L'Événement du Dimanche LCI du dimanche 22 septembre 2024
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bienvenue dans l'événement du dimanche LCI, ravi de vous retrouver. Bonjour David Decan. Bonjour Marie. Et bonjour à vous Jean-Philippe Tanguy, merci d'avoir accepté notre invitation. Je le rappelle, député Rassemblement National de la Somme. On a beaucoup, beaucoup de questions à vous poser. Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour. Et bienvenue.
Alors, Xavier Bertrand, Bernard Cazeneuve, Thierry Baudet ont été écartés parce que Marine Le Pen avait dit à Emmanuel Macron, ils seront censurés immédiatement. Enfin, Xavier Bertrand n'a pas pu non plus entrer dans le gouvernement de Michel Barnier, Éric Dupond-Moretti non plus. Ce sont des lignes rouges que vous aviez, que votre parti avait posées. On voit que Bruno Retailleau est ministre de l'Intérieur. La loi immigration qu'il avait durcie, il l'avait tellement durcie qu'elle vous avait convenue et que vous l'aviez votée. Est-ce que ce gouvernement Barnier n'est pas tout simplement un gouvernement qui bénéficie du soutien sans participation du Rassemblement National ?
Non, moi je comprends votre question. Nous, pour le moment, nous avons réussi à éviter le pire. Le pire, c'était un gouvernement qui aurait faussement été issu des urnes selon l'extrême gauche, qui n'aurait pas eu de majorité, et qui le temps que nous le sortirions aurait pu prendre des décisions, ne serait-ce que par décret, très toxiques pour la France. Le deuxième pire, c'est évidemment des personnes qui n'avaient même pas le moindre respect pour les Françaises et les Français, et en particulier ceux qui votent pour le Rassemblement National. C'était le cas, par exemple, de M. Bertrand ou de M.
Dupond-Moretti, qui, il faut-il le rappeler, faisaient des doigts d'honneur à l'Assemblée Nationale, aux députés, pas du Rassemblement National, pour le coup, des Républicains. Donc, ce genre de personnalité, si vous voulez, qui ne respecte ni les électeurs ni la République, dehors. Donc, c'est toujours ça de pris. Par contre, je remarque... Soutien ou pas ? Non, mais ce ne sera jamais... Il n'a jamais été question d'un soutien du Rassemblement National. Il a été question, pour Marine Le Pen et Jordan Bardella, d'agir en responsabilité. Contrairement à la gauche, nous ne voulons pas refaire, réécrire, pardon, les élections.
Nous avons gagné largement le scrutin populaire, avec plus de 11 millions de Françaises et de Français qui ont voté pour les candidats de Jordan Bardella et de Marine Le Pen. Malheureusement, nous n'avons pas eu le nombre de sièges. Donc, vous avez deux attitudes possibles dans ce cas-là. Vous avez M. Mélenchon et ses amis qui veulent rejouer le match en permanence sans se soucier du quotidien des gens. Et vous avez le Rassemblement National qui dit « Essayons de limiter la casse et peut-être, par miracle, qu'il y aura quelques bonnes décisions qui viennent pour les Françaises et les Français. »
Essayons de limiter la casse, d'accord. Jordan Bardella disait hier sur son Twitter, notamment, que c'était un gouvernement sans avenir. Et puis, Marine Le Pen, il y a quelques jours, chez nos confrères du Parisien, disait « Le fait de ne pas avoir posé de censure préalable ne nous prive pas de voter une censure si nous considérons que le peuple français est bafoué dans ses intérêts supérieurs. » Qu'est-ce que c'est ? C'est quoi les intérêts supérieurs ?
Il y en a plusieurs. Le premier, le plus urgent aujourd'hui, c'est l'état des comptes publics. Alors, c'est passé inaperçu avec les péripéties de ce gouvernement, mais hier, les échos ont fait savoir que le déficit ne serait pas de 4% comme il était initialement prévu, pas de 4,8% comme il était prévu, pas encore de 5,5% comme c'était il y a deux semaines, mais de 6%.
On y reviendra longuement.
Oui, mais c'est important, parce que ça, c'est une ligne rouge cardinale aujourd'hui. C'est la dérive totale des comptes publics. Pour ceux qui nous écoutent, passer de 5,5% à 6% de déficit par rapport au PIB, c'est plus de 15 milliards d'euros. C'est considérable. C'est plus de 2 000 euros par français.
On sera heureux d'entendre une proposition précise sur la réduction des dépenses. D'ailleurs, c'est votre spécialité au Rassemblement National. Nous prendrons le temps de développer tout cela.
Ce n'est pas seulement une actualité, c'est une ligne rouge de notre programme. C'est évidemment l'immigration. Vous avez parlé de la loi de M. Retailleau. Faut-il rappeler que la loi avait été censurée par le Conseil constitutionnel ? Alors, pas sur le fond, sur la forme des cavaliers législatifs, mais on sentait bien que le Conseil constitutionnel voulait intervenir aussi sur le fond, s'il avait dû le faire. On va voir. Mais la seule façon de passer au-dessus du Conseil constitutionnel, c'est de revenir au peuple. C'est de lancer un référendum sur l'immigration qui permette au peuple français de reprendre le contrôle de ses frontières.
Et la troisième ligne rouge qui, pour le moment, a été malheureusement... Vraiment, on a frôlé le dérapage. Et on va voir ce qu'il en est dans la déclaration de politique générale de M. Barnier. C'est la politique européenne.
La politique européenne.
C'est la politique européenne. Il n'y a pas une seule élection législative. Il y a eu avant une élection européenne. Jordan Bardella a fait le double de voix de la liste de Mme Maillère qui représentait M. Macron. Et ce n'est pas une question de castine. C'est qu'est-ce qu'il y avait derrière comme ligne politique. Et ce qui m'inquiétait, et ce qui m'inquiétait toujours dans la nomination de M. Barnier, il y a deux semaines, ou dans la nomination de certaines personnalités, comme M. Haddad pour les questions européennes, pour M. Barrault sur la politique étrangère, M. Durovray pour ce qui est des transports, compte tenu du fait qu'il ait eu pour seul le mérite de battre M.
Dupont-Aignan aux dernières élections en faisant élire un insoumis à sa place, c'est que visiblement, on est dans le pire de l'européisme. Et pas seulement même de l'européisme, dernière version, Mme Vandalarienne, même avec M. Barnier, des erreurs de l'Union Européenne d'il y a 20 ans. Ces erreurs qu'on voit avec le rapport de Railly ou le rapport de l'État, qui remettent en cause.
Mais donc ça, c'est toute une partie du casting qui ne vous convient pas.
Mais ce n'est pas une question de personne. Ces personnes m'inquiètent. Quand même, vous entendez. C'est-à-dire que c'est un signal. Moi, je ne suis pas naïf. Je vois par la nomination de personnes un très mauvais signal. Maintenant, ce ne seraient pas les premiers à se renier dans le personnel politique français. Donc, qu'est-ce qu'ils vont annoncer sur le fond ? Donc, on attend vraiment maintenant avec impatience le discours de politique générale de M. Barnier. Premier octobre. Exactement. Qu'est-ce qu'il va annoncer à la représentation nationale et aux Françaises et aux Français et qu'est-ce qu'il trace comme parcours ?
Parce que, pour le moment, depuis deux semaines, il est quand même très fuyant. On entend beaucoup de généralité, enfonçage de portes ouvertes, sans doute très sympathique. D'ailleurs, sur votre antenne sur TF1, j'ai bien écouté attentivement.
Sans doute très sympathique. Vous n'avez pas eu des mots très aimables à son encontre.
Oui, mais moi, je me suis excusé. Peut-être que M. Barnier s'excusera pour toutes les erreurs qu'il a commises envers le peuple français depuis 20 ans. Je vous en donnais une. J'ai reçu ma permanence vendredi à Corby, un entrepreneur du transport de marchandises qui avait 40 ans de carrière et qui me racontait à quel point le transport de poids lourd en France s'est effondré à cause des décisions, soutenues par M.
Barnier, sur l'ouverture à l'Est avec la concurrence éloyale des pays comme la Pologne mais aussi l'entrée des conducteurs ukrainiens qui ont privé d'emploi des dizaines de milliers de conducteurs de poids lourd en France les privant par ailleurs des meilleurs salaires puisque vous savez que le transport entre les pays européens était mieux payé que le transport au sein de la France après la directive cabotage qui fait une concurrence déloyale sur nos transporteurs routiers.
Bon, on en parle moins à la télévision parce que c'est un dossier qui a 15-20 ans mais sur le territoire on en sent tous les jours les conséquences parce que vous avez sur nos routes françaises une concurrence déloyale pour les entreprises nationales et je pourrais vous citer d'autres exemples l'agriculture, la pêche l'industrie en général tous ces secteurs que M. Barnier en tant que commissaire européen en tant que ministre français a durement affaibli donc moi vous savez je me suis excusé et je n'ai pas cherché à me défausser de ma responsabilité j'avais prononcé des propos qu'il ne fallait pas prononcer Vous avez traité
aux téléspectateurs qui n'ont peut-être pas le contexte Michel Barnier de fossiles pour être clair et direct
Je me suis excusé je pense que c'est relativement rare en politique j'aimerais que M. Barnier dans son discours de politique générale ne peut pas s'excuser mais en tout cas acte du fait que la politique qu'il a menée pendant 40 ans était très toxique pour les françaises et les français en particulier les plus fragiles sur le territoire
il y a peu de chance puisqu'au fond c'est peut-être l'un des points communs principaux qu'il a avec Emmanuel Macron c'est-à-dire l'idée de au contraire développer encore l'intégration européenne c'est une lourde erreur le discours de politique générale c'est le 1er octobre mais avant cela ne voyez-vous pas malgré tout comme un signal positif à vos yeux la nomination de Bruno Retailleau au ministère de l'immigration non mais vous savez
les personnes nous étions déjà garants du vote des 11 millions d'électeurs qui faisaient confiance au Rassemblement National du fait de l'entrée de M. Retailleau au gouvernement bon M. Wauquiez n'est pas rentré parce qu'il n'a pas eu le ministère qu'il voulait il n'est pas rentré parce qu'il ne voulait pas travailler avec Emmanuel Macron et la République la République en marche on dit qu'il voulait le ministère de l'intérieur
ou rien d'autre
voilà ce qui s'écrit donc ce n'est pas un refus de travailler avec la Macronie contrairement à ce qu'il a fait croire nous sommes aussi donc de fait garants du vote des électeurs de droite des Républicains avec nos alliés d'Éric Ciotti qui avait cru aux promesses de Laurent Wauquiez encore faites il y a quelques semaines disant que jamais il ne travaillerait avec Emmanuel Macron que jamais les Républicains et la droite républicaine si c'est le bon terme se dissolverait dans le macronisme il n'est pas solut il n'est pas solut il n'est pas solut puisque si mes comptes sont bons il y a entre 3 et 5 LR dans ce gouvernement pour une large majorité de 3 dans l'exercice voilà exactement donc on voit bien qu'ils ont été complètement dissous de fait c'était déjà le cas avant puisqu'ils ont refusé de censurer le gouvernement à de nombreuses reprises ils sont dissous dans le macronisme donc Éric Ciotti notre allié Éric Ciotti et les députés qui ont eu le courage de le soutenir avec Jordan Bardella au dernier législatif sont garants de fait du vote de cette droite qui ne voulait pas travailler avec Emmanuel Macron
je note une contradiction vous êtes d'habitude coutumier du fait de dire on attend de voir avant de juger là vous semblez partir du principe que Bruno Retailleau sera dissous dans le macronisme Bruno Retailleau a porté des convictions très fortes en matière de sécurité d'immigration la loi immigration que vous avez votée avant qu'elle fût censurée elle a été en grande partie en réalité écrite par les sénateurs LR dirigés par Bruno Retailleau à l'époque je vous pose une question vraiment très simple souhaitez-vous que Bruno Retailleau puisse agir dans le sens de ses convictions que ce soit sur le sujet de la sécurité comme sur celui
de l'immigration ah mais bien sûr vous savez si M. Retailleau arrive à faire passer des mesures que le Rassemblement National a toujours soutenues mesures certes que M. Retailleau a défendues au Sénat mais qui viennent on le reconnaîtra du programme historique du Rassemblement National et bien tant mieux pour la France tant mieux pour notre pays d'ailleurs on a soutenu vous l'avez dit cette loi à l'Assemblée Nationale je me souviens à l'époque M.
Zemmour par exemple nous avait sévèrement critiqué en disant c'est pas bien soit c'est tout soit c'est rien non le Rassemblement National a toujours estimé qu'une bonne mesure même si elle était insuffisante si elle n'était pas parfaite devait être soutenue pour l'intérêt général mais permettez-moi quand même d'avoir un peu de mémoire et un peu de souvenir des parcours des uns et des autres M.
Retailleau a commencé avec Philippe de Villiers donc il commence avec le souverainisme le plus à droite de l'échiquier politique français très conservateur aussi sur les questions de société et il finit dans un gouvernement vous l'avez dit on l'a dit tout à l'heure avec les plus européistes les plus fédéralistes du paysage politique français l'UDI et les macronistes donc je suis quand même très inquiet d'un tel parcours surtout que les questions d'immigration dépendent en grande partie de la construction européenne
parce que pour vous il ne pourra pas du tout mettre en oeuvre ce qu'il a proposé en tant que sénateur LR c'est possible
si le gouvernement il a cette opportunité demande au parlement de provoquer par leur vote un référendum tout ça est possible mais permettez-moi d'être très critique et en tout cas nous exercerons une pression maximum pour que ces promesses soient tenues prenez l'AME
attendez Jean-Philippe parce que nous allons aborder tous ces sujets dans le bon ordre remémorons-nous une phrase j'aimerais qu'on puisse se la remémorer parce que tout le monde ne l'a pas en tête nous étions en juillet 2023 et les émeutes urbaines faisaient rage dans le pays suite à la mort de Naël vous vous souvenez de cet épisode et Bruno Retailleau avait tracé un lien normalement on devrait pouvoir relire la phrase avec les origines ethniques nous ne l'avons pas mais c'est pas grave vous la connaissez mais je la rappelle à nos téléspectateurs il avait tracé un lien entre les émeutes urbaines l'immigration et une sorte je le cite donc de régression vers les origines ethniques de la part des deuxième et troisième génération c'est une phrase dont on considérerait aujourd'hui que les responsables du rassemblement national ne la valideraient pas
quelqu'un qui prononcerait cette phrase en tant que député rassemblement national serait exclu du rassemblement national
c'est pourtant une phrase prononcée par Bruno Retailleau en juillet 2023
oui en tout cas il passera en commission des conflits je pense que compte tenu par exemple de ce qui s'est passé avec monsieur Grenon qui pendant la campagne a franchi une ligne rouge sur l'origine ethnique du personnalité politique qui a été exclu du groupe rassemblement national dès la constitution de notre groupe donc on a assumé
on a assumé
nos responsabilités et les valeurs que Jordan Bardella et Marine Le Pen défendent cette phrase de Bruno Retailleau c'est cette droite si vous voulez qui faute d'avoir respecté ses électeurs et d'avoir défendu la république et l'intérêt de la France fait toujours de la surenchère en campagne électorale et sur les plateaux mais qui une fois qu'elle est au pouvoir ne fait même pas le dixième de ce qu'elle a promis donc voilà cette phrase si vous voulez apporte de l'eau au moulin de ce que je crains M.
Retailleau c'est parler très fort voire beaucoup trop fort quand il est dans l'opposition et pour avoir un Marocain une voiture de fonction à un cabinet accepter des compromis qui sont très mauvais augures je reviens sur l'aide médicale d'Etat l'aide médicale d'Etat c'est ce dispositif qui permet de soigner les personnes en situation irrégulière les clandestins non seulement les soins d'urgence c'est normal mais aussi un certain nombre de soins que les français les nationaux ne peuvent pas se payer donc au rassemblement national on considère qu'il n'est pas normal d'offrir des soins que les français n'ont pas le privilège d'avoir soigner les personnes en situation d'urgence évidemment soigner les épidémies évidemment prendre en charge une femme enceinte et son enfant évidemment une aide médicale d'urgence
c'est d'ailleurs le compromis qui avait été signé par Elisabeth Borne je le rappelle mais Elisabeth Borne était ensuite partie absolument et donc nous sommes je le précise pour que chacun ait bien le contexte au moment où nous nous parlons ce sujet de la réforme de l'AME est à l'arrêt
en quelque sorte totalement à l'arrêt et M. Attal a fait savoir qu'il ne voulait pas en entendre parler donc que ce ne serait pas une réforme de ce gouvernement il a tracé sa propre ligne il n'est plus il a tracé sa propre ligne j'ai cru comprendre qu'il avait eu un rôle très important dans les négociations et qu'en fait derrière M. Barnier il y avait un accord entre M. Wauquiez et M. Attal d'ailleurs ils nous ont fait le coup à l'Assemblée Nationale puisque c'est un accord complètement antidémocratique entre M. Attal et M.
Wauquiez ils se sont partagés tous les postes et tous les honneurs de l'Assemblée Nationale contre la vraie représentation des électeurs par exemple le Rassemblement National n'a aujourd'hui aucun poste de responsabilité comme vice-président à l'Assemblée Nationale alors que nous avons avec nos alliés plus de 140 députés donc on voit bien que M. Wauquiez en faisant cet accord avec M. Attal il a visiblement accepté qu'il n'y aurait pas de réforme de l'AME alors c'est M.
Barnier qui va décider dans son discours de politique générale si cette ligne si ce dossier est enfin traité ou s'il est encore envoyé à la Saint-Glinglin mais en termes de montant c'est 1,5 milliard selon la façon dont on compte mais c'est très symbolique parce que ça veut dire est-ce qu'on défend enfin les droits des Français mais aussi l'état de droit c'est-à-dire que les personnes qui enfreignent la loi les clandestins n'ont pas à avoir plus d'avantages sur le système de soins que des personnes qui respectent la loi mais donc vous reconnaissez
que ce n'est une mesure que symbolique parce qu'en termes de renflement de caisse de l'état ça ne règle aucun problème malgré tout
c'est toujours ça de pris mais oui ça ne règle pas un problème de faux on n'a jamais dit l'inverse mais vous savez le symbole c'est important quand vous défendez des principes le fait qu'un immigré en situation légale qui fait l'effort de demander l'autorisation de rester en France qui travaille dans notre pays qui respecte les lois de la république et moins de droits qu'un étranger en situation clandestine et bien ça participe au désordre juridique au désordre de cette république qui ne sait pas mettre les choses d'aplomb il n'est pas normal qu'une personne qui enfreigne nos lois ait plus de droits qu'une personne qui les respecte ce principe simple devrait réunir tout le monde je constate que ça ne réunit aujourd'hui que le rassemblement national et nos alliés d'Éric Ciotti
Jean-Philippe Tanguy on s'arrête sur cette composition de gouvernement durant ces semaines dans l'attente de cette annonce s'est murmuré le fait qu'un ministère de l'immigration voit le jour force est de constater que ce n'est pas le cas quelle conclusion en tirez-vous ? Pourquoi M. Barnier n'est pas allé au bout alors que visiblement il avait dit à certains de ses interlocuteurs que c'était son choix et sa direction ?
Oui mais de toute façon Jordan Bardella avait dit clairement qu'on n'aurait pas été dupe de cette appellation le ministère en charge de l'immigration c'est le ministère de l'intérieur il a l'administration pour il a l'autorité sur les forces intérieures légitimes pour assurer ce contrôle il n'y a pas à créer un machin comme l'avait fait M.
Sarkozy vous savez il faut aussi donner les clés de lecture aux téléspectateurs créer un ministère ça veut dire que vous détachez des administrations vous avez une réorganisation administrative à faire donc le temps déjà que vous organisez cette administration c'est autant de temps perdu pour faire de la communication donc ça ne sert à rien il y a toutes les compétences nécessaires au ministère de l'intérieur pour appliquer la loi et pour appliquer je l'espère de futures lois qui correspondent à la volonté des français pour reprendre le contrôle sur l'immigration on voit que dans d'autres pays européens par exemple l'Allemagne ce qui semblait soit disant impossible aux élections législatives contrôler les frontières au sein de l'Union Européenne est possible pour le plus grand pays l'Allemagne mais aussi pour d'autres pays qui annoncent des grandes réformes comme les Pays-Bas sur les frontières allemandes vous savez très bien
c'est un dispositif qui existe dans Schengen la France l'avait déclenché mais c'est ce que nous avons dit aux élections la France l'avait déclenché en 2015 mais c'est ce qu'on disait aux élections on disait que c'était faux c'est la preuve que c'est possible on le savait et d'ailleurs la France l'a fait
écoutez j'ai fait beaucoup de débats sur votre antenne combien de fois j'ai eu l'argument mais c'est impossible si vous reprenez le contrôle des frontières vous allez sortir de l'Europe
cette réintroduction de contrôle aux frontières en 2015 après la vague d'attentats terrible que nous avions subi le gouvernement de François Hollande Manuel Valls à Matignon et Bernard Cazeneuve à l'intérieur avaient restauré le contrôle aux frontières c'est temporaire et c'est logique quand on a une inquiétude de sécurité maximale ce qui n'est pas le cas pour l'Allemagne si l'Allemagne a eu un attentat
c'était pas le même
deux attentats même
c'est un attentat absolument tragique mais ce n'est pas la même ampleur et la même organisation que les attentats que nous avons connus en 2015
un rétablissement temporaire aussi pour six mois
c'est temporaire enfin le dispositif exige je voulais juste apporter cette précision vous avez raison mais nos élections on nous dit toujours que c'est impossible qu'on ne peut pas le faire je pourrais vous citer beaucoup d'exemples mais le temps nous donne toujours raison ça c'est vrai Jean-Philippe Tanguy
juste deux mots encore sur le gouvernement et ensuite j'aimerais qu'on vraiment avec Marie nous aimerions nous entrions dans le dur du sujet qui est celui du budget parce que ça va être vraiment ce qui va occuper la vie politique et au fond la vie de la France dans les prochaines semaines encore deux mots sur le gouvernement d'abord sur la composition globale sur la composition générale je vais prendre juste les ministres de plein exercice c'est 10 macronistes et 3 LR ça c'est plein exercice et sur l'ensemble on a 12 macronistes et 10 LR d'abord votre appréciation générale de cet équilibre premièrement et deuxièmement est-ce que vous en tirez aussi un enseignement sur la relation Macron-Barnier telle qu'on peut l'anticiper dans les prochaines semaines
mais pour moi monsieur Barnier par son idéologie c'est un macroniste finalement donc je ne suis pas du tout surpris par cette dissolution de ce qui restait des républicains j'ai envie de dire canal hypocrite c'est-à-dire ceux qui refusaient de soutenir Marine Le Pen face à Emmanuel Macron ou les candidats soutenant Jordan Bardella contre même des communistes puisque je rappelle que quand même les amis de monsieur Wauquiez en étaient là dire accepter les voix de l'extrême gauche pour sauver leur siège ou voire soutenir des candidats d'extrême gauche pour ne pas se vexer avec un certain établissement parisien bon donc on en était là donc moi ça ne me surprend pas c'est quoi le parcours de monsieur Barnier ?
vous savez je suis un souverainiste c'est un gaulliste d'origine bon nous à Debout la France avec monsieur Dupont-Aignan on commence à se fâcher avec monsieur Barnier à cause du traité d'Amsterdam qui affaiblit le contrôle des états sur les frontières donc ça commençait mal pour monsieur Barnier monsieur Dupont-Aignan à l'époque avec beaucoup de courage il faut le dire quitte le RPR sur ses décisions de monsieur Barnier après c'est un des seuls députés du RPR à l'époque on est loin en 1992 qui vote pour le traité de Maastricht
mais donc pour vous c'est la continuité en fait de ce gouvernement
vous nous dites c'est la continuité macroniste absolument c'est ça votre lecture pour le moment d'ailleurs c'est le sens du tweet de Jordan Bardella et de Marine Le Pen c'est que les gens ont voté pour le changement et ils se retrouvent avec un gouvernement dont le casting traduit une parfaite continuité non seulement avec le macronisme mais avec cette espèce de grand parti unique suite à un temps où Marine Le Pen parlait du MPS l'union de l'UMP et du PS qui pensent pareil et font semblant de s'opposer qui malheureusement gère les affaires nationales et européennes depuis les années 90
donc on va voir Est-ce que ça dit quelque chose de la relation à venir entre le président et le premier ministre justement domaine réservé domaine partagé il a dit le président à plusieurs reprises qu'il laissait les mains libres au premier ministre est-ce que vous le croyez ?
Non je pense que monsieur moi je crois qu'on ne change pas vous savez dans la vie surtout à nos âges avancés je crois que on ne change pas de caractère donc je ne vois pas du tout monsieur Macron devenir un sage qui se contenterait d'inaugurer les chrysanthèmes depuis l'Elysée je n'y crois pas une seule seconde je ne pense pas en tout cas je le souhaite pour lui que monsieur Barnier le croit mais vous savez moi je fais aussi attention au travail des journalistes parce que les journalistes sont un travail de fond il y a des enquêtes qui sont faites et donc on apprend les jours passent et on apprend qu'en fait la nomination de monsieur Barnier était déjà envisagée dès le lendemain de la dissolution voire son arrivée dans les affaires peut-être même avant la dissolution c'est-à-dire par rapport aux résultats des élections européennes qui étaient avancées et que monsieur Collaire donc l'âme d'année de monsieur Macron secrétaire général à l'Elysée envisageait l'arrivée de monsieur Barnier très tôt et que donc ce théâtre espèce de vaudeville claquement de porte gauche cocu qui fait semblant de ne pas savoir qu'elle est cocu bon bah tout ça c'était du cinéma et c'est triste pour les électeurs de gauche qui leur en fait confiance moi j'en connais dans ma circonscription des gens qui travaillent dur et qui ont cru qu'ils allaient avoir le SMIC à 1600 euros moi je ne juge pas du tout ces personnes c'est normal d'avoir de l'espoir et de croire malheureusement dans certaines illusions que peut porter la gauche mais ces gens aujourd'hui sont très déçus et ils sont très en colère et je le comprends donc si vraiment on a perdu trois mois sur des mensonges du cinéma c'est très grave parce que pendant ce temps on va en reparler le budget en fait il a avancé la crise de l'hôpital public il a continué on a fait rentrer nos enfants dans une école qui n'avait pas de direction donc au delà du casting et des personnalités sincèrement je ne crois pas que ça intéresse grand monde et je ne dis pas ça contre les personnes ce serait un gouvernement rassemblement national il ne faut pas croire que les françaises et les français sont rivés à leur écran et s'intéressent à nos vies c'est nous qui devons nous intéresser à la vie des français mais même quand vous en avez vous savez il y a cinq personnes
que ce soit au gouvernement ou chez vous d'ailleurs
vous savez je me souviens d'une phrase de Bertrand Delanoé qui m'a beaucoup marqué quand j'étais jeune on est peu de choses donc ce serait bien que tout le monde se rende compte qu'il compte peu dans le destin des français et que par contre le destin des français il compte beaucoup un mot de l'éducation
ministère de l'éducation avant que nous marquions une très courte pause pour ensuite entrer dans le dur du budget on a envie de savoir ce que le rassemblement national propose en matière d'économie vous nous direz c'est votre spécialité mais d'abord un mot de la nomination de Anne Gente d'abord est-ce que vous la connaissiez oui j'ai travaillé avec elle
sur la commission d'enquête sur les ingérences étrangères parce qu'elle est à la commission de la défense pas forcément
une grande spécialiste de l'éducation nationale on nous dit
on lit vous parliez des enquêtes journalistiques on lit que ça a été la conséquence d'une intervention de Gabriel Attal qui voulait placer une proche au ministère de l'éducation nationale
quel est votre sentiment là-dessus ? écoutez oui d'Anne Gente réputée proche de Gabriel Attal mais ce qui m'étonne surtout bon c'est une élue qui travaille c'est quelqu'un de sérieux donc je ne vais pas critiquer pour critiquer mais au-delà du fait qu'elle connaisse mal à mon avis ce secteur c'est aussi une députée qui a vécu beaucoup à l'étranger alors ça peut être intéressant
à Singapour
vous faites le lien bon Singapour est un modèle d'éducation dans beaucoup de domaines mais elle ne connaît pas le système français et ce n'est pas une critique gratuite que je lui fais elle n'a pas cette connaissance de l'école française du territoire depuis des années donc bon je ne fais pas de procès d'intention pas de casting
dites-vous mais malgré tout une interrogation quant à ses compétences sur le sujet
vous savez j'essaie d'avoir des jugements sur le fond même quand parfois ma parole peut dépasser ma pensée c'est quand même lié à une analyse sur le parcours des gens bon moi je n'ai pas de critique à faire sur dame Genté à part qu'elle est bon elle est assez dure avec nous publiquement ça c'est pas grave mais bon écoutez on verra moi ce qui compte j'aimerais 4 professeurs lui tomber dessus dès ce matin à bras raccourcis peut-être que vous venez à sa rescousse non mais c'est pas une question de venir à la rescousse mais je ne sais pas ce qu'elle va proposer pour l'école moi j'aimerais surtout parce que ça fait quand même deux ans que ça dure pardon un an est-ce que oui ou non il y a un choc des savoirs est-ce que oui ou non on va faire des groupes de niveau parce que non mais ça fait quand même un an qu'on trimballe nos enfants l'uniforme oui mais l'uniforme aussi mais les groupes de niveau c'est intéressant parce que c'est une mesure qui vient du programme de Marine Le Pen de son programme de 2022 ça fait un an qu'on balade les enfants et les professeurs sur une question d'appellation avec d'un côté madame Belloubet qui utilise une formule de l'autre monsieur Attal qui en utilisait une autre alors on ne sait plus qui est quoi puisqu'en plus elle fait des lapsus quand elle présente le programme et surtout derrière on ne sait pas à quoi ça correspond donc le problème c'est pas de savoir si madame Genté est compétente ou pas de manière gratuite elle va faire une analyse sur son CV on verra c'est est-ce qu'il y a enfin une volonté politique de rétablir l'école publique de la république moi je suis un enfant de l'école de la république j'ai fait toute ma scolarité dans l'école publique de A à Z je dois tout à l'école de la république et quand je regarde ce qu'elle est aujourd'hui je ne sais pas si aujourd'hui j'aurai le privilège et la chance de pouvoir avoir le parcours scolaire que j'ai eu grâce à l'école publique tellement elle est abîmée donc quand je pense à la jeune génération je me dis moi j'ai eu la chance de pouvoir faire les études dont je rêvais est-ce que si j'étais aujourd'hui j'avais 6 ans et que je rentre au CP est-ce que je pourrais encore avoir ce parcours si on est honnête je ne peux pas dire que c'est possible pour un jeune de la classe moyenne
Jean-Philippe Tanguy on reste ensemble on se retrouve juste après la pause et on abordera ensemble longuement effectivement cette question du budget des impôts doivent-ils augmenter avec à sa tête de jeunes inconnus on en parle ensemble restez avec nous sur LCI à tout de suite
Retour sur le plateau de l'événement du dimanche avec Jean-Philippe Tanguy député Rassemblement National et en charge des questions économiques Marine Le Pen vous a demandé de travailler sur les propositions le programme du RN en matière économique en matière budgétaire parce que c'est la grande bataille qui va commencer dès le 1er octobre au fond une fois la déclaration de politique générale prononcée le budget le budget pour 2025 juste je précise la situation est catastrophique le déficit sera bien plus grave que prévu selon nos confrères des échos ce ne sera pas ni 5,1 ni 5,6% mais 6% de déficit en 2024 il n'y a pas 36 solutions soit on augmente les recettes soit on baisse les dépenses on va voir avec vous exactement ce qu'il en est mais d'abord il y a deux nouveaux ministres il y a deux nouveaux ministres il y a un ministre de l'économie un ministre des finances ministre des finances qui est d'ailleurs sous l'autorité de Michel Barnier ce sont des jeunes Antoine Armand à l'économie 33 ans Laurent Saint-Martin 39 ans pour les finances et Antoine Armand a déjà donné une interview oui je l'ai lu confrère du JDD je vais vous lire une phrase sur laquelle j'aimerais avoir votre réaction Jean-Philippe Tanguy il dit au JDD Antoine Armand donc nouveau ministre de l'économie dans le contexte budgétaire dans le contexte budgétaire exclure d'office certains prélèvements exceptionnels et ciblés ne serait pas responsable et moi j'ai entendu votre collègue Sébastien Chenu dire s'il y a des augmentations d'impôts en censure de manière un peu caricaturale quelle est la position précise du RN mais justement
c'est une position précise alors allez-y Sébastien si je peux pas même vous tronquer la moitié de la réflexion de Sébastien Chenu oui on peut toujours par définition la moitié d'une phrase est prononcée mais il faut dire l'ensemble du raisonnement alors allez-y l'ensemble du raisonnement qui est d'ailleurs dans le programme de Marine Le Pen pas depuis une semaine mais en 2022 c'est nous on veut un rééquilibrage fiscal c'est-à-dire de la justice fiscale et donc de la justice fiscale la pression fiscale en particulier les impôts indirects impôts à la consommation impôts sur l'énergie sont concentrés sur les classes moyennes et les classes populaires c'est un peu technique mais on appelle ça l'effort fiscal c'est-à-dire que ce sont des dépenses qui du fait du budget des classes moyennes et populaires pèsent plus lourd la fiscalité la TVA pèse plus lourd dans le budget des classes moyennes et des classes populaires que des ménages les plus aisés tout le monde pourra bien le comprendre donc faire peser les impôts sur les impôts l'effort fiscal pardon sur ces impôts indirects est particulièrement injuste donc nous ce qu'on proposait c'est baisser par exemple la TVA sur les énergies de 20 à 5,5 rendre du pouvoir d'achat et de la justice fiscale aux classes populaires et aux classes moyennes c'est 15 milliards d'euros
17 milliards d'euros selon le ministère de l'économie
il y a un retour TVA donc ça fait 15 c'est-à-dire qu'ils vont consommer davantage et donc vous aurez un retour TVA et donc à la fin ça fait ça bref vu qu'on cherche 30 milliards d'économies si on commence par perdre 15 milliards d'euros non mais je vais essayer de vous expliquer pourquoi il faut qu'on comprenne le raisonnement et donc là effectivement il faut rééquilibrer l'effort par des impôts sur les surprofits pour les entreprises qui ont profité de la crise pas celles qu'on réussit quand on réussit c'est normal de faire des gros profits pour celles qui ont profité des situations exceptionnelles ah bah si si c'est plutôt les gros volumes d'ailleurs parce que malheureusement il y a beaucoup plus d'entreprises depuis les 3 dernières années qui ont profité de la crise de l'hyperinflation ou encore pire de la guerre des conditions dramatiques de la guerre en Ukraine que des entreprises qui ont superformé sur le fond la taxe sur les rachats d'actions c'est pas le modem qui l'a inventé c'est Marine Le Pen qui l'a inventé dans son programme de 2022 rachat d'actions spéculatifs donc oui on peut rééquilibrer l'effort
il faut que vous puissiez pouvoir poursuivre ce qu'il faut qu'on comprenne mais juste je vous arrête deux secondes sur mettre sur un plan d'égalité la baisse de la TVA sur les produits énergétiques entre 15 et 17 milliards bon ok de pertes de manques à gagner et une taxe sur les super profits dont il y a eu une tentative après la crise énergétique ça a quasiment rien rapporté
la taxe sur la rente en frappe marginale oui mais c'est parce que c'est une taxe déjà elle est très mal conçue et pour retrouver des interventions en commission des finances vous avez dit que cette taxe était mal conçue moi je pense qu'elle a été mal conçue à Escien c'est qu'ils ont fait exprès de mal concevoir cette taxe parce qu'en fait ils ne voulaient pas taxer la rente en frappe marginale et ça concerne presque que le secteur de l'électricité ça exclut largement pour des questions techniques qui seraient trop longues à exposer le secteur pétrolier le secteur gazier une certain l'industrie agroalimentaire qui s'est quand même goiffrée sur le dos des agriculteurs et des consommateurs depuis trois ans bref c'était pas du tout une taxe qui avait été bien conçue d'ailleurs même Bercy maintenant reconnaît
conception entre guillemets de la taxe sur les profits indus en fait c'est un peu comme ça que vous pourriez l'appeler les sur-profits les sur-profits des profits qui ne découlent pas du mérite entre guillemets et du travail c'est votre conception absolument vous vous dites c'est pareil ça rapporte 15-17 milliards
ça rapporte à peu près la moitié et après la taxe sur les rachats d'actions que vous avez parlé ensuite taxe sur les rachats d'actions alors on n'a pas encore les chiffres de cette année mais sur les deux années précédentes rapportant entre 7 et 8 milliards d'euros dans la conception que l'on proposait et donc on pouvait arriver à cela vous avez aussi la lutte contre un certain nombre de niches fiscales Jordan Bardella avait proposé de lutter contre la niche sur les armateurs qui nous paraît complètement décalé par rapport aux réalités économiques aujourd'hui et un certain nombre d'économies qu'il faut faire mais vous ne faites pas d'économie non mais l'idée aussi de ce rééquilibrage fiscal puis après on viendra aux économies je ne vais pas du tout éluder votre question aujourd'hui excusez-moi c'est un peu technique aussi mais on a ce qu'on appelle un taux d'épargne qui est trop élevé ça veut dire quoi ?
c'est-à-dire par rapport à la réalité des revenus notamment des classes moyennes c'est pour ça que c'est important de préserver les classes moyennes de toute évidence les classes moyennes anticipent des hausses d'impôts et comme elles anticipent des hausses d'impôts parce qu'elles ont compris que la situation économique et budgétaire était mauvaise elles mettent de côté de l'argent qu'elles pourraient consommer si elles avaient plus confiance dans le gouvernement donc pourquoi soulager la pression fiscale sur les classes moyennes c'est une façon aussi de remettre de l'argent dans la consommation dans l'investissement par exemple dans l'immobilier pour que les classes moyennes n'aient pas peur d'être tondues or elles savent bien d'expérience depuis François Hollande que quand on parle d'augmentation d'impôts ciblés ça finit toujours sur leur dos donc elles parlent d'expérience deuxième phénomène c'est aussi les entreprises qui sous-investissent parce qu'elles ont peur de la sauce à laquelle elles vont être mangées par le gouvernement ce que je veux dire par là c'est qu'on va parler des économies mais il y a aussi une question de confiance et de défiance qui s'installe depuis quelques années puisque les classes moyennes et les entreprises qui suivent l'actualité économique voient bien que les gouvernements macronistes n'ont plus aucune crédibilité budgétaire et qu'il va bien falloir payer la facture mais s'ils y ont tout de même
les classes moyennes ont bénéficié de baisses d'impôts sous les gouvernements d'Emmanuel Macron non mais ça c'est une invention des macronistes non mais si on peut parler de la taxe d'habitation
mais elle a été récupérée largement par la taxe foncière vous avez en France la taxe foncière décidée par les maires non non ça c'est pas alors excusez-moi on va sur ce chemin là moi je vais y aller non non mais taxe d'habitation
et pardon les impôts sur les entreprises
ont baissé aussi sous les gouvernements d'Emmanuel Macron alors allez-y sauf les grandes mais on va voir la taxe d'habitation l'essentiel des classes moyennes en France plus des deux tiers sont propriétaires donc quand vous supprimez la taxe d'habitation mais que vous savez très bien qu'il va y avoir un retour sur la taxe foncière c'est de l'hypocrisie par ailleurs la taxe foncière a essentiellement progressé parce que les bases d'imposition sur lesquelles elles sont constituées sont automatiquement basées sur l'inflation et que malgré des amendements du rassemblement national a refusé de changer cette disposition ce qui fait que les impôts ont automatiquement augmenté
dans des proportions bien différentes selon certaines municipalités malgré tout absolument
il y a aussi des hausses comme la maire de Paris qui par ailleurs augmente la taxe foncière et dernier élément il y a une étude très intéressante qui montre que le marché a en fait anticipé la suppression de la taxe d'habitation et a en fait absorbé l'essentiel de la baisse de la taxe d'habitation sur les prix de l'immobilier donc c'était une très mauvaise mesure d'Emmanuel Macron c'est toujours difficile en politique de dire qu'une suppression d'impôts est une mauvaise mesure mais elle a été mal conçue mal faite et elle n'a pas profité au classement et d'ailleurs sincèrement interrogé les françaises et les français ils n'ont pas senti cette baisse d'impôts et j'en finirai là-dessus le montant absolu des taxes et impôts sur les français n'a cessé d'augmenter puisqu'on a franchi on a franchi allègrement les 48% de prélèvements obligatoires dans le PIB en 2022 c'est-à-dire le record historique absolu d'impôts en France
On citait le nouveau ministre de l'économie et son interview au JDD qui dit donc ne pas exclure d'office certains prélèvements exceptionnels il dit pas d'augmentation pour les classes moyennes mais nos confrères de la tribune dimanche disent et révèlent que l'exécutif plancherait malgré tout sur un gel du barème alors c'est technique pour des téléspectateurs mais c'est pas si compliqué que ça le gel du barème barème est revalorisé chaque année absolument si ce barème est gelé et que l'inflation augmente et bien forcément le prélèvement automatique sur le salaire de chaque français l'impôt sur le revenu pardonnez-moi est plus important qu'est-ce que vous diriez sur cette idée-là d'augmenter de geler le barème pardonnez-moi le geler pas l'augmenter c'est technique mais
vous avez raison mais c'est inacceptable pour deux raisons déjà parce que ça va frapper les classes moyennes et pas seulement parce que le barème effectivement ça va augmenter l'impôt en valeur absolue mais aussi ça fait un déclenchement plus tôt et par exemple si votre salaire n'a pas augmenté parce qu'il y a des salaires qui n'ont pas beaucoup augmenté en France notamment les salaires un peu au-dessus du SMIC qui ne sont pas indexés
et donc vous payez
pas d'impôts et vous allez en payer alors un petit peu certes mais si vous êtes célibataire sans enfant et bien vous allez pouvoir payer des impôts et ce sera particulièrement injuste et c'est inacceptable aussi parce que c'est malhonnête c'est pas franc du collier c'est jouer avec les mots c'est abuser de la confiance des français c'est dire j'augmente pas les impôts le taux d'impôt mais en fait par des dispositions techniques je vous prends de l'argent
donc le gel du barème
c'est une ligne rouge par exemple ce sera un des critères qui fera que c'est inacceptable mais pourquoi je dis ça soyez en clair ça peut vous pousser à censurer est-ce que ça peut vous pousser à censurer mais oui ça peut nous pousser mais c'est parce qu'il y aura d'autres choses parce qu'en fait avant les élections moi j'avais dit d'ailleurs c'était sur votre plateau après les élections européennes je dois reconnaître que j'avais participé la dissolution aussi vite il y aura la purge voilà j'avais dit l'élection européenne personne à part le rassemblement national ne veut parler des 95 milliards d'économies à l'époque qu'il fallait réaliser pour rétablir les comptes publics aujourd'hui c'est 110 milliards et donc on avait dit au budget la facture sera présentée aux français et la façon la plus pernicieuse de faire payer la facture c'est ce que vous avez dit sur le barème et c'est du ménage général ce qu'on appelle l'année blanche qui était et en fait on avait révélé au parlement qu'il y avait eu un rapport des services administratifs fait à monsieur Attal à l'époque sur l'année blanche l'année blanche c'est quoi c'est en fait on ne compense pas l'inflation ni sur le barème de l'impôt sur le revenu ni sur les allocations ni sur les retraites ni sur le salaire des fonctionnaires bref on en tue il faut bien le dire tout le monde en faisant croire que c'est la faute de l'inflation ce qui est d'autant plus efficace quand l'inflation est un peu moins élevée parce que c'est sûr si vous faites une année blanche quand l'inflation est à 5 à 6% tout le monde s'en rend compte et c'est insupportable si vous faites une année blanche c'était ce que faisait monsieur Hollande en 2012, 2013, 2014 donc ils connaissent bien ça en Macronie puisque c'était monsieur Macron qui l'avait conseillé à monsieur Hollande c'est un peu moins douloureux mais sur le long terme ça s'ajoute et c'est inacceptable et c'est surtout une fois plus on trahit la confiance des gens
Jean-Philippe Tanguy revenons au mur au mur du déficit il est devant nous il faut l'affronter je note au passage que nous avons clarifié certaines choses sur les impôts vous n'êtes pas sur une position radicale aucune augmentation d'impôt non vous proposez toute une série d'augmentations d'impôt ciblées bien spécifiques vous venez de les exposer sur les dépenses que vous associez à votre baisse de la TVA et vous pensez que tout ça s'équilibrera à voir sur la partie dépense parce que c'est là la difficulté tout le monde dit on a un problème de déficit personne ne veut réduire les dépenses sur la partie dépense premièrement je voudrais savoir si le rassemblement national est d'accord sur les montants sur les enjeux est-ce que vous êtes d'accord pour dire que pour retrouver une trajectoire à peu près saine il faut dès le budget 2025 économiser entre 25 et 30 milliards d'euros de dépenses publiques
vous êtes d'accord vous êtes d'accord excusez-moi alors comment donnez-nous quand même le point qu'on l'a dit avant les élections et on est le seul parti à l'avoir dit avant les élections je suis désolé le seul parti qui a dit avant les élections que ce soit européenne ou législative il y a un mur de la dette à l'époque j'ai dit 95 milliards d'euros c'était les estimations qu'on avait maintenant c'est 110 je l'ai dit Jordan Bardella l'a dit Marine Le Pen l'a dit on n'a pas menti aux gens les macronistes aussi Bruno Le Maire l'a dit le Modem l'a dit c'est pas vrai ils n'ont pas reconnu qu'il fallait faire des efforts nécessaires je suis désolé et c'est un peu facile alors qu'on est au gouvernement de dire non mais pour le moment on fait rien et après les élections on verra
il a décrété par décret soutenez-vous 10 milliards d'économies mais on ne sait même pas ils se sont réveillés
mais sur le constat vous êtes d'accord sur la situation décrite par le Premier ministre qui dit la situation budgétaire aujourd'hui est très grave
donc où est-ce qu'on fait des économies alors là on parle du dur première chose c'est les grands tabous des gouvernements français depuis 30 ans la contribution à l'Union Européenne c'est le budget qui va augmenter le plus dans les plafonds qu'on a obtenus dans les documents budgétaires que M. Coquerel et M. Courson et je tiens à saluer leur courage sur ce leur détermination sur ce sujet là
sont venus redouilles à chaque fois
oui mais là ils ont fini par avoir quelques documents intéressants 8% d'augmentation de la contribution à l'Union Européenne deuxième budget qui va le plus augmenter c'est la charge de la dette troisième budget c'est l'écologie mais pas l'écologie d'investissement les subventions aux éoliennes et aux panneaux photovoltaïques donc déjà là on a des augmentations qui sont idéologiques moi je ne vois pas pourquoi les français devraient continuer à subventionner l'énergie éolienne et l'énergie photovoltaïque qui ne servent à rien je ne vois pas pourquoi on devrait continuer à avoir banquets ouverts à l'Union Européenne et que tous les pays européens devraient faire des efforts de gestion mais pas l'Union Européenne qui devrait pouvoir continuer à dépenser sans compter troisième aspect le coût de l'immigration
l'énergie renouvelable ça ne sert à rien aujourd'hui
non les éoliennes je n'ai pas dit l'énergie renouvelable ça c'est le lobbying de l'éolien et du photovoltaïque qui font croire aux gens que c'est eux l'énergie renouvelable la première énergie renouvelable en France et on en parlera à la niche du Rassemblement National le 31 octobre parce que ça fait 20 ans que ce sujet est foutu dans un placard c'est l'énergie hydroélectrique c'est les barrages français qui sont paralysés d'investissement depuis 20 ans parce que les gouvernements sont soumis à l'Union Européenne comme ça si vous voulez qu'on en parle il n'y a pas de problème mais c'est une énergie pilotable pas chère amortie qui appartient aux français l'énergie éolienne ça fonctionne avec un taux de charge de 24% le photovoltaïque 10 à 12% et ça produit une énergie quand vous n'en avez pas besoin et donc résultat vous devez compenser avec l'énergie polluante au gaz ou au charbon on sait ce que ça a donné il y a 3 ans ça fait 20 ans que le Rassemblement National dénonce cette arnaque ça va coûter de l'argent puisque comme le prix de marché européen a baissé il va falloir resubventionner l'éolien et resubventionner à un coût de plusieurs milliards d'euros le photovoltaïque ce que je veux dire par là c'est que on en revient un peu à aller sur profit il y a des oligarches il y a des intérêts en France qui gagnent de l'argent quoi qu'il arrive c'est à dire il y a une crise de l'hyperinflation les énergies éolien et photovoltaïques et d'autres s'en mettent plein les poches le prix de l'électricité baisse et bien c'est les subventions il faut encore s'en mettre plein les poches donc il y a des gens en France des gros intérêts qui quoi qu'il arrive s'en mettent toujours plein les poches et c'est le contribuable ou le consommateur qui doit payer alors il faut qu'on avance vous avez cité trois pistes oui trois pistes combien ça rapporterait selon vous ça ça rapporte je compte de tête là déjà on est à 12 milliards d'accord c'est pas suffisant non mais j'ai pas dit alors quelles autres est-ce que je suis pas sûr qu'il y ait beaucoup de gens qui arrivent déjà avec 12 milliards d'économies concrètes sur le plateau troisième point c'est l'immigration alors voilà l'application de la fameuse loi Retailleau c'est pas une baguette magique sur un an mais au bout de 5 ans quand les mesures prennent leur près d'ampleur ça fait une moyenne sur 5 ans de 15 milliards d'économies par an si on réserve les prestations un certain nombre de prestations sociales non contributives aux français qu'il y ait une priorité d'accès au HLM bref un certain nombre de mesures fortes qui permettent de cesser de subventionner l'immigration sur la forme c'était des cavaliers législatifs mais vous avez raison donc ce n'est pas en vigueur c'est pas en vigueur ben non c'est pour ça c'est des économies possibles si c'était des économies déjà acquises je ne vous le dirai pas monsieur
dans le cadre du budget vous ne seriez plus dans la configuration d'un cavalier législatif
c'est possible pas dans le cadre du budget mais ça pourrait être censurable par le conseil constitutionnel mais nous on a toujours assumé qu'il fallait passer par référendum je vous l'ai dit au début de nos entretiens le référendum il faut être président exactement non non pas aussi il y a une motion non non c'est pas vrai on peut faire une motion référendaire au parlement ça n'a jamais fonctionné enfin bon à ce stade en tout cas vous l'avez dit vous-même tout est différent effectivement quand le président avait tous les pouvoirs ça ne fonctionne pas et par ailleurs monsieur Macron s'il ne veut pas avoir affronté une forte défiance peut-être qu'un jour il faudrait qu'il envisage de convoquer un référendum je crois que ça ferait du bien on s'arrête une seconde on s'arrête une seconde mais je vais vous dire le plus gros dossier attendez
vous prévoyez une motion référendaire là dans les prochaines semaines sur le sujet de l'immigration
si monsieur Retailleau dans les mois à venir devait présenter une loi oui la même qui finirait avec le même résultat
la loi immigration 2 Retailleau
oui je pense qu'on proposerait une motion référendaire au début du vote de la loi alors continuons sur les économies le dernier aspect des économies à faire et je suis content parce que la Cour des comptes a reconnu et même l'Union Européenne que c'était un plan qu'on pouvait faire sur 5 à 7 ans pour épurer les comptes publics c'est une réforme du mammouth qui est l'état français le mammouth obèse d'un état qui réglemente tout et n'est plus un état stratège
vous parlez du fromage territorial c'est ça ? tout
le millefeuille administratif je pense qu'il faut supprimer au moins deux échecs administratifs moi je propose la région et les grosses intercommunalités des agences à qui mieux mieux qui paralysent l'action de l'état
et ça vous l'avez chiffré aussi également ?
très cher je finis les exemples et la réglementation là il y a un rapport qui chiffre le surcoût de la réglementation sur l'économie française et donc sur les recettes fiscales selon une étude de l'université de Columbia c'est 4 points de PIB 4 points de PIB ça représente en équivalent 50 milliards de recettes fiscales 50 milliards de recettes fiscales parce que les entreprises et les administrations françaises pardon sont paralysées accablées de normes et de réglementations inutiles je vais vous donner un exemple la crise du logement le code de l'urbanisme et de la construction immobilière a été alourdi de 30 à 50% de normes sous monsieur Macron il y avait un code de la construction qui était comme ça il est devenu comme ça donc c'est une des raisons de la paralysie de l'économie moi j'ai visité une entreprise vendredi à Moreuil et bien une part considérable de l'investissement ne va pas pour acheter par exemple une machine ou pour former les ouvriers mais elle va pour respecter des normes qui ne servent à rien
Jean-Philippe Tinguy on arrive quasiment à la fin de cette émission on ne peut pas ne pas parler de ce qui se passe en Martinique il secouait depuis plusieurs jours par des violences urbaines notamment contre la vie chère la suite a été déployée sur le terrain avec un coût de la vie décrivent les habitants bien plus élevés qu'en métropole au moins 40% sur l'alimentaire précisons est-ce que là-dessus vous avez des propositions précises à proposer
oui mais là vous voyez c'est un désordre qui reste dans nos territoires d'outre-mer et dans nos départements d'outre-mer depuis trop longtemps ce problème-là je me souviens très bien c'était déjà le cas sous Jacques Chirac avec les mêmes alors c'était à la Guadeloupe à l'époque avec les mêmes causes entraînant les mêmes effets il y a de toute évidence dans nos départements d'outre-mer des abus commis par un certain nombre d'entreprises qui sont très concentrées et qui font la pluie et le beau temps sur la consommation et on en revient aussi à une politique de souveraineté de préférence nationale y compris évidemment sur nos territoires et nos départements d'outre-mer qui sont par entière du territoire de la république et donc on n'est pas capable la France n'a jamais eu de réflexion pour alimenter en bien et en preuve alimentaire mais vos propositions
vous vous dites quoi aujourd'hui
c'est une proposition de fond il n'y a pas une baguette magique c'est qu'à partir du moment où la France ne veille pas à être capable d'approvisionner correctement ces territoires ces départements d'outre-mer et territoires d'outre-mer depuis 50 ans n'est pas capable d'encourager la production locale n'est pas capable de surveiller les abus les ententes les marges de faire pour le coup une politique de concurrence saine c'est une politique qui permette qu'un petit nombre d'acteurs économiques ne fassent pas l'appui et le beau temps sur un territoire c'est une politique de fond qui n'a pas été menée il n'y a pas une baguette magique pour rétablir une situation François-Noël Boucher aux Outre-mer vous pensez que c'est un bon choix je ne le connais pas je ne le connais pas mais il y a aussi la Nouvelle-Calédonie avec quand même deux morts la semaine dernière mais on a l'impression et je vous remercie d'en parler que ça n'existe pas quand même trois mois de perdu sur une situation extrêmement grave dans la Nouvelle-Calédonie où l'économie de la Nouvelle-Calédonie est à terre avec un nombre de personnes au chômage surréalistes à part Marine Le Pen et Jordan Bardella qui en parle
Merci beaucoup Jean-Philippe Tanguy d'avoir été notre invité Merci à vous
Merci Jean-Philippe Tanguy
Restez avec nous sur LCI LCI Midi Week-end ce poursuit on abordera évidemment la nouvelle composition l'annonce de ce nouveau gouvernement à tout de suite
Jean-Philippe Tanguy