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InterviewRFI — Le grand invité international (sur Site radio)· 20 octobre 2026 9 minComplaisantActualité / polémiqueNumériqueInstitutions & électionsEurope & internationalSécurité

Réseaux sociaux: «Il y a une vulnérabilité réelle en France» face aux manipulations de l'information

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Pourquoi lancer une mission d'information sur les violences ? Quel est le but ?

  • 1:01OuverteRéponse directe

    Est-ce que là, précisément, vous dites « danger » Laurent Laffont ?

  • 1:23OuverteRéponse directe

    Est-ce que derrière, c'est la prévalence d'un récit plutôt qu'un autre qui s'installe ?

  • 3:03OuverteRéponse directe

    La France est-elle particulièrement vulnérable ou pas plus que les autres ?

  • 4:51OuverteRéponse directe

    Ce que vous pensiez de ce texte qualifié de trop limité ?

  • 6:09OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'il aurait fallu pour aller plus loin dans ce texte ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:02Invité politiqueChiffre
    « une enquête récente a montré que sur certains réseaux sociaux, près d'un tiers des informations qui circulaient étaient de la fausse information. »
  • 2:35Invité politiqueFait
    « On sait par exemple que certains États comme la Russie ont compris depuis longtemps la façon dont ils pouvaient nous mettre en difficulté à travers ces réseaux sociaux. »
  • 4:12Invité politiqueChiffre
    « Sachez, par exemple, que plus de la moitié des jeunes de moins de 25 ans s'informent prioritairement par les réseaux sociaux »
  • 5:09Invité politiqueFait
    « Ce que ça nous dit, c'est qu'on est dans une période à risque, voilà, et qu'il ne faut pas être naïf et dupe. »

Temps de parole

  • Laurent Lafon69 %
  • Présentateur31 %

≈ 1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Locuteur

Dans

0:01
Présentateur

notre studio ce matin, Laurent Laffont, sénateur du Val-de-Marne, vous appartenez au groupe Union Centriste et Indépendant. Bonjour Laurent Laffont. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. Vous êtes également le co-rapporteur de la mission d'information du Sénat sur les zones grises de l'information. On y reviendra dans un instant. Laurent Laffont, d'abord après le week-end qui vient de s'écouler en France, cette mobilisation massive et ces violences dans plusieurs grandes villes. La commission des lois du Sénat français a annoncé hier le lancement d'une mission d'information sur ces violences. Pourquoi l'avoir fait ? Quel est le but ?

0:33
Laurent Lafon

Déjà, il faut comprendre ce qui s'est passé, quelles ont été les défaillances, notamment du point de vue de l'organisation des forces de sécurité. Et aussi savoir qui est derrière ces manifestations, non pas les manifestations, celles qui se sont passées sereinement, mais les débordements qui ont eu lieu, les actes de violence. Est-ce que tout ça est organisé ? Comment c'est organisé ? Par qui c'est organisé ? Je crois qu'il faut arriver à comprendre qui sont les responsables de ces violences que nous avons subies un peu partout en France.

1:01
Présentateur

Alors j'aimerais aussi évoquer un aspect avec vous, qui avez étudié de près tout l'écosystème de l'information numérique, les contenus, les acteurs et le risque très fort de manipulation et de désinformation. Les événements du week-end dernier en France ont été énormément racontés, partagés en ligne, en vidéo, en images, par beaucoup d'utilisateurs et tout un tas de médias, de personnalités, d'influenceurs. Est-ce que là, précisément, vous dites « danger » Laurent Laffont ?

1:27
Laurent Lafon

Il y a longtemps que nous disons « danger » pour les réseaux sociaux, parce qu'effectivement, les réseaux sociaux, c'est quoi ? C'est caractérisé par quoi ? C'est caractérisé d'abord par l'anonymat, pour un certain nombre de réseaux sociaux, c'est-à-dire qu'on peut dire des choses sans être identifiées et donc sans être responsabilisées. Et puis c'est caractérisé aussi par le fait que ceux qui organisent ces réseaux sociaux, les grandes entreprises qui organisent ces réseaux sociaux, n'ont aucune responsabilité sur ce qu'ils diffusent.

Donc, dans les réseaux sociaux, vous allez trouver de tout, de l'information de qualité, comme celle que vous faites, mais aussi une fausse information massive. Une enquête récente a montré que sur certains réseaux sociaux, près d'un tiers des informations qui circulaient étaient de la fausse information. Évidemment, dans une démocratie, c'est très préoccupant de mettre sur le même plan un travail d'investigation, de recherche journalistique, et puis une fausse information qui va être diffusée de manière massive et qui ne l'est pas faite par hasard.

2:24
Locuteur

C

2:24
Laurent Lafon

'est-à-dire que derrière cette fausse information, souvent, il y

2:27
Locuteur

a

2:27
Laurent Lafon

une intention volontaire de mettre en difficulté la démocratie.

2:30
Présentateur

De la part d'acteurs divers ?

2:32
Laurent Lafon

De la part d'acteurs divers, qu'ils viennent de l'étranger. On sait par exemple que certains États comme la Russie ont compris depuis longtemps la façon dont ils pouvaient nous mettre en difficulté à travers ces réseaux sociaux. Mais il n'y a pas que des États étrangers, il y a aussi des acteurs en France qui peuvent, pour des raisons différentes, agir sur les réseaux sociaux et organiser, encore une fois, ce n

2:56
Locuteur

'est

2:56
Laurent Lafon

pas une expression individuelle d'une personne, mais c'est quelque chose de très structuré, d'automatisé, d'organiser un système de fausses informations.

3:03
Présentateur

Et derrière, donc, c'est la prévalence d'un récit plutôt qu'un autre qui s'installe ?

3:08
Laurent Lafon

Absolument, sachant qu'en plus, les réseaux sociaux, la caractéristique,

3:11
Locuteur

c

3:11
Laurent Lafon

'est de vous enfermer dans une bulle informationnelle.

3:14
Locuteur

C

3:14
Laurent Lafon

'est-à-dire qu'il n

3:14
Locuteur

'y

3:14
Laurent Lafon

a aucun aspect contradictoire. Une fois que vous êtes identifié comme étant susceptible d'être sensible à ces théories, vous êtes enfermé dans cette bulle informationnelle et vous n'arrivez pas à vous en sortir. C'est un vrai danger pour la démocratie.

3:29
Présentateur

Et là, on est complètement dans le sujet de votre rapport sur, justement, les zones grises de l'information. Aujourd'hui, justement, 20 octobre, un projet de loi du gouvernement pour lutter contre les ingérences étrangères dans le contexte de la présidentielle qui approche. Projet déjà adopté en commission, est examiné en séance publique par le Sénat. Dans votre rapport, Laurent Laffont, vous aviez souligné l'importance d'agir face à ce risque d'ingérence étrangère. Vous avez pointé ce qui s'est passé aux États-Unis ou en Roumanie pendant des périodes électorales. Ça arrive, ça a des conséquences.

Laurent Laffont, est-ce que la France est vulnérable, particulièrement vulnérable ou pas plus que les autres

4:06
Locuteur

?

4:06
Laurent Lafon

Elle est vulnérable comme toutes les démocraties où les réseaux sociaux sont utilisés de manière massive. Sachez, par exemple, que plus de la moitié des jeunes de moins de 25 ans s'informent prioritairement par les réseaux sociaux et pas forcément par des journaux, des médias traditionnels présents sur les réseaux sociaux. Donc oui, nous sommes vulnérables. Nous sommes d'autant plus vulnérables que nous sommes, nous, en période électorale. Ce que ne sont pas un certain nombre de démocraties comparables à la nôtre, avec des enjeux dont chacun mesure l'importance de cette élection présidentielle et des législatives qui suivront. Oui, donc il y

4:40
Locuteur

a

4:40
Laurent Lafon

une vulnérabilité réelle en France. Et c'est pour ça qu'il était important d'agir, même si le texte n'est pas suffisant en soi. C'est un petit pas, un petit pas nécessaire.

4:51
Présentateur

C'est ce que j'allais vous demander après, ce que vous pensiez de ce texte qui est qualifié un peu de trop limité. Alors, Viginum, l'agence de lutte gouvernementale contre ces ingérences, annonçait plus d'une centaine de cas détectés jusqu'à maintenant. C'est bien plus que les précédents scrutins. Qu'est-ce que ça nous dit ?

5:09
Laurent Lafon

Ce que ça nous dit, c'est qu'on est dans une période à risque, voilà, et qu'il ne faut pas être naïf et dupe. Le texte s'appelle un texte sur les ingérences extérieures. De fait, quand vous le lisez, il ne parle pas que des ingérences extérieures. En fait, c'est tous les phénomènes de manipulation, organisés, orchestrés, automatisés, qui sont ciblés, quelle que soit l'origine. Et il était important dans une période électorale où, finalement, c'est le fonctionnement de notre démocratie, la sincérité du processus électoral, la clarté du débat entre les candidats qui est en jeu. Donc, il ne

5:42
Locuteur

faut

5:42
Laurent Lafon

pas que ça soit faussé par des tentatives de déstabilisation du processus électoral. Et c'est pour ça que le texte qui arrive est un texte nécessaire, peut-être pas suffisant, mais nécessaire pour renforcer, en fait, les outils juridiques pour arrêter, si un tel processus se met en place, pour arrêter le plus tôt possible. Parce que le risque, évidemment, c'est qu'un phénomène manipulatoire intervienne à deux ou à trois jours d'un premier tour d'élection présidentielle. Que se passe-t-il dans ces cas-là ?

6:09
Présentateur

Et on a déjà trois candidats à la présidentielle française qui ont été la cible d'opérations de déstabilisation. Raphaël Glucksmann, Édouard Philippe, Gabriel Attal. Ce que j'aimerais savoir, Laurent Laffont, c'est ce qu'il aurait fallu pour aller plus loin, pour être complet dans ce texte ?

6:22
Laurent Lafon

Il y a deux choses qui sont, je crois, absolument nécessaires. D'abord,

6:27
Locuteur

c

6:27
Laurent Lafon

'est de responsabiliser les entreprises qui gèrent ces réseaux sociaux. Parce que pour l'instant, ils n'ont aucun risque juridique, contrairement à un média traditionnel comme le vôtre. Si vous faites circuler une fausse information, vous prenez le risque de vous voir traîner devant les tribunaux. Un réseau social, les GAFAM, ce qu'on appelle les GAFAM, eux n'ont pas cette responsabilité juridique. Ça, c'est la première chose. Il faut arriver à les responsabiliser juridiquement. Et la deuxième chose, je crois qu'elle va devenir indispensable dans les années à venir, c'est la levée de l'anonymat.

On ne peut pas, sous la protection d'un anonymat, dire tout et n'importe quoi sur les réseaux sociaux et banaliser une forme de violence de la parole. Mais on voit bien ce que c'est, la violence de la parole. C'est que, très rapidement, ça peut se traduire par une violence dans les faits.

7:19
Présentateur

Mais de quel levier on dispose pour agir sur ces plateformes, sur ces géants du numérique ? Je vous vois hausser les sourcils.

7:27
Laurent Lafon

Oui, pour l'instant, d'abord, c'est un vrai rapport de force avec eux. Parce qu'ils n'entendent pas qu'on remette en cause ce qu'ils ont construit et qui est quelque chose dans lequel ils peuvent à peu près tout faire. Le levier dont on dispose, d'abord, c'est la loi. On est dans une démocratie. Donc, ce qui fait que notre démocratie fonctionne, c'est la loi. Et la loi à deux niveaux. C'est bien sûr la loi française. Mais c'est surtout, sur cette question des réseaux sociaux, la loi européenne. Puisque c'est une prérogative du Parlement européen. On a franchi une première étape ces dernières années avec ce qu'on appelle le Digital Service Act.

Il faut aller plus loin, faire un bilan d'abord de ce DSA et puis aller plus loin.

8:06
Présentateur

Un petit mot, il ne nous reste que quelques secondes, Laurent Laffont. Il manque aussi, selon vous, la notion d'intelligence artificielle et le rôle que Julia dans tout ça ?

8:15
Laurent Lafon

Bien sûr. On a à peine structuré notre dispositif sur la question des réseaux sociaux. Il y

8:20
Locuteur

a

8:20
Laurent Lafon

une révolution encore plus importante en termes d'information. L'impact sur la façon de s'informer, qui est l'intelligence artificielle, qui arrive. Ne refaisons pas la même erreur.

8:30
Locuteur

C

8:30
Laurent Lafon

'est-à

8:30
Locuteur

-dire

8:30
Laurent Lafon

d'attendre que cette nouvelle économie s'installe avant de l'encadrer. Réfléchissons d'abord pour quel cadre on peut donner à cette IA avant qu'elle ne se développe de façon massive.

8:42
Présentateur

Eh bien, merci beaucoup, Laurent Laffont, sénateur du Valdemarne, d'avoir été le grand invité international d'RFI ce matin. Merci beaucoup. Le journal à suivre dans une minute. Bonjour, c

8:54
Locuteur

'est... Retrouvez

8:55
Présentateur

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