Budget 2027 : sur RTL, le ministre des Comptes publics alerte sur la nécessité d'un "compromis qui ne peut pas être un n'importe quoi budgétaire"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:38FerméeÉludée
À qui allez-vous demander des efforts ?
- 1:27RelanceRéponse partielle
À qui vous allez demander des efforts pour enrayer tout ça ?
- 2:47OuverteRéponse directe
Vous avez des premiers retours de cette lettre qu'a adressée le Premier ministre ?
- 3:54RelanceÉludée
À qui vous allez demander des efforts en priorité ?
- 4:07OuverteRéponse partielle
Est-ce que la non-indexation des pensions de retraite est toujours un sujet sur la table ?
- 5:08OuverteRéponse partielle
Est-ce que la reconduction de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises est aussi sur la table ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, si on dépense 100 euros sans le financer, ça coûtera ensuite 140 euros à rembourser. »
- 1:08Invité politiqueFait
« Dans quelques années, avant même 2030, la totalité de l'impôt sur le revenu ne servira plus qu'à une chose, c'est à payer les charges d'intérêt. »
- 2:13PrésentateurChiffre
« le rapport de l'Inspection générale des finances estime que le coût d'une loi spéciale, ce serait 15 milliards d'euros supplémentaires. »
- 4:17Invité politiqueChiffre
« En 2024, l'augmentation pour 100% des retraités, de 100% des retraites, elle nous coûte 15 milliards d'euros chaque année. »
- 4:29Invité politiqueFait
« C'est plus que le budget du ministère de la Justice. »
- 8:43PrésentateurChiffre
« Avec un histoire de récupérer 2 à 3 milliards d'euros par an, c'est ça ? »
- 10:45Invité politiqueChiffre
« Il y a eu un accès à un certain nombre d'informations pour près de plus de 600 000 particuliers et professionnels »
Temps de parole
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L'invité d'RTL à 7h40, des taux d'emprunt et une tête qui s'envole. Des opposants qui promettent de censurer le futur budget, des données du fisc piratées par des hackers. Rentrée agitée pour le gouvernement et particulièrement pour le ministre de l'Action et des Comptes publics que vous êtes. Bonjour David Amiel. Bonjour. Et merci d'être sur RTL ce matin, juste avant le Conseil des ministres de rentrée auquel vous allez participer tout à l'heure. Rentrée marquée par la préparation du futur budget dans un contexte économique morose. Un taux d'intérêt de la dette qui grimpe, plus de 4% désormais. Une dette donc qui se creuse encore. A qui allez-vous demander des efforts ?
Vous avez d'abord raison de le rappeler. La hausse forte des taux d'intérêt qu'on observe dans le monde entier, mais qu'on observe aussi malheureusement en France, c'est un coup de semence. On a changé de monde, y compris par rapport à ce qu'on vivait il y a quelques années. Y compris par rapport au printemps dernier, quand on subissait le déclenchement de la guerre dans le détroit d'Hormuz. Aujourd'hui, si on dépense 100 euros sans le financer, ça coûtera ensuite 140 euros à rembourser. Dans quelques années, avant même 2030, la totalité de l'impôt sur le revenu ne servira plus qu'à une chose, c'est à payer les charges d'intérêt. C'est-à-dire, au fond, enrichir les créanciers.
C'est la raison pour laquelle il faut évidemment qu'on arrête cette machine infernale.
Donc ça, c'est pour le tableau noir que vous dressez, l'exercice de pédagogie, mais vous n'avez pas répondu à ma question. À qui vous allez demander des efforts pour enrayer tout ça ?
D'abord, il faut que les partis politiques à l'Assemblée nationale fassent preuve de responsabilité. Vous le savez, on n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale. Le Premier ministre a adressé ce week-end une lettre extrêmement claire.
Une lettre de capage à tous les parlementaires.
Exactement, qui rappelle l'essentiel. C'est-à-dire que s'il n'y a pas de budget pour l'année 2027, alors on ira vers une catastrophe économique pour notre pays. Énormément de secteurs économiques tourneraient à l'arrêt. Notre déficit exploserait. Et ces deux éléments sont publics. Ils ont été documentés par l'Inspection générale des finances et par le Conseil d'État. Pas besoin de me croire sur parole. Ils sont accessibles sur Internet pour tout le monde.
C'est-à-dire que pour être très clair, s'il n'y a pas de budget adopté, le rapport de l'Inspection générale des finances estime que le coût d'une loi spéciale, ce serait 15 milliards d'euros supplémentaires.
Exactement. Et ce compromis politique, ça ne peut pas être le n'importe quoi budgétaire. Parce qu'évidemment, ce serait la facilité pour les partis politiques de mettre la tête dans le sable, de dire attendons l'élection présidentielle, faisons un accord à minima, laissons filer les déficits. Mais ça, dans l'environnement économique que je rappelais à l'instant, ce serait extrêmement dangereux. Et nous, on ne sera jamais des ponce-pilates budgétaires.
Donc, vous appelez tous les parlementaires à la responsabilité. Ça, on l'a compris. Les Insoumis ont déjà annoncé hier qu'ils voteraient la censure. Vous avez des premiers retours de cette lettre qu'a adressée le Premier ministre ?
J'ai vu des réactions ce week-end. Je n'attendais évidemment pas grand-chose des Insoumis. Jean-Luc Mélenchon, lui-même, fait maintenant des promesses qui relèvent davantage de la pensée magique qu'autre chose. Autant, vous connaissez les talents d'orateur de Jean-Luc Mélenchon. On lui découvre ce week-end des talents de magicien. Il pense qu'il suffit de rayer la dette d'un trait de plume. Je crois que les chroniques se sont multipliées, y compris à votre micro, pour montrer que ça n'avait absolument aucun sens et que ça construirait en réalité à une catastrophe financière. Donc, je n'attendais rien de la France Insoumise.
En revanche, j'attends des partis de gouvernement, des partis de la droite républicaine, des partis de la gauche républicaine, des partis du bloc central, qu'on puisse entendre pour construire ce compromis. Mais je le redis, un compromis qui, évidemment, ne soit pas un n'importe quoi budgétaire et qui permette de continuer à poursuivre les efforts de réduction du déficit que l'on mène depuis 2025.
Donc, vous attendez la réponse responsable. Vous l'espérez des parlementaires. Eux attendent peut-être de savoir ce que vous allez décider, ce que vous allez proposer dans ce budget. Et je répète une nouvelle fois ma question, à qui vous allez demander des efforts en priorité ? Vous avez, vous-même, ouvert la porte d'une non-indexation des pensions de retraite d'une certaine partie des retraités. Est-ce que ça, c'est toujours un sujet qui est sur la table ? Est-ce que vous avez fixé le seuil de ces pensions qui ne seraient pas réindexées ? 2 000, 3 000 euros, on a vu des chiffres circuler.
C'est un débat qui sera, évidemment, incontournable. Vous savez, en 2024, l'augmentation pour 100% des retraités, de 100% des retraites, elle nous coûte 15 milliards d'euros chaque année. C'est plus que le budget du ministère de la Justice. Et c'est la raison pour laquelle ce débat existe. Parce que dans la période dans laquelle on est, dans la période dans laquelle il faut faire des choix d'urgence absolus, des choix d'urgence qui ne peuvent pas être financés par le déficit, il y a des choix, évidemment, difficiles à faire. Et les efforts, ils devront être généraux dans le cadre du budget.
En ce qui concerne les paramètres précis, les questions précises que vous me posez, et l'ensemble des questions qu'elles relèvent des retraites ou autres, elles seront arbitrées par le Premier ministre et présentées très prochainement.
Mais c'est donc toujours une piste sur la table ?
Le Premier ministre aura l'occasion de rendre ses arbitrages prochainement.
Bon, donc on n'a pas de réponse ce matin sur les retraites. Est-ce que la reconduction de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises est aussi sur la table ? Le MEDEF fait sa rentrée cette semaine. J'imagine que les patrons sont sensibles à cette décision.
Je le disais, les arbitrages structurants pour le budget, et c'est normal, seront présentés par le Premier ministre. Dans un contexte où tous, tous, devront faire des efforts. Des efforts pour quoi ? Des efforts pour financer des politiques publiques essentielles. Je pense à celles qui concernent l'avenir de notre pays. Et dans les premiers éléments de budget que j'ai eu l'occasion de présenter au Parlement, au mois de juillet dernier, il y a deux augmentations essentielles. La défense et la transition écologique.
Et je crois que c'est un symbole de ce qu'on doit faire aussi dans le cadre de ce prochain budget, c'est-à-dire faire des efforts, faire tous des efforts, pour pouvoir préserver les investissements indispensables dans l'avenir.
Raphaël Glucksmann, qui s'est déclaré candidat officiellement hier, propose, lui, de taxer les super-héritages. Alors, dans son esprit, ça permettrait d'augmenter les salaires en baissant les prélèvements sociaux. Est-ce que ça, c'est des pistes aussi que vous pouvez mettre sur la table, même si on entend que rien n'est tranché, rien n'est tabou non plus ?
J'ai entendu la proposition Raphaël Glucksmann. Elle ne vise pas à réduire le déficit, ce qui j'ai bien compris. Oui, il vise à faire réforme, c'est dans le cadre de l'élection présidentielle. Il y aura des débats sur cette question-là. Moi, je pense que tous les débats qui permettent d'augmenter les salaires nets dans le cadre de la présidentielle sont légitimes. L'urgence dans le cadre du budget de 2027, c'est d'éviter une dérive très grave des finances publiques, de continuer à réduire les déficits, demander des efforts aux plus fortunés. On l'a déjà fait dans les budgets précédents, ceux de 2024, ceux de 2025. C'était la contribution différentielle sur les hauts revenus, par exemple.
Ça fera évidemment partie des débats légitimes, mais ça ne doit pas nous détourner de l'essentiel, c'est-à-dire les économies budgétaires.
David, Amiens, je rappelle que vous êtes ministre de l'Action et des Comptes Publics. Est-ce que vous êtes certain, dans ce contexte que vous nous décrivez, de pouvoir tenir la promesse de Sébastien Lecornu ? Pas de hausse d'impôts ?
Je le disais à l'instant, notre priorité absolue, c'est de réduire le déficit. Et pour cela, la première chose à faire, c'est de faire des économies budgétaires.
Parce que souvent, dans ce pays, tout est prétexte,
tout est prétexte, pardonnez-moi, à différer, reporter, enterrer les économies budgétaires. Certains disent qu'il suffit d'augmenter les impôts dans le pays qui est d'ores et déjà le plus imposé d'Europe. D'autres prétendent que la dette n'est pas un problème. D'autres voudraient qu'à chaque crise, on abandonne les efforts de consolidation budgétaire. Je crois que notre pays souffre de ça. Donc, concentrons-nous d'abord sur les économies budgétaires.
Les entreprises qui attendront vos arbitrages, les entreprises inquiètent aussi pour leur sécurité informatique. La facturation électronique va devenir obligatoire pour nombre d'entre elles dès le 1er septembre. En clair, les factures devront avoir un format numérique normé, passer aussi par des plateformes agréées par l'État. Officiellement, c'est pour garantir leur sécurité et transmettre automatiquement les données au fisc. Garantir la sécurité, est-ce que vous le pouvez vraiment aujourd'hui dans le contexte des cyberattaques qu'on connaît ?
D'abord, pourquoi est-ce qu'on fait cette réforme de la facturation électronique ? C'est-à-dire permettre, ce que vous avez rappelé à toutes les entreprises, de facturer avec les mêmes standards. C'est pour simplifier la vie de tout le monde. C'est ce qui va permettre de réduire les délais de paiement. Et vous savez à quel point ça empoisonne la vie des PME. C'est ce qui va permettre de réduire les temps administratifs pour les chefs d'entreprise. C'est ce qui va permettre de lutter contre la fraude à la TVA sans multiplier les contrôles tâtillons qui, là aussi, empoisonnent la vie.
Avec un histoire de récupérer 2 à 3 milliards d'euros par an, c'est ça ?
Oui, et sans avoir des contrôles tâtillons sur l'immense majorité des entreprises qui respectent, bien évidemment, les règles. C'est la raison pour laquelle les organisations patronales ont été très engagées dans la préparation et la mise en place de cette réforme.
Mais on a les moyens de sécuriser toutes les données de ces entreprises qu'elles vont vous confier demain ?
Mais le plus important, c'est la preuve. Est-ce que cette réforme, elle a marché là où elle a été mise en avant ? Oui. Les Belges, les Italiens ont mis en oeuvre la facturation électronique et ça a fonctionné.
Mais je pourrais vous répondre que peut-être que leurs systèmes informatiques sont mieux sécurisés que ceux de la France, à un avis, les cyberataires.
Les exigences de sécurité qu'on a demandées aux plateformes agrées sont supérieures à ce qui existe en Italie et en Espagne. Et j'aurai l'occasion, ce mercredi à Bercy, de convoquer l'ensemble des plateformes agrées pour renforcer encore les exigences de sécurité dans le contexte que vous évoquez. Et puis, je voudrais aussi être très clair. Le 1er septembre, ce n'est pas une date coup près. C'est, au fond, le début, le coup d'envoi de cette réforme de la facturation électronique.
Ça veut dire pas de sanction pour l'immédiat ?
Ça veut dire qu'évidemment, d'ici à la fin de l'année 2026, il n'y aura aucune sanction pour aucune entreprise. On sera extrêmement pragmatique. L'idée est d'accompagner progressivement les entreprises dans l'adoption de la facturation électronique.
Et on rappelle que le délai, ce n'est pas le 1er septembre. Pour toutes les entreprises, pour les TPE, PME, ce sera seulement septembre 2027. Je voudrais revenir quand même au piratage des données. On en a parlé de la Direction Générale des Finances Publiques. Vous avez présenté vos excuses aux contribuables. Certains d'entre eux sont appelés à payer leur taxe foncière à partir d'aujourd'hui. Ils peuvent le faire sans crainte ?
Oui, car ce qui a été attaqué par le cyberattaquant ne concernait pas le paiement des impôts. Il n'y a pas d'impôts qui auraient été détournés, d'avis d'imposition qui auraient été modifiés. Il y a eu un accès à un certain nombre d'informations pour près de plus de 600 000 particuliers et professionnels qui concernaient, par exemple, on parle d'informations fiscales, le revenu fiscal de référence, pas la composition de votre revenu, mais enfin le revenu fiscal de référence. Mais jamais, jamais, le paiement de l'impôt n'a été perturbé.
Un mot, peut-être, pour finir, David Amiel de notre sondage. Harris Interactive, Toluna pour RTL et M6. Il donne Marine Le Pen gagnante ce matin dans tous les cas de figure au second tour. Et dans la plupart des hypothèses, après un second tour, face à Jean-Luc Mélenchon, est-ce que vous redoutez l'effacement du bloc central de votre famille politique en 2027 ?
La première chose que je redoute, c'est la victoire de Marine Le Pen. Parce que ce que montrent les sondages que vous évoquez, c'est qu'aujourd'hui, Marine Le Pen, l'extrême droite, est extrêmement bien positionnée pour l'élection présidentielle. Je pense que ce serait une catastrophe pour notre pays. Une catastrophe pour les finances publiques. Le programme Marine Le Pen serait une catastrophe. On voit à quel point, même sur la question des retraites, le Front National n'arrive toujours pas à dire ce qu'il compterait faire. Une catastrophe, évidemment, sur le plan européen, sur le plan des alliances internationales. Une catastrophe pour la cohésion de notre pays.
Et je crois que ça, bien au-delà de ma famille politique, bien au-delà de mon parti politique, ça devrait tous nous interpeller avec une question. Comment faire pour que les classes populaires et les classes moyennes, qui sont aujourd'hui tentées par le vote du Rassemblement National, aient une autre voie d'espoir ?
Merci, David et Daniel. Vous restez avec nous, si vous voulez bien, puisque Alex Vizorek est là. Bonjour, Alex. Bonjour, Céline Angro. L'œil d'Alex Vizorek
David Amiel