Julien Bayou, affaires Alexis Kohler et Dupond-Moretti, réforme des retraites, Coupe du monde de foot au Qatar… Ce qu’il faut retenir de l’interview de Olivier Faure
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Bonjour Olivier Faure. Bonjour Marc Frevel. Le bras droit d'Emmanuel Macron, le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kolaire, est mis en examen pour prise illégale d'intérêt dans l'enquête sur ses liens possibles avec l'armateur MSC. Lui conteste avoir commis tout délit, il l'a redit récemment devant les juges. Est-ce qu'il peut rester en poste ?
Écoutez, moi je me souviens d'un temps où le chef de l'État actuel disait qu'un ministre ou un collaborateur mis en examen devait évidemment démissionner de ses fonctions. C'était le temps où il appelait à une république exemplaire. Visiblement, ce temps-là est révolu.
Vous le regrettez ?
Oui, je le regrette parce que c'est une évidence que quand vous occupez des fonctions qui ne sont pas complètement neutres et pour des délits présumés, puisqu'ils sont seulement présumés mais qui sont extrêmement graves, on parle de prise illégale d'intérêt, comme d'ailleurs on parle de conflit d'intérêt pour le ministre de la Justice, garde des Sceaux, qui lui-même a été déféré devant la haute cour de justice, il y a là un problème. C'est que nous avons aujourd'hui un chef de l'État qui considère la justice comme un adversaire, alors qu'il y a un principe qui devrait être clair. Nous devons respecter l'état de droit et nous devons aussi respecter l'idée d'une exemplarité.
Olivier Faure, en même temps l'état de droit, en même temps l'exemplarité, c'est aussi accepter la présomption d'innocence.
Mais je l'accepte parfaitement.
Dans le cas d'Alexicolaire, il y a eu une première enquête en 2019 qui a abouti à un classement sans suite. Est-ce que là il faut lui laisser ?
En l'occurrence, il est mis en examen et donc il y a une logique à ce que celui qui quand même détient un pouvoir phénoménal, il est en réalité le président bis. Et vous avez aujourd'hui quelqu'un qui détient des pouvoirs extraordinaires, y compris sur la justice, qui peut égarcer des moyens de pression parce qu'il est un homme de pouvoir et qui va continuer à être à la fois dans un procès et puis...
Ce que vous dites est un peu incohérent avec ce qui se passe. Vous dites qu'il peut exercer des pressions sur la justice. Aujourd'hui, il est mis en examen. Vous l'avez rappelé, le garde des Sceaux lui-même est dans le viseur de la justice. Ce n'est pas l'exemple justement que sous Emmanuel Macron, il y a une indépendance de la justice justement.
Mais il y a une indépendance de la justice, mais vous comprenez bien qu'il y a aussi des moyens de pression sur la justice. Quand vous êtes garde des Sceaux, quand vous êtes le ministre des magistrats, quand vous êtes secrétaire général de l'Elysée et que vous avez donc la possibilité d'agir, il n'est pas complètement... Enfin, on peut imaginer que les moyens de pression puissent être nombreux. Et donc, arriver à dire que pour préserver toute forme d'équité que la justice puisse passer, il est logique que dans un premier temps, eh bien, il démissionne. Et puis, s'ils sont disculpés par la justice, eh bien, ils reviendront. Moi, je ne cherche pas à faire une chasse à l'homme.
Je dis simplement qu'il y a des principes qui devraient être clairs. Ce sont des principes que je n'ai pas inventés. C'est une jurisprudence qui existe depuis Pierre Berré-Govoy et Edouard Balladur. Et c'est une jurisprudence que le chef de l'État, Emmanuel Macron, avait lui-même rappelée. Et rappelez-vous, même au début de son quinquennat, premier quinquennat, il avait lui-même débarqué quatre de ses ministres qui étaient mis en examen. La règle a changé. Il a changé la règle depuis... Mais opportunément, le chef de l'État considère désormais que ça ne l'intéresse plus. Et maintenant, il considère même qu'il est un barrage face à la justice qui serait une justice...
Ce que vous dites, Olivier Force et Calixi Collère, doit prendre la porte, doit quitter l'Élysée. En revanche, dans une autre affaire, qu'est l'affaire Adrien Quetenin, ce qui lui a reconnu des violences conjugales, il peut, il doit rester député. Mais, alors là, vous mélangez un peu tout. On essaye de voir où est la présomption d'innocence et où est-ce qu'elle n'est pas.
Mais la présomption d'innocence, elle est partout. Moi, je viens de vous dire que je ne sais pas si le garde des Sceaux est coupable, je ne sais pas si Alexis Collère est coupable. Mais quand même, ils doivent se retirer. Je dis simplement que dans les fonctions qu'ils occupent, qui sont des fonctions exécutives... Oui, Adrien Quetenin vote la loi. Oui, enfin, ça n'a rien à voir avec le fait qu'il ne dirige rien, Adrien Quetenin. Il était numéro un de l'ordre des Français. Oui, la seule chose qu'il dirigeait, c'était la France Insoumise et il en a démissionné. Donc, vous voyez bien qu'il y a là une évidence, c'est que quand on occupe une fonction exécutive...
On n'a pas démissionné, il s'est mis en retrait. Je crois avoir compris que la réalité, c'est qu'il n'occupera plus ses fonctions et qu'il sera remplacé. Donc, il y a bien une forme de démission. Et moi, ce que je dis, c'est qu'à un moment, il faut effectivement faire des choix. Et quand on occupe une fonction qui est une fonction de pouvoir, une fonction exécutive, eh bien, on doit s'en retirer provisoirement le temps que la justice passe.
Dans le cas d'Adrien Quetenin, vous dites que la mise en retrait suffit. Vous vous rendez compte, vous êtes en train de me dire... Vous parlez d'exemplarité depuis tout à l'heure. Oui, absolument. Vous parlez d'exemplarité. Adrien Quetenin, lui-même, a reconnu être coupable de violences conjugales. Son ex-femme a déposé plainte. Aujourd'hui, vous dites qu'il n'est pas nécessaire qu'il démissionne de son mandat de député ?
Mais le mandat de député, que peuvent faire les formations politiques ? Les formations politiques, elles ont une possibilité, c'est d'exclure, c'est de priver d'une fonction, mais le mandat de député ne dépend pas des partis politiques. Moi, j'aurais aimé pouvoir dire à des gens qui avaient été dans ma formation politique et qui ont choisi une autre formation politique, de dire qu'il la détenait grâce au Parti Socialiste et quand ils sont partis à la République en marche ou ailleurs, eh bien, ils auraient dû en démissionner. Ils ne l'ont pas fait parce que je n'ai pas le pouvoir.
Et donc, Adrien Quatennens va prendre une décision, effectivement, qui le concerne, parce qu'il met en rapport avec sa propre conscience. Mais les partis politiques n'ont pas d'autre possibilité que de dire ce qui relève de leur propre mandat. Et leur mandat, c'est de dire, tu appartiens, tu n'appartiens pas, tu peux exercer une fonction exécutive ou pas. Et de ce point de vue, je trouve que vous êtes quand même... Enfin, c'est là que c'est très particulier. Vous avez là, en fait, des gens qui exercent des missions exécutives, garde des Sceaux, secrétaire général de l'Elysée, et que vous considérez que, vraiment, il ne faut pas y toucher. Et puis, il n'y a rien.
On ne donne pas l'autre avis, nous. Non, non, non.
Non, non, là-dessus, on donne pas l'autre avis.
On essaie de voir où vous mettez la barre. Mais moi, je mets la barre au même endroit pour tout le monde. Pas de fonction exécutive pour des gens qui sont encore présumés innocents, mais qui...
Mais ils peuvent rester et peuvent continuer d'exercer une fonction législative. Ça, ça ne vous choque pas.
Mais, par exemple, si M. Dupond-Moretti démissionne, il peut devenir avocat. On ne va pas le priver de sa fonction d'avocat.
Voilà. Il n'y a pas d'affaire Bayou, dit ce matin Julien Bayou dans une interview au Monde. Sandrine Rousseau est allée trop loin. Il ne faut pas confondre féminisme et maccartisme. Est-ce que vous diriez la même chose que lui ? Est-ce que vous dites la même chose que lui ?
D'abord, je veux revenir sur ce qui se passe actuellement. Moi, je pense quand même que ces affaires, même si elles sont parfois difficiles et elles sont compliquées pour les formations politiques concernées, c'est une opportunité. Une opportunité parce que c'est la première fois, après MeToo, que le débat revient avec autant de force et qu'il permet de poser la question des violences faites aux femmes. Et que ce sujet-là a été tu pendant des millénaires. Et donc, il est logique que d'un moment, ce soit un peu chaotique, que ce soit un peu l'explosion et que même, on cherche parfois aussi les réponses à donner à ces questions-là.
Dans le cas de Julien Bayou, il n'y a pas de violences faites aux femmes. Sandrine Rousseau a parlé de violences psychologiques, ce que dément Julien Bayou puisque la cellule n'a même pas encore entendu ni son ex-compagne ni lui-même.
Voilà, exactement. Mais donc, je disais d'abord que c'est une opportunité et qu'il est sain que le débat ait lieu. Et qu'on cherche aussi comment est-ce qu'on peut s'en débrouiller. Parce que, vous le savez aussi, les femmes portent peu plainte et quand elles portent plainte, elles sont peu entendues. Vous trouvez qu'il est sain au moment le débat chez les écologistes ? Mais je dis qu'il est sain, il est opportun que la question de la place faite aux violences faites aux femmes soit enfin considérée et qu'on arrête de faire de ce débat un débat... Enfin, ce n'était pas même pas un débat, c'était... on n'en parlait pas.
Vous vous rendez compte que pendant des années, votre confrère Patrick Poivre-Darvore a été l'auteur de viols supposés et d'agressions sexuelles permanentes et que personne n'a rien dit, que tout le monde a fermé les yeux et que, même aujourd'hui encore...
Mais là, pardon, mais PPDA, ça n'a rien à voir avec l'histoire de Julien Bayou ?
Non, ça n'a rien à voir. Mais je vous dis simplement que la question des violences est une question qui n'a jamais été posée avec autant de force et que c'est opportun que ça le soit aujourd'hui.
Une toute petite pause, Olivier Faure. C'est un sujet complexe, on va essayer d'y passer un tout petit peu de temps. Toute petite pause, si vous voulez bien, le temps du fil info à 8h41 avec Maureen Suignard.
Pour l'Union Européenne, le tir de missiles balistiques de la Corée du Nord la nuit dernière est une tentative délibérée de mise en danger de la sécurité dans la région. Le missile a survolé le Japon, une première depuis 2017. Sandrine Rousseau est allée trop loin. L'accusation de Julien Bayou dans un entretien au journal Le Monde, publiée ce matin, « Il ne faut pas confondre féminisme et maccartisme », affirme l'ex-secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts. Il se dit présumé coupable. La députée Sandrine Rousseau a rapporté les accusations de violences psychologiques commises, selon elle, par Julien Bayou sur une ancienne compagne.
Les hommages à Samuel Paty auront lieu mi-octobre dans les établissements scolaires. Le ministre de l'Éducation l'annonce ce matin. Ce professeur a été assassiné par un homme radicalisé il y a deux ans dans le Val-d'Oise. Alors que 25 personnes ont été tuées par balle depuis le début de l'année à Marseille, la préfète des Bouches-du-Rhône affirme sur France Info que les autorités s'attaquent à l'ensemble de la chaîne du trafic de drogue. Le volume d'armes saisies à Marseille a doublé depuis le début de l'année, selon Frédéric Camilleri. France Info
Toujours avec Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste.
Il n'y a pas d'affaires Bayou, il n'y a pas d'accusation, c'est ce que dit Julien Bayou lui-même dans Le Monde ce matin. Comment avez-vous réagi, vous, quand vous avez lu l'enquête publiée par Libération, dans laquelle on apprend qu'un collectif de femmes s'est organisé au sein d'Europe Écologie-Les Verts pour mettre sous surveillance Julien Bayou ? Est-ce que vous vous dites, là encore, comme vous disiez avant les titres, c'est bien que le débat ait lieu chez nous en ce moment ?
Je dis que le débat doit avoir lieu, ça ne veut pas dire qu'on doit utiliser n'importe quelle méthode. Et je suis évidemment contre toute forme de surveillance injustifiée. Comment est-ce que nous devons procéder ? Nous devons d'abord avoir un principe qui est de croire la parole des femmes a priori. Ça ne veut pas dire que ça suppose que ce soit une croyance qui soit irréfragable, c'est-à-dire qu'on ne puisse pas contredire. Il faut que le principe du contradictoire soit respecté. J'entends que Julien Bayou dit qu'il n'a jamais été entendu par cette cellule contre les violences sexuelles et sexistes, qu'il a demandé à quatre reprises à être entendu.
La logique, c'est évidemment qu'il soit entendu. On ne peut pas non plus se fier qu'à une seule parole.
C'est-à-dire que les affaires ne devraient pas sortir avant que les cellules, pour vous, aient fait le job ?
Bien sûr. Il y a quelque chose d'incroyable à ce qu'on ait rendu public cette affaire, alors même que Julien Bayou, visiblement, est prêt à se prêter à la contradiction, qu'il est prêt à répondre de ses actes. Et donc, il y a quelque chose d'incroyable à ce que tout ça soit venu sur la place publique, alors même qu'il y avait une enquête en cours et que personne ne s'y soustrayait.
Donc vous n'êtes pas très loin, si je traduis vos propos, Olivier Faure, de ce que dit Julien Bayou, ne confondons pas féminisme et chasse aux sorcières.
Alors, en maccartisme, c'est ce qu'il dit. En maccartisme, bien sûr qu'il n'y a pas de maccartisme en aucune matière. Et que donc, il faut effectivement retrouver à la fois une forme de raison, et en même temps, ne pas profiter de ces erreurs qui peuvent être commises pour dire que rien ne doit se passer et qu'il faut à nouveau remettre le couvert.
Mais en clair, Sandrine Rousseau est allée trop loin dans cette affaire ?
Je pense que Sandrine Rousseau n'aurait pas dû se faire porte-parole d'une affaire dont elle ne connaît finalement pas grand-chose, puisque cette affaire n'a pas été encore étudiée par la cellule. Et ça suppose d'abord que la cellule puisse aller jusqu'au bout, elle est déjà saisie. Ce n'est pas comme si cette affaire avait eu un couvercle, une chape de plomb qui s'était mise sur Europe Écologie-Les Verts et que rien n'était possible, auquel cas il aurait fallu lancer l'alerte. Mais quand la procédure est engagée, il faut la respecter.
Comment travaille la cellule du Parti Socialiste contre les violences ? Est-ce que par exemple, en ce moment, elle examine des cas que nous ne connaissons pas ?
Oui, elle examine en permanence des cas que vous ne connaissez pas.
Mais si je vous interroge, vous ne répondrez pas sur ces cas ?
Non, parce que moi-même, je ne les connais pas. Ah bon ? Non, parce que c'est une cellule qui fonctionne de manière indépendante. Mais ce que je peux vous dire, c'est que par exemple...
Ils ne vous disent pas sur qui ils travaillent ?
Non, ils ne me disent pas sur qui ils travaillent. Nous avons formé des référents dans tous les départements qui eux-mêmes sont là pour recueillir la parole des femmes, les accompagner éventuellement pour qu'elles puissent acter et arriver à la justice. Et puis, parallèlement, il y a aussi ce que nous faisons en interne. Mais ce que je peux vous dire par exemple, c'est qu'à l'occasion des dernières municipales, il y avait quatre têtes de liste que nous avons désinvesties pour des faits qui nous paraissaient pas conformes à notre propre déontologie.
Ça a donné lieu à des poursuites judiciaires ou vous avez fait le ménage, si vous me passez cette expression, dans votre coin ?
Ça n'a pas forcément donné toujours lieu aux déontologies. Parfois, il y a eu des poursuites judiciaires, parfois, il n'y en a pas eu. Mais nous avons considéré que ça n'était pas conforme à notre propre déontologie. Et donc, nous avons considéré que ces gens-là ne pouvaient pas nous représenter dans l'élection.
Ce week-end, Olivier Faure, lors d'une manifestation de soutien aux Iraniennes, Sandrine Rousseau a été copiausement huée. Chez nos confrères d'intérieur, elle a dit qu'elle n'avait pas été la seule. L'insoumise Manon Aubry et la socialiste Laurence Rossignol l'ont été aussi. Une version que contredit Laurence Rossignol elle-même. Vous, vous étiez sur place. Qui dit la vérité ?
On va passer toute l'émission à commenter Sandrine Rousseau parce qu'en fait...
Non, c'est important, c'est la question du voile qui est soulevée sous ces huées. C'est la question du voile qui est en question.
Oui, alors si vous me posez la question comme ça, je vais vous y répondre. Moi, je ne considère pas le voile comme un facteur d'embellissement. Ce n'est pas le sujet. C'est ce que disait Sandrine Rousseau. Oui, ben voilà. Je pense que c'est pour ça que ces femmes... Notamment, il y avait beaucoup de femmes d'origine iranienne qui étaient présentes sur la place de la République et certainement, nombre d'entre elles, avaient en mémoire ces mots et elles, elles considèrent que, en fait, les femmes iraniennes aujourd'hui sont sous la contrainte qu'elles ne peuvent pas se dévoiler et que ce régime...
Parce que maintenant, c'est une contestation qui va bien au-delà de la question du voile obligatoire. C'est une question qui pose la question du régime théocratique, autoritaire, dictatorial, qui aujourd'hui pèse sur une communauté nationale et les Iraniens aujourd'hui demandent la liberté. Et donc, c'est pour ça que nous devons les soutenir.
Ce que dit Sandrine Rousseau, c'est « Moi, je suis pour la liberté de toutes les femmes, liberté de porter le voile en France si elles le souhaitent et de ne pas le porter en Iran si elles n'en veulent pas. » Cet argument-là, pour vous, il est trop à géométrie variable, c'est ça ? Non, je l'entends.
Mais la raison pour laquelle aujourd'hui, enfin, plutôt dimanche, elle a été huée, c'est simplement parce que je pense qu'il y a quelque chose de viscéral pour ces femmes qui sont... J'ai parlé avec beaucoup d'entre elles pendant qu'on manifestait jusqu'à la place de la Nation, qui répétaient, en fait, les unes et les autres. Mais vous vous rendez compte, en fait, de ce que nous avons dû fuir et de cette oppression et de ce contrôle social qui est organisé par le régime des Molins et qu'il est insupportable. Et donc, à leurs yeux, évidemment, le foulard, qu'il soit en Iran ou en France, il est un symbole d'une oppression. Et à vos yeux, à vous.
Mais moi, je suis contre toute forme d'obligation en quelque matière que ce soit, en matière vestimentaire et en matière religieuse. Nous n'avons pas à imposer quoi que ce soit, à qui que ce soit. Et donc, quand le voile en France est imposé par un père, par un frère, par un quartier, etc., il est insupportable qu'il soit imposé. Comment vous faites la différence dans la rue entre un voile souhaité et un voile imposé ? Moi, je ne sais pas. Mais ce que je sais, c'est qu'on ne peut pas non plus imposer de ne pas le porter. Parce que là aussi, on serait dans la contrainte. Et donc, quand il y a des gens qui se plaignent d'une situation, eh bien, il faut les protéger.
Et nous devons, à chaque fois, faire en sorte que les femmes soient pleinement entendues. C'est quand même la moindre des choses que de laisser la liberté. Nous sommes un pays de liberté et un pays de laïcité. C'est quand même un régime extraordinaire que nous devrions, d'ailleurs, même populariser au-delà de nos frontières. Il n'est pas toujours toujours compris. Mais nous sommes un pays où, justement, nous pouvons vivre libres et vivre ensemble, quelles que soient nos religions ou nos absences de religion.
Olivier Faure, il est déterminé. Emmanuel Macron, la réforme des retraites devrait bien voir le jour d'ici la fin de l'année. Est-ce que vous pourriez voter certains articles de cette réforme comme la pension minimale à 1 100 euros pour une retraite complète ?
Écoutez, vous savez, c'est comme dans les contrats d'assurance. Il faut regarder tout en bas de la page ce qui est écrit en tout petit que l'astérix. Parce que, d'abord, la première chose, la première astérix, c'est ce qu'il n'a pas dit. C'est que cette revalorisation, ce seuil plancher des pensions, ne s'appliquera que dans les retraites futures. Donc, tous ceux qui ont pensé que parce qu'ils avaient des retraites inférieures à 1 100 euros, ils allaient être revalorisés, que cela, en fait, malheureusement, eh bien, ne désespera pas trop. Mais, enfin, en l'occurrence, ce n'est pas avec Emmanuel Macron qu'ils auront une retraite à 1 100 euros.
Ensuite, la deuxième astérix, c'est que ça ne vaut que pour ceux qui ont une carrière complète. Oui, ça c'est dit, en vrai. Or, qui sont les gens qui ont des retraites inférieures à 1 100 euros pour une grande part d'entre eux. Je passe sur les retraites agricoles qui sont nombreuses et qui sont souvent inférieures, mais au-delà de ces retraites agricoles, au-delà, ce sont les gens qui ont des carrières hachées, des gens qui ont des carrières incomplètes et qui, justement, doivent déjà attendre ce qu'on appelle l'âge du taux automatique. 67 ans. 67 ans. Donc, 5 ans après l'âge légal.
Et donc là, ça veut dire que les gens, si la retraite passe à 65 ans, pour toucher ces 1 100 euros, il faudrait qu'elles aient 70 ans. Mais ils auront liquidé leur pension depuis très longtemps.
si le seuil des 67 ans sera modifié ou pas. La dernière fois qu'Emmanuel Macron, à ma connaissance, a été interrogé, je crois même que c'était sur ce plateau, il avait dit qu'il ne toucherait pas aux 67 ans, même si on repoussait l'âge légal. Ça vous rassure, Olivier Faure, là-dessus ?
On verra. J'aimerais bien que ce soit affirmé. Mais vous voyez bien que là, il y a un problème parce que c'est déjà 67 ans. Et donc 67 ans, c'est loin. Et vous imaginez le nombre de gens qui peuvent attendre 67 ans quand ils sont déjà au chômage à partir de 55 ans et que derrière, ils vivent de subsides et donc ils ne peuvent pas liquider leur pension s'ils veulent toucher les 1100 euros. C'est un cas quand même d'école extrêmement rare. Donc vous avez là, en gros, en fait, une forme d'imposture parce que la réalité, c'est que peu de gens pourront attendre à ce moment-là pour toucher ces 1100 euros.
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste et l'invité de France Info, le fil info à 8h51 avec Maureen Suignard.
11 000 internautes ont déjà consulté les données médicales volées par des pirates informatiques à l'hôpital de Corbeil-Essonne, des comptes rendus nominatifs de coloscopie, d'accouchement, d'examen gynécologique, information de la cellule Investigation de Radio France. Le temps où Emmanuel Macron appelait à une république exemplaire et révolue, les mots sur France Info du premier secrétaire du Parti Socialiste et cela à la suite de la mise en examen pour prise illégale d'intérêt d'Alexis Collère. Olivier Faure demande la démission du secrétaire général de l'Elysée. M6 n'est plus à vendre, son propriétaire allemand renonce à céder le contrôle du groupe français de télévision et de radio.
Deuxième renoncement en un mois, les règles des autorités de concurrence entraînent trop de risques légaux et d'incertitudes selon son dirigeant et les délais pour vendre M6 sont trop courts. Après deux défaites en Ligue des champions de football, les Marseillais doivent gagner ce soir, ils reçoivent le Sporting Portugal. à partir de 18h45, l'OM qui ne pourra pas compter sur ses supporters, match à huis clos après des incidents lors d'un autre match mi-septembre.
France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel
Toujours avec le premier secrétaire du parti socialiste Olivier Faure, Lille, Paris, Marseille, Bordeaux, Nancy, Reims ont décidé de boycotter la Coupe du Monde au Qatar. Aucun match ne sera retransmis sur écran géant. Est-ce que vous invitez tous les maires socialistes ou pas à faire la même chose ?
Absolument. Et j'invite aussi le gouvernement à organiser ce qu'on appelle le boycott diplomatique et ne pas participer à la cérémonie d'ouverture des Jeux parce que cette cérémonie malheureusement se fera sur un cimetière. Il y a 6500 ouvriers qui sont morts pour construire pendant les 12 dernières années ces stades dans des conditions où on n'était pas très loin de l'esclavage et tout ça pourra aboutir à des stades qui vont être climatisés à ciel ouvert à un moment où on appelle les uns et les autres à sortir de la période dite d'abondance et où on explique à chacune et à chacun que la planète infinie s'est terminée.
Et donc, il y a là une forme d'aberration et donc, oui, il faut boycotter en fait cette cérémonie d'ouverture et accepter l'idée qu'il faut adresser un signal au moins aussi puissant que le Qatar lui souhaite adresser parce que... Vous pensez que le Qatar va trembler si on met les écrans géants ? Mais je pense que nous devons... Les écrans géants, c'est une chose. Moi, je dis qu'il faut aussi aller plus loin et ne pas laisser le Qatar organiser cette cérémonie d'ouverture comme l'expression de sa communication en direction du monde.
Et on sait très bien que dans ce moment-là, en fait, le Qatar, qui n'est pas un grand pays du football, qui même n'a jamais véritablement organisé quoi que ce soit sur son territoire. Il n'y a pas de grande équipe du Qatar. Mais qu'est-ce que vous dites, Olivier Ford ? La réalité, c'est qu'ils ont utilisé cette cérémonie, ils veulent utiliser tout simplement ce mondial de football qui a été regardé par des centaines de millions de gens à travers le monde comme un exercice de communication. Vous, par exemple, vous ne regarderez pas les matchs ? Non.
Aucun match ? Vous tiendrez même si la 92e minute de jeu
en finale, c'est la France y est ? Oui, je m'efforcerai. J'écouterai les résultats parce qu'ils m'intéresseront malgré tout. Mais je m'efforcerai effectivement d'être conforme à ce que je vous dis. C'est que je pense qu'à un moment, y compris, c'est parfois, alors ça tombe sur le football et on pourrait dire que ce n'est pas la seule liaison dangereuse entretenue avec le Qatar. Mais à un moment, il faut qu'il y ait des symboles. Il faut qu'il y ait des symboles et qu'on prenne conscience parce qu'il y a des choses qui ne vont pas et on ne peut pas avoir... Qu'est-ce que vous dites
à ceux qui disent c'est hypocrite d'agir comme ça parce qu'en fait, le Qatar, c'est un allié stratégique de la France. Le Qatar, on lui vend des armes. Le Qatar, on lui achète du pétrole.
C'est même François Hollande qui lui a vendu des Rafales.
Voilà.
Oui, ça continue puisque en fait, le Qatar, les Émirats, l'Arabie Saoudite, l'Égypte sont des clients... Les premiers Rafales vendus,
c'est François Hollande
et c'est le Qatar. Oui, oui, oui. A l'étranger. Je ne vais pas vous dire autre chose. J'accepte la réalité. Mais ce que je vous dis, c'est qu'à un moment, il faut que la prise de conscience existe aussi et qu'on arrête avec le deux poids deux mesures, qu'on regarde les uns et pas les autres. Et donc, je vous dis que ce régime n'est pas tout à fait conforme à ce que nous portons et donc, nous n'avons pas à faire sa promotion. Qu'on accepte d'avoir des relations diplomatiques, c'est une évidence. On ne va pas arrêter d'avoir des relations diplomatiques avec des tas de pays qui ne sont pas des régimes démocratiques. Donc, il y a une forme de réalisme à opérer.
Mais on n'est pas obligé d'en faire la promotion non plus. Ce n'est pas tout à fait la même chose.
On est à quelques mois du congrès du Parti Socialiste. 150 élus ont signé une tribune le week-end dernier pour inviter à repenser la gauche en général et le PS en particulier après votre accord conclu avec la France insoumise au sein de l'ANUP.
Est-ce que ça chauffe pour vous ? Non, mais ils ont raison de repenser en fait le Parti Socialiste, la gauche, etc. Moi, c'est ce que j'essaie de faire depuis 4 ans. Là, ce ne sont pas vos amis politiques conciliées. Ah, ça, on verra.
C'est même contre vous pour le coup.
Peut-être, mais enfin, vous savez, je suis habitué au congrès du PS et vous aussi, vous savez très bien qu'il faut espérer que comme dans le village d'Astérix, à la fin, ça se finisse bien.
Ces élus sont soutenus en sous-main par Anne Hidalgo, la maire de Paris. Est-ce qu'elle a un rôle à jouer dans l'avenir du Parti Socialiste ?
Écoutez, je ne vais pas commencer à distribuer les bons et mauvais points. Ils le font beaucoup à mon endroit. Je ne le fais à l'égard de personne. Vous aurez noté que je n'ai jamais cherché à accuser qui que ce soit de quoi que ce soit.
J'essaye de tracer ma route et de faire en sorte que ce Parti Socialiste qui a connu des heures plutôt sombres puisque nous avons connu une première défaite à l'élection présidentielle de 2017, une seconde en 2022 et que j'ai cherché à travers une coalition qui rassemble toute la gauche pour permettre justement à la gauche d'aller plus loin, de pouvoir concourir sur les deuxièmes tours, faire en sorte que nous puissions retrouver un élan qui nous permette demain de conquérir le pouvoir. Eux disent que vous êtes soumis
à Jean-Luc Mélenchon, à la France insoumise.
Écoutez, plutôt que de répéter ces sarnettes, il voudrait mieux regarder ce que nous avons fait depuis six mois, depuis que la NUP a été créée. Sur les votes, regardez sur ce qui s'est passé par exemple sur la décision de la Finlande et de la Suède à l'OTAN, les communistes et les insoumis ont voté contre, les socialistes et les écologistes ont voté pour. Sur Taïwan, je me suis exprimé, je n'ai pas la même position que celle des insoumis, ni d'ailleurs même la même que celle de l'Ontan. Donc il y a des divergences, mais est-ce que vous pourriez vous allier avec les insoumis
par exemple ? Vous avez souligné ces divergences à l'instant ?
J'ai déjà répondu à plusieurs reprises, là aussi j'aimerais que les gens m'entendent. C'est que j'ai dit c'est le projet qui dicte les alliances et non pas l'inverse. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que s'il y a un accord sur le projet, comme ce fut le cas pour les élections législatives, dans ces cas-là, il peut y avoir une alliance. Sauf que législative, vous aviez mis de côté, Olivier Faure, pas mal de points
sur lesquels il n'y avait pas d'accord. Sur l'Europe, c'est compliqué. Les Insoumis sont eurosceptiques, ils disent qu'il faut désobéir aux traités. Vous dites exactement l'inverse. Mais je ne vous dis pas autre chose.
On parle d'élection européenne. Mais Marc Fauvel, qu'est-ce que je viens de vous dire ? Je viens de vous dire sur les législatives, les questions européennes, les questions internationales n'étaient pas en cause puisque nous étions sur un projet national et dans un moment où c'était la cohabitation qui se serait imposée ce que nous avions gagné. Donc, ces questions-là restent à traiter. Soit nous nous mettons d'accord et donc nous arrivons à trouver des raisons d'avancer ensemble sur les élections européennes et auquel cas, il n'y a aucune justification d'avoir des listes séparées. Soit nous n'y parvenons pas et donc dans ces cas-là, il y aura des listes séparées. C'est aussi simple que ça.
Moi, je ne suis pas prêt à renier quoi que ce soit. Merci Olivier Faure. Merci à vous. Et bonne journée à vous.
Olivier Faure