Face-à-Face : Manuel Bompard - 15/12
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Apolline de Malherbe Il est 8h32 sur RMC et BFM TV Bonjour Manuel Bonfard Merci d'être dans ce studio ce matin pour répondre à mes questions Vous êtes le coordinateur national de la France Insoumise En gros vous êtes à la tête du parti Et vous êtes député des Bouches du Rhône On va évidemment parler de la bataille politique On va parler aussi de pouvoir d'achat, sécurité Sur cette loi immigration On se demande quand même si vous ne vous êtes pas tiré une balle dans le pied
Ah bon ? Je ne sais pas pourquoi vous vous posez cette question Nous sommes opposés à cette loi immigration Et donc nous avons déposé une motion pour la rejeter Nous l'avons votée Et nous cherchons à obtenir le retrait de cette loi Et donc nous avons remporté la première partie Une première victoire Et ensuite il va y avoir une deuxième partie dans la bataille Ça devrait se passer la semaine prochaine Et nous espérons la remporter aussi pour faire en sorte que cette loi soit rejetée Tout simplement
Vous savez qu'en l'état Le choix du gouvernement c'est de repasser par une commission mixte paritaire En repartant donc du texte tel qu'il est sorti du Sénat Or le texte tel qu'il est sorti du Sénat Il est beaucoup plus dur que la version même qui arrivait à l'Assemblée Qui a donc été rejetée Durcie par les sénateurs LR Donc vous allez vous retrouver finalement à avoir voté contre une loi que vous trouviez dure Et en avoir une encore plus dure
Non mais je crois que vous n'avez pas très bien suivi les derniers événements Apolline de Malherbe Parce qu'il y a des négociations dans une commission mixte paritaire Il faut donc que les députés qui représentent l'Assemblée Nationale Se mettent d'accord avec les députés qui représentent le Sénat Or les députés qui représentent l'Assemblée Nationale aujourd'hui Ils ne sont pas d'accord avec le texte tel qu'il a été issu du Sénat Il y a un député de la France Insoumise Oui d'accord Mais je crois savoir que notamment les députés macronistes Ont exprimé un certain nombre de lignes rouges par rapport à la version du texte du Sénat Et je crois quand même que quand par exemple on est membre d'un parti comme le Modem Qui est traditionnellement issu de ce qu'on peut appeler les démocrates chrétiens Je pense que par exemple on n'est pas d'accord avec la suppression de l'aide médicale d'État Qui pourtant est dans la version du Sénat Donc là vous faites comme si tout était déjà bouclé Sauf que ce qui vous semble vous échapper
Disons que le texte de départ, Manuel Bompard Qui devait être le texte qui arrivait à l'Assemblée désormais Alors il peut encore évoluer, on est bien d'accord Mais disons que la matrice ça va être ce texte du Sénat Qui vous le reconnaîtrait est beaucoup plus à droite
D'abord il faut que la, excusez-moi c'est un peu technique pour ceux qui nous écoutent Mais d'abord il faut que la commission mixte paritaire soit conclusive C'est-à-dire qu'il y ait une majorité pour se mettre d'accord sur un texte Sinon le président de la République lui-même a dit qu'il retirerait ce texte de loi Bien évidemment, moi je demande le retrait Ce texte, il faut quand même le rappeler Il a été battu par une majorité de députés à l'Assemblée nationale qui l'ont rejeté Et c'est quand même assez stupéfiant que la France soit à peu près la seule démocratie dans le monde Où vous pouvez faire passer des textes de loi Malgré le fait qu'une majorité de députés les ont rejetés Donc on a eu la loi sur les retraites Il n'y avait pas de majorité de députés pour la voter Mais ça passe par le 49-3 On a les budgets, alors les budgets maintenant dans ce pays Les budgets ils passent Les budgets ils passent sans qu'il y ait une majorité de députés qui les votent C'est quand même assez stupéfiant Même pendant la monarchie Le droit de veto du roi ça ne s'appliquait pas au budget C'est pire là ?
Je ne vais pas dire que c'est pire qu'une monarchie Soyons raisonnables Mais je pense qu'il y a un problème d'une dérive autoritaire D'un pouvoir qui depuis un an et demi Peut en quelque sorte faire passer tous ses textes Sans que les députés qui sont l'émanation du peuple votent C'est quand même stupéfiant
Je crois qu'il y a la première fois Manuel Bompard Que je vous entends avec le sourire dire non soyons raisonnables
Mais je suis toujours raisonnable C'est beau parfois qu'ils ne l'aident pas Par exemple vous faites comme si Ça y est la commission mixte paritaire avait été conclue
Si on vous parle du texte de départ Et le texte de départ du Sénat est beaucoup plus à droite
J'ai vu votre introduction tout à l'heure Vous nous dites ils ont voté pour la motion de rejet Ils vont se retrouver avec un texte
Mais vous savez qui le dit ? Qui le dit ? Une députée de gauche qui a une certaine expérience De l'agilité ou pas ou des affaires et des coûts politiques Et même des règles de l'Assemblée C'est Delphine Bateau Elle est la seule dans l'hémicycle Dans la partie gauche de l'hémicycle A ne pas avoir voté la motion de rejet Et elle explique pourquoi
C'était un risque prévisible Il y a une limite dans les manœuvres parlementaires C'est les conséquences Que des personnes soient ou pas soignées Que des enfants d'immigrés nés en France Accèdent ou pas à la nationalité française Ça compte
Elle estime justement Qu'en ayant rejeté le débat Vous aurez perdu ça
Je ne suis pas de son point de vue Et je vous dis encore une fois Que d'abord il faut que la commission mixte paritaire Soit conclusive Et il y a quelque chose qui semble vous échapper aussi Il faut ensuite qu'une majorité de députés Vote en faveur du texte qui sera sorti S'il y en a un qui sort De cette commission mixte paritaire Et bien moi je vous dis Qu'il n'y aura pas de majorité De députés à l'Assemblée nationale Pour voter un texte qui revient Sur l'aide médicale d'État Par exemple Parce que c'est une hérésie De considérer qu'il faut supprimer L'aide médicale d'État
Je précise que les sénateurs En effet Avait supprimé l'aide médicale d'État Qu'ils remplaçaient Par ce qu'ils appelaient Une aide médicale d'urgence
Et vous avez reçu sur votre plateau Patrick Stéphanini
Qui dit exactement Et c'est très intéressant Patrick Stéphanini Qui est issu des rangs de la droite Ah oui Il était le directeur de campagne De Valérie Pécresse De Valérie Pécresse Et de François Fillon Et pourtant lui Qui a étudié l'aide médicale d'État Et vous avez raison de le préciser Affirme que l'aide médicale d'État N'est pas du tout Un appel d'air pour l'immigration Comme certains à droite le disent Comme par exemple Bruno Retailleau le dit Et qu'il ne faut surtout pas S'assumer l'aide médicale d'État
Et d'ailleurs peut-être que vous ne savez pas Qu'en Espagne L'aide médicale d'État Avait été supprimée Et finalement elle a été rétablie Parce que ça avait y compris Un coût financier Pour le budget de l'État Qui était plus important Il faut que tous les gens Qui nous écoutent le comprennent Si vous ne soignez pas une maladie Dès que vous la détectez Si vous la laissez s'empirer A la fin ça coûte plus cher Et vous savez Les virus ils se fichent bien De savoir si les gens Ou des papiers Ou s'ils n'en ont pas Donc y compris d'un point de vue sanitaire La suppression de l'aide médicale d'État Est une hérésie
Et c'est ce que disent aussi Les médecins en effet Qui disent d'ailleurs
Qu'ils n'appliqueraient pas Une disposition de cette nature Si elle est rentrée en vigueur Parce que ce serait contraire Y compris à leur déontologie médicale Donc voilà par exemple Sur ce sujet je vous dis Moi je prends les paris avec vous Si vous voulez Qu'il n'y aura pas de majorité De députés à l'Assemblée nationale Pour voter en faveur De la suppression de l'aide médicale d'État Donc moi je pense Et en tout cas je souhaite Que ce texte de loi Soit battu définitivement On l'a battu une première fois lundi Et maintenant on va essayer De le battre une deuxième fois
Ça s'était joué à 5 députés près Là vous l'avez dit C'est une négociation Que aura lieu dans cette commission Mixte paritaire Au fond vous estimez Qu'à partir du moment Où c'est perdu Il faut arrêter tout de suite Est-ce que vous iriez Jusqu'à un souhait de dissolution ?
D'abord je veux dire que Dans toute démocratie normale Un texte de loi Qui est battu à l'Assemblée nationale Alors que dans nos institutions C'est l'Assemblée nationale Qui a le dernier mot Dans toute démocratie normale Ce texte serait retiré Et celui qui le portait En l'occurrence Monsieur Darmanin Puisqu'il a engagé sa responsabilité En portant ce texte Serait parti avec ce texte Sous le bras Donc toute démocratie normale Saurait fonctionner comme telle Pour le reste Je vois bien que le gouvernement Est bloqué Qu'en fait Il ne tient plus Que par le fil de l'autoritarisme Et je pense que ça ne peut pas durer Comme ça Pendant des semaines Et des semaines Des mois Aidez-moi Donc oui Tôt ou tard La question du retour aux urnes Elle est posée Donc ça peut être La dissolution de l'Assemblée nationale Ça peut être autre chose Ça peut être le président La démission d'Emmanuel Macron Bah écoutez À un moment quand même Quand on gouverne un pays C'est pour faire en sorte De pouvoir faire face Aux défis qui sont devant nous Que fait ce gouvernement Depuis un an et demi ?
Rien Strictement rien Et les textes de loi Qu'il arrive à passer Il les passe au forceps En tordant le bras A une majorité de députés Et à une majorité du pays Donc oui je pense Que ça ne peut pas durer Comme ça pendant longtemps
S'il y avait une dissolution Poussons le scénario Jusqu'au bout Imaginons On est en janvier Emmanuel Macron Annonce une dissolution Est-ce que Si vous obtenez la majorité C'est toujours Jean-Luc Mélenchon Le candidat à Matignon ?
Bah ouais S'il y a une dissolution D'abord je veux dire Que nous serons candidats Autour du programme De la NUPES Pour proposer une alternative Dans ce pays Pour faire en sorte Qu'il y ait une autre majorité Qui s'attaque enfin Aux grandes questions Qui sont posées devant nous La question du pouvoir d'achat La question de l'inflation La question de la crise climatique La question de la crise démocratique Je vais répondre à votre question Mais quand même Ce qu'on vit aussi C'est la fin de la 5ème République On voit bien Que ces institutions Elles nous ont mis dans l'impasse C'est-à-dire qu'elles conduisent A ce qu'un homme seul Peut décider contre un pays tout entier C'est pas sain Ça ne peut pas continuer A fonctionner comme ça Donc la question D'une nouvelle démocratie De nouvelles institutions De la 6ème République Elle est posée Ensuite A partir du moment Où vous candidatez Pour faire en sorte De pouvoir être majoritaire Il est évident Que le Premier ministre Il est issu De la formation politique De la coalition Qui aurait le plus de députés En l'occurrence Sans doute La France Insoumise Ensuite La France Insoumise Décidera Qui sera son candidat Premier ministre Jean-Luc Mélenchon L'était il y a un an et demi Je pense qu'il reste Bien évidemment Un très bon candidat pour ça
Ce serait la logique Il avait dit à l'époque Souvenez-vous Élisez-moi à Matignon
Oui Bien sûr Puisque quand il y a une dissolution Là en l'occurrence C'était pas une dissolution C'était les élections législatives Après l'élection présidentielle Mais s'il y a une dissolution Il faut que les gens nous comprennent La question qui est posée C'est choisissez Quelle majorité Vous voulez pour le pays Et si vous voulez Une majorité Qui va s'attaquer A la question du partage De la richesse Une majorité Qui va faire en sorte Qu'on mette un terme Aux profiteurs de crise Et qu'on fasse en sorte Au contraire Qu'une grande majorité De la population Puisse enfin vivre de son travail Si vous voulez Une majorité Qui s'attaque A la crise climatique Si vous voulez Une majorité Qui développe Les services publics Plutôt que de les voir détruire Comme c'est le cas Depuis maintenant Des années et des années Par le gouvernement en place Bah oui Il faudra voter Pour les candidats Qui portent le programme De la NUPES
En l'état C'est pas gagné Une élection C'est jamais gagné Par avance Mais les sondages En tout cas Aujourd'hui Montrent qu'il faudrait Quand même Que vous arriviez A remonter nettement Puisque aux français A qui on demande S'il y avait des élections Législatives demain Qui souhaiteriez-vous L'emporter 28% Dissent une victoire Du rassemblement national 16% Une alliance de la gauche
Bon oui Vous pourriez-vous
Réconcilier les uns les autres
Bah je pense que ça devrait être Autour du programme De la NUPES Moi je suis resté fidèle Depuis un an et demi Au programme de la NUPES
Donc c'est les autres Qui sont partis
Donc il faut leur poser La question à eux De savoir s'ils seraient prêts Dans cette élection Vous leur posez Bah moi je pose Je dis que Si on veut être en capacité De pouvoir reconstituer Une majorité alternative A celle du pouvoir en place Il faut se regrouper Autour du programme De la NUPES Donc c'est eux Qui devront répondre Pour savoir si les moratoires Et les suspensions Sont terminées ou pas Maintenant Oui une élection C'est jamais gagné par avance Mais je me rappelle Qu'un an avant L'élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon A été annoncé à 8% Dans les sondages Il a fini à 22% Donc vous savez Dans une campagne Il faut convaincre Bah moi j'essaye de convaincre
Manuel Bompard Sur cette question De la loi immigration Il y a un cas très concret Qui se pose depuis quelques jours C'est le cas de cet homme Ouzbek Qui a été expulsé par la France Malgré la Cour européenne Des droits de l'homme Qui interdisait cette expulsion Je rappelle les faits Il avait demandé le droit d'asile D'abord dans d'autres pays européens Qui lui ont tous refusé Estimant qu'il avait des liens Avec les extrémistes musulmans Il n'a pas obtenu Le droit d'asile en France Mais il a fait un appel A la Cour européenne Des droits de l'homme Qui a estimé Que s'il retournait dans son pays Il pourrait être maltraité Voir même torturé Donc trop dangereux Pour rester en France Mais trop maltraité Pour retourner en Ouzbékistan La France a quand même Décidé de l'expulser Et elle est désormais Condamnée A aller le rechercher Gérald de Darmanin Dit j'irai pas le rechercher C'est ce qu'il faut faire
Je sais pas Je connais pas ce cas Vous me l'apprenez Je le découvre Mais Non pour C'est marrant Il y a plein de trucs comme ça C'est un peu Quand vous voulez pas voir Vous voyez pas Mais c'est pas que je veux pas voir Non mais parce qu'il y a des articles Pour le reste Je vais vous dire madame Il existe dans le code Le CZA Il existe la possibilité Pour la France D'expulser Des citoyens Qui mettraient en danger Les intérêts vitaux De la nation Donc ça c'est la loi Ensuite il y a des voies de recours Ces voies de recours Se sont exprimées Bon voilà Donc après Il faut regarder en détail Ce cas de figure Parfois il faut expulser des gens Parfois
Mais est-ce qu'il faut aller contre La Cour européenne des droits de l'ordre En fait Là c'est vraiment ça
Je ne crois pas Je pense qu'à partir du moment Où on participe D'une communauté Dans laquelle il y a Une juridiction Et une justice Il faut appliquer ces règles Mais après il y a d'autres manières De mettre en sécurité un pays C'est par exemple D'enfermer des gens Quand ils sont dangereux Il n'y a pas que l'expulsion Qui permet de résoudre des problèmes
Vous le savez Enfermer quelqu'un Restons sur ce point Vous dites enfermer quelqu'un Qui est dangereux En l'occurrence Il s'appelle monsieur A Il a 39 ans Il est considéré Comme proche De la mouvance Djihadiste Il est considéré Comme extrêmement dangereux Par les services français Pour autant Il n'a jamais été condamné Peut-être que c'est ça La bonne question On l'enferme Comme vous dites Les gens dangereux On les enferme Sans qu'ils aient commis Sans qu'ils soient passés à l'acte
Non mais s'il est considéré Comme très dangereux C'est que sans doute Il y a des éléments Qui permettent de déterminer Qu'il est très dangereux
Il est en effet considéré Comme très dangereux Simplement Il est aussi considéré Comme en menace D'être torturé Dans son propre pays D'accord Mais attendez
Ce n'est pas la question Qui est posée La question qui est posée C'est en France S'il est considéré Comme étant très dangereux C'est donc qu'on dispose D'éléments Qui permettent de considérer Qu'il doit par exemple Être jugé et condamné Bah s'il est dangereux Il y a des faits Qui permettent de dire Qu'il est dangereux Non Donc alors dans ce cas là Qu'on aille devant la justice Que la justice potentiellement Le condamne Et s'il doit être condamné Qu'il soit mis Hors d'état de nuit Entre guillemets Bon moi je ne suis pas Pour dire qu'il n'y aurait Que deux solutions L'expulsion Ou le fait que la personne Puisse circuler librement Sur le territoire national Et de manière générale C'est un problème Dans ce débat sur l'immigration Parce que ce débat A été abordé Comme s'il y avait Un lien avéré Entre l'immigration Et la délinquance Ou le terrorisme De manière générale C'est ce que dit Jérôme de Darmanin
Vous vous souvenez De cette liste De personnes dont il a dit Ils sont délinquants Ils sont dangereux Je ne peux pas les expulser C'était l'un de ses arguments Pour faire avancer cette loi
Et bien je vais vous dire Quelque chose Ce qu'on appelle le CEPI Qui est un organisme de recherche Qui est rattaché A la première ministre A publié au mois de mars De cette année Une étude Dans laquelle Il réfute totalement Un lien entre Immigration et délinquance Et donc toute la logique Sur laquelle La proposition de loi De monsieur Darmanin A été construite Sur une vision Qui est démentie Y compris par Des instituts de recherche Qui sont rattachés A madame la première ministre Ça devrait quand même Nous faire réfléchir
Manuel Bompard Je voudrais qu'on puisse Parler santé Pouvoir d'achat Écologie Santé d'abord Avec ce qui se passe A Strasbourg Les urgences de Strasbourg Qui craquent Et c'est pas d'hier Malheureusement Ça fait un petit bout de temps Mais désormais Les infirmiers Et le personnel soignant Ont décidé carrément D'assigner l'état Pour mise en danger d'autrui Les patients Se retrouvent parfois Pendant des heures A être soignés A même les ambulances Sur le parking de l'hôpital Que faire ?
D'abord je vais dire Que malheureusement Ça ne concerne pas Que les urgences de Strasbourg On a des cas de figure Comme ça partout en France Il y a eu une mobilisation Récemment A propos des urgences De Carré En Bretagne Je sais qu'il y a des mobilisations Depuis des mois et des mois Sur les urgences De Draguignon Dans le Var Je pourrais vous donner Des dizaines d'exemples Qu'est-ce qu'on fait ?
On fait en sorte Qu'il y ait enfin Des moyens supplémentaires Qui soient mis Pour faire en sorte Que nos hôpitaux Puissent accueillir Les patients dans des bonnes conditions Or Nous sommes en train D'examiner en ce moment Ce qu'on appelle Le projet de loi Enfin non c'est fini Le projet de loi De finance de la sécurité sociale Et qu'est-ce que fait le gouvernement ? Il refuse tous nos amendements Qui visent à augmenter Le budget Et le financement Des hôpitaux Et il passe par 49-3 Pour faire en sorte Que ces amendements
Ne puissent être balayés Il faut carrément aller En effet Jusqu'à ce que tous ces hôpitaux Tous ces personnels soignants Lansent des procédures Judiciaires Contre l'État Vous les soutiendriez ?
Oui bien sûr Que je les soutiens Mais à la fin La solution elle est politique Donc il faut que ce gouvernement Arrête de faire la sourde oreille Arrête de balayer Toutes les propositions De l'opposition Pour faire en sorte Qu'on finance enfin Nos hôpitaux A la hauteur des besoins Que l'on a Et de faire en sorte Qu'il arrête Ces 49-3 à répétition Parce que précisément Les gens peut-être Ne le comprennent pas Mais quand le gouvernement Utilise un 49-3 Ça veut dire que Toutes les propositions Que vous faites Pour améliorer ce budget Elles sont balayées D'un revers de la main Donc à un moment Il faut qu'on puisse débattre De ces sujets On ne va pas laisser Nos hôpitaux comme ça Petit à petit Se détruire Comme l'ensemble De nos services publics La Macronie Met notre pays en danger Nos services publics Sont à l'arrêt Nos services publics Sont détruits en permanence C'est le cas des hôpitaux C'est le cas De notre système public D'éducation A un moment Il faut se ressaisir Là on ne peut pas Continuer comme ça
Le système public D'éducation Avec des professeurs Qui craquent Et qui craquent A la fois sous La pression Des manques de moyens Mais aussi sous la pression Des parents Et des élèves Qui contestent De plus en plus Le contenu des enseignements Il y a eu évidemment Le cas d'Issou Avec ces élèves Qui ont détourné Le regard Qui ont même Retourné leur chaise Pour ne pas voir Un tableau Un tableau français Du 17ème Sur lequel on voit Effectivement Des femmes dénudées Les parents Certains parents d'élèves Ont également contesté Et se sentant menacés Les professeurs Ont exercé Leur droit de retrait Que faire ?
Il faut faire de la pédagogie Il faut expliquer Il faut expliquer Ce qu'est notre conception De la laïcité Il faut expliquer Le fait qu'on doit Apprendre aux élèves A avoir un regard critique Voilà ce qu'il faut faire C'est des élèves C'est des enfants A qui il faut parler Avec qui il faut discuter Le problème que l'on a
C'est chez les parents
Aux parents aussi Il faut leur dire Que ce n'est pas acceptable De faire ça Mais ça, ça s'inscrit Dans un contexte Qui est un contexte De malheureusement Des menaces vis-à-vis D'enseignants Parfois pour le contenu Des cours Parfois avec des gens Qui rentrent dans les établissements Scolaires Et qui vont menacer Des enseignants Parfois comme ça a été le cas A Libourne en Gironde Avec des menaces racistes Contre une professeure Et un certain nombre d'élèves Tout ça n'est pas acceptable Donc il faut faire en sorte Que nos enseignants Puissent enseigner Enseigner dans des bonnes conditions Et qu'est-ce qu'ils disent Nos enseignants Ils disent Il faut davantage De moyens humains Il faut davantage De personnel d'éducation Il faut davantage De CPE Il faut davantage De psychologue scolaire Parce que sinon A la fin Effectivement Si vous ne mettez pas de l'humain Et bien à la fin Il y a des situations Qui dégénèrent
Et c'est le cas à Issou Puisque ça faisait effectivement Des mois qu'il dénonçait Les conditions Sauf que le moment Où ils se sont sentis Le plus menacés C'est cette question D'atteinte aux croyances J'entends bien Ça a été exprimé Quand vous voyez Ce sondage IFOP Qui dit que 75% Des français De religion musulmane En France Dissent que S'il y a un conflit Entre ce que dit La religion Sur la création du monde Et ce que dit la science Et bien c'est la religion Qui a raison Qu'est-ce que vous leur dites Qu'est-ce qu'on leur dit Quand on est prof Mais attendez
D'abord
Vous êtes un ancien prof Vous êtes mathématicien
Non je ne suis pas ancien prof Mais je suis mathématicien Et effectivement Donc la question des sciences La question du rapport aux sciences Il y a la question Des croyances personnelles Chacun peut croire Ce qu'il en vit Il y a la question Des lois de la république Et les lois de la république Ils s'imposent à tous
On peut croire Qu'est-ce que vous voulez faire Vous voulez interdire Est-ce qu'on peut croire Quand on est chrétien par exemple Que c'est Adam et Ève Les premiers hommes Et que c'est Dieu Qui a créé le jardin Le paradis
Le rôle de l'éducation C'est d'essayer De s'appuyer sur des faits Pour essayer d'enseigner Une théorie Qui est la théorie Qui est aujourd'hui Reconnue scientifique Scientifiquement De la constitution Du monde De l'émergence De la vie C'est ça le rôle Mais qu'est-ce que vous voulez faire Vous n'allez pas interdire aux gens De penser ce qu'ils ont envie de penser Même si vous pensez Que c'est une erreur Donc qu'est-ce que vous voulez faire D'autre que du dialogue De la pédagogie D'expliquer Pourquoi on pense aujourd'hui Que le monde S'est constitué comme tel Pourquoi on pense aujourd'hui Que la vie S'est construite comme tel Bon ça C'est l'histoire De l'éducation Pour lutter Contre parfois Certaines Certaines croyances Mais
Mais ça vous angoisse pas ? Vous scientifique ?
Bah moi en tout cas Je ne crois pas Ces théories Mais ça c'est ma conception personnelle Et la question n'est pas Si ça m'angoisse ou pas La question c'est Qu'est-ce qu'on apprend Non mais de savoir
Que 75% d'une partie De la population Préfère Préfère Ne pas croire
Je ne crois pas ça Et je crois que L'immense majorité Des gens dans ce pays Qui ont des croyances religieuses Ou n'en ont pas D'ailleurs Ont envie tout simplement De pouvoir pratiquer Leur religion Mais ont envie de le faire Dans le respect Des lois de la république C'est le cas de 99,99% Des gens Et donc je voudrais Qu'on fiche un peu la paix Aux gens avec leur religion Voilà ce que je voudrais Et qu'on nous fiche globalement La paix avec les religions En l'occurrence Oui mais moi aussi Je voudrais qu'on fiche la paix Aux profs Je crois que j'ai commencé par ça Mais je voudrais aussi Qu'on nous fiche la paix De manière globale Avec les religions Encore une fois Je pense que L'immense majorité Des françaises et des français Ils ont envie de vouloir Pratiquer leur religion tranquillement Dans le respect des lois de la république Et je voudrais qu'on évite D'essayer de transformer ce pays En permanence Dans des oppositions Entre telle et telle religion Parce que je pense que C'est pas bon pour notre pays Tout simplement
Manuel Bompard Coordinateur national De la France insoumise Député des Bouches du Rhône Merci d'être venu répondre C'est dommage
On n'a pas parlé d'inflation
On n'a pas parlé d'inflation
Je voulais dire Qu'il y a quelques semaines De ça à l'Assemblée nationale A six mois près On bloquait les prix Et je pense qu'on en aurait eu Bien besoin
Heureusement il se trouve Que l'inflation descend quand même Enfin on verra
Oui mais les profits Des grandes entreprises Ils continuent à bondir Et les prix ils continuent A augmenter Donc il faut faire quelque chose Et Bruno Le Maire Il ne fait rien Ça suffit
Manuel Bompard ne veut plus partir C'était intéressant comme sujet A plus tard
Manuel Bompard