đŽ [LIVE] Suivez en direct lâinterview de Yannick Jadot dans la matinale de Public SĂ©nat
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Vous retrouvez bonjour chez vous Ă l'heure de la prĂ©sidentielle. Nous vous proposons une sĂ©rie d'Ă©missions spĂ©ciales. Nous recevons les candidats avec les journalistes de la presse quotidienne rĂ©gionale. Et aujourd'hui, notre invitĂ©, c'est Yannick Jadot. Bonjour. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir acceptĂ© notre invitation. Vous ĂȘtes le candidat Ă©cologiste Ă cette Ă©lection prĂ©sidentielle. Nous sommes ensemble pendant une heure. Et avec les journalistes de la presse rĂ©gionale, nous vous interrogerons sur les thĂšmes qui font partie des prĂ©occupations majeures des Français de leur quotidien.
On parlera des déserts médicaux, de la hausse des prix, du pouvoir d'achat, de l'écologie, de l'agriculture ou encore de la fracture territoriale. Et évidemment des services publics et de cette France qui se sont oubliés. Vous nous direz ce que vous lui dites ce matin à cette France-là . Et pour vous interroger, six journalistes de la presse régionale sur ce plateau. Florent Buisson de la République du Centre, le groupe Centre France. Bonjour Florent. Bonjour. Jefferson Desport de Sud-Ouest. Bonjour Jefferson. Bonjour Ryan. Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Et avec nous depuis leur rédaction locale, on retrouve Roger Anteche de Corse Matin qui se trouve à Ajaccio. Bonjour Roger.
Olivier Claudon des derniĂšres nouvelles d'Alsace qui lui est Ă Strasbourg. Bonjour Olivier. Chris Mel, marchand de la presse de la Manche qui se trouve Ă Cherbourg. Et enfin Eric Berger de la DĂ©pĂȘche du Midi qui se trouve lui Ă Toulouse. Bonjour messieurs et Ă tout Ă l'heure. Ăvidemment Yannick Jadot, on commence par l'Ukraine. Emmanuel Macron s'est de nouveau entretenu hier pendant une heure et demie avec Vladimir Poutine qui reste dĂ©terminĂ©, a dit le chef de l'Ătat. Emmanuel Macron dit que le pire est Ă venir aprĂšs son entretien avec Vladimir Poutine. Et cette nuit, des frappes russes ont touchĂ© la centrale nuclĂ©aire de Zaporizhia. C'est la plus grande centrale nuclĂ©aire d'Europe.
On est dans une escalade. Est-ce qu'on peut encore arrĂȘter Vladimir Poutine et comment ?
Il faut s'en donner tous les moyens. Il faut s'en donner tous les moyens parce qu'on voit bien qu'il n'y a plus de limites pour Vladimir Poutine. On savait sa volonté d'annihiler l'Ukraine comme pays autonome, comme pays indépendant, comme pays démocratique parce que ça reste le grand problÚme de Vladimir Poutine, la démocratie dans son pays et dans son voisinage. On avait déjà d'immenses inquiétudes quand il y a eu les combats autour de Tchernobyl. Et puis maintenant, il n'hésite pas à envoyer le signal qu'il pourrait attaquer la plus grande centrale nucléaire d'Europe, vous l'avez mentionné, avec les dommages majeurs qu'il pourrait y avoir partout.
Donc l'Europe pour l'instant, et c'est trÚs bien, elle est unie, elle est trÚs ferme, trÚs trÚs ferme. C'est comme ça qu'on conçoit un rapport de force de l'avis de Vladimir Poutine, qu'on met en danger, y compris sa légitimité interne. Exclusion totale de la communauté internationale, il faut continuer. Sanctions massives, il faut traquer les fortunes et les oligarques partout dans le monde, partout dans les paradis fiscaux. Il faut évidemment protéger les ukrainiennes et les ukrainiens, ceux qui se battent aujourd'hui dans les rues, dans les maisons, ou qui sont sur les routes de l'exode.
Est-ce qu'il faut continuer de dialoguer avec Vladimir Poutine ?
Il faut continuer, il faut qu'il y ait toujours un canal de nĂ©gociation possible. Moi, vous le savez, j'ai toujours souhaitĂ© que ce soit l'Union EuropĂ©enne qui se mette en situation de dialoguer pour arracher un cessez-le-feu, pour arracher la fĂ©e avec pas Emmanuel Macron tout seul. Il a fait ça. C'est dans l'Union EuropĂ©enne ? Oui, bien sĂ»r, je ne dis pas qu'il n'a pas la lĂ©gitimitĂ© d'ĂȘtre lĂ , Ă©videmment. Mais vous avez vu dans les derniĂšres semaines, cette diplomatie qui vise Ă voir seul Vladimir Poutine, Ă le tutoyer, alors que Vladimir Poutine est quand mĂȘme un dictateur, qui a rasĂ©... C'est une erreur pour vous ? Bien sĂ»r, on n'est pas amis avec Vladimir Poutine.
On n'est pas amis avec quelqu'un qui a rasĂ© Grozny, qui a massacrĂ© les TchĂ©tchĂšnes, qui a bombardĂ© les populations civiles en Syrie, qui a attaquĂ© la GĂ©orgie, qui a mis des dictateurs en BiĂ©lorussie, qui veut tuer, encore une fois, l'identitĂ© mĂȘme du peuple ukrainien. Et on sait tout ce qu'il fait en empoisonnant ses adversaires, ses opposants.
Donc, il confile en seul à seul, c'est terminé aussi.
Donc, il faut sortir de ça. Il y avait de la part du président de la République une grande naïveté, au mieux, une grande arrogance, sinon. Il faut que ce soit l'Union européenne qui tente le rapport de force. Personne ne dit que c'est simple, hein. Avec le commentaire, le docteur Ursula von der Leyen ou... Non, il faut que ce soit, évidemment, le président de la République. Il est président de l'Union européenne, c'est important. Il faut qu'il y ait Charles Michel, le président du Conseil. Il faut qu'il y ait Ursula von der Leyen, bien sûr. Et puis, il faut qu'il y ait Olaf Scholz et d'autres dirigeants européens. On n'est pas amis avec Vladimir Poutine.
On ne joue pas à « je te tutoie, donc je vais te convaincre ». Et ça va bien se passer. La réalité de Vladimir Poutine, ça n'est pas celle-là . Donc, il faut imposer le maximum de sanctions, soutenir la résistance ukrainienne.
Justement, sur cette question de soutenir la rĂ©sistance ukrainienne, vous ĂȘtes pour les livraisons d'armes de la France europĂ©enne.
Je l'ai dit dÚs le début.
Mais par contre, vous avez la transparence aussi. Est-ce que là , étant donné qu'il y a un caractÚre stratégique, est-ce que vous ne fragilisez pas la position française en demandant cette transparence ? Parce que c'est aussi un argument de plus pour Vladimir Poutine pour continuer sa défiance.
Non. Enfin, lĂ , le gouvernement explique le type de livraison d'armes qu'on a vis-Ă -vis du gouvernement ukrainien, l'explique aux dĂ©putĂ©s Ă l'AssemblĂ©e nationale dans le cadre de commissions. C'est dĂ©jĂ un exercice de transparence. Tous les pays europĂ©ens ont affichĂ© la volontĂ© de fournir des armes dĂ©fensives. La transparence, ce n'est pas de donner notre bon de livraison. Ă Vladimir Poutine. Vous avez raison. Notre transparence, c'est d'expliquer aux Françaises et aux Français, par exemple, ce que sont des armes de dĂ©fense. Vous savez, les Françaises et les Français sont extrĂȘmement inquiets de la situation, Ă©videmment, comme tout le monde.
Ils ressentent bien que c'est la paix, la sĂ©curitĂ©, la dĂ©mocratie qui sont attaquĂ©es sur l'ensemble du continent europĂ©en, que c'est un conflit qu'on n'a pas vu depuis des dĂ©cennies. Donc, c'est la nĂ©cessitĂ© de prendre le temps d'expliquer aux Françaises et aux Français ce qui se passe. Ce qui se passe, Ă©videmment, en quoi ça nous concerne trĂšs immĂ©diatement, je l'ai dit, paix, sĂ©curitĂ©, dĂ©mocratie, en quoi ça nous concerne trĂšs immĂ©diatement et peut-ĂȘtre durablement sur certains secteurs Ă©conomiques, sur le pouvoir d'achat des Français, parce que, voilĂ , dans ces moments de tension, dans ces moments d'angoisse, il faut aussi prendre le temps de dire les choses aux Français.
â On reviendra sur le pouvoir d'achat, mais je reste sur les questions de dĂ©fense. Ă faveur de cette crise, de cette guerre en Ukraine, est-ce que vous, le candidat Yannick Jadot, vous ĂȘtes prĂȘt, si vous ĂȘtes Ă©lu, Ă soutenir l'industrie de dĂ©fense, en tout cas la dĂ©fense française, Ă la rĂ©armer, Ă poursuivre les investissements, y compris sur la dissuasion nuclĂ©aire ?
â On voit que la dissuasion nuclĂ©aire est un sujet qu'il faut traiter avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de vigilance. â Sachant que Vladimir Poutine a brandi cette menace ? â Ăa ne vous a pas Ă©chappĂ© que Vladimir Poutine a brandi cette menace, qui dit bien Ă quel point Vladimir Poutine est un dirigeant dangereux aujourd'hui. Ce qui dit aussi, parce que quand on brandit la dissuasion nuclĂ©aire, ou la menace nuclĂ©aire, ça veut dire que les intĂ©rĂȘts vitaux du pays sont engagĂ©s. Qu'est-ce que ça dit ? Ăa dit qu'en fait, il fait de l'Ukraine une question intĂ©rieure. Donc ça dit ce qu'il veut faire de l'Ukraine.
Mais ça nous rappelle à quel point les processus de désarmement nucléaire qui ont été engagés dans le cadre du traité de non-prolifération, que tous les pays dotés ont signé, ce processus-là doit reprendre. Il a été stoppé notamment par Trump, avec la fin d'un certain nombre d'accords avec la Russie.
â Vous dites quoi, vous ? â Il faudra qu'il y ait des initiativesâŠ
â Moins d'armes nuclĂ©aires, la France est dans le club des puissances nuclĂ©aires. â La question n'est pas le dĂ©sarmement unilatĂ©ral, certainement pas aujourd'hui, mais de reprendre des initiatives multilatĂ©rales de dĂ©sarmement nuclĂ©aire, parce qu'on a des pays dotĂ©s, il faut rĂ©duire les arsenaux, et puis il y a des pays qui veulent acquĂ©rir, et des groupes terroristes qui peuvent acquĂ©rir la bombe. Donc la question de la prolifĂ©ration dans un monde aussi instable reste une question majeure. â Et vous, est-ce que vous⊠â Donc on portera des initiatives de dĂ©sarmement, y compris, il faudrait le faire, Ă l'initiative de la France et de la Grande-Bretagne par exemple.
â Yannick Jadot, Emmanuel Macron a officialisĂ© sa candidature Ă la prĂ©sidentielle, ce n'est pas vraiment une surprise, il a publiĂ© ce matin une lettre dans la presse rĂ©gionale, c'est une lettre qui est Ă la hauteur des enjeux pour vous ?
â Ăcoutez, ce que propose Emmanuel Macron, c'est le mĂȘme quinquennat empire.
â C'est comme ça que vous avez interprĂ©tĂ© cette lettre ?
â Ah bah oui, si vous voulez, moi je vois les dossiers. Qu'est-ce qu'il nous dit ?
Au fond, en 2017, il dit, je veux vos suffrages, et ma promesse c'est qu'on va revenir sur les rentes, on va combattre les lobbies, on va sortir du conformisme, on va remettre les corps intermĂ©diaires au cĆur de la dĂ©mocratie, on va lutter contre le dĂ©rĂšglement climatique, il va y avoir de l'agilitĂ©, de la mobilitĂ© sociale, aprĂšs 5 ans, on a les riches qui sont plus riches, les pauvres qui sont plus pauvres, plus d'inĂ©galitĂ©s, on a des fractures territoriales comme on n'a jamais connu dans notre pays, un prĂ©sident condamnĂ© deux fois par les tribunaux pour inaction climatique, la France, le seul pays europĂ©en qui n'a pas respectĂ© ses objectifs en matiĂšre d'Ă©nergie renouvelable.
â Il fait aussi une forme de mea culpa quand mĂȘme ? â Oui, enfin⊠â Nous n'avons pas tout rĂ©ussi, il y a des choix qu'avec qu'il s'acquise. â En fait, c'est nous qui n'avons pas rĂ©ussi,
ce n'est pas lui en fait. â Vous ne l'avez pas vĂ©cu comme une sorte de mea culpa ?
â Non, non, on n'a pas trouvĂ© la blague des mea culpa Ă la tĂ©lĂ©, vous vous souvenez, il fait son Ă©mission en disant, sur TF1, l'Ă©mission de publier-reportage qui avait Ă©tĂ© faite, et il nous dit, il y a des choses que je n'aurais pas pu dire, il regarde les Français dans les yeux, mesdames, messieurs, un peu, vous voyez, genre, je prends sur moi, je baisse un peu la tĂȘte, et le lendemain, il dit que les non-vaccinĂ©s ne sont pas des citoyens, et qu'il veut les emmerder. â C'est un comĂ©dien, Emmanuel Macron, pour vous ? â Bien sĂ»r, bien sĂ»r, mais il a une responsabilitĂ©.
Aujourd'hui, il est président de la République, mais ce qui est certain, c'est qu'au regard du défi climatique, au regard des enjeux de biodiversité, d'agriculture, on y viendra, j'étais hier au salon.
â Et puis, sur le plan Ă©cologique, pour vous, il y a quand mĂȘme des choses qui ont Ă©tĂ© prises. â Ă quoi ? â Il y a quand mĂȘme eu la prise mal Ă casse, il y a quand mĂȘme eu des investissements pour rĂ©nover les bĂątiments.
â Non, attendez, alors lĂ , si vous regardez⊠â Il y a eu l'abandon de Notre-Dame-des-Landes. â Ah oui, alors lĂ , on a eu un truc, qui est l'abandon de Notre-Dame-des-Landes. Ce projet que tout le monde savait qu'il n'Ă©tait pas possible, donc ça, ça reste le bilan Ă©cologique du prĂ©sident de la RĂ©publique, d'abandonner un projet qui ne pouvait plus se faire. Tant mieux, moi j'applaudis quand il a abandonnĂ©. J'ai jamais compris pourquoi François Hollande n'avait pas pris cette dĂ©cision, ce qui montre qu'il vaut mieux des Ă©cologistes pour gouverner.
Mais sur la rénovation thermique, je veux dire, on n'a jamais fait aussi peu de rénovation globale, c'est-à -dire de vraie rénovation de nos logements, alors qu'on sait que le vrai bouclier énergétique pour les Françaises et les Français, le vrai soutien en matiÚre de pouvoir d'achat, c'est de combattre les dépenses contraintes. Et la dépense de chauffage et d'électricité est une dépense majeure. Et donc on a réduit nos investissements sur les rénovations profondes, les rénovations globales. Je l'ai dit, on est le seul pays européen qui n'a pas respecté ses objectifs en matiÚre d'énergie renouvelable. Il a reculé sur le glyphosate, sur les néonicotinoïdes.
On pourrait parler de la chasse, on pourrait parler de plein de choses. Non, ça a été un président des lobbies. Si vous voulez, s'il pouvait y avoir une image de bilan, y compris dans le contexte actuel, c'est en 2018. Emmanuel Macron, il est à Saint-Pétersbourg avec Vladimir Poutine, son ami Vladimir Poutine. Et il signe deux contrats. Et tout ça est mis en scÚne comme il sait le faire. Il signe deux contrats. Total pour le gaz, qu'on n'a toujours pas sorti. C'est-à -dire que c'est un contrat appuyé par le président de la République. Maintenant, on explique que Total, c'est ce qu'il veut. Et il signe Orpéa. Total et le développement d'Orpéa, les EHPAD, dont on a vu les scandales, machin.
Eh bien, pour moi, ça résume le bilan de ce quinquennat. Le gaz, Orpéa et la spéculation sur nos aßnés et une complaisance d'avis de Vladimir Poutine.
â Et une derniĂšre question lĂ -dessus, Jefferson, et aprĂšs on va Ă Cherbourg.
â Simplement sur cette lettre, est-ce que vous attendez maintenant un dĂ©bat clair avec Emmanuel Macron ?
â Oui, il faut absolument qu'il y ait un dĂ©bat digne de ce nom dans ce pays. On a eu la pandĂ©mie. Avant la pandĂ©mie, il y avait eu les Gilets jaunes qui racontaient quand mĂȘme l'Ă©clatement de l'amĂ©nagement du territoire. Ăa a racontĂ©, vous savez, ce qu'on appelle la diagonale du vide. C'est-Ă -dire tous ces territoires oĂč il n'y a plus de services publics, oĂč il y a peu d'activitĂ©s Ă©conomiques, oĂč du coup, la cohĂ©sion se dĂ©lite. On ne fait plus vraiment sociĂ©tĂ©. Les gens sont en difficultĂ©, lourdes. On parlait des contraintes de dĂ©pense, les mobilitĂ©s contraintes. Bref, il y a eu les Gilets jaunes.
Il y a eu la pandĂ©mie qui a dit Ă quel point le quinquennat Macron, le quinquennat Hollande et le quinquennat Sarkozy avaient Ă©tĂ© des quinquennats d'abandon de l'hĂŽpital public. â Donc on va revenir sur ces questions. â Non mais, tout ça pour dire quoi ? Il y a beaucoup de colĂšre dans notre pays. Il y a beaucoup d'angoisse, d'inquiĂ©tude. Il y a aussi beaucoup d'Ă©nergie, d'enthousiasme. Mais si le dĂ©bat de l'Ă©lection prĂ©sidentielle est tronquĂ©, ces colĂšres, ces angoisses, ces peurs et ces enthousiasmes ne trouveront pas de dĂ©bouchĂ©s politiques.
Et il faut absolument, si on veut réconcilier notre pays, si on veut l'apaiser et lui redonner une perspective, il faut qu'on ait un débat politique sérieux.
â Et on va parler des questions d'Ă©nergie. On va aller Ă Cherbourg pour ça. On retrouve Chris MaĂ«l Marchand. Bonjour Chris MaĂ«l, merci beaucoup.
â Je ne vois pas bien le lien entre Cherbourg et les questions d'Ă©nergie. â Ce matin, vous allez voir. â Il faut quand mĂȘme qu'on m'explique.
â On va aller Ă la presse de la Manche Ă des questions sur le nuclĂ©aire, sur les Ă©oliennes. Je laisse la parole Ă Chris MaĂ«l.
â Alors effectivement, dans la Manche et plus prĂ©cisĂ©ment Ă Cherbourg et dans le Cotentin, nous vivons, vous n'ĂȘtes pas sans le savoir, M. Jadot, sur un territoire portĂ© Ă©conomiquement par la chute nuclĂ©aire. On y trouve des entreprises comme Naval Group, et c'est une sous-marin nuclĂ©aire, Orano et son usine de retraitement, mais aussi EDF Ă Flamanville et ses deux rĂ©acteurs, et normalement bientĂŽt trois. Je parle Ă©videmment de l'EPR, ce rĂ©acteur de troisiĂšme gĂ©nĂ©ration qui alimente la chronique depuis des annĂ©es. Alors il a Ă©tĂ© lancĂ© en 2007, il devait ĂȘtre mis en service en 2012. On est en 2022, donc dix ans plus tard, il ne fonctionne toujours pas, entre anomalies, dĂ©fauts et mĂȘme dĂ©cĂšs.
C'est un chantier qui est un Ă©norme caillou dans la chaussure d'EDF. C'est aussi une fuite en avant budgĂ©taire, puisque son coĂ»t est passĂ© de 3,3 milliards Ă 12,7 milliards d'euros, et mĂȘme 19 selon la Cour des comptes. Alors lĂ , Ă l'heure actuelle, l'EPR ne devrait pas fournir d'Ă©lectricitĂ© avant mi-2023, si tout se passe bien. DĂšs lors, ma question est simple, M. Jadot. Si vous ĂȘtes Ă©lu prĂ©sident dans quelques semaines, alors que notre indĂ©pendance Ă©nergĂ©tique est une question centrale Ă l'heure du conflit en Ukraine, dĂ©ciderez-vous de ne pas dĂ©marrer ce rĂ©acteur et de tirer un trait sur tous ces milliards investis ?
Alors vous avez eu raison de dire Ă quel point l'EPR de Flamanville Ă©tait un fiasco absolu. Vous dites qu'il pourrait ĂȘtre mis en service mi-2023. On peut toujours avoir la foi, et la foi nuclĂ©aire est une foi trĂšs forte, trĂšs dure. Vous savez qu'y compris si l'EPR devait ĂȘtre mis en service Ă cette date-lĂ , c'est pour quelques mois, puisqu'on doit changer le couvercle du rĂ©acteur, puisque ce couvercle a aussi des dĂ©fauts. Donc au fond, la facture va ĂȘtre de plus de 20 milliards, et probablement, l'EPR ne rentrera pas en service, il ne doit jamais entrer en service, avant des annĂ©es. C'est quand mĂȘme extraordinaire. Donc moi, qu'est-ce que je fais ?
Je fais un audit trĂšs sĂ©rieux de l'Ă©tat de ce chantier. Et des risques. Il ne vous a pas Ă©chappĂ© que les EPR qui fonctionnent ou qui ont fonctionnĂ© en Chine appellent aujourd'hui Ă tirer des leçons, y compris du fonctionnement du rĂ©acteur, puisque les EPR en Chine ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s. Au dĂ©but, on nous a expliquĂ© que c'Ă©tait simplement un problĂšme de combustible. Il pourrait s'avĂ©rer, il pourrait s'avĂ©rer, parce qu'Ă©videmment la transparence n'existe pas sĂ©rieusement, que c'est un problĂšme au fond du rĂ©acteur, de vibration du rĂ©acteur.
Donc on aura, moi ce que je veux faire, c'est un audit trĂšs prĂ©cis de l'Ă©tat de ce chantier, d'avoir une commission parlementaire qui Ă©tudie cet audit, et sur cette base-lĂ , on regarde si on poursuit ce chantier ou on le stoppe. Mais vous avez raison de dire qu'il y a eu 17 milliards d'euros Ă ce jour de gabegies, de surcoĂ»ts, sans qu'il n'y ait jamais une enquĂȘte. Et malgrĂ© tout, vous ĂȘtes prĂȘts Ă l'arrĂȘter si jamais... Je dis qu'on fait un audit pour savoir si ce rĂ©acteur doit fonctionner ou pas. Il faut quand mĂȘme tirer...
Donc vous vous en remettez Ă cet audit et aux parlementaires ?
Et aux parlementaires pour trancher la question. Enfin, si vous voulez...
Si vous l'arrĂȘtez, vous en faites quoi ? Parce que...
La question, c'est pas si je l'arrĂȘte, j'en fais quoi. C'est si je le dĂ©marre, il se passe quoi ? C'est ça le sujet. C'est si je le dĂ©marre, il se passe quoi ?
Est-ce qu'il y a un problÚme de compétence, Yannick Jadot, pour construire ça aujourd'hui ? Parce que c'était aussi... Ah bah il y a... La question de la réplique veut relancer le nucléaire. La question de la compétence est posée.
Un, question compĂ©tence. Pour ma part, moi je suis favorable Ă recruter des ingĂ©nieurs, des techniciens et des ouvriers dans le nuclĂ©aire. Aujourd'hui, on a une perte de compĂ©tence. Si vous voyez les rapports sur la multiplication des arrĂȘts non prĂ©vus des rĂ©acteurs, il y a des problĂšmes de sĂ»retĂ©, il y a des problĂšmes de vieillissement, il y a aussi des problĂšmes d'erreurs humaines. Et donc il faut absolument pallier la rĂ©duction des compĂ©tences. Donc il faut... Et vous savez quel est mon projet ? Alors on passe un peu, on voyage un peu. Mais donc sur le projet EPR, audite, dĂ©cision sur l'Ă©tat du rĂ©acteur et sa capacitĂ© de truc. Mais on est quand mĂȘme dans un truc qui est totalement dingue.
Vous avez un EPR dont vous avez parfaitement expliqué le fiasco financier et industriel. Et vous avez un président de la République qui dit, vous avez des problÚmes de facture d'énergie aujourd'hui ? On a un problÚme de climat aujourd'hui. Je vous propose de multiplier par 6, 8, 14 un fiasco aujourd'hui pour avoir des EPR en 2040-2045. Tout ça, c'est du bricolage absolu.
Lui dit que c'est aussi la garantie de notre indépendance énergétique.
D'accord. Vous savez d'oĂč vient l'uranium ?
De l'étranger.
Non, non, il ne vient pas de l'Ă©tranger, madame. Il vient de l'Ă©tranger. Attendez, attendez, attendez. Il ne vient pas de l'Ă©tranger. Il faut quand mĂȘme que les Françaises et les Français le sachent. Ăa vient, un, du Kazakhstan. Sous-tutelle russe. Ăa vient de l'OuzbĂ©kistan. Sous-tutelle russe. Ăa vient du Niger, un pays aujourd'hui assez instable.
Donc vous ne changez absolument rien à votre calendrier de sortie du nucléaire. Non, mon calendrier, c'est quoi ? Une dizaine de réacteurs.
Mon calendrier, c'est quoi ? Vous savez, il y a eu une loi en France, en fait. En 2015, il y a eu une loi, ça s'appelle la loi transition énergétique. Il y a eu un grand débat public dans notre pays. Il y a eu une loi à l'Assemblée nationale. Et ça a concerné les pro-nucléaires, les anti-nucléaires, les pro-renouvelables. Tout le monde a participé. Tout le monde a élaboré cette loi. Emmanuel Macron, une fois de plus, dÚs qu'il s'agit de démocratie, il s'assoit dessus. Donc, un, on investit massivement sur les économies d'énergie. C'est le meilleur service à rendre aux Français pour leur pouvoir d'achat, pour leur confort, la canicule, les machins. On réduit les impacts.
Deux, on dĂ©ploie les Ă©nergies renouvelables et au fur et Ă mesure qu'on n'a plus besoin des rĂ©acteurs nuclĂ©aires, on les ferme. Moi, je ne veux pas, si j'arrive, les Français le dĂ©cident, j'arrive au pouvoir. Je ne construis pas les rĂ©acteurs pour 2045, mais je ne ferme pas de rĂ©acteurs nuclĂ©aires. Je dĂ©ploie les Ă©nergies renouvelables et progressivement, on arrĂȘtera les rĂ©acteurs nuclĂ©aires les plus dangereux.
Et justement, Chris Mel a des questions sur les éoliennes.
On change d'Ă©nergie, effectivement. Et puis, de l'autre bord du CĂŽte-Antin sont en projet les deux plus grands parcs Ă©oliens en mer français, notamment situĂ©s en face des tours de Tatiou et de La Hougue, qui sont inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ils cristallisent l'opposition de nombreux riverains et pĂȘcheurs. C'est souvent le cas pour ce genre de projet. Alors, dans ce contexte tendu et dans un domaine oĂč la France est en retard, on peut le dire, est-ce que ces parcs gĂ©ants, haut comme la Tour Eiffel, sont-ils la meilleure solution pour accĂ©lĂ©rer la transition Ă©nergĂ©tique ?
Alors, haut comme la Tour Eiffel, si vous prenez le haut de la PĂąle. Oui. Non, mais c'est important. C'est important. Parce qu'en fait, oui. TrĂšs clairement, oui. Vous savez, il y a 5 400 Ă©oliennes offshore en mer du Nord. 5 400. Chez nos voisins, on a, mĂȘme les Belges, on a plusieurs centaines. Chez les Britanniques, on est Ă prĂšs de 2000. Ăa se passe bien avec les pĂȘcheurs. Ă un moment donnĂ©, il faut choisir. On a la guerre en Ukraine, on la voit, les combats sur Tchernobyl, la centrale nuclĂ©aire, la plus grosse centrale nuclĂ©aire qui est menacĂ©e. On a ces fiascos et les parcs Ă©oliens dont vous parlez, notamment, on pourrait parler celui de Dunkerque qui va se dĂ©velopper.
c'est un prix de sortie de l'électricité deux fois moins cher que l'EPR. Et c'est beaucoup plus d'emplois sur nos territoires. Donc, les vraies énergies de paix, de sécurité, les vraies énergies qui nous évitent les dépendances et les complaisances politiques insupportables qu'on a vues vis-à -vis de Vladimir Poutine, ce sont les énergies renouvelables. Alors, à un moment donné, c'est vrai, il faut assumer, il y a une partie de pollution. Vous savez, vous produisez de l'électricité sur votre territoire, il y a toujours une pollution.
Ăa peut ĂȘtre une pollution visuelle, ça peut ĂȘtre, voilĂ , mais Ă un moment donnĂ©, il faut choisir, est-ce qu'on veut le gaz russe, est-ce qu'on veut le pĂ©trole du Golfe, est-ce qu'on veut le pĂ©trole de Total qui va dĂ©vaster des pays africains entiers en exploitant le pĂ©trole, oĂč on assume notre part de responsabilitĂ© et on gĂšre avec les populations. On gĂšre avec les secteurs Ă©conomiques la satisfaction de nos besoins d'Ă©lectricitĂ©.
On va remercier Chris Mell Marchand, merci Chris Mell d'avoir été avec nous pour ces questions. Merci. Et on va passer au pouvoir d'achat, Laurent.
Yannick Jadot, vous vous dites dĂ©fenseur d'une Ă©cologie qui rend du pouvoir d'achat. Comment vous faites cela alors que l'essence atteint des records, que les produits du quotidien qui ne sont pas tous dangereux pour la planĂšte sont en hausse de 3 Ă 4 %, comment vous faites concrĂštement demain, en tout cas dans un mois et demi si vous ĂȘtes Ă©lu ?
Un, ça dit le manque d'anticipation des gouvernements prĂ©cĂ©dents. C'est-Ă -dire qu'Ă chaque fois qu'il y a une crise internationale... Ăa, c'est le bilan, mais vous... Non, non, mais c'est important. C'est important parce que, si vous voulez, ceux qui se revendiquent aujourd'hui les alliĂ©s du pouvoir d'achat sont aussi ceux qui ont gouvernĂ© et ont mis les Français aussi vulnĂ©rables par rapport aux crises internationales, par rapport Ă leurs revenus. Donc, premiĂšre chose, le pouvoir d'achat, au fond, il y a ce qu'on touche en revenus et il y a ce qu'on paye en dĂ©penses. Ce qu'on touche en revenus, vous savez, moi, je vais augmenter dĂšs l'arrivĂ©e au pouvoir le SMIC Ă 1 400 euros net.
augmenter les bas... C'est plus 1 500 dans votre programme, c'est 1 500 ? Non, c'est 1 500 sur le quinquennat.
D'accord.
DĂšs l'arrivĂ©e, 1 400. On augmente les bas salaires. On impose des nĂ©gociations sur les bas salaires dans toutes les filiĂšres qui ont Ă©tĂ© particuliĂšrement indispensables pendant la crise du Covid et dont on a vu que ces mĂ©tiers Ă©taient souvent invisibilisĂ©s et que ce gouvernement a rendu Ă la gratitude sociale. Donc, on augmente les salaires. Ăvidemment, dans la fonction publique, dans les services publics. Bon, ça, on y reviendra peut-ĂȘtre par ailleurs.
On va y revenir.
AprÚs, c'est la spécificité du projet écologiste, c'est d'agir sur les dépenses contraintes. C'est quoi les dépenses contraintes ? Vous l'avez dit, c'est le logement. Contrairement à ce qui a été fait dans ce quinquennat, nous allons construire 700 000 logements sociaux sur le quinquennat prochain. Vous avez 2 millions de familles en France qui attendent un logement social. C'est la premiÚre dépense. Donc, on construit du logement social pour réduire le coût du logement. On met 10 milliards d'euros d'investissement par an sur les économies d'énergie. C'est 600, 700 euros d'économiser par an pour les ménages.
Et vous avez 12 millions de Français qui ont froid cet hiver et qui vont probablement avoir trÚs chaud cet été si les météorologues ne se plantent pas sur la canicule qu'ils annoncent. On investit sur les transports collectifs qu'ont été le parent pauvre encore de ce quinquennat et du quinquennat précédent pour réduire les coûts. Dans mon projet, je veux que les entreprises mettent en place ce qui existe dans la loi mais qui est optionnel, c'est le forfait mobilité durable.
Et par exemple, je veux rendre gratuit le covoiturage pour les Français qui n'ont pas accÚs à des transports collectifs et qui peuvent s'organiser plutÎt que de dépenser 2000 euros par an par exemple, si vous faites 30 bornes pour aller de votre domicile par jour au boulot, ça vous coûte 2000 euros en prenant, en faisant... Il y a des Français
qui n'ont pas le choix, Yannick, qui sont obligĂ©s de prendre leur voiture et leur remboulette. Je vous dis ce que je fais... Ils voient le litre d'essence qui va peut-ĂȘtre atteindre 2 euros. Est-ce que vous allez vous aider Ă payer leur sein ?
Je vous dis toutes les réformes structurelles que j'engage pour que ces dépenses contraintes baissent. En arrivant, on met immédiatement en place un chÚque énergie de 400 euros pour les 6 millions de familles qui en bénéficient déjà et de 100 euros pour les 15 millions de familles au-dessus. Donc la mesure d'urgence absolue, c'est ce chÚque énergie pour compenser la hausse des carburants.
Sur les carburants, vous ĂȘtes prĂȘts Ă baisser les taxes ?
Non, parce que je pense que si vous voulez baisser les taxes... Vous donnez un chĂšque mais vous laissez
le prix de l'essence flamber.
Oui, parce que je pense que...
Vous pensez que ça va faire...
La question, moi je veux compenser pour les familles pour lesquelles le coût est le plus élevé. Si vous voulez, entre une infirmiÚre qui fait 50 km par jour dans une Clio et la personne qui a beaucoup d'argent et qui a un gros 4x4, je suis désolé, moi je compense d'abord l'infirmiÚre avant le gros 4x4. c'est un choix politique parce qu'en fait, baisser la TVA, ça profitera d'abord à ceux qui ont les plus gros moteurs, qui ont les plus grosses voitures. Eh bien, c'est pas ma vision de la justice sociale.
Allez, on va parler d'agriculture.
Et ça coĂ»te trĂšs trĂšs cher pour l'Ătat. On va parler d'agriculture. Ah, c'est tous les ans. C'est tous les ans, donc 100 euros par an, mais si vous avez... Non, 400, je vous ai dit. 400 euros. Ăa coĂ»tera beaucoup moins cher que les mesures qui sont prises actuellement. Ăa coĂ»tera combien du coup ? Ah, bah si vous voulez, 400 euros pour 6 millions de familles, ça fait 2,5 euros.
Allez, on va parler d'agriculture maintenant, Yannick Jadot. On va Ă Toulouse, on retrouve Ăric Berger. Bonjour Ăric, merci d'ĂȘtre avec nos rĂ©dacteurs en chef adjoint de la DĂ©pĂȘche du Midi. Vous avez une question
Bonjour Yannick Jadot. La rĂ©gion Occitanie, d'ailleurs, est la premiĂšre rĂ©gion agricole de France, tant en nombre d'exploitations et de terres agricoles. Je crois que vous ĂȘtes rendu sur le salon hier. C'est vrai que le salon donne une image trĂšs positive de la profession. Toutefois, derriĂšre ces images, il y a une rĂ©alitĂ©, c'est qu'il y a quand mĂȘme beaucoup d'agriculteurs qui ont des difficultĂ©s financiĂšres, un taux de pauvretĂ© qui est d'ailleurs trĂšs Ă©levĂ© dans cette profession. Et puis, chaque annĂ©e, on perd, ce n'est pas un problĂšme spĂ©cifique Ă notre rĂ©gion, mais on perd des exploitations. Je crois qu'il y en a 100 000 qui ont disparu ces dix derniĂšres annĂ©es.
Alors, trÚs concrÚtement, qu'est-ce que vous proposez pour aider les agriculteurs à vivre décemment de leur métier ? Et puis aussi, pour aider les jeunes à s'installer, comment faire pour les inciter à reprendre des exploitations ?
Vous avez parfaitement raison. Vous avez posé les deux grands sujets, les revenus des agriculteurs, la question de l'installation des jeunes, et on aurait pu ajouter, y compris dans ce contexte, la question de la souveraineté alimentaire.
Et on va en parler.
On va en parler. TrÚs bien. Aujourd'hui, dans notre pays, on met tous les ans à peu prÚs 13 milliards d'euros d'argent public dans l'agriculture, en aide directe à l'agriculture. C'est considérable, dont 9 milliards qui viennent de l'Union européenne. Et vous l'avez souligné, on a 40% des agriculteurs qui vivent avec moins de 350 euros par mois. Donc une énorme précarisation. On a prÚs d'un suicide par jour. 27 fermes par jour qui disparaissent. Et la biodiversité qui s'effondre, des problÚmes de malbouffe un peu partout, trÚs durs pour les jeunes aujourd'hui, et des campagnes qui se désertifient. Donc le bilan de la politique publique de l'agriculture est une catastrophe.
Est une catastrophe. Donc il faut en changer. Ce que je propose, c'est moi, avec ces 13 milliards, d'avoir un pacte de transformation de l'agriculture avec le monde agricole. C'est-Ă -dire qu'en fait, on va accompagner les agriculteurs pour changer de modĂšle. Et on arrĂȘte d'agrandir les fermes oĂč les agriculteurs sont toujours plus seuls, dans des fermes toujours plus grandes, oĂč ils sont toujours plus endettĂ©s. On passe vers l'agroĂ©cologie, une agriculture qui rĂ©installe des jeunes en agriculture. On peut crĂ©er 100 000 emplois dans l'agriculture, alors que vous avez raison, il y a 100 000 emplois qui ont disparu ces derniĂšres annĂ©es. On peut respecter l'environnement. On peut respecter...
Et on peut garantir la souverainetĂ© alimentaire. C'est quoi la souverainetĂ© alimentaire ? Moi, je suis surpris. Vous savez... De maniĂšre rapide. C'est un enjeu. Oui, trĂšs rapide. Vous savez, nous, le premier candidat Ă©colo en 1974, RenĂ© Dumont, c'Ă©tait un agronome. On apportait la souverainetĂ© alimentaire. C'est quoi la souverainetĂ© alimentaire aujourd'hui ? C'est en fait un dĂ©cider de notre modĂšle agricole et de notre modĂšle alimentaire. Ne pas ĂȘtre dĂ©pendant notamment des firmes. Et c'est une forme d'autonomie. Pas l'indĂ©pendance. Moi, je ne suis pas contre la fin des Ă©changes agricoles. Y compris, on exporte de trĂšs bons vins, on exporte plein de choses. Tant mieux.
Mais la souverainetĂ©, c'est quoi ? Au fond, c'est, par exemple, s'affranchir des importations de soja des AmĂ©riques. Vous savez, la culture de soja, c'est ce qui dĂ©truit l'Amazonie aujourd'hui. Et ça accĂ©lĂšre dramatiquement le dĂ©rĂšglement climatique. C'est arrĂȘter de dĂ©pendre des engrais azotĂ©s. Vous savez, ça fait longtemps qu'on se bat contre les engrais azotĂ©s qui participent du dĂ©rĂšglement climatique. Ah ben, oups, ils sont en train d'exploser parce qu'on dĂ©pend du reste du monde. C'est arrĂȘter de dĂ©pendre pour nos marchĂ©s de la Russie, de la Chine, oĂč on essaye d'ĂȘtre en concurrence avec le BrĂ©sil ou d'autres pays.
Les BrĂ©siliens seront toujours moins chers parce qu'on veut payer nos paysans dignement et qu'aujourd'hui, ils n'arrivent plus Ă ĂȘtre payĂ©s dignement. Donc, notre souverainetĂ© alimentaire, c'est justement avoir des fermes qui construisent leur autonomie. Vous savez, c'est facile, hein ? Un Ă©levage oĂč, par exemple, les ruminants pĂąturent plutĂŽt que d'ĂȘtre enfermĂ©s, nourris au tourteau de soja. Eh ben, c'est une ferme qui va produire de la qualitĂ©, qui respecte ses animaux, qui peut ĂȘtre neutre en carbone et qui nous fournit une alimentation de qualitĂ©. Donc, moi, et on va mettre les 13 milliards au service de ça.
Et moi, je suis prĂȘt Ă mettre la dette des agriculteurs sur la table pour qu'avec la caisse des dĂ©pĂŽts et des consignations, on puisse reprendre les dettes des agriculteurs parce que ce qui les maintient dans le piĂšge qui tue l'agriculture française aujourd'hui, c'est l'endettement.
De tous les agriculteurs ? Bien sûr. De tous les agriculteurs ? S'ils passent au bio, c'est sûr. à condition qu'ils passent au bio.
Mais bien sûr. Mais de toute façon, il faut sortir du glyphosate, promesse non tenue par le président de la République. Il faut sortir des néonicotinoïdes, renoncement du président de la République pour à la fois...
Parce que les agriculteurs lui ont dit que c'était difficile.
Ah mais ça, certains agriculteurs, il y a plein d'agriculteurs qui s'en passent. à un moment donné, si vous voulez, on a vu dans ce quinquennat, le président de la République n'a jamais reçu les associations de protection de la biodiversité. Il n'a cessé de recevoir le lobby de la chasse. Il n'a jamais reçu les agriculteurs qui ont fait la transition et qui montrent qu'ils vivent mieux en polluant moins, en respectant les animaux, en nous donnant une alimentation saine et savoureuse. Il a toujours préféré le lobby des pesticides ou le lobby de l'agriculture industrielle. Il a toujours préféré Total et le nucléaire aux énergies renouvelables et aux artisans du bùtiment.
Et bien ça, c'est un choix politique sur lequel, évidemment, nous reviendrons totalement.
On va passer aux questions de mobilitĂ©, de transport. On retrouve Ăric Berger, justement, Ăric Berger, avec notamment une question sur la LGV.
Oui, en effet, c'est un autre sujet trĂšs important ici Ă Toulouse et en Occitanie. Vous savez, Toulouse est une des derniĂšres grandes mĂ©tropoles Ă ne pas ĂȘtre connectĂ©e au rĂ©seau LGV, le rĂ©seau grande vitesse. Et donc, il y a ce projet de LGV Bordeaux-Toulouse qui avance rapidement. Le Premier ministre a en effet annoncĂ© que... Rapidement, bien sĂ»r ? Oui, il avance. Dans les faits, il y a un plan de financement qui a Ă©tĂ© validĂ©.
Cette LGV, il faut rappeler qu'elle doit permettre de gagner une heure sur le temps de trajet entre Toulouse et Paris grĂące au train et puis de rendre le train concurrentiel par rapport Ă l'avion qui reste aujourd'hui le moyen le plus rapide pour relier Toulouse Ă Paris. Donc, ma question est trĂšs simple. Est-ce que vous ĂȘtes favorable ou non Ă cette LGV qui doit normalement favoriser le train par rapport Ă l'avion ?
Alors, favoriser le train par rapport à l'avion, c'est une évidence. Le train, c'est 50 fois moins d'émissions de gaz à effet de serre que l'avion. Donc, nous voulons d'ailleurs investir trÚs substantiellement dans le train, train de personnes, train de marchandises et train de nuit. Le problÚme qu'on a, c'est que pendant des années, effectivement, parce qu'il y avait ce projet potentiel de LGV qui a longtemps été remis au placard mais qui a été ressorti par le président de région Rousset. Donc, on a sous-investi sur les lignes existantes. On a aujourd'hui un projet de LGV à 14 milliards d'euros. 14 milliards d'euros.
Si on investit la moitiĂ© de ce budget sur les rĂ©novations des lignes existantes, le diffĂ©rentiel que M. Ă©voque d'une heure passe Ă 20 minutes. C'est un choix de sociĂ©tĂ©. C'est un choix de prioritĂ©. Un, Ă©videmment, on rĂ©nove les lignes existantes. Mais 7 milliards d'euros. C'est Sud-Ouest qui arrive lĂ . C'est Sud-Ouest. AprĂšs la dĂ©pĂȘche, Sud-Ouest. La rĂ©gion est concernĂ©e, trĂšs mobilisĂ©e sur ce sujet. Mais vous savez,
dans le plan de financement, ça permet de faire le RER métropolitain. C'est comme ça que c'était présenté.
Mais c'est toujours présenté comme ça. Si vous voulez, on nous présente toujours. Ah mais oui, bien sûr, les Françaises et les Français, on ferme les gares du quotidien. On ferme les lignes du quotidien. On force les Françaises et les Français à utiliser leurs voitures. Et avec l'explosion des prix des carburants, c'est la hausse, c'est la réduction du pouvoir d'achat. Donc en fait, et puis aprÚs, on nous explique, en fait, oui, bien sûr, vos trains du quotidien, ce qui est l'essentiel des transports, on va y penser, mais d'abord, d'abord, d'abord, on va faire les axes nord-sud pour une petite partie des Français. Mais moi, j'utilise le TGV, je ne suis pas contre le TGV.
La question, c'est les priorités qu'on se donne. Et nos priorités absolues, aujourd'hui, c'est que les personnes qui veulent aller bosser, les personnes qui veulent aller chez le médecin, qui emmÚnent leurs enfants, trucs, puissent utiliser un train du quotidien, des transports collectifs du quotidien, plutÎt que toujours fantasmer la grande ligne quand ce n'est pas nécessaire. Nous, on soutient, par exemple, la ligne LGV Montpellier-Perpignan. Ce n'est pas qu'on est contre les LGV. C'est qu'à un moment donné, la question, c'est qu'est-ce qui est prioritaire pour les Françaises et les Français. Et pour nous, c'est les transports du quotidien.
Merci, Ăric Berger. Merci beaucoup. Et on va passer aux questions de fractures territoriales.
Je vois l'alliance entre la dĂ©pĂȘche du Midi et Sud-Ouest. On a fait Bordeaux-Toulouse. Vraiment,
on voulait avoir la réponse parce que ça, c'est la question.
Il n'y a plus de concurrence. Mais moi, si vous voulez, encore une fois, la question, bien sûr qu'il faut désenclaver tous les territoires. Mais franchement, on se bat tous les jours pour ça. Mais regardez partout, y compris quelles sont les priorités des Françaises et des Français.
Et justement, on va parler de ces questions de fractures territoriales.
Absolument. Une autre priorité qui est la lutte contre les déserts médicaux. Je prends l'exemple de ma région, le centre Val-de-Loire, qui est le plus grand déserts médicales français. Le gouvernement a annoncé récemment, à six semaines de la présidentielle, timing qui tombe à pic, qu'une seconde...
Je vous laisse le dire. Je vous laisse le dire.
J'assume. Qu'une seconde fac de médecine verrait le jour, en l'occurrence à Orléans. Est-ce que c'est le bon modÚle ? Est-ce que vous soutenez cette initiative du gouvernement ?
Ăcoutez, qu'il faille former beaucoup plus de mĂ©decins dans notre pays, c'est une Ă©vidence. C'est une Ă©vidence. Heureusement, on est sorti du numerus clausus, mais aujourd'hui, on ne s'est pas donnĂ© les moyens de former beaucoup plus. La question, ce n'est pas simplement de stopper une limite haute Ă la formation des mĂ©decins, c'est de faire en sorte qu'ils viennent, qu'ils se forment et que d'ici quelques annĂ©es, notamment 9-10 ans, c'est ça l'Ă©chĂ©ance. On est suffisamment de mĂ©decins dans notre pays pour lutter contre les dĂ©sirs mĂ©dicaux. Donc, on ouvre de nouvelles facs de mĂ©decine dans les dĂ©sirs mĂ©dicaux.
Bien sûr, il faut renforcer les CHU aussi parce que ça fonctionne avec la double tutelle santé, enseignement supérieur, ça ne marche pas trÚs bien, on peut améliorer les choses, mais former, c'est une évidence. Former aussi, évidemment, des infirmiÚres, des infirmiers, des aides-soignantes, c'est l'ensemble des personnels de santé qui est concerné.
Et une fois qu'ils sont formés, est-ce qu'on oblige ces médecins à s'installer dans ces désirs médicaux ?
On a effectivement, et vous l'avez dit, on a dans notre pays prĂšs de 8 millions de personnes qui n'ont pas accĂšs Ă un mĂ©decin, tout simplement, ou dans des conditions trĂšs difficiles qui sont inacceptables dans un pays comme la France qui a fait de la santĂ© un joyau, y compris de la promesse rĂ©publicaine. Donc, un conventionnement sĂ©lectif, ça veut dire quoi ? Ăa veut dire qu'en fait, vous ĂȘtes formĂ©s, vous ne pouvez pas aller dans une rĂ©gion ou surdotĂ©e, surdotĂ©e en matiĂšre de mĂ©decin, sauf remplacement d'un mĂ©decin qui s'en va.
Et deuxiĂšmement, effectivement, moi j'assume qu'on va mettre en place Ă la fois dĂ©velopper les maisons de santĂ©, des fois ça marche bien, des centres pluriprofessionnels, c'est un confort pour les mĂ©decins qui veulent exercer, ça permet les remplacements parfois, donc on va essayer de dĂ©velopper tout ça, mais moi j'assume, j'assume que dans mon projet, jusqu'Ă ce qu'on ait suffisamment de mĂ©decins, il peut y avoir obligation d'installation. Pour la derniĂšre annĂ©e de mĂ©decine et pour les deux premiĂšres annĂ©es... â Je vais vous rĂ©pondre,
les médecins, j'en fais 9 à 10 ans d'études et qu'on n'a pas à les obliger à s'installer à un endroit...
â Je sais parfaitement, sauf qu'on ne peut pas se satisfaire d'avoir une commune sur trois dans notre pays qui est un dĂ©sert mĂ©dical, que les mĂ©decins, pour en grande partie, on a besoin de mĂ©decins hospitaliers, mais c'est largement des professions libĂ©rales, mais qui sont payĂ©es par la collectivitĂ©. Quand vous ĂȘtes enseignant, vous choisissez pas oĂč on va enseigner la premiĂšre fois. Quand vous ĂȘtes policier, dans votre rĂ©gion, vous ĂȘtes formĂ© immĂ©diatement, vous ĂȘtes envoyĂ© dans les quartiers souvent les plus difficiles. Donc Ă un moment donnĂ©, les mĂ©decins sont aussi payĂ©s par la collectivitĂ©. On fera tout pour que les revenus soient satisfaisants.
On fera tout pour accompagner les familles. Mais à un moment donné, on ne peut pas avoir 8 millions de Français qui n'ont pas accÚs à un médecin.
L'autre sujet, c'est la question de la dépendance. C'est un sujet qui va évidemment se poser de plus en plus dans les allées à venir. Question de Jefferson.
Vous avez évoqué Orpea tout à l'heure, Yannick Jadot. Qu'est-ce que vous dites aux familles qui ont des proches dans les EHPAD aujourd'hui et qui s'interrogent sur le vieillissement ?
Ăcoutez, je pense que tout le monde s'interroge sur le vieillissement et la mort. C'est notre nature, au fond.
Tout le monde s'interroge, mais on a l'impression que les politiques publiques n'ont pas pris ce problĂšme
c'est que c'est un problĂšme personnel, Ă©videmment, individuel. C'est un problĂšme de sociĂ©tĂ© qui est lourd. La relation Ă la mort, regardez, y compris pendant cette pandĂ©mie. Vous savez combien il y a eu de morts de la pandĂ©mie hier ? Non, on n'en parle plus. Ce que je veux dire, c'est que pendant longtemps, pendant cette pandĂ©mie, on nous a expliquĂ© que le R devait ĂȘtre supĂ©rieur ou infĂ©rieur Ă trucs. On nous a sorti des chiffres que personne ne comprenait, mais parce qu'on avait envie d'Ă©vacuer le nombre de morts au quotidien, parce que la mort, c'est terrifiant. VoilĂ , c'est comme ça.
Bon, et donc, y compris la perte d'autonomie est vue avec beaucoup de difficultĂ©s, parce qu'on n'est plus dans des fonctionnements de sociĂ©tĂ© oĂč les anciens dĂ©lissent Ă la maison dĂ©lissent Ă la famille. Est-ce que les pattes privĂ©es ont toujours... Donc, ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas un sujet facile pour la sociĂ©tĂ©. Mais, vous avez parfaitement raison, les gouvernements ont toujours mis le sujet sous le tapis. Ou, ils ont choisi une option. C'est de soutenir, au fond, le dĂ©veloppement des EHPAD privĂ©s Ă but lucratif. On sait que ça a Ă©tĂ© largement le cas sous le gouvernement Sarkozy. Ăa s'est poursuivi avec le quinquennat Hollande et avec le quinquennat Macron.
Donc, avec un quinquennat Jadot, il n'y aura plus
d'EHPAD privĂ©s ? Il n'y aura plus d'EHPAD privĂ©s Ă but lucratif. Il n'y aura plus d'EHPAD privĂ©s Ă but lucratif. L'accord d'investissement avec la Chine pendant le gĂ©nocide sur les OuĂŻghours, Emmanuel Macron dĂ©fend les EHPAD privĂ©s Ă but lucratif. Je l'ai dit dans l'accord avec la Russie. Ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a pas de surprise. D'un seul coup, lĂ , vous avez des cris d'orfraie oĂč, d'un seul coup, on a l'impression que nos responsables politiques dĂ©couvrent la situation des EHPAD. Non, ils ont soutenu ce modĂšle de spĂ©culation sur la perte d'autonomie. Donc, on sort, il n'y aura plus d'autorisation d'EHPAD privĂ©s Ă but lucratif.
Et puisque je vais renforcer les droits de succession sur les grandes fortunes qui échappent trÚs largement à l'impÎt aujourd'hui sur les successions, ça fait 8 à 9 milliards qu'on mettra dans une grande politique d'autonomie en renforçant, en améliorant la possibilité de rester à la maison. On sait combien les aides à domicile sont maltraitées dans notre pays. 600 à 700 euros de revenus, parfois pour des journées de 10 à 12 heures. On créera des lieux intermédiaires avant les EHPAD ou des lieux ouverts sur la société, des lieux partagés. Et puis, on s'assurera que dans nos EHPAD, on est, en termes de personnel, un personnel pour un pensionnaire.
Comme ça existe dans des pays du Nord, avec ce financement, ça nous permettra de sortir de l'indignité, ça nous permettra de sortir de la spéculation sur la perte d'autonomie et ça nous permettra de respecter nos aßnés comme ils le méritent.
Yannick Jadot, on va poursuivre notre tour de France. On va aller Ă Ajaccio, retrouver Roger AntĂšche. Bonjour Roger. Merci beaucoup d'ĂȘtre avec nous, Roger, de Corse matin. Yannick Jadot, vous Ă©tiez en Corse il y a quelques semaines. Vous ĂȘtes d'ailleurs trĂšs clairement positionnĂ© sur les questions qui concernent l'Ăźle et Roger a des questions pour vous ?
J'avais prĂ©vu de vous interroger sur la fracture territoriale et l'insularitĂ© avait Ă©tĂ© en une mais l'actualitĂ© nous a rattrapĂ©s. Il y a eu mercredi l'agression d'Yvan Cologne Ă la maison centrale d'Arles par un dĂ©tenu ancien djihadiste et l'Ă©tat d'extrĂȘme gravitĂ© dans lequel se trouve aujourd'hui ce militant nationaliste condamnĂ© pour l'assassinat du prĂ©fet Rignac. Cette violence ne pose pas seulement la question de la sĂ©curitĂ© dans les prisons françaises ou les conditions de dĂ©tention pour les terroristes islamistes notamment.
Elle renvoie Ă l'un des sujets majeurs en Corse ce qui fait d'ailleurs aujourd'hui dans son rĂšglement l'unanimitĂ© politique celui du rapprochement des prisonniers corses dans une prison de l'Ăźle. Vous ĂȘtes lors de votre visite en Corse prononcĂ©e pour ce rapprochement des prisonniers qui est une application du droit mais que le maintien d'un statut de dĂ©tenu particuliĂšrement signalĂ© maintien rĂ©pĂ©tĂ© par le gouvernement notamment pour les membres du comando de Rignac empĂȘche.
Estimez-vous comme le prĂ©sident de l'exĂ©cutif de Corse Gilles Simeone que la responsabilitĂ© de l'Ătat est accablante dans la question d'Yvan Colonne avec me semble-t-il les risques d'embrasement que cela peut constituer dans l'Ăźle en ce moment mĂȘme au moment oĂč je vous parle un bateau transportant un ferry transportant des renforts de force de l'ordre est empĂȘchĂ© d'accoster dans le port d'Ajaccio ?
Vous avez parfaitement raison c'est une situation absolument dramatique j'avais eu l'occasion de l'exprimer avec l'ensemble des Ă©lus des responsables Ă©cologistes mais vous savez que c'Ă©tait plus que c'Ă©tait transpartisan cette demande du rapprochement qui est simplement l'application de la loi qui est simplement la loi rien que la loi toute la loi et on nous a expliquĂ© qu'effectivement le systĂšme DPS Ă©tait un systĂšme qui au fond Ă©tait un systĂšme de sĂ©curitĂ© on voit que ça ne l'est pas donc il faut Ă©videmment qu'il y ait une enquĂȘte trĂšs forte moi je souhaite qu'il y ait une commission d'enquĂȘte Ă l'AssemblĂ©e nationale sur ce sujet pour savoir ce rĂ©gime DPS et pourquoi finalement ça a bloquĂ© le rapprochement des prisonniers corses et qu'on fasse toute la lumiĂšre sur ce qui s'est passĂ© mais je continue
bien sûr
j'ai soutenu vous le savez le rapprochement et ce qui est dramatique c'est que on a une situation politique qui est assez unique en Corse il y a eu un scrutin trĂšs fort en soutien Ă la majoritĂ© actuelle et avec un mandat de travailler Ă ce qu'on appelle une autonomie de plein exercice et de plein droit comment la Corse avec l'Ătat français a la possibilitĂ© de sortir d'une relation de dĂ©fiance d'annĂ©es et d'annĂ©es on avait la possibilitĂ© le point d'entrĂ©e c'Ă©tait le rapprochement mais au-delĂ de ça c'est la formulation de nouvelles compĂ©tences et lĂ encore il faut regretter que le prĂ©sident de la RĂ©publique qui s'Ă©tait engagĂ© auprĂšs de Gilles Simeoni pour travailler sur un renforcement de cette autonomie n'ait pas saisi l'occasion d'un contexte politique en Corse extrĂȘmement favorable Ă cette discussion-lĂ et si les français le dĂ©cident le prochain quinquennat qui sera Ă la fois le quinquennat prĂ©sidentiel mais qui sera aussi le mandat de la majoritĂ© en place puis c'est un mandat encore une fois qui permet de sortir d'une relation de dĂ©fiance que n'a pas saisi le prĂ©sident de la RĂ©publique alors que la majoritĂ© en Corse lui tendait la main
â Et un dernier mot rapidement Roger ?
â Justement j'avais l'intention de demander Ă Yann Diado ce qu'il mettait derriĂšre l'expression autonomie de plein droit et de plein exercice notamment en matiĂšre de dĂ©volution et d'exercice des compĂ©tences par le pouvoir territorial et plus largement sa conception d'une dĂ©centralisation des compĂ©tences et des pouvoirs qui pourrait s'appliquer Ă d'autres territoires
â Alors la demande vous savez que ce statut d'autonomie de plein droit et de plein exercice d'ailleurs a Ă©tĂ© soutenu par rĂ©gion de France par l'ensemble des rĂ©gions qui soutiennent cette idĂ©e d'une autonomie plus forte encore plus de compĂ©tences mais qui renvoie aussi Ă l'Ă©chec de tous les derniers processus de dĂ©centralisation ce qu'a fait François Hollande au fond est une catastrophe c'est une catastrophe dans toutes les rĂ©gions on pourrait parler de l'Est on pourrait parler de toutes les rĂ©gions je veux dire Nouvelle-Aquitaine enfin franchement c'est une caricature je veux dire cette rĂ©gion est ingĂ©rable je veux dire par la multiplicitĂ© l'Ă©tendue la diversitĂ© bien sĂ»r c'est ridicule donc au fond tout ça ne fonctionne pas donc il faut renforcer il faut une nouvelle phase de dĂ©centralisation pour la Corse c'est clairement comment la collectivitĂ© a les moyens de garantir la continuitĂ© territoriale c'est la question des compagnies aĂ©riennes c'est la question des compagnies maritimes c'est comment il peut y avoir particuliĂšrement en Corse mais on sait que ça se pose maintenant en Bretagne et ailleurs la question de la spĂ©culation fonciĂšre qui est en train de retirer les capacitĂ©s d'habiter aux habitants qui sont lĂ 365 jours sur 365 c'est la question des dĂ©chets c'est la question de la gestion du tourisme donc il faut encore une fois et ça sera la nĂ©gociation engagĂ©e dans le prochain quinquennat dĂ©finir ce qu'est cette autonomie mais si vous voulez s'il y a eu autant d'abstention aux dĂ©partementales et aux rĂ©gionales c'est parce que en fait plus personne ne comprend rien Ă ce que sont les compĂ©tences des dĂ©partements des rĂ©gions et on ne parle pas des comitĂ©s des communautĂ©s de communes donc au fond il faut remettre de la transparence il faut remettre de la simplicitĂ© dans la gestion de nos collectivitĂ©s qui sont pour nous les leviers essentiels de la reconstruction de notre pays
mais on va remercier Roger Antec merci Roger et évidemment on suivra avec vous les derniers développements sur l'ßle de beauté dans cette émission vous serez avec nous ces prochains jours vous parliez du Grand Est Yannick Jadot on va y aller derniÚre étape de notre tour de France des régions on va à Strasbourg on retrouve Olivier Claudin des derniÚres nouvelles d'Alsace c'est à vous Olivier
bonjour Yannick Jadot Strasbourg l'Alsace qui aime tellement la région Grand Est qui est tellement amoureuse de la région Grand Est jusqu'à Reims
vous avez un point vous faites allusion à la consultation organisée par le président de la collectivité européenne d'Alsace vous avez un point de vue là -dessus
écoutez moi je laisse par principe je laisse quand il y a un référendum local je laisse les Alsaciennes et les Alsaciens en décider de toute façon ça fait longtemps que l'Alsace réfléchit à son statut travaille sur son statut sur sa spécificité qui n'est pas une spécificité de repli c'est ça qui est toujours important
allez question sur la zone à faible émission vous avez Olivier avec vous tout à fait
oui tout Ă fait Strasbourg c'est une ville que vous connaissez bien puisque vous ĂȘtes dĂ©putĂ© europĂ©en le Parlement europĂ©en est siĂšge la ville est dirigĂ©e par une maire Ă©cologiste Jeanne BarzĂ©guian et les Ă©cologistes dirigent Ă©galement l'agglomĂ©ration l'euro mĂ©tropole dont l'exĂ©cutif a vĂ©cu des moments difficiles l'an dernier quand il a Ă©tĂ© question de prĂ©parer la mise en oeuvre de la zone Ă faible Ă©mission l'euro mĂ©tropole sous l'impulsion des Ă©cologistes a dĂ©cidĂ© d'aller plus loin que la loi climat et rĂ©silience pour d'ores et dĂ©jĂ prĂ©voir l'interdiction de tous les vĂ©hicules diesel d'ici 2028 voire plus tĂŽt si possible ce qui suscite beaucoup de craintes dans la population parmi les automobilistes qui dĂšs lors parlent d'Ă©cologie punitive qu'est-ce que vous dites Ă ces automobilistes qui craignent de ne pas avoir les moyens de changer de voiture et finalement qui craignent de ne pas pouvoir s'adapter
Ce qui est punitif dans cette affaire ce n'est pas l'Ă©cologie ce qui est punitif c'est que dans notre pays selon les diffĂ©rentes estimations on est entre 50 000 et 100 000 morts par an liĂ©s Ă la pollution de l'air c'est plus que le tabac c'est plus que l'alcool donc c'est une catastrophe sanitaire la pollution de l'air donc c'est ça qui est punitif aujourd'hui la question c'est comment on fait en sorte que Ă Strasbourg comme ailleurs nos enfants puissent jouer dans les cours qu'il n'y ait pas une explosion des maladies chroniques liĂ©es Ă la pollution de l'air des asthmes chez les enfants donc c'est ça l'enjeu c'est de ça dont on doit partir qu'est-ce que veut faire la maire de Strasbourg et quel est son principal chantier aujourd'hui c'est le dĂ©veloppement de toutes les mobilitĂ©s qui offriront une alternative aux personnes qui ont aujourd'hui une automobile moi je viens de Picardie dans les Hauts-de-France je sais qu'on peut avoir besoin d'une voiture Ă©videmment je veux dire moi oĂč je suis nĂ© oĂč je vais on a besoin d'une voiture donc c'est comment on construit la possibilitĂ© d'avoir des alternatives en matiĂšre de transport collectif bus tram dans d'autres villes ça peut ĂȘtre des mĂ©tros mais ça ça prend plus temps vous le savez Yannick oui mais lĂ on n'est pas on n'est pas demain c'est pas demain que ça s'applique donc les vĂ©los Strasbourg est de ce point de vue lĂ un modĂšle en cycle en voie sĂ©curisĂ©e et puis comment quand on a absolument besoin d'une voiture et ça concerne encore une majoritĂ© de français on a accĂšs Ă une automobile qui n'est pas un vĂ©hicule diesel donc c'est toutes les primes moi je veux multiplier par deux les primes Ă la conversion automobile c'est y compris sur des vĂ©hicules d'occasion qui ne sont pas des vĂ©hicules diesel Ă©videmment c'est ça suffit
pour ces français on prend l'exemple de Strasbourg à qui on demande de changer de véhicule pour pouvoir continuer
on a bien parlĂ© de 2028 on a parlĂ© de 2028 il faut quand mĂȘme qu'on ne peut pas en permanence ne pas anticiper les impĂ©ratifs et les dĂ©fis auxquels on doit se confronter parce qu'Ă chaque fois sinon c'est la catastrophe Ă chaque fois c'est difficile pour les françaises et les français en 2000 Ă partir de d'ici 5 ans selon toutes les Ă©tudes les vĂ©hicules Ă©lectriques seront Ă paritĂ© de prix avec les vĂ©hicules thermiques c'est Ă dire aujourd'hui ils sont plus chers incontestablement mais un peu comme les Ă©nergies renouvelables les prix sont en train de baisser donc on sera Ă paritĂ© de prix Ă l'achat et Ă©videmment ça coĂ»te beaucoup moins cher Ă la maintenance et en termes d'Ă©nergie donc il faut accompagner toutes ces grandes transitions mais ce qu'on dit et ce que portent les Ă©cologistes dans toutes les villes oĂč nous assumons cette responsabilitĂ© de santĂ© c'est on accompagne on accompagne on accompagne on ne ferme pas l'accĂšs aux classes populaires ou aux personnes qui ont absolument besoin de vĂ©hicules sans avoir créé l'alternative c'est le principe
on remercie Olivier Claudin on s'excuse Olivier vous aviez une autre question mais malheureusement le temps file merci beaucoup Olivier d'avoir Ă©tĂ© avec nous Olivier des derniĂšres nouvelles d'Alsace quelques questions sur votre campagne pour terminer Yannick Jadot puisqu'on a appris parce que lĂ
on n'a pas parlé de la campagne
non mais sur votre campagne politique on a beaucoup parlé des sujets de fond vous le remarquez
c'est ça c'est ça la politique c'est ça qui intéresse les Français c'est ça qu'ils attendent je pense aujourd'hui
et c'est pour ça qu'on a voulu cette Ă©mission mais quand mĂȘme on a appris hier que Sandrine Rousseau avait Ă©tĂ© exclue de votre Ă©quipe de campagne c'Ă©tait la finaliste de la primaire des Ă©cologistes qu'est-ce qui s'est passĂ© ?
écoutez vous avez bien vu que Sandrine Rousseau depuis des semaines depuis la primaire mÚne d'autres campagnes que la campagne présidentielle avec des positions qui parfois qui parfois écoutez il y a évidemment la question des législatives on entend qu'elle veut conquérir le parti bon tout ça n'est pas compatible avec la loyauté la ligne politique de la campagne
selon vous
de la campagne et donc on en tire moi je prends acte d'une éniÚme d'éniÚmes prises de position qui ne sont pas celles de la campagne une campagne présidentielle dans la situation de notre pays aujourd'hui c'est quelque chose de trÚs sérieux les écologistes
c'est une adversaire pour vous aujourd'hui c'est une adversaire
non c'est pas une adversaire simplement
si elle veut prendre le parti
qui a d'autres ambitions oui mais ça c'est pas la campagne présidentielle mais vous dites elle a pas joué le jeu de la primaire
elle a pas respecté les rÚgles de la primaire c'était pas un soutien pour vous
bah Ă©coutez Ă partir du moment oĂč vos prises de position parasitent la campagne des Ă©cologistes vous savez les Ă©cologistes se sont rassemblĂ©s pour cette campagne prĂ©sidentielle en 2022 ce qui va se jouer c'est est-ce qu'on est capable est-ce que notre pays se met en situation de gagner la bataille du climat ou pas est-ce qu'on gagne la bataille de la vie et du vivant ou pas est-ce qu'on remet un hĂŽpital est-ce qu'on a l'innovation Ă©conomique industrielle et la justice sociale que nous portons si des personnes poursuivent d'autres objectifs bah c'est pas mon sujet mais ça peut pas ĂȘtre la campagne prĂ©sidentielle mais je sais pas vous lui poserez mais maintenant on est aujourd'hui elle pourra plus reprĂ©senter la campagne des Ă©cologistes elle ne pourra plus parler au nom des Ă©cologistes dans cette campagne c'est une forme de clarification aprĂšs des semaines
est-ce que c'Ă©tait pas gĂȘnant pour vous qu'elle porte votre parole sans vos positions sans m'Ă©loigner
si quand je fais des entretiens des interviews on me dit oui mais Sandrine Boussou n'est pas d'accord oui c'est pas vous savez vous avez tout le mouvement écologiste tout le mouvement écologiste est mobilisé par rapport à ces urgences climatiques sociales jamais les écologistes n'ont été aussi préparés jamais ils n'ont aussi travaillé à la crédibilité de leurs solutions on ne peut pas avoir une campagne qui est parasitée par des avis divergents ou différents par au fond des prises de position des prises de position non parce que vous voyez jamais jamais les écologistes n'ont été aussi préparés jamais ils n'ont été aussi disciplinés et ils font valoir la discipline aujourd'hui j'ai pris la décision de faire valoir la discipline pour que le projet que nous portons qui est non non mais c'est pas moi qui divise nous on joue collectif les gens qui à un moment donné considÚrent que c'est leur prise de position personnelle leur avenir personnel qui doit prédominer c'est eux qui prennent la décision de se sortir du collectif
elle a encore sa place sur Europe Ăcologie Les Verts oĂč elle doit quitter
le parti moi je ne parle pas d'Europe Ăcologie Les Verts moi je suis le candidat des Ă©cologistes Ă l'Ă©lection prĂ©sidentielle
Florent une question sur Christiane Taubira
Vous en ĂȘtes oĂč de discussion avec Christiane Taubira ?
Ăcoutez nulle part Nulle part ? Non mais nulle part vous voyez je pense qu'il y a une profonde dĂ©ception chez Christiane Ă©videmment aprĂšs cette campagne compliquĂ©e Donc c'est mal parti pour une alliance Non j'en sais rien c'est Ă elle de dĂ©cider Elle doit dire
dans les prochains jours qu'elle souhaite
vous souhaitez
qu'elle vous soutienne ?
Ăcoutez les valeurs qu'elle dĂ©fend les positions qu'elle a prises sur l'Ukraine en soutien Ă la rĂ©sistance ukrainienne en affirmant comme nous affirmons qu'il faut sortir de toutes les complaisances vis-Ă -vis de Vladimir Poutine parce qu'il y a quand mĂȘme un paquet de candidats qui aujourd'hui essayent au fond de se refaire la cerise en nous expliquant en nous faisant des grandes leçons des gĂ©opolitiques mais au fond pour dire quoi ? Comme Vladimir Poutine l'Ukraine appartient Ă la Russie qu'au fond Pour vous Jean-Luc MĂ©lenchon on parle comme Vladimir Poutine aujourd'hui ?
Non je ne dis pas ça mais reconnaissez qu'il a soutenu l'annexion de la Crimée en 2014 il a justifié les bombardements des populations civiles en Syrie ça n'est pas ma position sur la démocratie il n'a pas voté la reconnaissance du génocide sur les Ouïghours bon si vous voyez moi la démocratie c'est à Paris c'est à Kiev c'est à Moscou et c'est aussi pour les Ouïghours simplement voilà et puis moi je pense que l'Union Européenne est un des outils essentiels essentiels pour défendre notre projet de société une France forte dans une Europe puissante donc voilà on a des divergences je connais les convictions de Christiane Taubira aprÚs ça reste son choix on verra
et on suivra tout ça merci beaucoup merci Yannick Jadot d'avoir été notre invité pour cette émission spéciale merci Florent on regarde la lune de la République du Centre masque et passe plus que 10 jours c'est à la lune de votre journal et puis à la lune de Sud-Ouest Jefferson Emmanuel Macron président et candidat merci beaucoup d'avoir été notre invité Yannick Jadot et on va parler de votre interview
Yannick Jadot