Le ministre de l'Éducation Édouard Geffray face à Thomas Sotto sur RTL | intégrale
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:11OuverteRéponse directe
Laisser son enfant à l'école et avoir peur qu'il se fasse maltraiter, agresser sexuellement, voire violer par des animateurs périscolaires. C'est aujourd'hui la réalité pour beaucoup de parents très inquiets.
- 1:39OuverteRéponse partielle
Ça veut dire que vous allez mettre les mêmes règles de recrutement pour les agents périscolaires que pour les agents d'éducation nationale ?
- 2:28RelanceRéponse partielle
Est-ce que ça va changer ? Comment ça va changer ? Quand ça va changer ? Est-ce qu'à la rentrée de septembre, ces problèmes-là seront réglés ?
- 4:40RelanceRéponse partielle
Je voudrais revenir sur quelque chose que vous avez dit, vous avez dit le périscolaire c'est la responsabilité des municipalités.
- 6:28FerméeRéponse partielle
À la rentrée de septembre, dans 6 mois pile, le problème sera réglé. Est-ce que c'est un engagement que vous prenez ce matin ?
- 7:04OuverteRéponse directe
La grève dans les écoles. Le mouvement a débuté hier en cause des suppressions de postes, alors que le niveau de nos élèves ne cesse de baisser. Tous les classements le montrent. Est-ce bien raisonnable ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:14Invité politiqueChiffre
« 80 000 informations préoccupantes et articles 40 sont faits chaque année par l'institution. »
- 1:32Invité politiqueFait
« Moi, tous mes agents sont passés au fichier lors de leur recrutement. »
- 3:40Invité politiqueFait
« J'avais annoncé un recoupement au 1er avril, elle va donc commencer ses fonctions demain. »
- 7:36Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, on a 25% de naissances en moins par rapport à il y a 15 ans. »
- 7:58Invité politiqueChiffre
« on aura à la rentrée scolaire prochaine en moyenne 21 élèves par classe dans le premier degré, ce qui est un record historique dans notre système éducatif. »
- 8:13Invité politiqueFait
« Les 4000 postes supprimés, d'abord, c'est dans la loi de finances. »
- 9:57Invité politiqueFait
« Samuel Paty, c'est un très grand symbole pour nous tous. »
- 10:20Invité politiqueFait
« Elle s'est rétablie, si je peux dire, physiquement. Elle est hors de danger. »
Temps de parole
- Édouard Geffray70 %
- Présentateur26 %
- ?4 %
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Thomas Soto, RTL Matin. Il est le septième ministre de l'éducation nationale depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Elysée. Edouard Geffray, l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Edouard Geffray. Bonjour, merci. Laisser son enfant à l'école et avoir peur qu'il se fasse maltraiter, agresser sexuellement, voire violer par des animateurs périscolaires. C'est aujourd'hui la réalité pour beaucoup de parents très inquiets. Monsieur le ministre, le sujet des violences périscolaires a largement occupé la campagne des municipales à Paris, mais c'est un sujet qui concerne tout le pays. Jusqu'à quand
? Alors
d'abord,
quand
on dépose son enfant à l'école,
dans
le principe comme dans la réalité, on doit le déposer dans une bulle de sécurité. D'ailleurs, vous n
'avez
qu'à voir les parents qui se déposent leur enfant, l'enfant passe la grille et puis vous avez le soulagement, c'est bon, il est dans l'école. Ça c'était avant. Donc on ne peut pas,
on
ne peut pas accepter sous quelque forme que ce soit,
que
l'espace de l'école puisse être le lieu de crime contre les mineurs. Ça c'est clair. Deuxième chose,
on
n'en parle pas assez parce qu'on parle beaucoup effectivement des crimes qui sont produits, notamment en paix scolaire parisien. Mais il faut savoir que l'école est le premier lieu où on signale aujourd'hui les violences sexuelles, notamment intrafamiliales. 80 000 informations préoccupantes et articles 40 sont faits chaque année
par
l'institution. Sujet
très important, mais ce n
'est
pas le même.
Non,
mais c'est important quand même de le savoir. Après, sur le fond, donc effectivement, il faut aujourd'hui considérablement rehausser le niveau de contrôle, notamment sur le périscolaire, comme on le fait d'ailleurs côté scolaire. Moi, tous mes agents sont passés au fichier lors de leur recrutement.
On
est en train de mettre en place un contrôle d'honorabilité périodique.
Ça veut dire que vous allez mettre les mêmes règles de recrutement pour les agents périscolaires que pour les agents d'éducation nationale ?
Alors, en théorie, les deux sont censés être contrôlés à l'entrée. Ensuite, manifestement, on a eu dans le périscolaire parisien, pas partout, mais dans le périscolaire parisien, il y a les événements que tout le monde, enfin les crimes que tout le monde connaît. Et ce ne sont pas des dysfonctionnements, ce sont des crimes qui sont commis par des agents. Mais très clairement, je pense que le niveau de contrôle aujourd'hui a été manifestement insuffisant pour un certain nombre de personnes.
Il
est très souvent
nul.
Je vous rappelle, notre journaliste Hermine Leclerc il y a quelques mois, qui a envoyé un CV avec son vrai nom, qui a évidemment raconté n'importe quoi sur le CV, qui a eu un rendez-vous à 10h du matin, sans contrôle de son casier judiciaire ni rien, et qui, il
y a
14h, était devant des enfants.
Région parisienne. C'est pour ça que ce sont des pratiques qui sont inadmissibles.
Est-ce que ça va changer ? Comment ça va changer ? Quand ça va changer ? Est-ce qu'à la rentrée de septembre, ces problèmes-là seront réglés
?
Alors, ce que je peux vous dire, c'est ce qu
'on
fait côté éducation nationale. C'est le côté périscolaire, par définition, c'est différent. Côté éducation nationale. D'abord, un, moi je fais en sorte que désormais, le contrôle de non-rabilité, c
'est
-à
-dire
le passage au fichier, soit périodique,
c
'est-à
-dire
récurrent, et non plus seulement à l'entrée.
Deux,
on va mettre en place, dans le cadre du projet de loi sur la protection de l'enfance, ce que j'appelle un peu une liste noire, c'est-à-dire
l
'impossibilité pour une personne qui a été écartée de l'éducation nationale en raison de son comportement avec des mineurs, qui n'aurait pas été pour autant sanctionnée pénalement, donc qui n'aurait pas de casier,
de
revenir à l'éducation nationale. C'est-à
-dire
qu'aujourd'hui, si je renvoie un surveillant dont je considère qu
'il a
un comportement inadmissible avec des mineurs, il peut se présenter le lendemain matin dans un autre établissement. Donc là, il faut pour le coup dresser des listes pour empêcher.
C
'est ce qu'on est en train de proposer dans la loi, parce que ça passe par la loi, dans le projet de
loi
protection de l'enfance. Trois, et c'est important aussi, vous savez que j'ai créé une fonction de délégué à la protection de
l
'enfance à l'école, donc de la porte à la porte, et qui couvrira l'ensemble du spectacle de
la porte à la porte. C'est le
défenseur des droits de l'enfant, en quelque sorte.
C'est ça. Vous avez annoncé
sa création il y a deux mois, on en est où
?
Tout à fait.
J'avais annoncé un recoupement au 1er avril, elle va donc commencer ses fonctions demain. Elle s'appelle Christelle Gillard, c'est une femme qui a une expérience à la fois juridique, qui est une spécialiste des événements sexuels et sexistes,
qui
a travaillé sur le sujet de l'éducation nationale et dans l'enseignement supérieur, et qui va donc être la personne de référente que tout le citoyen dont la situation aura été insuffisamment prise en charge ou mal prise en charge pourra saisir. Elle va s'occuper du périscolaire du coup ? Elle va s'occuper effectivement, alors l'idée c'est de la porte à la porte, la bulle de sécurité, tout dysfonctionnement à la prise en charge à l'intérieur pourra lui être soumis, et effectivement elle aura pour rôle de faire en sorte que et le scolaire et le périscolaire puissent travailler ensemble là-dessus.
Mais elle va travailler avec quels moyens et quelles équipes ?
Parce
que sa bonne volonté ne
suffira pas. Alors on est en train de créer une équipe, d'abord elle va pouvoir s'appuyer sur les équipes de la maîtrise de l'éducation nationale, il
y
a plusieurs dizaines de personnes qui travaillent partout en France, elle va pouvoir s'appuyer sur eux évidemment, et on est en train de créer des postes autour, mais surtout moi si vous essayez... Combien de postes il y aura
?
Alors dans l'immédiat on est en train de recruter 3-4 postes au niveau national, mais en fait il y en a partout dans les académies, puisqu'elle se appelle les délégués des médiateurs partout en académie. Donc elle a un réseau médiateur partout en académie.
Je voudrais revenir sur quelque chose que vous avez dit, vous avez dit le périscolaire c'est la responsabilité des municipalités, ce qui est vrai sont les municipalités qui recrutent ces agents périscolaires, sauf que ça se passe quand même dans les écoles. Est-ce que la responsabilité de l'éducation nationale n'est pas engagée ? Parce qu'il y
a
quand même eu des signaux d'alerte depuis plusieurs années, Rachida Dati disait que ça a commencé en 2015 à Paris, il y a d'autres cas, encore une fois pas seulement dans la capitale, il ne s'est rien passé, ce sont quand même les locaux de l'école. C'est là que ça se passe. Est-ce que l'éducation nationale,
c
'est pas un peu laver les mains de tout ça
?
Moi si j'ai créé cette fonction, c'est justement pour que quand on décise une situation, quelle qu'elle soit,
on
ne puisse pas répondre chat-perché. C'est-à-dire qu'actuellement on va dire, ah c'était 1010,01 c'est du périscolaire, ah c'était 59,
c
'était... C'est un peu l'impression qu'on avait. Et moi, oui, mais c'est quelque chose que je n'accepte pas, précisément. C'est pour ça que je mets fin à ça. En revanche, ensuite, une fois qu'on a un phénomène qui est détecté, ce qui est vrai, c'est que la responsabilité juridique, administrative, si c'est un animateur pays scolaire par exemple, c'est celle de la commune. Donc en l'occurrence, c'est celle de la ville de Paris, à qui il appartient très concrètement, de mieux contrôler ses agents, d'évincer évidemment ceux qui se rendent coupables de comportements qui sont, alors soit criminels, soit tout simplement qui sont de quoi, de violences ordinaires.
Comme on dit parfois, tout n'est pas sexuel, malheureusement, il y
a
aussi des violences ordinaires.
Mais c'est pour le coup, la mérite de faire le ménage.
Ça fait 10 ans que vos prédécesseurs ont joué à chat-perché pour reprendre votre formule
?
Non, alors ce n
'est
pas mes prédécesseurs, parce que
ce
n'est pas forcément monté au niveau de mes prédécesseurs, mais au niveau local, si vous voulez, quand les parents viennent se plaindre et qu
'on
leur répond, c'est pas chez nous, c'est le pays scolaire, ou c'est pas chez nous, côté pays scolaire, c'est côté communication nationale, c'est quelque chose que les parents ne peuvent pas entendre. Une fois encore, quand ils déposent leur enfant à l'école,
à
rentrée de septembre, dans 6 mois pile, le problème sera réglé.
Est
-ce que c'est un engagement que vous prenez ce matin
? Vous
dire qu'il n
'y aura
jamais
le
moindre comportement délictuel ou criminel dans un système qui...
Le risque
zéro n'existe pas,
on est d'accord. Il faut être... Voilà, là-dessus, qu'il n'y
aura
jamais aucun comportement, ça par définition,
chaque année on est amené
à renvoyer des personnels. Mais en revanche, vous dire que tout est mis en œuvre, que tout sera... L'actionnage juridique sera complet, évidemment, et technique, côté éducation nationale, ça je peux vous le garantir, puisqu'on a fait tout ce qu'il fallait d
'en
s'être déjà aujourd'hui. Et côté pays scolaire, par définition, on va y travailler, notamment avec la mairie de Paris, qu'on va probablement rentrer prochainement.
Autre sujet, monsieur le ministre, la grève dans les écoles. Le mouvement a débuté hier en cause des suppressions de postes, alors que le niveau de nos élèves ne cesse de baisser. Tous les classements le montrent. Est-ce bien raisonnable ? Vous répondez, parce que je vous ai déjà entendu sur le sujet, oui, mais c'est la démographie, la démographie est incontestable, il y a moins d'élèves, donc il faut moins de profs. On sait aussi que quand il y a moins d'élèves dans une classe, il y a plus d'élèves qui progressent.
Alors j'aimerais que ce soit aussi mathématique que ça, sur le deuxième point. Mais surtout, si vous voulez, il faut quand même se rendre compte, effectivement, pardon d'y revenir, mais de ce qui se passe d'un point de vue démographique. Aujourd'hui, on a 25% de naissances en moins par rapport à il
y a
15 ans. D'accord ? Ça veut dire qu'entre l'élève qui est en maternelle aujourd'hui et l'élève qui est en terminale aujourd'hui, dans le même système scolaire, il y a 25% d'élèves en moins.
Alors,
si nous n'en tenons pas compte,
on
va avoir un problème très clair dans quelques années, c'est qu'on n'aura plus besoin d'un côté des professeurs. Sauf qu'on partait de classe
surchargée et plus chargée que la moyenne de l'OCDE.
Et aujourd'hui, précisément, quand vous regardez, la baisse est quand même assez drastique, puisqu'on aura à la rentrée scolaire prochaine en moyenne 21 élèves par classe dans le premier degré, ce qui est un record historique dans notre système éducatif. Ce qu'il faut, c'est continuer à baisser le nombre d'élèves par classe, mais en même temps, ajuster
le
nombre de professeurs.
Donc les 4000 postes supprimés, c'est non négociable, c'est clair ?
Les 4000 postes supprimés, d'abord, c'est dans la loi de finances. Excusez-moi, moi je suis quand même tenu par quelque chose qui s'appelle la loi. Plutôt bonne chose d'ailleurs qu'on soit tenu
par la loi. Il y en aura
davantage, la démographie, c'est qu'il y
aura
davantage de suppression de postes dans les mois qui viennent, dans les années qui viennent ? Ce n
'est
pas dans les mois par définition, puisque c'est par année. Mais si on se projette sur 15 ou 20 ans, avec la démographie que nous avons actuellement, il est à craindre qu'on ait effectivement un petit peu moins de postes. Il ne
faut
surtout pas suivre la démographie, d
'ailleurs
on ne
l'a
pas suivi. Si on avait suivi la démographie, ne serait-ce que cette année, on aurait supprimé au moins deux fois plus de postes. Donc il ne
faut
surtout pas suivre la démographie,
mais
on ne peut pas une fois encore ne pas en tenir compte. Et ensuite, effectivement, c'est vrai qu'au niveau local, et notamment rural, quand vous fermez une classe, c'est objectivement un déchirement.
Oui, puis ça veut
dire
qu
'il
y
a
certaines écoles où les CP vont travailler avec les maternelles, évidemment c'est très compliqué, la qualité de l'enseignement s'en ressent.
Oui, mais vous avez aussi des écoles aujourd'hui, quand on ferme des classes, moi j'ai vu des écoles où un enfant en CM2 avait fait toute sa scolarité en étant le seul de son niveau. Honnêtement, pédagogiquement, et malheureusement, ce n
'est
pas non plus un service à rendre. Et quand vous passez toute votre scolarité en étant le seul de votre niveau, et que vous avez en tout pour tout deux professeurs entre la maternelle et le CM2, au bout d'un moment, pédagogiquement, ça pose d'autres difficultés. Donc il faut prendre le temps,
et
c'est pour ça que j'ai créé des observatoires partout en France, des instances de dialogue avec les élus,
pour
qu
'on
prenne le temps de repenser l'offre scolaire. Dans un contexte, dans une chute démographique
inédite dans notre histoire. On entend votre fermeté ce matin. Deux questions, rapidement, parce qu'il reste 30 secondes. La première, ça concerne Samuel Paty. Une pétition vient d'être lancée qui demande que le professeur assassiné entre au Panthéon. Y êtes-vous favorable ? Pourriez-vous voter cette pétition
?
Alors d'abord, ça dépend du président de la République, la décision lui appartient. Mais peut-être qu'il dira son ministre de l'Éducation. Ensuite, à titre personnel, je pense que le Panthéon est plutôt dédié à ceux qui ont, j'allais dire, sciemment, et par leur création, par leur engagement, marqué l'histoire de la nation. Samuel Paty, c'est un très grand symbole pour nous tous. Malheureusement, j'allais dire, c'est fait à son corps défendant. Il a été victime d'un crime abominable. Mais voilà, je ne
suis
pas sûr que ça corresponde tout à fait au canon de l'entrée au Panthéon.
Et dernière question, quelle nouvelle pouvez-vous nous donner de la professeure d'art plastique qui avait été poignardée par un élève de 3ème début février à Saint-Marie-sur-Mer ?
Est-ce
que vous en avez des nouvelles
?
Oui, alors j'ai des nouvelles, elles sont rassurantes. Elle s'est rétablie, si je peux dire, physiquement. Elle est hors de danger. Et donc, voilà, c'est évidemment, c'est une bonne nouvelle en dépit de ce qui s'est passé.
Donc elle va reprendre le travail
?
Elle va d'abord continuer à se rétablir. Pour le travail, on verra plus tard. Ma priorité, c
'est
ce qu'elle aille bien.
Merci beaucoup, Edouard Giffray, d'être venu.
Édouard Geffray