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interviewLa France insoumise (sur YouTube)· 2 septembre 2025 87 minAutoproduit

Sports populaires et lutte des classes | #Amfis2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Alors, bonjour à toutes et tous. On va commencer cette conférence euh sur euh qu'on a intitulé Sport populaire et euh lutte des classes. Ça nous semblait très important de faire une conférence sur la question du sport à l'université d'été de la France en soumise à la fois parce que donc l'année dernière on avait déjà traité de ce sujet-là à l'ô de la question des Jeux Olympiques et paralympiques et que en même temps donc le sport c'est pas uniquement le sport spectacle c'est aussi je pense quelque chose il y a je pense plein de gens qui sont supporters d'équipe qui en pratiquent au quotidien qui peuvent aussi avoir des difficultés à en pratiquer.

C'est aussi un sujet qui est très important alors qu'on à la veille des élections municipales puisque c'est des quelque chose qui incombe notamment entre autres aux collectivités territoriales. C'est aussi alors que Emmanuel Macron donc avait fait de la France l'épicentre mondial du sport avec les Jeux Olympiques. 6 mois après, on a vu que les crédits alloués au sport avaient baissé de 25 % dans le budget.

Donc globalement les politiques parlent du sport, disent que le sport c'est super important, qu'il faut en faire. Il faut en faire à l'école, à tous les moments de sa vie, mais euh derrière il y a pas de moyens euh qui sont euh mis à disposition pour que la pratique soit effective. Donc c'est tous ces éléments-là qui ont fait euh que on s'est dit que voilà, c'était particulièrement important aujourd'hui de faire une conférence sur le sujet et on a beaucoup de chance parce que on reçoit euh pour traiter de ce sujet donc tout d'abord Analyse Annalis Belloa Sheriffier donc qui est député de la France insoumise qui je crois a une expérience sportive et qui dans sa vie et qui a traité de ce sujet pour les élections municipales donc un peu plein de casquettes Cé Derkawi qui a écrit il y a 2 ans un livre qui s'appelle Rendre les coups box et lutte des classes qui est un super livre que vous pouvez trouver à la librairie.

Et Mathilde Jul Marti qui est sociologue et qui a écrit des spécialistes de la polyvalence qui porte notamment sur les épreuves combinées et le pentathlon qui est un super livre aussi qui est pas disponible à la librairie mais que je vous invite à lire si vous vous intéressez notamment à ces disciplines là. Voilà. Donc merci à tous les trois d'avoir répondu présent pour cette table ronde.

Donc le format aussi donc on va avoir à peu près une heure d'échange entre nous et après une demi-heure d'échange avec la salle. Euh n'hésitez pas donc à noter au fur et à mesure toutes vos questions. Euh la première question donc je vais te la poser à toi Mathilde.

Euh donc tu as écrit un livre sur les sports polyvalent et euh tu analyses beaucoup de choses dedans, mais notamment dedans ce qui peut nous intéresser en tant que militant politique, c'est que tu montres que euh l'accès aux infrastructures, entre autres facteurs conditionne largement la pratique sportive. Donc pour commencer peut-être nous donner une sorte de grand cadre en fait sur comment on pratique, les galères qu'on peut rencontrer aussi pour pratiquer du sport en France. Est-ce que tu peux euh revenir sur cet aspect de ton livre et sur les facteurs aussi qui vont avoir le plus d'effets sur pratique du sport ?

Et ben merci beaucoup. Bonjour à toutes et à tous. Euh donc sur cette question et comme l'a dit rapidement Marion, moi je vais peut-être revenir sur les sports que j'ai étudié parce que je suis pas sûr que beaucoup de gens les connaissent.

Déjà avant de s'y intéresser, il faut les connaître. C'est là-dessus que je vais notamment développer. Donc en fait le livre que j'ai écrit, il porte issu de ma thèse de doctorat en sociologie, il porte sur les sports pluridisciplinaire et donc des gens qui se construisent comme polyvalents.

Et euh j'ai étudié pour ça, il y a plusieurs sports pluridisciplinaires, peut-être le plus connu, c'est le triathlon, euh mais j'ai étudié ce qu'on appelle les épreuves combinées en athlétisme, donc du décathlon pour les hommes et encore actuellement de l'ptathlon pour les femmes. Donc cette épreuves pour les femmes, 10 pour les hommes qui combinent des courses, des sauts des lancées. Et puis j'ai étudié aussi, peut-être encore moins connu, le pentathlon moderne qui est une combinaison de cinq sports très différents.

Il y a de la course à pied, la natation, de l'escrime, du tir au pistolet et jusqu'au jeux de 2024, il y avait de l'équitation. Maintenant, ça a été remplacé par un parcours de saut d'obstacle. Donc des sports qui finalement dans l'espace de la pratique sont assez marginaux.

C'est pas les sports les plus diffusés, mais je pense que c'est notamment ça qui est intéressant pour réfléchir en fait à la question de l'accès au sport puisque finalement ça nous permet, c'est un peu un cas limite et ça nous permet de décomposer des choses qui souvent sont assez évidentes et peut-être relèvent de l'évidence. Je vais commencer par ça. En fait, pour pratiquer un sport, il faut déjà le connaître et puis il faut ensuite avoir la possibilité concrète de le pratiquer.

Donc avoir accès à des infrastructures, à des équipements et cetera, à des locaux, à des structures, à des encadrements, mais il faut déjà le connaître. Et cette question de connaître un sport, finalement on se la pose pas beaucoup parce que pour tout un ensemble de sports, elle paraît évidente. On connaît le foot, on connaît la course à pied, on connaît la boxe, beaucoup de gens connaissent et finalement on se pose pas la question de comment on découvre.

Mais justement, c'est ça qui était intéressant par ce que j'ai étudié, le pintathlon moderne, peu de gens le connaissent et donc avant de pouvoir le pratiquer, il faut le découvrir. Et finalement quand enfin, il y a beaucoup de sociologues du sport qui travaillent sur comment on transmet le goût pour la pratique sportive et qui mettent beaucoup en évidence l'héritage familial. En fait, on reproduit les sports que nos parents ont fait.

On découvre ce qu'il y a dans notre entourage. Sauf que pour ces sports-là qui sont peu connus, qui sont peu pratiqués, il y a peu de chance que les parents le pratiquent eux-mêmes. Donc cette question de l'héritage familial, elle fonctionne pas ou très peu ?

En fait, j'ai très très peu de mes pratiquants dont les parents, la famille pratiquaient ce sport-là. Ce qui veut dire que la découverte, elle se fait par d'autres moyens. Et c'est là où je pense que politiquement en fait, c'est c'est intéressant parce que pour pouvoir découvrir ce sport, il faut le découvrir concrètement.

Il passe à la télé lors des Jeux Olympiques tous les 4 ans, mais finalement du coup au-delà de cette édition, enfin de cette mise en lumière tous les 4 ans, les possibilités concrètes de les découvrir, c'est beaucoup plus par justement l'ancrage local et l'accès aux équipements et aux infrastructures en fait notamment municipales. En fait, j'ai énormément de de gens que j'ai interrogé dans mon enquête qui me disaient "J'ai fait du pentathlon tout simplement parce que avec ma famille, on est allé au forum des associations à la rentrée scolaire en septembre, il y avait un club dans ma ville. J'ai jamais entendu, je connaissais pas de sport, jamais entendu parler de ce sport.

Là, je l'ai découvert et ça m'a donné envie et j'y suis allé." Et donc ça ça nous permet de nous rappeler qu'en fait pour notamment lutter contre les enjeux de reproduction y compris en terme de goût sportif, il y a un enjeu fort à l'accessibilité les les infrastructures et les associations. Et là on voit bien comment l'échelle locale proche de chez les individus, l'échelle municipale notamment, elle est importante.

Et donc finalement beaucoup des des gens que j'ai interrogé, il parlent en fait du hasard de la découverte. C'est tellement pas connu comme sport que s'ils l'ont fait, c'est le hasard. Mais finalement en fait ce qu'on voit c'est que il y a pas totalement de hasard mais il y a bien ce que les sociologues nous on appelle des conditions sociales de possibilité pour ce hasard.

Il faut qu'il y ait tout un ensemble de conditions qui soient remplies pour que cette rencontre par le hasard elle ait lieu. Donc il faut des équipements variés. Et le cas du pantathlon, il est aussi intéressant parce que comme il y a cinq sports, bah ça démultiplie les équipements.

C'estàdire qu'il faut que ce soit une municipalité dans lesquelles il y a une piscine, il y a une piste d'athlétisme, il y ait un gymnase dans lequel on puisse mettre des pistes d'escrim parce que c'est rarement des salles d'escrim spécialisé notamment pour un club local mais au moins un gymnase, il faut un stand de tir, il faut un centre équestre. Maintenant, il faut une infrastructure de parcours d'obstacle. Et donc tout ça, ça rappelle que ces équipements bah ils sont installés dans les collectivités, ils sont financés par les collectivités. de fait les collectivités municipales euh les collectivités territoriales dont les villes, les municipalités sont les plus gros financeurs en fait des des installation sportives et donc on voit bien toutes les dizaines inégalités d'accès à la pratique en fonction des territoires que ça peut créer puisque voilà en fonction de si on se trouve dans une ville dans laquelle il y a ces équipements qui permettent l'installation d'un club, alors le sport va exister et des gens vont pouvoir le pratiquer.

Tout ce que je décline là, en fait, vous pouvez l'appliquer à n'importe quel autre sport évidemment avec des enjeux variables en fonction des pratiques. Et euh donc faut bien prendre la mesure en fait que c'est ces choses concrètes qui font que ça met plein de personnes au sport. C'est parce que on découvre le club au forum, c'est parce que bah il y a un équipement à côté de chez soi qu'on passe devant, qu'on voit des gens qui pratiquent et qu'on s'interroge sur ce qu'ils font, qu'on va rentrer et qu'on va se dire "Bah peut-être que moi aussi je pourrais m'y mettre." alors que la famille n'y avait pas euh du tout euh un intérêt.

Et en fait, c'est par ces petites choses que justement on peut lutter contre la reproduction social parce qu'un enfant qui va découvrir des pistes d'escrim en face de chez lui, il va pas se poser la question de se dire "L'escrime, c'est un sport de classe supérieure. En fait, il va avoir ça en face de chez lui et il va y aller." Après, il peut y avoir d'autres enjeux derrière dans la pratique, le coût et cetera mais voilà ça joue.

Et de fait aussi les associations, elles sont largement dépendantes des subventions publiques. Donc ça pose un enjeu fort notamment Marion l'a dit dans le contexte de baisse des budgets et je voudrais du coup à partir de là revenir sur un cas en fait sur le pantalon modern ce qui est intéressant c'est que quand je disais que je travaillais là-dessus tout le monde me disait "Ah oui ça c'est un sport de riche évidemment de l'escrime de l'équitation du tir tout combiné oui c'est un sport coûteux c'est un sport qui renvoie des valeurs bourgeoises et même militaires en fait c'est l'origine l'origine de ce sport est une origine militaire mais en fait quand on regarde les pratiquants, notamment les plus jeunes qui constituent la masse la plus importante des pratiquants et des licenciés de la Fédération. Mais c'est pas tant que ça.

Pourquoi ? Parce que c'est ce que je disais en fait, c'est les villes dans lesquelles il y a un club et en fait les jeunes ils commencent, ils font pas du pentathlon, ils font une version allégée qui s'appelle du triathlelé. Ils font de la course à pied, de la natation et du tir.

Et donc en fait, il y a beaucoup d'enfants de milieu populaire en scène Saint-Tenit. Il y a plusieurs clubs qui sont implantés. Et pourquoi c'est un un choix qui est fait par beaucoup de familles milieu populaire ?

Parce que c'est très rentable financièrement. Et ça ils me le disent en fait. Les parents, ils disent bah pour une cotisation dans une association, mon enfant il apprenait à nager. il faisait de la course, il se défoulaient et il faisaient du tir, c'était un peu ludique, là où je devrais payer trois clubs de sport d'habitude.

Et donc en fait finalement dans la masse de la pratique, c'est un sport bien plus populaire qu'on a dans les représentations et c'est justement par cette question de l'accessibilité aux infrastructures et aux équipements. Euh donc la 2è euh bah déjà merci beaucoup pour ta réponse et euh la 2è question pour euh Céim. Donc dans ton livre sur la boxe, tu montres que le sport c'est historiquement un quelque chose euh la la boxe spécifiquement un quelque chose de d'émancipateur.

Euh c'est un élément assez important quand on pratique du sport. C'est aussi quelque chose qui est agréable, dans lequel on s'épanouit, on se dépasse et cera tout un tas de valeurs aussi sur lesquelles on pourra revenir. Est-ce que tu peux revenir sur cet aspect singulièrement d'émancipation lié au sport qui je pense est central à aborder dans une université politique de gauche de rupture parce que l'émancipation c'est quelque chose qui est central pour nous.

Alors, bonjour tout le monde. Effectivement, alors moi je vais commencer par parler de ma thématique principale sur la boxe, mon livrant de l'écout pour ensuite élargir sur le sport d'une manière générale parce que quand on parle de la boxe, on va partir aussi sur d'autres généralités concernant la sport, le sport. Euh alors en fait, moi mon enquête, je l'ai commencé en me disant que euh c'est le sport le plus marqué socialement, c'est-à-dire pratiqué par des ouvriers, par des employés et en me basant spécifiquement sur les États-Unis plutôt, sur Mohamed Ali, justement une figure qui est très connue pour être justement à la fois euh sportive et politique également et me me demander m'interroger si en France notamment est-ce que il y a une même hystérocité politique immigrée et ouvrière en France aussi pour la boxe.

Et c'est le cas parce qu'effectivement c'est là comme tu le disais justement par rapport à l'implantation des clubs, par rapport à l'argent qui est dépensé pour mettre des clubs. La plupart des clubs de boxe en France, ils sont implantés justement dans les anciens bastions communistes, mais aussi au niveau des banlieux et des quartiers populaires, là où justement les loyers sont les moins chers. Euh et du coup, c'est pour ça queon retrouve beaucoup de clubs de boxe dans des gymnases mais aussi dans des piscines, dans des lieux abandonnés dont toute la l'imaginaire qu'on peut avoir de la boxe qui est assez sombre, qui est assez nocturne, c'est aussi lié justement à l'environnement social, à l'environnement même concret justement pour pouvoir la pratiquer.

C'est un sport qui coûte pas cher aussi. Euh la licence par exemple, elle est que de 200 € en moyenne en France par an. Le matériel est pas cher non plus.

Et surtout moi ce qui m'intéressait dans ce sport-là, euh mon père l'a pratiqué. Donc moi, j'ai pu raconter aussi son histoire comme boxeur en Normandie dans les années 80 et c'est de me demander pourquoi c'est le sport le plus marqué socialement pour toutes ces raisons-là que j'ai indiqué mais aussi sur le fait que il y a un rapport au corps. Là tu parlais justement de l'escrime des sports qui sont plus mis à distance des corps et du coup qui sont beaucoup plus bourgeois et les sports plutôt physiques plutôt on rentre dedans qui sont plutôt de classe populaire de classe laborieux je dirais plutôt.

Et en fait la boxe en fait largement partie et ce qui m'a intéressé aussi c'est justement ces dimensions là ouvrières et de à travers un sport comment on peut raconter justement la classe ouvrière en France notamment. Donc la première moitié du du 20e siècle c'était plutôt les ouvriers blancs. On avait Marcel par exemple, George Carpentier également.

Donc du coup, il fallait être physique à l'usine et physique aussi une fois sur le ring. Donc il y avait une continuité entre le travail euh bah le travail concret à l'usine et ensuite sur le sur le ring. Euh et ensuite la deuxième moitié du 20e siècle, c'est une couche plus populaire et plus pauvre que la précédente qui a remplacé finalement les boxeurs blanc ouvriers sur le ring, c'est-à-dire les arabes et les noirs des quartiers populaires. des banlieux et à partir des années 60 quand on regarde justement les palmarès en boxe en France c'est surtout des personnes algériennes marocaines tunisiennes et aussi d'Afrique d'Afrique noire aussi également donc voilà tout ça c'était important de l'indiquer parce que finalement là on parlait justement de l'accessibilité du sport et notamment pendant l'école parce que c'est à ce moment-là aussi qu'on découvre sa discipline sportive en parallèle de l'éducation nationale et ce qui est très important aussi ce que j'ai constaté par rapport à ce sport là mais pour le football aussi c'est assez similaire sauf qu'en boxe il y a quand même ce truc de mise en danger qui est beaucoup plus forte évidemment par rapport au corps sur un ring et cetera, le traumatisme qu'on peut avoir aussi crânien et tout ça aussi pour gagner un petit peu un petit peu d'argent, essayer de monter professionnellement.

Et moi ce qui m'a frappé aussi pendant cette enquête, c'est vraiment le mot de dignité qui revenait très très souvent et aussi celui de sacrifice. Et la dignité, c'est par rapport aussi à l'éducation nationale et à l'école. Il y avait beaucoup d'humiliation aussi quotidienne de l'éducation nationale.

C'est des mauvaises notes à l'école. Le fait que on te balance en bac pro qu'on dévalorise aussi professionnellement et idéologiquement, volontairement et qu'on mette plutôt les classes populaires et notamment les personnes immigrées sans qu'elles ai le le le choix en fait, la possibilité du choix. C'est surtout ça qui est important, c'est qu'on te laisse le choix.

Toutes ces ces problématiques là à l'école en fait, elles étaient pas forcément retrouvées sur le ring dans le club où il y avait aussi une certa un certain rapprochement de classe sociale avec le coach. le coach qui était souvent une figure tutellaire, qui est dans le quartier aussi également, soit c'est quelqu'un qui connaît euh c'est être un oncle, un pote du quartier et cetera. Donc il y avait une proximité de classe qui était quand même très importante à la fois avec les combattants et à la fois aussi avec le avec le coach, ce qu'on peut retrouver aussi en football euh également.

Euh donc ça c'est important parce que finalement ça va être le reflet en fait de d'une de d'une vie au quotidien et qui va se refléter sur le ring en fait et sur sa discipline sportive. Euh donc comme pour le tennis par exemple, une mise à distance et cetera, euh le financement qui va être plus exacerbé pour ce sport-là, mais ça j'y reviendrai après parce que c'est très important que pour d'autres sports. Euh finalement dans le box, ça va être un peu une métaphore de la lutte des classes, d'où le titre que j'avais mis justement initialement, Rendre les coups box et box et lutte des classes.

Et le truc aussi important que j'ai observé à ce moment-là au niveau de cette enquête, c'est que finalement ce rapport là à l'école, il était aussi par rapport à la rue d'une manière générale. Donc c'est-à-dire c'est comment on vit au quotidien à l'école certes quand on est jeune mais c'est aussi dans la rue le fait que par exemple on n pas de prof remplacé dans des écoles et que du coup on se retrouve dans la rue. Donc il y a vraiment l'alternative à la rue qui qui se qui redevient en fait le ring et le et justement les salles de sport et notamment encore une fois je fais des par le football parce que c'est très implanté dans le quartier populaire mais la boxe également.

Donc il y a vraiment ce truc là de comment dire de reflet social en fait à travers ce sport là. Euh il y a aussi tout moi les comment dire les intervenants les intervenantes qui m'ont beaucoup parlé justement de leur rapport aussi à la police quotidien la conflictualité qui peut vivre au quotidien. Donc c'est pour ça souvent il me parlait de la politique qui est dans la chair comme leur sport en fait qui est dans la chair finalement la politique il la vivre dans la chair c'est-à-dire une réforme ça va être vécu directement une réforme d'assurance chômage bah c'est on a plus d'argent et on galère et on doit faire plein de trucs administratifs extrêmement chiants et laborieux et donc finalement ça va se ressentir dans le sport qu'ils vont choisir et qui va venir à la fois par eux-même pour eux-même mais aussi parce qu'il est dans le quartier il est dans une comment dire dans un endroit qui est proche aussi de leur lieu de vie donc qui demande aussi des horaires adaptés par rapport à leurs parents aussi de travail Donc ils peuvent les déposer justement au sport qu'il y a toutes ces questionsl en fait qui émergent à travers un sport et un sport qui prend beaucoup de place notamment celui-là mais d'autres aussi parce que finalement en parler de l'école ça va être finalement plusieurs heures par semaine notamment la boxe mais d'autres sports aussi donc ça va occuper beaucoup d'espaces dans la vie des adolescents et des enfants.

Donc un espace qu'il faut justement pas marginaliser. Je reviens par rapport à la police. En fait, ce qu'ils m'ont expliqué, c'est que la violence policière qui pouvait subir, les contrôles policiers, ces choses-là ou même des ratonnas d'extrême droite et compagnie, finalement, il retrouvait aussi dans la boxe une manière aussi d'autodéfense pour eux-mêmes, par eux-mêmes, mais aussi dans un cadre légal.

C'est ça qui est important aussi, c'est que finalement, il y a une émancipation comme tu disais Marion justement là-dessus, mais il y a une contradiction, c'est que finalement cette émancipation, elle est un peu mise sous cloche aussi. C'està-dire que c'est une émancipation qui va être plutôt réglementée dans la discipline sportive, académique et institutionnelle. Et là, ce qui est important sur justement l'aspect émancipation du sport d'une manière générale, c'est qu'en fait les classes dominants d'une manière générale et notamment les les maires en fait du coup parce que c'est eux qui détiennent l'argent et les budgets pour pouvoir faire en sorte qu'il y ait des offres sportives.

Je bois 2 secondes, pardon, parce que ça va être le moment le plus marrant, enfin le plus bref, vous avez compris. Du coup euh voilà, du coup les maires ils vont s'ir du sport, la question du sport, mais ça va être toujours très intéressé parce qu'ils savent très bien que la question du sport forcément il y a qui il y a des parents derrière, donc il y a des votants derrière. Donc ça c'est extrêmement important parce que finalement le budget qu'ils vont mettre pour certains sports ça va pas être les mêmes pour d'autres.

Et moi justement comme je vous disais tout à l'heure que je vais partir de la boxe pour partir d' sur autre chose et sur des sports général et sur les les mécanismes et cetera, moi ce que j'ai observé c'est que ils savent très bien que la boxe est un sport d'ouvrier, est un sport surtout lié au quartier populaire. Bon, on parlera peut-être de Macron qui fait de la boxe aussi plus tard parce que ça c'est vraiment très rigolo pour le coup. Mais passons après.

Mais du coup voilà, ça c'est quand même très très important parce que finalement ils le savent ça qu'il y a une historicité derrière. Ils ont vu Rocky, ils ont vu Rajing Bull, ils ont vu tout ça. D'ailleurs, souvent quand on voit des films et des et des livres, ça permet de donner une caution morale et bourgeoise pour le sport.

Alors que d'habitude, quand c'est le pratiquant et les pratiquantes qui l' qui a comment dire, qui la pratique, on s'en on s'en y intéresse moins. Finalement, c'est un peu moins noble que quand ça passe dans un dans un film et cetera. Et je vous dis ça parce que finalement ils savent très bien qu'il y a cette historicité là parce qu'on en parle aussi dans dans les films et que finalement ils vont pas beaucoup donner de budget pour les clubs de boxe.

Ça va être très très faible en général pour les pour la box taille aussi. Pour le MMA aussi j'en viendrai peut-être je viendrai peut-être après là-dessus est-ce que je travaille aussi sur le MMA parce que c'est un peu la continuité sociologique de de la boxe et du coup ils vont pas beaucoup donner d'argent en se disant que de toute façon c'est un sport de pauvre on s'en fout soit ils sont abstentionnistes soit ils vont pas voter pour nous. Par contre, le moment où ils vont s'intéresser au sport de manière très politique, ça va être aussi pendant quand il y a des révoltes urbaines suite à la mort par exemple de Naël récemment ou d'autres parce qu'il y en a eu plein d'autres après Naël aussi mais de Z et Bouna par exemple parce qu'il y a beaucoup de coachs de box de box taille notamment bah très ciblés coach quartier populaire et cetera moins pour le football parce que là on parle d'un sport de combat d'un sport de combat qui m'ont expliqué justement qu'ils ont été sollicités par les mairies par les municipalités par les collectivités pour canaliser les jeunes suite à des révoltes urbaines et justement en leur faisant une pratique sportive et qui rentre justement dans des clous.

Euh c'est pour ça que je disais qu'il y avait une contradiction qui était assez intéressante, qui n'est pas forcément une contradiction finalement quand on réfléchisse bien, mais plutôt une instrumentalisation de la question sportive et notamment ce sport-là. Moins le sport en lui-même que celles et ceux en fait qui la pratiquent et c'est plutôt eux qui vont être ciblés par ça. Et moi ce qui m'a mis la plus à l'orée aussi, c'est le le terme de canalisation. canalisation.

Euh, on en c'est un terme qu'on utilise beaucoup moins pour d'autres sports de combat mais spécifiquement pour ce sport-là parce qu'encore une fois, c'est la population qui est visée derrière et avec le terme de canalisation, ça va être vraiment bah l'idée de bah paternaliste colonial aussi justement de mater ces gamins-là qui sont pas légitimes à se rebeller. Donc par conséquent, on va cadnasser leur leur leur comment dire leur colère pour en faire une discipline sportive. Donc c'est pour ça que c'est à la fois émancipation puis en même temps c'est un peu bah blocage aussi.

Donc c'est ça qui est intéressant à analyser. Et euh et du coup là, ils instrumentalisent cette cette question sportive et ils vont mettre des budgets un peu plus supplémentaires dans ces moments-là. Mais après, c'est le calme plat, ils s'en foutent complètement.

Euh là justement, il y a les municipales qui arrivent. Donc il faut voir justement les budgets qui vont être mis en place en fonction des sports et cetera. Donc c'est ce qui est important, c'est que la lutte des classes, elle est au niveau des sports, des choix des sports effectivement comme tu disais très bien tout à l'heure.

Et indépendamment même du choix, c'est qu'est-ce qu'il vont mettre en avant plutôt que d'autres ? Enfin plutôt qu'est-ce qu'ils vont mettre en avant comme sport plutôt que d'autres ? Ça c'est des choix qui sont politiques et plus que politique, c'est des choix qui sont de lutte des classes et de question sociale en fait parce que politique c'est un mot qu'on peut utiliser à tort et à travers qui veut parfois un peu rien dire.

Mais là au moins on cible vraiment sociologiquement qu'est-ce que ça signifie de mettre tel sport en avant et de pas mettre d'autres sports en avant. Voilà, il y a d'autres choses à dire aussi mais je pense que le monologue peut s'arrêter là. Bah merci beaucoup.

Donc euh en introduction, j'ai évoqué les coupes budgétaires euh je pense enfin le cas budgétaire, même pas juste des coupes concernant euh tout un tas de choses, mais notamment le sport, ce qui peut sembler d'autant plus étonnant 1 an après les JO. Quand on pense aussi au sport et à la politique gouvernementale, on peut, tu parlais tout à l'heure un peu de de contrôle social et cetera, on peut aussi penser au SNU. Quand le gouvernement met en avant tout le tout l'imaginaire, les images, les vidéos autour du SNU, il y a quelque chose autour du sport, un sport qui est quand même assez militariste, viriliste et cetera.

Et de l'autre côté donc on voit ces budgets qui sont en chute libre. Est-ce que tu peux nous en dire peut-être un peu plus Anaïs ? Merci Marion.

Effectivement, j'irais même jusqu'à dire que c'est un holdup en fait. On avait le président de la République après les jeux qui étaient là en mode le sport, encore une grande cause nationale. Nous allons investir dans les équipements, dans le soutien des clubs et des fédérations.

Et puis est arrivé la loi de finance donc de l'année dernière 2025 et c'est 1,7 milliards d'euros que compose le budget du sport, de la jeunesse et de la vie associative. Donc vous avez ces trois entités. Et donc là pour le projet de loi de finance de l'année 2026, on a 1,4 milliards d'euros.

Donc c'est une baisse de 300 millions d'euros. Et on peut ajouter à ça la baisse des dotations en collectivité territorial qui comme on l'a tous dit à cette tribune finance les infrastructures, les associations et les clubs sportifs dans les collectivités que sont les nôtres. Donc on a bien sûr un gouvernement qui est très engagé sur la question du sport, vous l'avez compris.

Mais quand on regarde très précisément où sont fait les coupes budgétaires, il y a la question donc je l'ai dit du budget général, il y a la question de la cooptation d'une enfin de la moitié du budget par l'agence nationale du sport et je vais en parler après. Il y a aussi tous les plans sur les équipements sportifs qui ont été faits mais qui n'ont pas été suivis de sens ensuite et d'investissement budgétaire. Ce qui fait queon n' pas rempli les objectifs.

Quand je disais tout à l'heure évidemment que ce gouvernement ne veut pas faire ni du sport inclusif ni du sport pour tous. Euh il y a dans le projet de loi de finance une baisse de 43 % pour la mission. On va appeler ça comme ça.

Ça s'appelle une action mais pour qu'on comprenne la mission qui s'appelle sport pour le plus grand nombre. Une baisse de 43 %. Donc presque la moitié du budget.

Et ensuite, on a du coup ce que je vous disais tout à l'heure, l'Agence nationale du sport. Donc l'Agence nationale du sport, c'est plus de la moitié des crédit. Euh et c'est une agence enfin c'est une agence qui est créée qu'à un groupement d'intérêts public avec une gouvernance partagée état, collectivité, territorial, monde euh enfin mouvement sportif et monde économique dont le MEDEF parce que bien sûr faudrait pas les oublier.

Gros problème dans cette agence nationale du sport que c'est que l'État est le principal financeur de toute cette histoire. C'est une agence qui a vo enfin qui est très orientée vers les mêmes sports, les sports qui sont les plus rentables, les sports qui sont les plus élitistes et qui de fait n'appliquent pas, vu qu'il n'y a pas une gouvernance étatique, n'applique pas une politique nationale du sport et donc une politique du sport pour toutes et tous. Maintenant queon a parlé un peu budget, je vais pas continuer parce que sinon on va on va tous être de mauvaise humeur.

Euh je voulais vous parler de l'équipement. Euh donc est arrivé en 2022-2023 un grand plan pour financer 5000 équipements. Donc c'est un financement supplémentaire qui a été attendu, donc qui a été fait entre 2022 et 2023.

Et on s'est dit bon c'est quand même bien parce que la moitié des infrastructures sont vêtustes, euh consomment énormément d'énergie, ne sont pas accessibles au plus grand nombre et on s'est dit ben c'est vrai, on devrait continuer parce que quand même euh la pratique du sport pour toutes et tous, c'est avoir des infrastructures et tu l'as très bien dit à proximité de son lieu d'habitation pour faire en sorte que tout à chacun puisse s'investir dans des structures sportives, dans des clubs. Et ben 2024 est arrivé et on dit bah non, on va on va pas reconduire tout de suite, on va reconduire en 2026. On est là en à l'exercice du budget de 2026.

Toujours pas de nouvell mais on a quand même fait un nouveau plan, le plan Génération 2024 qui était fait enfin en tout cas qui qui avait vocation à financer des équipements sportifs pour les scolaires. Et ben ils ont amputé de 2 tiers le budget. Donc ce sont deux plans qui ont été mis en place pour faciliter la pratique du sport pour le plus grand nombre, y compris en milieu scolaire parce que on sait que c'est lorsque vous touchez les enfants par le sport que vous réduisez les inégalités sociales, que vous faites de la mixité, que vous faites de l'éducation populaire et même ça même ça en fait il le retire.

Donc euh le gouvernement qui a dit pendant les Jeux paralympiques que c'était la grande cause nationale, que lorsque les athlètes, les centaines d'athlètes ont fait une une tribune dans l'équipe pour dire que c'est un scandale absolu d'avoir réduit drastiquement le budget, euh Emmanuel Macron a dit "Ils ont raison. Qu'a-t-il fait depuis ?" Bah rien du tout.

Voilà, ça c'est la réalité aujourd'hui. Maintenant euh tu parlais euh du SNU et je l'ai dit tout à l'heure, euh le budget que je vous ai annoncé, c'est euh le sport, la jeunesse euh et euh la vie associative. Et donc euh attendez, je je réorganise mes feuilles avec ce vent.

Euh et donc il y a eu une volonté euh de transférer de manière un peu détournée euh du budget qui était dans ce grand programme sport jeunesse et vie associative sur le SNU. Et Marion, tu l'as très bien dit tout à l'heure, le SNU c'est c'est un j'ai même pas les mots pour dire à quel point c'est c'est J'ai pas Ouais, c'est vrai que j'ai pas les mots en fait. J'ai pas les mots.

J'ai je veux Non mais c'est c'est une vision rétrograde de la jeunesse. Ça ça empêche l'émancipation, ce que provoque le sport par ailleurs. Ça a une vision de soumission, d'autoritarisme.

Tout ce que nous on déplore et toute tout ce qui est opposé à notre vision en fait du sport. Nous le sport pour nous c'est l'émancipation, c'est le collectif, c'est la diversité et c'est l'inclusion. Et aujourd'hui, on observe que donc avec ce SCNU, il y a un transfert de la politique du sport qui est mis dans le SNU à destination encore une fois que de certains jeunes, au détriment de tous.

Et c'est bien là notre problème et au-delà de tout ça, il y a pour ces jeunes et puis il y a pour les structures du SNU, les infrastructures du SNU. Quand je disais tout à l'heure qu'on a des gros problèmes en terme d'équipement sportif, je pense qu'on va toutes et tous le voir dans nos collectivités, la rénovation des bâtiments d'accueil du sport, le fait qu'on doive enfin qu'il y ait pas de d'infrastructure du enfin pour pratiquer le sport, le fait qu'on soit obligé de de de partager entre plusieurs clubs qui a moins de créneau. Enfin, moi je je suis député de Lyon et à chaque forum associatif, la chose qu'on me dit c'est mais en fait on a été obligé de de de dire non à 200 300 personnes, 300 jeunes parce qu'on n pas assez de créneaux, parce que en fait on n pas assez de gymnase, parce que celui-ci est en rénovation, parce que celui-ci il y a de la miete, parce que la piscine en fait elle elle nous coûte trop cher, on a plus le budget pour l'entretenir.

Voilà, c'est ça la réalité. Le le nerf de la guerre, c'est bien évidemment budget, mais pour vous dire que sans budget pour le sport, on n'y arrivera pas. Et je vais vous parler d'une expérience, je divague un peu mais je cla sur ça promis, d'une expérience personnelle.

Euh je suis donc allé faire mes études à Lyon et je j'ai fait pendant très longtemps du handball. Je suis arrivée au club de Bron. Pourquoi ? parce que c'était un club qui était spécialisé dans le handbal féminin.

Et du coup, j'ai décidé de prendre des collectifs de de jeunes en tant que éducatrice sportive et pendant des années, j'ai pris des jeunes et en fait, je les ai suivis tout au long de ces années. Et vous savez, Bron a une particularité d'un côté très bourgeois et d'un côté très précaire. Et moi mon objectif en fait c'était de faire ensemble avec ces jeunes de faire en sorte que peu importe que tu viennent de la de la classe bourgeoise, peu importe que tu viennes des UC de Bron, et ben que tu joues ensemble sur le même terrain, que ça te provoque la même joie collective et que ensemble tu t'émancipes pour devenir l'adulte de demain.

C'est ça que fait le sport et c'est ça, c'est pour ça que nous dès la rentrée politique déjà on va censurer tout de suite ce gouvernement parce que c'est pas possible ce budget. Mais en plus de ça, on va continuer la mobilisation dans la rue le 10 septembre parce que nous traiter comme ça, traiter l'avenir de notre pays, la jeunesse comme ça, c'est pas possible. Je sais pas si vous voulez rebondir sur cet aspect précis de la politique gouvernementale par rapport au sport que vous avez pu étudier ou si vous voulez qu'on avance comme vous les peut-être sur pour rebondir sur le SNU aussi en le voyant ce que donc à l'université j'enseigne en STEPS la filière des des sciences du sport donc en fait on forme justement tous les futurs professionnels du sport et donc il y a non seulement le fait que ça accapare les budgets Mais en fait que comme ça qu'à part un budget très important, ça participe aussi bah il y a le côté encadrement évidemment militarisation des jeunes mais en fait aussi des encadrants du SNU et il y a il y a une alors c'est pas une politisation directe mais euh ça ça met au pas aussi les esprits des encadrants euh pour le dire très concrètement en fait ça rémunère très très très bien les éducateurs sportifs qui interviennent au SNU.

Donc nous aux vacances de pâqu, on a tous nos étudiants qui partent 2 semaines encadrer le SNU parce que c'est ce qui est le plus rémunérateur par rapport au club de sport dans lesquels ils ont l'habitude d'intervenir. Et donc en fait là, on voit bien le problème, c'est que on met des budgets sur évidemment nos étudiants, ils ont besoin de tout, donc ils y vont. Euh s'il y avait autant d'argent dans leur club local, ils continueraient cette activité et l'impact sur la population serait pas du tout le même que dans le cadre du SNU.

Et puis il mobilise aussi beaucoup les acteurs sportifs, voilà, pour faire des interventions, des débats autour du sport et cetera. Donc mobiliser tout le mouvement sportif. Là aussi avec des subventions à la clé, évidemment le mouvement sportif y va parce qu'ils ont besoin de sous dans le dans ce contexte de baisse des budgets.

Et donc là aussi en fait on voit comment on met de l'argent en enfin les gens sont obligés de s'y engager parce qu'ils ont besoin de ça mais s'y engagent dans un modèle qui est assez problématique du sport et de la jeunesse. [Applaudissements] Oui. Et tout ça justement, ça s'inscrit aussi dans une forme de culture du bénévola qui est imposée justement par rapport au club sportif, par rapport au coach aussi.

On leur demande beaucoup d'investissement mais très mal payé ou alors ils sont bénévoles. Et pour l'anecdote sur cette question du bénévolat qui rejoint aussi pas mal celle justement du SNU et du fait que finalement on les paye pas et qu'on rende ça comme c'est une espèce de logique une institutionnalisation aussi du bénévolat. Si je m'étais retrouvé sur un plateau télé sur BFM avec David Douillet qui justement me disait "Mais non en fait le sport et le fait qu'il y ait des coachs bénévoles ça fait partie de la culture française.

Donc c'est quand même hyper intéressant de voir comment ils vont instrumentaliser le l'art à la française sur le bénévola. que c'est un engagement et que c'est important pour justement légitimer que lui était effectivement extrêmement bien payé et que finalement la plupart des coachs ou des petits clubs qui ferment et cetera parce qu'ils ont pas de budget comme justement vous le vous étiez en train de le rappeler. Ça c'est important.

Puis même mettre en lien par exemple avec les 15 heures hebdomadaires du obligatoire par exemple par rapport au RSA parce que toutes ces professions là justement qui sont pas rémunérées et cetera, ça va être justement pour boucher les trous avec ce RSA là. Ça peut être aussi des compétences et cetera, des des des postes justement qui vont être dans les clubs et et compagnie quoi. Donc il y a toute cette logique là aussi à prendre en compte par rapport au nu et par rapport à l'arnaque gouvernementale à ce sujet.

Euh alors j'avais une autre question pour toi Céime. Donc on va te redonner le micro juste après. Tu as commencé tout à l'heure à montrer que les sports de combat constituaient un élément de contrôle social. tu as commencé donc à aborder ça et tu vas aussi sortir bientôt un documentaire sur le MMA qui est un peu un sport en vog en ce moment en tout cas voilà qu'elle va en bou en poupe disons.

Euh est-ce que tu peux peut-être nous parler de choses que tu as pu observer sur ce sport sur tous les enjeux de de mise en scène ? Le MMA, on le sait, ça fait partie des sports où il y a aussi énormément d'argent en jeu. Je pense contrairement peut-être au sports que pour certains enfin vous avez pu étudier qui sont des sport où il y a moins de moins de financement et cetera.

Donc est-ce que peut-être tu peux faire le lien aussi entre le MMA, le sport business et cetera ? Oui, parce que justement on a le titre de la conférence, c'est sport et lutte des classes, mais on pourrait très bien se dire aussi que le sport justement véhicule des idées individualistes ultra libéral de ultra compétition euh de mise en soi, de mise en scène de soi et cetera. Donc moi ce qui m'intéresse aussi c'est justement ça, c'est leur vision du sport aussi, nous dans la pratique, comment on le pratique en fait ce sport-là concrètement euh les petits clubs, le côté amateur aussi et justement se débarrasser de ce sport business là et aussi de ce sportlà qui fait en sorte que les classes populaires notamment, elles ont besoin aussi de s'émanciper par le sport par rapport à cette à cette comment dire à cette possibilité là justement de pouvoir mettre en son corps à vendre en fait d'une certaine manière pour la boxe, c'est un peu ça, c'est-à-dire mettre en en avant le capital, moi j'appelle ça le capital musculaire par rapport au capital aux capitaux bourgeois, c'est-à-dire symbolique, culturel et économique qu'on a pas.

Donc du coup, on va se retrouver un autre capital pour le mettre pour le mettre en avant et pour essayer de finalement de pouvoir aussi en vivre par rapport justement à des choses très concrètes, je reviens sur le côté politique et cetera, mais par rapport à la discrimination à l'embauche qui peut y avoir, par rapport au taux de chômage, par rapport à tout ça, finalement ça va être un moyen. Mais un moyen souvent qui est très difficile justement parce que c'est très mal payé. euh finalement on va prendre beaucoup de risques pour euh pour pas grand-chose.

Donc la question, elle est là aussi et c'est un peu une conclusion que je m'étais faite aussi par rapport à mon livre, mais pour de sport aussi ça marche. C'est le côté finalement le fait de pouvoir s'émanciper par le sport, c'est aussi de se débarrasser de l'argent et du chantage à l'argent pour pouvoir en vivre du côté professionnel, du côté business justement où là ça peut devenir plus violent, plus compliqué et cetera. Donc finalement, se débarrasser de ça, c'est aussi advenir peut-être à une société sans classe, c'est-à-dire qu'on aurait pas besoin justement de devoir en vivre de ce sportlà, de la boxe, mais se le réinterpréter, de le pratiquer différemment, le pratiquer comme mon père le faisait justement quand il était enseignant bénévole évidemment à côté de à côté de son travail, quand il enseignait justement la boxe et qui rêvait que ce soit une discipline qui soit faisable en tout cas au collège et dans les lycées comme ça l'î à Cuba où ils sont excellents justement en boxe pour plein de raisons, je vais pas détailler là-dessus mais il y a plein de doc sur Cuba et la boxe qui sont qui sont passionnants à ce sujet. mais comme justement vecteur d'émancipation de de redonner confiance en soi à des à des jeunes qui peuvent se faire humilier au travail ou à l'école et finalement dans l'enceinte du club ça peut justement avoir une une résonance toute particulière avec aussi un reflet qui peut évidemment être exacerbé parfois sur les conditions de travail et les conditions aussi scolaires.

Du coup, pour revenir à ça, c'est que effectivement il y a le côté sport libéral, le côté sport qui peut être émancipateur et dans tout ça, le MMA qui a été autorisé justement légalisé en 2020 en France qui mixe plusieurs disciplines dont la boxe, la lutte et d'autres. En fait, pour ce sportl justement ça qui est intéressant, c'est que il a comment dire ça la caricature même dans la manière de pratiquer ce sport là justement qui mélange plusieurs disciplines où à la base c'est un peu le jeu de qui va être le meilleur combattant comme un jeu vidéo de combat où on fantasme, c'est le karaté, ça va être Bruce Lee, ça va être Mohamed Ali. Donc le MMA, ça résume un peu tout ça et aussi un rêve et une comment dire une manière de faire dans la discipline en elle-même, quelque chose d'ultralibéral en fait, encore plus que d'autres sports.

Et du coup, c'est aussi une victoire du de l'ultralibéralisme aujourd'hui dans le monde et c'est pour ça que Donald Trump s'intéresse énormément à ce sport-là avec Dana White justement qui lui est le fondateur de l'UFC qui est la compétition qui organise le MMA dans le monde et Elon Musk aussi adore ce sport-là. Alors ça c'est ce que je disais tout à l'heure par rapport aux valeurs viriles en fait comme pour la boxe et là je parlais de Macron et la box certainement les photos de Macron voilà euh qui euh qui manifestement adore la box. Donc il y a deux il y a deux dimensions.

Il y a la première c'est l'appropriation culturelle de classe et qu'on va s'approprier un sport populaire pour faire genre comme si finalement on venait du même vécu. Donc ce qui permet aussi de dépolitiser le sport et de lui envoyer son lui enlever son historicité ouvrière, immigré et cetera. Mais aussi ils vont prendre de l'aspect de la boxe que l'aspect viriliste que l'aspect libéral.

Et justement Macron quand il avait posté ses photos en noir et blanc, c'était le moment où il voulait montrer les muscles face à Vladimir Poutine. Donc c'était vraiment pile pour ces raisons là aussi et aussi peut-être esthétique parce que du coup ça lui permettait de se mettre en avant narcissiquement sur ces photos là en noir et blanc et très bien photographié. Donc voilà donc pour le MMA c'est un peu ça aussi c'est comment en fait ce sport là il va être utilisé justement par les clases dominants de manière plutôt viriliste.

Il y a l'extrême droite aussi qui s'approprie ce sport là. Il y a les techniques de combat CRAV Maga qui viennent d'Israël aussi qui sont vachement utilisé en MMA. Il y a des combattants israéliens qui sont très bons et MMA aussi par rapport à leur culture du crave maga.

Donc il y a tout ça en fait. Il y a beaucoup de choses à dire sur ce sport-là justement parce que c'est un peu une synthèse de l'époque que l'on vit aussi, une synthèse assez exacerbée et en fait aussi le MMA comme la boxe, c'est un sport qui est extrêmement marqué socialement et euh et qui est très implanté dans les banlieux, les quartiers populaires parce qu'en fait le MMA, il est géré dans les clubs de boxe, c'est la Fédération française de boxe pour plein de raisons que je vais pas c'est un peu long et chiant donc plus tard peut-être dans le documentaire du coup enfin on on va l'aborder dedans mais en gros voilà c'est voilà et pour plein de raisons il y a que la boxe qui a accepté pour plein de raisons. Et ce qui est important aussi, ce qui est intéressant, c'est que le MMA au départ pour qu'il soit légalisé en France, c'est qu'en fait eux, ils sont venus avec leur vraiment leur chapeau de Texan et tout en mode on va imposer notre sport libéral.

Sauf qu'en fait en France, on a quand même des réglementations, il faut qu'il y ait une vertu entre guillemets pédagogique euh j'allais dire thérapeutique mais plutôt pédagogique justement sur le sport justement il à l'éducation nationale et cetera et le MMA c'était pas ça. C'était vraiment hyper libéral, il y avait pas de réglementation et cetera. Donc il y a tout ça à réfléchir.

En fait, s'intéresser au MMA, c'est encore une fois comme pour la boxe, c'est s'intéresser justement aux jeunes des quartiers populaires, des campagnes rurales aussi parce que c'est implanté dans certains enfin dans certains territoires ruraux également plutôt des classes populaires en général mais plutôt immigré parce que comme pour la boxe plus on monte en MMA professionnellement en tout cas les au niveau des palmarès et plus ce sont plutôt des personnes issues de l'immigration post-coloniale des combattants. Des combattantes, vous connaissez peut-être Francis Enganou, il y en a plein il y en a plein d'autres. Cyril G par exemple, ça c'est lui aussi, il y en a d'autres.

Euh donc voilà, il y a il y a un peu de de de comment dire, il y a plein de choses à dire là là-dessus qui sont importantes et à voir aussi comment le pouvoir va euh comment dire va s'accommoder ce sport-là qui est encore une fois très implanté dans les dans les banlieux du pays. Et pour l'instant finalement effectivement ils en parlent assez peu. En tout cas la la Macronie sont plutôt concentrés sur la boxe parce que aussi il y a un truc important c'est que quand ils comment dire ils se sont mis à apprécier la boxe ou des sports comme ça très estampillé quartier populaire c'est qu'au départ c'est une boxeuse qui m'avait raconté ça c'était Sarahou Ramoun qui est championne.

Elle m'avait dit "Bah moi quand j'ai fait Science Poep au départ on me regardait mal, on me disait "C'est quoi ton sport de racaille ?" Mais par contre, ils adoraient regarder les films de box quoi. Et en fait, une fois que justement le sport a été gentrifié, on a commencé à créer des clubs chers, qu'on a commencé à se dire tiens la box, ça peut être important comme sport par rapport de à la discipline aussi de vie, de la santé et cetera parce que c'est un sport qui est très complet.

Donc là, quand on parle justement de il faut faire attention à son corps et cetera. Donc la boxe ça ça tombe assez bien pour ces problématiques là très très citadines aussi par ailleurs. Et euh du coup voilà, je sais plus trop ce que je voulais dire par rapport à ça mais je crois que j'ai j'ai fait le tour. [Applaudissements] Ouais.

Euh donc merci beaucoup. Peut-être pour continuer à avancer. Mathilde, il y a un aspect qui m'a frappé dans ton livre, c'est que la tu montres en fait qu'il y a des carrières sportives qui sont empêchées.

Je pense que avec ce qui a été expliqué depuis le début, on voit un peu les causes de tout ce qui peut freiner en fait des des carrières. On peut aussi penser à Emmanuel Macron qui dispute les sportifs, qui ramènent pas assez de médailles à l'issue des compétitions et qu'en même temps les mêmes sportifs doivent se faire des cagnottes pour se faire financer leur équipement pour les JIO. Enfin, donc je pense qu'on voit tout un tas de raisons qui font que les carrières puissent être empêchées.

Est-ce que à partir de ce que tu vois en STAPS, à partir de des terrains aussi que tu as fait, quelle proposition, quelle manière aussi de faciliter carrière sportive tu pourrais avoir en tête ? Je pense ça peut nous intéresser notamment pour la boîte par rapport à la boîte aux outils dont on va parler après. Oui, merci.

Bah, il y a plusieurs choses effectivement qu'on a commencé à évoquer en filigran, donc la question des équipements évidemment est crucielle et il y a peut-être de deux choses à distinguer. C'est d'une part ce qui serait les carrières amateurs, c'estàdire un peu tout le monde qui voilà veut faire du sport mais pour faire du sport finalement des carrières sportives de haut niveau qui là visent l'accès aux grandes compétitions internationales et l'obtention de médailles pour les sports parle olympique paralympique et puis pour tous les autres sports. Et c'est vrai que dans mon travail, j'ai aussi beaucoup travaillé sur ces carrières de haut niveau.

Et là, les enjeux sont pas tout à fait les mêmes parce que dès lors queon rentre dans une activité qui est très chronophage, qui demande une sorte de professionnalisation alors que de nombreux sportifs et sportifs n au niveau ne sont pas professionnels. ça qui faut avoir en tête hein, c'est queon pense on a le filtre en fait des héros sportifs par les footballeurs sur payés mais en fait la plus grande majorité des sportifs y compris médaillés aux Jeux Olympiques ont des rémunérations très faibles voire inexistantes et doivent engager de nombreux frais. Donc évidemment la question financière c'est une question très importante et qui pose là aussi des enjeux politiques parce qu'en fait il y a plusieurs moyens pour des sportifs et sportifs de financer des carrières et ça dépend beaucoup des sports en fait et des modèles de la façon dont se sont construits les modèles sportifs.

La boxe par exemple est un modèle très entrepreneurial avec des managers qui vont faire entrer dans des combats et cetera. C'est très différent du pentathlon moderne typiquement qui a un sport on dit à monopole fédéral. donc où qui est complètement encadré par la Fédération et où là finalement les sportifs sont beaucoup moins nombreux mais ils sont peut-être mieux lotis parce qu'en fait dès lors qu'ils sont euh identifiés, ils sont dans des structures fédérales et donc euh les entraîneurs sont des entraîneurs nationaux fonctionnaires, leurs déplacements sont pris en charge et cetera.

Donc eux finalement euh même s'ils n'ont pas de rémunération, ils n'ont pas de frais annexe. Mais dans des sports euh plus sur ce modèle entrepreneurial, par exemple l'athlétisme également, ben c'est aux sportifs et aux sportifs de financer parfois leur entraîneur, leur kiné, leurs séances chez le médecin, leur enfin voilà tout tous les à côtés finalement. Et du coup, ça pose de vraies difficultés en fonction de l'inégalité dans lesquelles se placent et de la place des sports et des disciplines à l'échelle sportive mais à l'échelle sociale plus largement.

Et le cas de l'athlétisme, il est intéressant. Donc là, c'est pas quelque chose que je développe dans le livre, mais c'est une autre enquête à laquelle j'ai participé avec des collègues. On a travaillé sur l'élite de l'athlétisme français.

Donc vraiment les sportifs les plus médiatisés qui ont remporté des médailles dans les compétitions et cetera et qui finalement sont très peu à être professionnel, c'est-à-dire à avoir un contrat de travail salarié. Certains sont professionnalisés par la fédération mais la plupart ne le sont pas et donc il faut voilà, il faut trouver des moyens. Et pour se faire financer, en fait souvent on les appelle les débrouillards parce qu'ils se débrouillent pour essayer de combiner plein de choses.

Il y en a qui sont au RSA, il y en a qui sont en chômage de contrats professionnels qu'ils ont eu et comme ça ils arrivent à à combiner des choses. Euh et il y a quand même des aides publiques. Donc il y a des aides de l'Agence nationale du sport mais qui sont soumises au niveau de performance.

Il y a des aides des collectivités territoriales. Traditionnellement, les collectivités, notamment les départements et les régions financent en fait le sport de haut niveau avec des bourses pour les sportifs. On échange une sorte d'image de marque pour le territoire.

Et dans l'enquête qu'on avait faite, les sportifs en fait, ils avaient tendance à dire que les aides publiques, c'étaient finalement celle qui était les plus sûres parce que il y avait juste à remplir un dossier, elle se renouvelit d'année en année, on avait une visibilité et cetera par opposition aux aides privées, aux aides de sponsoring de partenaires privés qui là peuvent être plus fluctuantes parce que le partenaire peut dire "Bah non, tu fais plus de résultat donc j'enlève ton contrat, je stoppe ton contrat" et surtout qui sont soumis a d'autres critères que des jugements sportifs, en particulier pour les femmes. Et là, c'est peut-être un enjeu qu'on a pas trop abordé, la question d'inégalité entre les sexes qui est énorme dans le monde sportif, notamment à haut niveau. Et en fait, les femmes qui font de l'athlétisme en particulier pour obtenir des sponsors à niveau de compétition équivalent, elles ont des niveaux de rémunération par les sponsors bien plus faibles que les hommes, voir elles n'ont pas de sponsors.

Et en fait pour en trouver, il faut qu'elle capitalise sur des qualités qui sont extrasportives et qui globalement sont les qualités de la féminité traditionnelle et cetera. Et ça ça pose de vrais problèmes parce qu'en fait ça leur demande tout un temps de travail pour se conformer aux normes de la féminité. Par exemple, elles doivent tenir leur page Instagram, là où les athlètes vont mettre des photos de sur le podium avec des médailles et cetera.

Les athlètes femmes, on attend d'elle des photos où elles sont maquillées, où elles posent et cetera. Évidemment, c'est pas des photos qui sont prises pendant le temps sportif. Donc, il faut tout ce travail à côté d'accompagnement, de travail esthétique et cetera.

Et en fait, ça paraît peut-être à noun mais c'est très fort parce que ça enlève du temps sportif aux femmes. C'est-à-dire que tout ce temps-là, elles ne peuvent pas le consacrer à l'entraînement, aux soins, à la récupération. Elles le consacr à ce travail supplémentaire qui n'a aucune valeur sportive mais qui a une valeur médiatique qui leur donne des ressources financières pour faire des performances.

Mais du coup, elles travaillent moins sportivement, donc nécessairement elles vont faire des niveaux de performance moins élevés que si elles avaient le niveau de rémunération des hommes. Donc ça c'est un gros cercle vissier, une problématique des financements privés. Donc face à ça, les sportifs se disent plutôt bon ben il faut aussi capitaliser sur les aides publiques, aller voir le département, la région, ma ville, essayer de de combiner un peu tout ça.

Mais dans le contexte de la baisse des budgets, des collectivités évidemment on voit que ça pose des problèmes. Des exemples très concrets dont vous avez peut-être entendu parler, je viens de Nant, donc la région Pays de la Loire qui a coupé une grande part des budgets culture et sport. En fait, ça a eu des effets concrets très rapidement euh dès 2024, l'automne 2024, quand ça a été annoncé, il y a des sportifs de haut niveau qui ont changé de club et qui ont rejoint des clubs d'Île-de-Fance parce que comme ça, ça leur permettait d'être attaché à la région Île-de-France qui continuaient à avoir des financements.

Et donc ces carrières empêchées, voilà, c'est plein de choses en fait d'un écosystème qui est bien au-delà du sport mais qui joue là-dessus. Et puis euh un autre enjeu peut-être, je vais évoquer sans sans détailler, c'est l'enjeu des études. En fait, euh finalement pour beaucoup de sportifs, le moment où les carrières sont empêchées, c'est aussi l'accès aux études supérieures parce que tant qu'on est dans le système scolaire secondaire, on arrive plus ou moins à combiner et après ça devient plus compliqué.

Et là en fait, c'est beaucoup au bon vouloir des universités, des écoles, des aménagements avec des choses qui sont souvent plus favorable en STAPS puisqu'on est nous-mêmes euh familiarisé finalement à ces enjeux-là. Et voilà, moi-même dans mes formations, j'ai des étudiants sportifs de haut niveau, donc forcément, je vais les aider un peu plus parce que je travaille dessus, mais ce qui ce qui a tendance du coup à refermer les aspirations des sportifs de haut niveau autour des STAPS en fait, à dire soit tu fais STAPS, soit tu peux pas faire d'études ou alors faut arrêter le sport. Et donc ça ça fait voilà qui fait que il y a plein de sportifs prometteurs qui disparaissent des radars parce que ils avaient toujours voulu faire médecine, droit et cetera et donc ils peuvent pas continuer.

Donc là aussi il y a des enjeux de politique derrière qui font que enfin si on n pas de politique structurelle on en reste au bon vouloir des personnes qui veulent aménager ou pas les pour les carrières des sportifs et les sportives. Merci beaucoup. Et je vais poser la dernière question donc à Anaïs.

Euh est-ce que tu peux revenir sur ce que la France insoumise propose euh dans la boîte à outils municipale euh qu'il faut que vous consultiez toutes et tous euh dans les mois à venir ? Est-ce que tu peux tu as travaillé dessus ? Est-ce que tu peux revenir sur ce qu'on propose sur les questions sportives plus précisément ?

Merci Marion. Donc euh il y a évidemment des mesures et des propositions qui sont faites dans cette boîte à outils qui ont été parsemés sur nos interventions puisque on l'a dit nous notre volonté c'est le sport populaire, le sport pour toutes et tous et pour cela, bah il faut bien évidemment des équipements. Par exemple en scène Saint-Denis, pour 10000 personnes, il y a 16 équipements alors que la moyenne nationale est à 49 pour 10000 personnes sur les autres départements.

Donc évidemment que les équipements permettent la pratique sportive. Il y a un vieillissement, je l'ai dit tout à l'heure, du parc d'équipement au niveau national qui est vraiment délétaire. par exemple, c'est 4 47 % des équipements sportifs qui ont été construits ou rénovés il y a plus de 20 ans.

Donc là vraiment pour les les programmes municipaux, voilà, c'est nous notre volonté c'est la pratique sportive pour toutes et tous. Et pour cela, il faut mettre en place des équipements, il faut mettre en place des créneaux aussi disponibles pour que il y ait une diversité des sports qui soient pratiqués, mais aussi que on arrête de refuser des gens qui veulent faire du sport. Il y a aussi bien évidemment, on l'a on l'a dit, le sport ne peut pas être destiné qu'à une partie de la population. elle ne doit pas euh enfin en tout cas on peut pas s'empêcher de faire du sport parce qu'on en a pas les moyens.

C'est la raison pour laquelle nous on est pour favoriser la gratuité et la tarification sociale à la fois des licences mais aussi des équipement parce que bien évidemment au début de l'année vous payez votre licence mais quand il faut commencer à vous à vous équiper vos crampons, vos stabiles, votre ballon, votre chasuble et tous les autres et ben ça coûte cher. Et quand on voit ce qui a été fait au passe sport par ce gouvernement, et ben on a besoin que les prochaines mairies insoumises en fait elles mettent cette tarification et cette gratuité en place. Ensuite, il y a bien évidemment et je l'ai dit tout à l'heure sur pourquoi j'avais choisi le club de handbal qui était le mien, c'était la pratique du sport féminin.

Aujourd'hui, malheureusement on est très mauvais en France. Et on est très mauvais parce que il y a un manque de reconnaissance de sport féminin et j'irais même jusqu'à dire ce manque de reconnaissance il se traduit dans le budget. Avant en 2024, il y avait une ligne budgétaire qui était dédiée au sport féminin.

Ça représentait 1 million. C'était pas grand chose mais au moins il y avait la reconnaissance de vouloir mettre en place des politiques publiques d'inclusion pour que le sport féminin, il soit autant valorisé que le sport masculin. Qu'on permette à toutes les jeunes filles de notre pays de pouvoir pratiquer le sport qu'elles veulent.

Et ça, je pense que en tant que mouvement féministe, on se doit de proposer ce genre de choses pour nos municipalités insoumise. Euh, par exemple, tout à l'heure, on parlait un peu de médiatisation du sport féminin, enfin en tout cas de certains sports. par exemple la médiatisation du sport enfin non la non médiatisation du sport féminin, c'est 82 % du sport qui est diffusé à la télévision concerne le sport masculin.

Et on peut être championne, on peut faire des bons scores, on peut et ben vous aurez jamais la même couverture en terme de droit TV. Et c'est et c'est ça aussi le problème de l'ANCES tout à l'heure dont je parlais, c'est que l'anesse, elle est aussi financée par les coût de TV et puis par les paris sportifs aussi. Mais tout ça pour vous dire que tout ça est corrélé au désengagement de l'État et à sa volonté de de pu mener de politique nationale en terme de sport.

Et puis un sujet qui me touche particulièrement, c'est la question du handisport. Euh là aussi, il y a il y a eu les Paralympiques. On a tous effleuré du bout des doigts une société qui était inclusive où la pratique du sport, elle était pour toutes et tous.

Je pense que il faut que dans nos programmes municipaux, dans nos municipalités insoumises, il faut queon puisse favoriser le sport, l'andisport et pas simplement le dire, mais faire en sorte que les infrastructures et les équipements soient accessibles, que ce soit pour la pratique du sport mais que ce soit aussi pour aller voir du sport parce que ça participe aussi à la vie sociale, parce que ça participe aussi à l'interaction, au lien Et c'est ça qui est le sport en réalité, c'est le lien et l'interaction entre les individus. Et c'est pour ça que le sport nous donne autant de joie collective et que en fait dès qu'on gagne, dès qu'on est champion et en fait c'est c'est tous ensemble, peu importe notre couleur de peau, peu importe notre genre, c'est tous ensemble qu'on est heureux pour pour cette victoire. Donc euh je disais favoriser la la pratique et la mise en place de de club inclusif.

Euh je vous le rappelle quand même, c'est moins de 50 % des personnes handicapées qui font euh du sport contre 80 % euh sur la population générale. Et euh là encore, il y a il y a dans le budget 2025, bon on n' pas encore vu de 2026, mais euh c'est jamais mentionné euh il y a pas de ligne budgétaire et donc s'il y a pas de ligne budgétaire, c'est qu'il y a pas de crédit à louer. Et s'il y a pas de crédit à louer, ça veut dire que en fait il y a pas de de programme pluriannuel de de politique nationale en terme de de d'inclusion dans le sport.

Ça veut dire que comme d'autres comme le sport féminin, c'est pas une priorité. Ensuite, je voulais intervenir sur une chose euh sur j'ai je vous ai pas tous enfin j'ai sélectionné il y a bien évidemment plus de de mesures dans la boîte à outil, mais j'ai sélectionné celle qui faisait écho à nos différentes interventions. la mise en place d'un dispositif gratuit d'apprentissage à la natation parce que la natation dès le plus jeune âge, c'est la traduction très concrète des inégalités sociales.

C'est 2 % des enfants de cadre qui ne savent pas nager et c'est 13 % des enfants d'ouvriers qui ne savent pas nager. Et si donc vous avez pu l'école pour amener les enfants euh pratiquer la natation, apprendre la natation, qui prend le relais ? Donc il y a aussi cette cette politique là.

Et tout à l'heure, j'ai oublié une chose sur la natation et sur comment sur les piscines. Il y a aussi euh là je je divague un peu mais le changement climatique qui a lieu dans notre pays, la bifurcation que Macron n'a pas n'a pas su opérer qui fait qu'on va connaître des vagues de chaleur très importantes, y compris dans les grandes villes. Et je prends le cas de de Lyon par exemple.

Moi, je sais que 40 % des enfants de notre pays sont pas partis en vacances par manque de moyens et que la moindre des choses quand vous avez des vagues de chaleur comme ça, c'est de rendre la piscine gratuite pour l'ensemble des Lyonnais, des Lyonnaises ou pour l'ensemble de la population, ces enfants qui peuvent pas partir en vacances et qui subissent en plus des vagues de chaleur incroyable. Voilà, c'est ça une politique municipale insoumise. Donc là, j'ai j'ai été très brève mais juste je voulais vous dire aussi un chiffre qui m'a choqué, c'est une journaliste sportive qui en parlait la dernière fois, c'était vous savez pour 1 € investi dans le sport, c'est 13 € d'économie d'argent public que vous faites dans la santé, dans l'éducation, en fait ce qu'ils comprennent pas et pourtant ils disent que c'est les grands comptables de la République là, ces incompétents, ils disent si on investit 1 € dans le sport, on gagnera 13 €.

On fera en sorte que ben le sport ce soit sport santé, sport social et c'est ça qui comprennent pas. Et ce qui m'amène à faire la transition que je voulais faire, que je peux faire maintenant. OK.

Je disais tout à l'heure, le sport pour moi c'est un c'est quelque chose qui est fédérateur. Ça permet de lier les gens entre eux. Mais le sport aussi c'est parfois et souvent pour des belles causes.

Et je me suis dit est-ce que ce serait possible de créer ensemble une communauté d'insoumis sportifs pour une bonne cause ? Et avec mon équipe, on a un peu réfléchi et donc nous allons lancer demain ce qu'on appelle les foulées insoumises. Euh ça va être sur l'application Strava.

Je pense que vous les sportifs, vous devez connaître. Pour chaque kilomètre couru, 1 € sera versé et on arrête cette opération le 31 août pardon. Et pourquoi le 31 août ?

Parce que c'est le jour de publication des du baromètre des enfants à la rue et euh donc du coup tous les kilomètres que feront les insoumis seront reversés à cette cette lutte. Donc euh n'hésitez pas à vous inscrire demain sur Strava sur les foulées insoumises. Donc vous allez voir, c'est LFI et euh courir euh courir pour cette cause euh et comme ça on aura un réseau social de coureurs et de sportifs parce que le sport c'est pour tout le monde.

Merci. Merci beaucoup. Et donc on sait tous et toutes ce qu'on va faire après les enfis.

On va courir jusqu'au 31 août. Euh, on va maintenant passer donc à un temps de questions-réponses. Je sais pas si euh je peux m'occuper de faire passer le micro.

Vas-y, je vais le faire passer. Donc euh voilà, on prend Oui. Euh, bonjour, merci pour la pour la conférence.

Euh pour compléter ce que tu disais sur les piscines, Anaïs, euh nous moi je suis à Marseille, je suis désolé. Euh moi, je suis je suis animateur du groupe thématique concernant la culture et le sport. Et nous à Marseille actuellement, on a cinq piscines fonctionnelles.

Donc une piscine pour 160000 personnes pour donner des pour donner des chiffres un peu plus concret. Euh il y avait une initiative il y a quelques il y a quelques années dans les années 80 qui s'appelait les piscines tournesol qui étaiit des piscines très peu chères très peu coûteuses 2900 € de mémoire. Est-ce que il y a une initiative comme ça qui pourrait être mise en place ?

Sachant que je partage aussi une initiative qui avait été partagée par Alexandre Jafari, un camarade sur Twitter qui avait parlé aussi de gymnase qu'on pourrait qui étaiit des gymnases prototypes en fait qu'on pourrait déployer surtout le l'ensemble du territoire avec des lieux de sociabilisation qui pourraient permettre euh une euh comment on appelle ça ? une plus grande pratique sportive et aussi améliorer les conditions de sport de nos camarades. Donc est-ce que c'est des choses qui ont été réfléchies aussi à à mettre en place par nos dans le programme et cetera ?

Merci. Ouais. Oui.

Alors euh dans le même sens, je me disais est-ce que vous avez pensé aussi à à faire des liens avec l'action sociale notamment pour des gens enfin moi je m'occupe de personnes entre autres très éloignées de l'emploi et pas forcément toujours handicapé mais qui peut avoir des handicaps reconnus ou pas. Euh en tous les cas, les personnes les plus précaires, que ça soient les jeunes qui n'arrivent pas à rentrer sur le marché du travail ou euh des gens voilà avec le financement du des CCAS par exemple, est-ce que ça serait possible d'avoir des actions notamment toutes les familles monoparentales, les personnes proches de la retraite qui reprendront pas le boulot et cetera. Enfin voilà, moi je vois des corps qui s'effritent en fait très clairement.

Euh et du coup euh il y a plein de choses qui sont fait notamment auprès des missions locales euh voilà et qui serait pas mal à intégrer. Bonjour à tous. Merci.

Merci pour vos interventions. Euh j'ai deux questions. Euh la première c'est tu as parlé du de l'institutionnalisation du bénévola parmi les encadrants.

Euh moi j'étais entraîneur au Canada où on demandait le le casier judiciaire de tous les de tous les candidats à être entraîneur. La question c'est comment est-ce que on peut protéger les enfants dans le cadre du du sport du sport de masse du sport dans les associations sportive des des risques de pédo de pédocriminalité par les par les éducateurs notamment et je réfléchissais est-ce que ça pourrait on pourrait pas avoir un programme national du sport un service public du sport où tous les encadrants devraient bah avoir des formations garanties par l'État devraient ouais être employé directement par l'État pour justement avoir un meilleur contrôle sur qui encadre les enfants. Et ma deuxième question, c'était par rapport au sport de haut niveau.

Comment est-ce qu'on fait pour sortir de ce système où les où les athlètes, les jeunes athlètes sont en fait du bétail pour qu'il servve les popols des fédérations et de tous les entraîneurs, les cadres, toutes les fédérations et qui finalement passent et passent et font 1 2 3 ans et puis ont détruit leurs rêves de carrière sportive, de carrière professionnelle et puis ensuite on les jette à la à la poubelle parce qu'en fait ils servent plus les intérêts politique de leurs encadrons. Voilà. Merci.

Merci. Merci pour la la présentation à tous les trois. Euh moi moi je me pose une question pour mettre le sport dans une pratique quotidienne parce qu'on a beaucoup de gens en France qui sont ligne du sport.

On a des problèmes de sédentarité en France qui sont assez assez inquiétants. Euh la question du temps, je pense qu'elle est elle est hyper importante. Le temps dont on dispose dans une semaine, quelqu'un qui bosse en France 35 he et c'est même plus pour pour beaucoup euh en fait c'est des gens qui ont pas forcément le temps de de pratiquer du sport dans la semaine parce qu'on va leur mettre en plus d'autres d'autres contraintes administratives ou autres en plus en plus de ce de ce temps de de travail.

Et cette question, elle se pose dès le temps scolaire finalement, c'est quand on habitue en fait les les jeunes à faire du du sport et quand on fait une journée de je sais pas 8h 17h 17h30 au collège ou peut-être un petit peu moins en primaire, euh comment on peut avoir le temps plus de réviser ses cours, de faire du sport en club le soir dans une semaine comme ça ? Enfin, je veux dire, c'est c'est pour moi là, c'est c'est là que ça se joue vraiment au niveau de déjà de du plus dès le plus jeune âge. Euh sur la question des quartiers populairire et du rapport au sport, moi j'ai une expression que j'aime bien.

Je viens des quartiers populaires et je enfin je nous le mot que j'utilise pour nous c'est qu'on est des prolos ultra libéraux dans les quartiers populaires. Ça veut dire qu'en fait on a rien et donc on veut tout. Et le sport c'est un moyen d'accéder à ça.

C'est que c'est pas juste il y a le côté s'amuser parce qu'on est enfant aussi mais il y a un moment où ça devient sérieux et on se dit je peux sortir ma famille de la misère grâce à ça. Et le sport il est vu comme un par les cas populaire comme un moyen de réussir de sortir sa condition misérable. Et les exemples de personnes issus de quartier populaire qui ont excellé dans le sport et qui ont qui gagnent bien leur vie dans le sport, c'est des exemples d'un modèle capitaliste ultra libéral qui consomme des produits de luxe, que ce soit les voitures, les vêtements, les voyages.

C'est ces modèles là qu'on donne aux jeunes, les joueurs de foot, les boxeurs, les combattants de MMA, on parlait aussi. Enfin et c'est là que le capitalisme est très fort, c'est qu'il propose un un horizon désirable avec des guillemets hein, avec beaucoup d'appelés, comme le disait le le camarade là, mais très peu d'élus. des gens qui sont broyés par la machine du sport de haut niveau, qui sont laissés de côté, euh qui n'auront pas de plan B comme le le le jeune qui lui a une famille plutôt bourgeoise et qui va pouvoir euh soit reprendre la boîte de papa ou soit euh faire son école à côté qu'il avait prévu, son école de commerce, son école d'ingénieur et cetera.

Euh et donc je pense que c'est aussi à nous de proposer un oson un horizon pardon un osiron un horizon désirable du sport amateur et ça passe par la répartition des richesses entre le sport professionnel sport amateur et puis même de le prendre peut-être au-delà de cet argent pour que le sport amateur soit soit mieux fourni mieux adoté. [Applaudissements] Je vais je vais commencer brièvement pour On va les accompagner. [Applaudissements] Donc je disais tout à l'heure, vous me citiziez des exemples des des choses qui ont déjà été faites, que soit actuellement des dans des municipalités insoumises ou ou alors dans dans le temps, dans les anciens fief. du Parti communiste par exemple.

Bien sûr qu'en fait il faut s'inspirer de ce qui a été fait, de ce qui est fait. Là bien évidemment la boîte à outil ça permet d'avoir un premier Canva. Après, à vous d'imaginer bien sûr par rapport à votre territoire, là tu me disais c'est 160000 personnes pour une piscine.

Est-ce que bah d'un point de vue écologique, j'en sais rien, c'est intéressant de faire de refaire de la construction ou est-ce que à Marseille par exemple la mer étant juste à côté, on peut pas imaginer quelque chose ? Mais vous voyez, je je dis des choses comme ça, mais en fait c'est c'est un exemple pour te dire que il faut adapter cette boîte à outils à tes réalités à la ville dans laquelle tu vis. Ça c'est mais c'était une très bonne idée.

Notamment les gymnases, enfin les piscines tournol. Euh sur la question de la précarité, la question de du sport, euh c'est évidemment une question primordiale parce que on a vu cet été que la priv la privation matérielle et sociale a été euh en forte hausse et que les gens sont privés d'un certain nombre de choses et malheureusement la rentrée ça ça va être aussi le cas. Et ben et en plus de ça, la rentrée, c'est le moment où vous prenez votre licence, que vous inscrivez votre enfant euh euh dans une activité euh sportive ou ou culturel.

Tout ça pour dire que aujourd'hui, il va avoir une forme de privation et donc les gens vont se demander euh ben est-ce que je j'inscris ou est-ce que j'achète quelque chose qui permet la pratique du sport et ben en fait ils vont pas ils vont pas pouvoir le faire. Et malheureusement, on est arrivé en France dans une telle précarité, dans un tel taux de pauvreté qui qui est inédit depuis 1996, je tiens à vous le préciser, que il faut bien évidemment que on soit force de proposition. Et quand tu tu parles des CCAS, bien sûr, il faut voir si on peut pas conventionner des choses parce que les premiers qui sont touchés par la précarité, c'est les familles monoparentales par exemple et euh et par exemple le sport permettre voilà de recréer du lien, de de pas se sentir exclu, socialement exclu.

Et donc il y a la question des plus précaires, il y a la question des CCAS. Je trouvais que c'était une bonne et des mission de la mission locale aussi. Mais je pense qu'il faut évidemment aller plus loin dans les dans le programme par rapport aux compétences bien évidemment de de la municipalité qui sont pas les mêmes.

Par exemple, dans des grandes villes comme Lyon où vous avez des compétences partagées entre la métropole et et la municipale. Euh voilà. Ouais.

Euh alors euh peut-être rapidement, je dire sur rebondir sur euh les piscines tournesol. Euh ce qui est intéressant c'était que effectivement c'est un un grand projet qui maintenant est un peu le patrimoine sportif euh national on a complètement oublié. Et en fait maintenant ce qui se développe beaucoup depuis quelques années, c'est des bassins mobiles en fait.

Donc c'est des petits bassins sur camion. Alors ça permet de répondre à la question de l'apprentissage à natation. C'est des bassins qui sont assez adaptés pour apprendre à nager.

Par contre, c'est pas des bassins où on va rester une fois qu'on âge parce que ils font globalement 3 m/ 3. Euh et en fait, c'est pour dire que finalement maintenant on invente enfin voilà, on oublie un peu les piscines pour sol et on invente des choses mais qui sont moins bien finalement que ce qu'on avait avant. sur la question de la protection des enfants.

En fait, il y a la même chose que au Québec en France, c'est-à-dire que tous les éducateurs sportifs salariés doivent montrer enfin les dirigeants des clubs doivent vérifier l'honorabilité en fait des éducateurs notamment par le casier judiciaire et depuis peu, ça a été étendu à tous les bénévoles. Avant, c'était lié au fait qu'on encadrait de manière professionnelle et maintenant c'est y compris les bénévoles puisque évidemment c'est pas le fait d'être professionnel qui va faire que enfin voilà, vous voyez bien le l'enjeu et en fait il y a on ça on enfin on le sait pas globalement mais c'est une démission du ministère des sports importantes et de fait les délégations départementales et régionales du ministère donc les DragS et les DD et les Drag et SDJES donc qui sont donc les échelons départementaux et régionaux du ministère ont ces missions essentielles en fait de lutte contre les VSS et de protection euh des enfants dans la pratique sportive. Donc ça fait partie des missions et il y a des gens sur le terrain qui le font.

Euh le problème essentiel encore une fois, c'est le manque de moyens, le fait qu'ils sont trop peu euh nombreux, donc ils ont pas les moyens de vérifier en fait l'honor enfin le de faire le contrôle d'honorabilité des des déclarations des dirigeants sportifs et puis le fait aussi que c'est des missions qui se sont rajoutées récemment à tout ce qu'il faisait déjà sans formation particulière. Et donc là, je sais pour avoir accompagné une étudiante qui s'est engagée dans cette voie là et qui avait justement fait son écrit réflexif là-dessus. En fait, ça pose de vrais problèmes dans la gestion professionnelle du coup des cadres du ministère des sports.

Donc là, c'est un peu technique mais avec tous les enjeux en fait euh de leur eux-mêmes leur propre suivi euh psychologique en fait à gérer ces cas-là et cetera. Et là finalement euh c'est typiquement un exemple où euh il y a des obligations qui existent, il y a le cadre légal mais on manque de moyens à tous les niveaux pour l'appliquer vraiment. Et sur la question un peu de du système du sport de niveau où les athlètes sont du bétail.

Oui, c'est vrai. C'est très variable selon les sports en fait et selon la force politique aussi des fédérations et le poids qu'elles peuvent avoir sur les athlètes. Et moi, ce qui me frappe toujours, j'enquête plutôt du côté des athlètes que des dirigeants.

Et en fait, il y a une sorte de décalage où les athlètes eux, ils font carrière pour eux et ils sont souvent très naïfs du fait que pour les dirigeants, ils sont effectivement impion pour obtenir des médailles, obtenir des subventions et cetera. Et donc s'il pas s'ils sont pas bons, ils seront remplacés par d'autres alors que eux voilà le vivent dans leur propre trajectoire et cetera. Donc il y a il y a ce décalage qui est dur à remplir.

Il y a quand même des choses qui évoluent ces dernières années. Euh les fédérations sont de plus en plus engagées sur la reconversion. Donc les sportifs de niveau, là aussi c'est un un statut ministériel.

Ils sont reconnus par le ministère des sports comme sportifs de niveau. Ils sont inscrits sur des listes chaque année et on a des listes reconversion. Donc en fait les sportifs quand ils arrêtent leur carrière, ils sont mis sur cette liste reconversion et ils ont accès à des dispositifs.

Ils sont tenus d'être accompagnés par les fédérations pour continuer euh dans euh l'insertion professionnelle, les études et cetera. Euh malgré tout, effectivement, les fédérations, elles sont plutôt axées sur le présent euh et les médailles. Et ça évolué aussi par un autre dispositif qui c'est depuis je sais plus de quand la loi, mais qui a modifié ça dans le code du sport.

Maintenant dans les fédérations et dans les organes dirigeants des fédérations, il y a des commissions des athlètes de haut niveau, de la même façon qu'il y a des commissions des entraîneurs, des commissions d'arbitres et cetera. Et donc ça c'est assez récent puisque je crois que c'est les dernières élections après les jeux 2024 que ça s'est généralisé dans les fédérations. Mais du coup maintenant dans les organes dirigeants des fédérations, il y a des représentants des athlètes de haut niveau et on peut espérer que ça va participer à à porter leur voix et leurs intérêts.

Oui. Sur la question du temps, je suis totalement d'accord avec ça sur le temps dont dont on dispose. C'est un vrai enjeu.

De fait, les employeurs privés le savent très bien et maintenant le sport au travail se développe massivement justement pour ces questions là parce que en fait ça apparaît comme la promesse du sport facile à placer dans sa pose repas entre midi et 2 qui pose de vrais enjeux aussi en terme d'appropriation finalement par l'employeur aussi de quels sont les sports qu'on propose aux salariés avec qui et cetera. Et effectivement, ça c'est mais ça en fait la façon dont on peut y répondre en terme de politique publique, ça va encore être la question de l'accessibilité, d'avoir des équipements proches, des amplitudes assez assez fortes, mais ça renvoie encore une fois la concurrence des créneaux avec les clubs qui se battent dans le peu d'équipements qu'il y a et cetera. Et puis aussi ça euh les questions se posent notamment euh je reviens sur la question du sport féminin, mais pour euh pour les femmes qui sont maires de famille, on sait que c'est encore plus prnant. et que c'est une des causes fortes d'abandon de la pratique sportive.

Donc là aussi, il y a des initiatives qui peuvent se développer notamment avec des structures de plus en plus qui proposent des créneau parents enfants euh de pratique sportives. Mais euh voilà, en tout cas, oui, la question du temps, elle est elle est fondamentale avec l'argent, ça c'est sûr. Merci.

Et du coup, ça me permettra de répondre à ta deuxième interrogation, enfin ta deuxième remarque. Euh moi aussi, j'ai grandi en dans les quartiers populaires, enfin dans la banlieue de camp en Normandie. Effectivement, j'ai bah il y a cette aspiration là au libéralisme, à gagner beaucoup d'argent et cetera que je peux tout à fait comprendre en fait que tu as envie de gagner de l'argent quand tu as été pauvre toute ta vie.

Et effectivement, il y a ça et ça c'est important aussi, c'est comment la gauche peut s'en saisir en fait. et surtout aussi pas mal de mouvements intellectuels et cetera par snobisme qui imagine les quartiers populaires comme tous marxistes et cetera alors que bah non, c'est plus compliqué que ça la vie parfois. Mais du coup voilà, il faut surtout pas snobber ça parce qu'en fait snobber justement la question du sport euh la question des pratiques en fait culturelles aussi, moi j'adore les jeux vidéos tout ça ça véhicule un imaginaire aussi.

Donc c'est bien de s'y intéresser en fait en profondeur et pas de balayer d'un revers de la main des choses qui seraient indignes ou pas du tout euh pas du tout nobles en fait. Euh alors qu'au contraire d'ailleurs, elles le sont plus que beaucoup d'autres choses. Et par conséquent, voilà, pour moi, le petit mot de la fin que je pourrais dire là-dessus en fait, c'est que je pense que s'intéresser sincèrement aux classes laborieuses et notamment à la jeunesse des quartiers populaires, c'est s'intéresser au sport d'une manière générale.

Et voilà, [Applaudissements] on a peut-être le temps pour une dernière question. OK. J'ai éteint le micro pour éviter les interférences.

Merci. Euh, il y a pas de l'arsène, ça va. OK.

Euh, bonjour. Euh, merci beaucoup pour vos prises de parole. Euh, je sais pas si ça a été évoqué parce que je suis arrivé en cours de route, mais je voulais visibiliser des un problème que j'ai lu dans des travaux de recherche sur le sport qui sont le problème de l'inclusivité et l'autre qui est de la prévention.

Et je voulais savoir si vous avez des opinions là-dessus ou des des choses à faire. un agenda dessus. Le premier, c'est le problème de l'inclusivité.

Il y a beaucoup de personnes euh grosses ou des femmes ou des personnes LGBTQ plus qui euh qui visibilise le fait qu'elles ont du mal à s'intégrer dans des structures sportives. Et euh euh je voulais savoir s'il y a des choses qui sont prévues là-dessus euh par exemple dans des salles de sport ou dans des des clubs un peu plus publics. Et le deuxième, c'est le problème de la prévention.

Euh normalement, on remarque que euh dans le sport professionnel contre le sport amateur, il y a beaucoup plus de blessures dans le sport amateur que dans le sport euh le sport professionnel. Et euh j'ai l'impression que moi je suis dans une structure à Lyon qui s'appelle Courir à Lyon. C'est un club très inclusif de course.

Il est très très peu visibilisé le problème de la blessure alors que c'est un truc hyper courant dans la course. Et euh et je déplore un peu ça quoi. Et je voulais savoir si c'est un problème que vous vous avez des solutions pauvres ou des dépensées.

Merci. Préparation. de quoi ?

Euh sur le problème de la prévention entre pratique amateur et pratique professionnelle, j'ai pas de de réponse arrêtée sur la question. Moi ce que je peux percevoir c'est je pense qu'on se blesse moins dans un cadre professionnel puisque les encadrants sont formés à vous faire notamment en début de saison une préparation sportive qui fait en sorte que ben vous avez moins de chance de vous blesser et de préparer voilà toutes les articulations, les muscles, tout ça à la pratique du sport de manière intensive tout au long de l'année, même si c'est euh c'est le sport professionnel, dans le sport amateur. Euh mais ça ça revient à ce qu'on se disait sur le bénévolat dans les clubs sportifs.

Euh malheureusement en fait c'est vrai que euh si vous tombez pas dans un grand club ou dans une grande ville où il y a beaucoup de clubs, moi je le je le vois d'un point de vue du handbal par exemple, je viens de Laoren, j'ai pas du tout appris le même handball en Laoren en Meuse que à Lyon quand je suis arrivée au club de Bron. pour vous dire, je savais même pas ce qui était un intervalle alors que c'est quand même la base du handball. Mais bon, mais voilà pour vous dire que parce que en fait c'était un petit club parce que en fait le coach était là par amour du handball et était pas forcément très très formé.

En tout cas, n'avait pas fait des formations comme l'exige le club de Bron par exemple. Chaque entraîneur a est enfin c'est obligatoire qu'il a un diplôme même si le club finance le diplôme mais voilà pour pouvoir euh éduquer sportivement les enfants et en tout cas orienter une une manière de pratiquer le sport qui est qui qui est bonne pour pour les joueurs et les joueuses. Donc moi je je l'analyse plutôt comme ça.

Mais est-ce que c'est la bonne solution ? Moi je l'analyse d'un point de vue sportif. Peut-être que vous en avez une autre d'analyse.

Non, mais je pense que c'est juste et en fait c'est plus largement que il y a pas de staff médical et cetera et que du coup tout est renvoyé en fait aux pratiquants et pratiquantes et du coup ça a conduit beaucoup à notamment des pratiques d'automédication et c'est de l'apprentissage informel par les pères. quelqu'un s'est blessé, on va reproduire un peu la même chose. Mais effectivement, il y a pas de pratique de prévention structurée.

Mais la question, elle est intéressante parce que en fait moi, j'entends souvent l'inverse. On dit tout le temps "Ah, c'est les sportifs de haut niveau qui se blessent tout le temps. Le sport, on dit que c'est la santé mais c'est pas la santé, faire du sport intensif et cetera." Mais en fait voilà sur sur le terrain concret ce qu'on observe c'est que finalement sportif de haut niveau puis il y a il y a quelque chose hop ils ont un IRM ils ont un rendez-vous ils sont suivis quand c'est chacun voilà c'est pour soi si on est dans un désert médical ben on traîne sa blessure on n'est pas suivi elle va enfin voilà et donc ça ça renvoie du coup aussi aux politiques de santé mais oui oui je pense c'est beaucoup lié au fait que c'est laissé aux pratiquants et sur la question de l'inclusivité du coup j'ai pas bien compris je pense Euh la question est-ce que c'était quoi ? pour euh Ouais.

Euh en gros euh je sais pas, il y a il y a une image qui peut être marquante par exemple pour certaines personnes du fait qu'elles peuvent même passer les portiques de sport et euh que il de microag d'agression il y a des chiffres assez hallucinants pour les personnes c'est moi qui du fait que il y a il y a un fier des personnes qui avoir ce genre d'actation dans cellul savoir s'il y a des choses Bah évidemment, je pense que il y aurait plein de choses à faire. Il y a des du coup il y a des par exemple il y a du sport communautaire dans la communauté LGBT qui a ses propres clubs, ses propres championnats et cetera qui qui sont pour le coup ouverts à à tout le monde évidemment. Euh mais euh mais enfin voilà, c'est la question c'est soit on est sur des initiatives locales privées ou est-ce que il y a une réflexion encore plus large évidemment que qu'il y aurait plein de choses à faire.

Mais du coup, je me dis ça enfin les deux questions peut-être ça permet de finir malheureusement sur une note un peu plus négative sur le sport que tout ce qu'on a pu dire. Mais mais en fait c'est ça aussi parce que voilà ce qu'on dit de le sport certes ça permet de réduire les dépenses de santé mais en fait ça crée quand même aussi des problèmes de santé dans certains cas le sport intensif et cetera et voilà le sport notamment le sport fédéral reste encore beaucoup pris par le modèle de l'homme blanc bourgeois et cetera et cetera et voilà il faut faut il faut pas avoir enfin du coup la la vision émancipatrice de gauche France insoumise du sport veut déconstruire ça Mais de fait, il y a encore beaucoup à faire de tous les côtés. Euh oui, du coup, je vais te répondre par rapport à ce que je connais par rapport à la boxe et mon enquête aussi, mais ça va te parler aussi parce que moi j'ai rencontré beaucoup de personnes et notamment aussi des clubs autogérés en fait de box de plus en plus dans toute la France d'inspiration un peu italienne aussi antifasciste parce qu'il y a beaucoup de de bah de genre d'extrême droite qui reprennent la boxe et cetera.

Donc c'est un peu un contre mouvement qui se passe euh du coup plus inclusif et cetera parce que moi je parlais des clubs de boxe par rapport à la classe sociale, par rapport aux questions raciales aussi mais évidemment c'est des lieux qui reproduisent des violences sexuelles aussi sexistes des discriminations de genre LGBT aussi. Donc par conséquent comme dans la société en général he dans les chez les bourgeois blancs aussi évidemment mais du coup par conséquent en fait c'est plutôt du côté moi des clubs autogérés que j'ai vu qu'il y avait des choses qui se passaient notamment en boxe parce qu'en boxe il y a aussi ces dimensions là de sport des minorités en fait et du coup c'est pas anodin que justement des minorités politiques que finalement soit ce sport là surtout où j'ai découvert beaucoup de ces clubs autogérer un peu partout en France. Voilà.

Après, c'est une réponse mais dans l'idéal ça c'est plutôt une réponse parce qu'il y a pas de réponse justement. Enfin voilà. Enfin, [Applaudissements] il est l'heure de terminer cette conférence.

Donc merci à toutes et tous d'être venu, d'avoir participé. Merci encore une fois à nos intervenants. C'était vraiment très intéressant.

Euh voilà donc vous mettez vous regardez ce trava demain et vous mettez à courir après les amphies et bonne suite d'université d'été. [Applaudissements]