Nicolas Dupont-Aignan face à Marianne au salon du Made in France 2021
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:55OuverteRéponse directe
Comment en est-on arrivé à la désindustrialisation et quelle est votre lecture des événements ?
- 7:11OuverteRéponse directe
Vous évoquiez les traités de libre-échange déloyaux. Comment renégocier cela à l'échelle européenne ?
- 10:26OuverteRéponse directe
Vous proposez un crédit impôt production. Comment faire passer cela juridiquement ?
- 12:25OuverteRéponse directe
Comment imposez-vous l'étiquetage des produits pour informer le consommateur ?
- 14:57RelanceRéponse partielle
Vous proposez 75% des marchés publics réservés au made in France. Comment faire avec les filières disparues ?
- 19:54OuverteRéponse directe
Comment réinvestissez-vous dans ces filières avec quel argent et à quelle échéance ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:50Invité politiqueFait
« Si on n'a pas des gains de productivité par le produire en France, il n'y a plus d'avenir pour notre modèle social. »
- 3:24Invité politiqueFait
« L'Union Européenne et la France ont cédé, ont signé des accords de libre-échange déloyaux. »
- 6:45Invité politiquePromesse
« En 5 ans, 1 million d'emplois. »
- 11:30Invité politiquePromesse
« Division par deux de l'impôt sur les sociétés quand le bénéfice ne part pas en dividendes aux actionnaires ni en Slovaquie ou en Chine mais va sur le territoire. »
- 20:15Invité politiqueChiffre
« 100 milliards d'économies détaillées par secteur. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan68 %
- Présentateur24 %
- ?9 %
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Bonjour
à tous. Merci beaucoup d'être aussi nombreux au Salon du Made in France. Donc, ce salon qui a pris de l'ampleur au fur et à mesure des années et c'est extrêmement significatif de ce qui est en train de se passer politiquement dans le pays.
C
'est pour ça que Marianne, qui est partenaire du Salon du Made in France depuis les débuts, a décidé d'organiser en cette année présidentielle, et bien tout simplement des interviews pour essayer de demander concrètement à tous les candidats à la présidentielle ce qu'ils ont à nous proposer. On peut se réjouir d'une chose. Le sujet de la réindustrialisation, le sujet de la relocalisation des activités,
s
'est réintroduit dans le débat public. Ça faisait des décennies qu'il était impossible de parler de ça, que ça n'intéressait personne.
Aujourd
'hui, n'importe qui qui s'intéresse au débat public entend ce mot « réindustrialisation » scandé par tous les candidats. Encore faut-il ne pas en rester aux paroles,
mais
expliquer concrètement
comment
on réindustrialise, comment on recrée des filières. C'est ce que nous allons faire en interrogeant les candidats qui ont accepté notre invitation,
en
les interrogeant pendant un quart d'heure, vingt minutes, sur leur programme, en allant au fond des choses. On ne sera pas dans le commentaire de la vie politique. On va parler réellement du travail que font tous les exposants qui sont ici, et de la façon dont on permet à tout cela de s'amplifier. Donc le premier de nos candidats, c'est Nicolas Dupont-Aignan. Merci beaucoup Nicolas Dupont-Aignan d'avoir accepté
notre invitation. Je
vous signale qu'ensuite,
nous
aurons
Pierre
Laurent qui viendra représenter Fabien Roussel du Parti communiste,
puis
Arnaud Montebourg, puis Valérie Pécresse, puis Marine Le Pen.
Mais
nous allons commencer par vous, donc Nicolas Dupont-Aignan. Et la première question que j'ai envie de vous poser, c'est tout simplement celle du constat. J'aimerais que vous nous expliquiez
ce qui
permet d'aujourd'hui. La crise du coronavirus a mis en lumière une réalité que beaucoup connaissaient,
en
fait, celle de la désindustrialisation et donc de notre dépendance à l'étranger. Encore faut-il s'entendre sur ce constat. Comment en est-on arrivé là ? Quelle est votre lecture des événements
?
Merci d'abord de votre invitation.
Deux
choses.
La
première,
c
'est un grand bonheur de voir
qu
'il
y
a 8 ans, quand je venais au premier salon Made in France, on était deux.
Et
je préfère le dire, Arnaud Montebourg et moi, deux. Personne ne venait.
Et
petit à petit, ça gagne. Pourquoi ? Parce qu'il y a une prise de conscience.
La
prise de conscience, c'est que si on n'a pas des gains de productivité par le produire en France,
il
n'y
a
plus d'avenir pour notre modèle social. Premier point. Deuxième point, il n
'y a
pas d'avenir pour notre jeunesse.
Et
troisième point, on l'a vu pendant la crise sanitaire, c'est la dépendance. Alors, pourquoi on en est arrivé là
?
Parce que, en vérité, et on le vit, et ça explique les solutions que je propose, c'est un peu comme une équipe de foot. On perdait tous les matchs parce qu'il n'y a pas de défense et pas d'attaque.
Pas
de défense, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que l'Union Européenne et la France ont cédé, ont signé des accords de libre-échange déloyaux.
Moi,
j'aime le libre-échange. Je ne
suis
pas contre le libre-échange.
À
condition que ce soit loyal.
On
a signé d'abord des accords de libre-échange déloyaux. Premier point.
C
'est-à-dire,
on
joue
sans
arbitre
avec
des joueurs qui trichent avec les règles du jeu. Je ne demande même pas les conditions sociales et environnementales. Je ne demande pas de triche.
Les
containers OHAV et les douaniers des containers OHAV ont expliqué il y a dix ans
qu
'on ne ouvre pas les containers et qu'on ne vérifie même pas si les produits et les jouets respectent la norme communauté européenne. Donc,
à
partir du moment
où
on joue avec des tricheurs et où nous-mêmes, on accepte la triche parce qu'en vérité, on favorise les importateurs,
on
ne
peut
pas,
évidemment,
ne pas perdre tous les matchs. Premier point. Deuxième point. Parce qu'on n'a pas d'attaque.
C
'est-à-dire que nos entreprises qui produisent en France sont pénalisées par l'ampleur des charges, l'ampleur de la bureaucratie, les complications. Et je voyais un chef d'entreprise tout à l'heure qui m'expliquait qui est très bien, qui exporte des plans de char dans le monde entier, qui est une petite boîte que j'ai connue ici il
y
a huit ans. Il me disait, sur son chiffre d'affaires de 10 millions d'euros, 850 000 euros pour payer la protection sociale française, et c'est tant mieux, l'importateur
de
produits chinois identiques
va
payer 150 000 euros à la protection sociale française.
Donc, pourquoi
s'emmerder vers une usine, des problèmes de salariés, des tracasseries administratives, des charges, etc., si lui décidait demain matin
d
'abandonner son usine et d'importer des plans de char de Chine,
il
paierait 150 000 euros au lieu de 850 000 euros.
Vous
voyez le problème ? Donc, ce n
'est
pas simplement qu'il y a des méchants entrepreneurs qui délocalisent.
Ce
n
'est
pas simplement qu'il faut produire en France. C'est que tout est fait par l'appareil d'État, sous la pression du CAC 40 et des grandes entreprises qui ont déjà acté la délocalisation,
qu
'il est plus rentable de produire à l'étranger et d'importer que de produire en France. Et je termine, dernier point, il y
a
un problème culturel, psychologique.
Comment
expliquer, et ça, ça m'a toujours fasciné, que Toyota
ait
eu la volonté
de
produire une petite voiture en France et ait réussi à le faire ?
C
'est la première petite voiture produite en France, à Valenciennes, et que Renault et Peugeot, entreprise dite française, ont dit, on est incapable, on délocalise.
Ça,
ce n
'est
pas un problème simplement d'argent, c'est un problème de mentalité. En fait, la facilité, c'est de délocaliser. L'exigence, c
'est
de relocaliser. Alors, la seule solution, on en vient aux propositions, c'est de reprendre sur tous les éléments d'explication, j'irais schématiser parce qu
'il
y
a
beaucoup d'autres choses, c'est de reprendre point à point, et c'est ce que j'ai fait, que vous trouverez sur Internet, dans mon projet, mais j'avais déjà fait en 2017, je l'ai simplement amélioré, tous les points, et sur chaque point de faiblesse, corriger le point de faiblesse pour en faire un atout.
Et
là, on peut tout à fait relocaliser, c'est mon objectif politique, en 5 ans, 1 million d'emplois. Et si vous relocalisez, et j'ai fini là-dessus, 1 million d'emplois, vous n'avez plus de débat sur les retraites.
Vous
n'avez plus de débat sur la protection sociale, parce que le problème des retraites, le problème de la protection sociale, le problème de nos hôpitaux, c'est uniquement la question de rapatrier au moins 1 million des 3 millions d'emplois industriels qu'on a perdus en 30 ans.
Merci
beaucoup pour cet état des lieux.
On
va rentrer dans le concret, tout simplement. Première chose, vous évoquiez la question des traités de libre-échange et du libre-échange déloyal.
Sauf
que ce libre-échange dépend de l'Union européenne. Notamment, fait classique, on a vu à chaque signature de traité de libre-échange à quel point, pour protéger les exportations de l'Union européenne et en particulier les exportations industrielles venues d'Allemagne, on sacrifie notamment l'agriculture. Il se trouve que l'agriculture, c'est en général les exportations françaises. Bon, ça c'est un des points. Mais surtout, comment on fait pour renégocier cela à l'échelle européenne ? Concrètement, vous allez jusqu'où ?
On
va jusqu'au... la politique de la chaise vide et le veto.
Vous
pouvez poser tout à l'heure la question à Arnaud Montebourg, on en a parlé ensemble un jour. Parce que si la France
a
signé malgré tout, parce que les États français qui disent « j'ai été forcé, j'ai pas pu », c'est pas vrai.
C
'est qu'elle y avait des gains aussi, notamment
dans
les banques et les assurances.
C
'est que souvent, on échangeait
l
'intérêt de l'industrie française et de l'agriculture française contre l'industrie allemande et les services français. Et c'est pourquoi
j
'ai une proposition qui paraît complètement anecdotique,
mais
qui ne
l
'est pas du tout, qui est tout à fait symbolique. C'est de mettre un patron de PME à Bercy.
Car
en fait, la politique économique de la France n'est pas faite par les entrepreneurs français.
Elle
est faite par des intérêts oligarchiques qui sont au détriment de l'agriculture et de l'industrie.
Cela dit, Bercy, c'est pas seulement le ministre. Il y a toute une administration.
Il y a le
Trésor, notamment.
Mais qu'on ne nous fasse pas croire que... C'est-à-dire une
idéologie qui est portée par l'administration française.
Mais on fait toujours croire aux Français que c'est la faute des méchants fonctionnaires, des méchants aux fonctionnaires et que les chefs et les hommes politiques n'y arrivent pas. Il y a des décisions qui sont prises et vous en parlerez avec Montebourg qui a été aux affaires là-dessus. Mais, moi, c'est très simple. Ce n
'est
pas simplement la question de l'Allemagne. C'est la question de la France qui, en fait, a accepté de sacrifier ses producteurs
au
profit de ses importateurs. La grande distribution, les banques, les assurances. Et c'est un choix
qui
n
'est
pas simplement un choix de secteur économique. Souvenez-vous de Churuc, une économie sans usine. C'est un choix culturel et c'est un choix aussi géographique. Car, en fait, ceux qui dirigent le pays, ce sont ceux des métropoles
et
les producteurs sont dans les territoires. Et produire français, c'est réinverser toute la ligne politique en se disant qu'on imagine un développement irrigué dans le territoire et on repart de la base de la France. Mais après, il y a des mesures techniques à prendre. Mais je pense qu'on peut les prendre. D'ailleurs, l'Allemagne sait bien le faire. Pourquoi nous, on ne saurait pas le faire ? Donc on bloque des négociations, on dit droit de veto, compromis de Luxembourg, on ne signe pas. Et il y a eu l'affaire de l'accord avec la Corée. Je m'en souviens très bien. Il y a eu le CETA. Vous savez que le CETA n'est toujours pas ratifié par le Parlement. Il s'applique.
Bien
sûr, puisqu
'il y a un effet
de cliquet. Simplement, justement, vous disiez mesures concrètes et vous insistez sur le fait qu'en France, on peut agir dans l'état actuel des choses. Alors par exemple, dans votre programme, on trouve l'idée d'un crédit impôt production, c'est-à-dire l'impôt sur les bénéfices divisé par deux si on réinvestit en France. Comment, là aussi, comment on fait passer ça juridiquement ? Est-ce
qu'il n'y a
pas, là aussi, d'un rapport de force à mettre en œuvre ? Comment vous allez au bout de ce rapport de force ?
Alors,
deux choses. D'abord, je vais expliquer la mesure.
J
'ai toujours été surpris de la mesure de François Hollande sur le CICE.
C
'est quand même ahurissant de se dire qu'on a donné, je ne
sais
plus le chiffre, 20 milliards, je crois.
20
milliards.
20
milliards de baisse de charges sans cibler. La Poste, la grande distribution des grandes entreprises françaises ont eu des exonérations de charges pour faire du rachat d'actions
et
pour investir en Chine.
Il
faut être dingue, il faut être dingue dans ce pays pour en arriver là. Je propose que les exonérations de charges soient concentrées sur l'acte de réinvestissement en France. Ça veut dire division par deux de l'impôt sur les sociétés quand le bénéfice ne part pas en dividendes aux actionnaires ni en Slovaquie ou en Chine mais va sur le territoire. Et c'est ce qu'a fait
parce
que je l'ai proposé à tous les ministres qui m
'ont
dit c'est pas possible,
c
'est compliqué, etc. Non, c'est pas compliqué, on peut le faire. Et c'est ce qu'a fait, alors c'est un gros mot ici, c'est ce qu'a fait Trump il l'a fait pour les PME américaines, ça a très bien marché, c'est-à-dire c'est un super bonus fiscal quand tu réinvestis sur le pays. Ça c'est possible, on peut le faire. Alors bien sûr
on va nous
dire, Bercy va dire oui mais c'est pas compatible avec l'Union européenne, les accords, etc. Quand on fait un amortissement accéléré en Allemagne, au Danemark et ailleurs, ça passe
parce
que la Commission européenne ne porte pas plainte parce qu'on ne porte pas plainte contre l'Allemagne. Parce que nous on a pris l'habitude de se faire piétiner. Et à un moment ce n
'est
pas négociable. C'est comme l'étiquette.
Est
-ce que vous connaissez l'affaire Lactalis ?
Bien sûr.
J'allais y venir sur
la question de l'étiquetage,
c
'est-à-dire de l'information du consommateur. Là aussi ça fait partie de votre programme. Comment on fait ? Sachant que, alors je vais passer pour quelqu'un qui revient obsessionnellement à la question de l'Union européenne, mais je veux juste citer le fait que quand il a été question d'étiqueter par exemple l'origine de la viande dans les plats préparés, l'Union européenne a dit que cela contrevenait à la libre concurrence puisque ça risquait de créer, enfin de susciter de la part du consommateur une préférence
qui
serait une préférence pour un produit fait dans son propre pays. Donc là aussi, comment vous
imposez ça ?
C'est tout l'enjeu de ma candidature. C'est toute l'explication de mon départ il y a 2007 de l'UMP de l'époque. C'est qu'on ne peut pas revoir le pays, le redresser si on ne renégocie pas les traités. C'est-à-dire qu'à un moment on ne les applique plus et on crée le bras de fer. Ce n
'est
pas le Frexit. C'est entre les deux. C'est ce qu'a fait le général de Gaulle parce que la politique agricole commune n'aurait jamais été créée sans la politique de la chaise vide. C'est ce qu'a fait Mme Merkel sur beaucoup de sujets. C'est qu'à un moment on est un pays important de l'Union et on décide qu'il y
a
des intérêts vitaux. Et l'étiquette elle est fondamentale. Quand vous pensez qu'une entreprise française Lactalis
qui
tue les éleveurs français
qui
a rétabli le servage attaque le gouvernement français devant la cour de justice de l'Union européenne parce que tout simplement on a mis un label « les français
» et
que la France est condamnée
et
que sans doute le gouvernement le savait et a dit « je vais le faire vous allez me condamner » et comme ça c'est fait. Et bien
c
'est là où il y a besoin d'une autre politique c'est-à-dire oui on devrait connaître la part de chaque produit. Et j'ai vu tout à l'heure le label France Textile très intéressant parce qu'il ne suffit pas d'avoir le « made in France »
le
« made in France » c'est la transformation à la fin. Et la filière textile c'est la fabrication par exemple du lin on est producteur du lin
et
il est transformé filé ailleurs. Il faut rétablir des filières et tout l'enjeu c'est d'arriver à reconstruire des filières en jouant sur l'aide au producteur mon crédit impôt production en jouant sur le civisme du consommateur c'est-à-dire qu'au moins le consommateur qui a envie d'acheter français le sache
c
'est l'étiquette et puis en jouant et c'est le dernier point fondamental sur la commande publique
Alors j'allais y venir justement
vous proposez
75% des marchés publics réservés aux made in France alors là pour le coup j'ai une question qui n'est pas celle de la difficulté il y a pour l'instant une difficulté parce que en effet ça n'entre pas dans les règles de la libre concurrence mais surtout 75% d'un coup mais
justement il y a
des tas de filières où
on n'a plus
la production donc on fait comment ?
Impossible et vous avez tout à fait raison c'est un objectif en 5 ans ou en 10 ans
je
mets 5 ans
mais
on est entre nous et je le dis d'ailleurs je ne le cache pas dans le texte que je publie c'est un objectif et pourquoi cet objectif
? Ce
n
'est
pas atteignable aujourd'hui bien sûr que ce n
'est
pas atteignable aujourd'hui parce qu'il n
'y a
pas les filières mais est-ce que vous trouvez normal que l'UGAP qui est le catalogue que j'ai été maire 22 ans on a dans nos collectivités
pour
acheter les produits que l'UGAP qui dépend du ministère de l'économie et des finances achète la plupart de ses produits à l'étranger et ne va même pas voir les fournisseurs français
c
'est-à-dire qu'il
y a
une marge de progression gigantesque
Donc
quel serait votre mécanisme ?
Le mécanisme il est très simple c'est à la fois une volonté de rétablir déjà la consultation des entreprises françaises
c
'est d'établir ensuite la préférence à prix égal
c
'est-à-dire de se dire qu'à prix égal un produit on doit tout faire pour acheter français c'est ce que font l'Allemagne et la plupart des pays inconsciemment par culture c
'est ce que fait la Suisse Et pourquoi on ne le
fait pas selon vous ?
C
'est-à-dire qu'est-ce qui manque et
sur quoi il faudrait jouer ? Alors il faut jouer sur des règles c'est d'où l'importance par exemple d'avoir des décrets qui permettent de ne pas punir les collectivités quand j'étais maire je me souviens je voulais qu'on achète en priorité français et dans les commissions d'appel d'offres
j
'avais le représentant du ministère des finances de la trésorerie locale qui faisait les gros yeux et qui disait mais monsieur le maire vous n'avez pas le droit de favoriser une entreprise française
comme
on n'avait pas le droit de favoriser une entreprise qui n'emploie pas de travailleurs détéchés c'est-à-dire qu'en fait on a tout retourné contre notre pays je demande simplement qu'on rétablisse un peu de loyauté
et
que dans notre système de pensée aidé par des règles
on
rétablisse l'égalité des chances après ça ne suffira pas mais si déjà on passait de 20% à 25 à 30
c
'est ce qui permettrait d'amorcer la reconstitution de filière
vous
comprenez et après bien évidemment les mesures dont je vous parle ne suffisent pas si parallèlement avec le commissariat au plan que je veux rétablir on n'examine pas
il y a un
haut commissariat
au plan dirigé
par
François Bayrou
oui
il va falloir pas être désagréable parce qu'il n
'a
pas de service vous le savez
oui
mais déjà il travaille
nous avons publié
dans Marianne un
gros
travail fait par le haut commissariat au plan
sur le commerce extérieur et son
déficit il
faut maintenant qu
'il soit pas simplement il faut qu'il ait prise sur les mécanismes de l'état ce qui est autre chose mais je reviens à mon idée il faut faire ce qu'a fait la Corée du Sud
ce
qu'a fait Singapour j'y étais à Singapour voir Singapour pays ultra délibéral 3 millions d'habitants donc on ne me dise pas que la France ne peut pas parce qu'elle n
'est
pas assez grande ils ont fait quoi à Singapour j'ai vu le ministre j'ai vu tout ils ont recensé les 150 filières d'avenir
et
filière par filière il y
a
une stratégie qu'est-ce qu'on peut faire dans le pays qu'est-ce qu'on ne
peut
pas faire il ne
s
'agit pas de tout faire en France j
'allais y venir
parce que la
plupart des discours qu'on entend sur cette question des filières c'est de dire on ne peut pas tout faire donc on ne va pas commencer à refaire des produits qu'on ne fait plus il faut aller vers ce qui relève de la haute technologie les filières d'avenir etc
comment
vous définissez les filières
filières
je définis
en
tout cas ce que je ferais si j'étais en responsabilité je demanderais qu'on examine l'ensemble des filières françaises
ce
que faisait le commissariat au plan et le ministère de l'industrie avant qu'on les démantèle
et
ensuite il faut voir les filières où on a des atouts
je
prends l'exemple du lin du bois
on
a la matière première et on fait partir des troncs en Chine
en
termes de protection de la planète c'est quand même pas génial
où
est-ce qu'on a des matières premières où est-ce qu'on a des savoir-faire où est-ce qu'on a des entreprises où est-ce que ça vaut le coup d'investir on ne pourra pas tout faire d'un coup c'est impossible sinon à revenir à l'union soviétique et il ne s'agit pas dans mon esprit de revenir à l'union soviétique il s'agit d'être en état de conscience de compétence consciente et après
on
se fixe déjà de sauver les gens qui sont dans les filières ensuite de voir comment par réseau
on
peut aider à reconstituer et de voir ce qui manque
et
c'est un plan d'ensemble ça ne sera pas comme ça ça mettra 15 ans mais il faut qu'il
y ait
la volonté la
volonté
et la possibilité ce qui n
'est
pas le cas aujourd'hui
dernière question dans votre programme vous insistez aussi sur la question de la dette sur la question de l'équilibre budgétaire comment vous réinvestissez dans cette filière dans ces filières avec quel argent et à quelle échéance vous voyez un équilibre budgétaire
alors
j'ai écrit un livre qui vient de sortir qui s'appelle OUVAL Pognon
où
je recens 100 milliards d'économies
et
ces 100 milliards d'économies détaillées par secteur je les redistribue en 3 tiers
1
tiers pour la récompense du travail par le 13ème mois pour tous jusqu'à 3 fois le SMIC 8% d'augmentation par la baisse des cotisations salariales 1 tiers par la baisse
des
charges sur les entreprises le crédit impôt compétitivité
le
fonds de relocalisation dont on n
'a
pas parlé qui permettrait d'aider les entreprises qui réinvestissent le gouvernement à commencer sur 1 milliard puis 2 je le propose à 5 milliards par an
c
'est ce que j'ai vu au Japon et qui pourrait tout à fait fonctionner et puis ensuite la formation etc l'irrigation des primes à l'aménagement du territoire pour relocaliser dans les zones de perte d'emploi puisqu'il y a l'idée de permettre aux habitants des villes de rejoindre les campagnes et les petites villes
ça
c'est un autre tiers et enfin un dernier tiers
pour
les services publics l'hôpital et l'école et l'université donc il y
a
une cohérence et je pense être le seul à avoir au jour d'aujourd'hui les autres suivront peut-être j'en doute pas présenter un plan d'économie d'un côté pour redéployer en revanche
il
n
'y
a pas de réduction du déficit tout de suite et il n
'y a
pas de réduction de la dette ce qu'il faut c'est déjà pas l'augmenter et
il faut d'abord
reconstituer la force productive du pays et c'est ma différence avec madame Pécresse et les autres et les républicains c'est que je considère
que
le discours réforme des retraites réforme de ceci baisse du nombre de fonctionnaires vous pouvez mettre la retraite à 64 ans comme veut monsieur Macron ou madame Pécresse si les gens sont au RSA entre 58 et 64 parce qu'il n
'y a
pas de boulot on se fait plaisir donc pour moi l'enjeu majeur de la réindustrialisation et de la relocalisation
et
je fais une parenthèse la relocalisation c'est pas que la réindustrialisation regardez que le télétravail
les
centres de services et d'informatique et les standards d'appel sont en train d'être délocalisés maintenant donc c'est pas que la réindustrialisation c'est du moins le produire en France avec tout ce que ça comporte comme transfert financier pour l'amorcer
ce
qui est extrêmement difficile
donc
le diable
en
fait se niche dans les détails
et
ça veut dire aussi plan de formation
car
la
grande nouveauté
là j'ai fait le salon pendant 3 heures depuis 2 heures depuis tout à l'heure et ce qui est nouveau par rapport à l'année dernière
et
les années d'avant c'est que vous avez des entreprises qui ont eu des déblocages de financement qui ont des clients
et
qui ne trouvent pas de salariés
et
ça c'est un drame national
mais
c'est
une question en
effet de formation de perte de savoir-faire de perte de compétence c'est pour ça que ce sont des filières entières
qui sont reconstituées et
quand je parle de filières pardonnez-moi de revenir dessus les centres de formation la faillite des lycées professionnels la faillite des chambres de métier il y en a des très bien heureusement mais comment on ne peut pas concevoir une filière si on ne conçoit pas la formation pour cette filière avec des métiers qui gagnent mieux leur vie
que
d'être bureaucrate je ne
sais
pas où qui sont épanouissants
et
quand on comprendra que le travail de la main
fait
appel à l'intelligence dans notre pays
on
aura gagné beaucoup et ça c'est un autre problème culturel aussi de
la France
je pense qu'on a évidemment on n
'a
pas du tout épuisé
le sujet mais
en tout cas on a présenté vous avez pu présenter
votre
programme une
remarque
j'en ai pas parlé c'est la participation j'ai vu une entreprise de chaussettes d'Alsace des directeurs
la promesse
gaullienne du
référendum de 69
j
'ai une proposition
toute sa
à
chaque
fois
qu'il
y
a 2% d'actionnaires salariés il y
a
une baisse d'impôt sur les sociétés d'un pour cent automatique
un
pour cent un taux de moins c'est à dire on passe de 30 à 29 etc car si vous ne voulez pas que les entreprises soient pressées pour que les dividendes remontent
il
faut qu'on arrive à avoir des entreprises coopératives intelligentes qui est une troisième voie gaulliste gaullienne fondamentale fondamentale et ça on l'a tous oublié le patronat a été contre et les syndicats contre aussi
merci
beaucoup Nicolas Dupont-Aignan
je pense qu'on a
brassé pas mal de sujets nous allons continuer avec Pierre Laurent qui vient
représenter Fabien Roussel pour le parti
communiste merci Nicolas Dupont-Aignan merci à
vous
Nicolas Dupont-Aignan