Face à Philippe de Villiers (Émission du 30/10/2026)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:17OuverteRéponse partielle
Le tribunal administratif de Paris a validé le parcours Bastille-Nation pour les manifestations. Quelle est votre réaction ?
- 4:12OuverteRéponse directe
Comment expliquez-vous les défaillances de l'État régalien ?
- 16:32OuverteRéponse directe
Quelle appréciation faites-vous des termes utilisés par le Président de la République à Trappes ?
- 26:28OuverteRéponse directe
Philippe, quelle appréciation faites-vous des termes utilisés par le Président de la République ?
- 38:47OuverteRéponse directe
Que faut-il penser du comportement du système médiatique dans ce drame ?
- 39:30OuverteRéponse directe
Philippe De Villiers, que faut-il penser du comportement du système médiatique dans ce drame à travers cette information ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:16Invité politiqueFait
« je suis très choqué par la République des juges. »
- 2:41Invité politiqueFait
« Foyer, il y a d'abord la France, ensuite l'État, ensuite le droit. »
- 3:03Invité politiqueFait
« Il devrait s'appuyer sur la France. Il y a des moments où le juge doit statuer en équité. »
- 3:11Invité politiqueFait
« le peuple, aujourd'hui, c'est les commerçants, dans la panique, dans la peur. »
- 3:39Invité politiqueFait
« Ce juge porte une très grave responsabilité. »
- 5:00Invité politiqueFait
« on a constaté la liquéfaction de l'État. »
- 5:10Invité politiqueFait
« on assiste à la thermondisation de la fonction régalienne. »
- 6:11Invité politiqueChiffre
« il y a 70 000 policiers dans toutes les rues de France, alors c'est un modèle d'ordre. »
- 6:30Invité politiqueFait
« la fonction régalienne est en faillite. »
- 7:09Invité politiqueFait
« la propriété n'est plus assurée. »
- 9:32Invité politiqueFait
« il faudrait un mec, un vrai, à poigne. »
- 10:00Invité politiqueFait
« Il n'y a plus d'État régalien. »
- 13:13Invité politiqueChiffre
« il y a 2 000 policiers blessés. »
- 13:45Invité politiqueFait
« Mélenchon est un révolutionnaire. »
- 13:48Invité politiqueFait
« Mélenchon, c'est Robespierre en Keffier. »
- 14:07Invité politiqueFait
« le risque du passage du pillage de rue au pillage d'appartements. »
- 14:40Invité politiqueFait
« les biens qui ont été volés le week-end du 17 et du 24 sont revendus ensuite dans les quartiers. »
- 15:31Invité politiqueFait
« il y a énormément de gens qui s'inscrivent dans les stands de tir. »
- 15:49Invité politiqueFait
« il faut qu'on reféodalise la sécurité. »
- 16:28Invité politiqueFait
« le monopole de la violence légitime, c'est fini. »
- 20:06Invité politiqueFait
« il n'y a plus de souveraineté. »
- 22:49Invité politiqueFait
« la République des juges. »
- 23:22Invité politiqueFait
« la prison, c'est l'école de la récidive, donc on ne sanctionne plus. »
- 26:40Invité politiqueFait
« Lamentable, minable, misérable, odieux, ignominieux. »
- 31:30Invité politiqueFait
« il a oublié Crépaule. Crépaule, c'était un acte raciste. »
- 31:45Invité politiqueFait
« en France, il n'y a pas de racisme anti-blanc. »
- 31:45Invité politiqueFait
« En France, il n'y a pas de racisme anti-blanc. »
- 34:23Invité politiqueFait
« Si vous dites que vous êtes contre l'immigration invasive, vous êtes raciste. »
- 34:31Invité politiqueFait
« Si vous dites que vous êtes contre l'islamisation galopante, vous êtes raciste et islamophobe. »
- 34:43Invité politiqueFait
« Si vous dites que vous êtes pour la France éternelle, vous êtes raciste. »
- 36:19Invité politiqueFait
« Vous n'avez pas fait attention au face à face. Vous laissez derrière vous une France fracturée, multifracturée, multiconflictuelle, multiculturelle. »
- 37:49Invité politiqueFait
« Nous souffrons de ce que les sociologues appellent l'oïkophobie. »
- 42:32Invité politiqueFait
« Le tournant, c'est 1984. »
- 43:56Invité politiqueFait
« C'était une captation de la Shoah par les lobbies immigrés. »
- 45:13Invité politiqueFait
« Le droit à la différence, en fait, c'est le multiculturalisme. »
- 59:19Invité politiqueFait
« 'est la fête, c'est la commémoration de nos morts. »
- 59:44Invité politiqueFait
« 'oubli est nécessaire à la jeunesse pour qu'elle agisse. »
Temps de parole
- Philippe de Villiers69 %
- ?15 %
- Présentateur12 %
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Il est quasiment 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour Face à Philippe Devilliers. Cher Philippe, bonsoir. Bonsoir Eliott, bonsoir Geoffroy. Geoffroy Lejeune est avec nous comme chaque vendredi soir. Geoffroy Lejeune, bonsoir. Bonsoir Eliott, bonsoir Philippe. Philippe Devilliers, beaucoup de choses évidemment ce vendredi soir, mais commençons par une actualité brûlante, puisque le tribunal administratif de Paris a donc autorisé le parcours Bastille-Nation proposé par les organisateurs.
Un recours avait été formé et un juge du tribunal administratif a donc validé ce que vous voyez en vert, donc à l'image, un parcours partant de la place de la Bastille en direction de la place de la Nation. Ce que vous voyez en bleu, c'était ce qui avait été proposé comme la semaine dernière, un parcours au niveau de la lisière de Paris qui n'avait pas empêché en fin de manifestation qu'il y ait des violences. Je précise que, et on a pu entendre Laurent Nouniez, il va y avoir un appel et donc ce sera au Conseil d'État de trancher pour ce parcours. Mais au-delà du parcours, vous souhaitiez réagir à la décision du tribunal administratif
? La
guerre des parcours, Philippe Devilliers.
Vous venez de m'apprendre
ce
qui vient de se passer.
Donc
j'en déduis que le juge
du
tribunal administratif
a
donné tort
au
ministre de
l
'Intérieur
et
a raison
aux
responsables de la manifestation.
Ce
que j'ai compris, moi, c'est que le ministre intérieur souhaitait que délocaliser la manifestation,
pour
la mettre en périphérie,
vous
venez de le dire, je crois, pour qu
'il
y
ait
moins de casse. C'est ça.
Donc,
qui peut être contre cette sagesse
? C
'est pas souvent que je défends Laurent Nouniez, même la première fois. Vous en êtes esbaudi.
Moi, je
suis très choqué par la République des juges. En fait,
les
caractéristiques
d
'une pré-guerre civile, c'est quand
l
'ordre est privatisé,
ce sera
bientôt le cas, c'est le début,
et
la justice est privatisée. Alors, c'est pas la même privatisation.
C
'est une privatisation idéologique.
Parce
qu
'il
y avait une phrase de De Gaulle à Foyer
qui
dit bien les choses. Foyer, il y a d'abord
la
France, ensuite l'État, ensuite le droit.
Et
là, le juge,
j
'imagine, s'appuie sur le droit.
Il
devrait s'appuyer sur la France. Il y a des moments où le juge doit statuer en équité.
Parce
que le juge représente le peuple. Et le peuple, aujourd'hui, c'est les commerçants, dans la panique, dans la peur, et qui montent des contreplaqués sur leur vitrine. Si vous traversez Paris, tout à
l
'heure, j'ai vu ça, c
'est
un spectacle hallucinant.
Et
donc, en fait, il y avait un parcours où les commerçants étaient relativement préservés. Un parcours, ils ne le sont pas. Le juge a choisi le parcours où les commerçants ne sont pas préservés. Ce juge porte une très grave responsabilité. Peut-être que si jamais la Cour d'appel confirme ce que le juge vient de dire, peut-être que le juge, demain soir à minuit, aura à regretter
la
décision qu'il a prise. Il a sans doute jugé en droit, mais le droit est au service du peuple, le droit est au service de l'intérêt général. Il y avait une phrase de Saint-Éloi d'Aquin qui disait
que
le droit, c'est la paix civile.
Et
la paix civile, c'est la tranquillité de l'ordre. La tranquillité de l'ordre.
Et
c'est donc le Conseil d'État qui est saisi. Et dans ce cas, le Conseil d'État pourrait rendre sa décision dans la nuit de vendredi à samedi. Puisqu'on parle des manifestations et des violences, Emmanuel Macron s'est déplacé cette semaine, Philippe de Villiers, du côté de Marseille. Et il a hasardé une expression qui a surpris. Le 24 octobre fut un modèle, selon lui. Écoutez.
Ce
n
'est
pas normal qu'à six mois d'une élection présidentielle, notre pays soit dans cet état d'ébullition.
Il
y a des gens qui se réjouissent du désordre, moi non.
Donc,
plus jamais le 17 octobre.
Le
24 octobre est un modèle, on a tenu, et c'est ce qu'on continuera de faire. Geoffroy Lejeune.
Alors Philippe, que vous a inspiré cette déclaration du président de la République
? D
'abord, avant qu'il aille à Marseille, on a constaté la liquéfaction de l'État.
C
'est-à
-dire
un État
qui
coûte de plus en plus cher
et
qui rend de moins en moins de services.
Parce
qu'on assiste à
la
thermondisation de la fonction régalienne.
Et
là, à Marseille, il y
a
eu une expression curieuse.
Il
a dit, en fait, le 17, ça s
'est
bien passé. Le 24, ça s'est plutôt bien passé. Et donc, il faut
que
le 24 soit un modèle
d
'ordre.
Un
modèle d'ordre public.
C
'est le modèle. C'est l'idéal. Voilà.
Comme
dit Nunez, ça s'est globalement bien passé.
Comme
disait Georges Marchais à propos de l'Union soviétique. Un bilan globalement positif. Et donc, en d'autres termes, si on comprend bien ce qu'a dit Emmanuel Macron,
quand, en
France,
les
commerces sont fermés le week-end,
que les
villes sont désertées,
que
tout le monde est aux abris,
que
les musées sont fermés,
et
qu'il
y
a 70 000 policiers dans toutes les rues de France,
alors,
c'est un modèle d'ordre.
C
'est tout ce qu'on peut faire de mieux.
Alors
qu'il s'agit d'un échec flagrant de la puissance publique. En réalité,
la
fonction régalienne
est
en faillite.
Et
nous assistons à la désagrégation de la société.
C
'est très grave ce qui se passe en France aujourd'hui.
Jamais je
n'ai connu un tel climat.
Alors,
on nous dit, il
y
a la liberté de manifester, qui est constitutionnelle.
Et
la liberté d'aller et venir, elle n
'est
pas constitutionnelle. Or, elle n'est plus garantie. Entre la liberté de manifester et la liberté d'aller et venir, je choisis la liberté d'aller et venir. C'est ça, gouverner.
Et
la liberté du commerce, ce n
'est
pas une liberté constitutionnelle, ça ? Dans un pays qui est littéralement à plat sur le plan de la croissance et qui n
'a
pas de budget, qui n
'a
pas de budget,
un
pays qui est en capilotade
sur
le plan économique.
Ce
qu'on assiste, c'est en fait
la
peur qui s'installe,
la
peur avec le confinement sécuritaire,
la
peur avec l'auto-protection, c'est un mot qu'on n'entendait pas quand j'étais petit.
L
'auto-protection avec les émeutiers qui tiennent la rue
et
les délinquants qui tiennent le prétoire. Ensuite,
la
propriété qui est garantie dans la déclaration des droits de l'homme,
la
propriété n'est plus assurée.
La
propriété, face à la radia, elle n'existe plus.
La
propriété, le droit de propriété n'existe plus. D'ailleurs, Mélenchon,
le
grand animateur, le grand Manitou du désordre,
a
expliqué récemment dans une émission qu'il fallait remettre en cause le droit de propriété.
Donc,
on va vers une soviétisation progressive
de
toutes nos libertés.
À
commencer par la propriété, c'est la radia qui l'emporte sur la propriété. On s'habitue d'ailleurs, quand on entend les hommes politiques cette semaine, c'est extraordinaire, finalement, ils sont les rois contreplaqués. Donc, ils disent, il faut que les commerciants se protègent. Ah bon
? Comme
si c'était naturel.
C
'est
qu
'on a basculé dans un monde absurde qui est contraire à toute forme de bon sens.
Et
puis, l'autorité, où est-elle ? Elle n'existe plus.
Il
n'y a plus d'autorité familiale.
Où
sont les pères
?
Où sont les mères
? Où
est l'autorité éducative ? L'autorité de l'école
? On
ne peut pas dire aux élèves, à partir de lundi, maintenant,
vous
rentrez. Et ceux qui ne rentrent pas, tant pis, ils perdent leur année. c'est-à-dire qu'il faut un peu de poigne. Péguy disait, le français est poignard. Poignard, la poigne, l'autorité.
Quant
à l'autorité régalienne, elle n'existe plus. Là, ils ont voté au Sénat la loi casseur-payeur. Bon, ils savent très bien qu'elle va être annulée par le Conseil constitutionnel,
au
nom de l'individualisation de la peine, etc. C'est-à
-dire
qu'en fait, il n'y a plus de poigne,
il
n'y a plus d'autorité, il n
'y
a plus de volonté au sommet de l'État.
Je
hasarde un mot que je retiens. Il n
'y
a plus...
Il
faudrait un mec,
un
vrai, à poigne.
Parce
qu'à un moment donné,
il
faut choisir entre le désordre et la fermeté. Et la fermeté, ça relève du caractère,
d
'un caractère fort.
Quand
on veut être président de la République, il faut en avoir les moyens à la fois intellectuels et psychologiques.
C
'est très difficile. Et alors, moi, ce qui me frappe,
c
'est qu'il n
'y
a rien d'anticipé dans tout ça.
Ils
n'ont pas anticipé
ce
qui peut se passer.
L
'anticipation,
c
'est vraiment le premier don
d
'un homme d'État.
L
'anticipation.
Qu
'est-ce que ça veut dire l'anticipation ? Ça veut dire l'anticipation, par exemple, de
l
'épuisement des commerçants.
Là,
on assiste à la mort lente
du
commerce et de l'économie.
Combien
de temps ça va durer
? Ils
vont tous mourir. Ils sont dans le désespoir et personne ne leur parle.
Combien
de temps ça va durer
? Ça
va durer jusqu'à Noël
?
Jusqu'à la présidentielle
? Il
faut faire quelque chose. Ensuite,
à
quoi ça sert
? Je
me mets à la place d'un commerçant. À quoi ça sert
de
remplir ma vitrine avec des denrées que je veux exposer, dont je suis fier ?
S
'il faut, tous les samedis, mettre un contreplaqué pour obstruer la vitrine.
Et
puis,
il
y
a
une autre question
qui
est encore plus grave.
C
'est
à
quoi sert la liberté d'entreprendre ? Où est la liberté d'entreprendre ? Est-ce la fin de la liberté d'entreprendre
? Parce
que si on ne peut pas vendre, bientôt, on ne pourra plus produire. Ça ne sert à rien de produire.
On
aura du trop-plein.
Et
donc, en fait, c'est toute l'économie qui, petit à petit, va s'éteindre.
Ça,
c'est la première chose. L'épuisement des commerçants. Deuxièmement, l'épuisement des forces de l'ordre. Parce qu'on ne va pas mettre 70 000 personnes dans la rue week-end après week-end. Parce que là, la prochaine fois, c'est le 5 novembre. Ça recommence.
Donc,
il y
a
un problème de rotation, j'imagine.
il
y
a
un problème de respiration. Les policiers, ils ont une famille. Il faut qu'ils puissent se reposer.
Et
il y a un risque. C'est crosse en l'air, menottes à terre
et
rupture d'allégeance.
Parce
que les policiers,
ils
voient la France mieux que nous. Ils voient la France du désordre.
Et
il y
a
de quoi être désespéré.
Il
y a 2 000 policiers blessés. Donc, quand ils partent maintenant, demain, quand ils vont partir avec leur gilet pare-balle, ils ne savent pas dans quel état ils vont revenir chez eux. Combien de temps ça peut durer ? Ça ne peut pas durer longtemps. Ça ne peut plus durer longtemps. Autre élément,
c
'est le plan de guerre de LFI.
Qu
'est-ce que veut Mélenchon ? Il veut la guerre dans la rue jusqu'à la présidentielle. Donc, qui va céder le premier
?
Mélenchon est un révolutionnaire. Mélenchon, c'est Robespierre en Keffier.
Et
donc,
pour
lui, la révolution,
c
'est revolverer,
c
'est le désordre. Tout à l'envers. Et tout à l'envers tout le temps.
voilà. Ensuite,
un autre élément
qui
est sans doute le plus grave,
c
'est le risque du passage du pillage de rue
au
pillage d'appartements.
C
'est-à-dire que,
si
vous me permettez cette expression, je dirais que
jusqu
'à présent, le
commerce
est devenu un pillage
et
maintenant,
à
partir de demain,
le
pillage pourrait devenir un commerce.
Pourquoi
? Parce qu'on a constaté cette semaine,
ce
que nous ont dit les services de renseignement, c'est qu'en fait, les biens qui ont été volés le week-end
du
17 et du 24 sont revendus ensuite dans les quartiers.
Donc,
en fait, le pillage est un commerce
après
que le commerce soit devenu un pillage. C'est une inversion,
c
'est une nouvelle cité, nouvelle manière de commercer, une nouvelle manière d'échanger, une nouvelle manière de vivre, un nouvel art de vivre,
la
radia
de
la Mecque. Et puis, enfin,
et
c'est le point capital, cette semaine, je me suis renseigné,
toutes
les âmes de France ont été dévalisées.
Et
comme le disait tout à l'heure Éric Nolo, il y a énormément de gens qui s'inscrivent dans les stands de tir.
Et
donc, les gens sont en train de s'armer.
En
disant les uns aux autres, puisque l'État ne peut plus nous protéger, il faut qu'on reféodalise la sécurité.
Donc,
chacun se fait son petit château fort pour le vie, avec les digicodes qui remplacent la douve
et le
drone qui remplace le donjon.
Mais, on
revient
au
temps carolingien. C'est une régression
avant
l'État moderne.
L
'État moderne de Hobbes et de Max Weber qui disait
l
'État est détenteur
de
la violence légitime. La violence légitime au sens de la force. le monopole de la violence légitime. C'est fini. C'est terminé, il
n'y
a plus d'État.
Justement, puisque vous parlez de l'État régalien, beaucoup de commentateurs insistent sur les défaillances de l'État régalien. Comment expliquez-vous, Philippe De Villiers, ces défaillances
? On
a Macron.
Je
ne
sais
pas si on pourra en parler, mais Macron attrape... On
va en parler dans un instant.
10
années de Macron, il n
'y
a plus d'État.
Alors,
les défaillances de l'État régalien, je trouve que
l
'expression est juste, mais elle est un peu faible.
C
'est-à-dire qu'on devrait dire que l'État se liquéfie.
Il
n'y a plus d'État régalien. Cette semaine,
il
y a deux choses, moi, qui m'ont frappé dans l'actualité.
et
qui se rapportent à votre question.
La
première chose qui m'a frappé, qui est passée totalement inaperçue,
c
'est que la commission de Bruxelles, la commission européenne,
a
prévenu la France qu'elle n'accepterait pas,
à
n'importe quelle condition, que la France finance six réacteurs nucléaires supplémentaires.
Elle
a tout accepté pour le gaz, pour l'Allemagne, mais pour la France, non.
Et
alors, on nous parle
comme
condition de l'interconnexion, etc. Je ne
vais
pas vous en compter avec les détails techniques, mais en gros, la politique énergétique de la France ne se décide plus en France.
C
'est clair. C'est une clarté solaire.
C
'est donc la commission de Bruxelles, les commissaires de Bruxelles qui décident de ce qu'on peut faire comme politique énergétique en France. Deuxième
deuxième
fait, c'est
l
'adresse du préfet de police,
il
s'est repris après, mais quand même,
qui
dit aux commerçants protégez-vous vous-même.
C
'est
immense,
c'est énorme. C'est-à
-dire
que l'État dit aux commerçants nous passons de la puissance publique à l'impuissance publique
non
possumus.
Et
je ne
sais
pas si vous vous souvenez, Eliott,
je
crois, ici même, nous avions parlé un jour
d
'une déclaration de Macron qui avait surpris
en
parlant de la société de vigilance.
C
'était après Gros Lardon Crépole.
Il
avait dit
il
faudra que les Français s'habituent
à
la société de vigilance. On lui avait dit c'est quoi la société de vigilance ? Il dit il faut se retourner.
Il
faut que chacun fasse attention quand il sort dans la rue.
La
société de vigilance. Et à l'époque, on disait de l'être complètement tapé. On y est.
La
société de vigilance, ça consiste à dire aux commerçants en chaussure, si tu veux protéger tes chaussures, c'est plus pour les vendre maintenant, c'est pour les abriter des barbares qui vont venir te visiter le week-end prochain puis le week-end d'après puis le week-end d'après. C'est ça la société de vigilance. Bon travail. En fait, la souveraineté
nous
manque.
Il
n'y a plus de souveraineté. Il faut que les Français comprennent ça. Je voudrais l'expliquer en deux phrases.
la
souveraineté, c'est
l
'exercice d'une puissance qui ne relève d'aucune autre et qui n'en admet aucune en concours avec elle.
Si
on comprend cette définition de la souveraineté,
on
voit
que le
pays n'est plus souverain.
La
souveraineté, elle a un double aspect. Il y
a
la souveraineté externe et la souveraineté interne.
Ils
ont perdu les deux.
Et
c'est pourquoi ça va si mal.
Et
c'est pourquoi on est incapable de rétablir l'ordre. La souveraineté externe, c'est quoi la souveraineté externe
? C
'est la capacité
de
lutter contre les hégémonies et les empires.
Pas
de problème, sauf qu'on est dans un empire non impérial comme disait Barroso,
l
'empire de la norme.
En
d'autres termes,
c
'est très concret ce que je dis.
Est
-ce qu'on peut protéger la France contre les Black Blocs ? Non,
puisqu
'on ne tient pas notre frontière.
Ce
n
'est
pas nous qui tenons la frontière. C'est fini. Schengen.
Est
-ce qu'on peut décider de qui entre en France et de qui n'entre pas
? C
'est-à
-dire
de qui va composer la population française
? On
ne peut plus, c'est Bruxelles.
Est
-ce qu'on peut décider de notre diplomatie, par exemple, ne pas, comme a dit Marine Le Pen, ne pas envoyer nos petits Français se battre dans une guerre qui n'est pas la nôtre ? Non, ça dépend de l'OTAN. Et donc, en fait, pour notre sécurité, même pour notre sécurité, pas simplement pour nos lois, pour notre sécurité, pour la sécurité du peuple français, la France n'est plus souveraine. Elle ne peut plus lutter contre les hégémonies et les empires.
Quant
à la souveraineté interne, dit la souveraineté externe, la souveraineté interne, la souveraineté interne, elle se trouve en but à deux dérives incroyables
que
je rappelle, je viens d'en parler. Premièrement,
l
'État n'est plus capable d'assurer l'ordre,
il
transmet le flambeau aux citoyens, protégez-vous.
Alors
aujourd'hui, c'est en ville, bientôt ce sera la campagne, jusqu'ici c'est les magasins, demain ce sera les appartements. Première faillite de la souveraineté interne. Et deuxième faillite de la souveraineté interne, pardon,
c
'est évidemment la République des juges.
Puisqu
'on a vu depuis le 17 octobre, dans des plaises de M. Darmanin,
qui
est un excellent communicant, mais qui est un ministre qui rappelle la phrase de Peggy sur Kant, il a les mains pures mais il n
'a
pas de mains. Donc, il n'a plus la possibilité de commander son ministère, donc il ne
faut
pas qu'il raconte d'histoire. Bon, c'est une catastrophe, en fait. La justice,
c
'est une catastrophe. Cette privatisation idéologique depuis Badinter consiste à dire que la prison, c'est l'école de la récidive,
donc
on ne sanctionne plus et on considère que c'est chacun qui définit le mal et le bien, en fait. Il n
'y a
plus de sol moral commun, c'est-à
-dire
de morale supérieure au-dessus de soi et qu'on peut transmettre à ses propres enfants. Donc, en fait,
il
n'y a plus de souveraineté
et
quand il n'y a plus de souveraineté,
alors
il n'y a plus d'État. C'est le drame que nous vivons aujourd'hui.
L
'État s'occupe de mille choses de notre quotidien.
On
a un État totalitaire du point de vue de l'investissement quotidien. Il s'occupe de tout, de toute notre vie, y compris
de
la question de la vie et de la mort qui ne regarde pas l'État. Mais il est incapable d'assurer la fonction pour laquelle il a été inventé.
quand
on regarde la vie de Clovis,
avant
Clovis, il y avait la faïda. C'est-à-dire qu'en fait, on se faisait justice soi-même,
par
tribu interposée.
On
revient à cela. On y va tout droit.
Allons
à présent, Philippe Devilliers, sur l'attentat terroriste, raciste de Trappes et de la Verrière la semaine dernière. Un hommage citoyen a été rendu ce vendredi avec une prise de parole. C'était il y a quelques instants du maire de Trappes à l'Irabet qui a expliqué entre autres que le RN a transmis la haine, mesuré le danger de la propagande de Pardela et Le Pen,
a
-t-il dit le discours de haine contamine la société. À la tribune, voilà pour les propos d'Ali Rabet ce vendredi soir qui refusait, par exemple, lorsqu'il a fait une conférence de presse cette semaine, que les équipes de CNews puissent être présentes notamment à l'Assemblée nationale. Mais vous souhaitez revenir d'abord sur, et puisqu'on avait quitté notre plateau et cette émission la semaine dernière sur Emmanuel Macron, Philippe de Villiers, la déclaration d'Emmanuel Macron à l'hôtel de Ville de Trappes. Depuis une semaine, les commentaires pleuvent.
Je
vous propose de l'écouter.
Ce
qui s'est passé aujourd'hui, je le dis, c'est un tournant parce que c'est la première fois
qu
'il y a un acte terroriste planifié
pour
tuer nos compatriotes,
nos
enfants,
à
raison de leur couleur de peau
ou
de la religion qu
'on
leur donne.
Et
quelques jours plus tard, dans un autre média, il avait parlé du climat à Trappes. Il a précisé ses propos en ciblant la responsabilité du Rassemblement National, ce qu'a fait nommément et directement le maire de Trappes ce soir.
Je crois
qu'il y
a
des mouvements politiques qui ont laissé s'installer cela à l'extrême droite
et
qu'il y a
le
Rassemblement National, ceux qui leur sont proches
et
qu'il y
a
une forme de désinhibition des propos.
Il y a
un racisme d'atmosphère.
Et
on voit sur les plateaux, dans les propos, des choses qui faisaient réagir avant beaucoup plus. Geoffroy Lejeune.
Alors
Philippe, quelle appréciation faites-vous des termes utilisés par le Président de la République
?
Lamentable, minable, misérable, odieux, ignominieux. Auparavant, je voudrais quand même dire une chose,
c
'est que
moi
je suis français.
Je
suis un français attaché
aux
valeurs qui ont fondé
ce
pays, ce vieux pays, recrut d'épreuve. un français de civilisation.
On
peut être français de civilisation quand on reçoit une civilisation dans ses veines, on peut aussi être un français de civilisation quand on choisit la France. Et être un français de civilisation, ça veut dire mettre au-dessus de soi quelques valeurs absolues. Et parmi ces valeurs absolues, il y a la valeur de la vie. Et donc,
ma
première pensée avant de répondre à votre question, puisqu'on parle du drame de Trappes, c'est de me tourner vers les familles blessées
ou
en deuil.
Je
pense à la petite jeune fille de 12 ans
qui
lutte contre
la
mort.
Et
je pense à la victime
et
à sa famille.
En
fait,
je
parlais avec des Français,
des
voisins hier soir, et
on
disait ensemble
que
c'est une société déjantée.
Et
donc, pour qu'il
y ait
un crime comme ça, il faut que le criminel, que le suspect, n'ait rien reçu ou ait tout rejeté. Camus disait un homme, ça s'empêche.
C
'est ça la civilisation.
Mais
ça va plus loin que ça la civilisation.
C
'est le décalogue, tu ne tueras pas. Et on est dans une société au carrefour de l'hédonisme, du narcissisme et du consumérisme. Donc je fais ce que j'ai envie de faire.
Je
sors avec une kalachnikov, un fusil mitrailleur et je tue dans la rue parce qu'il y
a
des choses qui me déplaisent.
Ça,
c'est l'anti-société.
Et
le sujet sur lequel on devrait tous se penser. C'est ça.
C
'est
comment
retrouver une société
qui
nous sorte de la déliaison.
La
déliaison.
La
déliaison, c'est une société dans laquelle on cible son voisin sans holker.
Juste
comme ça.
Parce
qu'on est dans le virtuel.
C
'est épouvantable.
Mais
ce qui est épouvantable aussi,
c
'est que quand il y
a
un drame comme celui-là qui appelle le recueillement, le silence et
la
retenue.
La
retenue parce qu'on est dans un pays où il y a des esprits faibles
de
tous côtés.
Et
donc, il y a des risques d'engrenage.
Et
donc, le rôle de l'homme d'État, c'est de
faire
attention à chaque mot qu'il utilise.
Or,
ce qu'a fait Emmanuel Macron,
en
fait, il se promène avec un bac de braise
qu
'il met sous le fagot. Partout
où
il le peut. Dès qu'il le peut.
Donc,
il a dit vendredi soir,
nous
étions en pleine émission, c'est la première fois qu'il y a en France
un
crime terroriste raciste. Mensonge.
Ce
n
'est
pas la première fois
qu
'il y a un crime terroriste.
Tous
les Français savent qu'il y
a
eu le Bataclan. Il y a quelques heures,
j
'ai entendu les cloches qui sonnaient sur CNews
à
Nice
pour
le sixième anniversaire
de
l'attentat de Nice
pour
les victimes
qui
ont été tuées dans la basilique.
Et
on pourrait multiplier les exemples, évidemment, les enfants juifs de Toulouse, les pères cachères, etc. etc.
Tous
les Français savent que ce n
'est
pas la première fois qu'il y
a
un acte terroriste. Ensuite, il a dit la première fois qu'il y
a
un
acte
raciste.
il
a oublié Crépaule. Crépaule, c'était un acte raciste.
Il
a fallu trois ans pour que la justice,
dans
le dossier d'instruction, émette l'hypothèse du racisme anti-blanc.
Parce
qu'en France, il n'y
a
pas de racisme anti-blanc. Ah bon
?
Apparemment pas.
Il
va peut-être quand même falloir qu'on ait du racisme une vision une
vision
juste.
Une
vision qui soit vraie
et
non pas une vision idéologique. Ensuite,
il
est allé plus loin
et
c'est encore plus grave.
Il
a dit
voilà,
il y a des discours ambiant
qui
porte un racisme d'atmosphère.
Je
le cite de tête mais c'est à peu près ça.
Un
discours ambiant. Racisme d'atmosphère.
Il
insulte les Français. Pourquoi
? Parce
qu'il procède à quelque chose qu'il a lui-même dénoncé
avec
toute la société de connivence.
C
'est l'amalgame.
Quand
il y
a
eu le meurtre de Lola, quand il y
a
eu le meurtre de Philippines, quand il y
a
eu le meurtre de
Thomas, d
'Elias, etc.
Et
quand il y a eu le Bataclan.
La
phrase, la grande phrase c'était tu n'auras pas ma haine et pas d'amalgame.
Pas
d'amalgame. C'est devenu presque un substantif.
Le
pas d'amalgame.
Et
là, qu'est-ce qu'il fait ? Il fait un amalgame.
C
'est-à-dire qu'en fait, il fait du tueur
le
porte
-drapeau,
le porte-parole, l'interprète de millions et de millions de Français qui sont des tueurs,
qui
seraient des tueurs,
parce
qu'en fait, ces millions et ces millions de Français qui s'apprêtent à voter pour le Rassemblement national ou pour des partis de droite
qui
sont tous englobés dans la même opprobe, sont considérés comme ayant armé le tueur.
C
'est ça qu'il a dit.
Donc,
pas d'amalgame.
Mais
ensuite, et ce qu'il y a de plus grave,
c
'est la définition du racisme.
Parce
que, en fait, le racisme est devenu une arme de vitrification.
Je
m'explique. Aujourd'hui,
il
suffit d'écouter les médias
et
les hommes politiques.
Si
vous dites que vous êtes contre l'immigration invasive,
vous
êtes raciste.
Si
vous dites que vous êtes contre l'islamisation galopante,
vous
êtes raciste et islamophobe.
Si
vous dites que vous êtes
pour
la France éternelle,
vous
êtes raciste.
Et
donc, en fait, nous sommes devant une tentative de culpabilisation collective de tout un peuple.
Et
c'est Macron qui est à la manœuvre.
Avec
ses proxys, dont Mélenchon.
La
post-France fait alliance, fait la courte échelle à l'après-France.
C
'est la non-France.
Moi,
ce que j'aurais à dire à Emmanuel Macron, c'est la chose suivante.
Pour
avoir beaucoup parlé avec lui,
je
me souviens
d
'une rencontre
où
nous évoquions
le
départ
de
son ministre de l'Intérieur qui l'affectait beaucoup, Gérard Collomb.
C
'est en octobre 2018, sauf erreur de ma part. Gérard Collomb venait de dire
nous
sommes aujourd'hui côte à côte, j'ai peur qu'un jour nous soyons face à face.
Tout
le monde a compris ce qu'il voulait dire.
Et
je me souviens au cours de cette rencontre, Emmanuel Macron
me
dit quelle est selon vous Philippe la question majeure ?
Je
dis celle qu'a posé votre ministre de l'Intérieur et qui s'en va.
Ça
devrait vous faire réfléchir. attention au face à face.
Et
là il prie un témoin Brigitte qui dit Philippe a raison. Attention au face à face.
Et
je lui redis aujourd'hui vous n'avez pas fait attention au face à face.
Vous
laissez derrière vous
une
France fracturée, multifracturée, multiconflictuelle, multiculturelle. Ah les apprentis sorciers du multiculturalisme.
Ça
fait 50 ans qu'on nous explique
qu
'on va libaniser la France. Parce que là-bas c'est un pays nous disait-on dans les années 70 où coule le miel et l'encens.
On
a libanisé la France.
Et
aujourd'hui le sang coule.
en
fait
c
'est pas du racisme d'atmosphère qu'il faudrait parler. C'est
du
malaise
du
mal-être d'atmosphère.
Le
mal-être
le
mal-être
de
ceux qui sont les héritiers
et
de ceux qui sont les arrivants
et
qui partagent
une
souffrance intime.
Il
y
a
un peuple neuf
qui sait
très bien d'où il vient
qui
ne sait rien du pays où il arrive
et
on ne fait rien pour
lui
faire aimer.
Et
puis il y a un peuple exténué
qui
dans le souci incompréhensible de la répudiation de l'héritage se met à détester la demeure qui est la sienne depuis un bimillénaire.
En
d'autres termes
nous
souffrons de ce que les sociologues appellent l'oïkophobie. Oïkos
le
domicile en grec.
La
phobie de la demeure.
La
phobie de l'endroit où on vit. C'est-à
-dire
qu
'il
n'y
a
plus personne pour tenir la maison. Les héritiers se mettent à détester leur passé. Les arrivants se mettent à détester leur présent.
Et
donc
quand
je pense à Emmanuel Macron que je le vois parler doucement avec une espèce de sérénité hypocrite
alors
qu'il est en train de mettre le feu au pays.
Je
pense à Musset qui s'adresse à Voltaire. Dors-tu content Voltaire ? Et ton hideux sourire voltige-le-t-il encore sur tes eaux décharnées
?
Ce siècle doit te plaire car tes hommes sont nés. Oui Macron, tes hommes sont nés.
Ils
vont détruire la France.
On
a parlé d'Emmanuel Macron, on parlera du système politique dans quelques instants. Je voudrais qu'on revienne également sur le système médiatique. À travers un exemple, l'exemple du journal Le Monde, Philippe De Villiers, qui a affirmé en début de semaine que des tracts du Rassemblement National avaient été retrouvés dans la voiture du suspect
de
l'attaque terroriste de trappe. Le procureur du parquet national antiterroriste a démenti cette fausse information et entre-temps, la presse mais également les responsables politiques avaient massivement relayé cette information en considérant que finalement il faisait un lien direct avec le RN. Philippe De Villiers, que faut-il penser du comportement du système médiatique dans ce drame à travers cette information, fausse information du monde en début de semaine ?
Moi, j'aurais la tentation pour vous répondre de mettre les choses en perspective.
Je
partirai d'abord du tweet de Manon Aubry.
Je
pense qu'elle ne l
'a
toujours pas retiré.
À
la suite
de
la fake news du monde sur le tract dans la voiture
du
tueur présumé, Manon Aubry a tweeté Marine Le Pen a du sang sur les mains.
Elle
n
'a
même pas retiré son tweet. En tout cas, il est resté longtemps son tweet.
Il
est resté jusqu'à hier.
Vous
vous rendez compte
où
on en est
? Alors,
qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'en fait,
moi
qui connais la presse depuis 50 ans,
la
presse, elle a glissé petit à petit à l'abîme.
Il
y avait encore 20 ans, 30 ans en tout cas,
une
presse contradictoire. Et les journalistes se respectaient les uns les autres par-delà leurs opinions respectives. Il y avait une espèce de confrérie.
C
'était sympathique.
il
y
avait
un esprit corporatiste même.
C
'était une corporation. On était journaliste.
C
'était vécu comme un honneur
et
une joie partagée.
Là,
aujourd'hui,
on
a une presse presque unanime,
à
part CNews,
et
l'ensemble du groupe qui a l'honneur de travailler sous les auspices d'un homme que j'admire énormément, un grand capitaine d'industrie qui s'appelle Vincent Bolloré,
qui
sauve l'honneur
parce
qu'il sauve la vérité.
À
part ça, quand on voit l'autre jour Apolline de Malherbe qui joue la dimiche en face de M. le maire de Trappes,
ils
s'écrasent tous.
Ils
ont peur.
Ils
sont dans la dimitude.
C
'est-à
-dire
qu'en fait, ils appliquent à la lettre le roman « Soumission » de Michel Houellebecq.
Et
en fait, en réfléchissant, en réfléchissant tout haut avec vous, je me dis,
j
'ai envie de vous parler de ce que j'ai vécu le moment de bascule.
La
presse développe un militantisme anti-français. La presse développe un militantisme communautariste, migrationniste, multiculturaliste, bon, c'est clair.
Mais
d'où ça vient, ça
? Ça
vient d'un tournant, comme dirait Macron.
Et
le tournant, c'est 1984.
Je
l'ai vécu, ce tournant, de très près
pour
l'avoir combattu
en
vain.
Qu
'est-ce qui se passe en 1984
? Il
se passe une chose absolument incroyable. Les Français sont mis en accusation.
on
est sous Mitterrand.
Les
Français sont mis en accusation, c'est-à-dire que on dit,
la
gauche dit,
et
la droite se tait et elle accepte.
La
gauche dit, les Français
ont
été,
ont
persécuté les Juifs pendant la guerre
et
aujourd'hui persécutent les immigrés.
C
'est le moment où Pierre Berger,
qui
est un des grands prêtres de cette opération,
qui
s'appelle SOS Racisme, dit de Harlem Désir qui conduit l'opération SOS Racisme, il dit,
et
Harlem est un des moments de la conscience humaine. Rien de moins.
Ça
va loin.
Et
alors, c'est quoi ce moment de la conscience humaine,
voilà
que
on
fabrique à l'Elysée
des
petites mains jaunes déclinées de l'étoile jaune.
Vous
avez compris.
Et
on fait accrocher à la boutonnière les petites mains jaunes
à
toutes les étoiles médiatiques.
Je
me souviens qu'à l'époque,
je
ne citerai personne, sauf Yves Montand et Simone Signoret, et j'ai dit à Yves Montand que je connaissais bien qui était un ami quand il est venu au Puy du Fou, etc., je lui
ai
dit pourquoi tu portes ça ? Il me dit sinon quoi ? Dans le monde du cinéma, donc c'était une voie d'accès.
Ah ! pour
avoir la possibilité de tourner, il fallait avoir la petite main jaune.
En
fait, c'était une captation de la Shoah par les lobbies immigrés.
C
'est-à-dire, le migrant remplace le prolétaire
vu
que le prolétaire,
on
n'en veut plus puisque de toute façon, on a choisi, nous les socialistes à l'époque, les socialistes ont choisi la mondialisation heureuse,
le
libre-échange,
donc
la fin du socialisme,
donc
le migrant remplace le prolétaire et le peuple migrant devient le nouveau peuple élu.
C
'est à ce moment-là qu'on installe, souvenez-vous, non, vous étiez trop jeunes, le droit à la différence.
Le
droit à la différence, en fait, c'est le multiculturalisme. Venez comme vous êtes. Donc c'est la fin du principe traditionnel de l'assimilation en France. Et c'est le moment où
arrive
le journal Globe qui va être le journal de référence
comme
on dit aujourd'hui du monde. Le journal Globe avec Bernard-Henri Lévy
et
qui dit nous sommes cosmopolites, nous exéquerons tout ce qui ressemble au Bignou, à l'accordéon, à la baguette, au béret, à tout ce qui est franchouillard. Tout ça nous est insupportable.
C
'est l'époque où Bernard-Henri Lévy, je voudrais bien lui rappeler ça quand même, écrit l'idéologie française. Il faut voir ce que c'est que l'idéologie française, son livre. Et donc, c'est l'époque où toute la gauche tombe à bras accourcis sur la France.
C
'est là que ça commence. Et
qu
'est-ce qu'ils disent tous ces gens-là ? Ils disent
«
La France devrait se taire
parce
qu'elle a mauvaise haleine.
La
France, elle a la tripe vilaine.
Elle
a
le
regard infecté,
la
bouche ampuantie. La gauche, la France, c
'est
le mal absolu
parce
qu
'elle
nourrit le ventre fécond
qui
génère la bâtiment monde.
La
France, dans toutes
ses
expressions les plus intimes, charrie des vomissures barbares. Elle est comparable à ces diables brûlants qui crachent des laves rejoyantes. La France doit
battre
sa coulpe. s'excuser
d
'exister. SOS racisme. SOS racisme
est
né en 1984, s'est développé
et
plus SOS raciste s'est développé, plus il y
a
eu de raciste.
Je
me souviens de Baudrillard, le sociologue, qui dit « En fait, SOS raciste c'est comme SOS baleine. SOS baleine, c'est-à
-dire
SOS baleine lutte pour qu'on protège et qu'on conserve
et
qu'on sauve les baleines.
SOS
raciste veut sauver les racistes, c'est-à
-dire
fabriquer des racistes
de
peur d'en manquer.
Et
ça, c'était l'époque avant Mélenchon, avant la Nouvelle-France. C'est-à
-dire
que le racisme était encore conçu à titre individuel.
Un
Français pouvait être raciste, il n'était pas forcément.
Alors
que maintenant il est survenu, je ne
sais
pas si on va en parler, avec Mélenchon, à qui on n'a pas encore fait l'honneur quand même. Mais le temps défile, parce qu
'il
nous reste un peu moins de 15 minutes. D'accord. Et donc, à l'époque, le racisme était facultatif, maintenant il est obligatoire. C'est un racisme systémique. Le racisme systémique. C'est-à
-dire
que vous ne pouvez pas y échapper. T'es blanc, t'es raciste. T'es français, t'es raciste.
Bon, vous parliez de la peur du système médiatique et de la manière dont se sont comportés cette semaine les médias. Je voudrais qu'on parle quand même de cet échange qui vous a marqué. Vous souhaitiez absolument y revenir à l'Assemblée nationale entre M. Lecornu et Ali Rabet qui était présent à l'Assemblée nationale et qui, je le rappelle, ne voulait pas voir de micro ces news dans les quatre colonnes. Ça a été les dires de Benjamin Lucas, député écolo, qui était très heureux de venir sur le plateau il y a de cela quelques années. Voyez la séquence entre Sébastien Lecornu et Ali Rabet qui était à la tribune.
Le
maire de Trapp a répété de nombreuses reprises depuis plusieurs jours une phrase que je trouve juste et M. Le Maire, je me permets de la reprendre à mon compte, c'est qu'il y a des discours, en tout cas, il y a des gens qui portent des discours et des mots qui finissent par armer d'autres qui, eux, passent à l'acte. Je fais mienne complètement cette phrase et ça nous rappelle donc aussi qu'il faut lutter de la manière la plus claire qu'il soit devant toute forme de recours à la violence, devant toute forme de racisme, devant toute forme d'antisémitisme, devant toute forme de discrimination, d'homophobie. Bref, dans la République, le combat pour ses valeurs, il ne se fait pas à la carte.
Geoffroy Lejeune.
Alors Philippe, quelle signification vous donnez-vous à cette séquence de fraternisation pour le moins surprenante
? Alors,
il y a deux personnages face à face, il y en a qui est dans la tribune, Ali Rabet
et
le Premier Ministre.
Ça,
c'est une séquence qui m'a marqué. Ali Rabet, c'est quelqu'un qui a eu maille à partir avec
un
homme que j'admire qui s'appelle Didier Le Maire, professeur de philosophie,
qui
a mis fin à l'enseignement parce qu'il a été menacé
et
il a été vraiment poursuivi par Ali Rabet, le maire de Trapp, qui lui a fait des misères
parce
que Didier Le Maire, quatre mois après
l
'assassinat de Samuel Paty,
a
dit Trapp c'est une ville islamiste.
Enfin,
il a parlé de l'emprise islamiste.
En
fait, il n'a fait que reprendre tout ce qui était écrit partout,
y
compris dans le monde avec Ariane Chemin et Raphaël Baquet qui avait fait un livre là-dessus. Donc, l'humanité, tout le monde titrait l'emprise islamiste de Trapp, tout le monde, etc.
Et
donc, voilà, il a quitté l'enseignement, il a gagné ses procès contre Ali Rabet,
mais
enfin, il a tout perdu.
Donc
ça, ça m'avait marqué. Deuxième chose qui m'a marqué, c'est quand même la présence d'Elias d'Inzalem. Lorsqu'il a fait sa conférence de presse à Ali Rabet, en présence de M. Nunez,
il
y
a
une semaine. Alors, il a dit, ah non, non, c'est pas moi. Non, il s'est présenté comme journaliste, mais le coq de la mosquée a chanté. et d'Inzalem, lui, il
a
dit, mais on se connaît bien, pourquoi il dit ça ? C'est un menteur, voilà, bon, donc on ne saura jamais la vérité.
En
revanche, ce que je sais et qui m'a vraiment profondément choqué, c'est que
le
samedi matin,
Ali
Rabet,
un
maire
qui
a des morts dans sa commune, des blessés, des familles en deuil, qu'est-ce qu'il fait ? Il fait la tournée du deuil.
Il
va voir les familles, il réconforte, le maire, il est consolateur. Ah, là, pas du tout, là.
Là,
il prend sa voiture, il file à Orléans pour manifester contre le Rassemblement National.
Ah,
bon.
Donc,
en fait, il y a un vague petit côté instrumentalisation, quand même. Et alors,
la
dernière,
je
viens de voir ça tout à l'heure, vous allez démentir cette information ou l'a confirmée, il a demandé qu'une loi soit déposée, qu'une proposition de loi soit déposée
pour
que le grand remplacement et la remigration, ces deux termes, soient considérés comme des délits
et
qu'ils envoient leurs auteurs en prison. Alors ça, c'est quand même extraordinaire.
En
d'autres termes, ils ont envoyé Mélenchon en prison. Alors d'abord, la remigration,
c
'est quoi ?
La
remigration, c'est quand on dit
les
OQTF doivent partir de France.
Ça,
c'est la remigration. Ils doivent repartir chez eux. Bon.
Quand
on dit un jeune qui a la double nationalité, marocain, tunisien ou algérien, qui demain casse, comme il a la double nationalité, il faut qu'il reparte chez lui.
C
'est la remigration. Quant au grand remplacement, c'est quand même qu'on casse.
à
Toulouse,
dans
une intervention remarquée, Mélenchon a dit
mais
le grand remplacement, c'est nous. La nouvelle France, c'est le grand remplacement, c'est-à-dire le remplacement d'une population par une autre.
Et
puisqu'on parle de Mélenchon,
il
dit je veux une France créolisée, créolisée par le mélangisme invasif.
C
'est quoi la France créolisée ? C'est un changement de population. C'est quoi la France créolisée ? Créolisée. C'est du racisme. Ces gens-là sont des racistes. Et d'ailleurs, ils ont inventé une dialectique incroyable, personne ne dit rien, tout le monde reprend ça dans la presse. Les racisés, les non-racisés. Alors, vous, vous êtes des non-racisés,
tout
blanc, tout moche. Et quelqu'un qui est racisé, c'est quelqu'un qui a le droit de dire les non-racisés sont des racistes.
c
'est ce qui permet à Mélenchon de dire qu
'il
y
a
un racisme d'État. La police est raciste. Pourquoi ? Parce que les institutions sont racistes. C'est quoi le racisme systémique ? C'est l'idée que de toute façon, tu n'y peux rien.
T
'es blanc, t'es raciste. T'es français, t'es raciste. C'est ça le racisme systémique. C'est le Wokistan.
Au
pays du Wokistan qui est une glaciation intellectuelle, quiconque n'est pas racisé devient raciste. Alors moi, je me lève et j'espère que beaucoup de Français vont se lever en disant maintenant, ça suffit.
Philippe Devillé, on va essayer pour les cinq dernières minutes de cette émission de justement non pas se lever mais s'élever et souffler un peu dans ce climat qui est effectivement anxiogène. Il y a deux actualités qui vous ont marquées. Celle du 11 novembre où des syndicats dénoncent le caractère obligatoire des cérémonies commémoratives et accusent cette mesure de nuire à l'éducation nationale.
Et
puis, dans le même temps, ce week-end,
c
'est vrai qu'il y a beaucoup de questions d'Halloween, la nuit des ténèbres.
C
'est la menace demain soir, samedi soir après les manifestations et plus personne ne parle de la Toussaint. Et vous vouliez et parler durant quatre minutes de la Toussaint et du 11 novembre.
Oui,
juste avant d'entrer dans le studio, je vous ai dit que
j
'avais été bouleversé
par
deux informations qui
sont
arrivées en même temps.
La
première, c'est qu'on ne parle plus de la Toussaint.
On
parle d'Halloween,
la
terreur des ténèbres. Et on parle dans un article du Figaro
que
j'ai lu tout à l'heure juste avant d'entrer en studio.
il
a dit que les syndicats d'enseignants,
etc.,
refusent
de
commémorer le 11 novembre. Je fais le lien entre tout ça,
si
vous me permettez.
Alors
d'abord,
moi,
quand j'étais petit, quand j'étais enfant, nos parents nous emmenaient le jour de la Toussaint.
On
allait fleurir les tombes et on allait sur les tombes des voisins.
Et
je me souviens que mon père nous disait toujours
les
enfants,
tant
que les tombes seront fleuries au cimetière de Boulogne,
elles
étaient toutes fleuries.
Ça
veut dire que, ça voudra dire qu'il reste une civilisation.
Une
civilisation, c'est quand on fleurit
la
tombe
où
reposent
les
aïeux.
C
'est une manière de leur dire
vous
nous attendez,
on
vous attend.
c
'est l'idée d'une espérance, la Toussaint.
La
fête de tous les saints.
C
'est en fait
la
communion des saints. En fait, la communion des saints, je me dis, mon papa, ma maman, ma soeur sont morts.
Je
ne peux pas le croire. Le jour de la Toussaint, spécialement,
je
me dis, la communion des saints, ça veut dire qu'ils m'envoient de la vie.
Ils
m'envoient du courage, la vie qui me manque, le courage qui me manque. un filament laser, invisible,
la
communion des saints. Et
hier, en
entrant dans le cimetière de Boulogne,
pour
voir si les tombes de ma famille étaient bien fleuries,
grâce
à mon frère Bertrand,
j
'ai pensé à
une
confidence de Jérôme Fourquet,
qui
a dit récemment,
aujourd
'hui,
il
y a 45%
des
chrétiens
qui
choisissent
la
crémation à l'inhumation. Ça veut dire qu'en fait, comme le marquis de Sade, il considère que
non
seulement la vie est finie avec la mort,
ce
qu'on peut respecter, c'est une conviction, mais qu'en plus,
il
faut la disperser
dans
le souvenir même des vivants.
C
'est-à-dire,
non
seulement refuser
la
petite luciole d'espérance,
peut
-être qu'il
y a
quelque chose, on ne sait pas, mais en plus de ça, refuser que quiconque derrière moi se souvienne.
Et
enfin,
le
11 novembre.
Le
11 novembre,
c
'est la fête, c'est la commémoration de nos morts.
J
'ai fait un lapsus
que
je ne rattrape pas, au contraire.
C
'est Roland d'Orgelès qui dit qu
'il
faut qu'une société oublie, mais qu'elle se souvienne.
L
'oubli est nécessaire à la jeunesse
pour
qu'elle agisse.
mais
le souvenir est tout aussi nécessaire. Pareil aux étangs transparents dont l'eau limpide dort sur un lit de bourbe, le cœur de l'homme filtre les souvenirs et ne garde que ceux des beaux jours. Tout le reste est trop lourd, tout le reste tombe au fond. On oubliera,
dit
Orgelès.
Le
problème, c'est que si une société oublie le 11 novembre, c'est-à
-dire
nos morts, nos héros, nos pères, nos grands-pères,
et
si une société oublie ses morts
parce
qu'on
verse
dans la crémation universelle, il n'y
a
plus de souvenirs, il n
'y a
plus de passé.
Et
comme l
'a
dit Orwell, quand une société n'a plus de passé,
elle
meurt d'elle-même.
Elle
meurt
d
'oubli.
Elle
s'oublie elle-même et elle est oubliée. Ainsi disparaissent ces civilisations. La différence entre une civilisation et un homme, c'est que
pour
une civilisation, la décomposition suit la mort.
Pour
un homme, la décomposition la précède.
Merci Philippe de Villiers. Permettez-moi de rappeler votre ouvrage Résurrection,
puisque
c'est un week-end de la Toussaint, on peut en parler, le retour de la France éternelle, aux éditions Fayard. Rendez-vous dans quelques secondes pour l'heure des pro 2. Merci Philippe de Villiers et à la semaine prochaine. Merci Agiotte, merci Geoffrey. Merci Geoffrey. Avec une surprise. Je ne dis rien. Vous avez vu dans mon sourire qu'il y avait une surprise, mais pour l'instant, je ne dis rien.
Philippe de Villiers