LFI menacé d'interdiction: «Une instrumentalisation malhonnête pour discréditer un concurrent»
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:31OuverteRéponse directe
C'est le patron du Sénat, Gérard Larcher, deuxième personnage de l'État, qui ouvre la porte à l'interdiction du parti de Jean-Luc Mélenchon. Ça vous inspire quoi, Sabrina Sebailly ?
- 1:49ComplaisanteRéponse partielle
Jean-Luc Mélenchon est victime également de sa stratégie de conflictualisation. Ça, on ne peut pas le nier dans les accusations qui sont portées contre lui aujourd'hui.
- 3:46RelanceRéponse directe
Est-ce la bonne réponse au chaos du week-end dernier ? Vous validez ces couvre-feux ?
- 5:53OuverteRéponse directe
Est-ce que vous irez ? Est-ce que ça ne sera pas l'occasion, justement, de travailler pour donner des perspectives aux lycéens et à tous les révoltés de la vie chère ?
- 7:03OuverteRéponse directe
Comment fait-on ? On le remplace par quoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34Invité politiqueFait
« nous avons face à nous une partie de la classe politique française qui est incapable de répondre à la crise sociale et démocratique à laquelle on fait face. »
- 0:48Invité politiqueFait
« LFI devient le bouc émissaire idéal pour eux. »
- 1:05Invité politiqueFait
« LFI était en soutien des mobilisations, comme beaucoup d'entre nous d'ailleurs, que ce soit aux côtés des lycéens ou samedi dans les manifestations, aux côtés de l'appel de l'intersyndicale pour aller soutenir ces gens qui se battent pour leur pouvoir d'achat. »
- 1:25Invité politiqueFait
« ce qui leur fait peur, c'est, à mon avis, c'est le fait que Jean-Luc Mélenchon risque probablement d'être au second tour de la présidentielle au mois d'avril prochain. »
- 2:34Invité politiqueFait
« Ce qu'on a vu, c'est plutôt des forces de l'ordre qui étaient totalement dépassées, qui étaient sous-dimensionnées. »
- 3:15Invité politiqueFait
« le problème vient de plus haut. C'est l'état-major qui a donné les consignes et les directives où il y a eu un problème. »
- 4:03Invité politiqueFait
« beaucoup de colère qui s'est exprimée vis-à-vis d'une violence institutionnelle qui est subie depuis de nombreuses années maintenant. »
- 5:03Invité politiqueFait
« il faut débloquer un fonds d'aide spécial, parce qu'en fait, ça ne suffira pas ce qui est en train d'être proposé. »
- 7:07Invité politiqueFait
« soit on revient au dispositif qui existait avant, donc APB, qui était un dispositif qui fonctionnait, qui avait le mérite de fonctionner et on avait beaucoup moins de problématiques. »
Temps de parole
- Sabrina Sebaihi69 %
- Présentateur28 %
- ?4 %
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Bonjour Sabrina Sebailly.
Oui,
bonjour. Merci de nous rejoindre sur RFI avant de revenir sur la reprise en main sécuritaire du gouvernement après les émeutes du week-end dernier. Un mot pour commencer sur ce ciblage de la France insoumise accusée par une grande partie de la classe politique d'attiser le désordre. On vient de l'évoquer à l'antenne aujourd'hui. C'est le patron du Sénat, Gérard Larcher, deuxième personnage de l'État, qui ouvre la porte à l'interdiction du parti de Jean-Luc Mélenchon. Ça vous inspire quoi, Sabrina Sebailly
? Ça
m'inspire surtout que nous avons face à nous une partie de la classe politique française qui est incapable de répondre à la crise sociale et démocratique à laquelle on fait face. D'ailleurs, les mêmes qui sont au gouvernement depuis maintenant une dizaine d'années, pour certains et depuis quatre ans pour les autres. Et que finalement, LFI devient le bouc émissaire idéal pour eux. Moi,
ce
que je vois, en tout cas, ce qu'on a vu, c'est que LFI était en soutien des mobilisations, comme beaucoup d'entre nous d'ailleurs, que ce soit aux côtés des lycéens ou samedi dans les manifestations, aux côtés de l'appel de l'intersyndicale
pour
aller soutenir ces gens qui se battent pour leur pouvoir d'achat. Mais en venir à accuser LFI d'être responsable de ce qui se passe, c'est, je pense, tout simplement une faillite morale de cette classe politique française. Et je crois, en plus, que ce n'est pas très honnête. Et je trouve qu'il
y a
une instrumentalisation qui est très malhonnête de leur part, puisqu'on voit bien qu'en réalité, ce qui leur fait peur, c'est, à mon avis, c'est le fait que Jean-Luc Mélenchon risque probablement d'être au second tour de la présidentielle au mois d'avril prochain. Et que du coup, ils prennent les devants pour discréditer la France insoumise.
Un concurrent
de trop,
oui. Absolument, un concurrent de trop qui, par ailleurs, est devant eux dans les sondages. Et je crois que c'est surtout ça. Et c'est là où je trouve que ça très malhonnête, parce qu'en fait, ils ne se préoccupent pas des Français.
Ils
se préoccupent simplement d'une élection qui sera à venir dans les mois qui viennent.
Jean-Luc Mélenchon est victime également de sa stratégie de conflictualisation. Lui, l'homme du bruit et de la fureur qui appelait les jeunes à abattre la citadelle il y a peu, c'est-à-dire le système. Ça, on ne peut pas le nier dans les accusations qui sont portées contre lui aujourd'hui.
Oui,
c'est une stratégie, je pense, celle de Jean-Luc Mélenchon. Vous savez, nous, en tant qu'écologiste, nous n'avons pas la même, puisque nous,
nous
parlons de transition dans les institutions et de transition y compris dans toutes les politiques publiques. Donc, on a une autre manière de faire de la politique. C'est d'ailleurs aussi ce qui nous distingue de la France insoumise. Maintenant, de là à dire que parce qu'ils ont ce discours,
ça
entraîne ce qu'on a pu voir ce samedi, c'est totalement faux. Ce qu'on a vu, c'est plutôt des forces de l'ordre qui étaient totalement dépassées, qui étaient sous-dimensionnées. C'est d'ailleurs pour ça que le groupe écologiste demande une commission d'enquête à l'Assemblée nationale pour faire toute la lumière sur ce qui s'est passé. C'est plutôt ça qu'on a vu. Vous savez, moi, j'étais à Paris samedi. Il y avait des rues entières où il n
'y
avait aucun policier, alors qu'il y avait du pillage qui était en cours. Et c'était pareil dans plein d'autres villes.
Et justement, la commission d'enquête parlementaire qui a été mise en place aujourd'hui est donc la bienvenue pour faire toute la lumière sur ce qui s'est passé le week-end dernier. Vous la saluez.
Oui,
c'est extrêmement important parce que je crois qu'il y a beaucoup de confusions qui sont faites parce que souvent on dit c'est la police,
c
'est la police. Moi, je crois que le problème vient de plus haut. C'est l'état-major qui a donné les consignes et les directives où il y
a
eu un problème. Si vous voulez, les officiers qui sont sur le terrain, ils obéissent à des consignes qu'on leur donne. Et là, en l'occurrence, ils étaient clairement dépassés et en sous-effectif.
Et
après ce siasco sécuritaire que le gouvernement a reconnu, d'ailleurs, a reconnu les défaillances, le gouvernement fait aujourd'hui acte de fermeté, arros sur les pilleurs à qui on va couper les prestations sociales et mise en place dès hier soir de couvre-feu localisé un peu partout en France. Il y en aura de nouveau ce soir. Est-ce la bonne réponse au chaos du week-end dernier ? Vous validez
ces couvre-feu ?
Alors,
moi, je pense vraiment que là, on est à côté de ce qui est en train de se passer, peut-être, et de l'histoire dans laquelle on est. Moi, ce que je vois, c
'est
beaucoup de colère qui s'est exprimée, mais beaucoup de colère qui s'est exprimée vis-à-vis d'une violence institutionnelle qui est subie depuis de nombreuses années maintenant. Je ne crois pas qu'en mettant en place des couvre-feu, cela va faire tomber la colère. Ça
protège au moins les commerçants qui ont été vandalisés.
Absolument. Ne
serait-ce que pour
ça.
Et pour le coup,
on est extrêmement solidaires. Et bien sûr que ce qui s'est passé est absolument inacceptable, d'autant plus que souvent, ce sont des commerçants qui ont mis toutes leurs économies dans leurs magasins, qui viennent de tout perdre. Et donc, je crois que la réponse qui aurait dû être celle du gouvernement,
c
'est d'abord d'indemniser les commerçants qui ont perdu leurs biens, de
protéger, bien évidemment...
Oui, mais on propose un prêt à taux zéro, vous savez. Enfin, on ne
va
pas repartir sur des prêts. Ce n
'est
pas de leur faute si leurs magasins ont été pillés. C'est parce que le gouvernement s'est mal préparé. Donc chacun doit assumer ses responsabilités. Il
y a du chômage
partiel à 100%, il y aura des aides. Il faut en plus débloquer dans le prochain budget un fonds d'aide spécifique pour les commerçants. C'est ce que vous
demandez
?
Absolument. Moi, je pense qu'il faut débloquer un fonds d'aide spécial, parce qu'en fait, ça ne suffira pas ce qui est en train d'être proposé. Et il faut absolument... Enfin, on ne
va
pas faire taire la contestation en empêchant les gens de se réunir. Donc moi, je pense qu'à un moment, il faut des réponses sur le fond. Et donc, pour répondre sur le fond, il y a plein de propositions qui ont été faites. Je pense à la question de la jeunesse. Ça fait plusieurs semaines qu'il y
a
bal pavé pour des revendications. Enfin, vous voyez, par exemple, l'abrogation de Parcoursup,
il
suffit de le faire. Les 10 milliards... Alors, on va nous dire, oui, mais on est endettés, on n
'a
plus de 2 000 milliards de dettes. OK, on n'a plus de 2 000 milliards de dettes. Vous pensez qu'on est à 10 milliards près aujourd'hui ? Si ça permet de régler la question des lycéens ? Enfin, franchement, à un moment, je crains que la réponse aujourd'hui est complètement à côté de la plaque.
Le
Premier ministre, justement, va recevoir les chefs de parti, sans doute jeudi, nous dit-on. Est-ce que vous irez ?
Est
-ce que Marine Tondelier ira ? Est-ce que ça ne sera pas l'occasion, justement, de travailler pour donner des perspectives aux lycéens et à tous les révoltés de la vie chère qui ont manifesté le week-end dernier et qui vont remanifester le week-end prochain
? Moi,
je crois surtout que les propositions qu'on a faites, elles sont connues. Les réponses, en tout cas, qu'attendent les citoyens et les lycéens, elles sont connues aussi. Si le gouvernement nous invite pour venir nous expliquer et refaire un état des lieux, alors que tout le monde connaît la situation, je ne vois pas trop l'intérêt de cette rencontre. Par contre, si l'idée, c'est d'entendre les revendications et d'y apporter des réponses précises sur le fond, ça peut être intéressant, mais vous voyez bien que depuis quelques jours, ce n
'est
pas ce vers quoi ça va. On est plutôt sûr, on essaye de se défausser sur d'autres partis politiques pour expliquer que c
'est
de leur faute et que
ce
n
'est
pas la leur, alors que la situation dans laquelle on est, c'est le bilan du macronisme. Donc oui, il va falloir qu'ils apportent des réponses. Nous, elles sont sur la table. Il y
a
eu un point presse ce matin, d'ailleurs, du groupe écologiste à l'Assemblée nationale avec des propositions très précises,
notamment supprimer Parcoursup en cours d'année. Comment fait-on ? On le remplace par quoi
? Eh
bien, soit on revient au dispositif qui existait avant, donc APB, qui était un dispositif qui fonctionnait, qui avait le mérite de fonctionner et on avait beaucoup moins de problématiques. Vous savez, moi, j'ai le sentiment que les gens ont découvert le fait qu'il y avait un problème avec Parcoursup. Moi, je suis à
Nanterre. La plupart des parents le
connaissent
bien. La plupart des parents le connaissent bien, mais moi, je suis à Nanterre. À l'Université de Nanterre, tous les ans,
il
y a des dizaines et des dizaines d'étudiants qu'on appelle les sans-fac.
Et
je passe, en général, les deux premiers mois de l'année avec les associations étudiantes à leur chercher des places dans les universités.
Ce
n'est pas normal qu'on se retrouve avec des dizaines et des dizaines d'étudiants qui, chaque année, ont l'angoisse de ne pas savoir où ils vont pouvoir étudier.
On
n'est pas dans des revendications. Vous voyez, ils se battent pour leur avenir. Et nous-mêmes, d'ailleurs, ça devrait être notre priorité parce que c'est l'avenir du pays qu'on est en train de mettre à mal. Merci
beaucoup, Sabrina
Sibahi. Bonne journée.
Sabrina Sebaihi