Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 31 janvier 2020 25 min

Brexit, municipales, candidature d'Edouard Philippe au Havre, présidentielle en 2022... Le "8h30 franceinfo" de Nicolas Bay

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

Bonjour Nicolas Bay, avant de parler du Brexit dans un instant puisque c'est le jour J à Londres, un mot de la déclaration de candidature d'Edouard Philippe qui confirme qu'il sera donc bien candidat au municipal dans la ville qu'il a déjà dirigée il y a quelques années, celle du Havre, c'était il y a quelques minutes au micro de nos confrères de France Bleu Normandie.

0:22
Édouard Philippe

J'ai décidé d'être candidat au Havre parce que je pense que dans une démocratie, c'est l'élection qui fait la légitimité. Si les Havres me font confiance, j'ai vocation à redevenir maire et je redeviendrai maire quand ma mission à Matignon s'achèvera.

0:37
Invité

C'est courageux de sa part ? Je ne crois pas qu'il y ait un grand courage, en réalité il est comme n'importe quel citoyen, il a le droit de se présenter aux élections, le seul problème c'est qu'il dit si je suis élu, je resterai à Matignon donc je ne serai pas maire. Donc il y a quand même une petite incohérence. Le Havre, moi je connais bien, c'est ma région, on est au Havre dans la situation caricaturale des relations incestueuses entre la République en marche et les républicains.

C'est-à-dire qu'en réalité c'est une liste commune, ce que ne dit pas Edouard Philippe, c'est une liste commune entre la République en marche et les républicains avec le maire actuel à qui Edouard Philippe a donné son fauteuil. Il se trouve qu'Edouard Philippe vient des républicains et qu'il est aujourd'hui l'un des chefs de la majorité qui est en marche. Certes, mais les républicains qui se présentent ou qui essayent de faire croire qu'ils sont une vraie opposition à la République en marche, on voit que c'est tout le contraire. On est en pleine relation incestueuse entre ces deux parties et la Normandie est un peu un laboratoire en quelque sorte de cette droite totalement macronisée.

Il y a un autre problème que pose cette candidature d'Edouard Philippe, c'est que la France va très mal, on a un niveau de tension rarement atteint dans l'histoire récente de notre pays. On a le Premier ministre qui nous dit que pendant six semaines, il va consacrer sans doute une large partie de son temps à faire campagne aux municipales au Havre. Est-ce que la France, dans sa situation actuelle, peut se permettre d'avoir un Premier ministre à temps partiel ? Je ne le crois pas. Pour vous, il déserte ses responsabilités ? Non mais il sera en campagne je suppose quand même. Il précise qu'il sera en campagne le week-end que c'est une campagne municipale, c'est ce que dit Edouard Philippe.

D'accord, excusez-moi mais être Premier ministre de la France, ça occupe aussi le week-end, je pense que ça n'a échappé à personne. Donc il est évident qu'il ne consacrera pas tout le temps et l'énergie nécessaire à sa fonction à Métignon. Et encore une fois, dans la situation du pays, c'est quand même aussi une préoccupation. Aller à la rencontre des électeurs, Nicolas Bess, ce n'est pas aussi quelque chose qui fait partie de la mission d'un Premier ministre ? Honnêtement, c'est tout à fait respectable. Et donc de se soumettre au suffrage ?

C'est respectable, mais à ce moment-là, la cohérence ce serait de dire, je renonce à mes fonctions ministérielles, je me présente aux élections municipales pour ensuite occuper la fonction pour laquelle je concours au suffrage des Français. Y compris dans la période de crise que vous venez de décrire. Il devra annoncer qu'il va quitter Métignon. Et bien à ce moment-là, il reste à Métignon, il n'est pas candidat au municipal. Mais là, on voit qu'on est en pleine ambiguïté, c'est-à-dire qu'il se présente au municipal, il va passer du temps à faire campagne sur place au Havre, au détriment des affaires du pays. Et puis ensuite, il va rester à Métignon.

2:48
Présentateur

Nicolas Bay, ce soir minuit, les Britanniques, minueurs françaises, les Britanniques vont donc quitter l'Union Européenne. Voici comment le Parlement Européen, dont vous êtes l'un des membres, a réagi à l'annonce du vote sur le Brexit. C'était avant-hier à Bruxelles. Voilà, les eurodéputés qui entonnent pour la plupart d'entre eux, en tout cas, une vieille chanson écossaise dont la traduction française est « Ce n'est qu'un au revoir ». Vous étiez où, vous ? À ce moment-là, vous n'avez pas chanté ?

3:25
Invité

Comment vous avez trouvé cette scène ? Ça relève de la mise en scène, précisément. On devrait préparer de manière sereine nos relations futures avec le Royaume-Uni. C'est un grand pays, voisin, allié, ami. Dramatiser ce Brexit me paraît être à la fois une insulte au peuple britannique qui a fait ce choix souverain.

3:46
Présentateur

Chanter, ce n'est qu'un au revoir, ce n'est pas forcément dramatique. C'est plutôt sympathique.

3:50
Invité

Mais en réalité, ceux qui chantaient ne voulaient pas du Brexit, ne voulaient pas mettre en œuvre la décision souveraine du peuple britannique. Et il faut dire ce qui est. Depuis trois ans et demi, ça, depuis le vote au référendum, tout a été fait dans les institutions européennes pour essayer d'empêcher que le Brexit ait lieu, ou même parfois, certains, que le Brexit ait lieu dans la pire des conditions. Et en particulier, certains ne se cachaient à peine de leur volonté d'avoir un nouveau référendum pour essayer de...

4:19
Présentateur

Ce qui a bloqué pendant des mois, Nicolas Bay, c'est qu'il n'y avait pas de majorité, tout simplement, chez les Britanniques pour faire passer le Brexit. Pour une raison simple, c'est que le texte... Ce qui fait qu'il n'y avait pas de majorité derrière Boris Johnson jusqu'aux dernières élections.

4:30
Invité

Le texte négocié entre Theresa May et Michel Barnier, c'est un texte qui était inacceptable. Inacceptable pour le peuple britannique, inacceptable pour la Chambre des communes. Pourquoi ? Parce qu'en réalité, ce texte, il consistait à maintenir le Royaume-Uni dans tous les dispositifs de l'Union Européenne et à utiliser la question très sensible de la frontière irlandaise pour finalement les empêcher de sortir du marché commun. Mais ce texte avait été validé par la chef du gouvernement du Royaume-Uni, donc c'était bien une crise interne, une crise politique interne au Royaume-Uni. Bien sûr, mais le problème, c'est que Theresa May était contre le Brexit.

Et quand vous avez deux personnes qui négocient, mais qui sont toutes les deux sur la même ligne politique, eh bien, on aboutit à un texte qui n'est pas du tout en phase de ce que les électeurs attendaient. Qu'est-ce qu'il a fait Boris Johnson ? Et il a obtenu une large majorité et une large légitimité démocratique. Eh bien, il a réglé le problème en disant, bon, le problème de la frontière irlandaise n'est pas un vrai problème. Donc, on va faire en sorte que les produits qui arrivent sur l'île d'Irlande, eh bien, soient, comment dire, taxés en fonction de leur destination. Soit ils restent en Irlande et c'est des normes européennes qui s'appliquent.

Soit il va sur le reste, enfin, au Royaume-Uni, et à ce moment-là, ce sera les règles spécifiques nouvelles qui s'appliqueront. Donc, en fait, il y avait un moyen d'agler assez vite le problème. En quelques semaines, il a obtenu une modification du texte et il a débloqué la situation. Maintenant, ça pose un problème plus général et une question plus large. C'est, est-ce qu'on ne peut pas enfin réfléchir à un autre modèle européen ? C'est-à-dire, on a aujourd'hui le Royaume-Uni qui sort. Parallèlement à Bruxelles, ils veulent faire l'élargissement avec l'Albanie, infester l'Islamine, l'Irlande, l'Irlande... C'est une bonne nouvelle pour vous, le Royaume-Uni.

Ce n'est pas, ce n'est ni une bonne ni une mauvaise nouvelle, ça montre simplement... C'est un modèle à suivre, c'est un modèle à suivre. Non, non, le Royaume-Uni a toujours été très réticent à l'égard des institutions européennes. Ils n'étaient pas dans Schengen, ils n'étaient pas dans l'euro. Ils ont fait le choix d'en sortir parce qu'ils n'en pouvaient plus de ce carcan coercitif, attentatoire aux souverainetés nationales. Eh bien, ça doit être une alerte, ça doit être considéré comme tel. On doit prendre en compte cette préoccupation qui s'exprime ailleurs en Europe. Si l'Europe est une prison, comme vous le dites, vous souhaitez que la France en sorte ?

Je ne suis pas en train de vous dire que c'est une prison, je disais qu'il faut tout changer. Donc vous souhaitez que la France en sorte ou pas, Nicolas Bey ? Écoutez, si on ne veut pas que demain, l'Union européenne sous sa forme actuelle se disloque totalement, eh bien on doit tout changer du sol au plafond. Changer dans les orientations politiques, être capable de protéger nos frontières, être capable de protéger notre économie et changer dans le fonctionnement, en finir avec une commission européenne qui détient aujourd'hui l'essentiel, qui accapare l'essentiel des pouvoirs et qui essaye d'imposer sa vision aux États membres, aux gouvernements qu'ont la légitimité.

On le voit aujourd'hui, ils ont tout fait pour que ça se passe mal avec les Britanniques. Ils multiplient aujourd'hui les attaques contre la Pologne et la Hongrie, simplement parce que ces pays-là ne veulent pas de la submersion migratoire. Ils veulent faire rentrer la Macédoine ou l'Albanie, qui sont des pays corrompus, infestés par l'islamisme. Voilà, donc en réalité... Mais on l'a vu sur le Brexit, c'est le Parlement européen qui a eu le dernier mot. C'est lui qui a validé l'accord, c'est pas la commission. Non, ça n'est pas exact. En réalité, c'est la décision... On l'a vu cette semaine, c'est le Parlement européen qui a voté, qui a aidé cet accord.

Oui, mais cette validation, elle n'empêchait pas de toute façon la sortie de l'Union européenne. Pourquoi ? Parce que c'est négocié entre la Commission européenne et le gouvernement britannique. Et une fois que le texte est adopté par la Chambre des communes, il était exécutoire. Et en réalité, le vote du Parlement européen a une valeur essentiellement symbolique.

7:39
Présentateur

On va évoquer le retour médiatique de François Fillon hier soir à la télévision. Vous nous regarderez si vous avez passé la soirée devant France 2. Vous nous direz si vous avez passé la soirée devant France 2 dans un instant. Nicolas Bay, d'abord un coup d'œil à l'actualité. Il est 9h20. Édouard Margué.

7:51
Invité

Édouard Philippe a pour ambition de redevenir maire du Havre. Le Premier ministre se déclare tête de liste pour les municipales sur France Bleu Normandie. En cas de victoire, il restera à Matignon et laissera un de ses colistiers à la mairie. L'Union européenne passe de 28 à 27 pays. L'Europe est à l'aube d'une ère nouvelle. Les présidents des trois institutions européennes l'écrivent dans une tribune dans Le Parisien Aujourd'hui en France et publié dans tous les pays de l'Union. Le Brexit a lieu officiellement à minuit, trois ans et demi après le référendum.

Face au virus chinois, l'urgence internationale est décrétée par l'OMS, l'Organisation Mondiale de la Santé, qui s'inquiète d'une propagation dans des pays dont les systèmes de santé sont plus faibles. Selon le dernier bilan, en Chine, 213 personnes sont mortes de cette maladie. En France, une sixième personne a contracté le virus. Mauvaise nouvelle pour l'économie. L'INSEE annonce un ralentissement de 0,1% au quatrième trimestre à cause des grèves. Notamment, cela ne remet pas en cause les fondamentaux solides, commente le ministre de l'économie Bruno Le Maire.

8:52
Présentateur

France Info. Et tout est plus clair. Toujours avec l'eurodéputé du Front National, Nicolas Bay a trois semaines de son... Le Rassemblement National. Qu'est-ce que j'ai dit ? Du Front National. Du Front National, pardon, c'est la vieille école. Du Rassemblement National. Nicolas Bay, l'ancien Premier ministre François Fillon, doit affronter son procès dans trois semaines, notamment pour détournement de fonds publics. En attendant, il était sur, non pas Antenne 2, mais France 2. Vous voyez, je me suis mis à la page. Hier soir, je vous propose d'en écouter un extrait.

9:17
Locuteur non identifié

C'est pour défendre l'honneur de ma femme et de ma famille. Mon épouse a été... Son honneur a été déchiqueté dans cette affaire. Et quand je pense à ce qui s'est passé et à ce qu'on a écrit sur elle, je pense à cette phrase de Victor Hugo. Les méchants a couru pour déchirer ta vie, l'ont prise entre leurs dents, et les hommes alors, avec envie, se sont penchés pour voir dedans. Et vous a convaincu François Fillon ?

9:48
Invité

J'ai regardé une partie de l'émission. Moi, je lui reconnais le droit, évidemment, de pouvoir se défendre. Il aura l'occasion de le faire sur le plan judiciaire. Il le fait devant l'opinion publique. C'est normal. Je pense qu'il y a des questions auxquelles il devra répondre. Et beaucoup de Français ont été choqués. Ils ont été choqués des révélations successives le concernant. Le sentiment, voilà, que... L'accusation, en tout cas, c'est que son épouse n'aurait pas du tout travaillé. Et donc, ça aboutirait à une situation, finalement, d'enrichissement personnel. Moi, je ne porte pas d'accusation. Ce sera à lui d'apporter les éléments...

10:18
Présentateur

D'autant que des soupçons d'emploi fictif, il y en a aussi dans votre parti en ce moment, Nicolas Bay.

10:21
Invité

Non, mais ça n'a rien à voir. Puisque nous, l'affaire des assistants parlementaires, puisque c'est à ça que vous faites référence, on nous dit... Personne ne conteste le fait que nos assistants parlementaires ont travaillé. On nous dit simplement qu'ils n'auraient pas travaillé dans le cadre de l'activité parlementaire. Vous auriez été payé par Bruxelles alors qu'ils travaillaient pour vous à Paris. Voilà, mais ce que nous contestons formellement. En revanche... Ce qui est illégal aussi.

Oui, sachant que le fonctionnement d'une assemblée parlementaire, est-ce que réellement, au nom de la séparation des pouvoirs, on doit avoir l'institution judiciaire qui décortique le travail, qui dissèque le travail des parlementaires, ça pose un problème démocratique. Mais je vais vous dire, soyons très concrets, vous m'invitez ce matin, je suis heureux d'apprendre à votre invitation, est-ce que vous m'invitez comme dirigeant du Rassemblement national ou est-ce que vous m'invitez comme député européen ? Les deux, l'occurrence. Voilà, exactement. Et parce qu'en réalité, ce n'est pas dissociable. Mais nous, on n'est pas la loi, Nicolas Bay.

11:07
Présentateur

Nous, on n'est pas la loi. Nous, on invite une personnalité politique qui a deux casquettes. La loi fait la différence aujourd'hui.

11:12
Invité

Non, elle ne fait pas la différence. Il n'y a aucun texte qui est clairement le périmètre de l'activité parlementaire et qui le dissocient du reste de l'activité politique. Et poussons la réflexion jusqu'au bout. Si un de mes collaborateurs m'a préparé une fiche, par exemple, sur le Brexit qu'on a évoqué il y a quelques instants, est-ce qu'il est dans son rôle ou est-ce qu'il n'est pas dans son rôle ? Moi, je considère qu'il est dans son rôle parce que ça relève de mon activité parlementaire. Donc, vous voyez bien, en réalité, on aura l'occasion, et il y aura sans doute des différentes étapes judiciaires qui nous permettront de nous expliquer. Nous n'avons pas enfreint la loi.

Nos collaborateurs travaillent aux côtés de nos parlementaires. Et le travail parlementaire ne se limite pas à ce qui se passe dans les murs à Bruxelles. Mais il est légitime de savoir à quoi servent les fonds publics qui sont versés aux députés européens, si c'est bien à leur tâche de parlementaire européenne. Voilà, exactement. Donc, effectivement, Marine Le Pen devra, comme vous, d'ailleurs, vous êtes vous aussi mis en examen pour détournement de fonds publics, comme Marine Le Pen, vous devrez vous expliquer devant un tribunal ? Oui, et d'ailleurs, nous l'avons déjà fait largement.

Dans le cadre des procédures administratives et des premières étapes de la procédure judiciaire, on a démontré que nos collaborateurs ont travaillé dans un travail politique correspondant à notre activité parlementaire. Et encore une fois, l'activité parlementaire, elle ne se sépare pas. On reste parlementaire et qu'on paie quand on n'est pas dans l'enceinte du Parlement européen. Moi, j'interviens comme parlementaire dans les médias. On intervient comme parlementaire quand on se déplace partout en France.

Donc, ça n'est pas au juge de définir ce qui relève ou non de l'activité parlementaire, sachant de surcroît qu'aucun texte ne précise clairement ce qui relèverait de l'activité parlementaire.

12:36
Présentateur

Marine Le Pen est mise en examen dans cette affaire, tout comme vous. Le plus simple, donc, c'est un procès. Maintenant, pour s'expliquer, c'est ce que vous souhaitez rapidement. Je pense qu'il aura lieu, ce procès. Avant la présidentielle, sans doute.

12:45
Invité

Je ne sais pas, parce que le temps judiciaire est parfois long. Mais, en tout cas, nous, depuis le début, nous nous sommes expliqués, à la fois dans le débat public, à la fois lors d'auditions avec les services de police ou de justice. Donc, nous n'avons rien à nous reprocher. Nous l'avons clamé haut et fort. Et je crois aussi que les Français ont compris qu'aujourd'hui, il y a une forme d'utilisation de l'institution judiciaire, qui d'ailleurs discrédite l'institution judiciaire. Le fait qu'il y ait des interférences incessantes entre le travail de la justice et les processus démocratiques et électoraux. C'est-à-dire qu'il ne faudrait pas de mise en examen des politiques en cas de soupçon.

Je ne dis pas ça. Je dis simplement, pour revenir à l'affaire Fillon, qu'on évoquait tout à l'heure, indépendamment du fond et des accusations dont il fait l'objet et sur lesquelles il doit s'expliquer, et qui ont choqué les Français légitimement, il y a une vraie question. Est-ce que c'est normal que la justice... Vous êtes cambriolé, vous êtes volé ou agressé, eh bien souvent, la justice va prendre deux ans, trois ans, quatre ans, avant d'enclencher les différentes étapes judiciaires qui aboutissent à la condamnation de votre agresseur. Pour François Fillon, c'est à l'évite. Pour Marine Le Pen, on ne peut pas dire la même chose.

Dans le cas de François Fillon, en quinze jours, on a eu la mise en examen, les perquisitions, etc. Donc on voit bien que l'institution judiciaire est utilisée et manipulée sans doute par une minorité. Je ne dis pas que tous les magistrats participent à cette méthode, mais ça pose un vrai problème parce que ça délégitime totalement l'institution judiciaire en tant que telle.

14:08
Présentateur

Et donc ça pose un grave problème démocratique. La question des municipales avec les ambitions de votre parti, Renaud Delis.

14:14
Invité

Les élections municipales, c'est effectivement dans maintenant quelques semaines. Le premier tour sera le 15 mars. Vous aviez 1600 conseillers municipaux sortants, mais on constate qu'en 2014, vous en aviez beaucoup plus. Il y a plus de 30% des conseillers municipaux élus sous l'étiquette du Front National en 2014 qui vous ont quitté au cours des six dernières années. Non, ce n'est pas tout à fait vrai. Un peu plus de 30%. Les autres parties, c'est en moyenne autour de 15%. Vous avez quand même souffert d'une déperdition. C'est dû à quoi ? Et est-ce que là, vous vous êtes davantage assuré peut-être du professionnalisme ou de la loyauté des élus qui vous présentez ?

Je pense d'abord que nos élus sont au moins autant professionnels que les autres. Ensuite, je veux dire, au moins autant rigoureux, ce ne sont pas des politiques professionnelles. Ils ont souvent une activité à côté, mais ils ont exercé leur mandat d'élus, souvent dans l'opposition, dans certains cas dans la majorité, avec beaucoup de rigueur et de sérieux. Je conteste les chiffres que vous indiquez. En réalité, il y a environ 15% de nos élus qui, c'est vrai, pour certains ont quitté la Rassemblement National, ça existe partout et dans tous les partis. Pour d'autres, simplement, c'est des élus qui déménagent, c'est des décès, et donc c'est les suivantes listes qui siègent.

Et donc, ce n'est pas des élus qui sont perdus pour notre parti. On a fait un gros travail en 2014 d'implantation locale, on va le poursuivre en 2020.

15:22
Présentateur

Où est-ce que vous avez fixé la barre pour ce scrutin ?

15:24
Invité

1 600 conseillers sortant, vous avez fixé un objectif ? Non, on n'a pas fixé l'objectif parce que vous savez, il y a autant de situations que de communes. Évidemment, en fonction de la configuration, du nombre de listes, du nombre de listes qui sont en second tour, est-ce que c'est un duel, est-ce que c'est une triangulaire ou parfois même des quadrangulaires. 600 listes en 2014. Voilà, il y avait 600 listes en 2014.

15:43
Édouard Philippe

Là, il y en a un peu moins. On verra, on verra.

15:45
Invité

Notre objectif, c'est d'atteindre un niveau d'implantation, c'est un nombre de listes présentées qui soit assez proche de celui de 2014, et puis ensuite d'avoir beaucoup d'élus. Mais que les choses soient claires, le but, ce n'est pas simplement la performance électorale, ce n'est pas simplement avoir des listes ou avoir des bons scores. Le but, c'est d'améliorer concrètement la vie des Français.

16:01
Présentateur

Mais c'est d'être le premier parti de France au soir du second tour ?

16:03
Invité

Notre objectif, c'est de, vous savez, l'implantation locale, ça ne se fait pas en une seule élection. C'est un long processus qui a été initié en 2014, on partait de rien en 2014 ou de presque rien. Donc on va le poursuivre et l'amplifier dans les villes qui sont dirigées par la Rassemblement National aujourd'hui. On a baissé les impôts partout. On a maintenu un haut niveau d'investissement sans augmenter la dette. On a mis fin au gaspillage, au clientélisme, au communautarisme qui trop souvent caractérise la vie des collectivités locales. Donc on a un excellent bilan. Personne ne le conteste.

D'ailleurs, j'entends très peu de critiques argumentées sur le bilan des élus, des mairies du Rassemblement National. Eh bien, ce qu'on a fait à petite échelle dans une dizaine de communes avec succès, on peut le faire dans beaucoup d'autres villes à partir du 22 mars prochain. Nicolas Bay, au début de cet entretien, vous reprochiez à Edouard Philippe, candidat au Havre, de cacher son étiquette, la République en Marche et les Républicains, d'après vous. Pourquoi est-ce que votre candidat à Perpignan, Louis Alliot, fait la même chose et se présente comme un candidat sans étiquette ? Je ne lui reprochais pas de cacher son étiquette à Edouard Philippe.

Tout le monde sait qu'il est le Premier ministre d'Emmanuel Macron. Simplement, je lui reprochais de faire, je fais le constat, c'est même pas un rapproche, je fais le constat qu'ils font une liste commune, la République en Marche et les Républicains. Pourquoi la plus grande ville que vous espérez prendre, c'est bien, c'est la République en Marche et les Républicains ? Tout le monde connaît Louis Alliot, tout le monde sait qu'il est un député du Rassemblement National, il a une notoriété très grande à Perpignan. Donc c'est un candidat du Rassemblement National ?

Non mais il n'est pas que le candidat du Rassemblement National, il est évidemment une personnalité, un parlementaire du Rassemblement National. Mais aujourd'hui, il est en situation peut-être de gagner à Perpignan, c'est évidemment ce que je souhaite, et il souhaite rassembler au-delà. C'est la logique municipale. Pour gagner, il vaut mieux cacher son étiquette ? Pas du tout, c'est la logique de l'intérêt local. Quand on défend les intérêts d'une commune, qu'on veut améliorer concrètement la vie d'une commune, on ne se limite pas à des étiquettes politiques, on a un projet pour la ville. Et si le gagne, ce sera une victoire du Rassemblement National ?

Bien sûr, ce sera une victoire du Rassemblement National, mais ce sera une victoire de tous ces colistiers, d'une équipe qui est constituée de personnalités du Rassemblement National, mais aussi de personnes qui viennent d'autres horizons. Et c'est une bonne chose. Et d'ailleurs, c'est un principe que nous appliquons pour d'autres élections. Quand aux élections européennes, Thierry Mariani, qui est un ancien ministre de Nicolas Sarkozy, nous a rejoint, quand nous investissons Andréa Cotarac, qui vient de la France Insoumise, comme tête de liste métropolitaine à Lyon, on montre qu'on a une capacité à dépasser les étiquettes pour servir l'intérêt général.

Et les élections locales, c'est l'échelon de proximité où on peut servir l'intérêt général, améliorer le sort des Français, et c'est notre premier objectif, indépendamment du nombre de listes ou des résultats électoraux en eux-mêmes.

18:31
Présentateur

Nicolas Bay, notre invité, pour quelques minutes encore. 8h51, on jette un coup d'œil au titre de l'actualité avec Édouard Margué.

18:37
Invité

Le chef du gouvernement lui-même sera candidat pour ses municipales. Édouard Philippe se déclare tête de liste au Havre parce que l'élection fait la légitimité. Se justifie-t-il ce matin sur France Bleu Normandie en cas de victoire ? Il ne siégera pas pour rester à Matignon. Quand on est Premier ministre de la France, on est Premier ministre toute la semaine. Critique sur France Info, l'eurodéputé du Rassemblement National Nicolas Bay. Selon François Hollande, c'est un jour triste pour l'Europe et pour le Royaume-Uni. L'ancien président de la République donne son sentiment sur France Info. Le Brexit a lieu à minuit, officiellement trois ans et demi après le référendum.

Avec le coronavirus chinois qui atteint une sixième personne en France, les Français sont inquiets. 52% selon notre sondage au Doxa d'Enso Consulting pour France Info et Le Figaro. Mais plus de 6 personnes sur 10 font confiance aux autorités sur ce sujet. Sur la nouvelle demande d'émission du cardinal Barbarin, le pape fera connaître sa décision en temps voulu. C'est ce que fait savoir son entourage. Philippe Barbarin a été relaxé en appel pour ses silences sur les abus sexuels d'un prêtre de l'église de Lyon. Qui pourra affronter Novak Djokovic en finale de l'Open d'Australie ? L'autre demi-finale débute dans une grosse demi-heure. Elle opposera l'allemand Alexandre Zverev à l'Autrichien.

Dominique Thib.

19:48
Présentateur

France Info. Et tout est plus clair. Avec l'eurodéputé du Rassemblement National Nicolas Bay avec Renaud Delis et ce qu'on appelle maintenant l'affaire Mila Renaud.

19:58
Invité

Mila c'est cette jeune fille Nicolas Bay qui avait insulté l'islam sur les réseaux sociaux. Elle a invité l'objet d'une procédure ouverte pour provocation à la haine à l'encontre d'un groupe. Une procédure qui a été classée sans suite. Mais elle est surtout victime de terribles menaces de mort. Il y a des investigations qui se poursuivent pour identifier et retrouver ceux qui la menacent. Pour vous, on doit pouvoir se moquer et même insulter toutes les religions en France ? Je crois qu'on doit pouvoir s'exprimer librement sur les religions. Les religions sont une opinion en réalité. Comme n'importe quelle autre opinion philosophique ou politique. Donc on doit pouvoir critiquer les religions.

Cette adolescente s'exprimer de manière très outrancière comme c'est malheureusement souvent le cas sur les réseaux sociaux et peut-être plus encore chez les jeunes. C'est peut-être regrettable. Mais en aucune manière, on doit accepter l'idée que selon les propos de M. Zekri, délégué général du Conseil français du culte musulman, qui parle quand même au nom des musulmans de France... Non, il ne parle pas au nom des musulmans de France. Le Conseil français du culte musulman, c'est quand même l'organisme représentatif de l'islam de France. Excusez-moi. Donc il parle en disant qu'elle l'a bien cherché.

C'est-à-dire en clair, il a justifié par ses propos les menaces, y compris les menaces de mort dont cette jeune fille a fait l'objet. Et voir ensuite Mme Belloubet, qui est pourtant la ministre de la Justice, dire en substance que les propos de cette jeune fille sont condamnables sans condamner avec clarté les propos de M. Zekri, je trouve que c'est une dérive très inquiétante. Ça donne le sentiment qu'il y aurait un délit de blasphème, qu'on ne pourrait pas parler librement de l'islam. On doit pouvoir en parler librement. Et même si les propos tenus sont outranciers ou insultants, eh bien, il faut que le débat soit libre.

Et moi, ce que je constate, c'est qu'il y a quelques semaines, on a eu un pseudo-humoriste ou un pseudo-artiste qui a tenu des propos orduriers à l'égard de la religion catholique. C'était sur une radio de ce groupe, c'était sur France 1. Ça vous a choqué ?

21:54
Présentateur

On a entendu des critiques. Si vous voulez voir ce qui me...

21:56
Invité

Dans votre parti, en disant qu'on n'a pas le droit d'insulter. Voilà, il prétend être transgressif, il ne l'est pas. Parce que s'il voulait vraiment être transgressif, s'il est un vrai rebelle... Vous n'avez pas un peu la laïcité à géométrie variable en fonction de si on attaque l'islam ou la religion catholique ? On doit pouvoir parler librement. Je pense qu'il y a une limite qui est prévue par la loi. On ne doit pas insulter, on ne doit pas injurier les personnes. Mais on ne doit pouvoir s'exprimer librement sur toutes les opinions, y compris les opinions philosophiques et religieuses.

Donc moi, ça ne me dérange absolument pas, par exemple, qu'on critique le christianisme, le catholicisme, les dômes de l'église catholique. Mais on doit pouvoir exactement de la même manière exprimer des critiques à l'égard de l'islam. On peut insulter le catholicisme. Encore une fois, l'insulte, elle est réprimée par le code pénal. Insulter la religion. Je parle de la religion. Je ne parle pas des personnes. Je parle de la religion. Mais critiquer ou insulter une religion ou une opinion, c'est possible en France. Est-ce que c'est bien ? Est-ce que ça participe à la qualité du débat ? C'est un autre sujet.

Mais on doit pouvoir le faire et instaurer, comme Mme Belloubet l'a laissé penser ou a ouvert la porte, une forme de délit de blasphème, c'est extrêmement inquiétant. On voit quand même qu'on a des islamistes, des gens qui ont une vision politique d'un islam égoriste qui immédiatement prononce des menaces de mort contre cette jeune fille. Ce n'est quand même pas anodin. Ça nécessiterait que l'ensemble des responsables politiques, des responsables publics condamnent avec beaucoup de force. Ça n'a pas été le cas

23:20
Présentateur

et c'est très regrettable et très inquiétant. Nicolas Belloubet, votre ancien allié, Nicolas Dupont-Aignan, a lancé l'idée d'une primaire des Patriotes pour départager le candidat de la droite de la droite à la prochaine élection présidentielle. Vous êtes partant ou pas ?

23:31
Invité

Vous avez l'impression que la plupart des partis politiques qui se sont essayés aux primaires ont aujourd'hui préféré utiliser d'autres méthodes pour désigner leurs candidats. Et je ne suis pas sûr du tout que ça corresponde à la culture, disons, ni de ma famille politique du Rassemblement National, ni de ma famille générale. La culture de votre famille politique, c'est simple,

23:49
Présentateur

c'est de présenter un Le Pen à toutes les élections depuis 1975.

23:54
Invité

Présenter des candidats qui sont en mesure de rassembler les Français sur un projet clair. Aujourd'hui, on voit bien que face à Emmanuel Macron, qui suscite la défiance très vive d'une large majorité de nos compatriotes, eh bien, c'est Marine Le Pen qui représente la force politique, le Rassemblement National, la force politique principale d'opposition à Emmanuel Macron. Mais nous sommes, nous, prêts à travailler avec d'autres. C'est la candidate à vie au Rassemblement National. Paris Le Pen, il n'y aura jamais personne d'autre qu'un Le Pen.

Écoutez, vous avez, aujourd'hui, dans les enquêtes d'opinion, elle est donnée en tête au premier tour et qu'elle se qualifierait pour le second tour face à Emmanuel Macron. Donc, elle est naturellement candidate. Elle n'a indiqué, aujourd'hui, on a des municipales, des départementales et des régionales d'abord. Donc, on n'est pas en campagne présidentielle. Pourtant, elle s'est lancée déjà. Elle a annoncé sa candidature début 27 mois avant l'échéance. Pourquoi ? C'est pour être vraiment bien préparé cette fois-ci ? Elle a indiqué qu'elle se préparait à être candidate à l'élection présidentielle. Mais vous savez, c'est une démarche de franchise.

Vous avez tous ceux qui passent leur temps à penser en se rasant et pas seulement en se rasant à l'élection présidentielle et qui multiplient les faux semblants en faisant croire que ça ne les intéresse pas et qu'ils ne s'y préparent pas. Je pense que la démarche de Marine Le Pen, elle mérite de la clarté. Elle l'a dit. Elle s'y prépare, mais elle n'est pas encore en campagne présidentielle.

25:02
Présentateur

Merci à vous Nicolas Bé d'être venu ce matin sur France Info. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr disponible aussi sur l'application Radio France. Sous-titrage ST' 501