Menacé de mort et exfiltré en urgence, le maire d'Alès témoigne
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pouvez nous raconter ce qui s'est passé ? Et est-ce que ça va aujourd'hui ?
- 0:41OuverteRéponse directe
Le ministre de l'Intérieur vous a appelé à 23h pour vous exfiltrer ?
- 1:21OuverteRéponse directe
Vous n'avez pas eu peur ?
- 2:01OuverteRéponse partielle
Quelles décisions avez-vous prises qui pourraient expliquer ces menaces ?
- 2:40OuverteRéponse directe
Pourquoi vous ? Pourquoi Alès ?
- 3:15OuverteRéponse directe
Est-ce que ça a donné un sens supérieur à votre fonction ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« j'ai presque envie de dire que vous êtes aussi le symptôme de cette France où désormais la lutte contre le trafic de drogue c'est absolument partout »
- 2:40Fait
« Alès est la capitale des Cévennes, Alès est une ville aujourd'hui où il fait bon vivre, Alès est une ville qui est la plus dynamique de France démographiquement »
- 3:15Fait
« il y a, comme dans toutes les villes, des lieux très anciens, par exemple les Cévennes dont on parle aujourd'hui, c'est un quartier où il y a toujours eu des points de deal »
- 3:51Fait
« on ne peut pas dire qu'on y va comme ça, donc ça, on s'y prépare »
- 4:56Chiffre
« 80 % des français habitent dans des territoires comme le mien, des villes à taille humaine, la ruralité et à peine un peu plus de 20 % dans les métropoles »
- 5:36Fait
« nous sommes en face aujourd'hui d'organisations criminelles qui ont les moyens d'État et qui nous livrent une guerre »
- 6:47Fait
« c'est une lutte implacable que nous devons mener contre le narcotrafic pour deux raisons pour moi la première c'est que c'est problème de santé publique déjà au delà même du problème du problème du problème, on va dire, des mafias qui s'installent »
- 7:20Fait
« les maires peuvent être la solution à beaucoup de problèmes, parce que nous faisons de la prévention aussi »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
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Est-ce que vous pouvez nous raconter ce qui s'est passé ? Et est-ce que ça va aujourd'hui — Écoutez, bonjour. Racontez ce qui s'est passé. Je l'ai raconté un peu, mais je n'ai pas souhaité non plus faire plus de communication que cela à l'époque. Ce qui s'est passé, ce que vous avez expliqué, mon épouse reçoit d'un botolette des menaces, un courrier, des balles à l'intérieur, des tags sur mon mur. Les enquêteurs arrivent, les parquets se saisissent, les autorités s'inquiètent et effectivement prennent l'affaire très au sérieux. Et puis quelques jours après, le ministre Le ministre de l'Intérieur m'appelle alors que je n'avais pas repris une activité totalement normale, mais quasiment, sans être protégé et autres. Et le ministre de l'Intérieur m'appelle lui-même à 23h pour me dire
qu'on a des informations assez inquiétantes, de sources assez c'est sûr, donc je ne prends pas de risque, je vous envolerai, on vous exfiltre, le préfet arrive chez vous et donc vous prenez deux affaires de toilettes, une brosse à dents et on vient vous chercher. Et c'est le ministre de l'Intérieur lui-même qui a 23h ? A lui-même, c'est Laurent Alors on n'est directement de son portable sur mon portable, il se trouve qu'on se connaît un petit peu. Il me dit il faut partir et le raid arrive et là c'est assez sidérant. Alors mon épouse est bien sûr stressée, moi j'arrive à garder la tête froide et voilà. Et donc là deux vannes arrivent avec une voiture, des policiers armés, c'est hyper professionnel,
on m'embarque dedans et on me met en sécurité sans que je puisse prévenir mes proches et ça c'était un peu la chose la plus importante. Voilà, et puis après je reprends une vie normale dès le lendemain, je reviens au travail escorté par le RAID sous escorte du RAID. J'avais un séminaire avec les maires de mon agglomération que j'ai l'honneur de présider. Donc voilà, j'ai repris, je n'ai pas arrêté un jour de travailler. Vous n'avez pas eu peur ? Non en fait, je n'ai pas vraiment eu peur parce que je pense que c'est... Alors est-ce que c'est l'adrénaline, la sidération, le fait de se dire que tout ça n'est qu'un mauvais rêve, le fait de peut-être pas croire que la DZ avait un intérêt vraiment à me faire disparaître. Le fait peut-être de dire aussi que s'ils avaient voulu...
Vous savez, moi je suis un maire présent, je roule en vélo dans ma ville, je marche à pied, je conduis ma voiture. Si on avait voulu attenter ma vie, j'osais penser qu'on n'allait pas m'envoyer des balles mais que je prendrais un coup de rafale dans ma voiture ou sur mon vélo. Donc je voulais croire à l intimidation. Je me dis à ce moment-là qu'effectivement, peut-être que c'est pour se rassurer, que tout ça est lié au fait que peut-être j'ai pris des décisions qui n'allaient pas dans le sens de ce que certains souhaitaient. Quelles décisions ? Alès, Alès, dans le Gard, évidemment, 46 000 habitants, une lutte des territoires. J'ai presque envie de dire que vous êtes aussi le symptôme de cette France où désormais la lutte contre le trafic de drogue c'est absolument partout.
C'est partout, c'est dans toutes les communes de toutes les tailles, la vôtre est conséquente mais c'est également désormais aussi dans le monde rural, c'est ce basculement. Pourquoi vous ? Pourquoi Alès ? J'en sais rien, j'espère que l'enquête le dira, les magistrats le diront. Ce que je veux dire c'est qu'Alès, et c'est aussi la raison de ma présence sur ce plateau, c'est pour dire aussi qu'Alès c'est pas ce qu'on veut en dire ou ce que cette affaire veut dire. Alès est une ville magnifique, Alès est la capitale des Cévennes, Alès est une ville aujourd'hui où il fait bon vivre, Alès est une ville qui est la plus dynamique de France démographiquement. Donc depuis six ans on est la ville de France devant Toulouse, devant Montpellier voilà donc c'est qu'il se passe quelque chose,
il y a une qualité de vie à nul autre pareil dans notre territoire. Vous avez bien raison de le dire. Voilà mais c'est aussi pour ça. Et parallèlement, il y a, comme dans toutes les villes, des lieux très anciens, par exemple les Cévennes dont on parle aujourd'hui, c'est un quartier où il y a toujours eu des points de deal. Et monsieur le maire, est-ce que ça a donné un sens supérieur à votre fonction ? Je veux dire, vous êtes maire, vous l'avez dit, vous roulez en vélo, vous êtes proche de vos habitants, mais là c'est différent. On parle de la possibilité de la disparition de la République sur un territoire. Est-ce que vous vous êtes senti un soldat pour la République qui désormais est en enjeu dans certains territoires ? Oui, un peu. Pour tout vous dire, je pense que quand vous présentez
la fonction de maire, vous savez que ce n'est pas ce genre de choses, je ne l'avais pas imaginé, mais vous pouvez être soumis à des pressions, à des tentatives de corruption, ça vous le savez, donc vous vous y préparez, vous ne pouvez pas diriger une ville, mon agglo fait 150 000 habitants, c'est la 29e de France, c'est assez gros, j'ai 71 communes, donc si vous voulez, on ne peut pas dire qu'on y va comme ça, donc ça, on s'y prépare. Pas à ça, certes, et du coup, c'est vrai qu on prend ce rôle très à cœur, et si je suis présent aussi sur un plateau, alors que je n'ai pas souhaité vraiment très médiatiser, j'ai fait le choix de rester dans ma ville, j'aurais pu essayer d'occuper d'autres mandats nationaux, moi ce qui m'intéresse c'est ma ville, c'est parce que je veux aussi porter la voix
de tous ces élus, vous l'avez dit à juste titre, là où l'état ne peut pas être présent les maires sont présents et nous sommes officiers d'état civil, nous sommes officiers de police judiciaire et nous sommes le dernier rempart sans nous, sans les maires et je veux pas être leur porte parole, je me permettrai pas mais je veux être l'un d'entre eux, sans nous les maires il n'y a plus de France, il n'y a plus de république et on revient à ce qu'on a connu, ce déclassement vous savez, excusez-moi je veux juste dire quelque chose pour pas oublier de le dire qui me tient à coeur, je dis souvent depuis 10 ans mais ma voix n'était pas tellement audible jusqu à présent, si elle l'est un peu plus maintenant j'aurais au moins gagné ça,
c'est que 80 % des français habitent dans des territoires comme le mien, des villes à taille humaine, la ruralité et à peine un peu plus de 20 % dans les métropoles on ne parle que des métropoles et on parle pas des territoires, c 'est ce qui a conduit aux gilets jaunes à une époque et je souhaite que cette affaire permette aussi de dire que tous ces invisibles doivent être montés et assistés. – Et je vais même vous dire que c'est une question qui ici en tout cas moi m'habite en permanence et en particulier à l'aube de cette de cette année démocratique si importante. Je vais repartir de la métaphore du soldat qui est invoquée à l'instant parce que vous disiez j'ai été peut-être où j'étais inaudible avant. J'ai le souvenir il y a deux ans du ministre de l'Économie, M. le maire,
qui est allé témoigner devant le Sénat, disant nous sommes en face aujourd'hui d'organisations criminelles qui ont les moyens d'État et qui nous livrent une guerre. C'est d'ailleurs les mots qui sont aujourd'hui employés. On est en guerre contre les narcotrafiquants. Est-ce qu'on doit penser, si on est en guerre, aller au bout de la logique et mobiliser des moyens militaires pour faire face à la menace? Et j'ajoute, est-ce que dans un scénario où ce genre de menace sur des mers se multiplie, est-ce que nous aurons les moyens de tous les protéger? Parce qu'il y a à terme risque de débordement. Si c'est 5 mers, 10 mers, 20 mers qui se retrouvent dans le collimateur comme vous l'avez été, bien j'imagine qu'on sera impuissants aussi à les protéger.
Et c'est à ce moment-là que la menace et que l'intimidation sera opérante. Écoutez, c'est vrai. Et le souci, c'est que c'est pour ça que je voudrais remercier aussi toutes celles et ceux qui se sont mobilisés dans cette affaire. Tous les ministres du président de la république à tous les ministres qui m'ont appelé qui m'ont assuré leur soutien l'état qui a été très présent les protections qui m'ont été accordée ça montre bien que l'état et c'est ça c'est une bonne chose aussi pour notre démocratie pour notre république l'état ne veut pas faillir dans cette affaire et veut taper un grand coup parce qu'à travers un maire comme ça a été dit à travers moi en l'occurrence mais tous les maires qui peuvent être menacés
je suis pas le seul à être menacé à ce niveau là sûrement sont des représentants de l'état c'est une guerre c'est une guerre alors je veux pas envoyer des grands mots parce qu'en plus en campagne présidentielle là tous les sujets sont sur la table en tout cas c'est une lutte implacable que nous devons mener contre le narcotrafic pour deux raisons pour moi la première c'est que c'est problème de santé publique déjà au delà même du problème du problème du problème, on va dire, des mafias qui s'installent. Et puis après, c'est à vivre notre jeunesse. Parce que comme je dis souvent, on a des jeunes qui, pour certains, quand ils pensent qu'ils n'ont pas d'avenir dans ce pays, qui se tournent vers cet argent facile que peut représenter le trafic de drogue.
Et c'est là-dessus où les maires que nous sommes, et c'est là où on a un rôle majeur dans ce pays, c'est pour ça que les territoires sont plutôt la solution que le problème, contrairement à ce que certains disent dans cette campagne présidentielle, ou même le président du MEDEF qui disait « il y a un problème sur les collectivités locales ». Je crois qu'il faut recentrer le débat et que les maires peuvent être la solution à beaucoup de problèmes, parce que nous faisons de la prévention aussi. Moi j'ai des organismes de prévention, parce que si on ne prévient pas, si on ne travaille pas sur le développement, sur l'enseignement supérieur, sur la formation auprès des jeunes, on On va dériver vers ça. C'est comme ça que les pays dérivent.
Quand on ne s'occupe plus de la jeunesse, la jeunesse va vers ce qui est le plus simple euro. Et ça, c'est le rôle aussi des gens. Christophe Rivanc, vous évoquiez aussi votre épouse. Je voudrais quand même qu'on ait un mot. Comment va-t-elle ? Comment a-t-elle vécu ce moment est-ce qu'elle a pu reprendre une vie normale ? Déjà elle est merveilleuse parce qu'elle m'a soutenu Elle reprend une vie normale elle a repris le travail elle est courageuse elle ne m'a à aucun moment demandé de choisir entre elle et le boulot, parce qu'elle aurait pu comme j'ai dit, j'étais jamais question pour moi de démissionner mais si elle m'avait dit écoute c'est pas possible, je ne peux pas vivre comme ça qu'est-ce que j'aurais fait ? Et donc voilà, non, elle est en grande souffrance encore
elle est suivie et c'est pour moi on va dire la principale avec mes proches en général c'est ma principale, préoccupation aujourd'hui avec mes habitants qui sont mes proches quelque part mais qui me renvoient aussi a tellement d'amour en ce moment tellement de soutien que ça me donne peut-être une force aujourd'hui et ça peut, et si je peux dire ça aussi à mes collègues, il ne faut pas lâcher parce que les gens attendent de nous qu'on soit là. Mais je suis frappé, monsieur le maire, vous êtes un battant, vous y êtes à fond, vous en faites un combat politique et vous avez bien raison. Mais lorsque je vous pose la question de la manière dont vous l'avez humainement vécue, ou votre épouse l'a humainement vécue, c'est là que je sens l'émotion qui reprend le dessus.
Parce que j'imagine effectivement que, parce que comme tout élu, vous vous dites tout ce qui m'arrive, de toute façon c'est un combat politique. Mais ce qui vous arrive n'est pas normal, monsieur le maire. Ce qui vous est arrivé n'est pas normal. Jean, je ne crois pas effectivement. Dans une démocratie, ce n'est pas normal je m'y attendais pas et effectivement ce que je veux dire aussi c'est que je suis protégé vous l'avez dit je remercie et je continue à l'être bien sûr j'ai trois officiers de sécurité une voiture blindée mais c'est de l'enfer au quotidien ça veut dire que je suis victime et c'est comme si j'avais un bras électronique au pied tous mes déplacements doivent être organisés où je vais, à quelle heure on a un précurseur qui vient sur place voilà donc
là dessus la république mais je vis quelque – Combien de temps ? Est-ce qu'on vous dit ? – Je rencontre Laurent Nunez tout à l'heure qui me reçoit gentiment après son retour de Mayotte, peut-être qu'on va en discuter, mais tant que l'affaire, me dit-on, on n'est pas réglé qu'on n'a pas trouvé les coupables, c'est compliqué de diminuer une protection tant qu'il y a un risque aussi minime soit-il. Voilà, donc et une fois de plus, parce que je crois qu'on ne remercie pas après ceux qui... suffisamment, j'ai des hommes formidables qui m'assistent et je veux remercier vraiment tout ça. Il y