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interviewEurope 1 — L'interview politique du week-end· 15 février 2026 11 min

Mort de Quentin à Lyon : «On ne doit pas mourir car nous avons des divergences politiques» estime le maire sortant de Lyon, Grégory Doucet

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Grégory Doucet. Bonjour. Merci d'être en direct sur Europe 1. Monsieur le maire, jeudi soir à Lyon, un étudiant de 23 ans, Quentin aurait donc été tabassé par des militants d'ultra-gauche, par des antifas cagoulés, armés, en marge, je le rappelle, d'une conférence de l'eurodéputé de la France Insoumise, Rima Hassan, à Sciences Po Lyon. On a appris hier soir, avec beaucoup d'émotion, le décès du jeune homme à l'hôpital. Comment en sommes-nous à arriver, Grégory Doucet, à un tel niveau de violence à un mois tout pile des municipales ?

0:33
Grégory Doucet

Déjà, permettez-moi d'avoir une pensée pour la famille de Quentin. Ce décès est une tragédie pour notre nation, pour la ville de Lyon, bien évidemment. On ne doit pas, on ne doit pas dans notre pays mourir parce qu'on a des oppositions politiques, des divergences politiques. Rien ne peut justifier cette violence. Et je crois que le décès de Quentin, d'abord, doit nous inciter au recueillement et à la solidarité avec toute la famille. Et bien évidemment, à nous rappeler que faire démocratie, c'est parfois se confronter, confronter nos idées, mais jamais cela ne doit se faire dans la violence.

1:19
Présentateur

Je rappelle rapidement, M. le maire, le contexte. Il y avait donc une conférence de l'eurodéputé de la France Insoumise, Rima Hassan, à Sciences Po de Lyon, et non loin de l'IEP, Nemesis, un groupe identitaire qui manifestait contre la présence de Rima Hassan avec des pancartes « Pas d'islamo-gauchisme dans nos facs ». Et c'est dans ce contexte, donc, que Quentin aurait été lynché par des militants antifa. Vous avez accès, vous, M. le maire, aux vidéosurveillances de la ville de Lyon. Est-ce que ça va permettre d'aider à faire toute la lumière sur cette affaire ?

1:56
Grégory Doucet

– Alors, j'ai déjà annoncé publiquement, bien évidemment, que nous mettrons à disposition tous les moyens que nous avons à la ville, y compris, bien évidemment, les images de vidéosurveillance. Si elles sont réclamées par les enquêteurs et la justice, elles le seront comme elles le sont systématiquement, vous pouvez bien l'imaginer. Donc, bien sûr, nous collaborons systématiquement. C'est le cadre classique de la coopération entre nos forces.

2:22
Présentateur

– Oui. Vous avez besoin de la validation de la préfecture, par exemple, pour pouvoir donner les images aux personnes qui gèrent l'enquête ?

2:32
Grégory Doucet

– Tout ça, vous savez, c'est l'objet de protocoles, de processus. Il y a besoin d'une réquisition et tout ça. Mais les services ont l'habitude, rassurez-vous, tout se passe dans une coordination et une coopération bien huilée aujourd'hui. Mais je crois que, dès à présent, il faut se dire qu'on a des enquêteurs, une police et une justice qui doivent faire son travail pour faire toute la lumière sur cette affaire, pour qu'on puisse, vous et moi, être éclairés sur les conditions de cette tragédie, de manière à ce qu'on puisse, nous aussi, collectivement en tirer toutes les conséquences. Laissons faire à la fois la police et la justice d'un côté.

Laissons aussi, bien évidemment, à la famille, aux amis, le temps du recueillement.

3:16
Présentateur

– Je disais que Rima Hassan, le eurodéputé de la France Insoumise, était en train de proposer une conférence à Sciences Po Lyon. Est-ce que la ville, par exemple, avait anticipé de potentielles tensions autour de la venue de Rima Hassan, qui, on le sait, fait malheureusement beaucoup parler d'elle à travers différentes polémiques ?

3:34
Grégory Doucet

– Alors, vous savez, nous, nous sommes en lien en permanence avec les services de la préfecture, qui, lorsqu'il y a un risque de trouble à l'ordre public, nous interpellent, parfois nous demandent de mobiliser notre police municipale pour patrouiller ou sécuriser. Ici, ce n'aurait pas été le cas.

3:53
Présentateur

– Oui. Donc, vous aviez prévu un dispositif, si je comprends bien.

3:58
Grégory Doucet

– Non, c'est ce que je vous dis, c'est que, vous savez, une ville, une police municipale ne dispose pas de ressources d'enquête ou de renseignement. Donc, nous sommes parfois sollicités par les services de la préfecture ou de la police nationale, quand ils ont identifié en amont un risque de trouble à l'ordre public, et dans ces cas-là, quand c'est le cas, ils nous sollicitent pour que nous puissions intervenir en amont, en prévention. Ce n'était pas le cas dans le cas présent.

4:28
Présentateur

– Grégory Doucet, vous êtes candidat à votre réélection à Lyon. Vous êtes le maire écologiste de Lyon. On parle évidemment ce matin de l'agression de Quentin, mais il y a eu aussi récemment l'agression de Théo, il y a eu l'agression d'Étan. Vos adversaires vous accusent d'ailleurs d'être en partie responsables d'un climat d'insécurité à Lyon. Ça fait six ans que vous êtes à la tête de la ville. Est-ce que vous assumez pleinement votre bilan sécuritaire à Lyon ?

4:54
Grégory Doucet

– Le bilan sécuritaire, vous savez, il est partagé avec les services de la police nationale et je sais à la fois l'engagement et le professionnalisme de nos policiers nationaux comme de nos policiers municipaux. Ce sont eux qui au quotidien font le travail sur le terrain. Vous savez, nous avons augmenté les effectifs de police municipale ici à Lyon, notamment en augmentant la rémunération. On a permis de recruter davantage de policiers municipaux parce qu'il faut une présence policière dans la ville. Il faut absolument que l'on ait des patrouilles de manière à ce que l'on puisse empêcher le passage à l'acte, que l'on puisse prévenir et surtout réagir quand c'est nécessaire.

On a aussi développé le parc de vidéosurveillance sur la ville de Lyon d'un peu plus de 90 caméras sur ce mandat. Vous savez, moi, je ne fais preuve d'aucun angélisme, même si par ailleurs certains de mes opposants m'en accusent. Mais en l'occurrence, oui, il faut une police. Il faut une police municipale.

5:51
Présentateur

Et vous êtes d'ailleurs allé un peu contre l'idéologie écologiste au départ qui prône plutôt, qui ne veut pas forcément armer la police. Mais c'est vrai que confronté à ce climat d'insécurité, de plus en plus présent, vous vous dites maintenant on n'a plus le choix. En fait, c'est ce qui se passe. Et vous voulez, si je comprends bien, accélérer même sur le sujet.

6:09
Grégory Doucet

– Non, là, vous êtes en train de me faire dire ou penser ce que je n'ai jamais dit ou pensé, cher monsieur. Non, je crois qu'il n'y a pas d'idéologie écologiste qui serait contre tout simplement les principes de la vie en société. Bien sûr qu'il nous faut des règles, et notamment dans l'espace public. Et quand ces règles sont enfreintes, il faut une police pour intervenir. Je crois que tous mes collègues maires, qu'ils soient d'ailleurs écologistes, socialistes ou d'une autre étiquette politique, assument leur responsabilité de premier magistrat de la ville, assument leur responsabilité d'officier de police judiciaire, parce que nous le sommes quand nous sommes maires.

Et donc, oui, nous développons tout un arsenal, à la fois de police municipale, mais aussi de vidéosurveillance, que j'évoquais un peu plus tôt. C'est ce que nous avons fait pendant tout ce mandat. C'est ce que nous avons fait, je crois, et je ne voudrais pas parler au nom des autres maires écologistes, bien sûr, c'est ce que tous les maires ont fait, parce que, tout simplement, on en a besoin.

7:05
Présentateur

Grégory Doucet s'est tombé il y a quelques instants. Emmanuel Macron affirme, assume, que la France insoumise est bien d'extrême-gauche. Je dis ça parce que, pour l'instant, dans les sondages, vous êtes un... Jean-Michel Aulas est placé devant vous. La France insoumise, peut-être, vous aurez peut-être besoin des voix de la France insoumise pour rester maire de Lyon. Est-ce que vous, comme le président de la République, vous dites que la France insoumise est un parti d'extrême-gauche, et malgré, je vous épargne, la longue liste des polémiques liées à la France insoumise, est-ce que vous seriez prêt à vous allier en cas de deuxième tour avec ce parti ?

7:41
Grégory Doucet

Vous savez, d'abord, aujourd'hui, ce n'est pas le sujet. Et puis, ensuite, on va regarder le résultat des élections. En cas de ballotage défavorable ? Non, mais on va regarder le résultat des élections. Vous savez, on verra aussi ce que les Lyonnaises et les Lyonnais nous envoient comme message au soir du premier tour. Et c'est sur la base de ces résultats du premier tour que nous aurons à nous poser cette question.

8:03
Présentateur

Donc, vous n'excluez pas forcément une alliance avec la France insoumise en cas de deuxième tour ?

8:08
Grégory Doucet

Écoutez, je vous le dis aujourd'hui, encore une fois, c'est le message des Lyonnaises et des Lyonnais que nous devrons entendre. Je crois que nous vivons dans un pays qui est une démocratie, qui est une démocratie forte, quand bien même, on vient de le voir avec ce tragique épisode du décès de Quentin. On a encore besoin de gagner en maturité et de se rappeler que quand nous confrontons nos idées, cette confrontation d'idées, elle doit se faire de manière apaisée.

8:38
Présentateur

Monsieur le maire, parlons, il ne nous reste pas beaucoup de temps, parlons de Lyon. Vous êtes le maire sortant écologiste. Vous avez beaucoup investi pour des pistes cyclables, pour réduire la place de la voiture à Lyon. Il y a beaucoup de commerçants qui m'ont fait remonter qu'ils n'étaient pas contents parce qu'ils souffrent sur l'avenue des Frères Lumières, sur la Presqu'Île, vers la place Belcourt. Certaines petites boutiques ont baissé le rideau. Les grandes enseignes résistent, mais beaucoup de petits commerçants mettent la clé sous la porte.

Quel est le message que vous adressez ce matin sur Europe 1 aux commerçants lyonnais qui en ont marre de voir de moins en moins de monde venir dans le centre-ville, les voir ?

9:15
Grégory Doucet

Alors, je vous invite à venir en centre-ville parce que vous verrez qu'il y a de plus en plus de monde parce que justement, eh bien, l'appel... On m'a dit des bêtises ! Eh bien, je vous invite à venir voir deux visus. Comme ça, vous pourrez vous rendre compte qu'il y a plus de gens qui se déplacent et notamment principalement à pied. Ce qui est bon, vous savez, quand vous êtes... Pour rentrer dans un magasin, vous rentrez à pied. Vous ne rentrez jamais avec votre voiture dans un magasin. Donc, justement, en faisant en sorte d'améliorer l'espace public, de faire en sorte qu'on puisse se déplacer plus facilement à pied.

Vous avez cité l'avenue des Frères Lumières, vous avez cité la rue de la République, vous avez cité aussi des abords de la place Belcourt. Ces endroits-là sont justement, aujourd'hui, eh bien, plus apaisés, plus tranquilles, plus propices à la flânerie, à la déambulation et ça, c'est bon pour le commerce. Parce que, qu'est-ce qui n'est pas bon pour le commerce ? Ce qui n'est pas bon pour le commerce, c'est quand certaines personnes décident d'acheter plutôt sur Internet parce que c'est le petit commerçant du quartier qui, à ce moment-là, va traquer.

Et ce qui n'est pas bon sur le commerce, ce qui n'est pas bon sur le commerce, c'est quand le pouvoir d'achat des Françaises et des Français diminuent. Ou quand certains, par crainte de l'avenir, parce que, eh bien, l'instabilité politique au niveau national nous y invite, préfèrent épargner plutôt que consommer. C'est ça, le vrai ennemi du commerce de proximité. Oui, c'est un vrai défi. C'est vrai qu'il ne faut pas toujours opposer

10:24
Présentateur

voiture et cycliste.

10:27
Grégory Doucet

Et je ne les oppose pas, cher monsieur, puisque, justement, je fais en sorte que, dans les zones commerciales, on puisse plus facilement déambuler, que, eh bien, la promenade soit plus confortable. Vous avez, parlé des investissements que nous avons fait sur l'espace public. Oui, c'est vrai qu'on a développé un réseau de voies cyclables, mais on a aussi, surtout, étendu, eh bien, les zones piétonnes, faire en sorte que l'on puisse plus tranquillement déambuler dans la ville. Vous savez, partout en Europe, partout dans le monde, les zones piétonnes, quand elles ont été développées dans les centres-villes, eh bien, elles ont fait la démonstration que c'était bon pour le commerce.

Et c'est ça que je veux pour Lyon.

11:02
Présentateur

Eh bien, votre message est passé sur l'antenne d'Europe 1. Merci Grégory Doucet d'avoir été en direct avec nous dans Repas Matin Weekend. Merci Grégory Doucet

Mort de Quentin à Lyon : «On ne doit pas mourir car nous avons des divergences politiques» estime le maire sortant de Lyon, Grégory Doucet — Grégory Doucet · Pourquijevote