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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 31 octobre 2024 25 min

Réforme des retraites, motion de censure, niche parlementaire... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Philippe Tanguy

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Jean-Philippe Tanguy, un deuil national débute ce matin en Espagne pour 72 heures après les pluies diluviennes, les inondations dévastatrices d'hier. Quand on voit ces images, mais quand on voit aussi les images des inondations en France, en Ardèche la semaine dernière, est-ce que ce sont des phénomènes auxquels il va falloir s'habituer d'après vous ?

0:27
Jean-Philippe Tanguy

S'habituer, je ne sais pas, en tout cas s'adapter et organiser nos sociétés pour éviter que les conséquences humaines et matérielles soient aussi catastrophiques et tragiques. Bien sûr, il y a un travail monumental à faire. Nous avons du retard dans l'acclimatation, la protection contre les puits diluviennes et les inondations et nous devons nous adapter au réchauffement climatique et ses conséquences évidemment. C'est un défi monumental qui va nécessiter des dizaines de milliards d'euros d'investissement.

0:57
Présentateur

Le plan d'adaptation du gouvernement, quel regard vous portez dessus ? Il a été présenté la semaine dernière par Michel Barnier.

1:02
Jean-Philippe Tanguy

Écoutez, avec le budget, je ne vais pas vous mentir, je ne vais pas regarder les détails. Nous, dans le bon sens, on soutiendra. C'est quoi la vision de l'adaptation pour le Rassemblement National ? Déjà, dans la gestion de l'eau, nous avons un retard monumental. Et quand je vois que nous avons notamment du retard sur l'Espagne et que l'Espagne a vécu cette tragédie, on pense au peuple espagnol et aux victimes, je suis effectivement très inquiet sur les conséquences que ça pourrait avoir sur notre pays puisque l'Espagne avait quand même en Europe pris certaines mesures sur la gestion de l'eau. Vous pensez à quoi ? C'était des plans généraux.

L'Espagne, vous savez, subit souvent des épisodes de sécheresse. Vous pensez aux bassines par exemple ? Oui, par exemple, mais ça a des conséquences. C'est-à-dire que la bassine elle-même ne suffit pas. C'est en général une gestion de la pénurie d'eau et par conséquence aussi, comme il y a des pénuries, quand vous avez une inondation de par la nature des sols, de par la nature de l'organisation des villes et notamment de l'agriculture, les effets extrêmes peuvent avoir des conséquences encore plus dures puisque la terre ne peut ne pas être habituée à absorber autant d'eau.

2:06
Locuteur non identifié

Mais là précisément, on n'est pas dans des problèmes de pénurie. On est effectivement dans le... Alors c'est là où le dérèglement climatique est complexe parce qu'on a à la fois la pénurie, la pénurie, les canicules et l'excédent d'eau.

2:17
Jean-Philippe Tanguy

Oui, ça rend les inondations encore plus violentes.

2:18
Locuteur non identifié

Et ça, ça pose la question de l'organisation, de l'artificialisation des sols sur lesquels le RN freine.

2:22
Jean-Philippe Tanguy

A beaucoup freiné. Non, vous savez, je veux bien que le Rassemblement national soit le bouc émissaire. Non, non, mais soyons concrets. Oui, mais concrètement, c'est pas nous qui avons... C'est une proposition de Jordan Bardella pendant les élections législatives. Il y a deux choses différentes. Il y a d'un côté la politique qui a été menée depuis un demi-siècle d'artificialisation des sols, de non-préparation au réchauffement climatique, de non-gestion de l'eau en France, puisqu'on gère seulement à peu près 1% des eaux qui tombent sur le sol national. C'est pas la faute du Rassemblement national.

2:50
Locuteur non identifié

Et le RN n'était pas en soutien, ou le FN à l'époque n'était pas en soutien de ces politiques, si on est honnête ?

2:56
Jean-Philippe Tanguy

En soutien de quelle politique ?

2:58
Locuteur non identifié

D'une lutte contre le réchauffement climatique, avant même de parler d'adaptation.

3:02
Jean-Philippe Tanguy

On n'a jamais été en faveur de la disparition d'un département sous l'artificialisation pendant trois décennies. Le fait d'être contre après la ZAN, c'est-à-dire la loi... Oui, expliquez-nous, on a besoin de comprendre. C'est pas la même chose, puisque ce sont des mauvaises...

3:14
Locuteur non identifié

Zéro artificialisation nette.

3:15
Jean-Philippe Tanguy

Exactement, zéro artificialisation nette. Ce sont des mauvaises dispositions, puisqu'en fait, cela punit les territoires qui se sont bien comportés, qui n'ont pas particulièrement artificialisé, et ça ne met pas en priorité un travail sur les friches, sur les lieux à désartificialiser. Pardon, c'est un peu compliqué à prononcer. Et ça ne propose de mauvaises solutions.

3:34
Présentateur

Donc c'est ça que vous feriez. Vous reviendriez... C'est pour bien comprendre. Vous reviendriez sur ce zéro artificialisation nette. Vous permettriez davantage de construction, mais en désartificialisant peut-être un certain nombre de friches.

3:47
Jean-Philippe Tanguy

Exactement. On ne veut pas, par exemple, pénaliser les petites communes rurales qui ne sont pas responsables de ces phénomènes. Mais quand vous voyez, par exemple, que la construction des éoliennes, pas seulement les éoliennes elles-mêmes, mais les chemins qui y mènent, les installations qui y mènent, dans la Somme, ne sont pas comptés comme des espaces d'artificialisation, et qu'on préfère multiplier les éoliennes dans la Somme, mais empêcher les villages de pouvoir construire des habitations pour relever le défi démographique. Donc c'est un détricotage, quand même, Jean-Pierre.

4:12
Locuteur non identifié

Oui, vous préférez désartificialiser avec tous les coups qui s'accompagnent,

4:16
Jean-Philippe Tanguy

plutôt qu'à arrêter les dégâts. Vous avez soulevé le vrai problème. La facilité a été prise d'empêcher les petites communes de se développer, plutôt que de s'attaquer aux responsabilités d'un certain nombre de multinationales qui ont beaucoup artificialisé les sols, qui ont délocalisé et qui n'ont pas géré leurs friches. Je peux vous citer des dizaines d'exemples dans ma circonscription, où vous avez malheureusement des usines qui ont fermé, et 10, 20, 30 ans après, les friches industrielles sont toujours là et laissées à la collectivité. Et là, il n'y a rien qui est prévu pour forcer des gens qui ont souvent encore du capital en force et des moyens à assumer leurs responsabilités.

4:49
Locuteur non identifié

Dans la niche parlementaire du jour, qui est la vôtre du Rassemblement National, au-delà des retraites dont on va parler dans un instant, l'une de cette proposition de loi concerne les passoires thermiques. Elle vise à revenir sur l'obligation de travaux avant de relouer les logements classés G à partir du 1er janvier. Vous faites le lien avec l'Espagne, là, ou pas du tout ?

5:07
Jean-Philippe Tanguy

Non.

5:07
Locuteur non identifié

Vous ne faites pas le lien ? Non. Vous ne faites pas le lien entre le fait qu'un logement A émet à 70 kWh par mètre carré et un logement G, plus de 420 kWh par mètre carré ?

5:16
Jean-Philippe Tanguy

Non, madame, parce que l'enfer est pavé de bonnes intentions. Les dispositions qu'ont reprise avec le DPE, déjà techniquement, souvent elles sont fausses. Par exemple, quand je vous dis que l'enfer est pavé de bonnes intentions, ce genre de mesures a surévalué l'empreinte du système électrique français pour favoriser le chauffage au gaz avec la réglementation thermique de 2012. Donc, résultat, artificiellement, on a empêché les gens d'installer des pompes à chaleur et des chauffages électriques parce qu'on a doublé la pénalité en comptant mal et volontairement l'empreinte carbone très faible du système électrique français et ça a favorisé l'installation des chaudières à gaz, par exemple.

Donc, le DPE lui-même est faux techniquement. Donc, ça conduit à de mauvaises politiques et à des erreurs. Par ailleurs, le problème, c'est qu'aujourd'hui, comme il n'y a pas les financements en face, ça empêche les gens de louer. Donc, vous amplifiez la crise du logement et vous ne créez pas de dynamique positive pour faire la transition énergétique. Le problème de la transition énergétique du parc immobilier français, c'est l'accès au financement. Ça n'est pas traité. Et c'est la formation d'artisans compétents qui sont capables de faire les chantiers. Cela n'est pas traité non plus.

6:19
Locuteur non identifié

La critique du DPE...

6:20
Jean-Philippe Tanguy

À la fin, on arrive avec des logements qui sont censés être rénovés dont l'efficacité énergétique est en fait très peu améliorée. Donc, voilà, ce sont 20 ans de politique. On fait de l'affichage, on fait de la communication et quand on fait des remarques techniques, on se fait traiter de climato-sceptique, de je ne sais pas quoi. Alors, vous pouvez contester et ça vous appartient. On veut de l'efficacité.

6:40
Locuteur non identifié

Ça vous appartient le diagnostic de permanence énergétique dont vous allez dire qu'il n'est pas fiable. Ça vous appartient. Mais est-ce que vous êtes d'accord sur le constat global qui est que ce n'est pas, comme certains le disent au RN, des préoccupations de bobos, ces passoires thermiques, c'est les plus modestes qui les habitent. Et donc, ça coûte très cher en chauffage.

6:58
Jean-Philippe Tanguy

Mais vous avez parfaitement raison. Par exemple, ça fait 15 ans que je dénonce la gabegie financière du subvention aux énergies intermittentes. Avec le même argent, on aurait pu remplacer... Mais votre niche parlementaire dit contraire. Avec le même argent, on aurait pu remplacer toutes les chaudières à fioul de France pour faire des pompes à chaleur électriques propres. Donc, il faut se méfier des bonnes intentions, des gens qui se prétendent des héros et qui ne font pas attention à la technique. L'écologie, c'est de la science. Ce n'est pas de la magie. Alors justement,

7:25
Présentateur

mais quand on entend votre vision de l'écologie, il n'y a pas de jugement, mais est-ce que vous diriez que la lutte contre le dérèglement climatique, contre le réchauffement climatique, c'est une priorité du Rassemblement national ? Mais bien sûr que c'est une priorité. Parce qu'il y a des propos aussi, des experts du climat qui ont parfois tendance à exagérer. C'est votre collègue Thomas Ménager qui a dit ça cet été.

7:44
Jean-Philippe Tanguy

Thomas Ménager est sur ses antennes parce qu'il intervient souvent à expliquer dix fois sa position. Vous ne voulez pas entendre qu'on peut lutter contre le réchauffement climatique, on peut considérer que le GIEC est l'instance de référence tout en contestant...

7:58
Locuteur non identifié

Pour vous, c'est l'instance de référence. Ce n'est pas évident pour tout le monde, ORN.

8:02
Jean-Philippe Tanguy

Bien sûr que si, c'est évident pour tout le monde. C'est juste que Thomas Ménager, comme moi d'ailleurs, contestons le fait que c'est parce que des gens qui appartiennent au GIEC ont appris un engagement politique et ils abusent de leur appartenance au GIEC.

8:12
Locuteur non identifié

Là aussi, ce sont des scientifiques. C'est plusieurs milliers de scientifiques

8:15
Jean-Philippe Tanguy

qui travaillent sur le sujet. Je suis tout à fait d'accord avec vous. Mais ce n'est pas parce que vous êtes scientifique et compétent dans un domaine que vous avez le droit d'être conseiller de M. Hamon et d'avoir un avis sur tout. Et quand vous avez un avis qui n'est pas lié au GIEC, utilisez le GIEC pour faire autorité. C'est ça qu'on le dénonçait. C'est des gens qui utilisent le GIEC pour avoir des opinions politiques qui n'ont rien à voir avec le GIEC. Et après, ça décrédibilise le GIEC. Donc, en fait, on défendait le GIEC et on se retrouve en accusation.

8:38
Présentateur

Si vous deviez faire un classement de vos priorités, Jean-Philippe Tanguy, la lutte contre le dérèglement climatique au Rassemblement National, elle arrive en quelle position ?

8:45
Jean-Philippe Tanguy

Mais elle arrive de fait en premier puisque, par exemple, la réindustrialisation est liée à la dépollution. 50% de l'empreinte carrément... C'est pas l'immigration, la première... Vous ne pouvez pas lutter contre l'immigration si vous ne luttez pas contre le réchauffement climatique puisqu'évidemment, il y aura des phénomènes extrêmes qui vont pousser des gens à quitter leur famille et leur pays. La réindustrialisation, 50% de l'empreinte carbone de la France est due aux importations.

Ça n'est jamais traité depuis 40 ans puisque notre déficit commercial ne fait que se dégrader et quand le déficit commercial de la France se dégrade, la pollution causée par les importations françaises augmente. Donc, moi, je veux bien que le débat politique soit centré, par exemple, sur le diesel de la petite mamie qui représente 2% des émissions de gaz à effet de serre une fois qu'on prend les importations en compte et on ne s'occupe jamais, en dehors du Rassemblement National, et il faut reconnaître certaines forces de gauche, du déficit commercial. C'est 50% des émissions. Donc, tant pis pour les voitures. Le diesel de la petite mamie,

9:42
Locuteur non identifié

comme vous dites, c'est beaucoup de diesel et c'est surtout beaucoup de voitures thermiques.

9:46
Jean-Philippe Tanguy

Mais ce n'est pas tant pis, madame.

9:48
Locuteur non identifié

Et vous rejetez le durcissement du mal.

9:49
Jean-Philippe Tanguy

La technologie, c'est de la science. La planification, c'est de la science. Donc, il faut voir les priorités. Si vous considérez que c'est normal de s'occuper que du nucléaire dans le débat politique français qui est propre, de s'occuper que du diesel qui représente 2% et de ne jamais s'occuper des 50% des émissions de gaz à effet de serre qui sont liées aux importations, je pense qu'on a un problème de priorité politique dans notre pays. Au Rassemblement National, on met les priorités

10:09
Présentateur

dans le bon ordre. Jean-Philippe Tanguy, ça fait des semaines que vous vous préparez à cette niche parlementaire du Rassemblement National avec, c'était un petit peu en tête de gondole, la proposition de loi d'abrogation de la réforme des retraites. Sauf que, eh bien, c'est irrecevable financièrement, dit la présidente de l'Assemblée, Gaëlle Braun-Pivet. Alors, c'est le fameux article 40. Enfin bon, pas rentré dans le détail. Mais qu'est-ce qui s'est passé ? C'est de l'impréparation ? Non, pas du tout.

10:36
Jean-Philippe Tanguy

C'est le sabotage de la gauche unie aux macronistes en commission des affaires sociales qui ont effacé, annulé les deux articles principaux de ce projet de proposition de loi. La retraite à 62 ans a par un seul député communiste, toute la gauche, a voté pour la supprimer et les 42 annuités, c'est-à-dire annuler la réforme touraine de François Hollande qui siège aujourd'hui dans le nouveau Front populaire, ils ont aussi voté pour l'annuler. Résultat, pour rétablir ces deux articles en séance aujourd'hui, il fallait passer par l'autorisation de Mme Braun-Pivet et Mme Braun-Pivet, clé de voûte du parti unique de la gauche et du centre, n'a pas permis la réintroduction de ces articles.

Vous dites sabotage ? C'est de la technique, mais c'est du sabotage.

11:16
Locuteur non identifié

Vous dites sabotage, on va essayer d'être un peu technique, mais compréhensible. Mardi soir, vous avez aussi, vous, rejeté avec les macronistes et les républicains l'amendement de la gauche, précisément pour tenter de financer, de compenser le manque à gagner pour les finances publiques sur cette abrogation des retraites. Ils avaient imaginé une surcotisation sur les revenus au-delà d'un certain seuil. Où est la cohérence ?

11:34
Jean-Philippe Tanguy

La cohérence, c'est que ce n'est pas que vous mettez dans votre exposé des motifs qu'une disposition va abroger la réforme des retraites pour faire de la com et pour faire des petites capsules vidéo 48 heures.

11:46
Locuteur non identifié

Votre objectif, c'est à tous, c'est d'abroger cette loi.

11:49
Jean-Philippe Tanguy

Mais pour abroger la loi, il ne faut pas le mettre dans un exposé des motifs. Il faut dispositions qui le permettent. Or, les amendements dont vous parlez, malgré toute la communication du NFP, n'est pas un amendement d'abrogation de la réforme des retraites. M. Coquerel, président de la commission des finances...

12:02
Locuteur non identifié

C'était un outil pour, manifestement.

12:04
Jean-Philippe Tanguy

dans la communication de la gauche. M. Coquerel, président de la commission des finances, a le matin même reconnu en commission des finances que ce n'était pas un amendement pour abroger la réforme des retraites. Et c'est d'ailleurs pourquoi le NFP proposera l'abrogation des retraites dans sa propre niche fin novembre. Et nous, on le soutiendra. Vous allez la voter, celle-ci. Oui, parce que nous, ce qui compte, c'est que les gens puissent vivre de leur travail et puissent partir au terme d'une vie de travail avant d'être abîmés par des conditions de travail qui sont de plus en plus difficiles dans certains métiers.

12:33
Présentateur

Vous restez avec nous, Jean-Philippe Tanguy. On se retrouve dans une minute. D'abord, le fil info. Maureen Suignard, ne voir moins le quart.

12:40
Invité

Les habitants de la région de Valence encore sous le choc. Ils décrivent une sorte de tsunami. Au moins 95 morts hier dans la zone. Après des pluies torrentielles, les opérations de recherche se poursuivent puisque de nombreuses personnes sont encore portées à disparu. L'urgence météo n'est pas encore terminée, prévient l'agence météo espagnole. Des tempêtes intenses continuent de balayer une partie de l'Espagne. Bernard Palot, 78 ans, vient d'être acquitté pour l'assassinat de son épouse Suzanne, malade. Il dit l'avoir tué pour abréger ses souffrances. Une nouvelle loi éviterait de nombreuses situations comme celle-là, dit sur France Info le député Olivier Falorni.

À l'origine d'une proposition de loi sur la fin de vie, il demande au gouvernement de mettre son texte à l'agenda pour qu'il puisse être voté rapidement. La Maison Blanche dénonce une violation flagrante des résolutions de l'ONU. la Corée du Nord dit avoir mené ce matin un test crucial de missiles balistiques pour renforcer sa dissuasion nucléaire. Les Français égalent leur record de 2009 au Masters 1000 de Paris-Bercy. Cinq Français sont en huitième de finale du tournoi de tennis. Le match vedette de la journée, c'est celui qui va opposer le numéro un français Hugo Imbert à l'espagnol Carlos Alcaraz. France Info

13:51
Présentateur

Le 8.30 France Info Bérangère Bonte Adrien Bec

13:56
Locuteur non identifié

Ce matin, Jean-Philippe Tanguy député Rassemblement National de la Somme qui nous expliquait pourquoi vous n'aviez pas voté cette surcotisation sur les hauts revenus mardi mais vous n'avez pas non plus voté l'augmentation de la flat tax. Vous avez voté contre la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises et ça pose plus fondamentalement une question sur la coexistence finalement de deux RN sur les sujets économiques et c'est flagrant sur les trois semaines écoulées.

L'un libéral pro-business pour faire simple façon Jordan Bardella et on l'a entendu dans le programme des entreprises présentées à la rentrée parlementaire et puis l'autre que vous incarnez plus social pour abroger la réforme des retraites notamment. Le RN c'est le libéral ou c'est le social ? C'est la politique de l'offre ou c'est la politique de la demande ?

14:42
Jean-Philippe Tanguy

Il y a un seul RN et d'ailleurs c'est assez amusant votre présentation parce que le programme économique libéral dont vous parlez et que vous dites c'est moi qui l'ai présenté pour le RN j'en ai écrit une partie importante comme en 2022 et les arbitrages sont rendus par Marine et Jordan Bardella. Ce programme

14:58
Locuteur non identifié

c'était 100 milliards d'allègements de charges pour les entreprises on est très très loin de...

15:03
Jean-Philippe Tanguy

Quel 100 milliards d'allègements de charges ?

15:05
Locuteur non identifié

Le programme qui a été présenté au début septembre au moment de votre rentrée parlementaire c'est ça ? Vous le regarderez pour le regarder ensemble Je l'ai écrit si vous voulez donc Bah oui mais moi je l'ai lu en l'occurrence 100 milliards d'allègements de charges En tout bien sûr ?

15:21
Jean-Philippe Tanguy

Le programme global

15:23
Locuteur non identifié

du RN

15:24
Jean-Philippe Tanguy

Je découvre qu'il y a 100 milliards d'allègements de charges dans le programme du Rassemblement National

15:28
Locuteur non identifié

Il n'y a pas l'idée d'alléger les charges très sensiblement ?

15:32
Présentateur

Non Alors c'est combien si ce n'est pas 100 milliards Jean-Philippe Tanguy ? Il n'y a pas d'allègements de charges ? Non, il n'y a pas d'allègements de charges dans le programme du Rassemblement National

15:38
Jean-Philippe Tanguy

On ne parle pas du budget

15:39
Locuteur non identifié

on parle du programme global du RN présenté au moment de la rentrée parlementaire Il n'y a pas d'allègements de charges dans le programme du Rassemblement National Il y a toute une série de cotisations Je vous le montrerai si vous voulez avec plaisir

15:48
Jean-Philippe Tanguy

Il y a des impôts de production Il y a des allègements d'impôts de production suppression de la CFE pour à peu près 6 milliards d'euros par an Toutes sortes de cotisations

15:56
Locuteur non identifié

de taxes de charges

15:57
Jean-Philippe Tanguy

Pour les entreprises qui sont relocalisées Oui, ce sont les impôts de production mais il n'y a pas d'allègements de charges c'est-à-dire de cotisations salariales Globalement

16:05
Locuteur non identifié

on est dans une logique qui vise à favoriser l'entreprise Très bien Oui, nous sommes dans la logique

16:11
Jean-Philippe Tanguy

de réindustrialisation de réimplantation d'entreprises dans d'autres pays de relance de la prospérité de l'innovation d'arriver par exemple à 3% de recherche dans le PIB français Oui, nous sommes dans une politique de création de richesses création de richesses qui permet de partager cette richesse de manière juste Mais sincèrement Il n'y a pas au RN le commentaire de pouvoir dire toujours qu'il y a deux RN avant c'était le RN du Sud et puis le RN du Nord c'était Marion et Marine Il n'y a pas de tournant libéral au Rassemblement National Mais non ça fait 20 ans que vous annoncez un tournant libéral au Rassemblement National parce qu'en fait un certain nombre de personnes n'acceptent pas que le Rassemblement National ait réussi à sortir de l'opposition stérile entre les chefs d'entreprise et les salariés et que nous on arrive à défendre et on arrive à avoir électoralement à la fois les salariés les ouvriers les employés et les chefs d'entreprise qui votent majoritairement pour le Rassemblement National parce que leur intérêt est le même créer de la richesse en France pour avoir de bons salaires pour financer une belle retraite pour financer des services publics ça implique de se débarrasser d'une bureaucratie de 4 points de PIB qui sont perdus dans des normes inutiles et stériles ça c'est peut-être du bon libéralisme mais c'était aussi la politique du général de Gaulle ça n'empêche pas la justice sociale ça n'empêche pas des services publics puissants que l'état soit là où il doit être que les entreprises puissent travailler ça c'est le programme du Rassemblement National et je n'ai aucune différence avec Jordan Bardella là-dessus

17:38
Présentateur

En tout cas Jean-Philippe Tanguy vous avez dit que vous alliez voter contre le budget présenté par le gouvernement j'ai un petit peu de mal à comprendre vous allez voter contre mais est-ce que s'il n'y a pas de vote vous allez le censurer le gouvernement parce que c'est quand même ça qui se joue il ne s'agit pas tant de dire si on vote contre ou pas

17:55
Jean-Philippe Tanguy

Oui vous avez raison vous avez raison de dire que le vote contre en lui-même ne mène à rien si on ne se pose pas la question de la censure donc Jordan Bardella a été très clair lundi matin du fait du sectarisme du gouvernement qui négocie avec personne ni avec la gauche ni avec nous du fait de très mauvaises politiques qui sont prises taxation des classes moyennes avec l'électricité hausse du coût du travail avec la baisse pour le coup des charges salariales et patronales sur les petits salaires sans qu'on ait d'études d'impact pour prouver si on peut le faire aussi vite ou pas aujourd'hui il y a un chemin malheureusement vers une motion de censure si ce gouvernement ne réagit pas cesse aussi de saboter le processus démocratique qui est le budget en faisant semblant de ne pas être là donc vous n'excluz plus la censure maintenant sur le budget la ligne Nadin

18:41
Locuteur non identifié

quels sont les points sur lesquels vous serez vigilants les lignes rouges comme on dit mais sur lesquelles vous ne transigerez pas

18:49
Jean-Philippe Tanguy

paradoxalement c'est Michel Barnier qui les avait donnés c'est à dire un budget qui rétablisse les comptes publics aujourd'hui ce n'est pas le cas l'OFCE a montré que le déficit serait sans doute de 5,3% et pas de 5% les dépenses augmentent toujours plus vite que l'inflation donc en fait la situation des comptes publics n'est pas rétablie et l'injustice fiscale Michel Barnier avait promis qu'il y aurait de la justice fiscale l'impôt qui va augmenter le plus c'est la taxe sur l'électricité qui touche les classes populaires et les classes moyennes

19:14
Locuteur non identifié

là vous êtes en train de nous annoncer que vous allez voter la censure il n'y a même plus de conditions c'est que rien ne vous convient dans ce budget

19:20
Jean-Philippe Tanguy

rien ne nous convient ça c'est sûr je pense que notre attitude et le contre-budget qu'on a fait était extrêmement clair et nous espérons toujours que ce gouvernement va changer d'avis ça va passer au Sénat où Michel Barnier règne en maître si je puis dire peut-être qu'il peut rétablir les choses mais aujourd'hui oui nous sommes sur un chemin qui pourrait mener à la censure si Jordan Bardella et Marine Le Pen le décident mais c'est extrêmement grave et surtout ce qui est très problématique c'est que Michel Barnier ne dit rien ne parle de rien ne s'exprime pas et en fait est en train de laisser toute la situation pourrir ce qui pourrait amener à cause de lui à une crise budgétaire

19:55
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy vous parlez de Jordan Bardella qui comme une partie du Rassemblement National crie à la censure ces derniers jours parce que les affiches de son livre qui sort dans ces tout prochains jours ne sera finalement pas affichée dans les gares SNCF la régie publicitaire l'a refusé c'est dans les conditions générales de vente de la régie pourquoi criez-vous à la censure ? parce que ces conditions n'ont pas concerné Nicolas Sarkozy Ségolène Royal en 2023

20:23
Jean-Philippe Tanguy

donc que des personnes qui n'étaient plus en politique active

20:26
Locuteur non identifié

il n'était pas président de parti il n'était pas élu il n'était pas au coeur du débat politique

20:30
Jean-Philippe Tanguy

qui conseille Emmanuel Macron vous voyez bien la différence qui a appelé par exemple à une union qui s'est concrétisée avec Michel Barnier de la droite Nicolas Sarkozy c'est un ancien président de la République oui bah Jordan Bardella ce sera le prochain

20:42
Locuteur non identifié

même chose pour Ségolène Royal parce que c'est ce que dit Jordan Bardella mais elle n'est plus élue Pierre de Villiers qui n'est évidemment pas élue elle est candidate à tout

20:49
Jean-Philippe Tanguy

Ségolène Royal il faut comparer ce qui est comparable pour être tête de liste européenne de toute la gauche candidate pour être ministre elle est à la tête de quel parti Ségolène Royal ?

Jean-Philippe Tanguy ça ça a toujours été le cas elle a toujours été à la tête de son propre parti Ségolène Royal il n'y a pas un peu si ce n'est beaucoup de mauvaise foi quand même ce sont les syndicats qui ont déclenché cette petite vendetta personnelle mais c'est écrit dans les conditions de vote dans les conditions de vente c'est aussi écrit dans les conditions de vote sans doute d'un certain nombre de syndicats d'extrême gauche de censurer Jordan Bardella ils ont revendiqué cette victoire la SNCF est tombée dans le panneau c'est dommage c'est une biographie c'est une autobiographie de Jordan Bardella mais c'est un livre programmatique aussi Jean-Philippe Tanguy et vous non plus ce n'est pas les syndicats

21:26
Locuteur non identifié

d'extrême gauche comme vous dites que vous qualifiez d'extrême gauche

21:29
Jean-Philippe Tanguy

quand même

21:29
Locuteur non identifié

qui auraient interdit la publication des affiches de Walidia qui n'est pas exactement d'extrême droite l'humoriste très politique or les affiches ont été interdites en janvier

21:41
Jean-Philippe Tanguy

je n'ai pas vu de campagne d'intimidation des syndicats sur ce monsieur Walidia

21:45
Locuteur non identifié

il n'y a pas de campagne d'intimidation c'est dans la règle

21:47
Jean-Philippe Tanguy

vous avez raison qu'il y a des conditions article 8 il y a des conditions qui posent un arbitrage mais cet arbitrage par les syndicats ils ont fait une campagne contre ils sont matin, midi et soir en train d'en faire la propagande et au parlement la gauche a revendiqué comme une grande victoire le fait d'avoir interdit les affiches de Jordan Bardella

22:05
Locuteur non identifié

en tout cas ce qui est sûr c'est que ça lui fait une pub incroyable on va dire ça c'est une sortie en grande pompe avec un énorme tirage avec un plan média alors que la finaliste de la dernière présidentielle se démène pendant ce temps là au tribunal Marine Le Pen c'est pas un peu gênant quand même

22:22
Jean-Philippe Tanguy

et pourquoi ce serait gênant ?

22:24
Locuteur non identifié

parce qu'on imaginerait qu'il soit solidaire l'un et l'autre il y a des timings en politique qui sont importants

22:30
Jean-Philippe Tanguy

il est solidaire ce livre sort en accord avec Marine Le Pen comme de la même façon qu'on combat

22:36
Locuteur non identifié

vous savez que la politique c'est de l'image Marine Le Pen est au tribunal lui il sera au salon du livre

22:40
Jean-Philippe Tanguy

oui mais c'était le mouvement vie Marine Le Pen se bat au tribunal contre une injustice elle est aussi au parlement la semaine dernière elle nous a soutenu notamment pour qu'on baisse de 5 milliards d'euros la contribution à l'Union Européenne de manière symbolique qui était une grande victoire pour le Rassemblement National au Parlement elle était là à nous encourager nous soutenir la voter voilà Marine Le Pen est suffisamment puissante et assurée pour mener plusieurs batailles de front et pour laisser Jordan Bardella continuer son oeuvre à la tête du Rassemblement National au contraire tout ça montre que le parti vit autour de Marine Le Pen

23:12
Présentateur

quelques derniers mots sur les élections aux Etats-Unis c'est mardi prochain Jordan Bardella il affiche sa préférence pour Donald Trump il défend l'intérêt des Américains et une forme de fierté américaine est-ce que vous aussi vous avez fait votre choix ? bon non je ne suis pas citoyen américain

23:28
Jean-Philippe Tanguy

je suis exclusivement citoyen français

23:30
Présentateur

c'est une réponse facile mais qui est le plus le meilleur candidat j'allais dire pour la France ?

23:37
Jean-Philippe Tanguy

aucun les Américains chassent en meute donc que ce soit Madame Harris ou Monsieur Trump ce sera la même attitude envers la France et l'Europe c'est-à-dire une attitude assez hostile au niveau commercial prédatrice et il serait temps que la France et l'Europe arrêtent de croire qu'ils ont des amis à Washington pour défendre leurs intérêts seuls les français et les européens s'ils se respectent entre eux peuvent défendre leurs intérêts

24:02
Présentateur

mais vous saluez quand même le fait que voilà Donald Trump il défend l'intérêt des américains et une fierté américaine comme le dit Jordan Bardelin

24:07
Jean-Philippe Tanguy

moi je préfère des dirigeants patriotes à des dirigeants qui trahissent leur peuple mais j'aimerais surtout qu'on se préoccupe des intérêts français de lutter contre l'extension extraterritoriale du droit américain qui nous a coûté plusieurs dizaines de milliards d'euros qui nous a coûté des entreprises françaises stratégiques ça continue avec une prédation des intérêts américains en France très fort on le voit avec Sanofi Orpela c'est un fonds américain il y en a d'autres ou le fonds l'entreprise Watts dans la somme et de localiser

24:35
Locuteur non identifié

par des intérêts américains

24:37
Présentateur

en Bulgarie comment ? vous choisissez de ne pas choisir entre Donald Trump et Kamala Harris certains dans votre camp peuvent le faire

24:42
Locuteur non identifié

Jordan Bardelin elle est un peu trop loin peut-être alors

24:43
Présentateur

il ne va absolument pas trop loin

24:45
Jean-Philippe Tanguy

c'est le prison

24:45
Locuteur non identifié

lui il affiche assez ouvertement sa préférence

24:48
Jean-Philippe Tanguy

il a le droit de le faire je pense que M. Trump a la même attitude que Mme Harris à l'international je ne suis pas dupe moi si vous voulez de ce genre de comment dire d'illusion française et européenne qui pense qu'on va mieux être défendu par un président à l'extérieur qui n'est pas le président français moi je crois que les seuls qui peuvent défendre l'intérêt national c'est Marine Le Pen qui devient présidente de la république et je le souhaite Jordan Bardella s'il devient premier ministre et je le souhaite merci à vous

25:13
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy député rassemblement national de la Somme merci d'avoir été l'invité du 830 France Info merci à vous Bérangère Bonde merci à vous