L'invité de Bourdin Direct : Delphine Batho - 05/04
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.
Delphine Bateau, bonjour. Bonjour. Vous êtes, je le rappelle, députée des Deux-Sèvres, présidente de Génération Écologie. Vous ne faites pas partie d'Europe Écologie Les Verts, Génération Écologie, Delphine Bateau. On va parler évidemment du Covid, on va parler de la loi climat qui est en discussion à l'Assemblée Nationale. Delphine Bateau, mais je voudrais revenir sur ce qui a fait débat ces deux, trois derniers jours sur les réseaux sociaux, ce qui s'est passé à Poitiers avec Léonore Monconduit, que vous connaissez bien, qui est maire de Poitiers, qui est écologiste, qui décide de mettre fin aux subventions pour les aéroclubs. Il y en a deux à Poitiers, deux aéroclubs.
L'aérien ne doit plus faire partie des rêves d'enfants, a-t-elle dit peut-être un peu maladroitement, maladroitement ?
D'abord, si vous permettez, ça suffit la chasse aux maires écologistes, avec au plus haut sommet de l'État, cette volonté chaque week-end de chercher des noises, pour un oui, pour un non. Là, de quoi on parle ? On parle d'une subvention de 4 000 euros à un aéroclub, qui a un budget qui a 337 000 euros de budget et 140 000 euros de réserve. Dans le cadre d'une délibération de la mairie de Poitiers, pour aider plus les associations qui sont en difficulté, et cette délibération, elle a été votée par l'opposition.
Donc, on est sur une logique, si vous voulez, où sans savoir ce qu'a dit Léonore Monconduit, sans savoir dans quel contexte a eu lieu ce débat, certains réagissent en meute, de façon mais totalement délirante. Excusez-moi l'expression. Ensuite, les rêves d'enfants. Parlons-en. Parlons-en, mais parlons-en. Est-ce qu'on est dans une société où les rêves d'enfants sont libres ? Hélas, malheureusement, non. La société de consommation, la publicité, cherchent à influencer les imaginaires tous les jours.
Et tous les parents qui m'écoutent savent de quoi je parle quand votre fille, votre garçon vous dit « il me faut ceci, j'ai besoin du dernier téléphone comme cela, je veux la console, machin » parce que, par peur de ne pas trouver sa place avec ses copines ou avec ses copains, on est assujetti à plus de 1000 messages publicitaires par jour.
Et que ceux qui, actuellement à l'Assemblée nationale, dans le cadre de la loi climat, refusent d'interdire la pub sur la malbouffe ciblant les enfants, refusent de prendre une loi évain sur la publicité pour le climat, c'est-à-dire l'équivalent d'une loi évain, c'est-à-dire ce qu'on a fait pour le tabac, pour l'alcool, de le faire sur les produits les plus polluants, viennent nous donner, si vous voulez, des leçons de liberté, de l'imaginaire des enfants. Je trouve ça incroyable. De quoi rêve la jeunesse aujourd'hui ? Elle rêve d'un monde dans lequel il y a encore des éléphants. Elle rêve d'un monde dans lequel il y a encore une forêt amazonienne. Donc, mettons les choses à leur place.
Bien, vous les mettez à leur place, Delphine Bateau. Deux questions, puis on va passer à autre chose. Parce qu'on ne va pas faire toute l'émission avec. Mais c'est vrai que ces aéroclubs permettaient aussi à des enfants handicapés de découvrir le monde aérien. Alors, il y a une confusion. C'est vrai qu'il y a du vol à voile dans ces aéroclubs. Il y a de l'aéromodélisme. L'aéromodélisme. Bien sûr. Tout ça. Est-ce qu'il faut, moi j'élargi le débat, est-ce qu'il faut arrêter de subventionner tous les sports motorisés ?
Alors, deux choses d'abord. Sur l'association Rêves de Gosses.
Oui.
Elle n'est absolument pas concernée par le débat sur la subvention de l'association de Poitiers. Donc, l'association Rêves de Gosses, qui propose des baptêmes aériens, notamment à des enfants en situation de handicap, n'est pas concernée par la décision qui a été prise. Ça, c'est la première chose. La deuxième, sur les sports motorisés aux énergies fossiles.
Aux énergies fossiles, bien sûr. Le kart, je ne sais pas, la moto, les rallyes.
Est-ce qu'on doit sortir des énergies fossiles ? La réponse est oui. Est-ce que ces pratiques sportives peuvent continuer ? La réponse est oui. Est-ce que l'argent public doit mettre le paquet sur ces pratiques sportives-là ? C'est une discussion qui est, pardon, mais légitime dans un contexte d'accélération du changement climatique.
Vous êtes favorable à la fin des subventions pour tous ces sports motorisés ?
Ça dépend des situations associatives. Là, en l'occurrence, on parle d'une association qui a 140 000 euros de réserve, dans un contexte où, à Poitiers, vous avez d'autres associations qui sont en grande souffrance et en grande difficulté. Et donc, on peut comprendre, quand un budget municipal n'est pas illimité, qu'on dise « je baisse la subvention ici et jette davantage là ». Ce n'est pas quelque chose, si vous voulez, qui mérite un débat national pendant un week-end sur une subvention de 4 000 euros de la mairie de Poitiers.
Bien, Delphine Bateau, passons à Strasbourg. Mairie écologiste à Poitiers, mairie écologiste à Strasbourg, même si le débat n'est pas du tout de même nature. C'est pas du tout de la même nature. Alors, pas du tout de même nature. À Strasbourg, mairie écologiste décide de subventionner la construction d'une mosquée gérée, contrôlée par une association islamiste et nationaliste, je le rappelle. Un féodé au pouvoir turc qui vient de se retirer de la Convention d'Istanbul contre les violences faites aux femmes. Alors, est-ce qu'il faut conditionner la signature de cette subvention à la signature par Miligorus, cette association, de la charte respectant les lois de la République ?
Moi, j'ai une position beaucoup plus simple que ça. Je suis contre le financement public de la construction de lieux de culte. Il y a une spécificité locale que je comprends. Mais je vous dis, ma position, je suis contre le financement public de la construction de lieux de culte. Mais sur Strasbourg, il y a aussi une malhonnêteté gouvernementale. Puisque les responsables de cette structure, dont vous venez de dire qu'ils sont infréquentables, ont bénéficié en décembre dernier d'une subvention de l'État, ont bénéficié de l'autorisation par l'État d'une école, figure en photo avec les plus hauts responsables de l'État dans les années récentes.
Entre-temps, il y a eu cette charte, édictée par l'État. D'accord. Cette charte que l'association ne veut pas signer, Delphine Bateau.
Moi, je vous ai dit, je suis contre le financement public de cette mosquée. Pas de subvention ?
Si vous étiez à Strasbourg, si vous étiez maire de Strasbourg, pas de subvention ?
Je suis contre le financement public des lieux de culte. J'estime que les communautés religieuses, qui ont le droit au libre exercice de leur culte, doivent financer la construction de ce type d'édifice. J'ai bien compris qu'il y a une particularité strasbourgeoise, et donc il ne faut pas faire de mauvais procès à la maire de Strasbourg, dans ce contexte qui est celui du Concordat, ni par rapport à ses interlocuteurs. Encore une fois, la première fière de cette mosquée, elle a été mise en place il y a des années, avec le maire de l'époque, le préfet de l'époque, la majorité municipale précédente. Donc là aussi, arrêtons de chercher des noises en permanence aux écologistes.
Bien, troisième sujet, et puis nous allons passer au Covid et à la loi climat. Troisième sujet, Audrey Pulvar, tête de liste socialiste au Régional en Ile-de-France, n'est pas choquée par les réunions non mixtes organisées par l'UNEF. Une femme blanche ou un homme blanc peut y participer, dit-elle, mais Audrey Pulvar l'invite à se taire. Vous partagez ou pas ?
Moi, je ne suis pas là pour commenter les propos des uns et des autres, mais sur ce sujet aussi, je veux donner ma position.
Alors, allez-y, donnez-la.
Je vais prendre un exemple.
Oui.
À la commission écoféminisme de Génération écologie, il y a des hommes. Il y a parmi nos responsables de la lutte contre le sexisme, un homme. Et en fait, ce que je refuse, c'est cette idée que, par exemple, des hétérosexuels ne pourraient pas être engagés dans le combat contre l'homophobie, que des personnes qui ont la peau blanche ne pourraient pas être engagées et légitimes à parler et à combattre le racisme, que des hommes ne pourraient pas être féministes. Je refuse cette idée que, dans notre société, chaque personne devrait être assignée à l'identité supposée qu'elle aurait à cause de son apparence physique.
C'est du séparatisme ? C'est de la ségrégation ?
Non, prenons pas ces mots-là. Ce que je veux dire, c'est que dans tous ces combats, on a besoin de tout le monde. De mixité. On a besoin de mélange. On a besoin de refuser cette logique où ce seraient les victimes d'une injustice qui devraient seules se débrouiller pour la combattre. Je pense, par exemple, qu'une personne qui a peut-être les moyens dans sa vie quotidienne, elle est légitime à être aux côtés des ouvriers pour combattre en faveur de la justice sociale et ainsi de suite. C'est-à-dire qu'on doit, dans notre société, unir, rassembler autour des combats. J'ai été vice-présidente de SOS Racisme. Je sais.
Le cœur du combat antiraciste, c'est de dénoncer la notion de race qui n'a aucun fondement scientifique. De ne pas accepter qu'on hiérarchise les humains en fonction de couleur de peau. De quelle race est-ce que je suis ? Moi, j'ai la peau blanche, j'ai les cheveux crépus. De quelle race est-ce que je suis ? Ça n'a pas de sens.
Ça n'a pas de sens. Et où va la gauche ?
Et surtout, on est plus fort contre les discriminations en étant ensemble.
Vous sentez bien, vous voyez bien Delphine Bateau. Vous êtes suffisamment avisé pour cela. Vous voyez bien que ça divise la gauche. Quand Jean-Luc Mélenchon qualifie Olivier Faure, premier secrétaire du PS, de, je cite, relais des inquisitions de l'extrême droite, que dites-vous ?
Est-ce qu'on a un peu de sérénité et de fond dans ces débats ?
Est-ce que c'est de la sérénité et du fond, cela ?
Non, ce n'est pas de la sérénité. Mais pas davantage que le tweet que Jean-Luc Mélenchon a fait ce week-end sur Eleonore Monconduit et sur la mairie de Poitiers. Ce n'est pas quoi ? Moi, je crois qu'on a besoin d'une qualité du débat public. La société est travaillée par ses logiques communautaristes. Donc, il faut regarder ça en débattre sur le fond et expliquer sur le fond pourquoi il faut combattre ces logiques.
Mais est-ce qu'il y a aujourd'hui, d'un côté, l'universalisme, la défense de la laïcité et de l'autre, une attirance vers une forme de communautarisme à gauche ?
Moi, je suis 100% pour la laïcité, 100% écologie intégrale, 100% écoféministe. Et j'estime que les écologistes doivent s'engager à fond dans ce combat pour la République, pour la laïcité, pour le métissage, contre le racisme, pour le féminisme. Il y a une cohérence dans les idées que nous défendons.
Alors, justement, les écologistes doivent s'engager, doivent s'engager à la présidentielle. Est-ce qu'il faut à tout prix un candidat écologiste à la présidentielle ? Oui. C'est indispensable. Oui. Oui. Clairement, oui. Et un candidat qui sera choisi à travers une primaire.
Une primaire citoyenne, mais qui doit être en rupture, justement, avec la logique du présidentialisme. C'est-à-dire ? Avec cette idée que l'élection présidentielle, c'est la rencontre d'un homme, en général, on dit un homme, avec un destin. Non. C'est d'abord une affaire collective. Et donc, moi, ma proposition pour la primaire des écologistes, c'est qu'on ait un processus démocratique extrêmement innovant, qui construise une équipe, par ce qu'on appelle le mode de scrutin préférentiel. C'est-à-dire, au lieu d'être dans une logique d'élimination, qui crée des divisions, qui crée des déchirures, des blessures, qu'on ait un processus collectif qui constitue une équipe.
Et qui leur donne, et donc avec le nom qui sera sur le bulletin de vote pour l'élection présidentielle, mais de savoir aussi quelle serait l'équipe gouvernementale. Qui serait le Premier ministre, qui serait ministre de l'écologie. Exactement, car ce que les écologiques doivent faire aujourd'hui, c'est de convaincre de leur capacité à gouverner et à exercer les responsabilités de l'État.
Donc, vous demandez une primaire, vous demandez une primaire, enfin... Elle est prévue. Elle est prévue. Elle est prévue. Enfin, elle est prévue. Pas certainement si j'écoute Yannick Jadot, pardon. Enfin, Yannick Jadot veut rassembler toute la gauche. En fait, il saute par-dessus la primaire écologie, si j'ai bien compris.
Je ne partage pas le défaitisme de Yannick Jadot.
C'est du défaitisme ?
Moi, je pense que l'heure est à la mobilisation pour l'écologie, pour un programme de gouvernement écologiste. On est à plus d'un an de l'élection présidentielle. Donc, on ne peut pas tirer de conclusions hâtives en disant « Tout est fichu pour l'écologie, il n'y a plus qu'à se réfugier dans les jupes de la gauche ». Je ne suis pas d'accord avec ça. Et je pense en plus que nous devons, nous, au premier tour de l'élection présidentielle, rassembler toutes les personnes qui, aujourd'hui, savent qu'on est dans une situation d'urgence écologique, qu'il y a le feu, et que donc, c'est en fonction de ça qu'il faut une nouvelle politique nationale.
Et rassembler tous ceux, ça veut dire s'adresser à tout le monde, pas seulement à celles et ceux qui ont été un jour électeurs socialistes ou électeurs de la France insoumise. Tous ceux qui rejoignent, aujourd'hui, le combat de l'écologie sont les bienvenus, sans exclusives.
Donc, pour être clair, une primaire écologiste est prévue. Absolument. Donc, il faut absolument qu'elle se tienne. Vous serez candidate ?
Non, c'est pas... Ni oui ni non, c'est pas... Non. Mais Delphine Bateau... Je viens de vous dire, je viens de vous dire qu'il faut rompre... Avec une équipe ! Je viens de vous dire qu'il faut rompre avec le poison du présidentialisme. C'est une drogue, le présidentialisme.
Oui, mais Delphine Bateau...
Ne me demandez pas si moi, je vous dis qu'il faut rompre avec cette drogue, vous me demandez est-ce que je suis candidate ? Oui, mais... La question aujourd'hui n'est pas celle-là. La question aujourd'hui n'est pas celle-là, et je n'ai pas pris de décision pour répondre à votre question.
Bon, et la question est claire. Dans tous les cas, il faut un candidat ou une candidate écologiste à la prochaine présidentielle. Il faut... Est-ce que vous direz...
Une équipe. Il faut un gouvernement... Pardon, une équipe.
Un gouvernement écologiste qui sera candidat à la prochaine présidentielle. Delphine Bateau, est-ce que vous vous rendrez à la réunion ? Que veut organiser Yannick Jadot ?
Non, je l'ai dit à Yannick, non, je ne suis pas d'accord avec cette stratégie.
Et pourquoi est-ce que vous n'irez pas ? Pourquoi ? Parce que vous allez vous retrouver peut-être avec Jean-Luc Mélenchon, il n'a rien dit de toute façon. Mais avec, je ne sais pas moi, le premier secrétaire du Parti Socialiste...
Le débat sur les alliances viendra en son temps. Ce que nous devons faire d'abord, c'est dire quel est le projet écologiste, quelle est l'équipe écologiste, et ensuite discuter des alliances de deuxième tour.
Donc écologie dure et dure,
Non, ce n'est pas une question de pur et dure, c'est une écologie claire. Moi je sais ce qu'est une campagne présidentielle. On a eu un exemple ce week-end, on parlait de Poitiers. Qui a tweeté contre Léonore Monconduit ? La France Insoumise, le Parti Socialiste. Vous pensez que dans une campagne présidentielle, où il y a à peu près une polémique par jour, un attelage hétéroclite comme ça, ça peut tenir ? Moi je ne crois pas, je pense que ce qui est important, c'est la cohérence, la solidité sur un projet sur le fond. Ça c'est la première chose.
La deuxième, c'est que d'appliquer la logique du choix par défaut du deuxième tour de l'élection présidentielle, dès le premier tour, me paraît de nature à fabriquer dans notre pays, amplifier encore l'abstention, la désaffection démocratique. Il y a aujourd'hui une rupture générationnelle autour de l'écologie. La jeunesse, elle attend qu'il y ait un...
La jeunesse, vous savez, ce qu'elle vote aujourd'hui, majoritairement, elle vote Marine Le Pen, la jeunesse.
Ça dépend des élections, ça dépend de la participation électorale. Et donc justement, il faut qu'il y ait une offre politique nouvelle autour de l'écologie qui réponde aux attentes de la jeunesse.
Jeudi à l'Assemblée nationale, vous avez voté pour les nouvelles restrictions.
Absolument.
Ça a surpris. les nouvelles restrictions décidées, annoncées par Emmanuel Macron. Pourquoi ? Je ne vois pas pourquoi ça surprend.
Parce que je considère qu'on est dans un contexte où il faut sauver des vies, où chaque heure compte, et où donc il doit y avoir un minimum de discipline collective, qui que ce soit qui soit à la tête de l'État. Ce n'est pas un vote pour ou contre le gouvernement. C'est de savoir si demain, les écoles doivent fermer, s'il faut faire ces quatre semaines avec ce décalage des vacances. Et moi, la réponse est oui. Je peux même considérer que ces décisions ont été tardives. Mais moi, je suis députée d'un département dans lequel il y a 18 places en service de réa, avec 16 qui sont occupées. Et donc oui, j'estime que ces décisions doivent être prises.
Les règles sanitaires sont plus ou moins bien respectées en France. Elles le sont quand même. Elles le sont quand même. Est-ce qu'il faut augmenter les amendes ? Parce que je me suis amusé à regarder ce week-end, les amendes en France sont beaucoup plus basses que partout ailleurs en Europe.
Oui, j'ai vu ça aussi.
Vous avez vu ça aussi ?
J'ai vu ça aussi, mais je ne crois pas que ce soit efficace. Si vous voulez, d'être dans une logique d'augmenter le coût de la sanction, à mon avis, n'est pas efficace. Je pense que c'est beaucoup plus impactant de faire des reportages sur ce qui se passe dans les services de réa, de faire des reportages auprès des malades du Covid, pour que tout le monde voit bien ce dont il est question. Je pense que c'est beaucoup plus efficace que des amendes.
Les élections régionales départementales doivent-elles avoir lieu ?
Oui, il faut que cette décision soit prise. Si la situation sanitaire le permet, quand on sera au mois de juin, on est dans un contexte d'incertitude. Ce que l'on peut dire, c'est qu'il y a certainement un lien avec la vaccination. C'est-à-dire qu'on a besoin aujourd'hui que toutes les personnes qui assument des fonctions essentielles pour le pays, les policiers, les pompiers, les soignants, mais aussi les enseignants et peut-être ceux qui vont tenir les...
Personnels qui travaillent dans...
Les personnes qui vont devoir tenir les bureaux de vote soient vaccinés.
Soit vaccinés le plus vite possible. La loi climat, vous ne la voterez pas ? Vous la voterez ou vous ne la voterez pas ?
En l'état, une loi qui tourne le dos aux propositions de la Convention citoyenne pour le climat. Il y a seulement 10% des propositions de la Convention citoyenne qui se retrouvent dedans. Qui ne permet pas à la France de tenir ses objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Honnêtement, au jour d'aujourd'hui, je ne peux pas l'approuver. Je dirais ma position de vote exacte au terme du débat parlementaire qui dure jusqu'au 16 avril. Mais en l'état, honnêtement, non, je ne peux pas approuver ça.
Vous ne pouvez pas approuver ça. J'ai deux autres sujets très vite. Je voudrais votre position, enfin, je crois la connaître, 50e anniversaire aujourd'hui du manifeste des 343. À propos de l'avortement, 50 ans plus tard, l'allongement des délais de recours à l'IVG de 12 à 14 semaines, ce n'est pas acquis. Parce qu'il y a une obstruction. Enfin, une obstruction. Je ne sais pas si c'est une obstruction à vos yeux. Mais dans tous les cas, il y a des députés, les républicains notamment, qui ont déposé tellement d'amendements que le texte n'a pas pu être discuté à l'Assemblée nationale.
C'est ça, mais le gouvernement a la faculté de le mettre à l'ordre du jour. Et vous lui demandez de le remettre à l'ordre du jour. Absolument, de le mettre à l'ordre du jour. C'est encore plus urgent dans le contexte sanitaire dans lequel on est. Mais cette obstruction, on la voit aussi sur le débat sur la fin de vie.
J'allais le dire, l'euthanasie, que demandez-vous ? Vous aussi, vous demandez est-ce que la loi, c'est le texte de votre...
On est 270 députés.
Oui.
C'est vraiment un débat qui est très douloureux, qui renvoie chacun à l'intime. Mais vraiment, il y a aujourd'hui la possibilité d'avoir une majorité à l'Assemblée nationale pour accomplir cette avancée.
Sur la base d'un texte de votre groupe, d'ailleurs. D'Olivier Falorni.
Non, il n'est pas de mon groupe, mais c'est un texte que j'ai signé. Depuis très très longtemps, je soutiens ce combat qui est légitime.
Oui, discussion, donc, jeudi, d'une proposition de loi.
Voilà, mais il y a là aussi des...
Instituant un droit à une fin de vie libre et choisie. Oui.
Et là aussi, il y a de l'obstruction avec des centaines, plus de mille amendements déposés par les Républicains. Même plus de 2300 ans.
Voilà, 2300 ans. Déposés. Qui empêchera peut-être, d'ailleurs, la discussion d'avoir lieu.
Oui, d'avoir lieu ou d'aller à son terme. D'aller à son terme. Mais en fait, malheureusement, les journées d'initiative parlementaire, il faut que le texte soit voté avant minuit, sinon, ça tombe. Donc là aussi, il faudra que le gouvernement l'inscrive à l'ordre du jour.
Merci beaucoup Delphine Bateau d'être venue nous voir ce matin. Il est 8h55. Vous êtes sur RMC et BFM TV.
Delphine Batho