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Conférence de presseBFM TV (sur YouTube)· 27 octobre 2026 7 minAutoproduitActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsJustice

Minute de silence à l'Assemblée après l'attentat dans les Yvelines: les mots du maire de Trappes

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00Invité politiqueFait
    « L'image que je veux retenir c'est celle-là, celle de la représentation nationale debout. Cette minute de silence solennelle où pendant un instant au moins la représentation nationale était unie pour reconnaître la gravité du moment. »
  • 0:00Invité politiqueFait
    « J'ai pu observer comme vous toutes et tous une absence éloquente, celle de Marine Le Pen. »
  • 0:44Invité politiqueFait
    « J'ai également envie de partager avec vous ma frustration. La frustration de d'avoir vu un ancien Premier ministre de la République consacrer 30 secondes à l'évocation de l'attentat »
  • 1:27Invité politiqueFait
    « Il y a une forme d'indécence d'ailleurs dans cette réponse à renvoyer dos à dos, je reprends ses termes, ultra droite et ultra gauche alors que le discours de l'extrême droite vient d'armer la main d'un terroriste qui a tenté de faire des dizaines de morts. »
  • 2:11Invité politiqueFait
    « Car le périple du tueur l'a mené auprès de deux mosquées et ce n'est pas une coïncidence. Il l'a conduit à cibler une fillette et plusieurs femmes parce qu'elles portaient le voile. »
  • 2:54Invité politiqueChiffre
    « J'observe qu'à l'occasion de ces deux derniers mandats, depuis 10 ans, depuis que nous avons tous collectivement fait barrage à Marine Le Pen en 2017, les rangs de l'extrême droite se sont considérablement garnis, passant de huit députés à près de 90 aujourd'hui. »
  • 3:38Invité politiquePromesse
    « Et bien, il faudra, je le crois, dans les mois, les années qui viennent, se donner les moyens d'assainir cette institution, de d'organiser le cordon sanitaire aussi ici, au sein de la représentation nationale »
  • 5:03Invité politiqueFait
    « Je l'ai dit et je le répète, nous sommes un seul peuple, un grand peuple qui doit être uni dans sa diversité et qui doit en faire une richesse. »
  • 5:47Invité politiqueFait
    « l'extrême droite dorénavant n'est plus masquée. Vous la voyez dans toute la cruauté de sa violence. »
  • 6:31Invité politiquePromesse
    « J'espère que le camp présidentiel que la droite républicaine retrouveront leurs esprits et sauront dire dès maintenant, sans attendre un éventuel second tour avec la qualification de Marine Le Pen qu'ils feront barrage à l'extrême droite en utilisant tout bulletin qui permettrait de préserver la République. »

Temps de parole

  • Ali Rabeh100 %

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Ali Rabeh

L'image que je veux retenir c'est celle-là, celle de la représentation nationale debout. Cette minute de silence solennelle où pendant un instant au moins la représentation nationale était unie pour reconnaître la gravité du moment. J'ai pu observer comme vous toutes et tous une absence éloquente, celle de Marine Le Pen. La candidate du parti d'extrême droite qui n'a manifestement pas pu soutenir le regard de la famille Le Pen Go et qui a brillé par par son absence. J'ai également envie de partager avec vous ma frustration.

La frustration de d'avoir vu un ancien Premier ministre de la République consacrer 30 secondes à l'évocation de l'attentat et passer immédiatement en balayant cette séquence d'un revers de la main à l'évocation des troubles qui traversent le pays et des revendications sociales légitimes du weekend dernier. J'ai [grognement] été frustré aussi de ne pas entendre ce que je continue d'espérer, une ministre répondant à plusieurs questions gouvernement et qui ne trouve pas la force de regretter ses propos tenus sur un plateau télé où elle considérait que la théorie du grand remplacement était une théorie légitime qui méritait débat.

J'ai également été surpris de voir le Premier ministre Sébastien Lecornu dans une réponse confuse à la présidente Chatelain évoquer le cas de Quentin de Rank. Il y a une forme d'indécence d'ailleurs dans cette réponse à renvoyer dos à dos, je reprends ses termes, ultra droite et ultra gauche alors que le discours de l'extrême droite vient d'armer la main d'un terroriste qui a tenté de faire des dizaines de morts. J'ai été surpris aussi frustré de ne pas obtenir de réponse à la demande de la présidente Chatelain réitérée de bien vouloir décider un hommage national dans les prochains jours pour marquer d'une pierre blanche cet événement traumatique pour la nation.

Et enfin, j'aurais aussi aimé entendre prononcer le mot islamophobie dans la bouche des représentants du gouvernement. Car le périple du tueur l'a mené auprès de deux mosquées et ce n'est pas une coïncidence. Il l'a conduit à cibler une fillette et plusieurs femmes parce qu'elles portaient le voile. Et si certaines ont eu la vie sauve, c'est simplement parce que l'arme de l'assassin a déraillé.

J'ai été glacé, je ne vous cache pas, de d'observer les rangs de l'extrême droite qui matérialisent bien ce qu'est la montée en puissance de l'extrême droite dans les têtes, dans les esprits et au sein de l'Assemblée nationale, au sein de la représentation du peuple français, j'observe qu'à l'occasion de ces deux derniers mandats, depuis 10 ans, depuis que nous avons tous collectivement fait barrage à Marine Le Pen en 2017, les rangs de l'extrême droite se sont considérablement garnis, passant de huit députés à près de 90 aujourd'hui. J'observe aussi que dans cette assemblée deux vice-présidents sont issus des rangs du Rassemblement national.

Les digues ont sauté successivement et nous avons été quelques-uns à le dénoncer et à voir venir les périls qui ne cessent de croître. La vice-présidente de l'Assemblée a été digne quand elle a appelé à la minute de silence et dans le choix de ses mots. Elle a été plus digne que quand elle a concerné, quand elle a considéré que l'arc républicain ce n'était pas le sujet au moment d'attribuer ces deux vice-présidences à l'extrême droite.

Et bien, il faudra, je le crois, dans les mois, les années qui viennent, se donner les moyens d'assainir cette institution, de d'organiser le cordon sanitaire aussi ici, au sein de la représentation nationale, et de veiller à ce qu'aucun militant, député, élu de l'extrême droite ne puisse s'asseoir au perchoir à l'avenir. Et j'espère que les forces politiques républicaines sauront se rassembler, reconstituer cet arc républicain pour ne pas donner cette triste image que de voir des députés RN présider au débat de l'Assemblée nationale. Mon sentiment général, c'est celui de la frustration, la déception, un peu de colère, je vous le cache pas, et le sentiment que pas grand-chose ne changera.

En tout cas, pas dans cet hémicycle, pas dans sa configuration actuelle. L'espoir que les prochains mois seront l'occasion d'une prise de conscience collective au-delà de des rangs de l'Assemblée nationale au sein du peuple français, dans la société française, dans vos médias y compris, et que nous nous donnerons les moyens de démasquer la dangerosité de l'extrême droite qui est singulière, qui ne se compare à aucune autre, qui fait des morts. Il n'y a pas, je crois, dans cette assemblée de représentants des autres idéologies qui font des morts. En revanche, l'extrême droite française pèse lourd dans cette assemblée.

C'est la responsabilité des forces politiques, dans leur diversité, toutes celles de l'arc républicain, de créer les conditions pour que l'élection présidentielle et l'élection législative qui suivra ne permettent plus l'élection d'un nombre aussi massif de parlementaires du Rassemblement national qui prônent la discrimination raciale à travers la préférence nationale et qui prépare la guerre d'une France contre l'autre. Je l'ai dit et je le répète, nous sommes un seul peuple, un grand peuple qui doit être uni dans sa diversité et qui doit en faire une richesse.

Je le dis aux Français qui nous regardent, l'Assemblée nationale, telle qu'elle est composée, n'augure rien de bon pour l'avenir de notre pays, de notre grande nation.

Pour ceux qui ont déjà élu des députés RN, pour ceux qui s'apprêtent à en élire de nouveaux, pour ceux qui seraient tentés par le vote pour Marine Le Pen, je veux dire gravement que les événements que nous avons vécus ces derniers jours pourraient se répéter et que armer la main de ceux qui déjà considèrent que ils sont en croisade contre une partie de la population française, inciter des Français à se radicaliser davantage, persévérer dans le discours, des discours de haine, sans respecter le minimum de délai de décence nécessaire après l'attentat terroriste qui a frappé ma ville vendredi dernier, l'extrême droite dorénavant n'est plus masquée.

Vous la voyez dans toute la cruauté de sa violence. Vous devez toutes et tous prendre la conscience du péril qui nous menace collectivement. Et faire en sorte dans les débats de la gauche, dans les débats des formations politiques républicaines de ne jamais laisser penser à quiconque de nos compatriotes que les dangers se valent, que les menaces sont équivalentes. J'espère que le camp présidentiel que la droite républicaine retrouveront leurs esprits et sauront dire dès maintenant, sans attendre un éventuel second tour avec la qualification de Marine Le Pen qu'ils feront barrage à l'extrême droite en utilisant tout bulletin qui permettrait de préserver la République.

Voilà ce que j'ai à vous dire en réaction liminaire à à cette séance de questions au gouvernement qui je crois ne laissera pas un sentiment enthousiaste à la population de ma ville.