LFI révèle ce qu’elle est, la France ignoble ! - Philippe Ballard (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse partielle
Sur une échelle de 0 à 10, où en est le baromètre de la censure ORN ?
- 0:42RelanceRéponse directe
Est-ce que ce que vous dites est un package, ou par exemple si Michel Barnier disait ok sur la taxe sur l'électricité, ça pourrait faire redescendre la pression ?
- 1:43OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes vexé au Rassemblement national ? Vexé de la manière dont Michel Barnier vous a traité depuis qu'il est arrivé au pouvoir ?
- 2:15OuverteRéponse partielle
Quelles sont les mesures d'économie que vous faites ?
- 4:29OuverteRéponse directe
Quand on pose la question aux téléspectateurs de BFM ce matin, s'ils souhaitent que la gauche et le RN s'entrent sur le gouvernement, qu'est-ce qu'ils répondent ?
- 6:34OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on fait ? On attend jusqu'au mois de juin prochain pour pouvoir redissoudre et avoir une nouvelle majorité à l'Assemblée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:13Invité politiqueFait
« on attend le texte final, Marine Le Pen, vous venez de montrer les images, rencontre Michel Barnier »
- 0:20Invité politiqueFait
« pour l'instant le compte n'est pas, enfin loin de là, en matière de pouvoir d'achat, ce sont des taxes et des impôts supplémentaires »
- 0:28Invité politiqueFait
« on a passé 40 amendements dans l'examen de la partie recette du budget, où sont les amendements, Rassemblement National voté, pour l'instant ils ont disparu »
- 1:03Invité politiquePromesse
« si Michel Barnier nous dit la proportionnelle, on va voir ce qu'on va faire dans les mois qui viennent, en matière d'immigration, en matière d'insécurité »
- 1:10Invité politiqueFait
« Moi je vous renvoie à la prise de parole de Marine Le Pen à la tribune de l'Assemblée le 1er octobre, dans le cadre de la discussion budgétaire de politique générale »
- 1:22Invité politiqueFait
« elle a énoncé tout ce qui était en quelque sorte notre feuille de route, pour l'instant il y a zéro, il y a zéro, alors quand on est à zéro, on ne peut que progresser »
- 1:51Invité politiqueFait
« Si vous voulez, on a été, comme on dit, bienveillant, même si ce mot peut paraître un peu étonnant des fois, au mois de septembre, parce que M. Barnier nous respectait »
- 2:01Invité politiqueChiffre
« c'est les 11 millions d'électeurs qui ont voté Rassemblement national »
- 3:01IntervenantFait
« Mais ça s'est proposé par Michel Barthé »
- 3:21IntervenantFait
« Il y avait des prestations d'entreprises ? »
- 3:53Invité politiqueChiffre
« il y avait, alors vous le rappelez, des 5 milliards d'économies sur notre contribution au budget de l'Union Européenne, toutes ces agences diverses et variées »
- 9:47PrésentateurChiffre
« 53% des Français veulent la censure, 67% des sympathisants RN »
- 10:38Invité politiqueFait
« La différence entre ce budget présenté, Michel Barnier, et celui qui aurait pu présenter Gabriel Attal, Mme Borne, ou ceux qui l'ont précédé, mais il n'y a pas de différence »
- 10:55Invité politiqueFait
« Le 9 juin, élection européenne, où quand même, la Macronie s'est pris une claque, les LR aussi »
- 15:08Invité politiqueFait
« Est-ce que vous reprenez le terme d'ignoble prononcé par le ministre de l'Intérieur ? »
- 16:02Invité politiqueFait
« Il y a ce mot ignoble qui est employé, oui, c'est la France ignoble »
Temps de parole
- Philippe Ballard30 %
- Présentateur16 %
- Intervenant14 %
- Intervenant 213 %
- Intervenant 312 %
- Intervenant 49 %
- Invité3 %
- Invité 23 %
≈ 1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour Philippe Ballard, la question est toute simple, sur une échelle de 0 à 10, on en est où aujourd'hui du baromètre de la censure ORN ?
C'est difficile à chiffrer, on attend le texte final, Marine Le Pen, vous venez de montrer les images, rencontre Michel Barnier, pour l'instant le compte n'est pas, enfin loin de là, en matière de pouvoir d'achat, ce sont des taxes et des impôts supplémentaires, on pense à la taxe sur l'électricité, pour les entreprises, même chose, il n'y a aucune économie structurelle, ce que l'on réclamait, et puis pardon, mais on a passé 40 amendements dans l'examen de la partie recette du budget, où sont les amendements, Rassemblement National voté, pour l'instant ils ont disparu, puisque le texte en discussion au Sénat repart en fait de la page du gouvernement, donc on attend.
Mais est-ce que ce que vous dites c'est un package, ou est-ce que par exemple, si Michel Barnier disait, ok, on vous entend, typiquement sur la taxe sur l'électricité, les hausses de taxes sur l'électricité, là on vous entend, on ne va pas pousser trop loin ces taxes-là, on vous entend, est-ce que ça, ça pourrait faire redescendre la pression ?
– Ça serait un des marqueurs forts, oui, on a également, c'est pas dans le budget évidemment, mais si Michel Barnier nous dit la proportionnelle, on va voir ce qu'on va faire dans les mois qui viennent, en matière d'immigration, en matière d'insécurité.
Moi je vous renvoie à la prise de parole de Marine Le Pen à la tribune de l'Assemblée le 1er octobre, dans le cadre de la discussion budgétaire de politique générale, enfin voilà, elle a énoncé tout ce qui était en quelque sorte notre feuille de route, pour l'instant il y a zéro, il y a zéro, alors quand on est à zéro, on ne peut que progresser, donc c'est Marine Le Pen, Jordan Bardella qui in fine, quand on aura le texte final, parce que ce qui est important, c'est, Mathieu Croissando le rappelait, à 49.3 en fait le gouvernement reprend la main, il peut mettre dans le texte un petit peu ce que bon lui semble, et bien on verra à ce moment-là, et là c'est mi-décembre.
– Est-ce que vous êtes vexé au Rassemblement national ? Vexé de la manière dont Michel Barnier vous a traité depuis qu'il est arrivé au pouvoir ? Est-ce que c'est ça le cœur du problème ?
– Si vous voulez, on a été, comme on dit, bienveillant, même si ce mot peut paraître un peu étonnant des fois, au mois de septembre, parce que M. Barnier nous respectait, il respectait, alors nous à la limite, peu importe, mais c'est les 11 millions d'électeurs qui ont voté Rassemblement national. Bon, attente, là on est quand même déçu, c'est le moins que l'on puisse dire. Maintenant on va attendre Marine Le Pen à la sortie de son entretien avec Michel Barnier, et puis ce qu'il adviendra de ce texte mi-décembre.
– Philippe Ballard, moi je n'ai pas très bien compris, par conséquent, quelles sont les mesures d'économie que vous faites, parce que vous dites qu'il ne faut pas alléger la facture pour le pouvoir d'achat, il ne faut pas alléger la facture pour les entreprises, donc il y a la contribution à l'Union Européenne, mais ça je crois c'est 5-6 milliards d'euros. Bon, la marche à franchir c'est 60 milliards, dit Michel Barnier.
À supposer qu'il vous suive, et pour le coup je suis à peu près sûr, qu'il ne vous suivra pas sur la contribution à l'Union Européenne, où est-ce que vous cherchez les 55 milliards restants, si vous ne touchez pas au pouvoir d'achat des Français, donc ça veut dire si vous ne touchez pas aux médicaments, si vous ne touchez pas à l'électricité, si vous ne touchez pas aux retraites, et si vous ne touchez pas aux entreprises, c'est-à-dire si vous ne touchez pas aux allègements de charges, si vous ne touchez pas aux aides à l'apprentissage, etc. Les 55 milliards vous les trouvez où ? C'est les collectivités ?
Non, je vous renvoie au contre-budget, il peut y avoir des efforts de fait dans les collectivités territoriales, c'est un débat dans le débat, mais moi je vous renvoie tout simplement au contre-budget qui a été présenté par Jean-Philippe Tanguy, il y a à peu près trois semaines, un mois à l'Assemblée, où il y avait toutes les mesures d'économie.
Mais où il y avait des augmentations sur les entreprises par exemple ? Il y avait des prestations d'entreprises ?
Non, non, les sur-profits, pas les super-profits, les sur-profits, les rachats d'actions effectivement, les super-dividendes, oui, oui, là on taxait, mais parce que nous on s'attaque à la rente et à la spéculation. Voilà, c'est très clair, c'est pas le nouveau front de gauche si vous voulez.
Sauf que les grandes entreprises, elles sont en train de fermer des usines et elles sont en train de fermer des emplois. Et le MEDEF vous dit, plus d'impôts, moins d'emplois.
Non mais attendez, les super-dividendes, les rachats d'actions, les sur-profits, ça n'a rien à voir avec la productivité d'une économie. Et après je parlais de ce contre-budget présenté par Jean-Philippe Tanguy, il y avait, alors vous le rappelez, des 5 milliards d'économies sur notre contribution au budget de l'Union Européenne, toutes ces agences diverses et variées. Mais ça s'est proposé par Michel Barthé. Il y a un peu de nom d'un, comme aurait dit l'autre.
Mais ça s'est proposé par Michel Barthé.
Ah non, non, non, parce que c'est intéressant comme remarque, parce qu'on a eu effectivement la discussion dans l'hémicycle, et il y avait notamment la droite républicaine, les amis de M. Wauquiez, qui allaient piocher un peu dans la trésorerie de toutes ces agences. Mais ce n'est pas ça, là c'est du conjoncturel. Nous ce qu'on veut c'est du structurel, c'est-à-dire supprimer, réformer, etc. Et puis sur l'immigration, notre contribution au budget de l'Union Européenne, non, non, il y a des milliards, des dizaines de milliards d'euros à aller chercher.
Quand on pose la question aux téléspectateurs de BFM ce matin, s'ils souhaitent que la gauche et le RN s'entrent sur le gouvernement, alors ça n'a pas valeur de sondage, mais on a une écrasante majorité de ceux qui réagissent en tout cas via le QR code, et qui nous disent oui, oui, ce gouvernement doit absolument être sanctionné, c'est ce que nous dit Didier, oui, gouvernement a censuré, rien ne bouge, nous dit Jeannot, René nous dit, alors attendez, voilà, virez-moi ce gouvernement, au moins c'est clair. Frida nous dit, non, pourquoi le faire ? Il faut dialoguer et avancer, bonne journée, voilà ce que nous dit Frida, pourquoi le faire, pourquoi censurer ?
Qu'est-ce que ça apporterait, Benjamin Morel, de censurer ? Est-ce que soudainement, ça apporterait un gouvernement avec une majorité stable et des pétales de rose qui se déverseraient comme ça entre Matignon et l'Assemblée ?
Vous voulez que je vous monte, n'est-ce pas ? Oui, évidemment. Non, non, non, la situation parlementaire aujourd'hui est en grande partie bloquée. Pourquoi ? Parce que le NFP est très cohésif, les députés socialistes peut-être éventuellement dans un scénario ne voteraient pas cette censure-là, mais quoi qu'il arrive, le NFP, lui, restera en place pour des raisons stratégie électorale. Si la gauche part divisée aux prochaines législatives dans 8 mois, potentielle en tout cas, eh bien, elle perdra beaucoup de députés. Du côté du RN, je ne me trompe pas en disant que vous n'allez pas rentrer dans le socle commun.
Donc, cette raison-là fait qu'aujourd'hui, on a en effet un hémicycle extrêmement clivé. Vous renversez Michel Barnier, qui on nomme à la place ? Eh bien, on peut renommer Michel Barnier. La seule motion de censure qui est tombée sous la Ve République, on a renommé le même Premier ministre, et le général de Gaulle qui a renommé Pompidou. Si jamais vous avez un Michel Barnier qui envoie d'autres signaux politiques, ça peut marcher. On peut également aller trouver quelqu'un d'autre. Thierry Baudet, souvenez-vous, un gouvernement technique, on avait évoqué ça, là également, au mois d'août et au mois de septembre.
Thierry Baudet, le patron du Conseil économique social et environnemental.
Ou quelqu'un d'autre, mais quelqu'un qui incarne plutôt une ligne technique. Après, on peut avoir un gouvernement, des missionnaires, qui expédient les affaires courantes un certain temps. Dystopie totale, mais si jamais vous avez Michel Barnier qui est renversé, on a dit, ça ne tue pas le budget. Qu'est-ce qui se passe derrière ? Mon budget continue son jeu de ping-pong, et à partir du 21 décembre, on peut avoir un gouvernement qui applique le budget par ordonnance. Juridiquement, ça tient.
Qu'est-ce qu'on fait ? On attend jusqu'au mois de juin prochain pour pouvoir redissoudre et avoir une nouvelle majorité à l'Assemblée ?
Au moins, on peut attendre un petit peu, mais voyez la situation politique, c'est-à-dire que institutionnellement, tout à l'heure, vous demandiez est-ce que c'est une crise de régime. La Constitution tient. Mais imaginez un Michel Barnier, démissionnaire, qui débarque sur un rond-point avec des néogilets jaunes, qui explique qu'il applique une taxe sur l'électricité en vertu d'un budget qui n'a pas été voté par voie d'ordonnance. C'est politiquement pas tenable, pas possible. Donc on peut aller vers un scénario gouvernement technique, vers un Barnier 2, mais en revanche, il est assez probable qu'on ne pourra pas se contenter de pisaler.
Non, le problème, c'est que Michel Barnier a passé plus de temps à essayer de calmer les ardeurs de sa propre majorité plutôt que de nouer des compromis avec les autres forces politiques représentées à l'Assemblée. Philippe Ballard le dit, il n'a pas tenu compte des revendications, des demandes du Rassemblement national. Vous interrogez quelqu'un du nouveau Front populaire, il vous dira la même chose, que le gouvernement Barnier, dans l'élaboration de son budget et dans la discussion budgétaire, n'a pas tenu compte des tonnes d'amendements et de changements qu'a fait le nouveau Front populaire. En revanche, il a fait quoi Michel Barnier ?
Il a discuté avec Laurent Wauquiez, il a cédé sur les retraites, il a discuté avec Gabriel Attal longuement, sans se mettre d'accord sur la diminution des allègements de charges des entreprises. Ce n'est pas comme ça que ça peut marcher. Quand vous êtes élu sur une tête d'épingle, vous êtes issu d'un parti qui a fait 5% en législative et que vous êtes à la tête d'un attelage pour le moins baroque, oui, vous devez faire en sorte que cet attelage vous suive, mais vous savez que vous ne pouvez pas gouverner tout seul.
Et donc, ce qui va se jouer aujourd'hui, c'est de savoir si est-ce qu'on est dans de la démonstration, dans de la posture, chacun montre ses muscles, Marine Le Pen d'un côté, Mathilde Panot de l'autre et Michel Barnier disant « je vais continuer ma voix média » ou est-ce qu'il y a une vraie discussion qui s'engage autour de compromis politiques ? Et à ce moment-là, qui est prêt à les faire ? Est-ce que le nouveau Fonds populaire qui avait dit « on appliquera notre programme, avec notre programme, tous nos programmes » est capable de compromis politiques ?
Et est-ce que de l'autre côté, le Rassemblement national, sur certains points clés, est capable de passer des compromis et du coup de voter en conséquence ?
Plein de questions rafales pour vous, Philippe Ballard, dans une seconde, mais d'abord, on est là.
Mais c'est aussi la limite de l'exercice pour Michel Barnier dans son rendez-vous ce matin face à Marine Le Pen, c'est qu'évidemment, il ne va rien céder dans l'immédiat puisque vous imaginez Marine Le Pen sortant sur le perron et disant « j'ai obtenu, grâce à ma discussion avec Michel Barnier,
ceci, cela, ceci, cela, on verra ça tout à l'heure. »
Non, mais je vais vous expliquer pourquoi elle ne peut pas le faire. Elle ne peut pas le faire parce que Michel Barnier ne peut rien lui céder avant d'avoir lui-même trouvé un os à donner à ses propres troupes. Gabriel Attal, il est furieux, il dit « pour l'instant, qu'est-ce qui se passe ? » La droite peut dire « on a obtenu ceci, on a obtenu cela » soit parce que Laurent Wauquiez s'invite dans un 20h, soit parce que les sénateurs, les républicains ont réécrit le budget au Sénat. Vous imaginez si Marine Le Pen sort en disant « finalement, moi aussi, j'ai ma concession » alors que Gabriel Attal ne peut rien offrir à ses troupes.
Vous vous retrouveriez avec les quelques députés minoritaires que Mathieu vient de décrire, qui seraient eux-mêmes tentés de voter la censure en disant « ce n'est pas possible, tout le monde a le droit à sa sucette, tout le monde a le droit à son gâteau, et les seuls à ne pas être servis, c'est Gabriel Attal et c'est la petite minorité qui soutient Michel Barnier. » C'est pour ça qu'il est coincé, Michel Barnier, c'est qu'y compris s'il voulait faire des concessions, il se trouve dans son propre camp des députés qui disent « ah là là là, il ne faut pas aller trop loin. »
Alors, plusieurs choses. Philippe Ballard, je regarde les sondages hier, Ipsos pour la tribune dimanche, 53% des Français veulent la censure, 67% des sympathisants RN. Est-ce que vous pouvez aller contre vos sympathisants ? Mais la question ne se pose pas vraiment comme ça. Généralement, quand on répond ça, c'est qu'on n'a pas envie de répondre à la question.
Non, non, mais je vous écoutais, parce qu'en fait, tout ce que vous dites est vrai, mais quelle est la genèse de cette situation de blocage ? Enfin, c'est le front républicain, il faut revenir au mois de juillet dernier quand même. Quand il y a eu cette... Oui, mais ça, il est laid, il est fait, c'est là, on en avance. Il faut quand même en tirer les conséquences, parce qu'on n'est pas responsable de cette situation politique, de blocage, mais totale et complet, on est d'accord. Ni de cette situation fiscale, donc nous faire porter le chapeau, comme on dit, c'est un petit peu fort.
Après, oui, on rencontre, moi je rencontre dans ma circonscription, des électeurs, moi j'ai été réélu au premier temps avec 53,2%. Donc, effectivement, il y a beaucoup d'électeurs, Rassemblement National, dans ma circonscription, ils nous disent... Ils ont beau ça censurer. Oui, mais ça tient en une phrase. La différence entre ce budget présenté, Michel Barnier, et celui qui aurait pu présenter Gabriel Attal, Mme Borne, ou ceux qui l'ont précédé, mais il n'y a pas de différence. Donc voilà, à l'instant T, il n'y a aucune différence. C'est comme s'il n'y avait pas eu d'élection. Le 9 juin, élection européenne, où quand même, la Macronie s'est pris une claque, les LR aussi,
et des élections législatives ont fini. J'ai une autre question. Est-ce que vous en auriez prêt à censurer et prendre le risque, par exemple, d'un gouvernement casté, Lucie Casté, porté par la gauche ?
Non, mais c'est la censure dans les 30 secondes. Donc... On l'a déjà dit. Enfin, on ne va pas changer de... Marine Le Pen l'a dit, Jordan Bardella l'a dit, au moment de cette hypothèse... Sauf que c'est une des hypothèses. ... a été vécue. Mais, enfin, il n'y a même pas... Nous, d'ailleurs, là, pour le coup, il y a le bloc central, comme on dit, qui déposerait une motion de censure, mais dans la seconde également.
Bof, Benjamin Morel. Aujourd'hui, l'électorat du bloc central est beaucoup plus anti-LFI qu'il n'est anti-RN dans les enquêtes. Et donc, si les macronistes devaient tendre la main au NFP en ne censurant pas un gouvernement casté, etc., eh bien, ça poserait de vrais problèmes stratégiques pour eux, en vue d'une dissolution. Et donc, l'alliance NFP exhaustive avec LFI dedans et bloc central, aujourd'hui, sur le papier, elle existe difficilement. Quant aux socialistes et aux écologistes, s'ils ont un insoumis face à eux dans 8 mois, eh bien, leurs cercots deviennent des sièges éjectables. C'est pour ça que là aussi, on a un blocage stratégique.
Philippe Ballard, ça ne vous poserait aucun problème de mêler vos voix à ceux de la gauche, du NFP, de la France Insoumise, pour faire tomber le gouvernement ?
Mais on l'a déjà fait dans la précédente législature, parce que nous, on n'est pas sectaire, si vous voulez. Donc, pas de problème. La réforme des retraites à 62 ans, le bloc de gauche ne l'a pas voté, mais nous, on l'a annoncé, quand c'est dans la niche LFI jeudi prochain,
ça arrivera, on le votera. Sur la brogation de la réforme des retraites, je voudrais, avec vous, Benoît Galeray, qu'on voit justement ce qui se passe à gauche, parce que pour que le gouvernement tombe, il faut que le RN vote la censure, mais que toute la gauche vote aussi. Et là...
Oui, il y a les jeux d'alliance dont on parlait, Libération, titre ce matin, vous allez voir, ça a eu une barnier menacée, la gauche aux aguets. Mais comme le montre leur montage photo, ce sont plutôt les gauches, car une fois encore, elles semblent irréconciliables. Nouveau point de friction, cette histoire du délit d'apologie du terrorisme que LFI voudrait modifier. Initiative doublement condamnable, tacle François Hollande, qui accuse LFI d'utiliser la cause palestinienne à des fins provocatrices et haineuses. Boris Vallaud et d'autres personnalités socialistes préféraient donc en effet se tourner vers le bloc central dont vous parliez, plutôt que vers l'extrême-gauche.
Michel Barnier, trouvez un compromis avec le groupe PS à l'Assemblée, l'encourage certain, afin que je cite, « la France ne sombre pas dans l'impasse, comprenez, divorcée clairement d'avec LFI » qu'il dit. C'est le maire PS de Saint-Ouen, Karim Bouamran, qui résume ainsi, vous allez voir sur Radio-G, la ligne actuelle de ses anciens alliés insoumis.
Je pense que c'est gloire à Mélenchon, gloire au chaos, gloire à tout ce qui peut contribuer au désordre pour pouvoir engendrer des élections anticipées et donc gloire au buzz, à la bordélisation ambiante. Voilà. Le sujet aujourd'hui, c'est est-ce qu'on est pour le chaos ou contre le chaos ? Moi, je suis contre le chaos. Gouvernement technique, paix des braves, que chacun reprenne ses billes et on se prépare jusqu'à la prochaine élection.
Gouvernement technique, paix des braves, vous l'avez entendu, Boris Vallaud appelle ça, lui, une non-censure dont il faudrait discuter. Sauf que cette alliance juste technique, elle n'existe pas, elle n'est pas possible, répond Éric Coquerel dans une longue vidéo sur Twitter. Voter un budget, c'est forcément et éminemment politique. Et puis, on laisserait ce gouvernement sans opposition parlementaire, s'étouffe Jean-Luc Mélenchon dans un tweet. Ce serait du jamais vu dans l'histoire du socialisme en France, dit-il, et le leader insoumis d'accuser ce PS d'organiser un nouveau socle commun à la place du nouveau Front populaire, alerte, qui empêchera ce changement de ligne au parti socialiste.
C'est vrai qu'on l'a dit, cette proposition de loi LFI, elle accélère cette rupture ces derniers jours, modifier le délit d'apologie du terrorisme, ça fait réagir jusqu'au ministre ce matin.
Je suis résolument contre. Je ne comprends pas qu'on puisse baisser la garde devant la menace du terrorisme qui est aujourd'hui très présente. Donc je suis extrêmement choqué. La liberté d'expression n'a jamais tout permis. Il y a des limites à cette liberté d'expression. Et à partir du moment où l'apologie, ça consiste à justifier, excuser, trouver des circonstances adénuantes à un acte terroriste, c'est inadmissible.
Est-ce que vous reprenez le terme d'ignoble prononcé par le ministre de l'Intérieur ?
Il n'y a pas de terme qu'il qualifie. C'est ignoble. En tout cas, ça doit être combattu avec la plus grande force.
Vous voyez toutes ces tensions. Il y a encore la patronne de la plus puissante fédération socialiste de France, Paris, qui lâche hier dans le point que les insoumis ne sont pas de gauche. Ce sont des populistes qui veulent fracturer la société. Pour un gouvernement d'alliance, vous voyez, ce n'est pas gagné avec en ligne de mire, bien sûr, ce futur congrès socialiste qui voudrait faire tomber, donc, au limite fort. Il y a plusieurs lignes OPS, on le voit. Collaborer ou pas avec les filles, c'est tendu.
Merci, Benoît. D'un mot, Philippe Ballard, sur la proposition de loi déposée par la France insoumise qui veut abroger le délit d'apologie du terrorisme, du code pénal, pour le transférer éventuellement, le retransférer dans le droit de la presse.
Oui, mais le droit de la presse est dans le code pénal. Si vous voulez juste, ils auraient peut-être pu réfléchir aussi avant d'écrire. Il y a ce mot ignoble qui est employé, oui, c'est la France ignoble. Ce n'est plus la France insoumise, c'est la France ignoble où Jordan Bardella, à qui on posait la question, disait, oui, c'est peut-être la France islamiste. Voilà, tout simplement.
On en reparlera tout à l'heure avec la France insoumise, justement, avec les députés insoumis qui seront nos invités. Merci à tous les cinq. Vous êtes nombreux, donc merci à tous les cinq.
Philippe Ballard