Replay du Forum de l’Engagement 2026 - Allocution de Clôture du Ministre Mathieu Lefèvre.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00Invité politiqueFait
« On ne réussira pas le grand défi de ce siècle uniquement avec des crédits publics. »
- 5:29Invité politiqueChiffre
« le code de l'environnement a triplé de volume depuis le début des années 2000. »
Temps de parole
- Mathieu Lefèvre100 %
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Je dirais qu'il y a trois convictions qui ressortent très clairement de tous ces échanges de la journée. En tout cas, moi j'en retiens trois. C'est finalement que la transition, elle est déjà en marche mais elle est complexe et on a eu de nombreux témoignages qui montraient que elle se joue déjà dans les usines, dans les chaînes de valeur, dans les décisions d'investissement sur les discussions de de cette fin de journée. Elle est faite de compromis, d'ajustement et d'exigences et elle doit faire ses preuves. Je dirais que la deuxième conviction, c'est que la performance et le bas carbone convergent.
Je crois qu'également les témoignages aujourd'hui ont vraiment démontré que c'est la comp c'est que compétitivité, résilience et transition ne sont plus du tout opposé et que cela s'imbrique aujourd'hui dans cette équation économique. Et puis le dernier point que je retiens en transversal de tous les échanges de la journée, c'est que rien ne se fera seul. Je crois qu'on a bien tous compris que ni entreprise, ni secteur, ni acteur public ne peut agir isolément et que la transition est avant tout un projet collectif. Et sur ce, je cède la parole évidemment à monsieur le Fèvre euh ministre. Merci beaucoup madame pour ces ces ces quelques mots. Je vais y revenir.
Bon, d'abord monsieur le président Deniche, merci infiniment pour l'organisation de cette journée, pour votre accueil, pour avoir réuni autant d'acteurs économiques de premier plan. Merci à toutes les entreprises partenaires euh du forum. Moi, je suis très heureux d'être parmi vous aujourd'hui parce que je suis toujours très heureux d'être avec les acteurs économiques, avec celles et ceux qui créent de la richesse sur le territoire national et ailleurs. Et pour rebondir sur ce que vous avez dit madame, je partage à bien des titres. D'abord, la transition est en marche.
C'est évidemment une expression qui m'agrée tout particulièrement, mais si j'ose dire, on peut penser que la transition écologique, c'est une contrainte, c'est une verticalité, c'est une difficulté mais dans le fond c'est assez méconnaître la réalité du contexte économique actuel. D'abord parce que une grande partie des entreprises nationales fondent d'ors et déjà leur richesse, leur prospérité et leur relais de croissance sur la transition écologique. C'est le cas en matière d'industrie verte notamment puisque une usine sur deux qui ouvre sur le territoire y est fondée.
C'est le cas en matière d'emploi puisque les emplois y croissent deux fois plus vite que dans le reste de l'activité manufacturière. Et puis par ailleurs, c'est aussi une réalité internationale évidente. La Chine n'a pas attendu nos discours sur la transition écologique pour bien comprendre que la décarbonation est un levier évident de compétitivité et qu'il y a là des gisements de croissance pour les années actuelles mais aussi évidemment pour les années à venir. On pourrait dire la même chose des États-Unis d'Amérique qui avant le président Trump avait mis évidemment le paquet sur le grand plan IRA. Donc la transition écologique c'est d'ors et déjà une réalité industrielle.
C'est d'ors et déjà une réalité économique et tous ceux qui opposent écologie et économie font mine d'oublier cette cette réalité. Alors, pour que la transition écologique continue à être un vecteur de développement et de et de croissance et de la décarbonation en son sein, il faut je crois réunir plusieurs conditions. D'abord, et vous l'avez dit également, tout cela n'est pas uniquement l'enjeu de l'État. On ne réussira pas le grand défi de ce siècle uniquement avec des crédits publics. On ne le réussira pas uniquement verticalement, administrativement. Et c'est la raison pour laquelle ces défis-là sont évidemment des défis partenariaux.
Mais pour réussir, il faut d'abord continuer à mener une politique publique et nous l'assumons qui est pro business, c'est-à-dire qui est orienté vers les entreprises privées, orienté vers les porteurs de projet, qui fait confiance à l'innovation comme vecteur de solution pour répondre au grand défis du dérèglement climatique. On a dans notre pays des milliers quelques milliers de start-up de Greentech qui sont absolument formidables que nous devons continuer à aider à développer. On a un écosystème de recherche et de développement à l'appui d'une offre de formation qui est évidemment une offre de formation d'excellence que nous devons impérativement continuer à préserver.
Et vous avez vu que le gouvernement y a fait droit non obstant les difficultés politiques que nous auquelles nous avons pu faire face dans le précédent projet de budget. Donc premièrement, continuer à rester pro business, à favoriser l'investissement sur le territoire national, la recherche et le développement pour innover, trouver des solutions et aider nos PME, nos TPE à passer à l'échelle dans ce domaine. Deuxièmement, continuer à simplifier simplifier les démarches administratives des entreprises. Je le dis d'autant plus librement que le code de l'environnement a triplé de volume depuis le début des années 2000.
Et à tous mes interlocuteurs qui m'accusent ou qui accusent le gouvernement de détricotage, de dérégulation, je leur dis que je suis convaincu d'une chose d'abord, c'est que il est absurde d'avoir parfois certains projets environnementaux bénéficent pour la au bénéfice de la transition énergétique du pays qui se retrouve bloqué par le droit de l'environnement. C'est quelque chose que personne ne comprend et que moi-même je ne comprends pas. Ensuite, dans un pays qui est qui a connu un tel empilement de normes, moi je suis convaincu qu'on peut faire plus vite, plus simple, plus lisible, plus efficace sans rien renier de nos standards environnementaux.
Je prendrai quelques exemples sur le recours contentieux en matière de droit de l'environnement. Nous avons supprimé euh le double degré de juridiction, ce qui va nous permettre de gagner euh quelques mois, 1 an peut-être en la matière et nous avons donné aux porteurs de projet la possibilité dester en justice contre des porteurs de recours abusifs, parfois des gens qui n'habitent absolument pas sur les lieux d'implantation des entreprises. Il me semble que là nous faisons montre de simplification sans rien renier nos exigences environnementales.
En matière de compensation écologique, il est évidemment parfois très difficile pour une entreprise que de trouver une compensation immédiate à disposition en continuité géographique avec son propre projet. Et bien, nous disons deux choses, trois choses. D'abord, la compensation peut avoir lieu une fois que le permis a été adopté, accordé. Nous disons également qu'il peut y avoir une compensation le cas échéant financière. Il y a des mécanismes qui existent avec CDC biodiversité, avec la banque des territoires qui ne représentent aucune perte nette de biodiversité et qui permettent aux entreprises de s'installer.
Ensuite et simplification également en matière de participation du public et d'autorisation environnementale au sens large. Avec la loi industrie verte, on a parallélisé procédure comme on dit. Ça nous a permis de gagner 8 à 9 mois et de revenir dans les standards environnementaux européens en la matière. On nous disait auparavant que c'était impossible, qu'on allait contrevenir au droits de l'environnement, qu'on allait contrevenir à nos exigences environnementales. Il n'en a rien été. On peut faire tout aussi bien, plus vite, plus rapide et plus efficace.
et je suis même convaincu qu'on peut aller plus loin encore en harmonisant notamment les pratiques des différentes des différents service déconcentré de l'État. Nous avons le débat également s'agissant des missions relatives à l'autorité environnementale.
Moi, je suis intimement convaincu que on peut faire tout aussi bien, mais en étant un peu plus précautionneux des entreprises privées en leur disant qu'on traitera l'implantation d'un data center de la même manière en Gironde que dans le nord Pas de Calais, pour prendre des exemples qui n'ont rien à voir avec des implantations, en disant qu'on peut avoir la même doctrine sur le photovoltaïque d'une région à une autre et en disant enfin qu'on peut et qu'on doit avoir une approche proportionnée de l'évaluation environnementale au sens large, s'agissant des porteurs de projet. Dernier exemple, la question des espèces protégées, des dérogations d'espèces protégées.
Ce sont des choses des irritants qui reviennent fréquemment. Euh d'abord, nous avons dit que nous allons allonger la durée de vie, si j'ose dire, des inventaires 4 saisons qui permettent de passer de 4 ans à 5 ans. Et ensuite, nous faisons nous menons tout un travail conformément d'ailleurs au droits européens pour essayer de simplifier, d'apporter de la lisibilité pour les porteurs de projet en disant par exemple qu'il faut apporter une intention très importante évidemment quand il y a un enjeu de préservation d'une espèce au sens large, mais peut-être pas ou en tout cas peut-être moins quand il y a certains individus uniquement qui sont en danger à raison de l'implantation d'un projet.
mesures de bon sens. Donc et mesure de bon sens également s'agissant de la démarche d'aller vert. On a une culture administrative qui est une culture administrative d'excellence mais on voit aussi que quand le président de la République demande un point d'étape, un poids d'impact sur l'ensemble des 152 projets cathédrales du pays, la culture administrative se tourne naturellement plus vers une logique de résultat. que vers une logique de procédure.
Et donc moi je souhaite et je l'ai demandé à l'administration dont j'ai la responsabilité sous l'autorité de Monique Barbu d'aller vers les porteurs de projet en permanence pour essayer d'avoir une démarche proactive susceptible de résoudre ce qui peut être résolu avant l'ouverture si j'ose dire des démarches administratives à proprement parler. Mais ça ça me paraît être absolument absolument essentiel.
simplifier, continuer à être pro business, à avoir un regard favorable sur le monde de l'entreprise, défendre la recherche et l'innovation française, passer à l'échelle également avec notamment l'ensemble des start-ups, je pense notamment à celle de la Greentech et puis continuer à avoir un regard favorable sur l'industrialisation du pays. C'est pour ma part ce que j'essaie de faire notamment en matière d'économie circulaire.
Considérant qu'il y a là un gisement formidable de compétitivité, d'emploi et de bonnes nouvelles pour le pouvoir d'achat des Français si on se dit que les crédits publics peuvent être orientés pour aider à l'investissement ou au fonctionnement à développer une industrie nationale de recyclage, que ce soit en matière plastique, en matière textile ou bien évidemment dans l'ensemble des filières afférentes. à l'économie circulaire. Mais si on arrive à passer à l'échelle sur le recyclage, on sera plus souverain, plus généreux en emploi, si j'ose dire, en tout cas, plus prolifique en emploi, pardonnez-moi, et nous serons parvenus à créer un véritable levier de compétitivité.
Et puis il y a aussi le discours global que l'on doit et que l'on peut porter collectivement. Il y a euh 9 ans, quand le président de la République s'emparait des enjeux de filière industrielle de batterie, certains rient. On vendait 1,7 % des véhicules neufs étaient des véhicules électriques. Aujourd'hui, c'est 20 %. Moi, je crois profondément que l'État ne fera pas à la place des agents économiques, mais l'État peut aider à structurer des filières économique. Il peut aider à réimporter des chaînes de valeur sur le territoire national en s'organisant évidemment avec les acteurs économiques et en planifiant. Mais ça ça suppose de ne pas changer de cap et c'est la faiblesse.
J'ai la faiblesse de croire que c'est ce que nous avons fait depuis 2017 avec une conviction simple qui est que il y a trois éléments d'une chaîne qui sont absolument indissociables. Compétitivité, attention portée au climat et à la biodiversité et souveraineté. Il y a pas de souveraineté si on ne porte pas d'attention au climat et à la biodiversité. Il y a pas de compétitivité sans ressources. Il y a pas de compétitivité qui détruisent durablement la planète. Et réciproquement, il y a pas d'attention portée au climat au sens large, atténuation ou adaptation ou à la biodiversité s'il n'y a pas une attention soutenue portée au monde de l'entreprise.
Donc mon message en conclusion de cette journée modestement parce que c'est toujours difficile de ramasser des propos que l'on n pas entendu, c'est que nous avons besoin des initiatives privées, nous avons besoin des entreprises que vous représentez, nous continuerons à tout faire pour vous aider à vous implanter, à croître et moi, je suis intimement convaincu que l'écologie est un ressort pour notre compétitivité et notre croissance collective pour les mois et les années à venir. Mais je veux dire, il y a le discours politique et il y a la réalité, les actes de ce que sont d'ors et déjà vos chaînes de valeur.
Vous l'avez dit madame, chaînes de valeur sont d'ors et déjà en marche et en mouvement. Donc continuons à vous soutenir, continuons à faire de notre pays un pays attractif pour l'investissement. Nous allons y arriver et je suis convaincu que grâce à cela, notre pays restera plus résilient, plus souverain et plus prospère. Merci à toutes et à tous pour cette journée de travaux. Merci beaucoup.
Mathieu Lefèvre