Uber Files : Tout sur le rapport d'enquête qui accable Macron | Danielle Simonnet
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C'est un spectacle pour le moins inhabituel auquel les Français passionnés par l'actualité parlementaire ont assisté médusé. Une passe d'arme en bonne et due forme entre les deux personnages clés de la commission d'enquête parlementaire relative aux révélations des Uber Files. Et Uber Files, c'est l'enquête du Consortium International des Journalistes d'Investigation sorti en juillet 2022, s'appuyant sur 124 000 documents internes à Uber qui ont fuité et qui documentent les actions de lobbying menées par Uber pour changer les pratiques et la loi au détriment des chauffeurs de taxi.
Les Uber Files ont également mis en lumière les relations troubles qui ont pu exister entre Uber et les dignitaires de l'exécutif Hollande, parmi eux Emmanuel Macron. C'est pour en savoir plus sur cette sombre affaire que la France Insoumise a utilisé son droit de tirage pour ouvrir la voie à une commission d'enquête parlementaire. Une commission qui a auditionné plus de 120 personnes et présenté son rapport le 18 juillet dernier. Un rapport qui met en cause le ministre de l'économie de François Hollande, Emmanuel Macron. On écoute la rapporteure, la députée France Insoumise, Daniel Simonnet.
Le rapport montre bien qu'il y a eu énormément d'échanges privilégiés entre le ministre lui-même et Travis Kalanick, le PDG Monde d'Uber et entre les membres du cabinet d'Emmanuel Macron et les dirigeants d'Uber. Et malgré toutes les auditions des ministres de l'époque, malgré les nombreuses auditions que nous avons pu avoir, les données qui ont été transmises par McGann assez tardivement, puisqu'elles ont été transmises après les auditions, confirment totalement les travaux du consortium de journalistes. Oui, un deal a bien eu lieu entre Emmanuel Macron et les dirigeants de cette plateforme, malgré leur totale illégalité.
Ce deal a été, dans un contexte particulier de mobilisation très forte entre les chauffeurs de taxi et le développement de la plateforme et la concurrence déloyale qu'elle imposait, le deal a porté sur le fait que Uber finissait par concéder fermer la plateforme Uberpop, pour laquelle par ailleurs ils avaient été condamnés à la fermer. Il dealait de fermer cette plateforme en échange d'une modification réglementaire permettant d'abaisser les exigences de formation des VTC de 250 heures à 7 heures, c'est-à-dire la possibilité en une seule journée de recruter des chauffeurs Uber.
Et alors même que les projets d'arrêté prévoyaient de limiter le nombre de sessions, à cette étape-là, dans le deal, Uber va obtenir un nombre de sessions illimité.
Benjamin Haddad, le président macroniste de la commission d'enquête, a très vite marqué son opposition aux conclusions de la commission en question.
Il n'y a eu aucune forme d'opacité, de contrepartie, de deal secret, de connivence entre les acteurs publics et Uber au moment de son arrivée en France. La vérité est à la fois plus simple et plus complexe.
La France, comme tous ses grands voisins en Europe ou en Amérique du Nord, a vu un secteur réglementé où il y avait une pénurie de l'offre, celui des taxis, qui a été bouleversé par l'arrivée de nouveaux acteurs, les VTC, qui sont venus apporter une nouvelle offre sur le plan technologique, la réservation électronique, la géolocalisation et puis répondre à une demande très forte des utilisateurs, mais aussi à des nouveaux usages dans le monde du travail, l'indépendance, la demande de flexibilité.
Tous ces acteurs ont pu nous confirmer que les ministres étaient tous dans leur rôle, qu'il n'y a eu aucune espèce d'indulgence à l'égard d'Uber, ce que nous ont d'ailleurs confirmé les dirigeants d'Uber, mais aussi le lanceur d'alerte lui-même, lui-même, qui a infirmé l'existence d'un deal entre le gouvernement et Uber. Donc pas de théorie du complot. Je regrette, comme vous avez pu le constater, que la rapporteure ait choisi plutôt de considérer que de nombreux acteurs avaient menti sous serment, puisque c'est la seule façon de pouvoir considérer qu'il y a eu peut-être des accords secrets.
Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, est allé dans le sens de Benjamin Haddad en criant aux mensonges et aux complotismes.
Chacune des assertions, chacune des affirmations qui sont les vôtres sont au mieux des mensonges ou au pire relèvent du complotisme. Je reprends volontiers à mon compte les mots du président de la commission d'enquête, président de la commission d'enquête, qui dit que dans votre rôle de rapporteur, vous avez été de parti pris, que les propositions que vous faites ne sont que le copier-coller du programme de Jean-Luc Mélenchon, que vous avez eu vous-même une attitude qui fruse avec le complotisme en audition. Madame la députée, vous tirez de votre rapport des conclusions qu'il ne porte pas.
Vous êtes dans l'affirmation, vous êtes dans l'incantation et en réalité vous vous éloignez de la réalité.
La polémique peut paraître croustillante, mais le risque est qu'elle nous éloigne du fond du dossier. Et c'est pour éviter cet écueil qu'aux médias, nous avons décidé de donner la parole à Daniel Simonnet, rapporteur mais aussi porteuse de cette commission d'enquête, pour évoquer en profondeur ces différents points. C'est l'entretien d'actu. Bonjour Daniel. Bonjour. Alors je l'ai dit d'entrée de jeu, l'objectif de cette conversation n'est pas d'alimenter la polémique qui vous oppose à Benjamin Haddad. Mais dites-nous, quelle est la lecture politique au fait de cette confrontation plutôt inhabituelle ?
Eh bien en fait, depuis le début de cette commission d'enquête parlementaire qui a été créée après droit de tirage du groupe La France Insoumise, ça veut dire que c'est la groupe La France Insoumise qui a souhaité qu'il y ait une enquête parlementaire sur le sujet et le scandale des Uberfiles. Depuis le début, évidemment, quand les macronistes mettent Benjamin Haddad à la présidence de cette commission d'enquête, leur objectif c'est qu'ils n'en sortent rien et qu'on ne sache pas. D'ailleurs, la commission d'enquête va être empêchée de pouvoir auditionner tous les membres du cabinet d'Emmanuel Macron lorsqu'il était ministre de l'économie de l'époque.
On va revenir là-dessus.
Donc on voit que depuis le début, ils veulent à tout prix étouffer l'affaire, cacher l'affaire. Et alors quand on reprend l'attaque, la contre-attaque qu'ils font de complotisme, on peut se marrer quand même. Parce que si le rapport de la commission d'enquête est complotiste, ça veut dire que la commission d'enquête est complotiste. Parce qu'il a été quand même adopté par 12 voix, une majorité dans la commission d'enquête et 11 abstentions sur 30 membres. Tous n'étaient pas là.
Mais ce qu'il faut se dire aussi, c'est qu'à ce moment-là, Le Monde, Radio France, The Guardian, tout le consentium des journalistes qui avait conclu il y a un an qu'il y avait bien un scandale Uberfiles sont aussi complotistes. Donc en fait, on voit que la Macronie, quand elle est mise en difficulté, la seule chose qui lui reste, c'est l'insulte et traiter les opposants de complotistes. C'est inacceptable.
Pour mieux préparer la suite de cette conversation, est-ce qu'on peut avoir une idée de la composition de cette commission et d'une certaine manière, de la manière dont sont en général composées les commissions d'enquête parlementaires ?
Alors, une commission d'enquête parlementaire, elle est composée en fait à la proportion des différents groupes de l'Assemblée nationale. Donc par exemple, dans cette commission d'enquête sur les 30 membres, il y avait, j'espère que je ne me trompe pas, 8 députés de la NUPES, tous groupes confondus, 13 des différents groupes de la Macronie. Ensuite, il y avait un LIOT, 3 LR et le reste, j'ai un doute, c'est 4, 5 du Rassemblement national.
Mais comment ça se compose ? Selon quels principes ça a été composé ainsi ?
C'est au pourcentage de ce que représentent les groupes à l'Assemblée nationale. Et du coup, on va reproduire sur 30 membres le respect en fait des rapports de force. Après par contre, la commission d'enquête élit en son sein son bureau. Et là, on ne peut pas dire que les proportions soient toujours respectées. Les macronistes étaient très majoritaires dans le bureau de la commission d'enquête.
– Justement, on peut s'interroger, s'étonner qu'un fidèle d'Emmanuel Macron soit la présidence de cette commission d'enquête qui va statuer sur son comportement. Je veux dire, ce n'est pas des pratiques très démocratiques.
– Si, parce que, je ne vais pas attaquer moi là-dessus. C'est-à-dire qu'en fait, dans chaque commission d'enquête parlementaire, normalement, vous avez la présidence et le poste de rapporteur sont tous deux de deux composantes politiques opposées, différentes à l'Assemblée nationale. Donc, commission d'enquête, droit de tirage de la France insoumise, la France insoumise choisit la fonction. J'ai choisi d'être rapporteur, parce qu'il me semblait important d'avoir la maîtrise du rapport. Et la Macronie, du coup, a choisi, peut-être par choix ou par défaut, puisque c'était moi la première à choisir, le poste de président.
– Et donc, ce poste de président qui va finalement devenir un instrument d'obstruction, selon vos propos. Alors, comment s'est mis en place ce que vous considérez comme une logique d'obstruction dans le cadre de cette commission d'enquête ?
– Je dirais que c'était des tentatives d'obstruction, mais moi, ça ne m'empêchera pas de travailler, ça ne m'a pas empêché de travailler. Et donc, je suis très fière de ce que j'ai pu mener comme enquête. Et ça ne m'a pas empêché de faire un rapport extrêmement étayé. On a fait quand même 120 auditions, plus de 88 heures d'audition. On a épluché énormément de rapports. J'ai pu faire, je pourrais le raconter, une enquête sur pièce et sur place au ministère du Travail de M. Dussopt. Enfin, je veux dire, voilà, le taf, on a pu le faire. Mais concrètement, par exemple, le président, depuis le début, aurait préféré que cette commission d'enquête parlementaire soit plutôt un colloque permanent.
C'est-à-dire qu'on voyait bien qu'il ne souhaitait pas trop qu'on auditionne ni les ministres de l'époque, ni les ministres d'aujourd'hui, qu'il s'est battu. Il a gagné, hélas, là-dessus, pour qu'on auditionne aucun membre du cabinet d'Emmanuel Macron lorsqu'il était ministre de l'Économie, et notamment pas M. Emmanuel Lacresse, qui était vraiment le nom qui revient sans arrêt dans les Uber Files et qui est aujourd'hui député. Et donc, il a essayé vraiment d'obstruer. Après, on a eu le moment fatidique et à la fin de la commission d'enquête, quand la rapporteure rend son rapport, la commission d'enquête doit adopter le rapport pour qu'il puisse être publié.
La tradition veut que tous les rapports sont adoptés. C'est-à-dire qu'à la limite, le groupe politique opposé au rapport s'abstient pour ne pas empêcher la publication. Et c'est vrai que les rapports de force étaient serrés et j'ai obtenu 12 voix pour l'adoption du rapport et il y a eu 11 abstentions. Et je me poserai toujours la question, je n'en ai pas de preuve, mais je me dis, si les macronistes avaient été majoritaires numériquement, ce serait-il véritablement au moment du vote ? Est-ce qu'ils se seraient abstenus ? Ou est-ce qu'ils auraient voté contre pour empêcher la publication ? Je ne le saurais jamais.
Parlons maintenant du fond du dossier. Un aspect qui vous a marqué dans les documents qui ont fuité, c'est ce qu'on appelle chez Uber la pyramide of shit. C'est un drôle de mot, mais c'est quoi ?
Alors, la pyramide de merde, désolée d'être grossière, mais de vous donner la traduction française. Il faut comprendre qu'en fait, la plateforme américaine Uber a érigé l'illégalité en mode de fonctionnement. Quand Uber vient s'installer en France, ils savent pertinemment que la plateforme va enfreindre toutes les lois. D'abord, les lois et réglementations du secteur de transport à titre onéreux. Ils ne vont pas respecter également le Code du travail, ils ne vont pas respecter les règles de la concurrence. Et ils l'assument, ils le théorisent. Et il y a dans les documents Uberfiles un triangle où on voit étage par étage toutes les réglementations et les lois auxquelles ils vont s'affronter.
C'est l'ensemble des réglementations qui existent. Et de merde, en fait.
Exactement. En fait, la pyramide of shit, c'est toutes les merdes qu'on va devoir se prendre dans la gueule parce qu'on va être dans l'illégalité. Mais en fait, on peut aussi... Ou bien qu'on va devoir enlever. Voilà. On va avoir des procédures en justice, des contrôles, des perquisitions. Mais on va enfreindre toutes ces irrégularités. C'est à la fois la merde que nous allons affronter. Donc la merde, c'est la loi. Et en même temps, certes, ça va nous provoquer des emmerdes. Mais en fait, c'est par cette illégalité qu'on va pouvoir s'imposer.
Donc c'est une plateforme hors la loi, qui se sait hors la loi, mais qui va engager un lobbying extrêmement agressif pour mieux s'imposer dans la concurrence avec les taxis. Et ce qui est très grave, c'est qu'une entreprise qui théorise d'assumer d'être dans l'illégalité, comment peut-elle, à ce point-là, avoir des liens aussi étroits avec des décideurs publics au plus haut niveau, et notamment le ministre de l'économie de l'époque, Emmanuel Macron. Et en fait, les Uberfiles, c'est un ancien lobbyiste d'Uber, Marc Magan, qui a balancé 120 000 documents, donc des SMS, des mails, des notes internes, un consortium du journalisme, pour rendre public tout cela.
Parce que lui, qui était donc au départ à fond dans la logique d'Uber, qui va même après d'ailleurs soutenir Emmanuel Macron dans sa première campagne présidentielle, va petit à petit réaliser qu'on a vendu des mensonges aux chauffeurs, à tous ces travailleurs qui se sont engagés pour être chauffeurs Uber. On leur a menti. Et ils réalisent à quel point c'est un système de précarisation et de paupérisation, où la plateforme fait croire aux chauffeurs VTC qui sont leurs propres patrons, qui sont dans une belle voiture et qui... Une belle aventure entrepreneuriale, quoi. Exactement, enfin voilà, où ils vont se faire de l'argent.
Et puis en fait, Uber va engager un dumping terrible sur le marché, c'est-à-dire qu'il va au début faire miroiter ça pour avoir beaucoup de chauffeurs Uber. Ensuite, il va augmenter la contribution qu'il ponctionne aux chauffeurs, tout en cassant les prix, puisque c'est Uber qui décide des prix. Donc, casser les prix pour vendre à perte les courses. Et donc, les chauffeurs vont devoir enquiller un nombre d'heures pas possible pour toucher à peine le SMIC. Et certains se sont endettés pour se procurer la voiture. Et donc, ils vont vivre un véritable cauchemar et une précarisation.
Alors, ce qui irrite manifestement Benjamin Haddad dans votre rapport et la communication sur ce rapport, c'est le fait que vous attestiez de l'existence d'un deal entre Uber et le gouvernement dans lequel Emmanuel Macron était ministre de l'économie. Et vous vous fondez sur trois SMS assez évocateurs. Est-ce que vous pouvez nous en parler de ces trois SMS qui prouvent la collusion ?
Bien sûr. En fait, il y en a même plus que trois. Mais vous pouvez avoir sur le rapport qui est public maintenant sur le site de l'Assemblée nationale, on a mis en annexe tous les échanges. En fait, Uber, à ce moment-là, a aussi développé la plateforme Uberpop. Uberpop, c'est une plateforme qui permet à vous et moi, en dehors des heures de travail, enfin pas moi parce que je n'ai pas le permis, mais en dehors des heures de travail, de pouvoir faire chauffeur comme un VTC sans avoir la carte VTC. Et là, on est vraiment sur une concurrence déloyale maximum vis-à-vis des taxis puisqu'ils n'ont même pas la carte professionnelle. Et donc, ça met en colère encore plus fortement les taxis.
Et Uber va perdre le procès et devrait arrêter Uberpop, mais fait appel et décide de continuer à mettre en avant Uberpop pour l'utiliser comme monnaie d'échange, comme chiffon rouge. Et donc, ils essayent de négocier et ils négocient avec Emmanuel Macron et son cabinet de pouvoir obtenir un abaissement réglementaire des conditions pour avoir la carte VTC, en fait une carte VTC Lite. Et donc, ils vont échafauder et on a des échanges entre Travis Kalanick et Emmanuel Macron, puis entre les dirigeants d'Uber et le cabinet, notamment M. Lacresse, où il y a toute une stratégie qui est concertée. Où ils disent, bon, alors très bien, on va trouver un député Macroni, ce sera M.
Bello, qui va porter des amendements à tel texte de loi, même pas tant pour qu'il soit adopté, mais pour créer une campagne de communication. Et petit à petit, Macron va pouvoir avancer l'idée qu'il va préparer cet arrêté facilitant la réglementation au rabais pour recruter les VTC. Il faut savoir que Macron, à ce moment-là, est minoritaire dans son gouvernement. Valls, sur ce sujet-là, Valls, Cazeneuve et Vidalis, donc le ministre de l'Intérieur, le ministre des Transports et le Premier ministre, sont plutôt pour les professions réglementées. Ils ne sont pas trop pour la Start-up Nation.
Et malgré tout, en organisant les choses dans le secret le plus total de leurs échanges des SMS, eh bien, ils vont obtenir un arrêté où l'exigence de formation passe de 250 heures à 7 heures, c'est-à-dire qu'en une journée, vous recrutez les VTC, et ils vont même obtenir qu'il n'y ait aucune limitation du nombre de sessions, et donc ils vont pouvoir inonder le marché des taxis de VTC. Voilà le deal en échange de l'arrêt d'Uberpop. Et ce deal se fait à l'insu des autres ministres. Mais on a d'autres échanges où on voit que les VTC ont la possibilité d'avoir le bras long avec Emmanuel Macron.
Par exemple, un jour, ils subissent une perquisition, ils envoient un petit SMS à Emmanuel Macron, et on retrouve dans une autre conversation interne au dirigeant d'Uber que lors d'une réunion, Emmanuel Macron s'est engagé à demander à la DGCCRF d'être un peu moins conservatrice. Ensuite, vous avez les dirigeants d'Uber qui ne sont pas contents d'un arrêté préfectoral pris par le préfet des Bouches-du-Rhône. Ils s'en réfèrent à Emmanuel Macron. Emmanuel Macron leur répond par SMS. Je vais m'en occuper personnellement.
Et en fait, deux jours après, l'arrêté est retiré et un autre arrêté est mis, qui va mettre en colère les taxis qui se sentent trahis parce que le premier arrêté promettait finalement des contrôles de police. Et là, c'est vraiment aussi un échange, non seulement avec Emmanuel Macron, mais aussi avec les dirigeants d'Uber et le cabinet de Cazeneuve. Donc, tous ces éléments-là, on les a. Ils sont très clairs. Et voilà pourquoi la commission d'enquête parlementaire arrive aux mêmes conclusions que le consortium des journalistes et même vont préciser et obtenir des précisions sur ce qui s'est passé sur ces arrêtés préfectoraux. Mais la commission d'enquête, elle ne s'arrête pas à cela.
Ce que nous avons fait dans notre commission d'enquête parlementaire, on a aussi voulu voir, mais très bien, mais depuis 2017 à nos jours, comment se comporte Uber ? Comment se développe l'Uberisation ? Et quelle est l'attitude des pouvoirs publics ?
Et là, qu'est-ce que vous avez trouvé, justement, sur la continuité d'une certaine manière ?
Voilà, c'est passionnant et c'est extrêmement inquiétant. On a récupéré une note du ministère du Travail, très intéressante, de 2019. Je me pose d'ailleurs la question si celui qui a rédigé cette note a-t-il pu rester au cabinet, à mon avis, non. Une note très intelligente qui raconte, enfin, décrit l'évolution de l'Uberisation. Et donc, dans tous les secteurs où l'Uberisation est développée. J'ai découvert des secteurs, parce qu'on connaît, chacun connaît, les chauffeurs VTC et les livreurs. Mais vous avez de l'Uberisation dans le secteur funéraire. Vous avez de l'Uberisation dans la culture, auprès des guides conférenciers. Vous en avez dans le secteur maritime et aérien.
Vous en avez dans la restauration, pour les extras. Vous en avez dans le service à la personne, par exemple, les aides à domicile. Vous en avez dans la santé, au niveau des aides-soignantes. Donc, vous avez un secteur, une généralisation de l'Uberisation dans plein de secteurs. Et la note montre bien qu'à chaque fois, c'est dans l'illégalité vis-à-vis du Code du Travail, vis-à-vis de l'URSSAF, vis-à-vis des professions sectorielles réglementées, vis-à-vis aussi des impôts, de la question fiscale. Donc, on se dit après cette note, très bien.
Ça veut dire qu'on attend de voir les autres notes où le gouvernement va se demander comment faire respecter l'État de droit, puisque ces plateformes l'enfreignent. Et en fait, c'est l'inverse. Toutes les autres notes ont pour obsession comment protéger les plateformes du risque de la requalification en salariés.
C'est très intéressant parce que ça rejoint les observations des députés européens qui ont travaillé sur l'activisme de la Macronie au niveau du Parlement européen pour, justement, empêcher les requalifications en salariat de ces postes de travail ubérisés. On pense notamment à Leïla Shaibi qui a beaucoup documenté cette obsession macroniste en expliquant, en gros, que les macronistes étaient encore plus à droite que la droite européenne sur cette question.
Exactement. En fait, ce qu'il faut comprendre, c'est que toutes les décisions de justice en France, mais aussi dans tous les États membres, les décisions de justice concernant le statut des travailleurs de libérisation aboutissent à la conclusion que, finalement, le travailleur, qu'il soit VTC, livreur ou d'autres plateformes, généralement, en fait, c'est des faux indépendants. Eux souhaitent peut-être être indépendants, mais, en fait, les tarifs sont fixés par la plateforme qui donne les consignes, qui opère les contrôles et qui opère les sanctions.
Voici quatre critères qui permettent, dans notre droit du travail, de considérer qu'en fait, vous êtes dans une subordination avec la plateforme et le droit dit que vous devez être requalifié en salarié pour que, finalement, la plateforme assume sa responsabilité d'employeur et donc vous donne accès, au moins, à la protection sociale, la sécurité sociale, la retraite et aussi le droit du travail, que vous ne puissiez pas être licencié du jour au lendemain comme ça. Et donc, la Commission européenne, le Parlement européen en ont conclu qu'il fallait préparer une directive présomption de salariat. Et quel est le pays qui cherche à torpiller cette directive présomption de salariat ?
C'est la France. Et quel est le pays qui est montré en exemple par les plateformes Uber et compagnie ? C'est la France. Parce que la France, elle a épousé, en fait, la stratégie de pseudo-dialogue social des plateformes qui prétendent « Ah, il faut organiser un dialogue social, on va mettre en place des négociations avec nos travailleurs, on va leur concéder des droits ». Moyennant quoi, ils le font pour essayer d'éviter la requalification de salariés. Et la France, en se prétendant progressiste, a mis en place l'ARP, l'autorité indépendante des relations des travailleurs des plateformes.
Bon, il y a eu des élections où le taux de participation était dérisoire chez les VTC et chez les livreurs. C'est 2%, 4%. C'est une profession atomisée. Exactement, mais dans cette instance qui prétend concéder les droits sociaux aux travailleurs des plateformes, qui, Mme Borne, a mis à la tête de l'ARP, un M. Bruno Mettling. Vous, ça ne vous dit rien. Mais dans notre enquête, M. Bruno Mettling, en fait, a déjà été payé par Uber, par le biais du cabinet de conseil à Técœurnais et son propre cabinet de conseil Topix, pour faire la contribution d'Uber à ce dialogue social 2.0. Donc, ça veut dire qu'elle met à la tête de l'instance pour faire le dialogue social un pro-Uber.
Et par ailleurs, nos auditions de chauffeurs VTC...
Un obligé d'Uber, d'ailleurs.
Alors, un obligé. Il a été payé. Il a été payé à un moment donné pour faire... Voilà, il ne dépend pas complètement d'Uber. Mais en tout cas, il a été en soutien d'Uber, celui qui a construit la stratégie d'Uber sur son dialogue social 2.0. Et par ailleurs, les auditions qu'on a pu faire de représentants de syndicats de VTC, ont montré que les pratiques d'Uber n'ont pas changé. C'est-à-dire qu'Uber continue à faire des pressions sur des chauffeurs, à essayer de payer comme il l'avait fait auparavant des chauffeurs pour participer à des manifestations ou pour essayer de casser des contestations internes.
Des pratiques totalement inacceptables et totalement contraires à toute l'idée qu'on pourrait se faire du dialogue social.
Un autre aspect de votre rapport qui a dû irriter le président Haddad, c'est l'évocation du financement de la campagne électorale d'Emmanuel Macron de 2017. C'est d'ailleurs à la suite de la sortie de votre rapport que François Ruffin a demandé qu'Emmanuel Macron ouvre les comptes de sa campagne électorale au regard d'un magnéto.
Je souhaiterais que de lui-même, M. Macron ouvre les comptes de sa campagne de 2017 pour lever une ambiguïté. Vous croyez qu'il y a eu des contreparties ? En tout cas, apparemment, le monsieur qui a tout révélé, qui est l'obéiste de Uber, il dit qu'il y a eu des contreparties, qu'il y a eu des donateurs de Uber qui ont fait ça. Moi, je voudrais qu'il y ait une ouverture de la part de M. Macron qui le fasse de lui-même, des donateurs de la campagne de 2017, qu'on voit s'il y a General Electric à l'intérieur, qu'on voit s'il y a BlackRock à l'intérieur, qu'on voit s'il y a Uber à l'intérieur, qu'on voit s'il y a Amazon à l'intérieur.
Si les cadres de ces entreprises ont été des donateurs importants de la campagne de M. Macron.
Qu'est-ce qui vous permet de vous interroger sur une possible implication des dirigeants de Uber dans le financement de la campagne électorale d'Emmanuel Macron ?
Alors déjà, c'est totalement transparent, c'est-à-dire que Marc Magan, le lanceur d'alerte, le reconnaît et ne l'a jamais caché qu'il s'est engagé et a participé à des levées de fonds pour la campagne d'Emmanuel Macron. Lui-même a donné à la campagne d'Emmanuel Macron dans le plafond du montant légal, sauf qu'il était encore lobbyiste à mi-temps. Et normalement, les lobbyistes n'ont pas le droit de financer les campagnes électorales, même s'ils respectent le plafond par foyer. Et ensuite, on voit bien comment s'organise tout l'écosystème.
Et on a des échanges des SMS entre Marc Magan et d'autres dirigeants pour qu'ils puissent participer à tel repas avec Emmanuel Macron pour qu'ils puissent aussi ouvrir leur canet d'ardesse. Et on voit bien comment, en fait, depuis la première rencontre entre le PDG d'Hubert et Emmanuel Macron, il y a une ambiance oligarchique qui a contribué à cela. C'est d'ailleurs Google qui a permis la première rencontre entre le dirigeant d'Hubert et Emmanuel Macron. Que le soir même, il y avait un repas avec d'autres dirigeants de différentes grandes entreprises, grandes boîtes qui, par ailleurs, peuvent aussi détenir des médias.
Donc, on voit bien que tout ce milieu-là a pu, pas simplement, contribuer financièrement parce que peut-être que la contribution financière a respecté les cadres pas plus de temps par personne. Mais se pose la question comment des lobbyistes puissent participer alors que la loi l'interdit. Mais surtout, on voit aussi que pour Emmanuel Macron, il fait la démonstration dans le dossier Hubert qu'il est un bon défendeur des intérêts de ces grandes entreprises du CAC 40 et qu'il faut que les entreprises du CAC 40 le soutiennent.
Et en échange, on sait que ces entreprises du CAC 40, elles peuvent créer dans les médias qu'elles contrôlent aussi un environnement propice à la campagne électorale d'Emmanuel Macron.
Alors, j'aimerais qu'on parle un peu de la figure de Marc McGahn. Sans Marc McGahn, il n'y aurait pas de Uber 5. Mais ce qui est assez étonnant, c'est que Benjamin Haddad récupère quelquefois les arguments de Marc McGahn pour vous accuser d'exagérer ou bien de dériver. C'est qui Marc McGahn ? Aujourd'hui, est-ce que c'est un personnage complexe ou alors il est quand même habité par ce désir de dire la vérité, tout ce qu'il sait sur Uber et ses pratiques ?
J'étais très étonnée au début, il y a un an, quand il y a eu les révélations d'Uber Files et au début, très méfiant. Je me disais, mais comment quelqu'un qui a pu être à ce point-là lobbyiste peut tout d'un coup basculer et vouloir balancer toutes ces infos ? On est dubitatif et franchement, cet homme a un risque gros quand même parce que quand il balance 120 000 documents internes, on sait que la pression d'Uber peut être très forte d'un point de vue juridique.
Là, j'espère qu'il sera protégé, il faut protéger nos lanceurs d'alerte et je vous invite tout le monde à écouter son audition parce qu'il raconte justement comment il a pu basculer et se dire mais non, en fait là, c'est n'importe quoi ce que je suis en train de faire, je ne peux pas assumer, j'ai endossé cette responsabilité, j'ai finalement une dette parce que par ce que j'ai impliqué dans Uber, je suis responsable d'un mensonge qu'on a fait à tout un tas de travailleurs qu'on a complètement précarisé et paupérisé. Donc, je trouve ça quand même très courageux de la part de ce lanceur d'alerte d'assumer, d'avoir une évolution dans son cheminement.
Après, ce qui est vrai, c'est qu'à un moment donné dans les auditions, lui n'aimait pas qu'on utilise le terme de deal. Donc, du coup, le président a pu user des propos de Marc Magan pour dire que c'est la preuve qu'il n'y a pas de deal. C'est pas une prudence que Marc Magan dit mais en fait, quand on a dealé, le deal, c'était on abandonne Uber Pop et en échange, on obtient cette formation au rabais.
C'est un deal où on abandonne quelque chose que de toute façon qu'on se replie d'abandonner parce que c'est illégal contre quelque chose d'autre.
On ne savait pas trop quand. C'est-à-dire que lui, en tous les cas, dit qu'il n'y a pas eu de valise, qu'il n'y a pas eu de contrepartie à ce moment-là transmise. Mais par contre, oui, le deal, les termes sont dans la bouche d'Emmanuel Macron dans ses SMS. Emmanuel Macron utilise le mot deal. Il utilise le mot deal. Il y a un message où il dit et c'est bon, Caz, Caz neuve, Caz accepte le deal. Il y a un moment d'ailleurs où il y a un SMS qui montre que les dirigeants d'Uber subissent quand même une descente dans leurs locaux pour une perquisition. Bref, sur les problématiques je crois de fiscalité.
Et à ce moment-là, ils sont furacs, ils envoient un message à Emmanuel Macron en disant je ne sais pas si le deal va continuer encore longtemps. Donc le mot deal est toujours présent dans leur échange, dans leur relation. Donc il y a bien eu deal. Par contre, là où Mark Magan dit j'aime pas trop ce terme-là, c'est parce qu'il laisse entendre que l'échange a été simplement sur on abandonne Uberpop et on obtient cette réglementation rabais mais qui est énorme. Parce que vous imaginez la concurrence déloyale que vous faites à la profession de taxi.
Et puis surtout, pour revenir dans le fond, c'est comme si je vous disais j'arrête de pratiquer de la fraude fiscale et vous me donnez des exonérations fiscales. C'est-à-dire on ne peut pas giller le problème. Mais d'un point de vue moral, on ne peut pas giller quelque chose qui est complètement illégal contre un droit nouveau.
Mais c'est ça qui pose problème dans notre République. C'est qu'aujourd'hui, il faudrait pouvoir organiser la séparation des lobbies et de l'État. Vous savez comme moi que sur les questions d'optimisation et d'évasion fiscale, il y a des négociations qui se font avec les grands fraudeurs qui permettent d'atténuer en fait ce qu'ils devraient et tout ça dans une opacité la plus totale. Et bien, ce n'est pas acceptable. Il faut rompre avec l'ensemble de ces pratiques. Et le scandale en fait des Uberfiles, c'est aussi un scandale politique au sens de quelle société on veut.
Parce que finalement, si vous permettez à toutes les légalités des plateformes vis-à-vis du code du travail, vis-à-vis des questions fiscales et des questions réglementaires se développer en organisant les manquements de l'État à faire respecter l'État de droit, c'est quoi le message que vous donnez aux entreprises ? L'entreprise qui subit la concurrence déloyale des plateformes, vous lui dites quoi ? Faites pareil.
Externalisez vos travailleurs, mettez-les en statut auto-entrepreneurs ou prenez-les par le biais des plateformes de mise en relation d'emploi et vous échappez au code du travail, à l'URSSAF et d'ailleurs, votre siège, mettez-le aux Pays-Bas ou dans le Delaware, enfin, mettez-le dans un paradis fiscal ou un pays où les exigences d'impôts sur les sociétés sont totalement différentes. Enfin, allez-y, violez le droit français. Donc, c'est le message qui est envoyé aux sociétés d'un côté et le message qui est envoyé aux travailleurs de l'autre, c'est qu'on va arriver à mettre à bout plus d'un siècle de conquistes sociaux à travers le contournement du code du travail.
Votre système de protection sociale hérité de 45, en fait, c'est même pas par un texte de loi qu'on va le mettre à terre. C'est en encourageant les entreprises à frauder finalement l'URSSAF qu'on va l'assécher.
Et puis, vos services publics, de toute façon, on continue les logiques d'austérité, on continue de les casser parce que, de toute façon, nous avons organisé l'endettement de l'État par le fait qu'on accepte que des entreprises ne payent pas leurs impôts en France, mais les grosses entreprises parce que pendant ce temps, la petite entreprise, si le resto de votre quartier, il ne respecte pas les réglementations sanitaires, s'il ne respecte pas le code du travail, lui, il va se taper une ou deux procédures et puis, au bout d'un moment, c'est le préfet qui va prendre un arrêté de fermeture provisoire puis définitive.
Et c'est ça, ce scandale, c'est qu'on a les grandes plateformes qui sont connues et qui font de la fraude à tout point de vue et elles, on ne leur dit rien. Pire. Et c'est ce que notre enquête révèle. La Banque publique d'investissement a donné 8,5 millions d'euros à cinq plateformes qui font de la mise en relation qui devrait être considérée comme illégale parce que contraire au code du travail ou aux conventions collectives ou aux réglementations sectorielles.
Alors, toujours le président de la commission d'enquête, Benjamin Haddad, il dit, Daniel Simonnet, elle est marrante, mais vu qu'elle dit, elle pointe beaucoup d'irrégularité, qu'elle dit que des gens mentent, pourquoi elle ne demande pas qu'il y ait des procédures judiciaires autour de cette affaire Uberfax ? Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Parce que ce n'est pas du tout évident. Alors, d'abord, lui, il propose en fait que je poursuive les ministres pour parjure puisque j'estime qu'il y a de deal alors que les ministres de l'époque ont dit qu'il n'y avait pas de deal. La vérité, c'est que M. Cazeneuve, M. Valls ou M. Vidalis pouvaient ignorer l'existence du deal qui existait entre Emmanuel Macron et les dirigeants d'Uber. Donc, je ne peux pas les attaquer pour parjure. sur l'arrêté préfectoral. Il est vrai que M. Cazeneuve n'a pas reconnu les échanges de messages.
Et la difficulté que j'ai eue dans l'enquête, c'est que les échanges de messages entre les dirigeants d'Uber et les membres du cabinet de Cazeneuve, ces documents-là, Marc Magan nous les a transmis après l'audition de M. Cazeneuve. Donc, dans l'audition de M. Cazeneuve, je n'avais que les documents rendus publics par les journalistes un an auparavant qui montraient qu'Emmanuel Macron disait « Je m'en charge personnellement. » M. Cazeneuve a dit « Je n'ai pas reçu de pression de la part d'Emmanuel Macron sur le dossier de l'arrêté préfectoral des Bouches-du-Rhône.
» Et j'ai compris pourquoi et pour cause il n'a pas reçu de pression de la part d'Emmanuel Macron parce que son équipe de son cabinet était déjà en lien direct. Donc, je ne peux pas l'accuser pour parjure puisque, si vous voulez, il a quelque part menti par omission. Mais il n'a pas dit un mensonge en direct. Donc, les poursuites ne sont pas si simples. J'ai par contre usé de l'article 40 et saisi le procureur sur l'affaire Gettir car j'ai auditionné cette plateforme qui me semblait intéressante parce que cette plateforme à la différence d'Uber salariait ses travailleurs. Donc, on se dit « Ah ben c'est bien, c'est peut-être un contre-modèle.
» Sauf que Gettir salariait ses livreurs sans respecter le code du travail puisqu'il a organisé un premier licenciement massif de 900 personnes en moins d'un mois sans aucun plan social de sauvegarde de l'emploi. Et aujourd'hui, Gettir met la clé sous la porte après avoir écopé d'un redressement judiciaire. Et c'est un vrai scandale parce que cette entreprise, elle a bénéficié de 1 million d'aides de l'État pour créer ses emplois pour ensuite les licencier sans rien respecter et ne sera pas poursuivie.
Merci beaucoup Daniel Simonnet et merci à vous qui nous avez regardé. Vous le savez, c'est l'été et notre survie, l'intégrité de notre projet éditorial dépendent toujours de vos dons et de vos soutiens. Si nous voulons survivre à l'été, être prêts pour le grand virage de la saison 7 du Média, il nous faut mobiliser au moins 100 000 euros. Déjà, 73 000 euros de dons ont été récoltés. Merci à vous. Rendez-vous sur lemediatv.fr slash soutien. On compte sur vous. Restez connectés au Média.
Danielle Simonnet