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Podcast / conversationPublic Sénat (sur YouTube)· 30 octobre 2026 27 minComplaisantPortrait personnelNumériqueÉducation & rechercheInstitutions & électionsEnvironnement & énergie

Cédric Villani, le poète de la mathématique

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:08OuverteRéponse directe

    Pourquoi l'imagination est-elle indispensable en mathématiques ?

  • 2:36OuverteRéponse directe

    Avez-vous envie de retenter une expérience parlementaire ?

  • 3:20OuverteRéponse directe

    Pourquoi faut-il davantage de scientifiques en politique ?

  • 4:05RelanceRéponse partielle

    Peut-on régler les problèmes du quotidien des Français par des équations ?

  • 6:16OuverteRéponse directe

    Avez-vous manqué de courage politique dans votre camp ?

  • 6:57OuverteRéponse directe

    Pourquoi écrivez-vous 'mathématique' au singulier ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 8:24Fait
    « La mathématique reprend de la poésie, l'idée d'un monde qu'on invente, qu'on crée. »
  • 9:51Fait
    « On est obligé d'être imaginatif pour être bon mathématicien. »
  • 10:35Fait
    « Vous pouvez entrer dans l'histoire mathématique si vous trouvez une nouvelle démonstration. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:03
Non speech

[musique]

0:23
Locuteur

À l'heure où l'intelligence artificielle interroge, à l'heure où le niveau des élèves français inquiète, Il est une voix que nous avons particulièrement besoin d'entendre. Une voix de mathématicien de renommée internationale, lauréat de la médaille Fields, plus prestigieuse encore que le prix Nobel, passé par Berkley et Princeton. Une voix d'ancien responsable politique aussi qui s'est frotté au monde du pouvoir, qui a joué le jeu de la démocratie et puis une voix de compteurs, [musique] de passeur de savoir, de vulgarisateur comme en ce moment au théâtre de poche Montparnas dans Mathématique en poésie où il mêle et confronte poèmes et théorèmes.

Et avant cela, dans tous ces livres bien sûr, leçons de mathématiques joyeuses, les mathématiques sont la poésie des sciences, théorème vivant. Voit-il de la mathématique partout ? Pourquoi l'imagination lui apparaît-elle indispensable dans une discipline qui semble n'obéir qu'à la logique ? Posant-lui toutes ces questions. Bienvenue dans un monde un regard. Bienvenue Cédricani, merci d'avoir accepté notre invitation ici au Sénat. Une chambre parlementaire que vous connaissez peut-être un peu moins puisque vous avez été député. Sénateur jamais. Merci pour l'invitation.

sénateur et j'ai eu la chance de connaître de me frotter au Sénat bien davantage que la moyenne du député pour la simple raison que j'ai été président de l'Office parlementaire scientifique. C'est vrai. Institution bicamérale, Assemblée nationale et Sénat. Ouais. Et je dois vous dire au début quand j'ai été élu à la tête de cet office, je me disais que c'est lent et procédurier cette façon d'être à cheval sur les deux chambres et devoir avoir travaillé à la fois avec l'Assemblée nationale avec le Sénat.

Et avec après peu de temps, j'ai compris que ça avait des avantages, que le Sénat et l'Assemblée nationale ont leur temporalité différente, leurs méthodes différentes, leurs méthodes différentes. Le Sénat est plus dans le temps long. Et donc ce poste m'a fait réellement apprécier le Sénat. H Et vous auriez envie de retenter une expérience de parlementaire que ce soit du côté de l'Assemblée nationale ou du côté du Sénat ? D'ailleurs, c'est pas le plan maintenant. [rires] Ça reviendra peut-être. Ouais.

Euh vous savez dans le bain du pouvoir comme vous dites en tout cas du parlement où euh une urgence chasse l'autre où il y a des jeux passionnants et parfois beaucoup d'adrénaline, on s'y fait vite. qui a un côté addictif mais il y a aussi cette folie des emples du temps incohérent, ces problèmes soit des des de la charge de travail, soit des conflits d'intérêt qui vous empêchent de mener un certain nombre de missions. Avec ma sortie du parlement, j'ai retrouvé poste de professeur d'université, la possibilité de siéger dans tel et tel conseil d'administration, de mener telle telle mission, de diriger t je me suis remis.

Je dis ça parce que vous dites "J'ai la conviction qu'il y a besoin de davantage de scientifiques en politique." Pourquoi ? Le plus important étant de faire communiquer ces mondes. Hm hm. Les experts de façon générale, les responsables politiques par ailleurs et euh sont des mondes qui ont du mal à se comprendre. Hm hm. le rythme est différent, les valeurs sont pas les mêmes. Même le phrasé ou la la façon de présenter les arguments, si je puis dire, de dans l'une et l'autre sphère sont différentes.

Et euh dans un monde qui est en proie à bien bien des dangers venant de la technique, venant de l'environnement, venant de de toutes sortes de choses périeuses où la voix des experts est indispensable, c'est important que ces deux mondes se parlent de près. qui est pas une méconnaissance de l'un par l'autre, qui est pas une instrumentalisation de l'un par l'autre, un mépris de l'un par l'autre, mais qui est davantage de contact et euh le fait d'avoir quelques personnes en science qui sont frottées à la politique ou quelques personnes en politique qui sont frottes à la science sont des façons de de d'augmenter cette surface de contact. Ouais.

Mais vous diriez qu'on peut régler les problèmes du quotidien des Français par des équations ? Je veux dire, la mathématique peut avoir un rôle à jouer résolument. Ce ne sont pas des équations qui vont régler les problèmes [rires] du quotidien des Français. Avant tout, l'ingrédient principal dans l'équation politique, si je puis dire, c'est beaucoup de courage. Et dans bien des cas, vous vous retrouvez, c'est vrai, dans bien des sujets liés à l'écologie avec des solutions techniquement simples à mettre en œuvre, mais politiquement difficiles.

euh dès qu'on touche à des questions tels que les carburants, tels que le statut des animaux d'élevage, avec des choses qui sont en principe simple à régler mais en pratique avec un coût politique énorme. Je suis rentré au Parlement en 2017 en me disant l'enjeu essentiel c'est la meilleure information scientifique du politique. Je suis sorti du parlement en 2022 en me disant l'enjeu essentiel c'est le courage politique.

Et ça c'est difficile parce que le politique et je l'ai vécu et soumis à un tel jeu de pression venant de tous les côtés, d'en haut, d'en bas, par les côtés, par les partis, par les électeurs, par les par les les les les chefs ou les responsables de toutes sortes de choses que le simple fait d'affirmer et d'avoir le courage d'avancer est difficile. Euh vous retrouvez face à un y compris dans votre camp politique, ça a manqué de courage politique, vous diriez ? Alors pourrait dire mécamp puisque j'ai commencé, j'étais élu à l'époque de la République en marche à l'époque ça s'appelait encore République en marche et à mi- mandat j'ai pas suis passé chez les écologistes.

En tout cas, nous étions avec Mathieu Felin, Delchine Bateau et quelques autres dans la refondation d'un groupe écologiste à l'Assemblée nationale, c'était en 2020. Et ensuite, j'ai sigé toujours assimilé écologiste ou sousbannière écologiste. Et euh du côté écologiste, nous n'avons pas connu durant ce temps-là ce temps-là l'exercice du pouvoir qui évidemment vient avec beaucoup plus de responsabilité et de chaîne. Mais je faisais partie de ceux qui dénonçaient le fait que par exemple sur un sujet qui me tenait énormément à cœur la question animale, même le programme de 2017 n'est pas été appliqué dans dans la mise en œuvre.

Votre amour des mathématiques et votre volonté de décloisonner les mondes scientifiques, politiques mais aussi littéraires auprès du plus grand nombre prend forme aujourd'hui sur scène tous les lundis soirs au théâtre de poche Montparnas dans un spectacle très original qui s'appelle mathématique en poésie. On va aller sur le fond dans dans un instant. Mais petite question d'abord sur la forme. Vous écrivez mathématiques au singulier. Je fais partie des gens qui ont toujours appris les mathématiques. Pourquoi au singulier ? Je vais vous renvoyer la question. Pourquoi au pluriel ? Je ne sais pas, [rires] je ne suis pas experte mais on a toujours entendu parler des mathématiques.

Il n'y aurait qu'une mathématiques. Il y a bien des nuances de mathématiques, mais il y a pas plus de raison de mettre mathématique au pluriel que physique et pourtant physique et singulier que philosophie au combien pluriel. Et pourtant, on dit la philosophie, que la biologie, que la médecine, que la philologie que tout ce que vous voulez, la conchologie ou qui sait quoi. Hm hm. Et pourtant, on a l'habitude de mettre mathématique au pluriel. Quand on remonte, on trouve que c'est un archaïme de la langue, une survivance de l'époque où on parlait des arts mathématiques, les quatre arts mathématiques, savoir l'arithmétique et la géométrie.

Et là, vous ne froncez pas les sourcils, mais aussi mais aussi l'astronomie et la musique. Et là, vous vous dites que cette classification est archaïque. Pourtant, c'est la seule raison pour laquelle on a gardé mathématique au pluriel. retrouvant le singulier pour la mathématique dans message envoyé au prof de de math en lycée en collège. Voilà dans les dans les œuvres que vous évoquez vous évoquiez ce spectacle dans certains des poèmes que j'invoque en illustration certains auteurs le mettent au pluriel et d'autres singulier. Dans ce spectacle donc vous parlez math et poésie deux art cousins.

Selon vous qu'est-ce qu'il y a de mathématiques dans la poésie et qu'est-ce qu'il y a de poétique dans la mathématique sans être exhaustif ? Oui, bien sûr. La mathématique reprend de la poésie, l'idée d'un monde qu'on invente, qu'on crée. Pour rappel, poésie, c'est l'action de créer étymologiquement. D'accord. Et le fait de travailler ce monde avec des règles aussi imaginatives que contraintes parfois. Et la poésie reprend à la mathématique les idées de rythme, de règles, la poésie sous tous les cieux, par tous les temps, c'est la forme de littérature qui est la plus contrainte par des règles formelles.

Et quand on se délivre de ces règles, c'est justement le fait de s'en affranchir est un acte en soi. Poésie va avec des règles, la mathématique va avec l'imagination. Il y a une interpénétration des deux, si je puis dire l'une et l'autre sont dans des directions différentes les formes les plus abouties h h de l'art humain consistant à rehausser le réel par l'imaginaire. Mais ça veut dire qu'on est meilleur mathématicien si on sait créé, inventé, si on a de l'imagination. On est obligé d'être imaginatif pour être bon mathématicien. Pourquoi ? Euh parce que on doit trouver la nouvelle démonstration, le nouveau jeu d'arguments.

Euh maintenant, les grandes multinationales qui entendent faire de la démonstration automatique à la place des mathématiciens humains euh aiment ta pensé que c'est juste une question d'algorithme et de puissance et d'argent mis pour des grandes bases de données, des grandes bases de calcul. Hm hm. Mais mathématicien qui utilise de façon millénaire c'estes son art cerveau pour avancer en mathématiques. Et là toujours en train de se demander dans quelle direction faire aller le raisonnement, à quoi à quoi à quelle règle maintenant dois-je me référer ? Hm hm. Comment je dois invoquer un nouveau concept, une nouvelle démonstration.

Vous pouvez entrer dans l'histoire mathématique si vous trouvez une nouvelle démonstration peut être la démonstration d'un problème qui a déjà été posé ou une nouvelle démonstration d'un problème qui a déjà été résolu ou bien si vous trouvez un nouveau concept qui va s'avérer fructueux, inspirant, concept qui permettra de traduire certains énoncés d'une façon cohérente, efficace. Donc dans tous les cas, il faut avoir de l'imagination. Dans tous les cas, faut avoir de l'imagination.

Vous pouvez aussi entrer dans l'histoire mathématique si vous trouvez le bon problème, [rires] un un dictant dit le bon mathématicien lance la flèche qui va dans la cible et résout le problème qui était posé depuis longtemps et l'excellent mathématicien lance une flèche vers une cible que personne n'avait vu. Incroyable. J'ai une un document à vous proposer Cédric Vilanie. Je le mets entre vos mains et évidemment je vais le décrire pour les gens qui nous écoutent. C'est une archive proposée par nos partenaires, les archives nationales.

Il s'agit d'une affiche qui annonçait Cognitiva 85, un colloque international pionnier à Paris qui se tenait du 4 au 7 juin 1985, placé sous le thème, je cite, de l'intelligence artificielle aux biosciences, à la frontière de l'intelligence artificielle des sciences, de la connaissance et des neurosciences. Voilà un document qui prend une dimension particulière. Aujourd'hui, c'est une époque où l'intelligence artificielle faisait rêver. Fait-elle encore rêver ? Oui. Et non, [rires] je vois une main de robot qui insiste sur ce cette grande méprise.

On a tendance toujours à confondre intelligence artificielle et robot alors que le robot c'est quelque chose d'incarné et l'intelligence artificielle c'est quelque chose d'abstrait. C'est de la programmation, c'est de l'algorithme. Mais le robot représente par excellence ce qui est artificiel. Mais ça faisait rêver à cette époque l'intelligence artificielle. Alors ici dans les années 80, c'est on est à fond dans ce qu'on appelait le second printemps de l'intelligence artificiel. Moi-même à 85, j'avais 12 ans et je commençais à m'intéresser à la vulgarisation scientifique.

Et donc dans les années 80, 2e moitié des années 80, c'était à fond le le une époque d'espoir pour l'intelligence artificielle. Ça allait être suivi par un Niger dans les années 90. Au contraire, première moitié des années 90 euh on se désintéressait du sujet qui finalement marchait beaucoup moins bien que ce qui était prévu. Euh manquait d'efficacité, sembler juste restreint à quelques passionnés et sans grande application économique. Et donc ça c'est effectivement ça témoigne d'une époque. Et aujourd'hui, vous faites partie évidemment des signataires d'une tribune avec 24 autres médailles et fields qui ont exprimé une vive inquiétude vis-à-vis de l'intelligence artificielle.

Pourquoi elle inquiète tant que ça ? Notamment dans le monde des mathématiques. On a le sentiment qu'il y a presque un blues des mathématiciens. Oui, on est dans une époque très particulière. 2026 restera dans l'histoire mathématique comme une année où j'allais dire le ciel nous tombe sur la tête mais euh on va juste se défendre contre ce syndrome du ciel qui tombe sur la tête. Mais en un mot h jusqu'à 2025 inclus même les enthousiastes parmi nous, les gens comme Terry Tao qui passent pour être le plus puissant mathématicien du monde aujourd'hui et qui était très enthousiaste sur les possibilités d'intelligence artificielle.

jusqu'en 2025, ces personnes se disaient avec nous allons avoir un super assistant qui nous permettra d'aller voir plus loin et en fait et en 2026 découvre une sorte de remplaçant qui entend mener sous l'égite de grande multinationale monopolistique toute la chaîne de la valeur mathématique depuis le le concept de début jusqu'à la publication de l'article. Bref, un remplacement plutôt qu'un assistant. Mais on pouvait s'y attendre ? Non. Nous non. Et vous allez dire, nous sommes des naïfs peut-être, mais nous sommes de grands naïfs tous mathématiciens autant que nous sommes, c'est possible.

On sait qu'on a toujours un biais quand on est expert à se à surévaluer la dose de enfin le la spécificité d'un art. On sait que les traders euh quand ils ont vu arriver les premières opérations de bourse automatique par ordinateur, on dit jamais un ordinateur n'aura autant de sensibilité que nous. On sait que les programmeurs ont aussi pensé et jamais un ordinateur ne remplacera la bonne vieille programmation humaine. Euh et ainsi de suite. Chaque métier l'un après l'autre voit que finalement ça arrive plutôt qu'on croyait y compris nous autres mathématiciens qui pourtant connaissons bien mieux que quasiment tout le monde les algorithmes qui sont à la base de l'intelligence artificielle.

Donc aujourd'hui c'est à qui d'agir ? politique précisément d'agir pour encadrer pour régler partie politique pour encadrer pour réguler une partie aussi à nous communauté mathématique pour redéfinir entre nous quelles sont les règles qu'est-ce qu'on accepte comme par exemple qu'est-ce que c'est qu'un auteur d'un article il est pas question de dire qu'une personne est auteur d'un article si elle s'est contentée euh cette personne d'appuyer sur le bouton d'écrire l'énoncé de voir la solution Mais alors, on accepte à quelle dose ? Si elle a fait appel à l'intelligence artificielle à 10 %, on accepte quand même. Comment on va comment on va gérer ça ?

L'idéal mais après ça reste à traduire justement en règle. Non, l'idéal pas forcément zéro. C'est quand cette personne est capable de nous dire d'abord très précisément voilà ce que j'ai utilisé comme outil et comment je l'ai incorporé et puis capable d'expliquer à la communauté euh où sont les idées, où est la démonstration, comment ça s'insère dans le grand champ mathématique avec du team mais quelque chose qui est quand même qui dans lequel les idées principales viennent au au sein circulent au sein de la communauté humaine et partie algorithmisée tant qu'on en revient plus riche de concept et de compréhension est acceptable.

S'il s'agit juste de laisser à l'algorithme même avec toute la clé de la compréhension, même quand le théorème vient avec un certificat de validité qui garantit mathématiquement si je puis dire qu'il est valide, si le raisonnement reste incompréhensible aux meilleurs experts, il ne faut pas l'admettre. Donc il y a un ensemble de règles et de pratiques comme ça. Hm hm. que la communauté doit bien définir. Ça va chambouler l'évaluation, la publication, la gestion des carrières et ainsi de suite. Ça nous atteint déjà plus bas niveau euh au niveau des cours d'université et même au niveau des lycées des collèges.

Voilà, remise en cause du fait de l'IA, de ce que c'est qu'une interrogation, de ce que c'est qu'un devoir à la maison et cetera. Mais un apprentissage, une éducation, un cours et la recherche en un sens c'est l'humanité se faisant court à elle-même n'est acceptable que si on en ressort plus riche au sens davantage de concept pour les humains. Il y a évidemment aussi une notion de développement durable derrière et euh des algorithmes fonctionnants selon un mode qui n'est pas durable et pas économe en eau. Pas économe en eau, pas économe en électricité, pas économe en ressources.

qui pourrait être une limite pour le développement de l'IA justement éthique en tout cas au moins éthique mais comme on sait pour l'instant toute l'IA mathématique et juste une petite portion dans l'affaire les mathématiciens de des grandes majores ont mis sur la table des dizaines de millions pour obtenir des démonstrateurs automatiques. ces gouttes d'eau par rapport aux milliards qu'ils investissent. Chacune de ces grandes grandes grandes entreprises investit chaque jour quelque chose comme un demi milliard de dollars. Chacune d'entre elles, c'est un coût qui est supérieur d'une guerre.

Évidemment, ce n'est pas soutenable et et et c'est repose sur davantage de dette, davantage d'exploitation, une buzz permanent.

mathématiciens ont le sentiment d'avoir été utilisé comme la source de buzz ultime en 2026 à une année où certains des grands grands modèles de langage marquaient le pas en terme d'effet waouh par rapport aux populations à une époque où les grandes major américaines avaient à subir une forte concurrence de la part des des des entreprises chinoises et sont dit là maintenant on va sur le créau mathématique ça nous fera une publicité d'enfer de fait c'est ce qu'ils ont fait mais tout en mettant permettez-moi l'expression un bazar extraordinaire dans la communauté mathématique et pas pas pour le bien de la science sinon ils auraient travaillé avec les mathématiciens et non pas à leur place.

Cédric Vani dans cette émission on aime bien revenir sur les origines et le parcours de nos invités ne serait-ce que pour comprendre pourquoi il ou elle elle est ce qu'il est aujourd'hui. Vos parents Patrice et Jacqueline Vilani sont tous deux agrégés de lettres auteurs de grands livres d'ailleurs sur des écrivains français. Comment expliquer que votre passion à vous se soit portée précisément sur ce qu'on oppose régulièrement aux lettres, c'est-à-dire les mathématiques ? Je sais pas, un psychanalyste vous dirait que vous avez agi par provocation. Euh les maths expliquent tout. Alors, comment comment expliquer ça ? Qui sait ?

Peut-être psychanalyme parlerait de la provocation, un autre parlerait du la grande roue, du du brassage des compétences. Honnêtement, je n'en sais rien. Vous n'en savez rien. N'en sais rien. Et je peux juste vous dire que la l'esprit mathématique et c'est pas juste calculer, c'est aussi euh faire des petites procédures, résoud jeux, classer les formes et tout ça, ça m'a plu d'aussi longtemps que je me rappelle. Et vous aviez plein de passions étant enfant. Le monde animal par exemple était un une passion. Darwin est mon héros, dites-vous. Une passion aussi pour les échecs. Euh une passion à laquelle ont mis un terme vos parents, je crois quand vous aviez 5 ans. Vous savez pourquoi ? Oui.

Bon, je pense c'est un peu exagéré de mettre un terme, mais mes parents euh euh se disaient là là le voilà qui est parti pour une obsession liée aux échecs. Peut-être qu'il faut pas qu'il aille trop tôt trop dans la voie. Je pense honnêtement que j'étais pas si doué que ça en échec. D'accord. Euh et mais ce qui est vrai, c'est que j'ai fonctionné toute ma vie par obsession. Il y en a qui sont encore bien plus comme ça d'obsession d'obsession que je connais, mais ça a été à chaque fois euh euh tel et tel et tel sujet dans lequel je me suis plongée.

Euh je sais d'expérience que la capacité de s'obséder pour un sujet, d'en être envahi tout entier, c'est un réel avantage pour faire de la recherche. D'accord. et certaines des grandes réalisations que j'ai pu faire ou mon gros livre de référence sur le transport optimal ou mon mes résultat sur le sur le transport optim sur le pardon sur l'amortisme landa ou quelques autres à chaque fois ça a été des marques d'une obsession intense dans laquelle j'ai été plongé dans laquelle je me suis sorti et c'est seulement au cœur de cette obsession que j'ai pu surmonter certains des obstacles. À la lueur de celui que vous êtes aujourd'hui, quel conseil donneriez-vous au petit garçon que vous étiez ?

Qu'est-ce que vous lui diriez avant qu'il ne se lance dans la vie ? ne change rien. Il faut continuer comme ça. De toute façon, les conseils, des vieux croûons pour les petits [rires] jeunes, il faut éviter et c'est bien qu'il se lance là-dedans dans les dans et qui refasse les erreurs aussi. Comme dit Aragon dans son poème épilogue, nous ne vous aurons à rien servi, vous n'aurez rien appris de nous et cetera et cetera. Et c'est le travail de la génération à la génération suivante de transmettre la flamme mais pas donner le mode d'emploi à la génération d'après de la trouver.

22:10
Non speech

[musique]

22:13
Locuteur

J'ai des photos à vous proposer, Cédric Vilani. Ça fait aussi partie des rituels. La première, la voici. Vous parliez de la jeunesse justement, c'est une photo de cette jeunesse qui est en colère. En l'occurrence, une photo des violences qui se sont produites dans le cadre du mouvement de la de colère des lycéens et des des jeunes en université. On a assisté à des scènes insoutenables euh d'agression, de policiers, de profs, de surveillants, des scènes de dégradation, d'établissement public, de pillage des commerçants. Une violence qui vient finalement aussi casser des revendications sûrement légitimes. Vous êtes inquiet ce pays qui bouillonne, de cette jeunesse qui bouillonne.

D'abord, on va mettre les choses au point. Dans ma famille, j'avais des lycéens manifestant parfaitement pacifiquement et qui se sont retrouvés gazés. au lacrima sans sommation et il a eu quelque chose, j'avoue, mon incompréhension d'avoir d'un côté de paisibles manifestants chargés h de l'autre des casseurs qui s'en sont donnés à cœur joie et parfois sans aucune aucun dispositif pour les filtrer. Il y a eu une désorganisation juste incompréhensible.

H nous avons besoin de force de l'ordre et je fais partie de ceux qui pensent que c'est un force de l'ordre c'est l'un des métiers les plus importants pour une société mais bien conduite bien mené bien organisé et ce n'est pas ce que nous avons vu. Ce n'est pas ce que nous avons vu cette nuit-là et cette jeunesse qui casse et il y a dans au-delà de la jeunesse qui casse la grosse majorité excusez-moi on parle de 500000 à 800000 manifestants selon les chiffres. La très très grosse majorité, c'est une jeunesse qui a manifesté pacifiquement en proie à bien des inquiétudes légitimes.

Ça s'appelle mauvaise condition de travail, ça s'appelle et d'éducation, ça s'appelle inquiétude face aux catastrophes écologiques, ça s'appelle inquiétude face à l'horizon économique bouché avec des chiffres qui sont venus complètement euh déprimants des études récentes sur les métiers de Banque de France et HC. de 30% de d'embauche en moins sur les 21 29 ans pour les métiers exposés à l'intelligence artificielle. On y revient. C'est une jeunesse qui est inquiète de voir la société en débandade, qui est inquiète de voir les nuages sur la géopolitique qui s'accumule, qui s'amoncelle.

Alors certes, il y a évidemment dans cette nuit 17 au 18, il y a eu des éléments violents, il y a eu du casseurs, il y a même eu des gangs armés dont le comportement s'apparente plus à de la mafia ou à des en tout cas des groupes très organisés, pas des jeunes manifestants. Il ne faut surtout pas que ces images qui ont tourné en boucle fassent oublier les revendications légitimes des lycéens. J'ai une dernière question, Cédric Vani, qui est en lien avec le décor qui nous entoure. Nous sommes entourés de quatre statues qui représentent chacune une vertu. Il y a la sagesse, la prudence, la justice et l'éloquence.

Est-ce qu'il y a une de ces vertus que vous auriez envie de défendre aujourd'hui qui vous caractérise peut-être ? Sagesse, prudence, justice, éloquence. Ah, il faut les quatre choisir une les euh en la plus importante des quatre d'un point de vue mathématique sera la justice. La la la mathématique est l'art de dire ce qui est vrai ou faux. La politique est l'art de dire ce qui est juste ou injuste. H la science généralement c'est l'étude du vrai. La politique c'est l'étude du juste. C'est la finalité. Et euh on peut parfois arriver à quelque chose de juste par des voix détournées ou même en se trompant. On peut parfois utiliser l'éloquence à bon ou à mauvais ou à mauvaisant.

Le le le le le plus important notre 4e était la prudence. On est parfois obligé d'être prudent ou pas prudent. Mais la justice c'est la c'est la solution. Et quand on se demande parfois est-ce que le scientifique doit soumettre aux politiques, le politique se soumettre aux scientifiques jamais. Mais ils ont leur domaine réservé et la mathématique ou la science en général c'est l'art de dire ce qui est vrai ou faux tandis que la politique c'est l'art de dire ce qui est juste ou pas. Très belle conclusion. On s'arrêtera là-dessus.

Merci infiniment Cédric Vani d'avoir été notre invité dans cette belle émission et merci à vous de nous avoir suivi comme chaque semaine émission à retrouver sur publicsena.fr. FR en replay mais aussi en podcast. À très bientôt. Merci beaucoup.

26:46
Non speech

[musique]