Prix des carburants, taxation, situation internationale, budget... Le "8h30 franceinfo" de Raphaël Glucksmann
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
Est-ce que vous plaidez pour des aides massives ciblées ?
- 1:57FerméeRéponse directe
Vous voulez donc faire passer le chèque énergie à 500 euros et l'étendre aux classes moyennes ?
- 2:25RelanceRéponse directe
Vous voulez taxer les bénéfices de Total comme Total ne fait pas ses bénéfices en France ?
- 2:50RelanceRéponse directe
Certains disent que vous ne pouvez pas taxer Total, qui réalise ses bénéfices dans les pays producteurs de pétrole. Vous savez qu'à l'échelle européenne, vous pouvez le faire ?
- 3:45RelanceRéponse directe
En 2022, la taxation des bénéfices exceptionnels des pétroliers n'a rapporté que 69 millions d'euros en France versus 200 millions attendus. Pourquoi ?
- 6:39OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez trouvé que la situation géopolitique était dramatisée par Emmanuel Macron ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:27Invité politiqueFait
« Total Énergie va battre encore tous les records de bénéfices et de dividendes versés. »
- 2:54Invité politiqueFait
« Le gouvernement socialiste espagnol propose cette taxation des super profits des multinationales fossiles. »
- 3:52InvitéChiffre
« 69 millions versus 200 millions d'euros attendus. »
- 4:16Invité politiqueFait
« Total a fait des bénéfices records en 2022 au moment de l'invasion de l'Ukraine. »
- 9:55InvitéChiffre
« 54 milliards d'euros d'économie devraient être réalisés avec entre autres le gel du point d'indice des fonctionnaires ou des aides au logement. »
- 10:42Invité politiquePromesse
« augmenter la taxation des méga-héritages, des plus grandes successions au-delà de 2 millions d'euros. »
- 19:34Invité politiqueChiffre
« On va avoir 9000 milliards de transmissions qui vont ossifier les inégalités. »
- 19:45Invité politiqueFait
« Les deux tiers de la fortune des Français, c'est leur héritage. C'est seulement un tiers le travail. »
Temps de parole
- Raphaël Glucksmann67 %
- Présentateur13 %
- Invité11 %
- ?8 %
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Bonjour Agathe.
Bonjour.
Et bonjour Raphaël Glucksmann. Bonjour.
Bonjour Raphaël Glucksmann.
Bonjour. C'est le sujet, on l'a entendu évidemment tout au long de la matinale encore ce matin sur France Info, le sujet qui pourrit la vie de millions de Français, le prix des carburants. Après le sans-plomb, c'est le gasoil qui bat tous les records. 2,41
euros
le litre en moyenne. Le Premier ministre Sébastien Lecornu réunit ce matin.
Il y a
même deux réunions dans la journée. J
'en ai
ces ministres pour tenter de réfléchir à de nouvelles aides ciblées pour les automobilistes les plus en difficulté. Est-ce que vous plaidez, vous, en tout cas vous l'avez dit, pour des aides massives ciblées ?
Qu
'est
-ce
que ça veut dire
? Déjà
il faut comprendre la gravité de la situation. On a déjà eu un printemps catastrophique, très difficile, où des millions de Françaises et des Français ont été exposés à ces explosions des prix de l'énergie, des prix des carburants. Et là, on a un automne qui est encore plus difficile et qui va durer. C'est ça qu'il faut comprendre. C'est que c'est une crise qui peut durer et les prix peuvent encore monter. Et donc oui, il faut des aides ciblées, massives. Moi, ce que je demande solennellement au Premier ministre, c'est de multiplier par trois le chèque énergie.
C'est de faire en sorte que les auxiliaires de vie, les infirmières libérales, toutes celles et tous ceux qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler et qui n'arrivent plus à faire face à cette explosion des prix à la pompe, puissent continuer à travailler et
soient aidés par
le gouvernement.
Donc il faut élargir
les populations ciblées.
On
a pour l'instant les pêcheurs, les agriculteurs, le BTP. Il faut aller plus loin. On était par exemple ce matin aussi avec les représentants du monde associatif, le délégué général d'Emmaüs France qui disait « On a des bénévoles qui aujourd'hui ne peuvent plus ou des salariés qui hésitent
à se déplacer. » Et on a des
auxiliaires de vie qui démissionnent, qui ne peuvent plus travailler parce qu'en fait, ça leur coûte de l'argent désormais d'aller travailler. Elles ont besoin de leur voiture pour aller soigner, pour aller s'occuper de nos aînés, pour aller voir les personnes en difficulté. Et ces auxiliaires de vie, elles n'y arrivent plus. Elles
n'y arrivent simplement plus. Les auxiliaires de vie qui d'autres
? Il faut
prendre
les bénéficiaires du chèque énergie et de manière automatique, augmenter ce chèque.
Pour l'instant, c'est pour les gros rouleurs, le chèque énergie. Il est à 150 euros. Vous voulez donc le faire passer à 500
euros
et l'étendre aux classes moyennes, vous dites
?
Oui, il faut élargir. Parce qu'aujourd'hui, ceux qui n'en peuvent plus, ce sont des millions de Françaises et de Français qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler.
Moi,
je sais la situation budgétaire. Et donc, ce que je propose, c'est que ces aides, l'extension de ces aides, soient financées par une taxation des super profits. Parce que dans le même temps, pendant que les Français...
Vous voulez
taxer les
bénéfices
des pétroliers comme Total ?
Oui, parce que dans le même temps, pendant que les Français galèrent, eh bien, il y a des super profits. Total Énergie va battre encore tous les records de bénéfices et de dividendes versés. Et c'est insupportable.
Mais Total
plafonne ses prix en France, Raphaël Glussoine, et Total ne fait pas ses bénéfices en France.
Donc, certains disent que vous
ne pouvez pas taxer Total, qui réalise ses bénéfices
dans les pays producteurs de pétrole. Vous savez qu'à l'échelle
européenne, vous pouvez le faire. Et à l'échelle européenne, qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? Le gouvernement socialiste espagnol propose cette taxation des super profits, des multinationales fossiles.
Le
gouvernement conservateur allemand
est
d'accord. Et qui bloque ? Qui bloque
?
Eh bien, c
'est
le gouvernement français. Et
pourquoi
le
gouvernement français ne veut
pas heurter M. Pouyanné et Total ?
Eh
bien, il faut dire les choses de manière très simple. Dans une situation aussi difficile, à la fois pour le budget de l'État et pour les Françaises et les Français qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler, ce n'est pas possible que ce soit M. Pouyanné, le président directeur général de Total, qui fasse la politique de la France. et nos partenaires européens s'étonnent. Pourquoi notre pays, qui est dans une situation si difficile budgétairement, s'obstine à bloquer les initiatives européennes en matière de taxation des super
profits
?
Donc
vous dites que la France bloque en même temps, en 2022, quand les Européens avaient imposé les bénéfices exceptionnels réalisés par les pétroliers, ça n'avait pas rapporté tant que ça par
rapport au regard espéré. 69 millions
versus 200 millions d'euros attendus.
Madame
Lambret, ça n'avait pas rapporté tant que ça en France. Parce que le gouvernement français avait appliqué ce qui a été décidé à l'échelle européenne d'une manière telle que ça n'a rien rapporté pour ne pas, une fois de plus, déranger M. Pouyanné et Total. Et donc moi je dis les choses très simplement. Quand on est dans un
moment de
crise,
il faut faire jouer la
solidarité nationale. Total a fait des bénéfices records en 2022 au moment de l'invasion de l'Ukraine. Donc à chaque fois qu'on a une crise qui frappe les Françaises et les Français, une crise énergétique, là c'était une crise gazière, désormais c'est une crise pétrolière, à chaque fois qu'il
y a
une guerre qui déclenche une hausse des prix, les multinationales du pétrole et du gaz font des bénéfices records. Il est parfaitement logique, ce n
'est
pas une lubie gauchiste, il est parfaitement logique qu'ils contribuent donc à l'effort de solidarité en direction des Français qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler. Donc
vous êtes
d'accord sur le diagnostic avec la France insoumise qui propose justement de renier sur les marges des géants du pétrole pour plafonner les prix. C'est là-dessus qu'il faut jouer, pas sur les taxes, sur les bénéfices des géants du pétrole.
Il
faut une taxation des super profits. Là où je ne suis pas d'accord, c'est quand on propose des mesures universelles, que ce soit le blocage des prix
ou la
baisse des taxes de manière générale que propose le Rassemblement national. Pourquoi ? Parce que dans ce cas-là, ça bénéficierait à des bourgeois qui prennent leur SUV pour partir dans leur maison de campagne. Moi, les week-ends des grands bourgeois dans leur grande maison, et je ne vois pas pourquoi, ce serait aux contribuables de payer pour qu'ils fassent leur plein.
Ce que je veux, c'est des aides
ciblées. Des aides ciblées, pas des aides universelles. La proposition du Rassemblement national, par exemple, ça coûterait plus de 12 milliards d'euros à l'État. Pour financer quoi ?
Pour financer de manière universelle. Non, mais c'est les
taxes. L'Espagne aussi a baissé les taxes. D'autres pays le font. L'Allemagne n
'est
pas réputée pour être si mauvaise gestionnaire que ça.
Eh bien, nous, ce dont nous avons besoin, c'est d'aides ciblées. Et de la même manière, sur le blocage des prix, il
y a
un pays qui a essayé. Le blocage des prix, c'est la Hongrie de Orban. Elle a dû renoncer au bout de six mois parce que sinon, il y allait avoir une pénurie. Donc, les aides pour ceux qui en ont besoin. Nous,
on
a conscience de la gravité de la situation budgétaire, mais on a aussi conscience de la gravité de la situation sociale. Et donc, il faut que les aides en France soient ciblées. Ciblées sur les classes populaires, ciblées sur les classes moyennes. De manière universelle, déverser l
'argent public pour des gens
qui n'en ont pas besoin. Avec
un chèque augmenté, on l
'a
bien compris, c'est ce que vous proposez. Jusqu'à 500
euros,
Raphaël Glucksmann. Cette plombée des prix, on le sait, elle est due en partie à la situation, en grande partie à la situation géopolitique. C'est pour vous détailler cette situation qu'Emmanuel Macron vous a réunis avec les autres chefs de parti vendredi à l'Elysée. Menaces russes, guerre en Ukraine, guerre au Moyen-Orient. Certains en sont ressortis en disant que le chef de l'État dramatisait quelque peu la situation. Est-ce que ça a été votre avis aussi ? Ils n'ont pas été dans la même réunion
que moi, apparemment.
Parce
que quand vous avez les chefs de services de sécurité
qui
vous expliquent par le menu la situation dramatique en matière de sécurité de notre pays et de l'Europe tout entière, quand vous avez un exposé sur le fait qu'un État, la Russie, a entrepris une action terroriste contre l'aéroport de Leipzig, dont le but était de faire des morts, eh bien vous ne pouvez pas sortir de cette réunion et faire un show devant les médias en expliquant que tout cela, c'est rien.
Quand
vous aspirez à présider au destiné de la France, votre premier souci, ça doit être la sécurité des Françaises et des Français.
Vous visez qui la Raphaël Glucksmann qui fait
un show en disant que...
Tous ceux qui sont sortis en expliquant que tout cela était une opération de communication. Pour
faire
diversion.
Mais il n'y a pas de diversion ou de communication quand il s'agit de notre sécurité. Et oui, la Russie de Vladimir Poutine est engagée dans un conflit, pas simplement contre l'Ukraine, contre l'ensemble de nos démocraties européennes, contre nos nations. Et nous avons eu,
dans
cette réunion, des patrons des services de sécurité qui nous disaient quoi ? Qui nous décrivaient un terrorisme d'État. Et donc vous êtes dans une situation où les attaques vont se multiplier contre le sol européen, sur le sol
européen,
contre nos nations. Et justement, Raphaël Glucksmann, dans une situation aussi grave, et c'est une question qu'on a envie de poser à tous les candidats à l'élection présidentielle, qu'est-ce qui vous fait penser que vous pourriez être à la hauteur de ces périls aussi graves ? Vous savez, ça fait plus de
dix ans
que
j'alerte sur ce fait,
que
nous avons une menace,
incarnée
par la Russie de Vladimir Poutine,
qui
peut plonger l'ensemble de notre continent dans la guerre.
Et
personne ne m'écoutait. J'ai présidé la commission spéciale du Parlement européen sur les ingérences étrangères. J'ai étudié la guerre hybride, disséqué la guerre hybride menée par la Russie de Poutine contre nos nations.
Les
attaques permanentes, les entreprises de sabotage, l'utilisation des campagnes de désinformation pour fausser notre débat public. Je sais la menace qui pèse
sur les Français. Donc vous êtes prêts et ça ne vous dissuade pas, au contraire. Vous avez envie d'y aller. De manière
claire, pour protéger la France. Et encore une fois, quand j'entends tous ceux qui disent qu'il faut couper le robinet d'aide à l'Ukraine,
le Rassemblement National par
exemple, qui est aux portes du pouvoir,
je
veux que ceux qui nous écoutent comprennent bien une chose.
Nous
n'aidons pas l'Ukraine simplement par solidarité envers un peuple qui se bat pour être libre. Nous aidons l'Ukraine parce que c'est notre sécurité qui est en jeu. Parce que nous savons que nous sommes les cibles de Vladimir Poutine. Que sa guerre vise l'ensemble du continent européen et de nos démocraties. Et que donc le moindre signe de faiblesse, le moindre signe de faiblesse est une invitation à l'agression. Il va falloir être ferme.
Donc les responsables politiques auront une responsabilité,
c'est le cas de le dire. Raphaël Glussmann, dans ce contexte, situation géopolitique inflammable, pouvoir d'achat en berne, le Parti Socialiste et les Insoumis sont sur le point de censurer le gouvernement sur le budget. Vous vous dites que vous soutiendrez cette censure si le budget est un budget de régression. Or on en sait plus maintenant, selon les pistes du gouvernement, 54 milliards d'euros d'économie devraient être réalisés. Avec entre autres le gel du point d'indice des fonctionnaires ou des aides au logement. Est-ce que c
'est
la régression et est-ce que ça signifie censure
? Les
pistes données par le Premier ministre clairement sont régressives. Je veux dire, on parle là de faire payer les bénéficiaires des APL. On parle là de faire payer les malades. On parle de faire payer absolument tout le monde, sauf ceux qui ont le plus. ceux qui pourraient payer le plus, ceux qui pourraient contribuer le plus. Vous savez, moi j'entends les amis de M. Lecornu et de M. Macron dire « Mais face à une telle situation budgétaire, il ne devrait pas y avoir de tabou ». Ben très bien, qu'il n'y ait pas de tabou. Alors pourquoi est-ce que baisser les APL, ce n
'est
pas tabou ? Et que par contre, augmenter la taxation des plus hauts patrimoines, c'est tabou. Pourquoi la proposition que je fais pour augmenter la taxation des méga-héritages, des plus grandes successions au-delà de 2 millions d'euros,
c'est tabou ?
Pourquoi ça c'est tabou ? Pourquoi la taxation des super-profits des multinationales du pétrole,
c
'est tabou ?
Pourquoi c'est tabou ?
Parce que le gouvernement s'y refuse. Mais donc nous, si on nous dit « Il ne faut pas qu
'il
y
ait
de tabou parce que la situation budgétaire est grave », nous disons « Ok, très bien, qu'il n'y ait aucun tabou ». Et donc, qu'on parle de la taxation des plus hauts patrimoines que vous refusez, vous, au gouvernement.
Mais là, ce n'est pas
dans le budget, Raphaël Luceman.
Donc ça signifie sans surprise qu'il a rajouté une crise politique du chaos politique au chaos international ?
Ce que ça signifie, c'est qu'il doit y avoir des négociations, un rapport de force, que déjà on doit voir la copie donnée par le gouvernement, mais que si
l
'entretien dans le Figaro du Premier ministre, c'est réellement la copie qui nous est donnée, alors il n'y a aucun moyen de l'accepter. Et je vais vous dire une chose simple. Il y en a marre aussi des leçons, des leçons sur la dette venant de gens qui ont été ministres et premiers ministres depuis 10 ans et qui nous laissent 1000 milliards de dettes supplémentaires, alors même que les hôpitaux sont à l'agonie, l'école publique décline, que la justice est sous-financée. Généralement, quand vous faites de la dette, c'est parce que vous avez investi. Là, en réalité, la gestion a été tellement calamiteuse qu'on hérite d'une dette faramineuse, qu'on hérite d'un déficit abyssal, alors même qu'on n
'a
pas investi dans la transition écologique, qu'on n
'a
pas investi
dans les industries d
'avenir et qu'on a sous-investi dans nos services publics qui se retrouvent dans une situation vraiment dramatique.
Avec
Raphaël Luxman, député européen et candidat à la primaire PS Place Publique, nous sommes à moins de trois semaines du premier tour de cette primaire de la gauche. Cinq candidats s'affronteront. Et pour l'instant, parmi eux, c'est vous qui êtes en tête des sondages pour la présidentielle, parmi eux. Mais vous êtes aussi le plus critiqué par ses adversaires.
Sans doute
est-ce lié.
Peut-être est-ce lié, vous allez nous le dire. Dans Libération,
en
tout cas, hier, Ségolène Royal vous traite carrément de stagiaire, Raphaël Luxman, et elle assume ensuite sur BFM TV.
Il
n'a jamais géré quoi que ce soit.
Il
n
'a
pas de métier d'origine. Il est stagiaire,
Raphaël Luxman, aujourd'hui. Il est
stagiaire en politique,
oui.
J'ai eu quatre mandats de parlementaire, j'étais quatre fois ministre, j'ai une expérience et le temps viendra peut-être pour le stagiaire.
Qu
'est-ce que vous lui répondez, Raphaël Luxman
?
Qu'au moment où
la
France traverse une telle crise, où on a l'explosion des prix des carburants, où on a des menaces sécuritaires sur notre pays, où l'extrême droite, et c'est ça l'enjeu existentiel de 2027, l'extrême droite est aux portes du pouvoir, eh bien Mme Royal décide que je suis sa première cible. Très bien. Enfin, je veux dire, c'est pas du tout au niveau. C
'est un peu
méprisant, non ?
De dire
que vous êtes stagiaire,
que vous n'auriez rien fait dans la vie.
Mais sur cette réponse, elle a raison
de
dire une chose. Elle a raison de souligner que je ne suis pas, moi, en politique depuis 45 ans, que je n'ai pas quémandé des postes depuis 45 ans, que je n'ai pas quémandé des postes, moi, auprès d'Emmanuel Macron pour être ministre ou finir ambassadrice, que je n'ai pas
ensuite, quand j'ai
perdu ces postes, que je n'ai pas ensuite choisi Jean-Luc Mélenchon par dépit. Et donc que ma conception de la
politique... C
'est
ce qu'a
fait Mme
Royal, selon vous ? C'est pas
celle-là, c'est ce qu'a fait Mme Royal, mais ma conception de la politique, ce n'est pas celle-là. Là où elle se trompe, par contre,
c
'est que je n'ai aucune envie d'être stagiaire auprès de ces gens qui font de la politique de cette manière. Moi, si je me suis engagé en politique, c'est justement pour mettre fin à ces méthodes, pour mettre fin à ces coups de billard à 12 bandes. Et c'est ça l'occasion qu'offre cette primaire. C'est de changer et de refonder la
gauche. Mais donc vous ne soutiendrez pas Cécolaine Royal si
c'est elle qui gagne
la primaire ? C
'est ça que vous êtes en train de nous dire
?
Elle,
elle ne
dit
pas qu'elle vous soutiendra si vous gagnez la primaire. Mais
écoutez... Si
vous êtes cohérent, si vous allez au bout
de votre logique, vous ne
soutenez pas
Cécolaine Royal si elle gagne.
Je pense que Mme Royal, qui là est dans une sorte de tour de piste,
ne
gagnera absolument pas cette primaire. Précisément parce que les Français qui vont voter à cette primaire, les Français de gauche qui veulent gouverner ce pays, rejettent ce type de politique.
Un tour
de piste. Cécolaine Royal fait un tour de
piste. Parce qu'ils rejettent ce type de politique, qu'ils ne sont pas, eux, sujets à toutes les dérives sur, par exemple, l'exhortation à prendre de l'hydroxychloroquine en pleine pandémie, ou sur
la négation des bombardements de la maternité de Mario.
Vous
faites référence à la position passée de Cécolaine Royal. Moi,
je suis candidat à l'élection présidentielle.
Elle vous reproche autre chose, Cécolaine Royal. Notamment pour rompre
avec ce type de pratique politique.
Elle vous reproche autre chose. Pour faire en sorte
qu'en politique, il y ait de la constance, il y
ait
de la cohérence, il y
ait
de la sincérité, qu'on arrête de sauter sur toutes les balles. Et qu'on se dise aussi que ce type d'attaque avilie l'ensemble de
la
classe
politique. Elle
dit
autre chose, Cécolaine Royal, Raphaël Glucksmann. C'est le reproche selon lequel vous ne connaissez pas le peuple. Elle parle de votre méconnaissance du peuple. Vous qui aviez dit, il y a quelques années, ça vous a été énormément reproché, que vous étiez plus proche culturellement des habitants de New York ou de Berlin que des
habitants de Picardie. Est-ce qu
'elle vise juste ? Est-ce qu'elle tape là où
ça fait mal ? Je
dénonçais justement dans cette phrase que vous avez l'amabilité de citer, mais citez-la vraiment, je dénonçais justement ces élites françaises, ces élites françaises qui ont abandonné l'idée de nation, qui se pensent de manière globalisée et qui oublient que faire peuple, c'est la mission principale de dirigeant républicain. Et que donc, on doit appartenir tous à un même univers culturel qui est celui de la nation française. Donc, précisément, je dénonçais ça.
Je cite cette phrase parce que Ségolène Royal, justement, en parle à nouveau, en tout cas, vise ce reproche qui vous est fait. C'est-à
-dire
que ça vous colle à
la
peau. C'est ce que mes adversaires, mes concurrents, veulent me coller à la peau. Très bien. Prenez les derniers jours. Qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai été en Occitanie rencontrer des sympathisants qui n'ont rien, eux, de déconnecté, apparemment. C'est le socialisme rural, ce sont des agriculteurs, ce sont des ouvriers, ce sont des habitants des sous-préfectures. Et qu'est-ce qu'ils disent ? Eux,
ce
qu'ils veulent, c'est quoi
?
C'est qu'on ait des réponses politiques aux déserts médicaux, à l'abandon des services publics, au fait que les écoles ferment, au fait que les maternités ferment, au fait que la République abandonne des pans entiers de la France et que, du coup, dans ces régions, eh bien, qu'est-ce qui se passe ? On vote Rassemblement National ou on se réfugie dans l'abstention.
Et justement, mon obsession, parce que
c'est très important, parce que je pense que la République s'est abandonnée elle-même. Pas simplement sous Emmanuel Macron, ce n
'est
pas juste une histoire des dix dernières années. Il faut tourner la page de ces dix dernières années. Mais c'est au-delà de ça. La République s'est abandonnée elle-même. Et en s'abandonnant, elle a délaissé des millions de Françaises et de Français qui, aujourd'hui, n'ont plus accès à un médecin qui,
aujourd'hui...
Justement, sur le fond, Raphaël Guzman, parce que c'est intéressant ce que vous dites, vous voulez taxer davantage l'héritage, vous l'évoquiez tout à l'heure, pour financer une baisse de la CSG sur les salaires, ce qui rapporterait, selon vous, 120 euros net par mois en plus et une personne qui touche 2000 euros par mois. Ségolène Royal et Olivier Faure, justement, vous reprochent de vouloir affaiblir la protection sociale. Qu
'est-ce que vous leur répondez ?
C'est tout l'inverse. C'est tout l'inverse. En réalité, aujourd'hui, le financement de la protection sociale pèse de manière beaucoup trop lourde sur le travail et pas du tout assez sur les véritables lieux, aujourd'hui, de transmission et de production de richesses. Il faut que les plus grands héritiers financent
le
modèle social.
Aujourd
'hui, vous avez une situation dans notre pays où les salaires sont vraiment trop bas. Et donc, on doit apporter une réponse à ces travailleurs qui n'arrivent pas à boucler la fin de mois. On doit apporter une réponse à ces travailleurs qui ne peuvent pas vivre dignement de leur travail. Et comment on fait ? Eh bien, parce qu'on est dans une situation budgétaire compliquée et qu'il faut financer notre modèle social. On taxe les méga
héritages au-dessus... Oui, parce que la CSG sert
à financer la protection
sociale, justement.
Oui, mais contrairement à ce que racontent mes concurrents, la CSG n'est pas une cotisation sociale. C'est un impôt. Et donc,
ce
qu'on fait, c'est qu'on fait peser le financement du modèle social sur ceux qui ont le plus au
lieu de tout faire peser sur les travailleurs.
Et qu'est-ce que ça produit, ça ? Ça produit
un
transfert d'argent qui va de la poche des plus grands héritiers vers celle des travailleurs. Pourquoi je propose cela ? Pourquoi je propose cela ? Parce qu'en fait, on est à un moment de bascule de notre société. On va avoir 9000 milliards de transmissions qui vont ossifier les inégalités. Il y a 50 ans, les deux tiers de la fortune des Français, c'était le produit de leur travail et seulement un tiers le produit de leur héritage. Et désormais, c'est l'exact inverse. Les deux tiers de la fortune des Français, c'est leur héritage. C'est seulement un tiers le travail. Et donc, moi, ce que je ne veux pas, c'est qu'on devienne une société de privilèges. Donc,
vous voulez une
héritocratie.
Moi, je veux qu'on redevienne une société de
travailleurs. Vous voulez financer ces hausses de salaires pour tous les Français par une taxation, vous l'avez dit, sur les plus gros héritages et 1% des plus gros héritages qui rapporteraient, dites-vous, 15 milliards d'euros supplémentaires par an. Certains économistes, notamment de l'Observatoire français des conjonctures économiques, disent que ce n
'est
pas 1% qu'il faudrait taxer, mais 5 à 10% des plus gros héritages. Est-ce que votre calcul est solide ? Oui, notre calcul est
solide puisque ce n'est pas juste cette taxation sur les héritages au-dessus de 2 millions. C'est aussi une révision du pacte d'Utreil. Nous, ce qu'on veut, c'est préserver la possibilité... Exonération d'impôts sur les transmissions des entreprises. Exactement. Et il faut préserver la possibilité de transmettre une PME, une ETI. Il faut un capitalisme familial qui se transmet de génération en génération. Mais aujourd'hui, le pacte d'Utreil permet de l'optimisation fiscale massive. Aujourd'hui, on peut transmettre des biens qui n'ont plus rien à voir avec une réalité d'entreprise grâce au pacte d'Utreil. Donc nous, ce qu
'on
veut, c'est réviser ce pacte.
Donc les 15
milliards, ils y sont dans votre
calcul. Quand on cumule une taxation plus élevée pour les méga-héritages et la révision du pacte d'Utreil, on arrive à ces chiffres. Et ces chiffres, c'est très simple. Ça se verra immédiatement sur la fiche de paix des Français. Parce qu'en fait, si on veut sauver la démocratie, les nopasaranes face au Rassemblement National, ça ne suffira pas. les lésés du contrat social actuel.
Raphaël Guzman, une dernière question. Le député PS Philippe Brun, dont on a parlé la semaine dernière, notamment avec Olivier Faure, a été écarté de la primaire après qu'une ancienne collaboratrice qu'il avait licenciée, a saisi les instances du parti d'accusation de violence. Jérôme Gage, qui est également candidat, estime que sa mise à l'écart est brutale et juge que la direction du PS a été trop vide.
En
besogne, et vous ?
Moi, je ne commente pas les procédures internes du parti socialiste et je sais que cette décision a été prise à la quasi-unanimité ou à l'unanimité du bureau national du parti socialiste. Je n'y étais pas. Vous
pouvez dire ce que vous en pensez. Même Éric
Dupourmoretti,
l
'ancien garde des Sceaux,
il s'est offusqué que Philippe
Brun soit viré sans même avoir été entendu par de supposés
héritiers de Robert Badinter. Je
n'ai pas eu accès aux informations sur le cas et de toute façon, ma règle en politique,
c
'est que quand je ne connais pas un cas, je ne vais pas m'amuser à commenter.
Vous participez à la primaire quand même. Oui, mais je n'ai pas eu accès Je
ne sais pas ce qui s'est passé. Mais ce que je sais, c'est qu'il y a eu une unanimité que ce n
'est
pas... Vous savez, il est de bon ton de critiquer les dirigeants du parti socialiste et ce ne sont pas mes amis dans cette primaire. Mais moi, je ne me mêlerai pas à cette attaque pour une raison simple, c'est que ça a été une décision prise de manière unanime. Et donc, la responsabilité, elle est collective. Maintenant, je vais vous dire une chose. On a beaucoup parlé des processus autour de la primaire. Mais moi, ce que je suis venu vous dire, c'est que notre famille politique est la seule, la seule famille politique qui a un processus démocratique pour désigner sa candidature, son candidat ou sa candidate à l'élection présidentielle. Et moi, j'en suis fier et j'exhorte tous nos auditeurs
qui
se sentent orphelins de la gauche, qui veulent une gauche qui est capable à nouveau de gouverner le pays dans la clarté, à venir, à participer, à s'emparer de ce moment pour refonder la gauche. Dans trois semaines,
les 9 et 10 octobres, et pardon de vous couper... Et on peut s'inscrire jusqu'au 5 octobre. Très bien, 9 et 10 octobre pour les premiers tours.
Je
vous coupe un peu brutalement parce qu'on est obligé d'être à l'heure. Raphaël Glucksmann, merci beaucoup. Alors, soyez à l'heure le
5 octobre. Député
européen et candidat à cette primaire PS Place Publique. Merci
à vous de nous avoir suivis
et merci Agatha demain.
Merci Simon.
Raphaël Glucksmann