Aux 13 millions de Français bénévoles : merci, vous êtes ceux qui font tenir notre République !
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- 3:38Chiffre
« La Croix-Rouge française, ce sont plus de 81000 bénévoles et plus de 1000 implantations locales. »
- 7:17Fait
« En 2021, la loi dite matrace a conforté notre modèle de sécurité civile en soutenant et valorisant l'engagement des sapeurs pompiers, notamment volontaire. »
- 7:35Fait
« En 2024, la loi dite bataillons a lever les freins à la vie associative en simplifiant l'accès à la formation via le compte d'engagement citoyen, en permettant le don de jour de repos monétisé et en ouvrant le messen de compétences. »
- 7:53Fait
« Dans les deux dernières lois de finance, la représentation nationale a amplifié son soutien fiscal en supprimant la taxe d'habitation sur les locaux associatifs et en doublant à 2000 € le plafond des dons éligibles à la réduction de 75 % y compris pour la Croix-Rouge. »
Temps de parole
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Bonjour à tous. Je suis très heureuse de vous accueillir à l'Assemblée nationale et très heureuse de vous accueillir dans cette salle Victor Hugo. C'est une salle qui est très importante pour moi parce que j'y ai vécu deux des plus grands moments de ma vie politique puisque c'est là qu'on réalise nos votes internes et nos primaires pour désigner nos candidats pour des fonctions importantes. Et c'est ici que je suis j'ai été désignée pour devenir présidente de la commission des lois. Et en 2022, c'est ici dans cette salle où j'ai été désignée pour être la candidate pour la présidence de l'Assemblée nationale et donc pour devenir la première femme qui présidait cette Assemblée nationale. Et donc cette salle
est très chère à mon cœur à l'Assemblée nationale et je vous souhaite vraiment la bienvenue. Alors mesdames et messieurs les parlementaires, monsieur le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, mesdames et messieurs les ambassadeurs et diplomate, madame la présidente de la Croix-Rouge française, monsieur le vice-président du Comité International de la Croix-Rouge, monsieur le président de la Croix-Rouge libanaise, monsieur le président de la Fédération nationale des sapeurs pompiers de France, mesdames et messieurs les représentants du mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge, mesdames et messieurs, les responsables associatifs, chercheurs et experts, mesdames et messieurs, en vos grades et qualités. Solferino,
voilà un nom propre que connaissent bien les familiers de l'Assemblée nationale. Avant d'arriver à l'Assemblée nationale, certains d'entre vous sont peut-être passés par la station de métro Solferino sur la ligne 12. Les connaisseurs de notre vie politique se souviennent aussi que la rue du même nom fut pendant très longtemps associée au siège d'un grand parti au point et à la rose. Mais pour vous qui faites vivre la Croix-Rouge, ce nom a évidemment une autre résonance. Solferino, c'est bien sûr le nom d'une bataille qui a donné naissance à la Croix-Rouge. Le 24 juin 185, nord de l'Italie. Les armées françaises et sardes affrontent l'armée
autrichienne. En quelques heures, près de 40000 hommes tombent. Au milieu du carnage se trouve un homme d'affaires jeune voix en résunant. Il voit les blessés abandonnés à leur sort, les services sanitaires absents ou débordés, des milliers d'hommes étendus sur le sol unis dans la souffrance. Alors Henri du Nanin agit à Castig Lion avec les habitants, il improvise les secours. Ce qui il soigne les Français, les Autrichiens, les Italiens sans aucune distinction. Les femmes de Caskiglion résument en quelques mots ce qui deviendra l'esprit, l'âme de la Croix- Rouge. Sono Toti fratellé, ils sont tous frères.
Troq ans plus tard, Dunan transforme son souvenir de Solferino en avenir humanitaire. De ses intuition naisse le futur comité international de la Croix-Rouge en 1863, la Croix-Rouge française en 1864, puis quelques mois plus tard la première convention de Genève. ans plus tard, votre champ d'action s'est élargi, mais l'intuition fondatrice demeure intacte. Préparer avant la crise, secourir pendant l'épreuve et relever après la tragédie. Aujourd'hui, la Croix-Rouge française, ce sont plus de 81000 bénévoles et plus de 1000 implantations locales. Ce sont des secouristes, des travailleurs
sociaux, des soignants, des volontaires déployés dans l'hexagone comme dans nos outres mères. Lorsqu'une inondation survient, lorsqu'un incendie se déclare, lorsqu'une catastrophe frappe, vous êtes là. Vous êtes là aussi au cœur de la nuit dans les maraudes auprès des personnes âgées, des familles précaires. Et c'est pour célébrer cette histoire, votre dénouement, votre action que j'ai tenu à vous accueillir ici au cœur de la démocratie parlementaire pour vous témoigner de la fidélité et de la reconnaissance de la représentation nationale. Alors mesdames et messieurs, en ce jour où vous célébrez votre anniversaire, je voudrais m'arrêter sur deux mots. Deux
mots qui résument notre défi collectif et l'esprit de ce colloque, la résilience et l'engagement. La résilience d'abord à quelques jours de la journée nationale qui lui est consacrée, j'emprunterai au neuropsychiatre Boris Culnick une image qui parle à la navigatrice que je suis. La résilience, écrit-il, c'est l'art de naviguer dans les torrents. Être résilient, ce n'est donc pas nier le torrent, c'est s'y préparer. C'est établir un plan d'action pour affronter la tempête. C'est savoir comment réagir pour prévoir l'imprévisible. Et cet enjeu est plus actuel que jamais. Alors que nous sortons d'un été caniculaire marqué par des mégafeux, alors que nos
sapeurs pompiers et de nombreuses associations comme la Croix-Rouge en sont sortis vidé et épuisé, nous devons mieux nous préparer ensemble. Et c'est le sens du projet de loi de modernisation et de programmation de la sécurité civile dont les premiers volets viennent d'être présentés. Ce texte devra traduire les conclusions du beau veau de la sécurité civile. Le parlement prendra évidemment toute sa part pour enrichir ce texte et faire en sorte qu'il réponde aux exigences et aux urgences que vous faites remonter depuis le terrain. Nous le devons à nos concitoyens comme nous le devons à ceux sans lesquels notre modèle s'effondrerait. Vous les hommes et les femmes qui s'engagent. car aucun
dispositif, aucune organisation, aucune loi ne peut remplacer l'engagement humain lorsque survient l'épreuve. Et cela m'amène naturellement à cette question de l'engagement. Boris Silnik nous le disait encore. Seul, il n'y a pas de résilience possible. Notre grande loi de modernisation de la sécurité civile de 2004 le proclamait déjà. La sécurité civile est l'affaire de tous et tout citoyen est concours par son comportement. Alors, lorsque survint la catastrophe, il faut toujours quelqu'un, quelqu'un qui ouvre un gymnase, qui monte dans une ambulance, qui part en mare. Quelqu'un qui à un moment donné décide simplement
de se dire "J'y vais, je vais prendre ma part." Voilà l'engagement. Et cet engagement, vous l'incarnez, vous le personnifiez à la Croix-Rouge. Henri du Nan lui-même a commencé par cet acte d'altruisme pur et quelques années plus tard, son initiative individuelle devenait le plus grand mouvement humanitaire mondial. Oui, voilà ce dont c'est capable une véritable société de l'engagement, une société dans laquelle chacun prend sa part au destin de la nation et donne son temps à autrui. Une société dans laquelle les citoyens eux-mêmes agissent, s'associent, invent, expérimentent et prennent soin les uns des autres. Une société où tout ne
descend pas d'en haut de l'État, des pouvoirs publics, de l'Assemblée nationale. Une société dans laquelle chacun se dit "Moi aussi, je peux agir à ma place." Cette société de l'engagement, les parlementaires l'ont renforcé ces dernières années à travers plusieurs lois. En 2021, la loi dite matrace a conforté notre modèle de sécurité civile en soutenant et valorisant l'engagement des sapeurs pompiers, notamment volontaire. En 2024, la loi dite bataillons a lever les freins à la vie associative en simplifiant l'accès à la formation via le compte d'engagement citoyen, en permettant le don de jour de repos monétisé et en ouvrant le messen de compétences. Enfin, dans les deux dernières lois de finance, la
représentation nationale a amplifié son soutien fiscal en supprimant la taxe d'habitation sur les locaux associatifs et en doublant à 2000 € le plafond des dons éligibles à la réduction de 75 % y compris pour la Croix-Rouge. Moi-même, je connais intimement la force de cette société de l'engagement. Avant de présider cette Assemblée nationale, avant même d'être élu député, j'étais bénévole. bénévole au resto du cœur. Alors, j'ai dirigé un centre d'accueil. Je sais ce que cela signifie. D'ouvrir la porte le matin, d'accueillir une personne qui a été abîmée par la vie, de l'écouter, de
tenter souvent avec peu de moyens de lui redonner confiance. C'est dans ces moments-là que l'on apprend combien les associations, leurs salariés, leurs bénévoles contribuent silencieusement mais si précieusement à faire tenir notre République. Vous êtes cette République. Nous sommes la République. Aujourd'hui, 13 millions de Français sont bénévoles. 13 millions. Le secteur associatif emploie 1,9 millions de salariés. Sa masse salariale représente 51 milliards d'euros. Derrière ces chiffres, il y a des vies sauvées, des destin réparés, des emplois
créés et des millions de liens humains tissés. Et c'est pourquoi j'ai été indigné récemment en lisant dans une certaine presse que les milliards d'euros alloués aux associations par l'État seraient des milliards engloutis. Quelle violence pour ceux qui donnent leur temps, leur énergie et parfois une partie de leur vie aux autres. Bien sûr, chaque eur d'argent public doit être voté, évalué, contrôlé. C'est l'une des missions constitutionnelles de l'Assemblée nationale. Mais posons-nous la question, que se passerait-il si demain si demain les associations disparaissaient ? Qui assurerait les
maraodes ? Qui accompagnerait les femmes ? victime de violence qui s'occuperait de nos enfants chaque weekend dans les clubs de foot, de tennis, de sport, de musique. Voilà pourquoi les associations, voilà pourquoi la Croix-Rouge, voilà pourquoi la loi de 1901 sur la liberté d'association sont un trésor républicain, un trésor que je chérirai et défendrai toujours à vos côtés. Et c'est aussi pour cela que depuis 2022, je tiens temps à ouvrir l'Assemblée nationale à la société civile et aux associations pour dialoguer avec vous, pour vous permettre de nous interpeller, parfois même de nous bousculer entre le terrain et la loi, entre l'associatif et le législatif, le mouvement doit être en
effet permanent et réciproque. Notre rencontre en est aujourd'hui une magnifique illustration. Parlementaires, diplomates, sapeur pompiers, bénévoles, humanitaires, chercheurs, entrepreneurs, vous voici tous réunis et c'est l'image de l'Assemblée nationale que j'aime. Une assemblée vivante, engagée, ouverte sur la société civile et attentive au tumulte du monde. Une assemblée de femmes et d'hommes qui ne sont pas toujours d'accord, mais qui savent aussi que lorsque l'épreuve survient, il faut faire bloc et il faut faire fraternité. C'est ce qu'écrivait aussi un ancien député qui a donné son nom à cette fameuse salle Victor Hugo et je le cite
pour conclure. Par l'union, vous vaincrez. Étouffez toutes les haines, éloignez tous les ressentiments. Soyez unis, vous serez invincible. Alors oui, les crises qui vont venir vont être brutales, imprévisibles, inédites, mais en vous voyant aujourd'hui, je sais qu'un ensemble nous serons invincibles.