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ChroniqueLe Média (sur YouTube)· 15 septembre 2026 23 minAutoproduitActualité / polémiqueSolidarités & familleSécuritéÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

MACRON PENSAIT EN AVOIR FINI : LES GILETS JAUNES DE RETOUR LE 17 OCTOBRE ?

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

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    « En 2018, la taxe carbone et le gasoile à 1,50 € le litre avait mis le feu aux poudres. »
  • 4:12non_speechFait
    « Le gazoile a dépassé les 2 € le litre. Le pouvoir d'achat s'est complètement effondré. »
  • 15:29non_speechFait
    « On dit souvent que la colère n'explose pas à quelques mois d'une élection importante, mais qu'elle y trouve son déboucher politique. »

Temps de parole

  • ?100 %

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Locuteur

Malo ! Malou ! Malou ! C'est le retour des gilets jaunes. Et oui, il pourrait bien revenir. Et alors dis-moi, comment on s'habille pour une manife ? C'est très simple. D'abord, des lunettes de piscine pour se protéger du gaz. Un casque pour se protéger des projectiles. On n'oublie pas son masque FFP2 et évidemment le sérum fille. Attention, ils arrivent. Oh non ! Les voilà. Oh non, du gaz. N'oublie pas, tu n'as jamais rien à déclarer. Jamais rien à déclarer.

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Non speech

[musique]

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Locuteur

Bonjour et bienvenue dans le récap. Nous sommes mardi 15 septembre et depuis quelques temps, le vent se lève. celui de la colère et du ralbol d'un peuple pris à la gorge chaque mois qui peine à s'en sortir. Sur les réseaux sociaux, une ombre jaune commence à planer. De plus en plus d'internautes appellent à ressortir le fameux gilet fluo, celui qui avait offert au pouvoir macroniste fraîchement installer quelques-uns de ses plus beaux moments de panique. Et à quelques mois de la fin de son second mandat, Emmanuel Macron pourrait bien voir ressurgir le mouvement qu'il pensait pourtant avoir maté à grand coup de matraque et de grenade. Une date revient en boucle le samedi 17 octobre 2026.

Oh, j'ai vu une date là. 17 octobre les gars. 17 octobre, il va falloir y aller. Non, ça y est, vous parlez trop. Samedi [musique] 17 octobre les gars, on remet le gilet jaune. On dirait pas je manifesta là. Samedi 17 octobre 2026. Me remerciez pas, je vous donne la date. C'est tout. Maintenant, ceux qui sont chauds, vous êtes chaud. Vous organisez le bail. Moi, je l'organise pas. Il faut un mec dans les papera. Je suis pas dans les papera moi. Samedi eh samedi 17 octobre 2026, [musique] les gars, ça fait quatre fois quatre fois cin fois, je le répète, mais retenez bien la date. Retenez bien la date, s'il vous plaît. Et le gilets jaunes, le 17 octobre de sortie.

Est-ce que vous trouvez ça normal ? Est-ce que vous trouvez ça normal ? 2 €5 Est-ce que vous trouvez ça normal ? Il y a quelques années, on était sorti de pour 1,50 € et là le double et personne sort. Moi je vous le dis le 17 octobrea pas une parce et juste avant de poursuivre cette chronique un tout petit message de service. Cette année notre objectif est d'atteindre 10000 donateurs mensuels pour continuer à vous proposer le récap du lundi au jeudi, mais aussi évidemment toutes les autres émissions du média, les reportages et les enquêtes. Le tout évidemment en accès libre et gratuit pour toutes et tous pour un média indépendant.

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Des millions de Français avaient alors pris part à une mobilisation spontanée au départ née en novembre qui allait s'installer pendant plusieurs mois dans le paysage politique français. 8 ans plus tard et ben on est fixé. La seule réponse du gouvernement à cette colère citoyenne aura été la répression toujours plus brutale. Macron, cloîré dans sa tour d'ivoire comme toujours, a fini par réussir à matte.

Avec Édouard Philippe Amatignon, ils ont envoyé les forces de l'ordre éborné et mutilé à tour de bras des manifestants et quand la matraque ne suffisait pas, la justice prenait le relais avec des arrestations et des poursuites pénales, des condamnations aussi qui ont contribué évidemment à étouffer ce mouvement. La révolte a été réprimée dans la rue comme dans les tribunaux et la peur s'est évidemment installée. Trop à perdre et surtout trop peu à gagner face à un gouvernement sourd aux revendications du peuple. Tellement sourd que la situation n'a évidemment fait qu'empirer. Au terme du second mandat de Macron à quelques mois de la présidentielle, le gazoile a dépassé les 2 € le litre.

Le pouvoir d'achat s'est complètement effondré. Les services publics sont exang. Le dérèglement climatique menace chacune de nos existences et les inégalités se creusent sans cesse et ce comme jamais. Le président des riches n'aura décidément jamais eu grand-chose à offrir au peuple français, sinon du mépris et des efforts à faire. Pendant qu'on demande toujours aux mêmes de se serrer la ceinture, ceux qui ont tout continuent eux évidemment de regarder passer les crises depuis les étages supérieurs de la société.

Il y a quand même de quoi s'agacer et cette fois ce sont les jeunes générations qui semblent vouloir s'y mettre sur les vidéos qui tournent sur les réseaux sociaux notamment sur TikTok. Une première différence saute aux yeux avec le mouvement historique. Ceux qui appellent à ressortir les gilets jaunes n'ont pas forcément connu 2018 autrement qu'à travers évidemment les images d'archive. La nouvelle génération pourrait donc être en train de reprendre le flambeau de leurs aînés. Les gars, j'ai jamais manifesté [musique] de ma vie he je vous jure. J'ai 21 ans pour des combats très très importants. J'ai eu la flemme et j'ai jamais manifesté.

[musique] Mais les gars, la vie de ma mère, je suis prêt à enfiler le gilet jaune. Ça y est, c'est fini frère. L'eau coûte cher, l'électricité coûte cher, la nourriture elle coûte cher, même si les et les ça se rajoute à l'ancienne, j'étais trop petit. Mais la tête de ma mère que je commencer à mettre le gilet jaune. Ça y est frère 17 octobre, je m'en fous. Voilà, je vais venir manifester frère. Et c'est peut-être justement précisément cette fracture générationnelle qui prend de cours en ce moment les figures historiques du mouvement.

Jérôme Rodriguez, l'une des figures emblématiques he des gilets jaunes, reconnaît lui-même sur Sud Radio ne pas vraiment savoir d'où vient cette nouvelle mobilisation. De quoi susciter quelques interrogations chez les anciens du mouvement. On l'écoute. Moi aujourd'hui, j'ai eu le temps de creuser tout le weekend euh d'appeler des des entités et des référents au sein des différentes régions euh ou de d'autres parce que il y a il y a eu des gens les les premières personnes qui ont créé le mouvement. Aujourd'hui, euh la seule chose que je peux vous dire, c'est que personne n'en a entendu parler et personne n'est à l'initiative de quoi que ce soit.

Donc à moment donné, il faut se poser la question d'où vient cette date, qui a posé cette date et pourquoi elle a été posée. Ça c'est la première chose parce que je n'ai aucun retour. Autant l'année dernière sur le 10 septembre, j'avais les contacts et les différents référents qui étaient à l'organisation du de de de ce mouvement qui devait être aussi un mouvement de révolte à l'époque du 10 septembre. Eux-mêmes n'en ont pas entendu parler. Mais après tout, les gilets jaunes de 2018 n'avaient pas davantage de chef ou de structure pour lancer la machine. Le mouvement, rappelez-vous, était né spontanément sur les réseaux sociaux, plutôt sur Facebook à l'époque et s'était organisé comme ça.

Il avait fini par déborder plus largement sur toute la France. Alors peut-être assiste-t-on simplement au même phénomène avec une autre génération qui s'empare de cette colère toujours existante et cette fois évidemment avec ses propres codes et ses propres plateformes peut-on pour autant affirmer que les gilets jaunes nouvelle génération sont de retour ? Et bien évidemment, c'est difficile à dire. Je ne me hasarderai pas ici à jouer les madames Irma à un mois de la date fatidique, notant que depuis 2018, le fantôme du mouvement jaune n'a jamais vraiment cessé de hanter le pouvoir.

À chaque nouvelle crise sociale, à chaque poussée de colère, on ressort le fameux scénario du retour des gilets jaunes dans les médias, probablement peut-être pour conjurer le traumatisme de 2018 quand il n'avait rien vu venir avant de découvrir une fois les ronds-points tous occupés qu'un mouvement social était en train de leur exploser sous le nez. Alors l'année dernière encore, c'était avec le mouvement blocou hein qui a aussitôt été tué dans l'œuf malheureusement toujours avec la même méthode autoritaire du pouvoir en place. Les habitués des manifes qui m'écoutent ce soir le savent mieux que personne.

Désormais à la moindre mobilisation, le gouvernement sort l'artillerie policière, quadrit les rues, multiplie les interpellations et sans presse de couper court au moindre début de contestation, toujours sans l'écouter évidemment. Une façon évidemment très efficace de faire en sorte qu'une colère sociale n'explose pas. D'autant que depuis le temps hein, la méthode gilet jaune a eu le temps d'être peaufinée. Si Macron n'a rien écouté des revendications du peuple en gilet, il a en revanche pris soin de renforcer son bras armé depuis qu'ils ont pris les ronds-points. Recrutement en masse de policiers de gendarme, achat d'armes à répétition, durcissement répété de la législation.

Tout a été fait pour donner davantage de moyens aux forces de l'ordre, élargir leur marge d'action et surtout les mettre à l'abri des conséquences de leurs actions. La répression contre les gilets jaunes puis contre les mobilisations qui ont suivi a évidemment laissé des traces et c'est indéniable dans les chaires avec les blessures, les mutilations et les corps durablement marqués mais aussi dans les esprits parce qu'un manifestant blessé ne reste jamais seul avec son traumatisme. Il a ses proches évidemment, ceux qui étaient à ses côtés au moment de l'accident, ceux qui ont vu la scène, ceux qui ont regardé les images. Et au bout du compte, ça fait quand même un paquet de monde.

Une violence infligée à quelques-uns peut suffire, à en dissuader beaucoup d'autres. C'est aussi comme ça qu'une répression fonctionne. Elle ne cherche pas seulement à disperser une manifestation. Elle cherche à produire de la peur autour d'elle, à faire comprendre à celles et ceux qui seraient tentés de rejoindre le mouvement qu'il existe un prix à payer pour descendre dans la rue après les gilets jaunes. Cette peur, elle fait partie de la mémoire collective des mobilisations sociale française et elle pourrait bien peser sur celle qui voudrait renaître aujourd'hui. En tout cas, elle revient régulièrement dans les discours des anciennes figures du mouvement.

Désormais invité sur les plateaux télé et dans les médias pour commenter ce possible retour. Le Parisien publié hier un article au titre un peu évocateur, je cite "Ce serait terrible pourquoi les ex-figures des gilets jaunes ne sont pas favorables à un retour du mouvement." Sauf qu'à y regarder de plus près, l'article repose essentiellement sur la vie d'un seul homme, Thierry Paul Valette. Pas des plus illustres du mouvement, il faut le dire. Un homme qui en revanche depuis 2018 a tenté à plusieurs reprises de se lancer en politique et qui se revendique désormais analyste des mouvements sociaux. C'est comme ça qu'on le présente sur les plateaux.

Un titre bien pratique pour continuer à faire le tour donc des plateaux et d'expliquer comment devraient faire les gilets jaunes alors que le mouvement lui n'a jamais reconnu le moindre porte-parole, on le rappelle. Et c'est notamment cette interview qui a donné lieu aux conclusions de l'article du Parisien. Je vous propose d'écouter. Tout d'abord, si le mouvement des gilets jaunes devait euh revenir, euh ce serait euh terrible. Je pense qu'il y aurait des morts. Euh faut pas avoir peur de de dire les choses. La société d'aujourd'hui, c'est pas société d'il y a 8 ans. Elle s'est radicalisée, elle est devenue euh violente. Euh les partis politiques ont posé les uns aux autres.

Le militantisme sur le terrain n'est pas le militantisme d'il y a 8 ans et pourtant le mouvement des gilets jaunes. On a vu l'impasse dans laquelle nous avons tous été, ce soit les citoyens, que ce soit les politiques. Et pourquoi ce serait plus violent aujourd'hui qu'il y a il y a 8 ans ? Mais parce que la colère est beaucoup plus importante parce que le mouvement avait été infiltré par des groupes extrémistes aussi qui voulaient mettre à mal la République. Il y avait la problématique des casseurs et on a vu finalement le le bourbier que ça a été d'un point de vue des euh des blessés d'un côté autant des manifestants et autant des euh des services de de police.

Donc non, moi j'ai pas envie d'un retour du mouvement des gilets jaunes. Qu'est-ce qu'il disait déjà mine ? Ah oui, attendez attendez, je l'ai. où je les canne, où je massagis en artiste [musique] obéissant. Ouais, c'est rare de devenir anarchiste en vieillissant. L'article du Parisien, il cite aussi deux autres figures un peu plus emblématiques cette fois du mouvement. Jérôme Rodriguez dont on a déjà parlé et Priscilia Ludowski qui ne refuse pas de leur côté le combat d'emblé sans toutefois quand même cacher une certaine forme de résignation qu'on peut comprendre après tout ce qu'ils ont traversé. On écoute Priscilia Lutowski sur BFM.

Et ce que j'entends c'est oui euh si les Français les Français sont pas prêts à sortir massivement euh beaucoup disent "Moi, je ne ressortirai pas parce que parce que j'ai beaucoup donné, j'ai beaucoup perdu. Il y a des gens qui ont été blessés, les gens qui ont sacrifié un peu leur vie de famille. Donc c'est vrai que c'est assez compliqué de se projeter quand on sait pas l'ampleur que ça peut prendre." Ouais, ça demande beaucoup de sacrifices, on l'entend. Donc ce que vous dites en gros, c'est que malgré les appels qui se multiplient à se à se rassembler parce que la vie est de plus en plus dure, pour l'instant, on peut pas parler d'un d'un retour des gilets jaunes, il en est pas question.

Mais c'est assez intéressant qu'on parle souvent de retour des gilets jaunes parce que en fait on a des gens qui se qui se il y a une nouvelle génération aussi qu'on qu'on entend s'exprimer qui était plus jeune pendant le mouvement des gilets jaunes. Des personnes qui n'étaient pas encore arrivées dans la vie active qui là ressentent un peu le poids de tout ce que vous disiez tout à l'heure les tous les prix qui augmentent et cetera et qui commencent à s'exprimer et davantage sur les réseaux sociaux que qu'à l'origine on était sur Facebook sur Twitter à l'époque.

Aujourd'hui, on a TikTok, tous les contenus deviennent beaucoup plus viraux et donc il y a beaucoup de personnes qui s'expriment maintenant et qui en fait qui rappellent ce qui s'était passé pendant le mouvement des gilets jaunes et qui dit en fait ils avaient raison. Euh ce qui revendiquait c'était juste, aujourd'hui ça rempirait et donc il faudrait qu'on sorte et cetera. Mais beaucoup voient le sommet de l'iceberg, c'est-à-dire les les revendications sur les réseaux sociaux. Mais ce que les gens ne ne ce à quoi ils ne pensent pas forcément, c'est que c'est beaucoup de travail logistique.

On n'improvise pas un million de personnes dans la rue ou 300000 personnes dans la rue en faisant appel sur les réseaux sociaux simplement. Ça c'est ce qu'on c'est la communication externe une fois qu'on a organisé logistiquement les choses. Donc c'est vrai que c'est difficile de savoir de savoir qui qui derrière organise les choses et et si vraiment c'est très bien organisé, il est possible que ce soit massif mais je pour l'instant je je peux pas je peux pas je le pas je le vois pas ça. En tout cas tout ça n'est pas tombé dans l'oreille d'un sour. Les renseignements suivent les prémisses de ce mouvement social comme le lait sur le feu.

Et on peut évidemment toujours compter sur BFM pour nous rapporter ce qui se dit au sein de la police. Est-ce que c'est vraiment leur retour ? Il faut aussi rester assez prudent. Le renseignement territorial modère un peu. Il dit que dans l'ensemble des commentaires qu'on voit sous les publications ou alors sur les groupes télégram, il y a de l'enthousiasme à l'idée de de relancer une une mobilisation. Mais il y a aussi certains qui ne sont pas très envie de participer ou qui sont quelque part résignés. Par exemple, c'est intéressant, il évoque que beaucoup d'anciens gilets jaunes ne veulent pas rejoindre le mouvement. Il y a différentes raisons qui sont évoquées.

La peur de la violence à la fois des CRS et des black block. Il y a euh la peur d'être récupéré politiquement, l'idée que ça ne sert à rien de toute façon de se mobiliser et autre événement important, l'élection présidentielle prochaine qui visiblement diminue l'intérêt que portent les gens la mobilisation parce qu'ils se disent après tout il y a une élection présidentielle, on va pouvoir voter. Donc voilà pour ce retour de gil jaune, c'est beaucoup trop tôt pour le dire. Ce qui est sûr, c'est que les policiers du renseignement territorial sont vigilants.

Une élection est effectivement prévue dans quelques mois en France et régulièrement, on entend que cette échéance pourrait suffire à calmer toute colère sociale. Le directeur général d'IPSOS Brisint Turier défend cette idée ce matin dans l'opinion. Selon lui, je cite, "On dit souvent que la colère n'explose pas à quelques mois d'une élection importante, mais qu'elle y trouve son déboucher politique et pour lui donc le déboucher naturel du malaise français sera bel et bien canalisé. par la présidentielle, il apporte tout de même une réserve intéressante, je le cite. Parfois le réel va plus vite que les urnes, ça c'est ce qu'il reconnaît dans l'article.

Et le ralbol, bah oui, iltend pas toujours, hein, d'autant que Brisurier décrit lui-même une France traversée, je cite, par une crise de la représentation et par le sentiment d'être ignoré et méprisé par les responsables politiques. Exactement. Le genre de cocktail qui avait nourri déjà la colère des gilets jaunes en 2018. Et sur ce terrain-là, le décor n'a pas franchement changé. Macron ne peut effectivement pas se représenter, d'accord, mais remplacer le bulletin dans l'urne par un autre nom ne suffira pas forcément à faire disparaître ce sentiment de tenace vis-à-vis du corps politique.

Les Français ne sont pas en colère contre un seul candidat, ils le sont contre tout un système dont ils ont de plus en plus le sentiment qu'ils ne les écoutent plus. Et ça, aucune échéance électorale ne garantit de pouvoir l'éteindre. Et puis cette colère, c'est aussi évidemment du carburant politique hein, pour la campagne. Si un mouvement devait réellement prendre de l'ampleur, il pourrait rebattre aisément les cartes de la présidentielle et pas forcément dans le sens que chacun espère. Parce qu'une colère sociale, bah ça peut aussi bien faire basculer une élection d'un côté comme de l'autre. Il faut pas le nier. Chez les candidats de ligne commence déjà à se dessiner.

au RN qui n'a historiquement jamais été en soutien des mouvements sociaux et qui vote régulièrement avec les macronistes au Parlement, on le rappelle quand même et bien on joue de la situation hein comme toujours et puis de la montre un peu aussi hein. Pas question de souffler sur les braises. Le parti appelle déjà au calme tout en faisant mine de comprendre le petit peuple pour se faire élire. Bref, rien de neuf sous le soleil. On écoute le député Chenu. Nous, on a on n' jamais rentré dans le fait d'appeler les gens à descendre dans la rue.

On l'a jamais fait et à chaque fois qu'il y a une manifestation dans le pays, euh les retraites que sais-je, on nous pose la question "Est-ce que vous appelez les gens à descendre dans la rue ?" Les gens sont on n'est pas un syndicat, les gens se feront ce qu'ils voudront. Nous on dit simplement aux gens qui ont envie de manifester leur mécontentement, non seulement qu'on les comprend, non seulement qu'on a des solutions, mais tenez bon, tenez bon encore 8 mois et nous allons changer le cours des choses. À gauche, en revanche, c'est tout l'inverse. On ne se cache pas derrière son petit doigt, hein.

Si un mouvement social doit émerger, le soutien politique des partis de gauche, lui sera au rendez-vous. En tout cas, c'est ce qu'ils nous disent. Ce weekend à Roussell a d'ailleurs retrouvé son âme de coco et oui et appelé ouvertement à la révolte. Et c'est pour ça c'est pour ça que je me présente devant vous aujourd'hui à cette fête de l'huma pour lancer un appel. Je ne souhaite pas que l'on attende les élections présidentielles pour que ça change. Je vous propose de passer à l'action maintenant. Je vous propose de faire la révolution maintenant dans la rue avant les urnes parce que c'est maintenant que l'on coupe et c'est maintenant que l'on doit agir.

Et même le Parti socialiste entend emboîter le pas d'un éventuel retour des gilets jaunes. Qu'est-ce qu'on ferait pas pour se refaire une virginité politique à quelques mois d'une présidentielle quand même hein ? Olivier Fort, le premier secrétaire, assure qu'il se tiendra au côté des gilets jaunes s'il se soulève. Et Philippe Brun, aussi candidat déclaré à la primaire PS publique, bah lui carrément, il nous joue les gilets jaunes de la première heure. Aujourd'hui, on parle du retour [raclement de gorge] des gilets jaunes le 17 octobre. Moi, je suis le seul des candidats qui a déjà été sur un rond-point, qui a été dans le mouvement des des gilets jaunes.

Je suis le seul à apporter des réponses à la crise du carburant. Reste un léger petit problème de mémoire. Les Français n'ont peut-être pas tous oublié que François Hollande, lorsqu'il était lui-même au pouvoir, n'avait pas exactement fait de la bienveillance envers les mobilisations sociales. Sa marque de fabrique, la répression des manifestations notamment contre la loi travail, les violences policières, les cortèges sous tension, tout ça le connaît. Mais bon, c'était il y a 10 ans hein à l'échelle d'un parti politique, c'est probablement suffisamment vieux pour devenir de l'histoire ancienne. Et on part du côté de LFI où on se veut solidaire d'ors et déjà du mouvement et de la colère.

Mathilde Panu ce matin sur France info s'est tout de même dite inquiète quant à la répression dont on a parlé. On lui a même déjà demandé si elle appelé au calme. Il est vraisemblablement jamais trop tôt pour ça. Je vous laisse écouter sa réponse. Bah ce qui m'inquiète, c'est la répression que fait sans cesse ce gouvernement face à toute colère et revendication sociale légitime. On se rappelle que les gilets jaunes, on se rappelle de l'éborneur des gilets jaunes, monsieur Édouard Philippe avec des gens qui allaient manifester pour le référendum d'initiative citoyenne et qui perdaient un œil, perdit une main au point que plusieurs instances internationales ont dénoncé cette répression.

Alors évidemment, rien ne dit et on le répète ici que le 17 octobre donnera naissance à un nouveau mouvement des gilets jaunes. Rien ne dit même que la mobilisation existera et il serait absurde de jouer les prophètes à quelques semaines de cette échéance. Mais il ne faudrait pas non plus que le souvenir de la répression passée serve à sa paix avant même qu'elle commence la détermination de celles et ceux qui veulent se mobiliser. Parce que lutter n'a jamais été confortable. Il faut bien se le rappeler, ça n'était pas en 2018, ça n'était pas évidemment avant et ça ne le sera probablement pas davantage demain.

Ce qui est intéressant aujourd'hui, c'est de voir une nouvelle génération regarder cette histoire sociale du pays et se dire qu'elle peut elle aussi y prendre sa part avec ses propres codes, ses propres réseaux, ses propres colères. Elle fera peut-être un flop, elle prendra peut-être de l'ampleur, personne ne le sait encore. Mais ce serait dommage de lui expliquer avant même qu'elle ait commencer qu'elle ferait mieux de rester chez elle parce que le pouvoir réprime, parce que les anciens sont fatigués ou parce que les urnes finiront bientôt par régler le problème. L'histoire sociale d'un pays ne s'écrit jamais avec des garanties.

Elle s'écrit avec des gens qui à un moment donné décident qu'ils en ont assez et qu'ils vont essayer de changer les choses par eux-mêmes. Et ça, malgré toutes les matraques, toutes les grenades et toutes les intimidations du monde, personne ne peut décider à leur place quand ils ont le droit d'essayer. Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du recap. N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire si vous nous regardez sur YouTube ou par email si vous nous regardez à la télé. Si vous voulez nous aider à faire durer l'aventure du média, et bien rendez-vous sur capsurdik.fr pour devenir un de nos 10000 donateurs mensuel.

Et puis si vous aimez particulièrement le récap, que vous avez envie qu'on discute ensemble, vous et moi, de choisir et de proposer des sujets, et bien je vous attends sur le canal Instagram dédié à l'émission. Le lien pour le rejoindre est dans la barre d'info YouTube. Un grand merci à vous et une très bonne soirée sur le média. Ah. Amen.