Yannick Jadot, candidat "Europe Écologie Les Verts" à l'élection présidentielle - 17/10
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
– BFM politique en compagnie de BFM Business et de Vichevrillon, Jules Pécnard pour Marianne, notre invité et donc candidat à l'élection présidentielle pour les écologistes, c'est Yannick Jadot. Yannick Jadot, l'essence n'a jamais coûté aussi cher dans notre pays. 1,53€ en moyenne pour le litre de diesel, c'est inédit. Les prix de l'électricité, du gaz sont envolés. Les gilets jaunes étaient de retour sur les ronds-points hier matin. Est-ce que le gouvernement n'en fait pas assez pour les Français de ce point de vue-là ?
– C'est évident, c'est évident. D'ailleurs, il improvise quasiment toutes les semaines, on a une nouvelle mesure de la part du gouvernement pour faire face à une situation que ce gouvernement n'a pas anticipée. Nous savons depuis des années que les prix de l'énergie sont souvent très volatiles et puis surtout que potentiellement, tendanciellement, ils peuvent augmenter. Il n'y a pas eu d'effort sur l'isolation des logements, quand on parle des factures de gaz et d'électricité. Il y a des refus permanents sur l'investissement dans les transports collectifs. Le ferroviaire, les trains du quotidien sont les grands oubliés des plans de relance.
Il n'y a pas d'obligation vis-à-vis des entreprises à rembourser le forfait mobilité durable pour que les Françaises et les Français s'organisent différemment. Et puis, du point de vue conjoncturel, ce qui intéresse les Françaises et les Français qui peuvent... Moi, je rencontre des infirmières, des enseignants, des artisans qui font des dizaines, voire des centaines de kilomètres par jour ou par semaine. Rien n'est fait pour compenser la hausse des tarifs.
Vous proposez un chèque, c'est ça ?
Un chèque énergie. Vous savez qu'on a aujourd'hui le système, c'est le chèque énergie, c'est pour les 5,8 millions de familles les plus en difficulté. C'est très faible, c'est de 50 à 200 euros maximum par an. Ce que je propose, c'est que le gouvernement mette en place, pour ces 5,8 millions de Français les plus en difficulté, un chèque énergie de 400 euros. 400 euros. Et d'élargir ce chèque énergie pour les 15 millions de familles qui sont aussi très impactées, les classes moyennes, avec un chèque énergie de 100 euros. Ça, c'est la mesure conjoncturelle pour rendre du pouvoir d'achat aux Françaises et aux Français.
Et ça tombe bien, puisque le gouvernement a encaissé près de 2,5 milliards de taxes supplémentaires autour de la hausse des prix de l'énergie. Donc, en fait, c'est de rendre l'argent aux Français.
Oui, mais alors, un chèque, pourquoi pas ? Mais si on prend le sujet dans sa globalité, est-ce que vous, Président de la République, vous pouvez assurer aux Français que les prix de l'énergie ne vont pas augmenter soudainement sous votre mandature ? Est-ce que c'est souhaitable même de faire une telle promesse ? Est-ce qu'on peut contrôler ça, finalement ?
Le premier bouclier énergétique pour les Françaises et les Français, c'est l'énergie qu'ils ne vont pas consommer. Quand on investit... Pourquoi on se bat depuis tant d'années sur l'isolation des logements ? C'est évidemment un enjeu climatique. C'est un enjeu d'indépendance énergétique vis-à-vis de la Russie ou d'autres. Mais c'est d'abord un enjeu de pouvoir d'achat, de confort de vie. Oui, mais bien sûr, pardonnez-moi de vous attendre, Yannick Jadot. Non, mais je vous laisse terminer dans un instant. À chaque fois, on nous dit, nous, on propose de combattre structurellement le coût de l'énergie. Pour les Français, à chaque fois, on nous dit, non, non, on verra ça plus tard.
Non, non, c'est justement l'inverse de ma question, si vous me permettez de la poser, Yannick Jadot.
Je vous en prie. C'est qu'il y a une notion d'immédiateté pour les gens qui vous écoutent, qui vous regardent, isoler leur logement. Très bien, mais c'est un projet, ce sont des travaux.
La solution immédiate, c'est ce chèque énergie de 400 euros. Pour les Françaises et les Français les plus en difficulté, un chèque énergie de 100 euros pour l'ensemble des classes moyennes. Ça, c'est la mesure immédiate de pouvoir d'achat. La mesure structurelle de pouvoir d'achat, c'est évidemment, quand vous isolez votre logement, pour une famille qui a un pavillon.
Vous n'avez pas Primes Rénov' qui a mis en place le gouvernement.
800 000 Primes Rénov', vous n'avez même pas 1 500 rénovations profondes des logements. La Primes Rénov' telle qu'elle est vendue par le gouvernement, c'est en moyenne 2 900 euros d'aide à un geste dans votre logement. On est très loin des enjeux. Quand je propose que pour les 2 millions de familles qui sont aujourd'hui confrontées à la précarité énergétique et qui vivent dans ce qu'on appelle des passoires énergétiques, qui consomment énormément, d'accord ? Ça peut être, pour une famille qui a un pavillon, ça peut être 1 500, 2 000 euros de factures énergétiques par an. C'est considérable. Mais ça veut dire que vous proposez plus de 2 900 euros pour qu'ils...
Mais pour qu'ils fassent une rénovation complète. Pour moi, pour les familles, les plus vulnérables... Vous avez chiffré ça parce que c'est énorme la rénovation complète. C'est le zéro reste à charge. Mais c'est un investissement, Madame Chevrillon. Quand l'État est capable d'emprunter aujourd'hui quasiment à 0% à 40 ans, votre rénovation, elle est rentable à partir de 20 ans.
Vous avez chiffré ce que ça peut représenter ?
Mais on est... Vous avez... C'est... En fait, une rénovation, c'est à peu près entre 25 000 et 30 000 euros. OK ? Une rénovation globale. Ça dépend du lieu. On parle de moyenne.
Pour les HLM, ils chiffrent ça à presque 40 milliards, du reste.
Oui, mais moi, je propose qu'il y ait un investissement de 10 milliards par an sur le bâtiment. Mais aussi les écoles, aussi les lycées, et évidemment, de cibler sur les populations les plus vulnérables, celles qui sont confrontées. Donc là, on répond structurellement. Et puis, j'ai porté l'idée que nous ayons de nouveau... Vous vous souvenez ? Historiquement, on avait une tarification sociale de l'énergie. Que les Français, y compris qui ont des difficultés, qu'on leur garantisse l'accès à de l'eau, à de l'électricité, à du gaz, justement pour pouvoir vivre convenablement.
On a... On va avancer.
Juste, écoutez, cette semaine, vous avez le médiateur de l'énergie. Donc, c'est quelqu'un qui est nommé par l'État et qui dit explosion de la précarité énergétique dans notre pays. Est-ce que ce gouvernement va enfin mettre en œuvre les mesures structurelles et conjoncturelles, vous avez bien entendu, pour aider les Français à faire face aux difficultés de pouvoir acheter ?
Yannick Jadot, la France a été condamnée à réparer le préjudice causé par le non-respect de ses engagements pour le climat, notamment dans le cadre de l'accord de Paris. C'est ce qu'on appelle l'affaire du siècle, donc qui a été mise en avant par des ONG. Qu'est-ce que ça, comme répercussion ? C'est une belle victoire pour ces ONG, mais on ne mesure pas forcément où est-ce que ça mène, qu'est-ce que ça veut dire ?
Vous avez plusieurs affaires, malheureusement, dans lesquelles l'État est condamné. Ce n'est jamais une bonne nouvelle, vous savez, quand l'État français est condamné pour inaction. On n'en voit pas sur quoi. Non, attendez, l'État est condamné pour inaction sur le climat, comme l'État est condamné par la Commission européenne sur la pollution de l'air, ou sur d'autres sujets, comme l'État sera condamné une nouvelle fois sur les autorisations d'autorisation. Concrètement, ça va donner quoi, alors ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que la justice dit que l'État n'en fait pas assez par rapport à ses obligations internationales en matière de climat.
Selon les scientifiques, il faut réduire de 65% nos émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Concrètement, Yannick Jadot, s'il vous plaît, ça va changer quoi ? Ça va changer quoi ? Cette condamnation de l'État. Mais c'est qu'à un moment donné... C'est symbolique ! Non, ce n'est pas symbolique, parce qu'il peut y avoir à un moment donné des sanctions, c'est ce que fait d'ailleurs l'Union européenne sur la pollution de l'air, mais surtout, qu'est-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire que ce quinquennat a été un quinquennat de renoncement sur le climat, ça veut dire que le prochain quinquennat, c'est ce que disent tous les scientifiques, c'est ce que disent maintenant les tribunaux, on doit faire deux à trois fois plus. Et c'est pour ça que je suis candidat à l'élection présidentielle, parlez-moi. Je ne suis candidat à l'élection présidentielle que pour une seule raison, c'est que l'enjeu de nos conditions mêmes d'existence, la santé, le climat, la biodiversité, le vivant,
Justement, soyons concrets, avançons pour être concrets sur vos propositions et vos prises de position. Vous avez écouté, j'imagine, avec attention Emmanuel Macron, la France 2030, il a fait une série de propositions, parmi elles, un milliard d'investissements pour les SMR, les Small Modular Reactors, en fait, ce sont de petits modules nucléaires, ils seraient selon lui plus sûrs et moins coûteux. Est-ce qu'ils sont plus sûrs et moins coûteux ?
Écoutez, moi je trouve ça génial. En fait, on nous parle de petits réacteurs qui n'existent pas, ça n'existe pas. Ils sont à l'étude. Ils sont à l'étude. Et on nous dit, ça va être des petits réacteurs mignons, s'ils explosent, ce seront des régions qui seront condamnées, mais de façon très mignonne, les déchets, ça sera des petits déchets.
Personne ne dit que ce sera très mignon, Yannick Jadot.
Mais c'est ça qu'on nous vend.
Donc vous vous dites, ça n'est pas plus sûr et ça n'est pas moins cher.
On nous vend, vous vous rendez compte, tous les scientifiques, je le répète, sur le climat, comme sur la transition énergétique, comme sur le pouvoir d'achat, tous les scientifiques nous disent, le quinquennat qui vient, si ce n'est pas le quinquennat de l'action climatique, de la transition énergétique et de la justice sociale, ce sera, après on sera dans un système catastrophique. Et vous avez le président de la République, qui comme Giscard dans les années 70, c'est le retour de Giscard Macron, c'est incroyable, nous dit, en fait j'ai une solution pour 2040. Donc ça veut dire que si vous êtes élu Yannick Jadot,
le milliard d'euros, vous le reprenez, et il n'y a plus de développement des SMR. D'ailleurs, le milliard d'euros, il n'existe pas en vrai.
Donc il n'y aura plus de développement, vous, président des SMR. Mais bien sûr que non. Enfin, vous vous rendez compte qu'on est dans un système. Vous avez, et vous êtes toutes et tous des experts de ces questions-là, la France, comme tous les grands pays de la planète, vont devoir énormément investir sur la transition énergétique, le renouvelable.
Quel nouveau, quelle nouvelle ? Si on suit votre raisonnement, on connaît vos positions sur le nucléaire. Si on suit votre raisonnement, donc on sort du nucléaire d'ici 15, 20 ans à peu près, comment est-ce que vous évitez par exemple le cas allemand qui a dû rouvrir des centrales à charbon, qui a aujourd'hui beaucoup de renouvelables dans son mix énergétique, mais qui a dû rouvrir des centrales à charbon, parce qu'il y a un moment, il faut bien produire de l'église. Je vous invite. Comment on évite ça ?
Sur tous ces débats, ce qui est bien, c'est qu'on va avoir l'élection présidentielle. Moi, je suis très heureux que le président de la République soit ravi du nucléaire, ça nous permet d'en parler. Je suis très triste qu'au fond, ils s'inscrivent dans le passé, ils s'inscrivent dans le...
Vous voulez bien répondre s'il vous plaît, Jean-Luc Lecnerre ? Comment on évite ? Parce qu'il y a un moment, il faut la produire l'électricité. Il faut la produire. Aujourd'hui, c'est quoi la situation ?
Donc, on va devoir en France, y compris parce que nos réacteurs nucléaires sont en train d'atteindre 40 ans d'âge, donc l'enjeu c'est comment on fournit de l'électricité aux Françaises et aux Français et à nos entreprises. Je l'ai dit, je l'ai dit, on réduit les consommations d'énergie. Toujours le rappeler, parce que c'est la base. Il faut tout réduire. Après, on a le choix. Le président de la République commence à nous raconter des petits réacteurs. En fait, des réacteurs qu'on veut vendre à l'étranger, ce n'est pas pour la France. On va les vendre dans des pays qui n'ont pas de culture nucléaire.
Donc, le deuxième option, c'est ce que va probablement annoncer le président de la République dans les jours qui viennent, on va construire de nouveaux EPR. Vous savez, ce réacteur qu'on est en train de construire à Flamanville, ce réacteur, au départ, il devait nous coûter 3,3 milliards. Il est aujourd'hui non fini, déjà évalué par la Cour des comptes à plus de 19 milliards. Ce que propose le président de la République,
c'est de multiplier des EPR qui ont coûté aux Français 17 milliards de plus avec 10 ans de plus.
Qu'est-ce que vous faites, vous ? Moi, je me base là-dessus. Regardez ça, c'est génial. C'est écrit en anglais, donc on va le traduire pour les gens. Les courbes suffisent. Ce sont les prix de l'énergie sur la dernière décennie au niveau mondial. Donc, vous voyez, en jaune, c'est le coût du solaire. Il arrive là. En bleu, c'est le coût de l'éolien. Il arrive là. En rouge, c'est le coût du nucléaire. L'électricité nucléaire est une électricité qui coûte de plus en plus cher. Beaucoup plus cher que les énergies renouvelables.
Qui ont été largement subventionnées, vous êtes d'accord ? Mais le nucléaire est payé par les Français, Mme Chevrillon. Comment vous appelez ça ?
Yannick Jadot, s'il vous plaît, que faites-vous ? Donc, on investit sur les économies d'énergie. On déploie massivement les énergies renouvelables qui sont des énergies de territoire. Qui sont des énergies qui créent, par exemple, par rapport au nucléaire, trois fois plus d'emplois. Et à partir du moment où on tient les économies d'énergie, on développe des énergies renouvelables, et bien, petit à petit, sans jamais mettre en danger l'économie française, sans jamais mettre en danger l'approvisionnement des Françaises et des Français, on fermera les réacteurs les plus vieux, les plus dangereux. Et on sera extrêmement pragmatiques
Mais en même temps, vous entendez bien quand même du côté des Français, il y a quand même des doutes autour des énergies renouvelables, et particulièrement des éoliennes. Il y a même certains candidats qui en ont fait un peu leur leitmotiv en disant non, on a stop aux éoliennes. Vous entendez cette colère qui monte quand même des Français. Qu'est-ce que vous proposez ? Est-ce que c'est vraiment que des éoliennes ? Ou est-ce qu'on peut trouver une autre manière de faire des énergies renouvelables ?
Madame Chevrillon, Ou peut-être les organiser différemment ? L'essentiel de nos énergies renouvelables, aujourd'hui, c'est quoi ? C'est l'hydraulique et la biomasse. Mais qui arrive au bout. Attendez, c'est l'hydraulique et la biomasse. On met du photovoltaïque. Moi, je suis y compris pour qu'en Allemagne, comme comme en Allemagne, les citoyens s'emparent de tous ces projets. On met du photovoltaïque, on oblige... C'est d'ailleurs dans l'accord de coalition avec l'Allemagne qui sortira du charbon en 2030. Et bien, chapeau, ils vont le faire. Ah là, c'est l'engagement de la coalition.
Et donc, ils vont mettre le paquet. Oui, mais ils mettent le paquet pour le faire. Eux, ils bougent. Ils vont consommer du charbon.
La France de Macron, c'est le statut. Donc, vous construisez plus d'éoliennes ? On fait plus d'énergie renouvelable. Et on construira aussi plus d'éoliennes. On a 5 500 éoliennes offshore en Europe. 5 500. On en a une seule en France. Est-ce qu'à un moment donné, on monte dans le train de l'innovation, du développement industriel, qui sont des emplois sur tous nos territoires ? Et puis, puisque vous me parlez de l'éolien, je suis venu avec un deuxième graphique, parce que sur ces questions... On ne l'a pas vu, je précise. Vous êtes arrivé avec un panneau qu'on n'a pas vu. Donc, on va le découvrir. Voilà.
Reconnaissez que sur les questions d'énergie renouvelable, il y a beaucoup de contre-vérités, de malentendus, de fausses informations qui circulent. Ça, c'est la carte qui présente les zones d'interdiction à cause des radars de l'éolien dans notre pays. Vous avez ici la situation avant le 18 juin de cette année, 2021. 40% du territoire où vous ne pouvez pas construire des éoliennes. Depuis le 18 juin, comme par hasard, avec ce gouvernement Macron, 70% du territoire, c'est cette carte-là, pour des raisons de radars militaires. Ça n'existe nulle part en Europe. Donc, vous avez raison, Mme Chevrillon. Moi, je ne suis jamais pour produire de l'électricité contre les citoyens.
Je ne suis pas pour les projets, ni nucléaires, ni gaziers, ni renouvelables, qui se font contre la vie des citoyens. Mais reconnaissons qu'on est dans une situation absolument invraisemblable où le gouvernement utilise l'armée pour empêcher de construire des éoliennes là où ce serait nécessaire.
Yannick Jadot, puisque vous parlez des Français et de leur logement, c'est un des sujets de ces dernières heures. Vous avez entendu Emmanuel Vargon. Elle est revenue sur ses déclarations, la ministre, au sujet de la maison individuelle. Elle l'avait initialement qualifiée la maison individuelle de non-sens écologique, économique et sociale. Est-ce qu'elle avait tort ?
On a véhiculé dans notre pays pendant des années et des années l'idée que l'aboutissement social, c'était la maison individuelle. Et donc, on a créé beaucoup de zones, d'ailleurs, y compris d'où viennent beaucoup des Gilets jaunes, en fait. Parce qu'on a construit des zones, des lotissements, qui ont évidemment piété beaucoup sur les terres agricoles ou sur la nature. Donc, c'était un non-sens ? Non, attendez, mais qui aussi ont été des zones où pas de commerce de centre-ville, pas de services publics, pas de transports collectifs, où on est obligé de faire 50 kilomètres.
Ce qu'il faut, si on veut effectivement faire des écoquartiers où il y a plus de socialisation, où on met en partage des services publics, et si on veut que les Françaises et les Français puissent habiter en centre-ville, il faut aussi que les logements soient accessibles en centre-ville. Parce qu'à partir du moment où vous refusez de mettre en place l'enquête des loyers...
Il y a plein de gens qui, effectivement, pour qui avoir une maison, c'est un aboutissement dans la ville, ils s'endettent, c'est leur rêve, ils l'ont en train. Bien sûr, mais je n'entends pas. Est-ce que vous dites, comme Emmanuel Vargon, que c'est un non-sens ?
Non, je ne dis pas que c'est un non-sens. Parce qu'à partir du moment où c'est une aspiration des Françaises et des Français, ce n'est pas un non-sens. En revanche, pensez qu'on redensifie... Il y a plein de villages, de centres-bourgs, de petites villes moyennes ou petites aujourd'hui. Il y a une désertification des centres-villes. Il faut trouver les moyens par l'activité économique, en remettant des commerces de centres-villes, en remettant des services publics, à rendre de nouveau attractifs les centres-villes, à la fois du point de vue du coût, comme du point de vue de l'activité économique, sociale, culturelle.
Nous revenons dans un instant pour la suite de BFM Politique. Et nous avons beaucoup de questions encore à vous poser à tout de suite. Yannick Jadot est l'invité de BFM Politique ce dimanche midi. Jules, nous continuons cette émission avec l'actualité.
Yannick Jadot, nous commémorons l'assassinat de Samuel Paty il y a un an, assassiné par un terroriste islamiste. Alexis Corbière, sur LCP, a expliqué qu'il y avait certains dessins qui pouvaient choquer certains adolescents en classe. Est-ce que vous partagez cet avis ? C'est-à-dire qu'il y a des dessins qu'on ne peut pas montrer.
Dans la question, ce n'est pas de savoir s'il y a des dessins qu'on peut montrer ou pas montrer, évidemment. Mais vous savez, la responsabilité pédagogique des enseignants est essentielle dans notre système. Samuel Paty, on le sait, avait pensé son cours avec beaucoup, beaucoup d'intelligence. Donc, la question, ce n'est pas de montrer des dessins dans n'importe quelle condition. C'est de donner, de laisser d'ailleurs, aux professeurs, cette responsabilité pédagogique. Vous savez, j'étais à la commémoration hier, à Conflans, avec les élèves, avec les parents d'élèves, avec les enseignants.
Et toutes et tous me disaient qu'évidemment, l'émotion reste extrêmement vive par rapport à cet attentat horrible. Mais quand je parlais avec les enseignants, il y avait aussi ce sentiment de continuer à être seul dans leur mission. Vous vous souvenez, quand même, il y a un an, l'enjeu, c'était que les professeurs puissent, à la rentrée des vacances de la Toussaint, avec les chefs d'établissement, discuter avec les enfants, avec les parents. Au dernier moment, le ministre Blanquer, le gouvernement, avait empêché ce moment qui permettait de débattre. Là, vendredi, il y a eu la minute de silence. Les enseignants ont appris le matin même que la minute de silence était reportée à 17h.
Ce que je veux dire, c'est que Samuel Paty, on le sait, a été très seul dans son combat pour porter la liberté d'expression, faire de ses élèves, des citoyennes et des citoyens. Et qu'aujourd'hui, on a toujours des enseignants qui sont très seuls sur ces questions qui sont complexes.
Pour dire les choses, il aurait fallu, par exemple, que Jean-Michel Blanquer dise pour toutes les écoles de France, à telle heure, il y aurait une minute de silence. C'est obligatoire, il n'y a pas de discussion, c'est la mission de l'école.
Mais c'est ce qui s'est passé, simplement. Les enseignants n'ont marre d'apprendre à la radio, à la télé, quel est l'agenda pour traiter ces sujets. Depuis un an, les enseignants n'ont reçu aucune instruction. Donc on sait à quel point, aujourd'hui, il faut renforcer l'éducation sur tous ces sujets qui sont incontestablement des sujets complexes. Et quand je lis François Bayrou ce matin, je ne sais pas si vous avez vu son interview dans le JDD, qui dit, François Bayrou, c'est 40 ans de mandats électoraux. Il a ses retraites de députés, ses retraites de ministres. Il a ses retraites de conseillers régionales.
Il est aujourd'hui au plan où il devrait nous écrire l'avenir et il nous vend avant-hier. Et qu'est-ce qu'il explique ? Il explique qu'il n'est pas question d'augmenter les salaires des enseignants, de continuer à laisser les enseignants très en dessous, y compris de la moyenne européenne, de continuer à laisser les infirmières, les sages-femmes qui se battent pour avoir des conditions décentes de travail, de les laisser là où elles sont, là où ils sont.
Eh bien, je trouve qu'il va falloir que ce gouvernement, même sur les six derniers mois qui restent, sorte de cette forme d'arrogance, de mépris de classe par rapport à celles et ceux qui organisent, qui sont au cœur de l'avenir de la société comme de celle de nos enfants.
– Certains fonctionnaires ont reçu le soutien de Gérald Darmanin, qui a décidé de porter plainte contre Philippe Poutou, le candidat NPA à l'élection présidentielle. Je vois lever les yeux au ciel. Il a déclaré que les policiers tuaient. Il a réaffirmé ses propos.
– Qu'il y ait des violences policières, c'est une évidence. Qu'on dise de l'autre côté « la police tue, la police est raciste », pour moi, ce n'est pas ce que je pense. Mais franchement, est-ce que dès qu'il y a une expression, y compris qu'on conteste dans les débats publics, on va devant la justice ? C'est devenu ça, la France du débat politique ? Moi, je conteste les propos de Philippe Poutou. Je ne suis pas d'accord avec Philippe Poutou. Je me bats pour que l'IGPN, la police des polices, soit mise auprès de la défenseuse des droits, pour qu'il y ait des enquêtes indépendantes sur quand il y a des bavures ou des violences policières.
Mais on va mettre devant la justice chaque élément du débat public. Franchement, que M. Darmanin, qui n'a pas porté une loi de programmation, il n'y a pas de loi de programmation pour aider nos policières et nos policiers à sortir du sous-effectif, sortir de la sous-formation, sortir du sous-équipement. Il aurait mieux fait de porter une grande loi de programmation pour aider nos policières, nos policiers, nos gendarmes à exercer... Ça ne valait pas le coup de forcer bien, de quoi vous dites ? Non, ce n'est pas à la hauteur du débat politique qu'on doit avoir... C'est un candidat à l'élection présidentielle qui tient à ce propos. — Oui, mais le sujet...
Franchement, moi, vous savez, quand je vois le débat public qui devient un débat d'invective, où on cherche plutôt un bouc émissaire qu'une solution, où on sort de toutes les nuances, ce débat politique, parfois, je me dis franchement, on n'est pas à la hauteur de ce qu'attendait.
— M. Jadot, c'est-à-dire que vous, président de la République, vous n'auriez pas dit à votre ministre de l'Intérieur de...
— Non, je dis écoutez, je fais du débat politique, on conteste les arguments qui sont prononcés, mais surtout, si je suis président de la République, et c'est évidemment la candidature que je porte, j'apporte des solutions aux Françaises et aux Français. Je ne fais pas des coups de menton, je ne fais pas des polémiques, des invectives, je ne disqualifie pas mes adversaires, au contraire, je construis des solutions pour les Français.
— Le ministère de la Transition écologique, je ne sais pas si vous avez vu, à réautoriser les chasses qui avaient été interdites par le Conseil d'État, et il a publié des décrets au journal officiel vendredi, un vendredi.
Est-ce que... — C'est honteux, madame. — C'est honteux ? — C'est honteux. — Il faut expliquer pourquoi. — Est-ce que c'est... — Le vendredi, a priori, certaines associations de défense des animaux estiment que ça a été déposé le vendredi parce que les référés ne peuvent pas passer avant lundi, du coup, les chasseurs peuvent chasser.
Le gouvernement est systématiquement condamné.
— C'est le lobby des chasseurs qui l'a emporté ?
— Bien sûr. De toute façon, Macron n'a cessé depuis 4 ans. Ennemis, de servir le lobby des chasseurs en réduisant le coût du permis de chasse, en autorisant les chasses les plus cruelles. La France est systématiquement condamnée par l'Europe sur ces chasses traditionnelles, sur ces chasses cruelles. Et à chaque fois, effectivement, le gouvernement prend des décrets pour autoriser, sachant que ces décrets seront cassés par la justice. Est-ce que franchement, dans ce moment où les Françaises et les Français aiment la nature, ils aiment des natures vivantes ?
— Mais on peut aimer la chasse et aimer la nature.
— Oui. Mais enfin, là, ce sont des animaux. Et là, en cas d'espèce, ce sont des oiseaux qui sont protégés. Qui sont protégés. Y compris dans certains, si on prend les pluviers, sont en voie de disparition. Et vous avez un gouvernement qui préfère donner en sacrifice, en massacre, en saccage, des animaux protégés à un lobby de quelques chasseurs cruels plutôt que de protéger la nature. — Monsieur Jadot. — Là, encore une fois, le président et la France ne sont pas à la hauteur. Ça changera avec les écologistes.
— Vous avez donc remporté la primaire écologiste face à Sandrine Rousseau dans un duel qui a été serré. Vous êtes donc officiellement investi. Après avoir gagné, il faut rassembler. Est-ce que vous avez donné des garanties à Sandrine Rousseau ?
— Mais je rassemble tous les écologistes, aujourd'hui. La question, c'est pas de donner des garanties à Sandrine Rousseau. — Elle n'avait pas exactement la même ligne que vous. — Moi, je porte le projet écologiste. J'ai gagné cette primaire, vous l'avez dit. On a rassemblé, aujourd'hui, tous les écologistes. On est en train de mettre en place un conseil de gouvernance démocratique avec William Aucan, qui était un des 150 citoyens tirés au sort pour la Convention sur le climat, avec Léonore Monconduit, maire de Poitiers, pour que les citoyens participent à la construction et à la validation du projet.
— Donc c'est un comité citoyen dans votre équipe de campagne, c'est ça ?
— Bien sûr. On est en train aussi de mettre en place un comité de lien avec toutes les forces vives de ce pays, notamment les forces syndicales. Je vais les rencontrer dans les prochains jours, tous les syndicats, pour discuter justement de la santé au travail, pour discuter des temps de travail, télétravail, réduction du temps de travail, pour discuter des salaires. Vous savez que je porte l'idée qu'il faut imposer des négociations collectives, notamment dans les secteurs du ménage, de la distribution, de l'agroalimentaire...
— Mais M. Jadot, Sandrine Rousseau, ce que je veux dire, ce qui est arrivé, vous le savez, en finale, face à vous, dans cette primaire, il y a eu des débats, vous avez débattu, il y a eu du fond, mais elles n'étaient pas sur les mêmes lignes que vous. Or, elles représentent un certain nombre de voix chez les écologistes. Ça veut dire que vous repoussez l'ensemble des propositions qui sont les scènes,
qui ne sont pas les vôtres ? — Pas du tout. Nous avons fait un débat autour du projet écologiste. L'engagement que nous avions, que ce soit Delphine, Éric, Piole, Delphine Bateau, Sandrine Rousseau et moi-même, c'était de porter le projet écologiste. Vous savez, ce projet-là, le projet écologiste, il a toujours marché sur deux jambes. La protection de l'environnement, la justice sociale. De dire qu'aujourd'hui, nous avons l'écologie... Vous savez, la première visite qu'on a faite, première visite de terrain, après cette désignation à la primaire. Ça a été avec l'usine Ferropem, qui fait du silicium. On a besoin de puces et de microprocesseurs. On a besoin de panneaux photovoltaïques.
On a besoin de batteries électriques. Et ce gouvernement abandonne des usines qui sont notre futur comme la réalité.
Zéro concession, justement. Il y a une autre femme qui, elle, prononce aussi la justice. La justice, c'est le courage. Anne Hidalgo, elle a été investie par le Parti socialiste. Vous vous parlez avec Anne Hidalgo ?
Écoutez, je l'ai félicité pour sa désignation, comme elle m'a félicité pour ma victoire à la primaire écologique.
Et c'est tout ? Il n'y a aucun...
Écoutez, elle est la candidate des socialistes. On t'acte. Très bien, pour les socialistes.
Lorsqu'on regarde ce qui s'est passé en Allemagne, il y a un accord de gouvernement. Qu'est-ce que vous pourriez, je ne sais pas, concéder à Anne Hidalgo pour qu'il y ait un accord éventuellement entre le Parti socialiste et Europe Ecologie Les Verts ?
Écoutez, moi j'ai été désigné pour porter le projet écologiste. Je l'ai dit, on n'a pas cinq ans à perdre encore sur le climat, la biodiversité et la solidarité. Pour revitaliser notre démocratie, relocaliser notre économie, c'est un point essentiel du programme écologiste. Nous, on avance sur ce programme-là. Il est cohérent. Il est déterminé. Aujourd'hui, il est crédible. C'est ce projet-là que je veux porter. Moi, j'entends les socialistes nous dire, nous, au moins, on s'est gouvernés. Certes, ils gouvernaient avec François Hollande il y a quatre ans et demi. Bon, est-ce que ça a été la fête tous les matins sur l'écologie ? Non.
Sur le social, on a fini avec les lois de travail, les lois de Khomri. Donc, l'histoire du Parti socialiste, elle est forte. Dans les conquêtes démocratiques, dans les conquêtes sociales...
Vous parlez du quinquennat de François Hollande. L'un de ses anciens ministres, François Lamy, donc ancien proche de Martine Aubry, vient de vous rejoindre. Est-ce que vous attendez à ce que d'autres socialistes, déçus du hollandisme ou autres, vous rejoignent ?
Moi, ce sont les Françaises et les Français que je veux rassembler. Donc, vous ne tendez pas la main aux socialistes ? Moi, je tends la main à tous les progressistes, à tous les humanistes. Si, et j'entends beaucoup à gauche, de dire, au fond, on se reconstruit sur l'écologie, ça tombe bien. Il y a un projet écologiste. On doit porter une candidature de rassemblement autour de l'écologie. Ça tombe bien, il y a une candidature écologiste. Donc, moi, je tends la main. Et vous savez que j'ai rassemblé, au printemps dernier, j'ai rassemblé toute la gauche.
Moi, je continue à tendre la main à tous les progressistes, à tous les humanistes qui voient bien qu'on ne peut pas que 5 ans de Macron en plus. C'est le statu quo. Donc, c'est le chaos écologique, social, démocratique. Que Zemmour, je veux dire, le petit collabo de salon qui se prend pour un grand résistant, même pas en rêve. Et donc, il faut un beau projet. Mais un projet qui rassemble les Françaises et les Français.
Mais vous voyez bien, vous tendez la main, tendez la main à Nédago, donc visiblement, pour l'instant, elle ne la prend pas. Jean-Luc Mélenchon, non plus. Puisque lui, il est évident qu'il ira jusqu'au bout.
Ce sont les Françaises et les Français, c'est la beauté de la démocratie. C'est toute son incertitude, mais c'est la beauté de la démocratie. Et comment un écologiste, aujourd'hui, pourrait, alors que tous les scientifiques, que la justice, on l'a rappelé tout à l'heure, nous dit qu'il faut faire deux à trois fois plus sur le climat, que le projet écologiste, aujourd'hui, c'est le projet de l'emploi, c'est le projet du poids d'achat, c'est le projet de la réindustrie.
Les Français dont vous parlez, ils sont, a priori, aujourd'hui, plus à droite qu'à gauche. Le total des électeurs de gauche n'a jamais été aussi bas en France. C'est historique. Non, mais est-ce que ça veut dire que la France est à droite, Yannick Jadot ?
Écoutez, la France est inquiète. La France est angoissée.
Et donc, elle se retourne à la droite ?
Non, c'est que quand vous êtes angoissé et que vous êtes inquiet, souvent, et que l'avenir, c'est des pandémies, des chocs climatiques, des inégalités sociales et du populisme qui construit partout, tout le monde a la troupe. Donc, le fantasme, c'est de revenir en arrière.
Mais de ces inquiétudes, vous n'en profitez pas du tout. Aucun des candidats de gauche ne dépasse la barre des 10%. Vous-même, dans le dernier... Attendez, je termine, vous êtes à 7% dans le dernier IFOP. Alors, vous allez me dire, oui, les sondages, c'est une photo d'un instant. Il y en a d'autres qui sont à 10%, tant mieux. Très bien. Mais comment est-ce qu'on fait, quand on est candidat de gauche comme vous l'êtes, pour ne pas finir spectateur, finalement, de cette politique ? Eh bien non, justement. Comment est-ce que vous allez faire ?
Pour la première fois, les écologistes ne font pas une candidature de témoignage, ils font une candidature pour gagner. On est à six mois de l'élection présidentielle. Quand je regarde, y compris, vous parlez des sondages, parlons des enquêtes d'opinion sur les préoccupations des Françaises et des Français. Le pouvoir d'achat, le chômage, le climat, l'environnement, très haut, la solidarité. Eh bien, le projet écologiste, et c'est ce qu'on va démontrer dans cette campagne, c'est pas un projet pour réécrire l'histoire. C'est pas un projet pour savoir si Pétain était un grand résistant ou on a eu raison de le condamner. On a eu raison de le condamner, c'était un collabo.
C'est pour écrire notre avenir, c'est pour que nos enfants respirent un air pur, qu'ils mangent sainement. Quand vous vous rendez compte, le président de la République, qu'est-ce qu'il propose pour l'agriculture ?
Des drones, de la chimie, plus de matos ? Il veut explorer les fonds marins ? C'est peut-être une question bête pour vous, mais comment est-ce que vous expliquez que vous soyez mesuré à 7 et le président de la République à 23, 25 ?
Eh bien, c'est tout l'enjeu d'une campagne électorale. Vous savez qu'à six mois de l'élection, les sondages n'ont jamais donné le vainqueur final. On a ce grand débat public qui arrive. On est en sortie de pandémie. Il y a un an, sur vos plateaux, on discutait du monde d'après. Et aujourd'hui, toute la campagne s'organise sur le monde d'avant. Je serai le candidat. Et les écologistes, ce seront les candidats. On sera la candidature du monde de demain.
Yannick Jadot, ce qui est très monde d'avant, c'est je suis candidat, moi aussi je suis candidat, moi pareil je serai candidat, personne ne se met d'accord et tout le monde reste dans son couloir. Vous avez vu ces élus de gauche qui disent nous ne donnerons notre parrainage à personne tant qu'il n'y aura pas de candidature unique. Ça c'est peut-être le monde de demain, Yannick Jadot. Que les gens se mettent d'accord pour proposer un ticket, une candidature unique.
J'ai mis toute la gauche autour de la table, personne d'autre l'un a fait. Il y en a qui n'ont pas voulu jouer le jeu, d'autres qui sont venus et qui se sont... Écoutez, c'est leur responsabilité. Moi j'ai tendu la main, je n'ai pas tendu la joue, j'ai tendu la main. Ma main reste tendue. Que certains prennent la responsabilité de faire appart, ça sera leur responsabilité historique et politique. Mais ce qui est certain, c'est que si nous ne nous attaquons pas à la question du climat, à la question du... Non mais attendez, ça vous paraît évident. Non, non, ça ne me paraît pas du tout évident.
Je voudrais être concret pour les gens qui nous regardent. Excusez-moi M. Jadot. Pour que je comprenne bien les choses. Est-ce que vous avez dit par exemple à Jean-Luc Mélenchon, à Anne Hidalgo, voilà les sujets qui pour nous, écologistes, sont absolument essentiels. Ils sont là, si vous les prenez, dans leur entièreté, je me range à votre candidature pour que nous gagnions.
On va arrêter. J'ai fait ça il y a 5 ans. Je l'ai fait il y a 5 ans. Pour dire à quel point la cause...
Quand vous êtes désisté en faveur de Benoît Hamon, c'est ça que vous voulez dire.
Prime, voilà, prime sur la candidature. Mais franchement, excusez-moi, mais regardez ce que dit Jean-Luc Mélenchon sur l'Europe. On a quand même quelques sujets. Sur la démocratie internationale, on a quelques sujets. Regardez ce que disent les socialistes. En fait, on ne sait plus bien ce que sont les socialistes. Objectivement, moi je respecte les socialistes. Encore une fois, ils ont une grande histoire. Mais quand même, ces dernières années, ils ont montré d'incroyables limites. En Bretagne, quand les socialistes gagnent, la première alliance qu'ils font, c'est avec la FNSOA pour continuer l'élevage industriel. Bon, ben voilà, ça c'est les socialistes aussi.
On n'a pas besoin, quand on a un thème impératif sur, encore une fois, la justice sociale, sur la protection de l'environnement. On ne peut pas transiger. Moi, je serai le candidat qui ne lâchera rien. Au moins, c'est clair. Et un président de la République qui ne lâchera rien au lobby. J'aimerais que les autres fassent pareil.
Yannick Jadot, on a compris votre position, je crois. Alors, il y en a un qui n'a demandé rien à personne, mais qui a une espèce de bombe qui a émergé dans le paysage politique français, c'est Éric Zemmour. Il a une dynamique absolument incroyable, sondagère en tous les cas. Une dynamique, vous le disiez tout à l'heure, Jean-Baptiste, absolument inédite. Comment vous expliquez ce phénomène ?
Je l'ai dit, il y a beaucoup d'angoisse des Françaises et des Français sur leur avenir. Il y a une classe politique à diriger pendant longtemps et qui nous met dans une situation, je l'ai dit, d'inégalité sociale, de beaucoup de discrimination, d'une présidence qui pense avoir raison contre tout le monde, les maires, les Français, les corps intermédiaires comme les syndicats. Et vous avez quelqu'un qui, objectivement, arrive en disant, au fond, il n'y a pas de solution. Aux questions des Françaises et des Français, pouvoir d'achat, économie, d'ailleurs, il ne répond rien. Il y a un bouc émissaire sur les musulmans.
Eh bien, cette France-là, cette France qui a peur, ce n'est pas ma France, en fait. Ma France, pour moi, être Français, c'est aujourd'hui avoir les pieds sur Terre, avoir souvent les pieds dans la Terre, mais c'est toujours se projeter sur l'universel. C'est de faire de la France un pays exemplaire. Pour moi, être Français, aujourd'hui, c'est se retrousser les manches, c'est se serrer les coudes pour affronter ces grands défis parce qu'ils sont devant nous. La question, ce n'est pas de mettre la tête dans le sable, c'est de les affronter. Et en plus, si on affronte ces grands défis...
Mais c'est quand même par l'émergence ?
Je suis surpris, mais c'est aussi... Moi, je refuse que le terrain de bataille politique de cette présidentielle... Excusez, mais bon... Mais je vous le dis, moi, je refuse que ce soit la haine, que ce soit le récissement.
Moi, je vais porter... Justement, Fabien Roussel, qui est candidat lui aussi à l'élection présidentielle, mais pour les communistes, il fait une proposition simple. Il veut en fait renforcer la loi Guesso et rendre inéligibles les personnes condamnées pour racisme ou incitation à la haine. Il vise clairement... Est-ce que vous êtes d'accord ?
Les Françaises et les Françaises... Moi, je ne crois pas que c'est en supprimant les symptômes qu'on guérite les maladies de notre pays. Moi, je l'ai dit, quand nous relocalisons l'économie, quand on va rendre les services publics de nouveau accessibles aux Françaises et aux Français, quand on va redonner du sens aux projets collectifs, quand on va de nouveau croire en l'avenir pour nous et pour nos enfants, vous verrez que la bulle du petit collabo de salon, elle va exploser.
Mais le petit collabo de salon, si on l'additionne aux voix de Marine Le Pen pour l'instant, telle question de juriste, c'est à peu près 30%. Ces gens-là, vous ne leur parlez pas ?
Mais si, je leur parle. Mais moi, le renfort national ou le populisme ou le désespoir dans notre pays, je le combats tous les jours. Vous savez qu'à chaque fois que vous fermez une gare, que vous fermez une poste, que vous fermez une entreprise dont on a besoin pour demain, ce que fait ce gouvernement malheureusement, à chaque fois, vous faites monter le populisme. Moi, je veux faire monter l'espoir dans notre pays. En réindustrialisant sur nos territoires, en remettant des services publics, de la santé, de l'éducation, de la police, de la gendarmerie, de la justice, en remettant des services publics, en remettant de l'espoir, vous verrez qu'on sortira de l'Assemblée nationale de ce pays.
Ça, cet espoir, vous le faites monter en un seul mandat ? C'est une de vos promesses, comme Xavier Bertrand et Michel Barnier ? Mais pourquoi finalement un seul mandat ? Pourquoi ne pas s'autoriser à être éventuellement réélus ?
Parce qu'il nous faut déprésidentialiser la République. Ce n'est pas possible que l'Assemblée nationale soit une assemblée croupion qui ne décide de rien. Ce n'est pas possible qu'on ait sorti, les syndicats, comme les chefs d'entreprise, de la discussion sur comment redonner du sens au travail, comment augmenter les salaires, comment améliorer les statuts et comment faire en sorte que nos entreprises participent de l'intérêt général et de l'intérêt national.
On est quand même face à un président de la République qui a enrichi les ultra-riches de ce pays, qui continue à dire que les chômeurs sont des fainéants, qui continue à dire que dans notre pays, nous travaillons moins, alors qu'en fait, on travaille largement autant que les autres Européens et en plus, on est plus productifs.
– Alors justement, M. Jadot, pardonnez-moi, il nous reste une minute, il y a un sujet que vous ne connaissez pas. Je voudrais quand même vous entendre absolument sur ce sujet. – Qu'on laisse nos étudiants.
Aujourd'hui, c'est la journée mondiale du recul de la misère. Et ce pays laisse ses étudiants faire la queue pour des colis alimentaires.
– Yannick Jadot, vous avez vu que dans plusieurs pays de l'Union Européenne, il y a des questions sur la prééminence du droit national, sur le droit européen. – Je suis désespéré. – Ça s'est passé en Pologne, ça s'est passé en Allemagne, plusieurs candidats à l'élection présidentielle souhaitent le faire valoir en France.
– C'est terrible, ça s'appelle le Frexit. Vous savez, regardez ce qu'a été le débat en Grande-Bretagne, ça a été le débat des élections à l'époque, c'était David Cameron, il dit, on fera un référendum sur le Brexit autour de deux sujets, la primauté du droit européen et l'immigration. Quel est le débat politique qui est en train de s'assaler dans notre pays ? Le refus de l'Europe et le refus des immigrés. Eh bien ça, ça peut très mal tourner. C'est pour ça qu'il nous faut une vraie candidature d'espoir, qui s'attaque au vrai sujet.
Parce que franchement, la souveraineté, la France peut beaucoup, et vous avez entendu mon programme de relocalisation, de réindustrialisation, mais face aux GAFAM, face aux paradis fiscaux, face aux terroristes, il nous faut l'Europe. Et on ne peut pas être d'accord avec les Polonais quand la contestation du droit européen, c'est pour maltraiter les femmes, c'est pour revenir sur le droit à l'avortement, c'est pour maltraiter les homosexuels, et c'est pour avoir une justice au pied d'un gouvernement ultra-conservateur. Ceux qui s'engagent là-dessus aussi prennent une énorme responsabilité dans le débat public. Occupons-nous de ce qui préoccupe les Françaises et les Français. Apportons-nous.
Ayons un débat de solution, ayons un débat d'argument, et vous verrez que Zemmour et Le Pen ne seront même pas au second tour. Merci, Yannick Jadot, d'avoir accepté notre invitation
ce ministre dans BFL Politique. Merci, Edwige. Jules, voici affaire suivante avec Dominique Rizet et Ronald Guintran. Je vous retrouve à 18h pour BFM TVSD. Notez déjà qu'à 19h, j'en recevrai Gérald Davé et Fabrice Lhomme pour leur dernier livre au sujet d'Emmanuel Macron, Le traître et le néant. A tout à l'heure.
Yannick Jadot