on retravaille avec les Corses sur ce sujet après l'élection présidentielle. Et encore une fois, on peut parfaitement leur transférer une part d'autonomie à eux, comme d'ailleurs à nos territoires d'outre-mer, avec un certain nombre de garde-fous qui sont utiles, y compris pour eux-mêmes.

Et vous avez eu raison de le dire, parce que transférer l'intégralité des pouvoirs à la collectivité unique de Corse, sans d'ailleurs contre-pouvoir, ça veut dire prendre le risque que la mafia intimide, menace des élus, qui ainsi prendraient des décisions, non pas dans l'intérêt des Corses, mais dans l'intérêt de la mafia.

18:25
Présentateur

Ça, c'est votre réponse sur la Corse. Sur le Conseil d'État, Marine Le Pen, l'une des craintes, c'est que votre parti, le Rassemblement National, touche au formalisme de la règle de droit qui est l'essence même de la démocratie.

18:40
Marine Le Pen

Non, non, mais pas du tout. Nous entendons respecter parfaitement l'État de droit. Et nous entendons... Je parlais du Conseil d'État, pas de l'État de droit. Oui, mais pas du Conseil d'État. Le Conseil d'État doit juste faire en sorte de ne pas mettre en place des jurisprudences qui se substituent à la loi, si vous voulez. C'est ça, la difficulté. C'est qu'un certain nombre de cours... Elles ne se substituent pas. ...s'accordent... Si, ils s'accordent des libertés telles qu'en réalité, ils vident parfois la loi de sa substance.

Alors moi, je crois qu'en Corse, comme vis-à-vis du Conseil d'État ou vis-à-vis d'ailleurs du Conseil constitutionnel, que force doit rester à la loi et que force doit rester aux législateurs choisis par le peuple. Parce que c'est ça le fondement, en réalité, de la démocratie.

19:25
Présentateur

Le 7 juillet prochain, il y aura une décision importante pour vous, pour le Rassemblement national. La Cour d'appel de Paris va rendre son verdict dans le procès en appel des assistants parlementaires du Front national, Rassemblement national. C'est un enjeu majeur. Il est question de votre inéligibilité avec exécution provisoire. Si vous êtes condamnée, qu'est-ce que vous faites, Marine Le Pen ? Je ferai la campagne de Jordan Bardella. Et dans ces conditions...

19:54
Marine Le Pen

Si je ne peux pas me présenter, je ferai la campagne de Jordan Bardella. Jean Lémarie. Avec son programme ou avec le vôtre ? Vous savez que j'entends bien, je vois bien les journalistes en train d'essayer de chercher, jouer au jeu des 7 différences. On les trouve, les différences, en ce moment. Qui parfois tiennent en réalité à un cheveu, il n'y en a pas, non. Je suis désolé de vous le dire, il n'y a pas de différence. Il peut y avoir une sensibilité, c'est normal. Il a 30 ans, j'en ai presque 58. Et bien sûr, nous ne sommes pas des clones, mais sur le fondement de ce que nous défendons et ce que nous sommes engagés à défendre auprès des Français, il n'y a pas de différence.

Chacun pourra d'ailleurs le mesurer lorsque sortira le projet présidentiel.

20:42
Présentateur

Mais alors, on a noté des différences, par exemple, sur les retraites. C'est un sujet important, Marine Le Pen. Mais au-delà des différences, vous, qu'est-ce que vous voulez en matière de retraite ? Quel est votre projet ?

20:54
Marine Le Pen

Moi, je veux une réforme qui soit juste. Et une réforme juste, elle consiste à ce que les gens qui rentrent dans le marché du travail avant 20 ans puissent partir au bout de 40 annuités de cotisation et à 60 ans, et que progressivement, en fonction de l'âge auquel on rentre sur le marché du travail, on arrive jusqu'à 42 années de cotisation et avec un âge légal de 62 ans. Mais on est encore en train de travailler sur ce sujet parce qu'il reste, encore une fois, des injustices, notamment celles qui consistent à ce que celui qui est entré à 30 ans sur le marché du travail, il cotise 37 ans. Et je trouve que ça n'est pas tout à fait normal.

Donc c'est une mesure, je crois, une réforme qui est juste, compréhensible pour tous, qui répond au problème de la pénibilité et qui est également, à mon sens, économiquement parfaitement viable.

21:49
Intervenant

Jean Lémarie. Mais quand Jordan Bardella dit « L'âge légal de départ ne veut plus rien dire », qu'est-ce que ça signifie ? Vous supprimez l'âge légal ?

21:55
Marine Le Pen

Oui, en réalité, vous coupez. De départ ? Ben non, je viens de vous dire l'inverse.

21:59
Intervenant

Ben oui, mais il nous a dit, il a dit « L'âge légal de départ ne veut plus rien dire ».

22:02
Marine Le Pen

Non, mais vous coupez un bout de phrase, c'est quand même étonnant quand même. C'est pas très, honnêtement, sur le plan journalistique, ça pose un problème. Parce que juste avant d'avoir prononcé cette phrase, il attaquait assez durement Edouard Philippe en disant qu'Edouard Philippe veut, lui, « Repousser l'âge de la retraite jusqu'à 67 ans ». Que dit Jordan Bardella dans cette phrase ? Il le dit avant et il le dit après. Il dit qu'en réalité, il y a deux critères dans le système français. Et nous sommes attachés à ces deux critères. Et le seul âge qui passionne en réalité la classe politique ne veut en soi rien dire si on ne lui accole pas une durée de cotisation.

Et c'est cela que nous disons, il faut conserver ces deux critères et il faut les moduler parce que derrière, il y a aussi une volonté de faire travailler les jeunes plus tôt. Parce qu'on a besoin d'une masse de travail supplémentaire. Donc il faut faire travailler les jeunes plus tôt. Il faut arrêter d'importer des inactifs parce que les inactifs pèsent sur le système de solidarité nationale. Et nous n'avons plus les moyens d'assumer ce poids. Donc c'est toute une série de mesures, toute une série de problématiques auxquelles répond cette réforme des retraites.

23:11
Intervenant

Importer des inactifs, je reprends votre formule, vous visez l'immigration j'imagine. Est-ce que vous souhaitez par exemple permettre aux demandeurs d'asile de travailler dès leur arrivée en France et sans attendre six mois comme c'est le cas aujourd'hui ?

23:23
Marine Le Pen

Non, d'abord je souhaite réformer le droit d'asile, je souhaite réformer d'ailleurs sa procédure puisque je souhaite que les demandes d'asile soient effectuées dans les ambassades ou dans les consulats de n'importe quel pays du monde, d'ailleurs que ce soit le pays d'origine ou le pays de transfert, et que ces gens ne soient accueillis que lorsque leur dossier a obtenu une réponse positive. Et je pense qu'aujourd'hui nous sommes dans une forme de détournement en quelque sorte du droit d'asile qui est devenu une forme de filière d'immigration supplémentaire et ça n'est pas admissible, particulièrement à l'égard de ceux qui sont véritablement en danger dans leur pays.

23:57
Présentateur

Mais en quoi la politique du RN sur l'immigration romperait avec celle qui a été faite précédemment ? Qu'est-ce qui vous distinguerait principalement Marine Le Pen ?

24:07
Marine Le Pen

Il y a énormément de choses qui vont nous distinguer puisque aujourd'hui nous sommes dans une situation qui est intenable, nous accueillons 500 000 étrangers légaux par an. 500 000, c'est un chiffre tout à fait considérable, donc 15% seulement ont un contrat de travail. Donc quand je parlais d'importation d'inactifs, c'est que, si vous voulez, quand vous avez 85% des gens qui arrivent et qui ne travaillent pas, il y a un moment, ça pose un problème. Surtout lorsque vous savez que ceux qui sont déjà là, en été, sont deux fois plus au chômage que nos compatriotes. Parmi eux, beaucoup d'étudiants, notamment. Non, non, au chômage.

Quand on regarde les 500 000 dont vous parlez, c'est des gens extrêmement variés. Je suis tout à fait d'accord pour accueillir des étudiants. Il faut qu'ils étudient. Il faut quand même avoir un critère pour qu'on juge du sérieux de la démarche d'études. Et je suis pour donner une priorité d'ailleurs d'accès aux études aux pays francophones. Et notamment aux pays d'Afrique qui sont francophones.

25:06
Présentateur

Mais est-ce que ça, ce n'est pas une vision très malthusienne de la France ? En 2037, on va avoir une population qui va commencer à décliner. On a une population vieillissante. On a besoin de travailleurs, notamment pour les services à la personne. Comment feriez-vous ?

25:21
Marine Le Pen

Ça fait 40 ans qu'on nous explique ça.

25:23
Présentateur

Ce n'est pas pour ça que c'est faux.

25:25
Marine Le Pen

Si, c'est faux. Parce que sinon, au bout de 40 ans, ça aurait été réglé. En réalité, ça fait 40 ans qu'on nous dit qu'il faut plus d'immigration parce qu'ils vont sauver nos systèmes de retraite. Nos systèmes de retraite ne s'est jamais aussi mal portés. Il faut plus d'immigration parce qu'il y a des métiers en tension. Et en réalité, les métiers sont toujours en tension. Donc on voit bien que l'immigration n'est pas la solution. Peut-être parce qu'il faut plus d'immigration ? Bien sûr, je suis en désaccord avec ça.

En revanche, le poids social, le poids de la prise en compte sociale de cette immigration, il est pour le coup considérable, nonobstant d'autres problématiques que vous connaissez, qui est la surreprésentation dans le domaine de l'insécurité et autres.

26:07
Intervenant

Jean-Lémarie. Jordan Bardella a un modèle de plus en plus évident, c'est Nicolas Sarkozy. Il l'admire, il le consulte et d'ailleurs, l'ancien président de la République compare, lui, le président du RN à Jacques Chirac. Est-ce que Nicolas Sarkozy est également devenu votre modèle, Marine Le Pen ?

26:24
Marine Le Pen

Non, non, j'ai combattu Nicolas Sarkozy politiquement toute ma vie et je considère qu'il a gâché une chance incroyable pour la France. Il a été élu avec un élan populaire très important. Il n'en a strictement rien fait. Donc, je veux vous dire que ce n'est pas mon modèle. Ce n'est pas celui non plus de Jordan Bardella. Ce n'est pas parce qu'on rencontre un ancien président de la République. Ce n'est pas peut-être parce qu'on loue son énergie que c'est un modèle. Donc, je peux vous dire que pour le RN, Nicolas Sarkozy est même presque un contre-modèle.

26:56
Intervenant

Au-delà de la personne de Nicolas Sarkozy, vous voyez bien ce qui est en cause. C'est la fameuse union des droites ou en tout cas un rapprochement d'abord entre vos électorats. Et de fait, ils sont de plus en plus proches. C'est ce que les études nous disent. Mais aussi, peut-être, un jour, un travail politique commun qui serait incarné par exemple par Éric Ciotti. Qu'en pensez-vous ?

27:15
Marine Le Pen

J'ai envie de vous dire que l'union, elle se fait avec tout le monde, avec les gens de droite et avec les gens de gauche. Vous êtes en train de parler à une députée qui est élue dans une circonscription qui a été socialo-communiste pendant 80 ans. Donc, ça veut dire que les électeurs étaient socialo-communistes. Et ils sont devenus rassemblements nationaux. Donc, nous avons vocation à attirer tous les Français. Comme notre nom l'indique d'ailleurs, Rassemblement National, nous voulons rassembler la nation. Et donc, on ne va pas commencer à faire passer les gens sous des jauges en disant, toi, tu es de droite, donc oui, non. Toi, tu es de gauche, donc oui, non.

Moi, je veux rassembler tout le monde. Je ne crois pas à l'union des droites. Voilà, je l'ai dit, je l'ai redit. Je considère que c'est l'arlésienne. Y compris aux législatives, par exemple. Et en réalité, la droite, on ne peut pas se rassembler d'ailleurs avec une droite qui est en voie de disparition. Parce que si la droite, c'est LR, si tant est qu'on sache qu'est-ce qu'est la droite, parce que j'ai l'impression qu'il y en a plusieurs, entre Xavier Bertrand, qui est la droite de gauche, et Morano, qui se présente comme étant la droite de droite, bon, il y a quand même des nuances. Moi, tous ces concepts-là ne m'intéressent pas. Moi, je suis candidate à la présidentielle.

Le président de la République, il doit rassembler la nation française. Donc, je viens dire à tous les Français qui sont attachés à leur identité, à leur culture, à leur continuité historique, mais aussi à ceux qui considèrent que depuis 40 ans, il n'y a que des erreurs qui ont été commises dans le domaine économique et dans l'intégralité des domaines, y compris qui touchent à nos services publics, qu'ils doivent, encore une fois, venir travailler avec nous. Ils y ont leur place.

28:46
Présentateur

Au législatif, puisque l'une des possibilités serait, par exemple, je ne sais pas si d'aventure, un membre du RN était élu à la présidentielle, le RN pourrait ne pas avoir la majorité législative qui suivrait. Est-ce que vous imagineriez, par exemple, gouverner avec une partie de la droite ?

29:04
Marine Le Pen

Alors, les équations à plusieurs hypothèses, en politique, j'essaie de les éviter. Je pense que la Rassemblement nationale est précisément celui qui a le plus de chances d'avoir une majorité. Mais si nous n'avons pas, dans l'hypothèse, nous n'aurions pas de majorité, nous irions à la chercher. Voilà. C'est le travail de la démocratie. Le travail de la démocratie, c'est prendre l'Assemblée nationale telle qu'elle est et essayer de trouver une majorité pour pouvoir changer réellement les choses.

29:28
Présentateur

Et alors, dans la perspective de cette législative, vous avez fait le travail, détection des brebis galeuses, qu'il n'y ait pas d'antisémite racisme. Il manque cette case,

29:35
Marine Le Pen

M. Arnard.

29:36
Présentateur

Je veux profiter de votre présence pour cocher toutes les cas.

29:40
Marine Le Pen

J'entends bien, mais là, vous êtes en passe de réussir, par ailleurs. Je vous remercie

29:45
Présentateur

pour cette bonne note. J'aimerais une réponse. Sans vous y contraindre, si vous me donniez une réponse, je vous en remercierai.

29:53
Marine Le Pen

Oui, mais c'est bien. Vous voyez, les journalistes de gauche, en réalité, travaillent pour nous. Alors là,

29:57
Présentateur

c'est vous qui cochez la case.

29:59
Marine Le Pen

Non, non, mais les journalistes de gauche travaillent pour nous. C'est-à-dire les journalistes de gauche qui vont chercher dans des tweets il y a 15 ans pour voir si la personne n'a pas tenu des propos font un travail qui nous permet effectivement, potentiellement, d'écarter des gens qui n'ont pas la même vision que nous et dont nous nous apercevons à la lecture de leurs propos qu'ils ne partagent pas nos opinions et qu'ils se sont peut-être trompés de partie de nous.

30:22
Présentateur

Le journaliste sur la droite, c'est-à-dire Jean Lémarie, veut vous poser une question.

30:25
Intervenant

Pas forcément besoin de remonter 15 ans en arrière. Quand David Racheline, maire de Fréjus, s'affiche il y a quelques mois en photo avec des figures du GUD, mouvement raciste

30:35
Marine Le Pen

et antisémite. Non mais ça ne vous a pas échappé que David Racheline a pris énormément de distance avec le Rassemblement national. Donc il fait partie des gens qui peut-être se sont rendus compte qu'en réalité, ils s'étaient peut-être trompés de crânerie. Jean Lémarie.

30:51
Intervenant

On va penser peut-être maintenant aussi à toutes celles et ceux qui se réveillent ou qui débutent leur journée sous une chaleur écrasante, cette canicule. Il y a trois ans encore, vous estimiez que les experts du climat, les experts du GIEC

31:02
Marine Le Pen

étaient très très alarmistes. Est-ce que vous le pensez toujours ? C'est-à-dire que vous savez bien que le GIEC en réalité fait plusieurs hypothèses. Il y a des hypothèses qui sont extrêmement alarmistes et puis il y a des hypothèses qui le sont moins. Et en réalité, c'est l'éco-médiatique de ces hypothèses qui bien souvent prend l'hypothèse la plus grave. Mais les hypothèses et prévoir l'avenir du climat, ce n'est pas une difficulté. Là où le maillon est faible, c'est en réalité au niveau de la décision politique. C'est-à-dire qu'entre 2003, qui a été une canicule mortifère, et aujourd'hui, il n'y a quasiment rien qui a été fait.

Et je pense que nous avions raison sur un certain nombre de sujets. Depuis 20 ans, nous nous opposons aux accords de libre-échange et quand on apprend que 50% de notre empreinte carbone est liée aux importations, nous avions raison. Quand nous défendons le nucléaire et l'hydro parce que nous considérons que ce sont des énergies stables, décarbonées, abondantes, et hélas, pas aussi peu chères que ça pourrait l'être, nous avons raison. Et moi, quand je défends un grand plan clim, parce que je considère qu'en 2026, il est honteux, mais honteux, que des bébés qui naissent dans des hôpitaux, des personnes âgées, des malades, soient obligées de supporter des chaleurs qui tuent.

Soyons clairs, la chaleur extrême telle que nous la vivons, elle tue des gens. Donc moi, comme responsable politique, à partir du moment où il y a une solution, peut-être il y en aura-t-il d'autres après. Je crois beaucoup au progrès. Vous savez, à la différence des écologistes, moi, je considère que l'homme est un génie qui fait qu'il arrivera à trouver technologiquement, scientifiquement, les solutions pour pouvoir continuer à vivre dans le confort avec le changement climatique que nous vivons. Et en même temps,

32:56
Intervenant

vous voulez supprimer le fond vert qui aide notamment les communes à rénover les écoles. Pourquoi voulez-vous abandonner ce chantier ? Comment vont faire ces maires, ces élèves, ces familles ?

33:06
Marine Le Pen

Alors d'abord, excusez-moi, j'ai entendu tout et n'importe quoi sur ce fond vert. Ça, c'est dans votre contre-projet budgétaire. Des députés mis en cause en disant qu'ils n'avaient pas voté le fond vert, ça a été passé en 49-3. Et il se trouve que le fond vert exclut expressément la climatisation. Donc ça me pose un problème en effet.

Je pense qu'il y a des structures plus efficaces et plus performantes à mettre en œuvre, notamment un nouveau dispositif qui s'appelle 100% Rénov', qui a été présenté par Jean-Philippe Tanguy qui y a beaucoup travaillé et qui permet à mon avis beaucoup plus rapidement et de manière beaucoup moins coûteuse et en évitant les biais que l'on connaît avec la prime Rénov', de pouvoir apporter les solutions à nos compatriotes.

33:44
Intervenant

Et en même temps, vous voulez toujours baisser la TVA sur le carburant, le fuel, le gaz, des énergies fossiles qui, on le sait, et ça c'est scientifique, aggrave énormément le réchauffement. Est-ce que c'est rendre service aux Français, ça, au bout du compte ?

33:57
Marine Le Pen

Oui, oui, je pense que, enfin moi je ne partage pas l'avis qui est assez fréquent à gauche sur la décroissance, je ne crois pas que la solution soit dans la décroissance, voilà. Donc on arrête de rouler, on arrête de respirer, on arrête de l'agriculture, on arrête tout, parce qu'arrêter tout, c'est en réalité fragiliser. Non pas arrêter tout, mais par exemple rouler

34:21
Présentateur

en voiture électrique ou vous voyez, ce genre de choses.

34:24
Marine Le Pen

Oui, enfin, encore faut-il avoir une filière qui permette de ne pas dépendre exclusivement de la Chine, vous voyez, parce que sinon, on remplace un problème par un autre problème. Moi je pense que l'énergie, l'énergie dans une société, c'est comme l'énergie pour un corps humain. Quand vous n'avez plus d'énergie, vous vous affaissez. Eh bien, quand un pays n'a plus d'énergie, il s'affaisse. Donc cette énergie, c'est un bien de première nécessité et donc je considère que l'État doit faire un effort pour ne pas le taxer comme il le taxe actuellement, ce qui contribue a des prix qui sont considérables.

34:56
Présentateur

Après le fond vert, je vous propose le fond noir. On va écouter Pierre Soulages, c'est une archive France Culture.

35:02
Invité

Arriver à l'atelier et attendre d'oser. Parce que tout ce qu'on peut faire dans l'atelier, c'est là. Et je commence et puis ça va autre chose. Et sinon j'avais envie de ne pas tout m'en oublier au profit de ce qui apparaît et que je n'ai pas attendu. C'est comme ça que j'aimais être à l'atelier. Sinon, si je fais ce que j'ai prévu, je le fais certes parfois, mais quand quelque chose apparaît que je n'ai pas prévu, c'est probablement même là que se trouve ce qui m'intéresse le plus. Voilà pourquoi aussi je peins.

35:47
Présentateur

Voilà, la voix de Pierre Soulages, elle n'est pas facile effectivement à entendre. C'est une archive France Culture et c'est pour ça que je voulais vous la faire entendre Marine Le Pen parce qu'ici, dans cette station, au-delà des personnes qui y sont, il y a un rôle, un rôle extrêmement important qui est de conserver la mémoire de la nation parce que Pierre Soulages, mais je pourrais vous parler de Jeanne Favre Saada ou d'autres, c'est à des gens pas forcément... Soulages était très connu, Jeanne Favre Saada l'est moins.

Et donc tous ces gens sont quelque part dans les bandes que nous conservons parce qu'à la différence du secteur privé, nous avons la possibilité de les enregistrer, parfois pour moins d'auditeurs, parce que ces gens-là ne sont pas tous très célèbres tout de suite, mais ça sert d'abord à la souveraineté, au rayonnement de la France et à la nation. Le projet du RN propose une privatisation de ce secteur public audiovisuel et France Culture n'est pas rentable, ne peut pas être rentable et ne doit surtout pas être rentable parce que si nous devions être rentables, je ne pourrais pas inviter Jeanne Favre Saada. Comment résoudre ce paradoxe, cette contradiction ?

Vous voulez le rayonnement de la France, mais vous voulez éteindre un certain nombre de ces rayons.

37:07
Marine Le Pen

C'est-à-dire que moi, je considère qu'il faut évidemment garder un service public, mais beaucoup plus réduit que celui qui existe actuellement. Il faut, vous avez raison, que la France conserve sa voix à l'international, notamment. Donc il faut qu'il y ait un média qui soit capable d'être la voix de la France dans le monde. Il faut qu'il y ait un média qui soit le lien entre l'Hexagone et les territoires d'outre-mer. Ça, c'est une absolue certitude. Mais ce qui est sûr, c'est que dans une grande démocratie, avoir un service public, c'est-à-dire une voix en quelque sorte potentiellement gouvernementale aussi importante que celle-là ne se justifie pas. Ce n'est pas une voix gouvernementale.

Non, mais je vais vous dire très honnêtement, je vais vous dire très honnêtement, moi, je pensais qu'on se réjouirait de ma proposition en disant on les a accusés de vouloir mettre la main sur tous les canaux de diffusion, d'avoir des visées autoritaires, s'ils arrivent au pouvoir de se servir du service public pour défendre leurs idées, etc. Je viens de dire non, pas du tout. Moi, je souhaite qu'une grande partie, pas l'exclusivité, mais une grande partie du service public soit privatisée. Non, vous voyez, en fait, j'ai toujours tort dans tous les cas. Donc, je maintiens cette position. Vous ne répondez pas sur la mémoire sur les archives. Ça coûte 4 milliards par an.

Nous devons faire des économies absolument, encore une fois, partout, parce que la trajectoire budgétaire que nous proposons nécessite de faire 20 milliards d'économies la première année, 40 la deuxième, 60 la troisième, 80 la quatrième et 100 la cinquième. L'éducation coûte cher.

38:50
Présentateur

On peut essayer l'ignorance.

38:52
Marine Le Pen

Non, non, on n'essaie pas l'ignorance, mais vous prenez un exemple qui est assez bon d'ailleurs, l'éducation. Est-ce qu'on peut dire aujourd'hui que, moi, je suis très attachée à l'éducation nationale et j'ai fait toutes mes études, mais est-ce que le privé ne remplit pas aussi ce rôle d'éducation auprès de centaines de milliers de nos enfants ?

Vous répondez, le fait de s'accaparer en quelque sorte, le fait de s'accaparer de manière un peu exclusive, l'idée qu'on s'intéresse à la culture, qu'on pourrait faire entendre des auteurs, non, je pense que le privé est aussi capable de le faire et il peut y avoir d'ailleurs des cahiers des charges lors de la privatisation pour exiger en quelque sorte une forme de transmission à laquelle je suis bien sûr attachée comme vous, du patrimoine et de notre talent et de notre génie.

39:42
Présentateur

Merci Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale. Donc, quelques minutes

39:48
Locuteur

à l'Assemblée nationale. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci.