Réforme des retraites, énergies renouvelables, Qatargate, guerre en Ukraine... Ce qu'il faut retenir l'interview de Yannick Jadot
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Yannick Jadot, pour la première fois, des chars occidentaux vont combattre en Ukraine, des chars français qu'Emmanuel Macron a promis de livrer à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky hier soir. Il a raison ?
Oui, il faut continuer à aider l'Ukraine. Nous savons à quel point c'est une guerre pour la démocratie, c'est une guerre pour l'état de droit, c'est une guerre pour la souveraineté de l'Ukraine. Mais nous savons aussi à quel point la Russie, au fond, organise une guerre contre l'Occident. Donc il faut aider l'Ukraine. Mais quand on dit les chars occidentaux, ça veut dire que c'est pour la première fois des chars de fabrication d'Europe de l'Ouest, puisque les chars qui étaient fournis à l'Ukraine étaient de fabrication russe, notamment exportés ou donnés par la Pologne.
Sur la guerre en Ukraine, vous êtes derrière, aux côtés d'Emmanuel Macron. Il n'y a pas de ligne ? Je suis aux côtés des Ukrainiens.
Oui, et derrière la position de la France. Bien sûr, aujourd'hui, la position de la France, la position de l'Europe reste unie. C'est une bonne chose. Il faut continuer à soutenir l'Ukraine. L'hiver est dramatique.
D'autres pays refusent de fournir des chars.
Je sais, je sais. Mais vous voyez bien qu'on fournit aussi des chars d'une certaine catégorie. C'est-à-dire qu'on ne fournit pas nos meilleurs chars. Les Américains ne fournissent pas nos meilleurs chars pour justement trouver cet équilibre entre aider l'Ukraine à reconquérir son territoire, mais de ne pas être dans une guerre offensive contre la Russie.
Vous auriez préféré que la France, par exemple, envoie ses chars Leclerc, c'est-à-dire ses fleurons, en Ukraine ?
Non, parce que je crois qu'il y a cet équilibre à trouver, qui est compliqué, évidemment, mais il y a cet équilibre à trouver, qui fait que, encore une fois, on doit aider l'Ukraine à reconquérir son territoire. Ça se fait dans les drames, dans les atrocités que nous connaissons. Mais on ne doit pas donner à l'Ukraine la possibilité de faire une guerre offensive contre la Russie, qui serait surtout perçue par la Russie comme une guerre de l'OTAN contre elle. C'est un équilibre très compliqué. C'est un équilibre diplomatique. Il faut donner tous les moyens à l'Ukraine de se défendre, mais pas plus. C'est un équilibre terrible.
C'est étonnant ce que vous dites, parce qu'une guerre défensive, l'Ukraine, aujourd'hui, elle essaie de regagner du terrain qu'elle a perdu. Une guerre défensive, ça n'a pas de sens. On ne peut pas regarder tomber des obus et se dire qu'on avancera quand ça ira mieux.
Non, aujourd'hui, les matériels que nous fournissons à l'Ukraine, quand je dis nous, c'est notamment les Etats-Unis très fortement et l'Union européenne, sont des matériels qui permettent à l'Ukraine de se défendre, de se protéger et de reconquérir son territoire sur des dizaines de kilomètres, mais pas plus. C'est pas un peu hypocrite de dire qu'on n'est pas en guerre alors qu'on fournit autant d'armes. Oui, mais c'est l'équilibre. C'est l'équilibre qu'on doit avoir avec la Russie. La France est un pays doté de l'arme nucléaire. La Russie, vous le savez, et Poutine joue de la menace nucléaire en permanence. Donc, il faut trouver ce bon équilibre qui peut apparaître parfois hypocrite.
C'est vrai, mais ce n'est pas la guerre totale de l'Occident, de l'Europe, avec les Etats-Unis, contre la Russie. Il faut trouver cet équilibre et puis surtout continuer à maintenir les sanctions contre la Russie, contre les oligarques, parce qu'encore une fois, cette guerre que mène aujourd'hui l'Ukraine est une guerre juste, c'est une guerre aussi pour nous.
Yannick Jadot, c'est ce qu'on appelle le Qatargate. Quatre personnalités du Parlement européen, dont sa vice-présidente, sont soupçonnées d'avoir été corrompues par le Qatar. Vous, qui êtes député européen, est-ce que cette histoire vous a surpris ?
Elle a sidéré tout le monde à ce niveau de corruption. On a trouvé un million et demi en coupure chez notamment l'ancienne vice-présidente du Parlement européen, Eva Kaili. C'est tout un système ?
Ou alors c'est eux, c'est juste des cas isolés, ou alors on a découvert tout un système de corruption ?
Non, pour l'instant, on va laisser l'enquête se dérouler. Le Parlement européen, notamment sous notre impulsion, a mis en place une commission d'enquête. Et puis surtout, il est temps que les mesures que nous portons, nous écologistes, groupe vert européen, depuis tant d'années sur les déclarations de patrimoine en France, quand vous êtes élu, vous devez au début de votre mandat et à la fin de votre mandat, déclarer votre patrimoine. Ça n'est pas le cas au niveau européen. L'idée d'une haute autorité indépendante n'existe pas au Parlement européen.
Quand vous êtes une puissance étrangère, vous n'êtes pas enregistré sur le registre des lobbies, alors que vous représentez un intérêt qui n'est pas l'intérêt général européen. Il y a beaucoup de mesures que nous portons depuis beaucoup d'années, nous écologistes, il est temps que les autres groupes qui les refusaient les acceptent aujourd'hui.
Vous avez déjà été approché, vous, par un État ? Non. Jamais. Non. D'autres députés européens, Nathalie Loiseau notamment, ont raconté que ça a été leur cas. Mais peut-être qu'il y a des groupes où les lobbies sont potentiellement plus ouverts à des formes.
Non, pas corruptibles, mais si vous voulez, les écologistes, on est plus souvent sur les listes des personas non grata des dictatures, des pays, que des députés jugés corruptibles. Donc, c'est vrai que nous, on a fait du combat contre les lobbies, on a fait du combat contre l'ingérence des États étrangers. Voilà, un pilier de notre programme.
C'est-à-dire qu'il n'y a peut-être pas que le Qatar aujourd'hui, le Maroc est soupçonné lui aussi.
Bien sûr, bien sûr. La liste est peut-être plus longue que ça. On entend beaucoup parler du Maroc. Vous savez qu'on a une commission d'enquête aussi au Parlement européen sur les ingérences russes. On parle aussi de la Chine. Donc, effectivement, il est temps d'enquêter. Mais là, ce sont des soupçons où vous avez des éléments. Non, vous, dans votre entourage, dans vos discussions, qui peuvent vous l'enquête. Vous laissez les commissions d'enquête. Et puis, vous avez remarqué que la justice belge travaille vite. Quand on voit en France le temps qu'on met à régler des enquêtes sur des problèmes de corruption, au moins, la justice belge a avancé très vite.
Il y aura des sanctions contre le Qatar ?
Pour l'instant, il y a déjà des sanctions contre le Qatar. Puisque les représentants du Qatar ne peuvent plus entrer au Parlement européen. Nous avons suspendu toutes les législations qui concernent le Qatar. Notamment, il y avait la perspective d'un accord aérien avec Qatar et Ouest suspendu. Donc, nous faisons notre travail. Vous savez, les institutions européennes ont plutôt bien avancé sur certains points. L'utilisation de l'argent européen. Vous voyez que l'OLAF, qui est l'organisme de contrôle au niveau européen, a par exemple identifié et sanctionné le Rassemblement national pour des détournements de fonds. Mais sur les ingérences extérieures, c'est beaucoup trop faible.
Il est temps que le programme des écologistes s'applique aussi au Parlement européen.
On parle des retraites dans un instant. Yannick Jadot, le fil à info tout d'abord à 8h40. Maureen Suignard. 100 000 personnes attendues, place Saint-Pierre. Le pape François préside les obsèques de son prédécesseur, le pape Benoît XVI. Il sera ensuite inhumé en privé dans la crypte de la basilique ce matin. Le ministre de la Santé se dit préoccupé par la pénurie de certains médicaments, certaines formes de paracétamol et d'amoxiciline. Le besoin n'a pas été anticipé par les industriels, déplore François Braune, qui s'exprime aussi sur la grève des médecins en cours. Non, la consultation ne va pas passer à 50 euros, dit le ministre.
Après les alertes du monde de la justice sur un état de délabrement avancé, les gardes des sceaux présentent aujourd'hui son plan d'action. 10 000 postes seront créés dans les 4 prochaines années. Il doit apporter des détails sur la question de possibles annonces aussi concernant la surpopulation carcérale. décrit raciste lors d'un match de foot en Italie et un Français en larmes sur le terrain. Le champion du monde 2018, Samuel Umtiti, qui joue avec le club de Lecce, criant haut et fort, non au racisme, a écrit hier le président de la FIFA qui a exprimé sa solidarité avec le joueur. France Info Yannick Jadot et Elisabeth Borne doivent présenter la réforme des retraites la semaine prochaine.
Et vous, vous avez décidé de signer une tribune dans le monde pour la dénoncer. On peut y lire. Le président de la République ne peut pas se prévaloir du vote des électeurs en avril dernier pour imposer cette réforme sous prétexte qu'il l'avait inscrite dans son programme. Celui-ci n'a reçu l'assentiment que d'un Français sur cinq au premier tour de l'élection présidentielle. En fait, quoi ? Vous dites clairement qu'Emmanuel Macron n'est pas légitime pour mener la réforme des retraites ?
Il n'est pas légitime quand il prétend qu'il a eu un vote à l'élection présidentielle qui valide ce projet de retraite à 65 ans. Les Français sont très majoritairement contre cette réforme. Emmanuel Macron, souvenez-vous, moi j'ai appelé, comme d'autres, dès le soir du premier tour à voter Emmanuel Macron malgré son projet. Malgré son projet. L'appel d'Emmanuel Macron au soir du premier tour, c'est aussi que celles et ceux qui, par souci républicain, par défense de l'état de droit, de la démocratie, devaient s'opposer à l'extrême droite et Marine Le Pen,
a voté pour lui le soir du second tour. Si vous aviez gagné la présidentielle, vous n'appliqueriez pas votre programme non plus. Si c'était face à Marine Le Pen. Si, puisque vous êtes en train de dire qu'il n'est pas légitime à appliquer son programme. Vous vous appliquez à vous aussi, vous aussi, c'était Jean-Luc Mélenchon.
Une réforme, aujourd'hui, si on prend la réforme sur les retraites, une réforme qui a l'opposition de la très grande majorité des Françaises et des Français, de l'ensemble des forces syndicales. Et pourquoi ?
Pardon, mais la phrase que je viens de lire ne dit pas ça. Vous parlez de légitimité du président de la République. Vous dites qu'il a été élu face à Marine Le Pen, donc il n'a pas les moyens de le faire.
Parce qu'il change en permanence d'argument. Il change en permanence d'argument sur cette réforme. Ils ont commencé par dire, j'ai été élu pour ça. Non, Emmanuel Macron n'a pas été élu pour ça. Une partie de l'électorat a voté pour cette réforme des retraites, mais c'est une partie minoritaire, y compris de son électorat de second tour. Donc cet argument-là, il tombe. L'argument financier de dramatisation...
Ce n'est pas un argument de mauvais perdant, ça, de dire ça.
Mais non, c'est un argument de démocratie. Enfin, à un moment donné, on ne peut pas juste inventer des réalités alternatives. Il n'y a pas de réalité sur le fait que le vote de second tour d'Emmanuel Macron, qui lui a permis de gagner la présidentielle, est un vote de soutien à la réforme des retraites. Autre réalité alternative, c'est cette dramatisation absolue de l'enjeu financier du système des retraites. Je vais vous lire, si vous le permettez, le rapport du corps auquel tout le monde fait référence, et notamment les déclarations de Pierre-Louis Bras, son président.
Les résultats de ce rapport ne valident pas, ne valident pas, le bien-fondé des discours qui mettent en avant l'idée d'une dynamique non contrôlée des dépenses des retraites. C'est-à-dire qu'ils inventent une dramatisation pour justifier l'abjecte.
C'est-à-dire 12 milliards de déficit à la fin du quinquennat, 12 milliards par an, avec une hypothèse de travail du corps qui est un chômage à 4,5%, ce qui n'est pas tout à fait le cas aujourd'hui. Pour vous, c'est peanuts, 12 milliards.
Vous reconnaissez qu'il y a 4 scénarii dans le corps. 3 scénarios, 3 scénarii, pardon, ne donnent pas de déficit. Il y en a un qui donne un déficit. On est sur des projections de long terme. Il y a 10 ans, le corps prévoyait 20 milliards de déficit du système des retraites cette année. On est à plus 3 milliards. Donc, l'enjeu n'est pas financier. C'est un enjeu idéologique. Et c'est un enjeu profondément inhumain.
Emmanuel Macron fait de l'idéologie. Bien sûr. Est-ce que l'Espagne, qui est déjà passée à 66 ans, qui s'apprête à passer à 67, fait aussi de l'idéologie ? En Espagne, ce sont vos amis, les socialistes qui dirigent le pays. Mais moi, je ne comprends pas. 67.
Mais vous savez, si on veut faire des comparaisons, la France est un des pays, et c'est une bonne nouvelle, où les retraités touchent les meilleures pensions en Europe par rapport au niveau de revenu de la société. Quand vous regardez les projections, la part affectée aux pensions de retraite dans notre produit intérieur brut, dans notre richesse collective, ne va pas augmenter dans les prochaines années, potentiellement va baisser. Nous sommes un des rares pays d'Europe où cette part va baisser, alors que la population à la retraite va augmenter. Et puis, il y a potentiellement d'autres ressources. On a quand même 160 milliards de réserves sur le système des retraites.
Vous avez la proposition de Michael Zemmour, de Michael Zemmour, pas l'autre, de dire, si on augmentait de 4,5 euros les cotisations des salariés, et les cotisations patronales, par mois, pas salariés. De ceux qui sont au SMIC. Ça suffirait à équilibrer. Mais surtout, cette réforme, encore une fois, elle est socialement injuste et humainement, elle est abjecte. Parce que qu'est-ce qui va se passer ? Vous voyez ces calculs macabres où on dit, au fond, ceux qui ont eu les carrières les plus pénibles, les plus hachées, ceux qui ont commencé à travailler le plus tôt, on va voir si, est-ce qu'ils vont être capables ? 25.
Ils sont seulement 25% d'entre eux à être en activité aujourd'hui, après 60 ans. 25%. Est-ce qu'ils vont être en arrêt maladie ou en incapacité ? Est-ce qu'ils vont être au RSA ? Est-ce qu'ils vont être au chômage ? Est-ce qu'ils vont mourir plus tôt que le départ à la retraite ? C'est abject, en fait, cette retraite.
Pendant la présidentielle, vous disiez on reste à 62 ans, c'est le statut quo. La NUPES, elle, c'est 60 ans et 40 annuités.
Vous êtes sur quoi, vous ? Moi, je n'ai pas changé d'avis. Moi, j'ai toujours défendu, sur la réforme des retraites, on réintègre la pénibilité. On réintègre la pénibilité, ce qui permet à beaucoup de personnes de partir à 60 ans. Ce qui permettrait à beaucoup de personnes de partir à 60 ans ou avant. Ce qui est déjà le cas aujourd'hui avec le dispositif carrière longue. Oui, mais là, aujourd'hui, la pénibilité, ce n'est pas le cas. Quelle est la crédibilité d'Emmanuel Macron à parler de pénibilité ? C'est lui qui a cassé tous les systèmes de prise en compte de la pénibilité
quand il est arrivé au pouvoir. Est-ce que votre désaccord sur la réforme, Yannick Jadot, sera plus fort que les désaccords au sein de la gauche, pour dire les choses autrement ? Est-ce que vous irez manifester avec Jean-Luc Mélenchon le 21 janvier prochain ?
Alors, moi, j'irai manifester, je l'ai toujours dit, avec les syndicats. Et c'est la position de mon parti politique. J'en suis très heureux. Je l'avais déjà dit à la précédente manifestation. Notre responsabilité face à un tel mouvement social qui va s'organiser, c'est d'être aux côtés des forces syndicales.
Mais le 21 janvier, vous ne serez pas avec les insoumis ?
Ah, moi, le 21 janvier, non. Moi, je ne manifeste pas. Non, non, moi, je ne manifeste pas. Moi, je manifesterai avec les syndicats. Je pense que nous devons concentrer notre énergie et notre capacité de mobilisation pour le faire, encore une fois, avec les salariés et pas à côté des salariés. Est-ce que votre objectif, pour empêcher cette loi d'entrer en application, c'est de bloquer le pays ? Mon objectif n'est pas de bloquer le pays. C'est Emmanuel Macron qui bloque le pays.
Quand vous avez 75% des Français qui sont contre, 75% des Français qui sont contre, l'ensemble des forces syndicales, vous avez un pays qui est au bord de la rupture, dans l'éducation, dans la justice, dans la police, à l'hôpital, vous avez des personnes qui, dans leur métier, sont épuisées, sont en burn-out, ne trouvent plus de sens au travail. Eh bien, la responsabilité d'Emmanuel Macron, c'est de répondre à ces enjeux-là, au-delà de l'enjeu du climat, dont j'espère que nous parlerons. Ça n'est pas de fracturer la société sur une réforme qui, encore une fois, est profondément injuste. Vous vous rendez compte ?
Cette réforme, pour les plus fragiles d'entre nous, c'est des années de souffrance en plus au travail et des années de vie en moins. C'est franchement, c'est abject, c'est dégueulasse.
Yannick Jadot, invité de France Info, 8h50, le fil info avec Maureen Sunyar, et on poursuit dans un instant. Des chars de conception occidentales en Ukraine, une première depuis l'invasion russe, et c'est la France qui va les envoyer jusqu'à la victoire, jusqu'au retour de la paix en Europe. Notre soutien à l'Ukraine ne faiblira pas, dit Emmanuel Macron. Une nouvelle hausse qui va participer à plomber notre pouvoir d'achat. Les tarifs des mutuelles vont augmenter en moyenne de 4,7% cette année. Sur France Info, le président des mutualités françaises justifie ces hausses par le vieillissement de la population et l'élargissement des remboursements à 100%.
Les Français sont plus raisonnables que certains responsables syndicaux et politiques. Le tacle vient d'Olivier Dussopt, le ministre du Travail dans le journal Le Parisien Aujourd'hui en France. A propos de la réforme des retraites, la CGT promet des mobilisations importantes dès le mois de janvier. Le ministre dit avoir répondu aux demandes des syndicats réformistes, notamment sur la pénibilité et l'emploi du seigneur. Paralysie toujours en cours à la Chambre américaine des représentants, 6 votes des élus et toujours pas de président élu. Les trumpistes font bloc pour ne pas élire le candidat favori, pourtant républicain, mais jugé trop modéré. On s'en fout.
Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel. Toujours avec Yannick Jadot, mardi prochain, quand Elisabeth Borne présentera sa réforme des retraites, le même jour à l'Assemblée, les députés sont appelés à voter la loi sur le déploiement des énergies renouvelables. Est-ce que ce télescopage risque de peser sur la décision des écologistes pour voter ce test ?
Non. Non. Vous savez, on est tellement soucieux de la lutte contre le dérèglement climatique. Et on voit le terrible aveu du président de la République. Quand il dit que personne n'avait prévu les conséquences du dérèglement climatique, au fond, si cette phrase fait scandale, si elle crée un tel buzz, ce n'est pas parce que c'est une erreur de formule, c'est parce que c'est un aveu. Parce qu'on a compris que dans son discours, il y avait de la sincérité au fond. Et qu'il était en train de justifier son inaction par le fait qu'il était climatoire en genre. Il préfère les lobbies aux scientifiques. Bon.
Et donc, nous sommes extrêmement favorables au niveau français et au niveau européen à l'accélération du déploiement des énergies renouvelables. Alors, pourquoi les députés... La France est très en retard. Pourquoi les députés écologiques le pays le plus en retard ? Yannick Jadot n'ont toujours pas donné leur position sur ce texte ? Ils sont en train de discuter ce matin. Mais il y a un doute. Mais oui, pourquoi ? Parce que c'est pas un bon texte. Nous sommes absolument... Attendez, nous sommes absolument pour l'accélération des énergies renouvelables et les derniers arbitrages qui ont eu à l'Assemblée reviennent sur ce qu'on avait gagné au Sénat.
Au Sénat qui est plutôt plus à droite, j'allais dire plus conservateur. Vous vous rendez compte ? Un truc de bon sens. Vous avez des bâtiments publics, commerciaux et résidentiels après. L'idée, c'est de mettre très vite des panneaux solaires que ce soit obligatoire.
C'est ce qui est prévu dans le texte.
Des panneaux photovoltaïques. Eh bien, l'Assemblée nationale, ils sont revenus sur ce qu'on avait gagné au Sénat. Il n'y a aucun objectif fixé sur l'ambition d'énergie renouvelable. Aucun moyen qui est mis dans la loi. On n'est même pas de perspective de développement des filières énergie renouvelable pour être autonome, souverain de ce point de vue-là. Vous imaginez
que vos députés ne votent pas le texte ? Clairement ?
Je peux parfaitement imaginer toutes les possibilités qui ne votent pas adoptées. On ne peut pas voter contre, j'allais dire presque philosophiquement. Mais c'est abstention ou vote pour ? Mais ça ne peut pas quand vous voyez à quel point... Vous vous rendez compte que la France, au niveau européen aujourd'hui, il y a des négociations européennes sur notre objectif en matière d'énergie renouvelable. La France s'allie avec la Pologne pour freiner l'ambition européenne sur les énergies renouvelables. Avec la Pologne, du charbon. Depuis 15 ans, la France bloque les énergies renouvelables. L'objectif du Parlement européen
c'est 45%, la France dit 40%, c'est déjà bien.
Eh bien, c'est toujours la même chose. Avec un objectif. Et sans surprise, nous sommes le seul pays européen à n'a pas respecté ses objectifs européens et on va payer 500 millions d'euros de sanctions parce qu'on ne développe
pas assez les énergies renouvelables. Yannick Jadot vous parlait il y a quelques minutes de l'importance des sondages qui disent que les Français ne veulent pas de la réforme des retraites. Le mois dernier est paru un sondage qui indique que les sympathisants écologistes, vos électeurs, sont désormais majoritairement en faveur du nucléaire. Ça vous fait quoi ?
Écoutez, ça dit à quel point aujourd'hui on a besoin d'un débat public sur ce nucléaire. Ils ont tort, ceux qui pensent ça aujourd'hui, dans vos rangs et les ont d'ailleurs. Non, parce que tout le monde a la trouille aujourd'hui dans notre pays. Ils n'ont pas tort de penser que la paix est au nucléaire. Dans notre pays, à tout point de vue, nos sociétés sont prises de vertige, une sorte d'insécurité individuelle et collective, locale et globale, sur l'emploi, sur les salaires, sur le fracas, des chocs climatiques et sur les coupures d'électricité. On peut être écologiste et pro-nucléaire aujourd'hui.
Vous avez vu à quel point depuis des semaines, on explique que les pannes dans les réacteurs nucléaires, c'est la faute des écologistes ? Enfin, c'est lunaire ! A priori, les systèmes de corrosion sont lunaire ! Je vous pose la question, on peut être écologiste. Vous faites des reportages sur les fake news, c'est de la fake news. Le déficit d'EDF, c'est sa stratégie internationale ratée, c'est ses investissements ratés. S'il y a des problèmes de corrosion, ce n'est quand même pas la faute des écologistes, c'est parce que nos réacteurs vieillissent. En revanche, c'est la responsabilité
des écologistes d'avoir fermé Fessenheim pour un accord électoral avec François Hollande. Ça, vous ne remettez pas...
Fessenheim, c'est quand même une centrale nucléaire qui avait des difficultés, qui était la plus vieille centrale nucléaire, qui est sous le niveau du fleuve. À un moment donné, est-ce que dans les années qui viennent, au fond, qu'on soit pour ou contre le nucléaire ? Oui. Le nucléaire, si on reconstruit des nouvelles centrales, c'est au mieux de 2040. Vous êtes d'accord ? Oui. C'est au mieux de 2040. Et qu'est-ce qu'on fait ? On est en 2022. D'ici 2040, on fait quoi ? Eh bien, de toute façon, il faut faire des énergies renouvelables et il faut faire des économies d'énergie.
Mais en tout cas, vous ne jetez pas la pierre à ceux qui, aujourd'hui, pensent qu'il faut prolonger les centrales, en construire de nouvelles. Ce n'est pas mon habitude de jeter la pierre. Vous qui avez milité pendant des années chez Greenpeace pour dire l'inverse. Mais moi, je suis contre le nucléaire. Mais je sais qu'il faudra 20, 25 ans pour en sortir. Moi, vous savez que je suis un pragmatique. Il faut changer la ligne
de votre parti. Il faut changer la ligne de votre parti qui s'est construit contre le nucléaire.
Mais franchement, aujourd'hui, si on a eu autant de difficultés avec l'électricité, c'est la guerre en Ukraine, un peu, mais c'est surtout l'affaissement de notre parc nucléaire. Parce qu'on n'a pas investi assez.
Notamment parce qu'on n'a pas investi assez, parce qu'on a perdu le savoir-faire.
Mais on n'investit pas assez, M. Fauvel. On a un EPR qui n'est toujours pas... Celui-là, on a bien investi dedans. On a un 20 milliards. Celui-là, effectivement. On est à 20 milliards. Il avait coûté 3.
Pour l'entretien des autres centrales, on n'a pas investi assez.
C'est un effondrement industriel, le nucléaire. Donc la question, bien sûr que les réacteurs... Moi, je suppose qu'on recrute dans le nucléaire. Je suis pour qu'on investisse dans la sécurité et la sûreté de nos centrales puisqu'il va nous en falloir encore au moins pour 20 ans. Mais quand il s'agit de construire de nouvelles capacités de production électrique, ne faisons pas un mauvais pari sur le nucléaire pour dans 20 ans. Faisons un pari réaliste, pertinent économiquement et socialement et pour nos territoires sur les énergies renouvelables et puis enfin mettons le paquet sur le bâtiment et sur les transports. Il nous reste 30 secondes.
Quand on voyait l'effondrement des transports collectifs un peu partout et notamment en Ile-de-France, il est temps d'investir.
Yannick Jadot, Anne Hidalgo à Paris se présente comme une grande maire écologiste. Elle met en avant son bilan contre les voitures, le déploiement des pistes cyclables. Est-ce qu'elle l'est vraiment selon vous ? Est-ce que ça vous donne envie de la remplacer ?
Tout ça en 30 secondes s'il vous plaît. Vous vous rendez compte que les élections municipales sont en 2026 ? Oui, oui. Dans 4 ans ? Vous lisez des papiers partout sur Yannick Jadot avec de la mairie de Paris. On vous prête cette ambition. C'est très gentil de me prêter plein d'ambition. Mais aujourd'hui, vous avez des écologistes à la mairie de Paris qui font leur boulot, qui font leur boulot pour améliorer la vie des Parisiennes et des Parisiens. Anne Hidalgo en fait partie. Mais bien sûr. C'est une bonne maire écologiste. C'est une coalition. Elle est socialiste, Anne Hidalgo. Mais elle dit qu'elle est la première écologiste.
Mais il y a un programme qui a été négocié qui est aussi écologiste. Donc, il y a de bonnes choses qui se passent à Paris, notamment sous l'impulsion des écologistes. Ils travaillent. Franchement, il y a encore quatre ans de boulot. Nous n'accélérons pas le calendrier électoral. Merci à vous, Yannick Jadot, invité ce matin de France Info.
Yannick Jadot