"On est dans une bascule autoritaire", le député LFI Ugo Bernalicis s'oppose aux couvre-feux dans les villes du Nord
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 70 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:42OuverteRéponse directe
Est-ce que vous partagez cette analyse ce matin ?
- 1:35OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on fait face à ça ? Et quelle analyse on peut en faire aussi ?
- 3:22OuverteRéponse directe
Comment vous avez réagi, vous, quand vous avez vu à Lille ce qui se passait ?
- 4:45RelanceRéponse partielle
Ça veut dire qu'il y a eu un sous-dimensionnement volontaire ?
- 5:31OuverteRéponse directe
Est-ce que ça vous paraît plus sage ou est-ce que vous le regrettez ?
- 7:15OuverteRéponse directe
Est-ce que c'était nécessaire ? Est-ce que pour vous, c'est suffisant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:46Invité politiqueFait
« Non, la réponse n'est pas du tout adaptée. »
- 0:59Invité politiqueFait
« Mais en réalité, on a une réaction tout à fait autoritaire. »
- 1:02Invité politiqueFait
« On est dans une bascule autoritaire, en fait, dans la gestion de cette mobilisation. »
- 1:21Invité politiqueFait
« Sauf qu'il y a un seul moyen qui n'est pas en discussion, en réalité, ce sont les moyens politiques de répondre aux revendications. »
- 3:09Invité politiquePromesse
« 10 milliards pour la jeunesse, voilà ce qui permettrait d'engager la discussion à mon avis. »
- 4:08Invité politiqueFait
« Encore une fois, la responsabilité de la gestion de l'ordre public, elle est à 100% celle du gouvernement. »
- 4:19Invité politiqueFait
« C'est lui qui a dit, je répète, je suis responsable de tout ce qui se passe dans le pays, y compris à Lille, y compris à Paris, y compris partout. »
- 4:52Invité politiqueFait
« C'est Gérald Darmanin qui l'a encore dit hier, que l'État était en faillite complète et que le gouvernement était en faillite complète sur le sujet. »
- 5:10Invité politiqueFait
« Ils vont bien plus vite pour décréter un couvre-feu qu'une augmentation de salaire dans le pays. »
Temps de parole
- Ugo Bernalicis64 %
- Présentateur23 %
- Présentateur 211 %
- ?2 %
≈ 5,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
L
'invité d'ici matin à 7h44 des couvre-feux pour mineurs sont en place depuis hier soir dans 4 communes du département du Nord, à Lille, Douai, Denain et Ouattini. Décision du préfet du Nord et réaction ce matin d'un élu du Nord, le député La France Insoumise, Hugo Bernalissi. Il répond à vos questions, Stéphane Barberot. Bonjour Hugo Bernalissi.
Bonjour.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu dit ce matin que les couvre-feux ont contribué au calme cette nuit. On n
'a
pas encore de bilan précis pour ce qui s'est passé sur les 4 communes qu'on vient d'évoquer dans le Nord. Cela veut dire que selon lui, la réponse était adaptée. Est-ce que vous partagez cette analyse ce matin
?
Non, la réponse n'est pas du tout adaptée. En l'occurrence, les choses étaient déjà en train de s'essouffler et c'est tant mieux. Parce que, évidemment, ces épisodes de pillage de commerce n'aident pas la mobilisation. Mais en réalité, on a une réaction tout à fait autoritaire. On est dans une bascule autoritaire, en fait, dans la gestion de cette mobilisation. On voit que le président de la République, après son allocution, a dit au gouvernement et même à Laurent Nunez qui voulait démissionner. « Écoutez, débrouillez-vous, moi je suis occupé, je suis parti à l'étranger. Faites rentrer tout le monde à la maison. Utilisez les moyens que vous voulez et allez-y. » Sauf qu'il
y a
un seul moyen qui n'est pas en discussion, en réalité, ce sont les moyens politiques de répondre aux revendications. Un bon sens n'est pas avec des couvre-feux qu'on va régler une question sociale. Qu
'est-ce
que,
néanmoins, vous dites quand vous voyez des jeunes, et c'est ce qu'on a vu dimanche soir à Lille, qui étaient très jeunes parfois, qui avaient 13-14 ans, qui étaient seuls, sans parents. Il est 21h, il fait nuit, il
y a
des policiers, il
y
a des tirs de gaz lacrymogènes. Qu'est-ce qu'on fait face à ça ? Et quelle analyse on peut en faire aussi
?
Attendez, à un moment donné, ce n
'est
pas parce que vous mettez en place un couvre-feu que ça change radicalement les choses. Vous croyez que les parents de ces jeunes ne sont pas déjà en train de leur dire « n'y allez pas, restez à
la maison ». Visiblement, ce n'est pas efficace,
M. Bernal, ici.
Mais attendez, ce qui est efficace, c'est encore une fois de répondre aux revendications sociales dans le pays. Vous répondez aux revendications, la mobilisation, elle s'arrêtera d'elle-même, puisque les gens ne sortent pas, et les jeunes ne sortent pas comme ça, juste pour le plaisir. Ils sortent parce qu'il y
a
une mobilisation, alors ils ont des moyens d'expression qui sont absolument à réprouver. Néanmoins, on est dans cette situation où vous avez quand même, en plus, un gouvernement qui n'assume plus rien, qui est complètement enroulible, qui fait des annonces en expliquant que tout ça, vous l'avez entendu comme moi j'en suis sûr, est la faute de la France insoumise. On apprend dans la soirée de vos collègues de Mediapart que tout ça est demandé en instrumentalisant les services de renseignement, leur demandant de dire ça pour nous accabler plutôt que de regarder la situation telle qu'elle est.
Ils refusent de voir cette mobilisation dans le pays tout entier avec un fondement social, et qu'on n'y répond pas par des magouilles, des manœuvres ou des coups de menton autoritaires, mais en répondant aux revendications, le blocage des prix, la suppression de Parcoursup, 10 milliards pour la jeunesse, voilà ce qui permettrait d'engager la discussion à mon avis.
Ici Nord, il est 7h47, nous sommes en direct avec le député La France insoumise, Hugo Bernal ici. Comment vous avez réagi, vous, quand vous avez vu à Lille ce qui se passait ? 85 commerces vandalisés, la moitié pillés, deux incendiers, avec quand même un risque de propagation à des lieux culturels qui étaient tout proches. Il y avait un cinéma, il y avait le furet du Nord, juste à côté du McDo, qui a brûlé. Qu'est-ce que ça vous a fait, vous
?
Je me suis dit que ce n'était pas le but de la mobilisation, que ce n'était pas du tout le but de la manifestation, et que ça ne permet pas de faire passer les revendications et les messages au plus grand nombre. Donc je me suis dit que vraiment, il fallait qu
'on
trouve le moyen que ça s'arrête. Mais la réalité, c'est que les cortèges ont été mis en difficulté, à la fois par le nombre de la présence, c'est-à-dire le fait que
tout
ça a été sous-estimé par le pouvoir en place. Encore une fois, la responsabilité de la gestion de l'ordre public, elle est à 100% celle du gouvernement. Et ce n
'est
pas moi qui le dis, c'est Laurent Nunez qui a dit « Je suis responsable de tout ce qui se passe dans le pays ». C'est lui qui a dit, je répète, je suis responsable de tout ce qui se passe dans le pays, y compris à Lille, y compris à Paris, y compris partout. C'est une question de gestion de l'ordre public. Ils ont cherché à avoir des images de violence, ils ont cherché à organiser le chaos dans le pays, pour ensuite dire que c'est la faute de la France insoumise, ce sont des petites manœuvres politiciennes, qui ont mis le feu au
poudre. Ça veut dire qu'il y a eu un sous-dimensionnement
volontaire ?
C'est ça que vous dites ? Écoutez, ce n
'est
pas moi qui l'ai dit. C'est Gérald Darmanin qui l'a encore dit hier, que l'État était en faillite complète et que le gouvernement était en faillite complète sur le sujet. Ce n
'est
pas moi qui l'ai dit. Encore une fois, comme je vous le dis, c'est le ministre de l'Intérieur lui-même qui l'avoue, qui rend sa démission au président de la République. Mais non, ce n
'est
pas grave, on continue à utiliser des mesures autoritaires. Ils vont bien plus vite pour décréter un couvre-feu qu'une augmentation de salaire dans le pays. Ils vont bien plus vite à décréter des mesures pour faire en sorte que les uns et les autres ne puissent plus sortir de chez eux, encore une fois, plutôt que de bloquer les prix. Et c'est ça qui est hallucinant de la part de ce gouvernement.
Il y a une manifestation cet après-midi à l'appel de l'UNEF, syndicat étudiant, à 14h à Lille.
Il
n
'y
aura pas de passage dans le centre-ville de Lille. Est-ce que ça vous paraît plus sage ou est-ce que vous le regrettez
?
Attendez, tant que c'est vu avec les organisations syndicales et tout le monde s'est mis d'accord, nous, ce qu'on souhaite, c'est que les manifs puissent se dérouler, puissent avoir lieu pacifiquement, sans pouvoir aller d'un point A à un point B, sans qu'il
y
ait aussi de provocations policières sur le parcours. Voilà ce que veulent les gens, mais les gens partout dans le pays. Vous savez en plus qu'on passe beaucoup de temps ce matin sur les questions, encore une fois, de violences ou de mesures autoritaires qui ont été prises dans la nuit, parce que c'est ce que souhaite le gouvernement, qu'on parle de ça ensemble ce matin, plutôt, encore une fois, que du blocage des prix, des 10 milliards que réclament les jeunes pour les lycées et pour les universités, des questions des augmentations de salaires, par exemple, qui faisaient partie aussi des revendications.
Bon, voilà, en fait, on ne parle pas de ça ensemble, parce qu'ils veulent jouer, encore une fois, le pourrissement. Emmanuel Macron est parti à l'étranger quelques jours, essayer de revenir faire ses courses de carburant, visiblement. Je ne sais pas à quoi ça va nous donner, mais en attendant, ils jouent le pourrissement dans le pays.
Merci, Hugo Bernal. Ici, si on en parle aussi ce matin, c'est parce qu'il
y a
quelques années, on se souvient de votre slogan, Hugo à Beauvau, où vous annonciez éventuellement, en cas de victoire, que vous pourriez être au ministère de l'Intérieur. Donc voilà pourquoi vous avez aussi cette casquette de spécialiste des questions sécuritaires. Au sein de LFI, pourquoi on en parle largement ce matin ? Merci d'avoir répondu à nos questions ce matin, Hugo Bernal. Ici, bonne journée. Les auditeurs ont la parole tous les matins. Un couvre-feu est donc en place à Lille, Douai, Ouatini, Denain. Les mineurs non accompagnés ont l'interdiction de se déplacer, encore ce soir, entre 20h et 6h demain matin. Est-ce que c'était nécessaire ? Est-ce que pour vous, c'est suffisant ?
Comprenez-vous que les jeunes, les mineurs, traînent le soir seul dans les rues de ces villes ? Pourquoi sont-ils dehors, selon vous ? C'est toutes les questions qu'on vous pose ce matin. Vos réactions, vos témoignages au 030 55 89 89. Oui, et puis à l'inverse, vous pouvez également peut-être dire et rejoindre ce que dit Hugo Bernal ici, à savoir que tout cela masque l'essentiel des revendications qui étaient initiées et lancées par ce mouvement social, à savoir la vie chère, des problèmes de pouvoir d'achat dans notre pays. On en débat ce matin ensemble.
Ugo Bernalicis