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InterviewPublic Sénat (sur YouTube)· 11 décembre 2025 22 minComplaisantFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Laurent Fabius : « Il n’y a pas d’action efficace sur le climat sans accompagnement social »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Quel souvenir gardez-vous de la COP21 que vous avez qualifiée d'historique ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    10 ans après, qu'est-ce qui reste de l'esprit de l'accord de Paris ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on est encore en capacité de répondre aux objectifs climatiques d'ici la fin du siècle ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Comment revoir notre mix énergétique pour éviter la dépendance ?

  • 13:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que l'effacement de la responsabilité humaine par l'Agence américaine de l'environnement révèle ?

  • 16:00OuverteRéponse partielle

    Le budget de l'écologie en baisse en France vous inquiète-t-il ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Laurent FabiusFait
    « L'accord de Paris, c'est le plus grand accord diplomatique depuis 20 ans à l'initiative de la France et c'est le pilier fondamental de l'action contre le réchauffement climatique. »
  • 6:00Laurent FabiusChiffre
    « On franchira vraiment les 1 degré et demi en 2030. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour Laurent Fabius, merci beaucoup. Merci d'avoir accepté notre invitation ancien premier ministre, ancien président du Conseil constitutionnel. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Julien l'écuiller de la Voie du Nord.

Bonjour Julien. Bonjour. Bonjour monsieur Fabus.

Bonjour. Et Laurent Fabus il y a 10 ans 196 pays étaient donc réunis à Paris pour la COP 21. L'issue était signé l'accord de Paris sur le climat premier traité international pour lutter contre le réchauffement climatique.

Vous étiez alors ministre des affaires étrangères. Vous meniez ces négociations ? Quel souvenir vous gardez de cette journée que vous avez qualifié d'historique ?

Ben l'accord de Paris, c'est le plus grand accord diplomatique depuis 20 ans à l'initiative de la France et c'est le pilier fondamental de l'action contre le réchauffement climatique. Donc c'est quelque chose d'absolument massif. Euh le souvenir.

Bon, il y a beaucoup de souvenirs mais mais c'est l'émotion surtout et d'ailleurs ça s'est vu de temps en temps. La télévision repasse moment où je tape avec mon petit Je suis pas connu pour être immense expansif mais là euh j'étais extrêmement ému euh parce queon avait travaillé jour et nuit énormément et ce qui me frappe quand on revoit ces images, c'est pas seulement mon émotion, c'est l'émotion des ministres qui étaient dans la salle. Bon, les ministres, j'empourai une formule euh assez triviale, c'est pas des poulets de l'année.

Bon, et donc il y avait là le monde entier et il sautait de joie, il s'embrassait, je vous rappelle mon collègue chinois, le ministier qui embrassait toute la rangée. Pourquoi ? Un parce que il se rendait compte que c'était historique.

Ça faisait des années des années qu'on essayait de lutter contre le dérèglement climatique. On n arrivait pas. Donc c'était le premier accord. et euh deux parce que euh ils avaient eux beaucoup beaucoup travaillé jusqu'à présent c'était impossible.

Tout d'un coup, il y avait une fenêtre qui s'ouvrait. Il y avait un esprit il y a il y a un esprit qui est né de cette de cet accord de Paris. 10 ans après, qu'est-ce qui reste de cet esprit ?

Alors, souvent, on me demande dans des conférences à l'étranger, parfois en France, pourquoi le succès ? Bon, je laisse de côté même si je la salue le le brio de la diplomatie française mais je pense qu'il y a trois raisons qui à l'époque ont expliqué succès. D'abord la science, les scientifiques ont fait un travail remarquable le GC et cetera et donc on s'appuyait sur des résultats qui n'étaient pas contestés à l'époque. de la société dans son ensemble comprenait que il fallait agir et puis surtout euh c'est la réponse à votre question les États à l'époque c'était le multilatéralisme donc on avait réussi à avoir un accord entre les États-Unis, la Chine, la Russie, l'Europe et cetera.

Bon aujourd'hui, si vous regardez, le climat n'est pas du tout le même. Bon, qu'est-ce que ça a donné ? de choses et c'est difficile d'expliquer ces deux choses à la fois mais elles coexistent.

Un bilan formidablement positif. Alors pas accumuler les chiffres mais à l'époque les scientifiques nous disaient la pente jusqu'à la fin du siècle ça va être au minimum + 4°gr. Bon aujourd'hui les mêmes scientifiques disent grâce à l'accord de Paris la pente sera 2°gr.

Bon, entre 4° et 2°5, il y a une différence énorme en terme de millions de vies épargnées et cetera. Bon, mais 2°gr, c'est trop parce que à l'époque, on avait dit, il faut pas aller au-delà de 1 degré et demi. Et donc, ça veut dire que il faut faire des efforts, des actions nouvelles à un moment où les trois éléments que j'ai cité n'existent plus de la même façon.

La science est contestée, en particulier par le président américain et par d'autres. dans la société, vous avez toute une série de forces politiques qui désormais sont en arrière de la main et puis disons que le secteur pétrolier n'est pas absolument enthousiaste par rapport à ça. Bon et puis surtout il y a plus de multilatéralisme, il est attaqué donc très difficile.

Les États-Unis sont sortis avec le délicieux président Trump. Euh ce qui fait que le paradoxe c'est que au moment où il faudrait agir davantage, les circonstances sont beaucoup plus compliquées. Vous le dites, monsieur Fabier, c'est la la température mondiale, elle a euh elle devrait moins augmenter que que prévu.

Mais cependant, cette en 2024, elle a franchi pour la première fois mondialement l'augmentation, le seuil de + 1,5°gr. Ce qui veut dire qu'on est quand même sur une pente qui est euh très dangereuse. Est-ce qu'on est encore en capacité de répondre aux objectifs d'ici la fin du siècle ?

Alors, c'est toute la question. Euh on on franchira vraiment les 1 degré et demi en 2030. Bon, mais c'est trop parce que concrètement ça veut dire des incendies, des submersions, des famines, des migrations et cetera.

Donc les conséquences, ce sont les conditions de vie de l'humanité qui sont en jeu. Et donc il faut aller plus loin. Bon, comment plus loin, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire quatre choses. Premièrement, limiter les émissions de ce qu'on appelle les gaz à effet de serre. Essentiellement le le le CO2 et le méthane.

Bon, ça veut dire donc changer notre mix énergétique. Peut-être j'y reviendrai. Deuxio ça veut dire préserver nos forêts et nos océans parce que ce sont eux qui absorbent une partie du CO2.

Troisièmement, c'est nouveau. Il va falloir extraire de l'atmosphère des gaz à effet de ser qui s'y trouvent. h ça coûte cher, c'est compliqué.

Et quatrièmement, évidemment, il faut du financement pour tout ça et il faut l'accord international. Donc compte tenu de l'attitude de la Russie, de l'Arabie Saoudite, du président américain et cetera, c'est très compliqué. C'estàd que des États comme nous, la France doivent pousser, que l'Europe doit pousser, la Chine, il faut trouver un accord avec elle pour qu'elle continue à pousser l'Inde et cetera.

Donc c'est très difficile pour répondre à votre question. Il y a des moyens techniques mais ça demande des moyens financiers et un soutien politique extrêmement fr mais il est encore là ce soutien politique, il est encore possible aujourd'hui ? Il est moins puissant que il y a quelques années.

Mais si vous voulez, je vais prendre une comparaison et ça va probablement vous vous frapper. La Covid la Covid bon en quelques mois on a trouvé des centaines et des centaines de milliards d'euros pour lutter contre la COVID. a trouvé un vaccin.

Bon euh là euh le réchauffement climatique à terme si on ne lutte pas contre ça, ça avoir des conséquences beaucoup plus graves que la COVID et on narrive pas à trouver ces cent pour vous euh l'explication euh j'espère ne pas vous choquer en disant ça, c'est que bon la COVID, pourquoi est-ce que tout le monde a été mobilisé ? parce qu'elle avait la mort qui était là devant hein. Les gens se disaient si on agit pas, si on ne sort pas, climatique, ça provoque des des millions.

Oui. Mais à terme est diffusé, quand vous voyez les glaciers qui en Norvège ou fondent, vous dites oui. Enfin, beaucoup de gens oui, mais c'est loin et cetera.

Alors que, je le répète, les conséquences pratiques sont sont énormes. Tout à l'heure, je disais, on est passé de 4° à 2°5. Euh la différence c'est 60 jours de canicule en moins ou en plus ou en moins.

Canicule c'est quand il y a plus de 35°gr. Je sais pas si vous avez essayé de travailler quand il fait 40°gr 45°gr 50°gr. Bon mais donc les responsables politiques ont une responsabilité énorme, les entreprises aussi et cetera.

Il faut bien faire comprendre que même si les conséquences sont moins évidentes à court terme que la COVID, c'est quand même la question de des conditions de vie de l'humanité. Mais est-ce que c'est pas dur à faire admettre dans le débat public ? Est-ce qu'aujourd'hui l'écologie c'est pas dur à faire passer ?

Et est-ce qu'après les gilets jaunes, il peut il peut encore y avoir des gouvernements qui prennent en main cette question cet exemple des gilets jaunes. C'est très bon exemple et merci de l'avoir pris. Bon, l'idée du gouvernement de l'époque n'était pas une idée stupide consistant à dire si on veut diminuer euh les émissions de gaz à effer et l'utilisation de la voiture, il faut augmenter euh le coûte.

Mais comme il y a eu aucun accompagnement social, tous les centaines de milliers de gens qui sont obligés de se servir de leur voiture, même s'ils sont écologistes, ils ont dit "Vous êtes très gentils, mais euh moi euh bon" et donc l'une des leçons qu'on doit tirer de ce qui s'est passé depuis 10 ans, c'est bien placé comme le président de cette COP pour le dire, c'est que il n'y a pas d'action efficace s'il n'y a pas d'accompagnement social. C'est vrai pour un pays et mais c'est vrai aussi au niveau du monde. C'est-à-dire que euh nous et l'Europe et nous sommes des pays relativement riche malgré tous nos problèmes.

Mais l'Afrique, bon l'Afrique il y a 10 ans, lorsque j'allais les voir les présidents africains, il me disaient "Monsieur Fabus, on va vous aider mais il va falloir nous donner des technologies et des financements. aujourd'hui si je revais les voir il me dit "Ah ben on n pas vu ça et donc on a un peu de pétrole, on a un peu de gaz, on va l'utiliser." Donc vous voyez le le problème.

J'ajoute un élément et je m'étonne que les responsables dans le monde, notamment en Europe, n'insistent pas d'avantage là-dessus. Il y a un élément nouveau qui est intervenu, c'est la guerre russe contre les Ukrainiens. On a compris, enfin j'espère qu'on a compris que si on continue à importer du gaz des États de la Russie ou demain des États-Unis ou du pétrole, c'est notre indépendance qui est en jeu.

Si on veut être indépendant et si on veut garantir notre sécurité, il faut avoir un mix énergétique différent, c'est-à-dire utiliser les énergies nouvelles, utiliser le nucléaire. Parce que si on dépend du gaz ou dépend du pétrole, on n' pas vraiment de sécurité. Et donc à tous les arguments qui existaient déjà il y a 10 ans pour agir, s'ajoute la nécessité d'assurer notre sécurité, notre indépendance, ce qui passe par un changement énergétique.

Il y a il y a je je sais pas si je suis clair, mais de quelle manière il faut revoir notre mix énergétique pour vous ? Ça veut dire que au lieu la le conflit ukrainien a commencé en 2022 et c'est seulement la fin 2027 que l'Europe va arrêter d'acheter du gaz au Russes. Bon, si on veut ne pas dépendre du gaz ou du pétrole, que ce soit le gaz russe, le gaz américain et cetera, il faut que nos sources d'énergie soient différentes, c'est-à-dire l'hydroélectrique, c'est-à-dire l'éolien, c'est-à-dire là, c'est-à-dire évidemment aussi bien sûr le nucléaire.

Sinon, nous dépendons des autres. J'avais juste encore une question sur ce sujet-là. Vous avez œuvré pour que l'accord conclu en 2015 fasse reconnaître la responsabilité humaine dans le changement climatique.

Euh mardi, il y a il y a une nouvelle, vous avez peut-être suivi que l'Agence américaine de l'environnement avait effacé toute mention justement de cette responsabilité humaine sur son site officiel donc reniant des facto la responsabilité humaine sur le et notamment les combustibles fossiles et au réchauffement. Qu'est-ce que ça dit de notre monde ? Est-ce que est-ce que vous avez pas une inquiétude face à ce révisionnisme ambiant et particulièrement américain ?

Américain, l'attitude du président américain a des conséquences extrêmement lourdes, pas seulement aux États-Unis, mais dans le monde entier compte tenu de la puissance américaine. Donc cette inquiétude à laquelle vous faites allusion, je la partage complètement. Euh simplement, je mets en regard une décision qui jusqu'à présent est passée inaperçue et qui est absolument capitale de la Cour Internationale de justice cet été, au mois de juillet.

Tout à fait. La Cour internationale de justice qui est plus grande cour dans le monde a été saisi de la valeur juridique de l'accord de Paris et elle a dit à l'unanimité que les termes de l'accord de Paris n'étaient pas simplement une obligation morale, c'est une obligation légale. Donc tous les États du monde sont censés respecter et censés oui c'est tout le problème.

Et quelle est la quelle est la capacité de la Cour internationale pour imposer ces décisions ? Vous avez tout à fait un nom, mais ça veut dire que désormais on peut poursuivre un état en modification, en réparation s'il ne respecte pas les termes précis de l'accord de Paris. Et je suis d'accord avec vous, ayant été président de la juridiction suprême en France, je sais bien les limites aussi de l'application des décisions de justice.

Mais ceci pour dire que ces personnes qui sont des gens objectifs ont on ont on ont donné les instruments juridiques. Alors, c'est vrai que c'est pas parce que le président américain, lui, prend une position qui est contraire à tout ce que nous disent les scientifiques du monde entier que on peut dire au président américain et ben, on va vous mettre en prison. C'est pas comme ça que ça marche.

Bon, mais euh c'est là où interviennent les peuples, c'est là où interviennent les entreprises, c'est là où interviennent les collectivités locales. Là, on est au Sénat. H euh les collectivités locales, régions, département, communes, agissent maintenant beaucoup en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique.

Et ça, c'est quand même plein d'espoir, vraiment plein d'espoir. Et est-ce que le fait que le budget de l'écologie soit en baisse, que le budget du fond vert soit en baisse, ça vous inquiète en France ? Oui, en France.

Bon, j'évite te parler de la situation française parce que j'ai quitté la politique et j'ai dit l'autre jour sans regret. Bon, dis-je avec un sourire enfin matiné de bon donc je ne qualifie pas l'action européenne ou l'action de la France simplement pour ne pas me défiler. Euh on peut faire des critiques bien sûr, c'est insuffisant.

Il peut y avoir des difficultés budgétaires exact. Tout ça est vrai. Doncant si on compare l'action de l'Europe et de la France par rapport à d'autres pays qui ne font rien, il faut quand même être objectif.

Bon mais quand vous additionnez tout ça, parce que vous pouvez pas mettre un douignier aux frontières qui empêche les gaz à effet de serre. Euh si on agit pas pour des raisons altruistes, il faut agir par égoïsme parce que c'est nous-mêmes qui sommes au au bout du fusil, si je puis dire. J'avais je poursuivais sur la question budgétaire puisque vous avez été président de l'Assemblée nationale, vous avez été premier ministre.

Vous devez observer avec acuité la situation actuelle avec ce premier ministre Sébastien Lecornu qui chez qui qui a cherché à trouver une majorité sur sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale 1493 ce qui était la grande la grande innovation. Quel regard vous portez ? Est-ce que la méthode le cornu pour vous elle est elle est la bonne ?

Euh alors ne m'enez pas mais vraiment je n'entre pas dans le débat politique euh interne. Seule chose que je dirais c'est que c'est très difficile de gouverner aujourd'hui. Mais est-ce qu'en tant qu'ancien président de l'Assemblée nationale euh ce qui s'est passé cette semaine, vous vous dites c'est quand même la victoire de la démocratie parlementaire.

C'est aussi une victoire pour l'Assemblée. C'est vrai que l'Assemblée a plus attiré l'attention qu'à d'autres moments. Bon, mais en même temps, il faut garder à l'esprit et il n a pas plus loin d' commentaire que ce dont il s'agit, que ce soit le gouvernement, que ce soit l'assemblée, enfin tous les acteurs, il s'agit de résoudre les problèmes quand même ça qui est l'objectif.

Et j'ai cru comprendre que notre pays avait un assez lourd problème financier. Mais vous dites pas là c'est le retour du parlement, ils réussissent à faire des compromis. C'est quand même le le vote est quand même assez inédit.

Est-ce que c'est le retour du compromis ? Je soulève je soulève mon joker. [rires] Mais c'est vrai, vous avez eu raison.

Il se trouve que j'ai eu le le privilège vraiment à la fois de diriger l'exécutif, de présider le législatif et de présider la cour suprême. Donc je vois ça avec un peu d'expérience mais euh mes commentaires, je les garde pour moi. Al une on avait une autre question parce que vous avez été également premier ministre de François Miteran, premier secrétaire du PS et on l'a vu le PS qui a négocié, qui a obtenu des victoires, qui a fini par voter ce budget.

Est-ce que c'est le retour du PS de gouvernement là ? Euh je fais appel à un double joker. Je je ne [rires] je commande pas les décisions.

De toutes les manières, moi j'ai quitté, c'est tout à fait normal, euh j'ai quitté la vie politique active lorsque justement pour prendre la présidence de après les les l'accord de Paris pour prendre les présidences de de du Conseil constitutionnel. Donc je puis depuis je n'appartiens à aucune formation politique et je ne commande pas. Je lis les journaux, j'écoute la télévision.

Regz aujourd'hui dans la période actuelle de plus être dans la vie politique ? Ah non, non, pas du tout, pas du tout, pas du tout. Et est-ce que malgré tout le l'ench Non, ce que je regrette et ça ça ne me concerne pas directement, c'est que euh c'est question compliquée, mais euh l'autre jour, ça je veux dire les choses d'une autre manière, l'autre jour je lisais un sondage publié dans la presse.

On demandait aux Français quel était le premier mot qui leur venait à l'esprit pour qualifier la situation. Et j'ai été vraiment frappé et malheureux du mot qui venait à l'esprit. Vous vous rappelez qu'est-ce que c'est ce mot ?

Non, c'était lequel ? La honte. H alors c'est pas moi qui parle, c'est pas c'était pas la colère, même si la colère était très haut et cetera.

Donc ça prouve, vous savez la responsabilité politique normalement c'est une responsabilité éminente éminente. Mais là les choses sont telles, je dirais pas plus loin, que le politique les politiques sont vraiment dévalorisées. Et ça c'est un grand problème pour un pays parce que selon que les politiques prennent les bonnes décisions ou ne les prennent pas et ça a des conséquences sur l'avenir de du pays. les politiques mais aussi les institutions.

Et en tant queen président du Conseil constitutionnel euh vous avez pu constater les attaques répété et croissante vis-à-vis de euh de des juges. Est-ce que vous craignez cette défiance et cette instrumentalisation d'ailleurs par certains partis de de cette haine ? Là, je vous réponds que vraiment oui.

Euh, la justice doit être absolument indépendante, bien sûr, mais euh au cœur de la démocratie, il y a la séparation des pouvoirs, hein. Montes que a tout dit là-dessus. Pouvoir exécutif, pouvoir législatif, pouvoir judiciaire.

On parlait du de la présidence américaine. Bon, je suis quand même frappé de voir que ce pays qui est une immense puissance, vous avez une concentration des pouvoirs entre le président nulle part, c'est l'exécutif, la technologie, les médias, l'argent et d'une certaine manière des décisions de la Cour suprême. Quand vous avez tout ça ensemble qui fait bloc, est-ce que la séparation des pouvoirs est assurée ?

Ça pourrait arriver en France. Poser la question, c'est donner la réponse. Ça pourrait arriver en France ?

Bah j'espère que non. Non, mais vous le craignez. Mais c'est une crainte.

En tout cas, il faut respecter ce qu'est notre démocratie, résoudre contribuer à résoudre les problèmes des Français, les questions européennes parce que bon, nous sommes européens et c'est notre bouclier, mais il y a du travail à faire et je je dis en même temps, ayant l'expérience de tout cela il y a pas mal d'années, que c'est très difficile de gouverner. C'est sûr. J'avais peut-être une dernière question et puis ça ça bouclera la la boucle mais euh demain euh ce sera la date anniversaire hein des 10 ans de de l'accord de Paris.

Euh au final on beaucoup d'événements sont sont prévus dans dans les pays européens sur cet accord qui pourtant c'est c'est conclu en en France. En France, on a l'impression qu'il y a quand même une certaine discrétion autour de cet événement notamment de de l'Élysée ou de Matignon. ce qu'il y a comment l'expliquer ?

Écoutez, moi je je veux pas juger tout cela. Ce qui est vrai, c'est que dans beaucoup de pays, pas seulement en Europe et dans le monde, il y a des célébrations des des 10 ans de l'accord de Paris parce que je le disais en commençant notre entretien, c'est le pilier de l'action contre le réchauffement climatique qui est quand même une menace majeure euh pour l'humanité. Donc tout ce qui peut être fait non pas pour faire des choses festives, c'est pas le sujet, mais pour bien faire prendre conscience aux citoyens, aux entreprises, aux collectivités locales que là est une clé de notre avenir, tout ça va dans le le bon sens.

Quand à ce qui est fait en France, bon ça c'est il appartient en responsable de décider ce qu'ils veulent faire. Merci Laurent Fabus. Merci beaucoup d'avoir été l'invité de cet entretien pour les 10 ans de cet accord de Paris.

Merci d'avoir accepté notre invitation. Julien Laune de la Voie du Nord insulte menace ses mères qui quittent les réseaux sociaux. C'est à la une de votre journal.

On en parle dans quelques secondes dans la revue de presse. [musique] [musique]