Édouard Philippe a-t-il réussi son entrée en campagne ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
C'est l'heure du second débat de ce sens public et c'est un gros plan sur le candidat Édouard Philippe que je vous propose après son premier meeting, grand meeting de campagne hier à Paris. Pourquoi place-t-il l'école au cœur de son projet que devient sa promesse de retraite à 67 ans ? A-t-il fendu l'armure en livrant un peu de son histoire personnelle avant d en débattre ?
Le reportage de Clémentine Louise, était-ce la démonstration de force espérée par ses soutiens ? C'est dans une arène sportive à l'Adidas Arena qu'Édouard Philippe monte enfin sur le ring deux ans après l'annonce de sa candidature. Voilà, mes amis, voilà le moment où nous allons engager cette campagne pour la France.
Première étape pour l'ancien Premier ministre, adoucir son image à travers un bref autoportrait. Je sollicite la confiance des Français. Ils ont le droit de savoir qui je suis et ce qu'ils me constituent.
Moi, je suis normand. Né à Rouen. Je suis allé à Rouen en 1970, mes parents étaient professeurs de français.
Je suis un fils de la classe moyenne. Une entrée en matière délicate avant d'esquisser un programme strict dont l'objectif est de ramener le déficit public à 2 % du PIB. Mais le normand l'assure, il n'y aura ni sang ni larmes, seulement quelques efforts et un peu de sueur.
Il faut baisser les dépenses sociales, supprimer les niches fiscales, avant de songer à augmenter les impôts de ceux qui de travail. J'assume de dire aux retraités qu'il faudra contribuer davantage au financement de notre système social. J'assume de dire aux cadres et aux employés du du secteur public et privé, qu'il faudra travailler plus longtemps.
Des mesures douloureuses, mais qui séduisent pourtant ces militants. La réalité n'est pas toujours séduisante malheureusement. On a envie forcément de se laisser tenter par d'autres propositions qui sont parfois plus sympas.
Ce qui, moi, me part, c'est le courage politique et il a la sincérité d'afficher le besoin de faire des choix forts. Des réformes impopulaires, mais nécessaires aussi, selon le maire d'Angers et secrétaire général d'Horizon. On ne va pas adhérer à une baisse du déficit pour une baisse du déficit, mais adhérer au fait de pouvoir dégager des moyens pour l'école, pour la justice, pour faire face à tous les enjeux de transition climatique et en particulier d'adaptation qu'on est en train de vivre dans ces domaines là il va bien falloir qu'on soit capable de trouver des ressources pour agir.
Rien de très précis encore pour le reste du programme, Edouard Philippe balaye large mais dévoile une première grande réforme, celle de l'école. Je vous propose de concevoir et de mettre en oeuvre une refonte massive de l'école la plus importante peut-être depuis Jules Ferry. C'est la clé du redressement français.
Les sondages donnent aujourd'hui Edouard Philippe au second tour, juste derrière Jordan Bardella et à peine devant son rival direct Gabriel Attal. Les deux anciens premiers ministres ont promis de laisser la place à celui qui arrivera en tête des sondages en février prochain. D'ici là, tout peut encore basculer.
Edouard Philippe a-t-il réussi son entrée en campagne ? On en débat tout de suite avec Christelle Crappelet. Bonsoir, Bienvenue, vous êtes directrice d'opinion chez Ipsos BVA.
Benjamin Morel, bonsoir et bienvenue. Vous êtes constitutionnaliste, vous publiez « Crise politique, crise de régime ». C'est aux éditions d'Ille Jacob.
Aure Malval, bonsoir et bienvenue. Grand reporter à Marianne et à de Charlène Bézina, et restez à mes côtés constitutionnalistes et éditorialistes pour Centre public. On a fait le banc des constitutionnalistes.
On ne voulait pas vous séparer. On savait que ça vous rassurerait avant de démarrer l Je me sens très seule. Alors, on va parler de la forme et du fond.
On commence peut-être une question générale sur le fond. Christelle Crapelet, des propositions, des annonces. Qu'est-ce que vous retenez, vous, de ce meeting d'Edouard Philippe Alors, il y a plusieurs choses qui m'ont frappée.
Je dirais peut-être un peu sur le fond les thèmes qu'il a abordés et notamment l'école, la place de l'école. Il en a fait un thème central et je trouve ça assez malin par rapport à ce qu'on peut il y a probablement cette envie d'aller convaincre les Français que des choses peuvent être faites sur ce thème-là parmi d'autres. 1h20 de discours, Benjamin Morel.
C'était un discours de droite assumé. On peut aussi le résumer comme un discours de droite mais malgré tout de centre droit c'est un discours très jupéiste en fait ce qui n'est pas complètement idiot on y reviendra mais édouard philippe au bout du compte a certes besoin de faire le ménage au centre droit il a également besoin d'un bon report de voix potentiel de la gauche au second tour, voire dès le premier tour. Il n'y avait pas tant de messages envers la gauche.
Il n'y a pas vraiment de messages, mais en même temps, il n'y a pas non plus trop d'irritants. Et ils se distinguent notamment sur un certain nombre de sujets comme l'immigration d'un Bruno Retailleau. Et ça, c'est quand même plutôt intelligent.
C'est intéressant d'être le candidat de droite que la gauche pourrait éventuellement préférer, notamment si l'hypothèse d'un second tour avec le RN s'avérait. Donc on voit qu'on a une stratégie de candidature attrape-tout au centre et qu'en même temps, la grande crainte pour les philippistes hier c'était que la forme ne suive pas qu'on est une heure vingt ennuyante d'une certaine façon et bien elle est une heure vingt plutôt tenu quant à la forme en tout cas plus qu'attendu et ça bah pour edouard Philippe, c'est plutôt une bonne nouvelle. On y revient tout de suite sur la forme.
Mais d'abord, restons sur le fond et effectivement, on parlait de l'école. On écoute un premier extrait de son discours. Edouard Philippe, l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron, qui veut massivement réformer l'école.
Écoutons Je vous propose de concevoir et de mettre en œuvre une refonte massive de l'école, la plus importante peut-être depuis Jules Ferry. C'est la clé du redressement français N'est-ce pas aussi une petite pierre dans le jardin de Gabriel Attal ? On peut considérer effectivement, Benjamin vous disiez qu'il avait plutôt épargné la gauche.
Il a quand même glissé quelques petits tacles à Gabriel et à la tale. Alors on peut prendre effectivement cette question de l'école, mais aussi il a dit qu'il n'aimait pas lui s'exhiber, se mettre en avant sur les réseaux sociaux comme d'autres. Donc certes, il y a un pacte de non-agression.
On voit qu'il est quand même régulièrement...
La ligne est régulièrement mordu, si ce n'est franchi entre les deux hommes. Oui, la question de l'école, je trouve qu'elle est intéressante pour Edouard Philippe parce qu'en fait, c'est comme ça, c'est par ce biais-là, en tout cas, qu'il a choisi de raconter son On disait ce meeting, il doit servir. C'était un petit peu l'élément de langage en tout cas chez Horizon.
Il faut qu'Edouard Philippe fende l'armure. Il faut qu'Edouard Philippe se présente, dise quel homme il est, quel candidat il – C'est l'expression qu'on employait pour Lionel Jospin dans sa campagne en 2002. – Oui, c'est l'expression finalement un petit peu convenue pour ces gens d'un peu taxidure, d'un peu austère et qui ont un côté un peu rabat-joie, effectivement, voilà.
Et qu'est-ce qu'il a choisi de raconter, Edouard Philippe, il a choisi de raconter finalement une histoire de la méritocratie républicaine, une histoire de l'école de la République qui est celle de sa famille. Il dit trois générations entre des dockers du Port-du-Havre et Matignon. Donc c'est comme ça qu'il a choisi de présenter son histoire en citant d'ailleurs par leur nom les instituteurs et les professeurs qui l'avaient marqués, il y a eu des remerciements je ne les ai pas gardés en tête mais voilà, il a voulu s'inscrire là-dessus, alors après il dit effectivement un plan massif, alors ça c'est vraiment le mot d'Édouard Philippe, je pense que tout son programme est censé être massif pour l'instant à part cette promesse on n'a pas vu exactement ce que ça recouvré.
C'est normal mais à un moment il va falloir qu'il dise un petit peu ce qui se fait derrière ces masses. Mais là c'est sans doute trop tôt, s'il avait tout dévoilé hier on se dirait il est dingue qu'est-ce qu'il aura comme cartouche pour début 2023. Bref, sur la forme tiens comment il est perçu Christelle Krapelet ?
A quel trait de caractère ou quels adjectifs viennent prioritairement quand on parle d'Edouard Philippe ? Alors on pense à lui comme quelqu'un de compétent. Ça, c'est une notion assez forte qui lui est créditée.
Un peu moins comme étant sympathique et beaucoup moins comme étant proche des gens. C'est là-dessus qu'il va devoir aller. Et c'est pour ça, effectivement, vous parliez de de fendre l'armure qu'il laissait derrière d'incarner quelque chose d'un peu plus sympathique.
Mais voilà, il a cette notion de sérieux, d'homme qui a pu gérer un certain nombre de crises et c'est principalement ça qui est porté à son crédit. – Avec, je recherchais juste avant qu'on démarre la citation exacte de Churchill, 13 mai 40, premier discours devant la Chambre des communes après sa nomination au poste de Premier ministre. Je n'ai à offrir que du...
Il n'y a pas seulement le sang et les larmes, c'est du sang, du labeur, des larmes et de la sueur, voilà ce que...
Alors, lesquels, Edouard Philippe a essayé de gommer, vous voyez, dans cette liste de quatre, Benjamin Morel ? On a eu, en effet, un discours qui est plus optimiste que celui du père Larigueur, qui lui colle la peau pour une raison pardon d'interrompre, effort juste je crois que c'était une formule qu'on a retrouvée c'est une façon de...
C'est une façon d'oser l'effort mais également d'expliquer qui sera réparti et que ce ne sont pas toujours les mêmes qui paieront etc. Ensuite évidemment c'est pas nouveau, il ne crée pas tout à fait cette idée-là, mais fondamentalement, c'est quelque chose qui peut porter dans une partie de l'opinion. Ensuite, l'autre élément, c'est que vous avez au bout du compte certes un effort qui est demandé, mais qui est en grande partie euphémisé.
Parce qu'encore une fois, il ne sera élu que s'il a un report de voix au-delà de son camp politique. Donc on a un d'Edouard Philippe plus attrape-tout ici, un peu moins perd la rigueur, un peu moins, je dirais, effrayant quant aux conséquences de la politique économique qu'il pourrait mener que ce qu'il pouvait porter il y a quelques mois, parce qu'il a compris que là-dessus, il ne serait élu que sur une forme d'optimisme. En soi, pour lui, c'est plutôt un pari qui, là-dessus, est réussi, mais j'y reviens, qui implique de tenir sur le long terme.
On a une campagne très, très longue, on exige aujourd'hui...
C'est toute la sienne, il s'est déclaré...
Et même là, souvenez-vous, Emmanuel Macron, son programme en 2017, on l'a au mois de février 2017. Là, on a déjà des éléments programmatiques, des meetings qui sont tenus. On est très, très tôt dans la campagne, ce qui évidemment implique de distiller et ce qui implique de poser des points en termes d'image qui devront durer sur la longue durée.
Il y aura forcément dans ce débat un chapitre sur la réforme des retraites, retraite à 67 ans, c'est vous qui allez nous en parler dans un instant. Je prends une première question d'un de nos téléspectateurs ou téléspectatrices, c'est Dominique qui nous écrit de Bordeaux. Est-ce qu'il y avait beaucoup de monde à ce meeting ?
Edouard Philippe arrive-t-il à réunir plus de monde que ses adversaires ? C'est difficile de répondre à la question, mais ça fait partie aussi de la communication des camps de chaque candidat. On a vu dans ce que j'appellerais un petit peu cette primaire sauvage de la droite et du centre avec trois candidats, en tout cas trois principaux candidats, avec Bruno Retailleau le plus à droite, Edouard Philippe et Gabriel Attal.
Il y avait un petit peu ce match de qui réunira le plus de monde, qui alignera aussi le plus de soutien, de poids. On scrute les premiers rangs, qui est présent, qui n'est pas présent. Quels sont les ministres du Bloc central qui ont fait le déplacement ? – Ça, on répond à ces questions dans un instant.
Les soutiens, qui étaient là ou pas ? – Mais effectivement, ils rempliraient la salle. Alors je crois que les équipes… – 5 000 personnes à annoncées ? – Voilà, 5 000 2, je crois, même Horizon déclare.
C'est vrai que la salle, en tout cas, semblait remplie. Il y avait quelques rangées tout de même en haut qui étaient vides. – C'est une salle qui peut faire beaucoup plus, mais qui est modulable, c'est ce qu'on dit. – Oui, il y avait un rideau noir qui était dressé derrière la scène et qui enlevait entre un tiers et la moitié de la salle.
Et donc, effectivement, une estimation raisonnable, ça doit être autour de 4 000, ce qui est à peu près en fait comme ses rivaux ou en tout cas Gabriel Attal en revendiquait il me semble 3500 donc on est à peu près dans les mêmes tiens avant de parler de la retraite à 67 ans quand même une question sur le timing je vous posais la même question à tous les trois je commence avec vous Malval est-ce que c'était la bonne date parce qu'hier les chaînes d'info enfin bon alors après il y a l'actualité, il y a des incendies massives il n'y avait pas énormément de plage j'ai eu cette impression pour Édouard Philippe comment vous l'avez évalué ça J'ai vu, en tout cas chez nos confrères de BFM et LCI, le discours a été retranscrit dans son intégralité. En fait, je pense que c'est extrêmement difficile aujourd'hui de savoir quel va être le bon timing pour choisir une date. On voit qu'une actualité en chasse une autre.
L'affaire Liana, par exemple, c'est des choses qui sont pas du tout anticipables. Ça aurait pu, je dirais, plus mal tomber. Je pense quand même qu'Edouard Philippe a voulu, avec cette date, instaurer quelque chose du match contre le Rassemblement national.
Et le fait qu'ils le fassent justement, parce que cette date du 7 juillet, elle est connue depuis très longtemps, donc ils ne pouvaient pas ignorer qu'on était dans une séance...
Ça c'est prévisible, jugement en appel, l'affaire des assistants parlementaires de l'Union nationale Il a mal trusté par le Rassemblement national et je pense qu'il a voulu s'y mesurer ou en tout cas un petit peu prendre ce week-end de là, après pour le reste de l'info évidemment contre les incendies ou contre d'autres breaking news. Votre avis sur ce timing Benjamin Morel ? À quoi ça sert un meeting ?
Un meeting ça sert pas à convaincre les gens qui sont là parce qu'en règle générale s'ils sont là c'est qu'ils sont convaincus. Un meeting ça sert à faire des belles images pour que vous ayez des gens relativement grégaires qui voient le meeting et qui voient que vous êtes applaudis qui se disent il doit être intéressant puisqu'il y a des gens qui l'applaudissent et donc ça ça permet de capter une actualité et de montrer des images qui vont être convaincantes. Le problème c'est que là l'exposition médiatique de ce meeting qui est plutôt réussi sur le fond il va être relatif parce que derrière la grosse actualité politique de la c'est très difficile aujourd'hui de calculer votre meeting pour savoir quand est-ce que la porte médiatique va être forte.
Et là en effet le 7 était prévisible donc on aurait pu penser qu'une date plus appropriée aurait donné plus de portes à l'affaire. Alors moi je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous parce que je...
Pas grave, ça vous arrive. Vous avez tort parce que j'ai raison. Parce que je pense que le temps médiatique s'est tellement raccourci que de toute façon avoir dimanche et lundi pour parler de son meeting c'était déjà énorme donc à mon avis il avait intégré le le fait que le mardi on serait passé à autre chose donc là en l'occurrence Marine Le Pen crissait le crappelé votre avis.
Et puis moi je pense aussi que c'est pas un si mauvais timing parce que de toute manière à partir du moment où Gabriel Attal s'était déclaré il pouvait pas non plus trop attendre dans les enquêtes on le présente toujours comme le principal favori. C'est vrai mais il a pas non plus une avance absolument démesurée au point qu'il aurait plié le match donc il fallait quand même un moment qu'ils sortent du bois on reproche d'ailleurs par exemple à la gauche ou à Raphaël Guxman de tarder à le faire donc finalement il avait une petite fenêtre de tir avant qu'on soit dans l'été en septembre ça aurait été sans doute trop tard voilà sans doute qu'on va peut-être pas en parler très longtemps mais voilà il a cranté les choses et c'est pas si mal d'un point de vue opinion. – Une autre question Gérard qui nous écrit d'Orléans les mesures phares d'Édouard Philippe retraite à 67 ans 80 km heure ne vont-elles pas lui porter préjudice ?
Justement on va avant de vous donner la parole écouter un extrait de son discours de dimanche, d hier où il s'adresse directement déjà aux retraités, écoutez. J'assume de dire aux retraités qu'il faudra contribuer davantage au financement de notre système social. J'assume de dire aux cadres et aux employés du secteur public et privé qu'il faudra travailler plus longtemps aux catégories les plus aisées qu'on n'a pas besoin de réinventer des impôts idiots pour leur demander à elles aussi de contribuer au redressement national à l'état à ses agences aux collectivités que les français attendent deux qu'ils se serrent la ceinture et donne l'exemple.
Et donc, à Anne Charlène, cette réforme, cet âge légal repoussé à peut-être 67 ans, c'est un peu le sparadrap du Capitaine Haddock. C'est comme ça que j'ai intitulé l'édito. C'est comme ça que ça lui colle à la peau, exactement.
Alors on se rappelle quand même que c'est en 2021 qu'il nous dit que la seule solution raisonnable est d'allonger la durée de la vie active, il prend l'Espagne, l'Allemagne et le Pays-Bas comme modèle et pourtant cette mesure a changé avec le temps alors d'abord il me semble qu'il l'a campé un peu comme opposant critique c'est à dire qu'on est en 2023 avec la réforme borne qui juge quand même moins ambitieuses que celles qu'il avait proposées en 2019 et durant la campagne de 2024, il réaffirme l'idée que le système ne pourra se maintenir qu'avec une part de capitalisation ou justement cet allongement de la durée. Et quand il se déclare candidat, eh bien, il continue à marteler cela donc à partir du moment où il ya la déclaration de candidature on est en octobre octobre 2024 ça devient un peu sa mesure phare parce qu'il y en a pas d'autres voilà on est bien d'accord il n'y en a pas tellement d'autres et puis c'est la plus Tony Truant, donc on l'identifie là-dessus. Et il me semble que là, il y a aussi un petit drame personnel, c'est-à-dire qu'on sait que son mentor Alain Juppé est tombé sur une réforme des retraites avec cette phrase « je reste droit dans mes bottes Et donc, c'est cette image de la rigueur que lui continue d'essayer de nourrir pendant cette déclaration de candidats.
Ce qui est intéressant, c'est que dans le temps, si on regarde cette mesure, il l'a fait évoluer et elle s'est infléchie. Ça s'infléchit sérieusement même. Thomas, puisqu'on a en mai 2026 dans un entretien à France Inter, nous allons devoir travailler plus, mais pas tous dans les mêmes conditions.
Donc on a déjà un premier réfléchissement. Jusqu'à la dernière phrase que j'ai trouvée en juin 2026, tout le monde qui part à 67 ans, j'avoue, c'est Et violent. Donc bon, on se rend bien compte que ça bouge.
Il veut tenir compte de la pénibilité, d'un âge de départ variable selon les filières. Et donc on comprend très vite le tableau. Il reste attaché à la rigueur, mais admet des assouplissements.
Mais ça c'est dû en même temps, précisément. Donc hier encore, le candidat n'a pas présenté de programme et de calendrier pour cette mesure tout en disant justement qu'il y aurait des réformes justes et courageuses à mener. Est-ce que le candidat s'est rendu compte du risque social, de l'impopularité c'est de la difficulté à la fois à paraître gaulot et mitterrandien avec une réforme aussi stricte et à l'allemande.
Dieu seul le sait. En revanche, on sait qu'il y a une nuance à laquelle il est vraiment attaché, qui est celle du dialogue social, en disant qu'il y aurait négociations avec les partenaires sociaux. Sauf que s'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale, on peut imaginer que la réforme puisse être obligée d'être passée par l'article 49 alinéa 3.
Et puis moi j'ai tout lieu de penser que cette réforme ne verra jamais de jour parce qu'une réforme aussi globale, quitte des régimes spéciaux, des carrières des femmes, on voit bien que ça a très peu de chances de succès. Je conclurai sur le risque que ce recul lui colle un petit peu à la peau justement par rapport à un Gabriel Attal qui lui a voulu porter l'espoir. Il perd l'image de la rigueur, on voit bien qu'il devient celui qui est prêt à lâcher face peut-être à la peur de la rue.
C'était un certain Jacques Chirac qui avait cette doctrine-là. Alors il a réussi la candidature de 95, mais pas sa réforme des retraites. Effectivement, merci Anne-Charlène.
À quel point, Christelle Crappelet, les Français aujourd'hui associent Edouard Philippe à cet âge légal à 67 ans ? C'est spontanément ce qu'il ressort en premier Qu'est-ce qu'on peut en dire ? Alors, spontanément, peut-être pas.
Mais c'est effectivement quand même quelque chose qui lui colle à la peau. Et c'est une mesure qui est extrêmement impopulaire. Et faire campagne uniquement sur cette mesure-là, c'est pour le moins audacieux.
Alors certes, ça va renforcer son image d'homme sérieux qui veut lutter contre les déficits publics. Ça va sans doute convaincre les gens qui sont déjà convaincus. Mais alors pour aller chercher des gens un peu ailleurs, c'est vraiment compliqué.
Moi je pense que ça ne pouvait pas suffire, j'ai été surprise pendant le meeting que justement il fasse quand même un peu des ouvertures en mettant à contribution son coeur électoral, les retraités, les catégories supérieures, en disant qu'il allait épargner, les ouvriers, ça nuance un peu les choses, évidemment il faudra préciser tout ça ça me semble indispensable et je vois pas comment il fait campagne avec cette retraite à 67 ans ou alors il faut vraiment qu'il l'accompagne de mesures correctrices qui paraissent générer un peu de justice, parce que c'est un marqueur fort. C'est vrai que dire aux retraités hors malval vous allez devoir payer plus, on sait tous que ce sont la catégorie qui vote le plus aux élections et particulièrement pour un candidat estampillé droite un peu sérieuse comme Edouard Philippe, c'est un petit pari politique quand même, c'est assez risqué. Oui, alors j'ai trouvé ça très intéressant, je pense qu'aujourd'hui Oui, dans les candidatures qui émergent, ou en tout cas les candidats les plus sérieux, je pense qu'il y a deux clivages principaux qui traversent aussi notre société.
Il y a le clivage identitaire, l'axe sur lequel s'affronte la France insoumise contre le Rassemblement national et il y a ce clivage générationnel qui monte aussi, qui monte depuis la crise du Covid et aussi après justement la question de la réforme des retraites sur ce niveau de vie des retraités par rapport au niveau de vie des actifs, sur cette fameuse répartition et sur cette justice justement du partage actuel et puis aussi du fonctionnement des services publics. On voit qu'aujourd'hui les budgets des services publics sont en augmentation mais ils servent à payer les retraites des retraités de la fonction publique, en tout cas de plus en plus et ne sont pas de l'argent investi pour le fonctionnement direct de ces services publics. Donc ça c'est ce clivage générationnel-là, je pense qu'Edouard Philippe a voulu s'en saisir, un petit peu en bon père de famille.
D'ailleurs il ne s'adresse pas aux jeunes, il ne joue pas la guerre des générations, il ne joue pas les jeunes contre les vieux, il essaie, en tout cas en disant cela peut-être de réconcilier, en tout cas de réconcilier, en tout cas de proposer un programme qui réconcilie justement les générations autour d'un effort juste et partagé, et donc avec ce côté, comme vous le disiez, de droite sérieuse, modérée, qui dit voilà attention les retraités je ne vais pas vous prendre votre argent pour l'État, je vais le prendre pour le donner à vos enfants. Donc il y a un petit peu ce côté...
En tout cas, c'est un test, effectivement, je trouve que c'est un pari qui peut lui coûter cher. Je pense que les réactions, alors on va me dire Twitter X c'est pas la France les extraits vidéo d'Edouard Philippe sur cette question sont énormément abondamment commentés et les commentaires ne sont pas positifs on s'en fout Benjamin Morel, il y a Et effectivement, c'est soit l'écueil d'être le candidat des 67 ans, soit ce que nous décrivait Anne-Charlène, celui qui renonce à l'une de ses mesures phares. Oui, et c'est compliqué parce qu'en fait, le lectorat du centre, il a deux caractéristiques.
Il est à la fois âgé, il est plutôt aisé. Donc à partir de là, vous ne tapez pas sur votre propre électorat. Quand vous voulez être élu en même temps, cet électorat n'est plus suffisant et donc il faut tenter d'élargir.
Il y a deux stratégies différentes par rapport à Gabriel Attal. Gabriel Attal segmente l'électorat. Il s'adresse à des clientèles électorales très précises.
Qu'importe la cohérence, l'important c'est la clientèle. Edouard Philippe ici essaye de faire une forme de synthèse, d'être un président un petit peu attrape-tout et pour le coup dans le bon sens du terme en disant voilà j'ai un projet national où tout le monde paiera un peu. Est-ce que ça peut encore être efficace aujourd'hui au vu de la polarisation de l'électorat, au vu du fait que quand vous prenez l'électorat jeune il est très polarisé, quand vous prenez l'électorat classe pop, clairement il ne va pas voter au centre.
Ce n'est pas évident que ce soit payant, mais pour arriver à se poser en candidat du centre, je dirais, sur lequel un vote par défaut pourrait éventuellement se retrouver. Je pense notamment encore une fois à une partie de l'électorat de gauche qui se dirait « j'ai plus envie d'aller voter Mélenchon ». Mais la candidature sociale-démocrate, elle ne me convainc pas.
Et donc je vais voter directement pour Edouard Philippe. Ça peut éventuellement fonctionner. Encore une fois, on en est très, très loin.
Et pour l'instant, on ne sait pas exactement quelle sera l'offre politique dans les autres camps. Savoir si ça peut être fonctionnel c'est encore un pari alors vous évoquez la question des soutiens évidemment c'est aussi ce qu'on regarde de près quand il y a un grand meeting un meeting comme ça de lancement de campagne électorale et je propose à Stéphane Duguay de nous rejoindre tout de suite parce que vous avez Et vous aussi, regardez ce mythique. Rebonsoir Stéphane.
Il a voulu s'afficher, Édouard Philippe, en rassembleur de son propre camp. Exactement, puisque dans ce genre de rassemblement, il y a ceux dont on parle, les idées, les propositions, mais surtout, et ce n'est pas ce qu'on montre, ces fameux soutiens. Dès le début de son discours, Edouard Philippe a eu un mot pour eux.
Écoutez... -"Nous allons prendre le pouvoir démocratiquement.
Nous allons le faire ensemble, avec vous tous qui est ici aujourd'hui avec tous les visages à nu sur lesquels depuis si longtemps je sais pouvoir compter quand les enjeux se corsent avec tous ceux qui nous ont rejoints et que je salue amicalement et à qui je dis vous avez fait le bon choix et avec tous ceux qui nous rejoindront le moment venu. Alors on commence par les amis, les visages, amis dont parle Edouard Philippe. Oui il y avait bien sûr les ministres et les parlementaires, députés, sénateurs horizon, mais surtout les fidèles parmi les fidèles et notamment les trois directeurs de campagne du maire du Havre.
Vous le voyez à votre gauche Gilles Boyer, incontournable bras droit d'Edouard Philippe depuis les années 2010 qui est député européen, mais aussi Marie Guévenou, co-directrice de campagne et ancienne ministre des Outre-mer. Comme lui, jupéiste, passé dans le camp Macron avant de rejoindre le gouvernement. Elle était aussi conseillère spéciale de Gérald Darmanin avant de rejoindre la campagne d'Edouard Philippe.
Et puis le troisième directeur de campagne, Christophe Béchut, maire d'Angers, secrétaire général d'Horizon et lui aussi ministre sous les gouvernements Borne et Gabriel Attal, ministre de la Transition écologique. Et donc dans ses premiers rangs, on a également pu apercevoir les plus récents soutien d'Édouard Philippe. Tous venus applaudir leurs champions pour 2027, même s'ils appartiennent à une autre formation politique.
On peut citer ici les ministres et les députés du gouvernement actuel, membres de Renaissance, députés et ministres, dont le candidat est pourtant Gabriel Attal. À Renaissance, il y avait Maude Bréjon, on la voit ici, porte-parole du gouvernement. Juste à côté d'elle, Mathieu Lefebvre, ministre de la Transition écologique et sur la gauche, on voit Marc Ferracci, fidèle proche d'Emmanuel Macron comme Sylvain Maillard, tous les deux députés.
On peut aussi apercevoir d'anciens ministres François de Rugy et Agnès Buzyn. Tous justifient leur soutien à Édouard Philippe par sa capacité, selon eux, à rassembler, contrairement à Gabriel Attal chez Renaissance et Bruno Rotailleau chez Les républicains. Alors justement les républicains, les LR, ils étaient moins présents, moins visibles à ce meeting mais certains soutiennent quand même déjà le maire du Havre.
Oui, le seul que l'on a pu voir applaudir l'ancien premier ministre hier, c'était le ministre en charge du commerce du commerce extérieur Nicolas Faurichet qui est suspendu des républicains pour sa participation au gouvernement mais qui est quand même membre du parti. On a vu aussi Nathalie Kosciusko-Morizé, ancienne ministre sous Sarkozy et fraîchement ralliée au candidat horizon après un retrait de la vie politique. Mais au sein de LR aujourd'hui la question de soutenir Edouard Philippe mieux placé dans les sondages se pose en témoigne cette main tendue adressée par Laurent Wauquiez dans le Figaro la semaine dernière.
Le patron des députés LR estime qu'Edouard Philippe, je cite, peut incarner l'ordre et le sérieux permettant de redresser la France. Et puis alors il y a aussi ceux qui ne sont pas là au meeting. Exactement parce que même si l'équipe d'Edouard Philippe met en avant que contrairement au meeting de Gabriel Attal et de Bruno Rotailleau, dans celui de leur candidat on ne compte pas vraiment les absents et bien on remarque quand même que gérald darmanin n'est pas venu écouter le maire du havre le gardesseau n'a pas encore fait son choix sur qui il soutiendrait pour 2027 mais ça n'a pas empêché edouard philippe de le faire applaudir gérald darmanin notamment en parlant de la justice gérald darmanin applaudit contrairement à emmanuel macron dont edouard philippe n'a prononcé à aucun moment le nom merci beaucoup stéphane on va commencer par gérald darmanin or malva est ce que c'est juste une question de temps avant qu'il apparaît sur la photo à côté d'Edouard Philippe ?
Alors, je n'ai pas de boule de cristal, mais oui, je pense que le ralliement, en tout cas, de Maude Bréjon, qui est très proche de Gérald Darmanin, peut laisser présager qu'effectivement, c'est cette voie que Gérald Darmanin va choisir. Effectivement, il y a un tempo dans ces ralliements. Ce n'est pas non plus nécessaire de se rallier très tôt, d'autant qu'il est au gouvernement.
Alors effectivement, Maude Bréjon l'est aussi, mais c'est vrai qu'il y a eu cette consigne de Sébastien Lecornu de ne pas trop s'impliquer, en tout cas dans la campagne qui commence et puis Gérald Darmanin voudra sûrement faire de son soutien un événement un petit peu de campagne. Alors est-ce que ce sera un tournant vraisemblablement pas mais en tout cas il voudra le mettre en scène à un moment qui sera un petit peu plus tard dans le déroulé de la campagne Votre avis sur ces ralliements, Benjamin Morel c'est peut-être trop tôt pour qu'il soit décisif Oui, et de manière générale, ils peuvent difficilement être décisifs. C'est-à-dire que beaucoup des personnalités qu'on a citées sont quand même très peu connues par les Français.
Et les ralliements ne font pas non plus les électeurs. Souvenez-vous, ça remonte à loin, mais tous les ralliements à balladure et les coups de poignard dans le dos de Jacques Chirac, bien mis en scène par les guignols. Et in fine, qui sait qu'il gagne à la fin ?
Donc ça, ce n'est pas tout à fait évident, mais ça permet d'affaiblir les adversaires. Évidemment, quand vous vous êtes Gabriel Attal, quand vous êtes Bruno Retailleau. Ces ralliements montrent que vous n'avez plus vraiment le contrôle de votre appareil.
Et ça, par définition, ça sert plutôt à Edouard Philippe. Je ne suis pas sûr que ça déplace en revanche beaucoup d'électeurs. Oui, effectivement, on est d'accord sur la notoriété peut-être pour recommencer des ministres ou des soutiens qu'on a vus au premier rang pour ce meeting ?
Oui, oui, tout à fait. Dans toutes les personnalités qui ont été testées, ce n'est pas des personnalités qui sont très identifiées, très connues du grand public. Celle qui l'est davantage, c'est Gérald Darmanin, donc sans doute que son ralliement aura un peu plus de poids, mais en même temps, Gérald Darmanin, qui est le plus identifié, est beaucoup plus clivant aussi, notamment auprès des sympathisants du centre Il traverse aussi quand même en ce moment une petite crise, puisqu'on lui est reproche à un certain nombre de dysfonctionnements dans l'affaire Lyanna.
Il y a quand même des manifestations qui ont eu lieu et qui peuvent d'ailleurs aussi expliquer sans doute que ce n'est pas tout de suite que Gérald Darmanin se soit rallié, mais c'est sûr qu'il est en tout cas plus identifié et c'est un peu le seul. Alors on va regarder le dernier baromètre d'Oxa Public Sénat pour la presse quotidienne régionale de juin sur les palmarès d'adhésion. C'est un choix intéressant.
Alors le global, on a Jordan Bardella et Marine Le Pen en tête à 39-40. Edouard Philippe qui arrive juste après 30 % et Gabriel Attal à 28%, ensuite c 'est Marion Maréchal et Bruno Retailleau. Et alors si on regarde plus précisément les sympathisants de la droite et du centre, là on a Edouard Philippe qui arrive en tête, 64%.
Devant Gabriel Attal à 60%, Gérald Darmanin à 56%, Bruno Retailleau à 49%, Xavier Bertrand à 42%. Alors j'entendais ou je lisais dans les comptes-rendus de ce premier grand meeting de campagne d'Edouard Philippe, ses soutiens qui disaient « ça y est, il est en train de plier le match ». J'ai Il y a un peu l'impression qu'on n'y est pas encore, Christelle Kraplek.
Non, effectivement, il n'a pas le pillé match. Personne n'a vraiment pillé le match. On est encore très loin de l'échéance.
C'est vrai qu'il a de l'avance. Il a de l'avance en termes d'adhésion ou de popularité selon les enquêtes, notamment auprès des sympathisants du centre. Il est quand même devant Gabriel Attal.
Il l'est aussi dans les intentions de vote. Quand on teste, même s'il faut les prendre avec beaucoup de précaution à cette échéance, il est quand même devant. Il n'a pas non plus un Un écart qui fait que, voilà, ce serait totalement fini.
Et c'est bien d'ailleurs pour ça que Gabriel Attal se dit qu'il pourrait combler dans les semaines ou mois qui viennent cet écart-là. Alors on discutait, on entendait Stéphane Dullier nous parler de cette interview au Figaro de Laurent Wauquiez, ça suscitait une question de Françoise qui devait créer de boulogne sur mer. Pourquoi Wauquiez trahit son camp pour soutenir Edouard Philippe ?
Cette phrase, il peut incarner l'ordre et le sérieux permettant de redresser la France, ça n'a pas manqué de faire réagir qui ? Celui peut-être à qui était destiné ce ralliement Bruno Retailleau, regardez. Je ne veux pas suffisamment de mal pour Edouard Philippe pour me réjouir que Laurent Wauquiez soutienne parce que je pense qu'il ne mérite pas ça.
Dans la vie, on peut avoir des sensibilités, on peut avoir des convictions qui sont différentes. Mais je pense que le pire de tout, ce qui vraiment dégoûte les Français, c'est de retourner sa veste si souvent. Benjamin Morel, je ne suis pas convaincu que le soutien de Laurent Wauquiez serve tant que ça Edouard Philippe aujourd'hui ?
Non, pas nécessairement parce que je ne vois pas les lecteurs LR qui tout d'un coup se dirait « Laurent Wauquiez a décidé de ne pas soutenir Bruno Retailleau, donc tout d'un coup j'irai voter Édouard Philippe. On a clairement un comportement électoral, on le commentait tout à l'heure, qui n'est pas vraiment lié au ralliement. Mais en revanche, c'est en kikine Bruno Retailleau, comme l'a très bien montré votre extrait.
Donc c'est plus une stratégie de déstabilisation, d'une certaine façon qui peut servir Edouard Philippe d'un côté et puis qui sert un certain Laurent Wauquiez. Parce que que vise Laurent Wauquiez, c'est pas tant la victoire d'Edouard Philippe. Ce que vise Laurent Wauquiez, c'est justement d'enquiquiner Bruno Retailleau pour devenir calife à la place du calife, d'abord au sein des républicains et puis qui sait peut-être un jour à l'Elysée, peut-être pas en 2027 mais après il y a un truc qui s'appelle 2032 et beaucoup y pensent aussi.
Oui ça arrive vite. Edouard Philippe parle t-il de Laurent Wauquiez ou est-ce qu'au contraire il essaye de mettre... de mettre ça de côté ?
Il essaye plutôt de mettre ça de côté. L'effet, en tout cas, par rapport, comme vous le disiez très bien, ça ennuie Bruno Retailleau, ça montre que les LR sont quand même un parti aujourd'hui très étiraillé sous le point d'imploser, en tout cas à la fois d'ailleurs attiré par ce centre droit. Laurent Wauquiez n'avait pas donné de la voix je dirais de façon programmatique, contrairement à d d'autres ténors LR qu'on a entendus ces derniers temps, par exemple Jean-François Copé, Valérie Pécresse, des gens qui ne sont pas sur la même ligne que Bruno Retailleau ou en tout cas qui critiquent son entourage, qui le jugent trop droitier.
Donc Laurent Wauquiez s'il veut viser des électeurs de centre-gauche qui, pour le coup, sont plutôt allergiques à Laurent Wauquiez. Ça peut un petit peu peser et par ailleurs, il n'a pas intérêt non plus à se montrer un petit peu trop, je dirais, mesquin ou à remercier ce geste qui est un petit peu quand même une forme de traîtrise en tout cas par rapport à sa famille politique de Laurent Wauquiez. Oui, je reprends la formule de Bruno Rotaillot. le pire de tout, ce qui dégoûte vraiment les Français c'est de retourner sa veste si souvent Dans la chanson de Jacques Dutronc Moi il me semble qu'Edouard Philippe doit rester prudent par rapport à ce soutien de Laurent Wauquiez et notamment celui de Gérald Darmanin parce qu'il ne faut pas oublier que c'est un peu l'identification du gouvernement actuel et ça c'est précisément l'image dont essaye de se défaire edouard philippe c'est à dire d'être à la fois l'homme de la nouveauté et de faire oublier quand même que ces parlementaires composent la majorité laurent wauquiez était justement le tenant de la ligne de la participation au moment du couac de bruno retailleau au sein du gouvernement le cornu donc je pense que c'est un peu tout ce dont il essaye aussi de se défaire pour incarner le renouveau donc faut faire attention à ce juste équilibre entre le fait qu'il est en en fait, le gouvernement en place sans l'être complètement.
Je pense que c'est ça la gageur. – Et je suis d'accord, effectivement, aujourd'hui, il le dit d'une façon presque orwellienne, nous allons prendre le pouvoir. Je veux dire, son socle commun, le parti horizon fait partie d'une coalition qui est au pouvoir.
Et effectivement, lui n'est pas au gouvernement, mais il y a un renversement en tout cas sémantique qui est assez, qui est une belle Il doit se théâtraliser, il n'y a pas encore. Oui et d'ailleurs ça rejoint beaucoup de réactions. Merci de participer avec le QR code.
Patrick par exemple qui nous écrit de Marseille. De quelle manière Edouard Philippe peut -il faire espérer faire oublier sa participation au bilan macronistes, on va regarder un autre enquête, un autre sondage de Xabagbon pour le Figaro. La prochaine fois, Christelle, je viens avec les vôtres. – Je ne sais pas grave, il va te – Ne vous inquiétez pas, on prendra Ipsos BV la prochaine fois.
Mais elle était intéressante cette question. Édouard Philippe, s'il était élu président de la République, mènerait-il une politique différente de celle d'Emmanuel Macron 33 % des personnes interrogées, proches 64%. Là il y a cette question, on parlait du sparadrap tout à l'heure, mais quand même Benjamin Morel, il y a cette question d'un autre sparadrap qui est celui du macronisme.
C'est toujours la difficulté, Sarkozy est élu, mais il était élu dans la rupture par rapport à Jacques Chirac, en montrant bien qu'il prend le parti un peu par effraction par rapport à la volonté de Jacques Chirac et qu'il s'impose à lui. De même pour Emmanuel Macron qui est dans la rupture par rapport à François Hollande, qui est l'héritier, mais l'héritier en fait qui a rompu et qui qui renouvellent le logiciel, et là, en la matière, c'est le cas également pour Gabriel Attal, un peu moins pour l'ALR, mais pour l'ensemble du socle commun et du Bloc central, assumer cette continuité avec Emmanuel Macron est impossible, et en même temps, c'est C'est nécessaire. C'est-à-dire que fondamentalement, c'est nécessaire pour deux points.
D'abord parce que cette continuité, elle existe. Elle existe dans les programmes, elle existe dans les individus, mais elle existe également dans l'électorat. Emmanuel Macron garde une base de soutien et donc ne pas parler d'Emmanuel Macron hier, c'est une façon à la fois de ne pas insulter ces électeurs qui continuent à tenir l'actuel président dans leur cœur et en même temps de ne pas marquer non plus une continuité.
C'est une sorte de moins mauvaise solution, mais qui n'est clairement pas bonne. Parce qu'effectivement, c'est quoi le socle électoral d'Emmanuel Macron ? Il est très impopulaire, mais il y a toujours 20... 25 % à peu près, on va dire, 25-26 % des Français qui lui restent fidèles.
C 'est pas C'est pas rien et c'est indispensable de les avoir. Et a fortiori dans ce duel qu'on redoute en tout cas très fortement dans cet électorat entre Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella. Donc il faut les avoir, et je regardais justement dans les intentions de vote, Edouard Philippe aujourd'hui arrive un peu plus à reconstituer le vote Macron 2022 que ne le fait par exemple Gabriel Attal.
Donc il faut lui parler à cet électorat, il faut le rassurer, il faut lui montrer que c'est une altération, une alternative crédible, mais s'il n'y a que ça, ça manque un peu quand même d'espoir, d'alternative et même son électorat était assez déçu quand même d'Emmanuel Macron. Il le soutient parce que voilà, face aux deux autres, il considère que c C'est la raison, c'est une forme de pragmatisme. Mais il n'y a plus autant d'ardeur, d'envie qu'avant.
Et c'est ça qui doit recréer et c'est un sacré challenge. On attend toujours le massif, on l'a dit. C'était sans doute trop tôt pour le dévoiler lors de ce meeting.
Mais Benjamin Morel, est-ce qu'il y a peut-être aussi une méthode différente sur laquelle Édouard Philippe pourrait s'appuyer ? Une autre façon de gouverner, une autre façon de présider ? Je ne sais pas.
Donnez plus la parole au peuple, des référendums, les partenaires sociaux. Est-ce que ça peut faire partie de sa promesse ? Alors, ça peut faire partie de la promesse, mais on est dans une période où l'horizontalité, je ne suis pas tout à fait sûr, que ce soit ce qui soit le plus entendable.
Vous avez aujourd'hui une polycrise et face à cette polycrise, l'idée c'est est-ce que l l'Etat peut à nouveau agir sur le réel. Le RN dit oui, la FI dit oui. Si vous dites on va consulter, etc., mais on ne sait pas trop ce qu'on va faire, ça ne va pas marcher.
En revanche, il y a un éthos qui est très différent. En gros, c'est pas scientifique ce que je vais vous dire, mais qu'est-ce que c'est que l'anti François Hollande ? C'est Emmanuel Macron en 2017, un jeune dynamique qui disrupte tout.
Qu'est-ce que l'anti Sarkozy ? C'est François Hollande, le président normal. C'est quoi l'anti Chirac ?
C'est également Nicolas Sarkozy. Il y a pour Édouard Philippe la la nécessité de se poser en personne d'expérience, ce que n'était pas Emmanuel Macron quand il est arrivé, et en une personne qui à la fois est droite dans ses bottes mais également rassurante. Le contraire du en même temps, même si on l'a dit d'un point de vue programmatique, ça peut y ressembler une personnalité d'une certaine façon que l'on sait fiable parce qu'on sait ce qu'elle pense et on sait où elle va.
Dernier point, il a quand même un gros capital qu'il n'a pas encore tout à fait lâché mais qu'il peut reprendre, c'est l'homme rassurant entre guillemets de la période de Covid. Là où Edouard Philippe bondit dans les sondages, c'est quand tous les soirs il vient nous faire le compte des morts et donc c'est au fond lui qui dit la vérité, qui existe sur ce logiciel-là, ça il peut éventuellement l'exploiter et là c'est très Jordan Bardella qu'une Marine Le Pen. Marine Le Pen a cette force entre guillemets que les français la connaissent, elle a une épaisseur politique, ils l'ont vu grandir, ils l'ont vu souffrir, elle a un côté rassurant aussi étrange que ça puisse paraître.
Là où Jordan Bardella c'est beaucoup plus une aventure, est-ce que vous allez donner la bombe nucléaire à un jeune de 30 ans. Edouard Philippe là-dessus peut probablement beaucoup plus s'inscrire en contraste, après il y a des dynamiques de campagne, on ne sait pas exactement comment tout ça tournera et de toute façon il n'aura pas le choix de son adversaire, ceux qui le choisiront c'est demain c'est les juges. Oui effectivement, Oror Malval, celui d'Edouard Philippe mais les autres à quel point ?
Alors demain édition spéciale évidemment l'entièreté de ce sens public sera consacrée à la fois à la décision de la Cour d'appel de et puis ensuite, et c'est un peu la question que je vais commencer à vous poser, on amorce comment les autres forces politiques vont se positionner. A quel point ? Là restons peut-être sur Edouard Philippe.
Il a anticipé les deux scénarios, sa sa stratégie pourra changer en fonction de la décision de la Cour d'appel demain ? Effectivement, je pense qu'il y a des avantages et des inconvénients aux deux candidatures RN. Vous l'avez dit, Jordan Bardella a cette image de trentenaire inexpérimenté, qui donne une image quand même beaucoup plus faible lors de débats que Marine Le Pen, même si elle en a raté par le passé, est aujourd'hui beaucoup plus rodée à l'exercice.
Et on voit une une épaisseur de femmes politiques que n'a pas du tout Jordane Bardella. En revanche, il y a la question du positionnement politique. Idéologiquement, qu'est-ce que serait un RN conduit par Jordane Bardella pour l'élection présidentielle ?
Quel est le logiciel programmatique ? Quelle place occuperont les alliés beaucoup plus libéral sur le plan économique de l'UDR d'Éric Ciotti dans une campagne Bardella alors qu'on sait déjà que dans une campagne Le Pen, ils seront plutôt quand même en force d'appoint ? Est-ce qu'ils seront partie prenante de la campagne de Jordan Bardella ?
Quelle coloration de droite vont-ils donner ? Parce qu'on sait que Jordan Bardella, il a un logiciel, alors évidemment identitaire, nationaliste, mais aussi très libérale en tout cas économiquement, beaucoup plus que Marine Le Pen. Alors il se défend d'inventer un bardélisme, mais enfin on ne peut pas s'empêcher de voir par ses différentes sorties, notamment sur la question de la retraite, mais pas pas seulement, sur les questions internationales aussi, le soutien à l'Ukraine, les questions aussi d'économie.
Retraite notamment. Tout à fait, je commençais par la retraite. Mais voilà, c'est des questions qui sont pas du tout légères et aujourd'hui on ne sait pas.
Et pour Edouard Philippe, en tout cas pour un candidat de droite, ça peut être quand même un petit peu plus difficile de devoir battre un autre adversaire qui se revendique en tout cas du même espace économique que le logiciel, je dirais, populiste au sens premier du terme de Marine Le Pen. Ni droite ni gauche. Oui, je rejoins vraiment parce que je ne suis pas sûre que Jordan Bardella soit un adversaire plus simple pour Édouard Philippe qui va incarner le nouveau monde, ce genre qui est jeune, auquel on n'a jamais confié les clés, véritablement au sens propre.
C'est-à-dire justement cette idée qu'Edouard Philippe aura quand même plus facilement la facilité d'incarner le monde ancien. des âges. Et puis il y a cette idée que Jordan Bardella est beaucoup plus, elle l'air compatible.
Le véritable logiciel sur lequel en tout cas l'électorat commence à se rapprocher de la tentation Bardella, c'est Giordia Meloni. Donc, bon, voilà. Moi, je me demande si ce n'est pas un peu dangereux.
Vous me demandez le problème, mais il reste 30 secondes. 30 secondes, non. Il y a une étude intéressante pour la Fondation Jean Jaurès qui est parue et qui est notamment assignée par Raphaël Urca, qui montre les faiblesses de la candidature Bardella.
Et là, il y a le fait que d'une certaine façon, pour une grande partie de son propre électorat, c'est une forme de macombis. Et que ça, ça pose question. Puis il y a l'idée d'une trahison de classe.
Et donc le gros risque pour un Jordan Bardella, c'est face à un Édouard Philippe d'apparaître au fond comme une forme également de continuité, paradoxalement, de continuité. Et de continuité qui est un peu dans la trahison avec un gros risque de participation différentielle. Donc à voir.
Mais c'est en effet deux candidatures qui ont chacune des avantages et des inconvénients de Vérennes. Réponse, demain après-midi, évidemment un sens public spécial on sera là à 18h pour vous faire vivre la décision du tribunal de Paris, de la cour d'appel du tribunal de Paris dans cette affaire des assistants parlementaires du Front National au Parlement européen. Merci encore votre livre, Benjamin Morel. « Crise politique, crise de régime », c'est aux éditions Odile Jacob, Aurore Malva, où on vous lit.
Dans l'hebdomadaire, Marianne, à très bientôt sur Public Sénat. Voilà, c'est demain 18h. Vous avez noté le rendez-vous, ça fait trois fois que vous le dites, donc je pense que maintenant, c'est bon.
D'ici là, nos débats sur publicsénat .fr, en podcast. Et puis notez que c'est Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'industrie qui sera l'invitée de notre matinale demain.
Salut ! Sous
Édouard Philippe