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ChroniqueLe Média (sur YouTube)· 22 janvier 2021 10 minActualité / polémiqueEnvironnement & énergieInstitutions & élections

MACRON : CHAMPION DU BLABLA

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Le MédiaChiffre
    « Il y a bien eu une annonce concernant la protection de 30% du territoire national »
  • 3:00Clément Sénéchal, GreenpeaceFait
    « On n’attend rien de ces sommets cosmétiques »
  • 4:00Le MédiaFait
    « Ils apparaissent au gré d'un calendrier improvisé selon les opportunités ou les besoins politiques identifiés par Emmanuel Macron »
  • 5:00Le MédiaPromesse
    « La réunion d'aujourd'hui et tout le travail de mobilisation permet d'enrayer trop d'années d'attente »
  • 7:00Le MédiaChiffre
    « Emmanuel Macron a annoncé que la France atteindra dès 2022, 30% d'aires protégées, dont un tiers sous protection forte »
  • 9:00Le MédiaFait
    « Créer des aires protégées si on ne se donne pas les moyens de les gérer ça sert à rien »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour à toutes et à tous, bienvenue au sommet One Planet. C'est le début d'un processus, nous devons continuer à mobiliser pour que cette coalition soit la plus large possible et pour faire venir d'autres pays. C'est bien de mettre un objectif quantitatif mais si on ne s'en donne pas les moyens, ça reste juste un plan com.

Peut-être en avez-vous entendu parler. Ou pas. Si vous n'en avez pas entendu parler, vous n'avez rien raté.

Le One Planet Summit, co-organisé par la France, s'est tenu à Paris lundi 11 janvier. Ce sommet réunit des chefs d'État, des dirigeants d'institutions internationales, des représentants de l'ONU. Ils devaient prendre des décisions pour la biodiversité.

Sauf qu'au final comme l'a tweeté Greta Thunberg on s'est retrouvé avec beaucoup de blabla. Il y a bien eu une annonce concernant la protection de 30% du territoire national dont la stratégie de mise en œuvre a été développée cette semaine par le gouvernement. C'est justement de cette annonce qu'on voudrait vous parler.

Mais avant, recontextualisons. Cette promesse a été faite dans le cadre d'un sommet dans lequel pendant une journée, beaucoup de personnes ont parlé pour ne pas dire grand chose. Ou plutôt, pour faire, selon Greta Thunberg, du blabla.

Poussant Emmanuel Macron à répondre aux critiques, lors de la conclusion du sommet. On peut reprocher beaucoup de choses à des sommets comme celui qu'on a eu aujourd'hui. Il y a des gens qui nous diront : c'est du blabla.

Ça sert à rien. Il y a des gens qui adorent la déploration et qui vont continuer à dire, on va tous mourir et le monde va s'effondrer. Il y a même des gens qui font commerce de cela.

Or moi je pense qu'on peut changer les choses comme vous mais les choses ne changent pas du jour au lendemain. Qui dit vrai ? A quoi bon organiser ces sommets ?

A quoi servent-ils ? Peuvent-ils aider à sauver la planète ? A propos du One Planet Summit, écoutez Clément Sénéchal, porte parole de Greenpeace, qui s'est fendu d'un communiqué, assez proche de ce que Greta Thunberg pense de ce rendez-vous.

On n’attend rien de ces sommets cosmétiques. Déjà il faut savoir ce que sont ces fameux One Planet Summit. Essentiellement ce sont des opérations de communication, c'est une sorte de diplomatie parallèle qui est à la gloire d’Emmanuel Macron et des multinationales.

En pratique c'est un défilé assommant de contritions hypocrites, de diagnostics radotés, de concepts éculés, d'initiatives mal recyclées, de questions rhétoriques qui sont destinées à faire croire que les solutions ne sont pas connues alors que c'est la volonté politique qui fait rigoureusement défaut. En l’occurrence c'était une manière pour Emmanuel Macron de mettre l'accent sur la biodiversité pour faire oublier, tenter de faire oublier la trahison de ses engagements vis-à-vis de la Convention citoyenne pour le climat. Mais alors comment en est-on arrivé à célébrer ces messes internationales, où les dirigeants du monde s'écoutent parler ?

Ces One Planet Summits ils existent depuis 2017. Il y en a eu quatre en tout jusqu'à présent. Ils apparaissent au gré d'un calendrier improvisé selon les opportunités ou les besoins politiques identifiés par Emmanuel Macron et ils consistent à susciter et à valoriser les engagements environnementaux de ce qu'on appelle des coalitions multi-acteurs qui comprennent des États, des institutions internationales et des multinationales.

On ne sait pas comment ces coalitions travaillent, comment elles sont gouvernées, comment elles sont structurées. Il n'y a pas de suivi des engagements concrets. C'est-à-dire que ces coalitions multi-acteurs ne rendent de comptes à personne.

Pourquoi ? Parce que c'est un forum diplomatique qui n'a aucune base légale, qui est strictement éphémère et qui est situé en dehors des espaces onusiens où s'élaborent la responsabilité politique des États et le droit international. On fait croire que la solution à la crise environnementale elle viendra uniquement des engagements volontaires des multinationales et pas du tout des expressions législatives et légales des états.

Ça fait 30 ans qu'on repose sur cette idéologie. On voit que la crise climatique et la crise de la biodiversité n'ont jamais été aussi ardentes. D'ailleurs il est intéressant de voir que même les participants reconnaissent que les résultats sont très en deçà des attentes.

A l'heure où je m'adresse à vous, notre mobilisation commune n'a pas atteint les objectifs que nous nous étions fixés. Il nous faut regarder en face cet échec, pas du tout pour crier au drame ou pour le contempler ou avec une fascination quelconque pour le désastre, juste pour accélérer notre action avec des choses très concrètes et un suivi réaliste de celle-ci. Les investissements annoncés sont très en deçà des engagements pris.

Ceux qui ont été concrétisés se sont caractérisés malheureusement par une certaine cacophonie. La réunion d'aujourd'hui et tout le travail de mobilisation permet d'enrayer trop d'années d'attente et je sais aussi qu'il reste beaucoup à faire. Il faut m'expliquer en quoi tout ce blabla a permis d'avancer ?

J'ai passé la journée du One Planet Summit à suivre les discours. Franchement, je n'ai rien appris. Je me suis ennuyé.

En réalité, ces sommets ont un intérêt. Pas pour la biodiversité et la planète. Mais pour les politiques et leurs partenaires qui ont la possibilité de s'afficher et de se verdir.

Au final on déroule le tapis vert aux multinationales, on met l'appareil diplomatique français au service des intérêts des lobbies industriels. Le véritable enjeu international sur la biodiversité, il se situe peut-être plutôt du côté du Congrès mondial de la Nature, de l'UICN, en septembre à Marseille, et de la COP 15, la COP biodiversité, prévue en Chine. Ce qui sera important en terme de biodiversité cette année ce sera la COP15 organisée en Chine ou le sommet de l'UICN avec un agenda qui consiste à protéger 30% des terres et 30% des océans. 30% d'espaces protégés.

On y revient. C'est l'objectif fixé pour la COP 15. Pour participer à l'effort international, Emmanuel Macron a annoncé que la France atteindra dès 2022, 30% d'aires protégées, dont un tiers sous protection forte.

Voici la principale annonce faite par le Président de la République. Avec la volonté d'anticiper sur la COP15, puisque c'est l'objectif de toute façon déjà prévu, et connu de tous, de l'accord qui devrait être adopté en Chine. Lundi 18 janvier, Bérangère Abba, la secrétaire d'État chargée de la biodiversité, a présenté la nouvelle stratégie nationale des aires protégées, annoncée au One Planet Summit.

Avec notamment la création de deux parcs naturels régionaux. Au final, une mesure positive serait-elle sortie de ce sommet ? Pas si sûr selon nos interviewés. 30% comme objectif d'aires protégées c'est bien mais quand on parle d'aires protégées, de quoi parle-t-on ?

On sait que le niveau de protection selon que l'on est dans un parc naturel régional, dans un parc national ou d'une réserve ou autre, il n'est pas exactement le même. Il y a de fortes différences. Donc il faut savoir de quoi on parle.

L'objectif c'est 30% d'aires protégées dont 10% de protections fortes. L'enjeu c'est bien d'accéder à ces 10% de protections fortes et de protections fortes là où on a des enjeux. Des enjeux de pression par rapport à l'extinction de la biodiversité.

Et une des choses qu'on peut craindre c'est qu'il est très facile de faire des aires marines protégées dans les territoires australs, où on va faire beaucoup de surface donc on va aller chercher l'objectif sans forcément aller dans les secteurs les plus sensibles en protection de la biodiversité. On a déjà aussi constaté que dans les parcs nationaux et dans les cœurs de parcs où on est censé être dans les zones de protections fortes, on a déjà des actions qui visent à amenuiser ces protections, comme l'autorisation de chasser et des coupes butoirs on en constate chaque année. Créer des aires protégées si on ne se donne pas les moyens de les gérer ça sert à rien.

Or ce qu'on constate déjà et avant l'annonce c'est que sur les aires protégées existantes, par exemple les parcs nationaux mais aussi l'Office français de la biodiversité qui recoupe les aires marines protégées et un certain nombre de réserves, on est déjà sur un certain nombre de réductions de moyens humains. Après avoir analysé les annonces du Président de La République, on a malheureusement envie de donner raison à Greta Thunberg et à Greenpeace. Rien de véritablement nouveau n'est sorti, rien d'imprévu, rien d'inattendu, si ce n'est des effets d'annonce, et une opération de communication finement ciselée par l'Elysée.

On voulait poser quelques questions à ce sujet, à l'envoyée spéciale auprès du Président de la République pour la biodiversité, mais nous n'avons jamais eu de retour. Les chefs d’État ont dit et ont répété qu'il y a une fenêtre de tir de 10 ans pour répondre à la crise climatique. Malheureusement, nous n'avons pas le temps pour les blabla.

Des blabla, il y en a depuis longtemps. Il y en avait déjà en 2002, lorsque Jacques Chirac disait “notre maison brûle et nous regardons ailleurs” au sommet de la terre de Johannesburg. Visiblement, 19 ans plus tard, les chefs d'État continuent de regarder ailleurs.