#RDLS146 - OAS : l'extrême droite condamnée / Sommet Afrique-France
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00Jean-Luc MélenchonFait
« il y a une quinzaine a commencé le procès de dix jeunes gens qui ont été arrêtés, qui avaient constitué une association-organisation qui s'appelait OAS »
- 7:00Jean-Luc MélenchonFait
« moi je m'étais ému de la situation, j'ai demandé ce qui se passait, comment ça se faisait qu'un président de groupe d'opposition n'est pas alerté quand il y a une tentative d'assassinat contre lui »
- 8:00Jean-Luc MélenchonFait
« j'avais demandé à être partie civile et ça avait été accepté puis refusé ensuite »
- 9:00Jean-Luc MélenchonChiffre
« le chef de cette bande, il avait 21 ans au moment où il a organisé tout ça, il a pris 10 ans, le suivant il en avait 24, il a pris 5 ans »
- 12:00Jean-Luc MélenchonFait
« le président de la République française n'est pas le président d'une ONG ou le président d'un parti politique ou le président d'une association de défense des Droits de l'Homme »
- 14:00Jean-Luc MélenchonFait
« il a fait encore, alors vous savez il a déjà fait un sommet sur la mer, il fait venir des gens de tous les pays du monde »
- 16:00Jean-Luc MélenchonFait
« il y avait un contre-sommet qui avait lieu en même temps par des organisations, des associations, des partis politiques, qui avait lieu à Montpellier »
- 20:00Jean-Luc MélenchonPromesse
« je souhaite la présence des étudiants africains en France, je la souhaite »
- 22:00Jean-Luc MélenchonChiffre
« il faut 500 de ces signatures pour que je puisse être candidat à l'élection présidentielle »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour tout le monde, c'est la 146ème édition de "La Revue de la semaine". Allez, sans tarder le générique. [Musique] La semaine précédente je vous avais présenté des excuses parce qu'on avait laissé un long délai entre deux éditions de "La Revue de la semaine", et je voudrais vous expliquer que c'est plus compliqué pour moi de faire cet exercice "La Revue de la semaine", en période de campagne présidentielle que dans la période précédente et pourquoi ?
Pas à cause de l'emploi du temps qui serait surchargé, il l'est, mais parce que le rythme de ma préparation fait que les sujets sur lesquels je suis obligé de bosser, re-bosser lire les fiches, apprendre, bah je le fais pour les conférences dans les grandes écoles, pour des interviews, pour ici ou là je ne sais quelle émission, et par conséquent la tentation est forte pour moi de raconter tout ça dans une Revue de la semaine puisque c'est ce que je travaille, et je peux difficilement rajouter des sujets de plus à mon apprentissage hebdomadaire, j'espère que vous avez compris le problème, c'est que voilà, il y a une certaine thrombose de la nécessité de préparer, par exemple en ce moment, là, à l'heure à laquelle je vous parle, mes assistants sont en train de préparer d'une part ma participation à une conférence pour Sciences-Po Saint-Germain et puis pour dimanche, le discours que je présenterai devant "La Convention de l'Union populaire" qui va acter l'enregistrement de notre programme et puis bon, les autres questions qu'on met en débat dans cette grande rencontre, alors donc il faut que je fasse attention à ne pas vous raconter d'avance ce que je vais dire dimanche, ni non plus à vous donner l'impression que je suis définitivement parti sur Mars et que bon, je ne parle plus d'aucune des choses qui sont dans l'actualité, il y a là un petit exploit d'équilibre à trouver. En attendant cette chaîne sur laquelle vous vous trouvez, Youtube, c'est une chaîne qui est en croissance permanente, nous sommes en train de nous rapprocher plus vite que prévu des 600 000 abonnés, nous sommes à 586 000, Antoine me disais que ce n'est pas du tout ce qu'il avait prévu, il avait prévu qu'on serait à 600 000 abonnés après la date du 31 décembre, c'est à dire dans le début de l'année 2022, bah non, on va y arriver plus tôt que prévu, et vous êtes un certain nombre à avoir pris l'habitude de venir sur cette chaîne chercher des rediffusions d'émissions auxquelles je participe et dont vous avez entendu parler, ou bien dont sur le moment, vous vous dites bon ben je le verrai en replay, comme on dit hein, et vous venez sur cette chaîne pour la regarder, par exemple l'émission que j'ai faite avec Laurent Ruquier et Léa Salamé, vous êtes venu sur notre chaîne pour la regarder à 400 000 fois supplémentaires par rapport à l'émission, ou bien le débat avec Eric Zemmour où vous êtes venu à presque 3 millions sur cette chaîne pour voir le replay de l'échange. Donc elle a une très grande importance, une très grande centralité dans le dispositif de mon expression politique, vous voyez qu'une émission qui est correctement relayée, un journal qui est correctement relayé par ce qu'il a fait une interview dans laquelle on a pu parler de sujets de fond et que bon, la photo n'est pas pourrie, le titre n'est pas pourri, bon ben nous on diffuse, s'ils publient avec des titres pourris et des photos pourries, ben on ne diffuse pas et tant pis pour eux quoi, il faut voir que la puissance de feu que vous m'avez donné en vous abonnant, elle est mise entièrement au service de la bataille d'idées que nous menons pour beaucoup d'entre vous ensemble, je suis parfaitement conscient du fait qu'il y a des gens qui viennent par curiosité, parce qu'ils ont envie de savoir ce que je dis, voilà, ça ne veut pas dire qu'ils le partagent, mais ça les intéresse de savoir ce que je dis.
Donc cette semaine, avant "La Convention de l'Union populaire" et avant cette conférence que je vais avoir demain dans cette grande école à Saint Germain, alors je dois choisir les sujets dont je vous, parle et dont je ne pourrai pas parler dans toutes ces rencontres, j'espère que ça vous intéressera. Alors le premier, je ne sais pas s'il va vraiment vous intéresser, mais vous allez voir qu'il est bien quand même en rapport avec ce qui se passe en ce moment dans la température politique du pays. Il y a une quinzaine a commencé le procès de dix jeunes gens qui ont été arrêtés, qui avaient constitué une association-organisation qui s'appelait OAS, sur le modèle de l'organisation de l'armée secrète qui intervenait contre l'indépendance de l'Algérie, à l'époque de l'Algérie française, et en souvenir, en mémoire, en référence à ce combat d'extrême droite, ils avaient appelé leur groupe comme ça, et bon ce sont des gens jeunes qui se sont fait gonfler la tête sur les thèmes racistes, sur les thèmes d'extrême droite, sur des thèmes de violence anti-musulmanes, et qui avaient prévu de faire des attentats dans une série de mosquées et d'agresser des personnalités politiques.
Alors les deux personnalités politiques qui avaient été citées, par la presse hein ! nous on n'avait rien demandé hein, je le rappelle parce qu'il y en a certains qui disent que c'est tout juste si je n'étais pas content qu'on m'ait cité dans cette histoire, non mais il faut quand même revenir dans la réalité hein, je ne connais aucune personne que ça réjouirait de dire qu'il est prévu contre elle un attentat, ce qui était le cas pour ce qui me concerne au lance flammes et au lancement de grenades, parce que c'est de ça dont il était question, et monsieur Castaner, l'ancien ministre de l'Intérieur et actuel président du groupe "La république en marche", lui aussi était menacé, lui il s'agissait de lui couper la gorge, un des protagonistes de ce de ce complot étant même allé surveiller ses heures d'entrée et de sortie devant sa maison dans le village dont il est le maire. C'est pour vous dire qu'il y avait là quelque chose d'inquiétant, et le premier a été arrêté fin juin et tous les autres ont été arrêtés au mois d'octobre, alors bon, comme mon nom était apparu et pas qu'une fois et pas que dans un journal, eh bien bon, moi je m'étais ému de la situation, j'ai demandé ce qui se passait, comment ça se faisait qu'un président de groupe d'opposition n'est pas alerté quand il y a une tentative d'assassinat contre lui par une personne puis par 9 autres, donc dix personnes qui veulent vous tuer, il me semble que ça mérite d'être signalé.
Alors j'avais demandé à être partie civile et ça avait été accepté puis refusé ensuite. Et le procès ayant eu lieu, bah j'ai demandé à être partie civile, enfin mes avocats ont demandé ça parce qu'on estime que quelqu'un qui est victime d'un projet d'attentat est victime, ce qui jusqu'à présent n'était pas considéré comme tel, alors bon, on voulait faire avancer cette jurisprudence, mais vous voyez que ça a de l'intérêt dans le contexte dans lequel on est placé, aujourd'hui, avec une recrudescence très forte des menaces d'attentat par l'extrême droite, avec des scènes qui sont violentes, qui apparaissent dans plusieurs villes du pays, vous vous souvenez qu'ici même j'avais mis en garde, il y a deux ans, sur le fait que dans certaines villes du pays des groupes d'extrême droite veulent procéder à je ne sais quelles vérifications dans les autobus etc… Je l'avais dit ici même, bon maintenant ça a contaminé, il y en a partout, il y a même des endroits en Europe où c'est d'une violence absolue, là par exemple en Italie, le syndicat CGIL a eu une attaque armée, une agression par des groupes d'extrême droite et on observe ça dans plusieurs pays d'Europe, et en France, il y a eu récemment 2 attentats déjoués par les services de renseignements intérieurs, qu'il faut féliciter parce qu'ils ont bien fait leur boulot, de gens qui réellement comptaient faire, comment dire, de l'action de masse en matière d'attentat et d'agression, évidemment le plus souvent, davantage même que des personnalités politiques, ce sont les mosquées et les musulmans qui sont visés, donc dans l'ambiance dans laquelle on est, vous comprenez que tout le monde est extrêmement vigilant à faire ce qu'il faut pour ne pas encourager ce type de comportement, et lorsqu'ils sont constatés, à le punir. Alors là c'est ce qui s'est passé, c'est à dire que le jugement est rendu, peut-être y aura-t-il appel mais en tout cas le jugement est rendu, et dans ce jugement d'abord je suis reconnu comme partie civile, donc on considère que l'angoisse que génère un attentat, un projet d'attentat, bah ça fait de vous une victime en toutes hypothèses, et moi j'avais ajouté que ma vie n'est plus la même depuis qu'avant, parce que depuis que ces personnes ont été arrêtées, je ne sors plus jamais tout seul, je suis tout le temps escorté où que j'aille, quoi que je fasse, et on doit prendre toutes sortes de précautions, sur lesquelles je ne m'étends pas et vous devinez pourquoi, dans ma vie de tous les jours, mais il faut dire que c'est donc quelque chose qui est présent tout le temps dans mon existence et moi je n'ai rien demandé hein, donc j'ai voulu aller là-bas au procès, et je voulais que le dirigeant du groupe me voit parce que vous voyez, ce que j'ai pu constater c'est que les fanatiques, ils dépersonnalisent, il déshumanisent leur rapport à leurs ennemis, ils considèrent qu'au fond, nous sommes des entités, alors bon donc moi je suis Mélenchon "un rouge" dans leur esprit ou comme dirait madame Le Pen "un immigrationniste fou", parce que c'est de ça dont elle m'a traité, bon donc dans leur esprit dérangé, tout ça devient des entités abstraites et on oublie que non, ce dont on parle, y compris en politique c'est d'êtres humains, nous sommes tous des êtres humains, nous avons froid, nous avons faim, nous souffrons quand nous souffrons et nous nous réjouissons quand nous nous réjouissons.
Et moi je voulais que ce garçon me voit, ce qui m'a été l'occasion de dire que, pour ce qui me concernait, tout en étant évidemment et comme vous le comprenez dès lors qu'on demande à être partie civile, parmi les gens qui se plaignent de lui, en tant qu'homme je lui pardonnais, et je ne peux pas m'empêcher de penser que ces jeunes gens sont si jeunes hein, il faut voir qu'ils se sont laissés prendre la tête ils avaient 20 ans, 21 ans, et ils sont en prison depuis 2017 pour le chef du groupe et d'autres ont été en prison pendant 1 an, 1 an et demi, 2 ans peut-être même pour l'un d'entre eux et ensuite ils ont obtenu la possibilité de sortir de prison, et donc ils sont venus en prévenus libres et une fois que le jugement a été rendu, ben certains sont directement retourné en prison, notamment le numéro 2 de cette prétendue OAS qui a pris cinq ans, le chef a pris 10 ans et le juge a ordonné le mandat de dépôt, c'est à dire qu'ils ont été en prison tout de suite. Donc ce sont des peines qui sont sévères et bon, il faut se rendre compte que c'est juste d'être sévère quand des gens planifient la mort d'autres personnes ou des attentats contre des mosquées, alors c'est quand même un événement qui vaut la peine d'être entendu parce que hélas, ce dont nous sommes sûrs et ça c'est comme ça, c'est dans l'ordre des choses, personne n'y peut rien, il faut sanctionner mais en même temps à chaque fois que quelqu'un est sanctionné, bah en quelque sorte il commence à avoir une sorte de posture de héros, mais ce que je voudrais surtout vous dire dans cette affaire, c'est que ce ne sont pas des héros, les personnalités qui sont là se sont effondrées entre temps, certains ont fait de la déprime, des tentatives de suicide, je ne vous raconte pas tout ça pour vous incliner à la pitié hein, encore que ! mais pour que l'on comprenne, et que ceux qui peuvent le dire à d'autres qui en connaissent, qui se laissent influencer par les idées racistes, anti musulmanes et xénophobes, ce méli-mélo confus d'idées non moins confuses, chauffés à blanc par des Zemour, Le Pen et compagnie, quand ce sont des jeunes gens qui aussitôt se mettent en tête d'aller faire je ne sais quelle démonstration de force correspondant à leurs idées, c'est leur vie qu'ils détruisent hein, le chef de cette bande, il avait 21 ans au moment où il a organisé tout ça, il a pris 10 ans, le suivant il en avait 24, il a pris 5 ans, donc c'est leur vie qu'ils détruisent, et je me rappelle que quand j'étais dans la salle du tribunal, j'ai entendu un d'entre eux témoigner, enfin témoigner non, il était interrogé, bon ce n'est pas le bon mot témoigner, mais vous comprenez, il disait ce qu'il avait fait, il répondait aux questions qui lui étaient posées, et à un moment donné il a dit : "Oui c'est vrai, je sais que j'ai détruit la moitié de ma famille avec cette histoire", il est clair que derrière de telles méthodes, derrière de tels engagements, derrière de tels projets fous, il y a surtout et d'abord que les gens qui les mènent se détruisent eux-mêmes, se détruisent, détruisent leurs familles, détruisent les gens qui les aiment et qui parfois n'ont absolument rien à voir avec avec toutes ces idées, il arrive qu'ils soient absolument stupéfaits de découvrir que leur jeune est embringué dans une histoire comme celle-là.
Je voulais vous le raconter parce que évidemment, ça marque une étape et que ça a compté pour moi, cette semaine d'un point de vue aussi émotif, de l'apprendre, et évidemment je ne vous cache pas que j'ai eu aussi un petit moment un peu amer en pensant à certains commentateurs qui lorsqu'ils m'ont vu arriver au tribunal ont pensé que je venais là pour me rendre intéressant, pour me faire de la publicité comme si j'en avais besoin, pour qu'on parle de moi et ils l'ont fait dans des conditions qui étaient aussi une négation de mon identité humaine, du fait que je pouvais avoir été impressionné par tout ça, que je pouvais avoir eu peur, et je trouve que cette désinvolture dont évidemment je ne suis pas dupe, je sais qu'elle est de commande, elle est faite pour me nuire, pour eux aussi je ne suis pas une personne, je suis une sorte de comédien qui est dans la posture voilà, et cette façon d'être journaliste pour ceux qui l'ont commenté de cette manière m'écœure assez profondément, pas sur le plan bon journalistique, ça j'ai l'habitude, mais sur le plan humain de la relation que les gens créent entre eux ou qui se crée à travers un article ou un regard qu'on porte sur les autres, moi je vais vous dire qu'à la fin de tout ça, je ressens un sentiment d'un gâchis incroyable de la vie de ces jeunes gens qui ne sont pas du tout de mon bord, que évidemment le juge a eu raison de les punir parce que c'est grave une tentative de crime, c'est grave de vouloir agresser, plastiquer ou je sais pas quoi faire avec des mosquées, mais en même temps je vois le nombre de personnes qui dorénavant souffrent à cause de tout ça, parce que ça se termine par de la prison ferme, parce que ça se termine par des vies détruites. Je voulais vous le dire parce que c'est un peu compliqué, on ne peut pas dire ça à l'emporte-pièce dans une émission quelque part, vous savez on n'a pas le temps de finir une phrase, il faut parler à toute vitesse, bon vous connaissez tout ça, vous me voyez passer à la télévision et vous voyez comment je suis traité. On n'a pas le temps d'entrer dans la réalité humaine de ce qu'on fait, des relations qu'on a avec les autres, des chocs qu'on a parfois et de ce qu'on peut ressentir soi même.
Voilà je vous l'aurais dit parce que nous autres, qui faisons partie de la famille intellectuelle de l'humanisme, qui décrète que les êtres humains construisent leur histoire, sont entièrement responsables de leur histoire, qu'ils n'accomplissent pas une prédestination et qu'ils n'ont pas à accomplir un plan de marche qui est prévu à l'avance par je ne sais qui, je ne sais où, ou je ne sais quelle puissance tutélaire, et bien nous ne pouvons pas regarder l'usage que les autres font de leur liberté personnelle sans nous sentir interpellés, appelés, interrogés, et donc à notre tour à être interrogés dans notre réaction, moi je n'ai pas de sentiment de vengeance à l'égard de ces jeunes gens, et même si je condamne évidemment absolument tout ce qu'ils ont entrepris, je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est un énorme gâchis, et j'espère que beaucoup d'entre vous pensent comme moi, parce que si nous nous libérons du sentiment de vengeance, si nous nous libérons du sentiment de haine rétrospective, alors d'abord nous nous améliorons et peut-être que nous rendons le monde meilleur en diminuant la quantité de haine qui s'y trouve. Le deuxième sujet dont je veux vous parler pour cette semaine, c'est la rencontre qu'a organisé à Montpellier le président Emmanuel Macron avec ce qu'il appelle "La société civile africaine", alors, ceux qui s'intéressent à ces questions savent qu'évidemment, nous sommes dans un moment de redéfinition de la relation entre les peuples d'Afrique et la France, la France qui a été souvent le colonisateur en tout cas de toute la zone qui est francophone, ça c'est une certitude absolue, et donc nous sommes maintenant devant une nouvelle génération de jeunes Africains qui portent sur la France et la relation à la France un regard beaucoup plus, comment dire, détaché et peut-être plus froid, ou plus chaud, ça dépend, que les générations précédentes qui avaient connu une imbrication extrêmement profonde avec la France, soit en raison des guerres de décolonisation, soit des premières années de l'indépendance de tous ces pays qui se sont faites en étroite relation avec la République française dans des aspects, qui n'étaient pas toujours très sympathiques, d'une relation qui souvent était marquée par un rapport de dominant à dominé. La nouvelle génération se sent plus libre de ce type de rapports, plus critique aussi, alors ça nous le savons, donc quand on le sait il faut agir en conséquence et ne pas se comporter comme si o n ne le savait pas ou comme si les choses n'étaient pas ce qu'elles sont, en particulier il y a quelque chose qui m'a l'air d'être un peu dur à faire entrer dans certaines têtes, c'est que le paternalisme et la fausse bienveillance affectée ou la fraternité surchargée sont des comportements qui exaspèrent les jeunes générations et pas qu'elles d'ailleurs, parce qu'ils y sentent comme un relent de domination néocoloniale et admettons qu'on est obligé, même quand on est de la meilleure bonne volonté, comme c'est mon cas, j'aime beaucoup mon pays, donc j'aime bien quand on l'aime hein, je suis capable aussi d'entendre le ton sur lequel parlent certains dirigeants français, tout à l'heure le ministre des affaires étrangères était interrogé à propos de la relation que monsieur Macron a établi avec l'Algérie, bon il a été extrêmement grossier et vulgaire en tant que président de la République française hein, parce que le président de la République française n'est pas le président d'une ONG ou le président d'un parti politique ou le président d'une association de défense des Droits de l'Homme, il exprime le point de vue de la République française, c'est son rôle, et le point de vue de la République française c'est une relation d'État à État, de nation à nation dans un cadre qui s'appelle les relations inter (entre) nationales, entre nations, ça c'est son job !
Les autres font le leur, ONG, syndicats, défense des droits de l'homme, etc… Donc lui, il n'a pas faire quoi que ce soit d'autre que d'être dans la relation du président de la République française aux institutions des autres pays, voilà, il faut qu'il admette cette idée, mais dans sa vision à lui du monde ce n'est pas le cas, il se vit comme une sorte d'ONG et il passe son temps à avoir des initiatives qui sont hors du cadre international, mais sans se rendre compte du ton sur lequel il le fait, tout à l'heure il y avait le ministre des Affaires étrangères qui répondait sur l'Algérie ai-je dit, et il commence par dire : "Bien sûr, à notre avis c'est aux Algériens et à eux seuls de décider de ce qui est bon pour eux bla bla bli etc… " Mais je pense qu'il a dit tout ça en se disant : "C'est bien ce que je dis, ça montre que je respecte les autres etc… " Mais justement il ne se rend pas compte que non, ça ne respecte pas les autres parce que ça ne viendrait à l'idée de personne de dire la même chose des Allemands ou des Polonais ou des Anglais, vous n'auriez pas un ministre qui dirait : "Je comprends tout à fait que c'est aux Anglais de décider ce qui est bon pour eux", on dirait : "Ah bon, mais à qui voulez vous que ce soit d'autre ? " Pourquoi alors avoir ce type de discours en parlant de l'Algérie ou en parlant de tel ou tel État de l'Afrique au sud du Sahel ? Bon alors, là, il a fait encore, alors vous savez il a déjà fait un sommet sur la mer, il fait venir des gens de tous les pays du monde, admettons, la mer bon, les Français, deuxième territoire maritime du monde, enfin bon, je veux juste signaler que tout le long des territoires maritimes français, on a des voisins qui sont des États et que bon, on ne peut pas passer à côté de ça, mais allez, alors on peut encore dire ça, on passe, mais convoquer ou inviter "La société civile africaine", comme il dit hein, donc commençons par dire qui choisit les gens qui viennent, parce que il y a bien quelqu'un qui l'a fait, alors on a eu l'impression d'avoir là un rassemblement de start-upeurs et d'entrepreneurs plus une série d'associations, et je pense qu'il avait prévu en quelque sorte de surplomber tout ça, bon alors tout le monde a dit : "Ah ben tien, il n'y a pas un seul chef d’État africains invités", non mais c'est très grossier, c'est très grossier, parce que notre relation c'est avec des États, alors vous me direz : "On n'aime pas certains d'entre eux", très bien, si on ne les aime pas, on prend la précaution suivante : c'est que c'est à leur peuple de décider, c'est pas à nous.
Alors je sais que c'est un peu difficile parce qu'on a inventé dans les années 80 une folie qui s'appelait le "droit d'ingérence" et ça a été le nouveau visage du néocolonialisme, avant on y allait par la force parce qu'on pensait incarner le bien, maintenant on y va par la force parce qu'on pense incarner le bien, voilà ! Et qu'est ce qu'on a fait qui est différent ? Bah rien c'est la même chose, et on se figure que les gens s'en rendent pas compte, non mais vous avez tort, le niveau culturel, l'éducation de masse, ça a eu lieu dans tous les pays, et donc dans tous ces pays, peut-être qu'il y en a qui ne le savent pas, mais il y a une élite intellectuelle, il y a des écrivains, il y a des scientifiques, il y a des juristes de très haut niveau, disons de niveau au moins égal à ceux de nos juristes, nos scientifiques etc de notre pays, donc il faut définitivement débarrasser les relations de la République française avec tous ces peuples, de ce paternalisme, comment dire, sous tendu par toutes les démarches qui sont faites, alors là bon, il a invité des gens, je ne sais pas pourquoi ceux-là plutôt que d'autres, il n'a pas invité les chefs d’État, pourquoi ?
Pourquoi lui, monsieur Macron, n'invite pas les chefs d’État ? On ne comprend pas, ce sont ses homologues, primo, secundo il les soutient, regardez ce qui s'est passé avec monsieur Idriss Déby, j'étais un peu seul à dire que ce n'était pas acceptable de soutenir un gars qui était au pouvoir depuis 30 ans et qui était un dictateur. Le dictateur se fait assassiner, paix à ses cendres, monsieur Idriss Déby, et derrière c'est son fils qui fait un coup d'état et qui prend le pouvoir, dans la constitution du Tchad, c'est le président de l'Assemblée nationale qui doit être le président par intérim, alors on peut dire, mais qu'est ce que c'est cette histoire ?
C'est eux qui font, mais le président de la République française, il était là, le jour où le fils Déby s'est déclaré patron du Tchad, il était là avec monsieur Le Drian, et on a vu le président de la République française assis à côté d'un militaire en uniforme hein, en treillis, en train de valider son accession au pouvoir, bah comment le même personnage qui est capable de ça, Emmanuel Macron, ensuite fait un sommet "France-Afrique" où il n'invite aucun chef d’État ? Alors quel est le rapport entre ces deux attitudes ? Je crois que ça mérite d'être interrogé, par contre ce qui est intéressant c'est de voir qu'il y avait un contre-sommet qui avait lieu en même temps par des organisations, des associations, des partis politiques, qui avait lieu à Montpellier et puis y compris les gens invités, ben monsieur Macron a dû découvrir qu'ils n'étaient pas là seulement pour lui lécher les mains et lui dire : "Merci patron", c'est le contraire qui s'est produit, c'est à dire toute une série d'entre eux ont fait des interventions assez vigoureuse et très interpellantes, si bien qu'on se demande à quoi a servi ce sommet, sinon à mettre une fois de plus en scène Emmanuel Macron, alors c'est "Emmanuel Macron à la montagne", "Emmanuel Macron et les réacteurs nucléaires", "Emmanuel Macron et le Tchad", et puis là ben il y avait "Emmanuel Macron à Montpellier parle avec des Africains", mais qu'est ce que ça rapporte à l'Afrique ?
Rien, qu'est ce que ça rapporte à la France ? Rien non plus Et en même temps regardez la grossièreté du procédé, Montpellier est une ville universitaire, j'espère que vous le savez, c'est même une des plus vieilles villes universitaires de France puisque c'est l'endroit où il y a eu la première fac de médecine et des facs de droit qui ont donné des personnages extrêmement importants sous l'ancien régime, et l'ancien régime très profond hein, en 1300, il y a déjà des gens qui viennent de Montpellier qui sont des robins comme on dit, c'est des gens de robe bon, avocats, magistrats, tout ça, et puis il y a des médecins fameux comme Rabelais qui sont passés par l'université de Montpellier, donc ce n'est pas rien d'être à Montpellier, c'est un signal aussi qu'on adresse à la jeunesse étudiante du monde, ça lui va bien monsieur Emmanuel Macron de faire ça alors qu'il a augmenté d'une manière vertigineuse les frais d'inscription d es étudiants qui arrivent d'Afrique. Alors c'est le moment de dire : "Peut-être que c'est à cause de ça que madame Le Pen m'a traité d'immigrationniste fou" hein, déjà "immigrationniste" je n'ai pas bien compris ce que ça voulait dire, mais "immigrationniste fou" ça fait un peu rigoler quoi, on m'imagine tout décoiffé, je ne sais pas quoi, je me mets à la fenêtre et puis j'appelle je ne sais pas quoi, l'immigration à venir bon, moi je dis par contre très clairement que je souhaite la présence des étudiants africains en France, je la souhaite, je souhaite que ça circule, je souhaite qu'il y ait des étudiants français qui participent, une partie de leur cursus, qu'ils le fassent en Afrique francophone, dans les grandes universités d'Afrique francophone, et qu'il y ait une sorte d'Erasmus de la francophonie, c'est-à-dire une possibilité pour les étudiants qui utilisent la langue commune, langue française, eh bien de passer un coup au Québec, un coup en France, un coup en Belgique, un coup au Sénégal, bref partout où il y a des universités, et que tout ce petit monde-là puisse échanger, se voir, se rencontrer, faire des projets communs, et vous verrez qu'ensuite la vie leur permettra de se créoliser, alors "créoliser" ça ne veut pas dire se métisser, je le répète pour ceux qui ne comprennent rien même quand on leur explique dix fois, créoliser ça veut dire : faire culture commune, alors pour le coup, la francophonie est un espace de créolisation, monsieur Zemour va s'évanouir en entendant ça, mais de-facto c'est un espace de création, parce que quand vous parlez français et que vous êtes sénégalais ou maliens ou ivoiriens, par définition sur le territoire continental de l'hexagone et sur le territoire du Sénégal, bah on n'a pas les mêmes conditions de vie, on n'a pas le même climat, on a donc pas tout à fait les mêmes chansons, on n'a pas tout à fait les mêmes musiques, et tout ça bon, en se mélangeant donne quelque chose de nouveau et c'est ça le processus de créolisation, donc moi je suis très attaché à l'idée de la langue commune, la langue française, la langue commune, moi je l'appelle comme ça, la langue commune comme espace de créolisation et de découvertes, de renseignements, de recherches en commun, et j'espère qu'il y ait des universités qui soient communes comme une université de l'espace ou de la mer, voilà ce que moi j'aurais fait si j'avais été le président à ce moment-là, mais comme il n'est pas exclu que je le sois un jour ou l'autre, à partir du mois d'avril prochain, eh bien comme ça, au passage vous apprenez ce que j'ai l'intention de faire et comment je me représente toutes ces choses.
Bon alors, je vous donne rendez-vous à la semaine prochaine, il y a une série de sujets que je n'ai pas abordés ici parce que je n'ai pas encore décidé tout sur mon discours à la convention, et puis je ne vais pas le dire là parce que sinon ça va un peu enlever du sel à cette affaire, mais surtout cela va permettre à mes concurrents et adversaires de se préparer et je n'ai pas l'intention de les aider, bon alors la semaine prochaine, soit je vous dirai les choses que je n'ai pas dit dans le discours, soit je les reprendrai, j'espère que vous ne m'en voudrez pas, je me suis efforcé de mettre aujourd'hui des sujets qui m'intéressent, il y en avait un que je voulais traiter, qui est la question de la Chine, je vais le faire un peu plus tard parce que sinon Antoine m'a dit : "Ah c'est reparti pour 10 minutes", donc on ne fait pas ça, bon très bien je ne fais pas ça, mais la semaine prochaine je vous en parlerai. Je ne termine pas sans vous dire, vous avez tous été témoins du bug Facebook et puis d'autres hein, des dépendances de Facebook, vous avez tous vu ce qui se passe ensuite pendant plusieurs heures, c'est à dire qu'on est coupé de relations les uns avec les autres, et comme vous le savez, nous, nous avons mis au point une application qui passe sur les téléphones portables qui vous permet de rester connectés entre vous avec le réseau global de "L'union populaire" et de la "France insoumise" il y a dessus toutes les possibilités de se connecter, de savoir ce que font les autres, qu'est ce qui se passe dans votre secteur, dans votre coin, enfin les développeuses et les développeurs de la maison "Insoumise" ont fait des merveilles avec cette application. Franchement, jetez un œil, ça s'appelle "Action populaire", mais on y arrive de toutes les manières possibles hein, si on fait "Mélenchon 2022" on y arrive, on fait "Union populaire" on y arrive, et vraiment je demande à ceux d'entre vous qui se sentent les plus proches de la bataille présidentielle qu'on a engagée d'installer cette application sur leur téléphone, on a fait un petit bond récemment, on est arrivé à 9000 personnes qui ont pris en charge cette application, je reconnais que ce n'est pas toujours très simple de comprendre une application qui fait fonctionner un mouvement, comment ça marche, ben il n'y a qu'à aller voir, alors il y a quelqu'un qui m'a dit : "Ah oui mais il faut vous soutenir pour aller sur votre application", bah oui, c'est une application pour me soutenir donc il faut me soutenir pour aller sur l'application, tout ça ça marche ensemble, mais bon j'ai pas l'impression qu'on ait atteint encore un optimum, aujourd'hui, nous sommes 256 000 personnes qui parrainent ma candidature à l'élection présidentielle, donc ça va, il y a de la marge entre 9000 et 256 000, et mon ultime appel maintenant, ça sera pour vous dire que tous ceux qui le peuvent et qui ont le moyen de collecter un engagement de signature pour parrainer ma candidature auprès d'élus, que des élus le fassent, alors c'est certains élus : députés, sénateurs, députés européens, conseillers régionaux, conseillers départementaux, maires, membres des grandes métropole, bon tout ceux-là ont un pouvoir de signature, ils n'ont jamais demandé ce privilège mais ils l'ont, et il faut 500 de ces signatures pour que je puisse être candidat à l'élection présidentielle, donc tous ceux d'entre vous qui ont la possibilité d'aller rencontrer soit le maire de sa commune, soit un ami, la question n'est pas de dire : "Vient soutenir Mélenchon", ce n'est pas le sujet hein, le parrainage, dans ce cas précis des élus, ne veut pas dire le soutien, ça veut dire : "Bah je trouverais dommage que monsieur Mélenchon et ses amis n'aient pas de représentation dans l'élection présidentielle", donc si vous voulez donner le coup de main eh bien vous pouvez donner le coup de main et vous pouvez le faire utilement, notamment en vous inscrivant sur l'application "Action populaire" dont je viens de vous parler, parce que c'est là que l'on recense et on centralise toutes les annonces de soutien, il nous en faut 500, on n'y est pas encore hein, on en est même un petit peu loin, un peu trop loin à mon goût, parce que ça augmente l'anxiété dans la campagne et c'est pas bon l'anxiété pour faire campagne, donc je compte sur vous pour nous donner un bon coup de main pour régler ce problème-là comme on a réglé tous les problèmes un par un, victorieusement. – Sous-titrage : Le Crayon d'oreille -