L'invité d'Apolline Matin : Après les violences, “Il est grand temps que le pays se ressaisisse”... l’appel du président du Medef - 20/10
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:51OuverteRéponse partielle
La République les a abandonnés ?
- 1:42OuverteRéponse directe
Sur les 40% de commerçants sans assurance, l'État doit-il prendre en charge ?
- 2:13FerméeÉludée
L'État n'a plus un rond ?
- 3:20OuverteRéponse directe
Est-ce que vous comprenez ceux qui s'arment ?
- 3:50OuverteRéponse directe
Comment dire aux petits commerçants de respecter la loi quand LVMH se protège ?
- 4:18RelanceRéponse directe
Ce n'est pas une vision de l'avenir, de devoir protéger son business soi-même ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:07InvitéFait
« Il y avait des forces de l'ordre à quelques dizaines de mètres qui ne sont pas intervenues. »
- 1:21InvitéFait
« La République a peut-être eu du mal à garantir la sécurité. »
- 2:48InvitéFait
« Le fait que nous n'ayons pas eu de discipline, de rigueur et tout simplement de raison budgétaire depuis des décennies. »
- 2:51InvitéChiffre
« Quelques centaines de millions d'euros à l'échelle de la France que l'État ne trouverait plus. »
- 5:14InvitéChiffre
« 11 milliards qui ne seront plus disponibles pour accorder des augmentations de salaires. »
- 6:36InvitéChiffre
« En Suisse, 3,2% de taux de chômage des jeunes. En France, 7 fois plus, 22%. »
- 6:41InvitéFait
« En Suisse, il y a 70% des jeunes qui passent par l'apprentissage. En France, on vient renier le dispositif d'apprentissage. »
- 7:51InvitéFait
« Les entreprises françaises sont les plus taxées au monde. »
- 7:57InvitéChiffre
« Les 11 milliards dont je parle, ça va générer 200 000 destructions d'emplois. »
- 8:20InvitéChiffre
« Ça va, au fil du temps, conduire à 200 000 suppressions de postes. »
- 8:23InvitéChiffre
« Ça va surtout conduire à l'instant T, à ce que nos marges d'augmentation des salaires soient amputées de 1,6 point. »
Temps de parole
- Invité63 %
- Invité 220 %
- Présentateur8 %
- Invité 37 %
- ?3 %
≈ 19,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous
écoutez RMC. J'ai surtout vu des commerçants et leurs salariés effondrés, dont certains me disant « on ne recommencera pas », une gérante de magasin me disant « la République nous a abandonnés
».
Ça prend aux tripes, ce genre de messages. Vous avez du recul,
vous,
Patrick Martin, parce qu'on a eu beaucoup de ces témoignages-là, de « j'ai appelé la police, personne n'a répondu ». Ils disent « on a le sentiment que la République nous a abandonnés
».
Vous dites quoi, vous, ce matin ? La République les a abandonnés ? Moi, je dis que je ne suis pas un spécialiste du maintien de l'ordre et que les forces de l'ordre ont fait ce qu'elles pouvaient faire. Manifestement, la menace a été sous-estimée. J'étais samedi à Lyon, j'ai vu de mes yeux l'incendie de l'Office du tourisme. Il y avait des forces de l'ordre à quelques dizaines de mètres qui ne sont pas intervenues. Je me garde de juger. Peut-être qu'elles ont considéré qu'elles n'étaient pas suffisamment nombreuses pour faire face à des populations étranges, archi-violentes et manifestement très déterminées. Et la République a peut-être eu du mal à garantir la sécurité.
En revanche, quand il s'agit de l'argent, écoutez, chômage partiel à 100% dès aujourd'hui, fonds de soutien, pression sur les assureurs. Sébastien Lecornu, là-dessus, il a dégainé très vite. Mais sur tous ces leviers, Patrick Martin, ça veut dire que ce sont les assurés, les contribuables, ceux qui cotisent à l'assurance chômage, qui vont payer ces images de casques qu
'on
voit encore sur RMC Story. Oui, et
puis
quand j'entends pression sur les assureurs, écoutez, ça m'étonne un peu. Les assureurs font leur métier. On paye des primes d'assurance. Enfin, c'est au gouvernement...
Il sera
vigilant de toute façon.
Vous le savez, on le saura tôt ou tard.
Il ne
faut
pas détourner le regard et la charge,
d'ailleurs. Par exemple,
sur les 40% de commerçants qui n'ont pas d'assurance contre les pertes d'exploitation... Je pense que c'est à l'État de prendre en charge. Voilà,
qu'est
-ce qu'on peut faire ? Parce qu'on paye des impôts, y compris pour assumer le maintien de l'ordre. Donc, lorsqu'il est défaillant, il a été défaillant l'État, sur ce point précis, s'il se
défaut... Vous
pouvez dire que l'État n'a plus un rond, Patrick Martin. Il
n
'y
a
plus d'argent dans les caisses. Mais parce qu'il est mal
géré.
Oui, d'accord, mais là,
aujourd
'hui...
Parce qu'il est mal géré. Là, c'est un problème
immédiat.
Mais
on va de problèmes immédiats en problèmes immédiats. Écoutez, il y a plus d'un an, je n'étais pas le seul à le faire. Je vois mon voisin d'en face. Il y a plus d'un an, j'avais dit,
l
'État est tellement impécunieux qu'il ne saura pas faire face à de nouveaux accidents. On a eu de nouveaux accidents. Donc, je n'avais pas pronostiqué ce qui s'est passé dans le détroit d'Hormuz. Je n'ai pas de boule de cristal. Mais c'est exactement ce qui s'est passé. Donc, le fait que nous n'ayons pas eu de discipline, de rigueur et tout simplement de raison budgétaire depuis des décennies, ça nous conduit à ce qu'aujourd'hui, pour quelques centaines de millions d'euros, c'est beaucoup pour chacun des commerçants et des entrepreneurs qui ont été gravement touchés. Mais dans l'absolu, quelques centaines de millions d'euros à l'échelle de la France que l'État ne trouverait plus.
Moi, je vais vous parler d'un autre sujet, ce qui va faire supporter aux salariés et aux entreprises en reportant sur elle une partie de son déficit. C'est scandaleux. Il faut que l'État se reprenne en main. La République nous a abandonnés, vous disiez, ces commerçants. Et désormais, on l'entendait sur RMC aujourd'hui, certains s'arment de barres de fer, parfois de fusils de chasse. Est-ce que vous les comprenez
? Je
les comprends, mais je les dissuade de le faire. Parce que je reste, et nous restons très attachés à l'État de droit, même si, d'évidence, il a pu être défaillant en l'espèce et s'il est défaillant dans sa gestion. Donc, il ne
faut
pas tomber en définitive dans le panneau que tend l'ultra-gauche, que tend les Black Blocks, qui ne rêvent que de ça, c'est-à-dire d'une guerre
civile. Alors, cela dit, c'est
vrai que c
'est un message envoyé aux petits commerçants qui, les pauvres, ont dû affronter parfois 20, 30 casseurs. Mais une image m'a frappé, moi, c'était celle de la boutique Dior, donc LVMH, dans le 8e arrondissement, qui était littéralement encadrée par un cordon d'agents de sécurité prévus. Il y
en
avait au moins une quinzaine, vraiment un tous les mètres. Donc, en fait, comment est-ce qu'on peut dire aux petits commerçants, vous devez respecter la loi, vous ne vous devez surtout pas créer de milices pour vous défendre, vous armer, alors que dans le même temps, un floron de l'industrie française, LVMH, se protège, et on peut les comprendre, avec une sécurité privée. Est-ce que ce n
'est
pas une vision de l'avenir, ça, en fait
?
Devoir protéger son propre business, parce que l'État n
'est
pas capable de le faire, en fait ?
Il
faut tout faire pour que l'État exerce pleinement ses fonctions régaliennes et arrête
d
'emmerder les Français en faisant du micro-management et en venant en particulier matin, midi et soir, contrarier les entrepreneurs avec des réglementations stupides. Vous avez, j'ai vu hier, un entrepreneur à qui l'administration des monuments historiques a cassé les pieds pour sa devanture,
le
même État qui, quelques jours après, était incapable d'assurer la sécurité de son établissement. Alors, il faudrait peut
-être
hiérarchiser les priorités, mais je veux parler de ce que j'ai évoqué, c'est-à-dire ce que l'État va mettre à la charge des entreprises dans le cas du prochain budget. Eh bien voilà, il y a un lieu qui est encore à peu près apaisé en France, c'est l'entreprise, à peu près apaisée.
Il
n
'y a
pas de conflits sociaux, essentiellement. Eh bien l'État,
pour
des mesures d'économie sordides et court-termistes, va reporter aux entreprises plus de 11 milliards de charges, 11 milliards qui ne seront plus disponibles pour accorder des augmentations de salaires qui sont, du fait de l'inflation du prix des carburants, demandées par les salariés. Et donc, on risque de transférer dans les entreprises des tensions qui n'y existent pas aujourd'hui, précisément parce que l'État est incapable d'aller chercher ces 11 milliards d'euros là où des idences ils
écrivent.
Pendant ce temps-là, Patrick Martin, il
y
a une jeunesse qui se désespère un peu pour son avenir. Or, vous publiez votre livre qui s'appelle « Génération empêchée » et vous dites, ces jeunes en fait, on leur met plein d'entraves pour inventer eux-mêmes leur avenir. Qu'est-ce que vous proposez ? C'est quoi vos propositions pour libérer cette jeunesse et lui proposer un avenir désirable ? Non, ça n'enlève rien à ce que j'ai dit auparavant, sur lequel vous n'avez pas voulu rebondir. On n
'a
pas le temps, Patrick Martin. Oui, mais les 11 milliards que les entreprises ont supportés, elles n'auront pas le temps de les supporter non plus. Bien, moi je n
'ai
pas découvert ce sujet de la jeunesse aujourd'hui.
Il
y
a
des années que je m'y intéresse, pour des raisons y compris personnelles et parce que je suis entrepreneur. J'ai effectivement écrit ce livre qui est sorti avant les événements dont on parle. Mais sur le diagnostic, je suis assez d'accord avec tout ce qui se passe aujourd'hui. C'est-à-dire qu'on a enfermé la jeunesse dans une espèce de bulle artificielle. En particulier, on ne la met pas suffisamment en contact des réalités de l'entreprise. On égare des jeunes dans des formations qui n'ont pas de débouchés professionnels. Et donc, si on continue comme ça, d'abord, à l'instant T, on a des scores lamentables en termes de taux d'emploi ou de taux de chômage des jeunes. Un seul chiffre.
En Suisse, 3,2% de taux de chômage des jeunes. En France, 7 fois plus, 22%. En Suisse, il
y
a 70% des jeunes qui passent par l'apprentissage. En France, on vient renier le dispositif d'apprentissage. On marche sur la tête. On marche sur la tête. Je vais rebondir sur vos 11 milliards, Patrick Martin, parce que vous dites que
c
'est un dernier endroit qui a apaisé l'entreprise. On a ces images de casse et de pillage qu'on va mettre de côté un instant, même si c'est toujours la lune de l'actualité ce matin. N'oublions pas que plus de 500 000 personnes ont manifesté. Et dans les pancartes, on réclamait des salaires, on réclamait de la solidarité fiscale chez les riches. Vous ne pouvez pas rester sourds non plus à cette colère sociale-là en disant que tout se passe bien du côté des salariés. Ce dont je vous parle précisément, c'est de l'amputation des capacités qu'auront les entreprises à accorder des augmentations de salaires. C'est quand même un petit peu fort de café.
C'est normal qu'on ait des demandes d'augmentation de salaires. L'État lui-même, parce qu
'il
ne sait pas faire des économies là où elles sont possibles, nous transfère là aussi la patate chaude. Je suis contre, je le dis, et on va se battre dans le cadre du vote des lois pour que ça n'arrive pas.
On peut
tenir comme ça jusqu'à la présidentielle, Patrick Martin ? Dans ce climat
social de
tension
avec ça ? Ensuite, je
veux rappeler quelque chose. Parce qu'à un moment donné,
il
y
a
beaucoup de slogans qui circulent actuellement. Il y
a
des attaques personnelles. Enfin, tout ça est lamentable. Après, il y a des faits et il y a des chiffres.
Ça
a été établi encore récemment par un rapport du Sénat. Les entreprises françaises sont les plus taxées au monde. Donc, si on veut encore les surcharger, il ne faudra pas s'étonner. Les 11 milliards dont je parle, ça va générer 200 000 destructions d'emplois. Donc, préservons les entreprises. C'est elles qui créent la richesse. C'est elles qui permettent...
Vous
dites ce matin, pardon, on parle budget et budget de la sécu, à
ce
moment, c'est aussi ça à l'Assemblée. Vous dites ce matin, Patrick Martin, passer ces 11 milliards, on supprime 200 000 postes.
Non,
ce n
'est
pas une décision de supprimer 200 000 postes. C'est documenté académiquement. Ça va, au fil du temps, conduire à 200 000 suppressions de postes. Ça va surtout conduire à l'instant T, à ce que nos marges d'augmentation des salaires soient amputées de 1,6 point. 1,6 point. Vous vous rendez compte ? S'il
y a
700 milliards de masse salariale du secteur privé, on vient nous...
Patrick
Martin, je vous ai posé la question. On tient comme ça jusqu'à la présidentielle
? Il
faut qu'on tienne jusqu'à la présidentielle. Merci Patrick Martin. Président du MEDEF, première prise de parole après ce week-end particulier que nous avons connu. Vous avez publié Génération empêchée aux éditions de l'Observatoire. Je le rappelle, merci d'avoir pris quelques minutes ce matin pour les auditeurs d'RMC.