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interviewRMC — Face à Face· 7 octobre 2020 21 min

L'invité de Bourdin Direct : Delphine Batho - 07/10

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Delphine Bateau, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, députée des Deux-Sèvres à l'Assemblée Nationale. Vous êtes vice-présidente du groupe Écologie, Démocratie, Solidarité 15. Députée, vous êtes aussi présidente de Génération Écologie. Vous demandez la suppression de l'élection du président de la République au suffrage universel et la création d'un grand parti écologiste. Nous y reviendrons. Mais je voudrais commencer avec ce qui s'est passé à l'Assemblée Nationale. Évidemment, Delphine Bateau, vous êtes à l'origine de l'amendement qui a interdit les néonicotinoïdes en France. C'était la loi biodiversité de 2016, c'est bien cela. Et voilà que ces néonicotinoïdes ont été réintroduits.

L'Assemblée Nationale a voté la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes qui tuent les abeilles pour sauver la betterave française. Vous avez évidemment voté contre. Vous regrettez ce vote. Pourquoi ?

1:07
Delphine Batho

C'est beaucoup plus grave qu'un regret, qu'un simple regret. En fait, cette loi qui réhabilite les néonicotinoïdes, qui sont un poison, qui sont 7000 fois plus toxiques que le DDT qui a été interdit il y a 50 ans, qui tue les abeilles, les papillons, les vers de terre, les oiseaux, dans un contexte où, en France, dans nos campagnes, on a 85% de population d'insectes en moins, un tiers des oiseaux, des champs en moins, tout ça en 20 ans, 15 ans. Donc c'est monstrueux, en fait, ce qui est en train de se passer.

Et que dans ce contexte-là, on demande au Parlement de prendre la décision délibérée, volontaire, en toute connaissance de cause, de remettre du poison sur 400 000 hectares en France, dont on aura encore les conséquences dans 20 ans, c'est monstrueux, en fait.

1:55
Présentateur

Provisoirement, 3 ans, uniquement pour la culture de la betterave, pour éviter que la filière de la betterave ne disparaisse en France.

2:03
Delphine Batho

Jean-Jacques Bourdin, qu'est-ce qui va se passer ? Vous allez avoir d'autres filières qui vont dire, mais nous aussi, pourquoi que la betterave ?

2:09
Présentateur

Mais non, c'est écrit dans la loi, il est écrit dans la loi que la dérogation ne concerne que la betterave.

2:17
Delphine Batho

Non, en fait, il y a eu une petite astuce juridique qui consiste à mettre cet article-là dans un autre article qui sera probablement censuré par le Conseil constitutionnel. Mais même que la betterave, Jean-Jacques Bourdin, c'est 400 000 hectares. C'est des régions entières dans lesquelles on met un poison, puis une fois qu'il est dans le sol, on ne le contrôle pas. C'est-à-dire qu'il va dans les eaux, il va dans les autres parcelles agricoles. Dans les Deux-Sèvres, on a un centre du CNRS sur une zone atelier. Qu'est-ce qu'on constate ?

On trouve des néonicotinoïdes, parce qu'on les a utilisés pendant des années, dans des parcelles en bio où il n'y a jamais eu de pesticides, dans des cours d'eau très loin de là où ont été utilisés les néonicotinoïdes. Il y a un des néonicotinoïdes aujourd'hui qui est parmi les pesticides les plus retrouvés dans les cours d'eau en France. Et qu'est-ce qui se passe ? Parce que je veux être concrète pour qu'on comprenne. Ce qu'ils vont autoriser, ce sont ce qu'on appelle des semences enrobées. C'est-à-dire la graine, elle est enrobée du poison. Vous avez 80 à 98% du poison qui part dans le sol ou dans l'eau.

Il pleut, il y a une flaque d'eau, les abeilles viennent boire, elles meurent instantanément. Ensuite, vous avez à des centaines de mètres de là ou des kilomètres de là, des pissenlits ou un champ de colza. Les abeilles viennent, elles butinent le colza ou le pissenlit, elles ramènent des néonicotinoïdes à la ruche. Et là, il suffit de 0,005 nanogramme de néonicotinoïdes pour multiplier la mortalité des abeilles par deux. Donc c'est, si vous voulez tout ça, on le sait.

3:45
Présentateur

Des précautions ont été prises, Delphine Bateau, dans la loi. Non, aucune précaution. Création d'un conseil de surveillance, interdiction sur des parcelles où sont utilisées des néonicotinoïdes d'implanter des cultures attirant les abeilles.

3:57
Delphine Batho

Mais, Jean-Jacques Gordain, on peut mettre, on peut écrire dans la loi, on peut écrire dans les arrêtés, que le règlement prévoit que les néonicotinoïdes, ils doivent rester dans telle parcelle. Dans la nature, ça ne se passe pas comme ça. Ce n'est pas moi qui le dis. Ce sont les scientifiques qui le disent. Donc tout ça est totalement fallacieux. Totalement fallacieux. Et deux ans. Ne pas mettre de culture attractive pour les abeilles pendant deux ans. Mais en fait, ces produits, ils ont des effets sur 20 ans. Et il suffit de quantités infinitésimales pour tuer des insectes, des vers de terre.

Donc ce qui est aberrant, si vous voulez, avec ce projet de loi, c'est qu'on prenne une décision pareille, comme si la France n'avait rien appris. Le chlordécone, par exemple, quand il a le chlordécone, qui aujourd'hui crée une situation sanitaire gravissime aux Antilles. Il a été interdit ? Eh bien pareil, il y a eu des dérogations. Et aujourd'hui, on met en cause la responsabilité de l'État.

4:56
Présentateur

Delphine Bateau, Delphine Bateau, ce puceron, parce qu'il faut expliquer aux auditeurs ce qui se passe, c'est un puceron qui est vecteur d'une maladie qui affaiblit les plantes.

5:04
Delphine Batho

Oui, la jaunisse.

5:05
Présentateur

Voilà, la jaunisse. Il y a 400 000 hectares de betteraves sucrières à peu près en France. Le problème, c'est que si on ne protège pas ces plants de betteraves, on va être obligé d'apporter des betteraves ou du sucre d'ailleurs.

5:23
Delphine Batho

C'est totalement faux.

5:25
Présentateur

Ah ! Alors expliquez-moi pourquoi.

5:27
Delphine Batho

C'est totalement faux. Pourquoi ?

5:29
Présentateur

Quelle solution alternative y a-t-il ?

5:31
Delphine Batho

J'y viens, mais d'abord, la France est largement excédentaire en production de sucre. On exporte massivement.

5:37
Présentateur

La moitié de la production.

5:38
Delphine Batho

Donc, il n'y a aucun risque de pénurie de sucre en France. Ça, c'est la première chose. La deuxième, il faut parler du puceron et de la jaunisse. D'abord, pourquoi est-ce que les pucerons ont prospéré ? Parce qu'il y a le changement climatique. Et donc, si la solution d'adaptation au changement climatique, c'est de dire qu'il faut remettre plein de poisons toxiques dans les sols, on ne va pas s'en sortir. On ne va pas s'en sortir. Ça, c'est la première chose. Deuxièmement, la jaunisse, est-ce qu'elle est sur 100% des cultures de betteraves à sucre cette année ? Non. La perte de rendement, c'est ce que dit la filière betterave. Ce n'est pas moi. 15%.

Et en fait, si on compare la perte de rendement qui est liée à la jaunisse par rapport à celle de l'année dernière, qui était aussi une année de sécheresse, en fait, c'est 8,5%. Nous pensons, nous avons fait des propositions, qu'on peut couvrir ces pertes, assurer la sécurité des revenus agricoles, sans décider de la poli.

6:29
Présentateur

Et ne pas mettre en danger les 46 000 emplois de la filière.

6:33
Delphine Batho

Ne pas mettre en danger, Jean-Jacques Bourdin, non seulement la biodiversité, mais d'autres filières agricoles. Parce que l'apiculture, alors que la production de miel en France a été divisée par trois, c'est une production agricole. Les grandes cultures, comme le colza, le tournesol, qui dépendent du travail des abeilles, ce sont des productions agricoles. Et qu'est-ce qu'on constate en France ? Excusez-moi d'insister. C'est comme on a de moins en moins d'insectes et de moins en moins de pollinisateurs, on commence à avoir une perte de rendement, une diminution des rendements, sur ces grandes cultures qui dépendent de la pollinisation.

Et donc, ce qui menace aujourd'hui, la souveraineté et la sécurité alimentaire de la France, c'est l'effondrement de la biodiversité. Et si on ne comprend pas ça, alors que c'est ce que dit la science, eh bien, c'est un contresens historique.

7:23
Présentateur

Mais c'est provisoire, Delphine Bateau, trois années en jeu aussi la souveraineté agroalimentaire de la France, non ?

7:30
Delphine Batho

Non, puisqu'on ne manque pas de sucre et que ce qui menace la souveraineté alimentaire de la France, c'est l'effondrement de la biodiversité. Et je voudrais ajouter une chose qui est très importante, Jean-Jacques Vaudin. C'est que la France a été le premier pays au monde à interdire les néonicotinoïdes. Et que ce pays, la France, décide de faire marche arrière, va être l'argument publicitaire de toutes les firmes de l'agrochimie partout dans le monde pour dire que les néonicotinoïdes, on ne peut pas s'en passer.

8:04
Présentateur

11 pays en Europe utilisent encore les néonicotinoïdes.

8:07
Delphine Batho

Ça, c'est un scandale.

8:08
Présentateur

11 pays en Europe dans une Union européenne qui ne fait pas son travail, qui est faible par rapport au grand de l'agroalimentaire.

8:20
Delphine Batho

C'est un point extrêmement important. La filière française, c'est vrai, subit la concurrence déloyale de pays européens qui sont les mêmes que ceux qui ont voté en 2018 quand l'Europe, à la suite de la loi française, a interdit les néonicotinoïdes. Il y a des pays qui étaient contre. Et donc, ils ont utilisé l'astuce de dérogation pour contourner la décision européenne. Et qu'est-ce qui est en train de se passer ? Ce qui est en train de se passer, c'est que vous avez un rapport de la Cour des comptes européenne, que vous avez une déclaration de la Commission européenne de cette semaine, une déclaration de la ministre allemande de l'Agriculture qui dit que les dérogations stoppent.

Et la Commission européenne qui dit que là, ce qui est en train de faire la France sur les néonicotinoïdes, on va regarder de très près parce que ça pose un problème de contournement. Il y a trois produits, en fait, qui sont interdits par l'Europe, qui sont ceux que le gouvernement veut autoriser en France. Et donc, il faut que la France, au lieu de s'aligner sur ce qui se fait de pire en Europe, aide l'Allemagne, la Commission européenne, à faire interdire ces dérogations.

9:21
Présentateur

Bien, Delphine Bateau, WWF publie une nouvelle étude sur les SUV. Ces véhicules qui, selon cette étude, ont un impact, je cite, écrasant sur le climat. Deuxième source de croissance des émissions de CO2 en France, les SUV. Alors, que demandez-vous au gouvernement ? Où en est-on ? Parce qu'on attend des mesures autour de ces SUV. Vous proposez une interdiction de la publicité pour les véhicules les plus lourds, parce que ces SUV sont plus hauts, plus longs, plus larges et plus lourds. C'est bien cela ? Oui. Vous demandez une interdiction de la publicité. Ce que demandent d'ailleurs les citoyens de la Convention du Climat. J'allais le dire. Oui, non, non.

9:59
Delphine Batho

C'est-à-dire que le fait d'introduire un malus au proie, le fait d'interdire la publicité sur ce type de véhicules extrêmement polluants, parce qu'on n'a pas besoin de 4x4 en ville, enfin franchement, il y a eu une dérive dans la conception des véhicules par les constructeurs. Le SUV n'est pas forcément

10:18
Présentateur

un 4x4.

10:19
Delphine Batho

Non, l'info 4x4. Le look d'un 4x4, etc. Mais ce n'est pas 4 roues motrices. Tout à fait, on est d'accord.

10:27
Présentateur

Delphine Bateau, les plus riches auront donc le droit de polluer. Si j'ai bien compris, avec un malus plus lourd, j'ai de l'argent, je m'achète un gros 4x4, peu importe le poids de la voiture, du véhicule, je m'en moque, je vais payer plus de taxes et je pourrais continuer à rouler.

10:43
Delphine Batho

C'est la raison pour laquelle j'ai ouvert le débat sur la question des quotas carbone. Ce n'est pas quelque chose qui soit possible à mettre en œuvre dans tous les domaines aujourd'hui et notamment dans le domaine de l'automobile. Mais vous avez raison qu'il y a une certaine limite à la logique des taxes. C'est pour ça qu'il ne faut pas balayer du revers de la main comme est en train de le faire le gouvernement. La question de nos imaginaires, la question de la publicité, la question de l'incitation en fait à instaurer le SUV comme le modèle

11:13
Présentateur

Vous demandez l'interdiction de la publicité pour les SUV ?

11:16
Delphine Batho

Oui, sur les SUV, sur les voyages en avion avec une durée de séjour de moins de 15 jours, enfin sur tout ce qui est une aberration du point de vue climatique.

11:25
Présentateur

Bien, première niche parlementaire demain pour votre nouveau groupe. Vous allez défendre avec votre groupe quatre propositions de loi. Je dis quatre au lieu de sept parce que vous avez retiré trois propositions de loi. Enfin, vous retirez ? On ne retire rien. Ça a été voté en commission ? Voilà. D'accord. Enfin, c'est un peu pareil quand même. Vous êtes obligés ?

11:43
Delphine Batho

Non, ce n'est pas pareil.

11:44
Présentateur

Est-ce que vous regrettez d'ailleurs ces trois propositions de loi ?

11:48
Delphine Batho

Ah, ces trois propositions de loi très importantes.

11:49
Présentateur

Je rappelle quelles sont-elles. Le vote à 16 ans ?

11:53
Delphine Batho

Le vote à 16 ans.

11:54
Présentateur

Toutes les élections, le vote à 16 ans ? Oui.

11:57
Delphine Batho

En tout cas, on veut ouvrir ce débat. Oui. Vous le voyez à ce débat ? Oui, sur le fait de permettre à la jeunesse de s'apprimer des...

12:02
Présentateur

Donc majorité à 16 ans, Delphine Bateau ?

12:05
Delphine Batho

Voilà, c'est le type de débat sur lequel il faut certainement aller plus loin.

12:07
Présentateur

Oui, parce que vote à 16 ans, ça veut dire majorité à 16 ans.

12:10
Delphine Batho

Mais en tout cas, il y a des pays qui, par exemple, autorisent déjà le vote à 16 ans ou autorisent le vote à 16 ans pour les élections locales. Donc il faudra que la France quand même se pose la question et c'est un combat que nous poursuivrons. La publicité...

12:21
Présentateur

La publicité, donc, oui.

12:22
Delphine Batho

Voilà, et je veux prendre un exemple très concret de ce qu'il y a dans cette proposition de loi. L'interdiction des écrans de publicité vidéo numérique qu'on voit se déployer partout actuellement, qui sont une hérésie en termes de consommation d'énergie, mais aussi pour la santé. On ne peut pas avoir l'Organisation Mondiale de la Santé qui dit qu'il faut protéger les enfants des écrans, que c'est mauvais pour leur faculté cognitive et tapisser toutes les gares, toutes les villes, toutes les stations de métro avec des écrans vidéo. Ça, c'est quelque chose qu'on pourrait décider d'arrêter.

12:53
Présentateur

Autre proposition de loi retirée, pas d'interdiction de la publicité pour les produits polluants. Oui, donc on en a parlé. Donc on a parlé. Bon, vous allez défendre quatre propositions de loi qui sont très intéressantes. Le congé de paternité égalitaire, oui, mais ça, c'est... Le gouvernement a fait un effort. On est passé de 14 à 28 jours. C'est déjà pas mal, non ?

13:14
Delphine Batho

Une fois qu'on a inscrit notre texte à l'ordre du jour, il y a eu une annonce du président de la République. Tant mieux, c'est moins que le congé de parentalité que nous proposions, mais ça avance.

13:26
Présentateur

Autorisation de l'avortement jusqu'à la fin de la 14e semaine de grossesse, au lieu de 12 actuellement. Là aussi, le gouvernement hésite. Est-ce que vous pensez que cette proposition de loi sera adoptée ?

13:38
Delphine Batho

Il y a une urgence de santé publique, encore plus d'ailleurs avec ce qui s'est passé pendant le confinement et la pandémie actuelle. On a un certain nombre de femmes aujourd'hui qui partent à l'étranger parce qu'elles sont hors délai. Donc, il faut effectivement résoudre ce problème.

13:55
Présentateur

Bien, vous avez aussi l'interdiction de certaines pratiques contre les animaux. Mais là encore, le gouvernement a commencé le travail. Delphine Bateau. Pareil, une fois que nous avons

14:04
Delphine Batho

inscrit le texte à l'ordre du jour et tant mieux, tant mieux si ça avance.

14:07
Présentateur

Il y a une autre proposition de loi qui m'intéresse beaucoup. Un système de parrainage de citoyens pour soutenir les réfugiés. C'est-à-dire ? Expliquez-moi.

14:13
Delphine Batho

C'est-à-dire que ce qu'on vit, en particulier dans les territoires ruraux, c'est une mobilisation des citoyens pour soutenir, accompagner, aider des personnes réfugiées qui viennent de pays qui vivent actuellement des situations barbares. Donc, des personnes qui sont en train ou ont obtenu le statut de réfugiés. Et l'idée, c'est de permettre un parrainage citoyen.

14:39
Présentateur

Un statut de parrain, finalement ? Oui, tout à fait.

14:42
Delphine Batho

Je pense que par rapport à la mobilisation citoyenne, solidaire, qu'on constate aujourd'hui de façon très simple, très humble, dans plein de territoires, je pense que c'est important qu'il y ait une reconnaissance de la République.

14:55
Présentateur

Bien, Delphine Bateau, vous demandez la création d'un grand parti écologiste. Oui. Il y a déjà un parti écologiste Europe Écologie. Les Mères qui est un grand parti, non ? Puis, il y a le vôtre, Génération Écologique, d'autres mouvements.

15:08
Delphine Batho

D'abord, aujourd'hui, on est unis. On est unis, on a ce qu'on appelle le pôle des partis écologistes. Donc, mon propos, c'est de dire qu'on doit se mettre en ordre de marche par rapport à l'élection majeure, aux élections majeures, législatives et présidentielles de 2022. Et que, pour ça, on a besoin d'un nouvel outil. Alors, soit une fédération, soit, encore mieux, un nouveau grand parti permettant d'attirer autour des écologistes plein de figures et de personnes nouvelles et de militants nouveaux. Avec un candidat ou une candidate

15:44
Présentateur

à la présidentielle, évidemment.

15:46
Delphine Batho

Le moment venu, oui, mais ce n'est pas la première question à laquelle il faut répondre.

15:49
Présentateur

Vous savez combien cette élection présidentielle, vous le savez d'ailleurs, je vais en parler avec vous dans un instant, vous le savez, vous savez combien elle est importante et combien elle règle, finalement, c'est l'élection primordiale de notre vie politique. C'est d'ailleurs un des problèmes du pays. Oui, c'est d'ailleurs

16:05
Delphine Batho

un des problèmes du pays parce que ce système ne fonctionne, ou si vous voulez, on remet notre destin démocratique dans cette idée fausse que c'est la rencontre du destin d'un homme avec le... Ça suffit, en fait, je veux dire, on est au 21e siècle, ce système complètement vertical, patriarcal est en train de tuer la démocratie.

16:27
Présentateur

C'est pour ça que vous demandez la suppression de l'élection.

16:29
Delphine Batho

Oui, il favorise l'abstention, il favorise toutes les formes de montée, de solutions autoritaires telles qu'on le voit. Donc, il faut... Nous vivons sous un régime autoritaire, là, Delphine Pateau ? Non, je n'ai pas dit ça. Je dis que ce système est à bout de souffle, il est épuisé, il est dangereux parce qu'il est en train de tuer la démocratie et que nous, les écologistes, plutôt que de chercher à se mettre dans le moule de cette logique, des bastons entre individus qui ensuite finissent en général dans un grand plouf, je dis plusieurs choses. D'abord, un, aucune victoire n'est possible sans unité et sans rassemblement des écologistes.

Deux, on doit se mettre en ordre de bataille pour crédibiliser notre capacité à exercer les responsabilités en France, pour travailler sur le socle d'un programme, pour mettre en avant une équipe. Le moment venu, on décidera du nom qu'on met sur le bulletin de vote. Mais ce n'est pas par ça qu'il faut commencer parce que nous devons proposer au pays un changement démocratique majeur qui est d'en finir avec le présidentialisme.

17:33
Présentateur

Avec une union à gauche, clairement à gauche, ce mouvement.

17:37
Delphine Batho

Une union des écologistes.

17:38
Présentateur

Ensuite,

17:39
Delphine Batho

ceux qui sont pour l'écologie, regardez ce qui s'est passé.

17:42
Présentateur

Permettez-moi, Jean-Jacques Bourdin. Non, parce que ce qui m'intéresse d'Elphine Bateau, c'est que finalement...

17:47
Delphine Batho

Je peux prendre un exemple ? Oui,

17:48
Présentateur

attendez, ne vous inquiétez pas, vous allez pouvoir le prendre, mais je me souviens quand vous avez créé votre groupe, nous ne sommes ni de droite ni de gauche. C'est ce qui a été écrit.

17:56
Delphine Batho

Je n'ai pas dit ni-ni, Jean-Jacques Bourdin. Ce que j'ai dit, c'est qu'il y a un nouveau clivage.

18:01
Présentateur

Ni dans la majorité, ni dans l'opposition. Le groupe à l'Assemblée nationale. Ah oui,

18:10
Delphine Batho

sur le nouveau clivage qui est en train de structurer le paysage politique entre ce que j'ai appelé les terriens et les destructeurs. Ce clivage, on l'a vu dans le vote d'hier à l'Assemblée nationale. Regardez l'analyse du scrutin sur les néonicotinoïdes. Eh bien, vous voyez qu'il y a des collègues, évidemment, de groupe qui ont mon groupe, d'autres groupes ont entièrement voté contre ce texte. Mais vous avez des collègues de La République En Marche qui ont voté contre. Vous avez des députés Les Républicains qui ont voté contre. Vous avez des députés Modem qui ont voté contre.

Et en fait, ce que ça fait apparaître, c'est que ce clivage, quelque part, pour ou contre le vivant, pour ou contre le vivant, il est en train de structurer petit à petit le paysage politique.

18:53
Présentateur

Il est en train de structurer petit à petit le paysage politique. Et nous devons

18:57
Delphine Batho

rassembler tous ceux qui sont pour l'écologie.

19:00
Présentateur

Vous demandez la suppression de l'élection du Président de la République au suffrage universel. Vous vous remplacez cette élection au suffrage universel par quoi ?

19:07
Delphine Batho

Par les élections législatives. Par un régime primo-ministériel.

19:11
Présentateur

C'est-à-dire ? On vote sur les législatives et ensuite les députés choisissent le Président ?

19:16
Delphine Batho

Non. Il peut y avoir un Président de la République par rapport à un certain nombre de fonctions.

19:20
Présentateur

Comment est-il choisi ?

19:21
Delphine Batho

Attendez. Il peut y avoir un ou une Présidente de la République comme dans d'autres pays par rapport à des fonctions de garantie constitutionnelle, etc. Moi, mon propos, c'est de dire aujourd'hui que la France doit rompre avec le présidentialisme qui est une sorte de survivance monarchiste et qui explique une partie des problèmes du pays. Le fait que toute cette concentration des pouvoirs, que toutes les décisions soient dans les mains d'un seul, une forme de culte du narcissisme où le compte Instagram devient plus important qu'un programme politique. Tout ça est en train de tuer la politique, en fait.

Donc, ce que nous devons faire, nous, les écologistes, c'est construire un projet collectif avec les citoyens qui proposent le moment venu au pays une nouvelle gouvernance démocratique.

20:10
Présentateur

Avec un Premier ministre, un système à l'allemande, un peu, ou avec un Premier ministre...

20:14
Delphine Batho

Il y a des inspirations à regarder. Il ne faut pas copier l'Allemande. À quoi aboutit le système présidentiel actuel ? Il aboutit au fait que quelqu'un qui fait 20, 22, 24% au premier tour de l'élection présidentielle, il a les pleins pouvoirs en France, en fait. Il a ensuite une majorité très large à l'Assemblée nationale et donc, il n'est plus obligé de discuter avec personne. Et je ne crois pas qu'une formation politique minoritaire dans le pays puisse gouverner la France comme il faut et ça donne lieu aux tensions que l'on connaît actuellement.

20:49
Présentateur

Dernière question, le Covid. 50% des députés à l'Assemblée nationale en commission et dans l'hémicycle. Il y a beaucoup de cas parmi les députés ?

20:58
Delphine Batho

Il y a un certain nombre de cas contacts. On n'a pas tellement d'informations mais voilà, on doit tous se faire tester et appliquer les consignes.

21:07
Présentateur

Merci Delphine Bateau d'être venue nous voir. Éric Dupond-Moretti sera mon invité demain matin. Ne ratez pas ce rendez-vous. Il est 8h55 RMC et BFM TV. Sous-titrage Société Radio-Canada