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interviewBACKSEAT· 25 mai 2024 33 min

À 29 ans, elle est... Sénatrice ! Mathilde Ollivier, l'invitée politique

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Grand événement le 1er juin prochain sur la chaîne Twitch d'Arte, une émission Europarty, un jeu de rôle avec Fibre au tigre et plein d'invités exceptionnels. J'aurai le plaisir de présenter cette émission devant le Théâtre de la Concorde à Paris. C'est gratuit, il y a plus de 600 places, il reste des places. Rendez-vous sur le lien WithEvent en description. Et mes chers amis, sans plus tarder, je vous propose d'accueillir la sénatrice EELV des Français de l'étranger, Mathilde Olivier. Bonsoir Mathilde Olivier.

0:33
Mathilde Ollivier

Bonsoir.

0:34
Présentateur

Merci d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de Baxit. Adèle le disait, vous avez été élue sénatrice à 29 ans. Qu'est-ce qui s'est passé ? Où est-ce que ça a merdé ? Quel drôle de choix.

0:45
Mathilde Ollivier

Pas que ça a merdé, c'est une super nouvelle d'avoir des jeunes élus. J'espère que j'ai participé à faire descendre la moyenne d'âge au Sénat qui est à 59 ans et 11 mois.

1:00
Locuteur 4

Chapeau, chapeau, chapeau. Je crois que c'est descendu un mois, en fait. Avant, c'était 60. Mais ouais, bien wesh. Pas mal.

1:07
Présentateur

Mais comment ça s'est passé ? Votre parcours personnel qui vous a fait arriver à 29 ans à devenir sénatrice, c'est quoi ?

1:12
Mathilde Ollivier

Eh bien, moi, je me suis engagée pour l'écologie politique en 2019. C'était le moment des marches climat.

1:18
Présentateur

Ouais.

1:18
Mathilde Ollivier

Et c'est le moment où j'ai décidé. Alors, bien sûr, j'ai été engagée à gauche. Voilà. Mais c'est le moment où je me suis dit que j'avais envie de prendre, de m'engager encore plus. J'ai hésité. Engagement politique, engagement associatif. Et puis, je me suis dit, en fait, là où je peux être le plus utile dans ce moment politique, c'est en politique, c'est chez les écologistes. Et c'est à ce moment-là que j'ai rejoint les Verts, que je me suis engagée de plus en plus dans le parti. Et puis qu'en 2021, du coup, j'ai candidaté aux élections consulaires. Ça a été très bien expliqué. Comment ça fonctionne, la représentation pour les Français de l'étranger ?

1:54
Présentateur

Vous pouvez réexpliquer parce que c'est un peu complexe. Pour les Français de l'étranger, c'est quoi les strates de représentation ?

1:59
Mathilde Ollivier

Eh bien, donc, il y a des conseillers des Français de l'étranger qui siègent dans différentes circonscriptions. Donc moi, par exemple, j'ai été conseillère des Français de l'étranger pour l'Autriche, la Slovaquie et la Slovénie. Et j'ai été conseillère à l'Assemblée des Français de l'étranger, qui est une sorte de chambre un peu comme le Sénat ou l'Assemblée nationale avec plein de commissions. Et moi, je suis siégée en commission finance. Et donc, on travaille sur des sujets très spécifiques aux Français de l'étranger.

2:25
Présentateur

Ok, d'accord.

2:26
Mathilde Ollivier

Donc voilà. Et donc, ça, c'était 2021. Et puis, ouais, de fil en aiguille. Ce qui n'a pas été dit, entre-temps, j'ai candidaté aux législatives. J'étais candidate dans ma circonscription. Chez les Français de l'étranger, les gens, ils votent beaucoup, beaucoup macronistes. Mais du coup, nous, on essayait de porter un message différent. Ma circonscription, du coup, c'était l'Allemagne, l'Autriche et une partie de l'Europe de l'Est. Et donc, avec les accords de la NUPES, j'étais suppléante ensuite de la candidate insoumise. Et on a essayé de mener cette campagne aussi fortement contre Macron, mais ça n'a pas réussi. Ça n'a pas fonctionné.

Bon, on s'en doutait un peu, mais en tout cas, c'était important de porter nos idées. Et puis, les sédatoriales arrivant, on s'est dit qu'on a besoin de porter... Enfin, pour moi, c'était important. Ce qui n'a pas été dit, on est deux sénatrices écologistes des Français de l'étranger.

3:14
Présentateur

Il y a Mélanie Vogel.

3:14
Mathilde Ollivier

Voilà, Mélanie Vogel, qui a été élue en 2021 et qui, je pense, a porté aussi une voix importante pour l'écologie politique, pour la jeunesse, pour la gauche, dans cette institution, dans cette vieille institution qui est le Sénat. Et donc, suivant sa voix, je me suis dit, pourquoi pas moi ? Pourquoi pas porter une autre voix de jeune femme féministe écologiste au Sénat ? On en a bien besoin. Et donc, j'ai candidaté et j'ai été élue.

3:42
Présentateur

Ça vous a fait quoi de découvrir le Sénat, qui n'est pas connu pour sa jeunesse ou pour son ouverture d'esprit ?

3:49
Mathilde Ollivier

C'est difficile. Alors, depuis que je suis élue, on a eu différentes phases. Je suis arrivée en fin septembre, début octobre. Le premier texte sur lequel j'ai bossé, c'est un texte sur l'écriture inclusive, sur l'interdiction de l'écriture inclusive, qui a été porté par les Républicains. Il y a un côté bienvenu au Sénat. C'est très bienvenu au Sénat. Bonjour Mathilde Olivier. Et puis, très rapidement aussi sur le projet de loi immigration, qui a été bien sûr très difficile pour nous au Sénat. Et puis moi, je me définis comme une immigrée. Moi, j'habite en Autriche. En fait, je suis immigrée. J'ai construit ma vie à l'étranger ces dernières dix années.

Et donc, c'est très difficile de voir tous ces discours xénophobes qui étaient portés au Sénat. Et puis ensuite, quand on se déplace, parce que moi, en tant que sénatrice des Français de l'étranger, je me déplace. Et en fait, on se rend compte de l'impact que ça a sur aussi l'image de la France auprès d'autres pays. J'étais en Tunisie juste au moment du projet de loi immigration. Et en fait, les gens disaient que tous ces discours dans les médias, dans l'hémicycle, sous fond de racisme, de xénophobie, ça a un impact sur nos relations avec ces pays, avec l'envie aussi des jeunes de ces pays de pouvoir échanger avec nous, voyager et de leur image de la France.

C'est l'accueil qu'on leur apporte.

5:16
Locuteur 1

Deux questions, du coup, de ce que vous dites. Là, vous faites aussi de la diplomatie, du coup, si je comprends bien. Et la deuxième, c'est une question un peu plus pédagogique. Est-ce que vous pouvez nous expliquer l'importance pour les Français de l'étranger d'avoir une représentation au Sénat, une représentation plus nationale, entre guillemets ? Parce que moi, j'ai parfois entendu le discours, ouais, les Français habitent à l'étranger, donc ils ne sont pas directement concernés par les choses qui sont votées et qui sont décidées en France métropolitaine, enfin, sur le territoire français, plutôt. Donc, est-ce que vous pouvez juste nous expliquer un peu ça, s'il vous plaît ?

5:47
Mathilde Ollivier

En fait, il y a plein de sujets qui sont importants quand on est Français à l'étranger, dont on ne se rend pas forcément compte, notamment quand on est jeune. Il y a toutes les questions de protection sociale. Alors, quand on est en Europe, ça va, parce qu'on a des systèmes de protection sociale qui sont quand même à peu près harmonisés. Mais quand on habite, je ne sais pas, en Thaïlande, la protection sociale, elle n'est pas la même. Il y a aussi beaucoup de sujets autour des retraites.

Par exemple, quand on a vécu dans plusieurs pays, eh bien, en fait, notre accès ensuite à la retraite et notre reconnaissance de nos droits, avant, je ne vais pas rentrer dans les détails, mais voilà, la reconnaissance de nos droits à la retraite va être beaucoup plus compliquée et il y a un certain nombre d'inégalités. Voilà quelques sujets. Après, en tant que jeune Français de l'étranger, il y a aussi plein de sujets autour de la précarité. Aujourd'hui, c'est les premières admissions au Parcoursup. Il y a plein d'étudiants français qui partent étudier à l'étranger parce qu'ils n'ont pas les affectations qu'ils veulent dans Parcoursup.

C'est quelque chose qu'on voit qui est en augmentation ces dernières années. En fait, on peut avoir des jeunes qui se retrouvent à l'étranger et qui peuvent être dans des situations de précarité. Et donc, c'est aussi une partie de cette population française à l'étranger que j'ai envie de représenter. Donc, voilà. Et c'est aussi cette voie différente un peu de la jeunesse.

7:03
Locuteur 4

C'est vrai que, pardon, autant ça s'entend au niveau de l'Assemblée nationale, mais le Sénat, c'est plus aussi l'institution qui représente les collectivités territoriales. Donc, c'est vrai que finalement, la représentation de Français de l'étranger au sein du Sénat, c'est un peu chelou.

7:16
Mathilde Ollivier

Oui, en fait, c'est un système qui est vraiment unique, le système français de représentation de ses compatriotes, des citoyens qui habitent à l'étranger. L'importance d'avoir... En fait, on fait un travail qui est un peu différent quand on est à l'Assemblée nationale et au Sénat. Nous, notre circonscription, c'est le monde. Donc, à l'Assemblée nationale, les députés des Français de l'étranger, ils ont une circonscription qui est un peu plus réduite, même s'ils ont quand même souvent beaucoup de pays. Mais nous, c'est le monde entier. Donc, en fait, notre circonscription, c'est partout hors de France. Et désolé, Malek, d'avoir interrompu.

7:48
Locuteur 3

Non, non, archi intéressant, parce que je me demandais quelle était la différence. Petit feedback maintenant, vous êtes sénatrice depuis un peu plus d'un an. Est-ce que vous vous faites chier ou vous éclatez ?

7:57
Mathilde Ollivier

Moins d'un an, moins d'un an, ça fait six mois. Enfin, huit mois maintenant. Non, c'est incroyable. C'est passionnant comme mandat. C'est passionnant à la fois par toutes les rencontres que j'ai l'occasion de faire lors de mes déplacements. Et puis, c'est passionnant pour les sujets que j'ai l'occasion de porter au Sénat. Bien sûr, dans une institution où il n'y a pas beaucoup de jeunes.

8:20
Locuteur 6

Ouais, pas connu pour ça, en tout cas.

8:22
Mathilde Ollivier

Voilà. Donc, je pense que je porte des messages qui sont aussi un peu différents. Et aussi, je les porte de manière différente aussi que d'autres collègues. Et puis, je m'adresse aussi à... Enfin, je vais peut-être avoir un intérêt pour m'intéresser à des sujets dont les autres ne se saisissent pas. Par exemple, je parlais de la jeunesse à l'étranger, par exemple. Mais aussi de mobiliser, d'inviter, de travailler avec les mouvements climat. Je pense que c'est quelque chose qui est important. Et au Sénat, bien sûr que c'est...

8:51
Présentateur

C'est pas la culture du Sénat. Le Sénat, c'est une assemblée qui ne peut pas avoir le dernier mot sur l'Assemblée nationale. C'est une assemblée qui a moins de pouvoir. Et au Sénat, il y a une majorité qui est aujourd'hui à droite. Et vous, vous êtes dans l'opposition. Qu'est-ce qu'on peut faire ? Quel pouvoir et quel impact on a quand on est dans l'opposition d'une chambre qui n'a pas de pouvoir ?

9:08
Mathilde Ollivier

C'est difficile. Moi, je suis arrivée, les premiers mois, je suis arrivée avec, j'en parlais, le projet de loi d'immigration. Je me suis vraiment dit, OK, à quoi je vais servir ces prochaines années ? Comment rendre mon mandat utile pour défendre nos causes ? Et puis, pour faire avancer le débat et surtout nos valeurs et le combat culturel qu'il faut qu'on mène aujourd'hui à gauche ? Et je pense que ce qui est important, c'est d'avoir un pied dans l'institution et un pied en dehors de l'institution. Et je pense qu'il y a un certain nombre... Là, j'ai parlé des choses qui étaient un peu déprimantes. Mais il y a aussi plein de combats qu'on a menés et qui sont porteurs d'espoir.

Je veux dire, la constitutionnalisation de l'IVG, c'est quelque chose qui a été porté fortement par ma collègue Mélanie Vogel. Et cette victoire, elle est venue du Sénat, en fait. Elle est venue des échanges et des compromis qui ont été faits au Sénat. Et donc, voilà, je pense que c'est important. Après, bien sûr que ça reste compliqué. Mais moi, ce que je trouve important, c'est de continuer à avoir des espaces de débat. Et au Sénat, c'est possible d'avoir ces espaces de débat, même si je trouve qu'ils se restreignent. Depuis que j'ai été élue, c'était aussi à peu près au moment du 7 octobre, il y a aussi une tension qui est très forte. Moi, j'ai en commission culture.

On traite notamment des sujets autour de l'enseignement supérieur, de la recherche. Là, on voit la mobilisation dans les universités.

10:34
Locuteur 3

Et vous ressentez cette crispation ?

10:36
Mathilde Ollivier

Ah oui, fortement, très fortement, très fortement par la droite qui siège dans ma commission et qui passe son temps à avoir des discours contre les wokistes et en dénigrant les mouvements des jeunes dans les universités aujourd'hui. Et je pense que pour le coup, c'est vraiment un espoir de voir qu'en fait, pour notre démocratie, que la jeunesse continue à se mobiliser pour les causes qui lui tiennent à cœur.

11:02
Présentateur

Ce n'est pas un discours qu'on entend dans la bouche de tous les sénateurs, effectivement. Le soutien aux étudiants et à leur mobilisation, effectivement. Vous bossez la commission culture, on l'a dit. Les commissions, c'est comme les groupes de travail thématiques, vous savez, au Sénat et à l'Assemblée. En l'occurrence, vous travaillez sur les Jeux Olympiques, soit 2024, mais aussi les suivants. C'est des gros enjeux écologiques. On a l'impression que les JO 2024, c'est une énorme gabegie et un désastre écologique annoncé. C'est un peu comme ça, j'ai l'impression qu'on le ressent.

11:32
Mathilde Ollivier

Oui, alors je pense que d'abord, ce qui est important de souligner, c'est qu'il y a eu une volonté, en tout cas présentée en termes de communication, d'avancer et d'avoir des vrais objectifs sur l'impact environnemental des Jeux Olympiques 2024. Olympiques et Paralympiques, bien sûr, 2024. En fait, mais la communication, elle a évolué. D'abord, on parlait de jeux à impact positif. Et puis ensuite, ils ont évolué dans leur communication, ils ont parlé de neutralité carbone. Et puis maintenant, on parle d'alignement avec les accords de Paris et donc réduction de moitié des émissions de CO2 par rapport aux jeux de Londres.

Donc c'est en gros passé de 3,5 millions de tonnes à 1,5 millions de tonnes.

12:16
Présentateur

Et en vrai, ça va le faire ou pas ça ? Ils vont finir ces objectifs ?

12:20
Mathilde Ollivier

En fait, pour l'instant, on n'a pas d'aperçu là-dessus. On a demandé les données et en fait, on n'aura ça qu'après les JO. Il y aura un certain nombre de rapports qui seront faits et ce sera très important de les suivre fortement. Mais d'ici là, il y a quand même plein de points de mobilisation à avoir. Là, il y a le projet qui semble complètement débile de Valérie Pécresse, de ce vertiport, de ces taxis volants qui partiraient de Paris et qui iraient... C'était un projet de taxis volants qui partiraient de, je crois, Garde de Sterlitz pour rejoindre Charles de Gaulle. En vrai, c'est trop stylé.

12:59
Présentateur

C'est de la merde !

13:00
Mathilde Ollivier

Non, mais non, mais c'est le futur, quoi !

13:03
Présentateur

Oui, c'est le surfu, mais ouais.

13:05
Mathilde Ollivier

Ouais, mais c'est le futur. Mais est-ce qu'on a envie de ce futur-là ? Non, mais non, je déconne. Non, non, mais je sais bien. Mais en gros, elle, c'est ce qu'elle porte. C'est ce qu'elle porte, c'est l'innovation, c'est intéressant. L'innovation, allons vers plus d'innovation.

13:17
Locuteur 3

On en est où de ça ? Parce que les JO, c'est là, c'est demain ?

13:19
Mathilde Ollivier

Ouais. En fait, il y a des grosses incertitudes sur le fait qu'au final, ils arrivent à développer le projet. Ils ont mis un million d'euros dedans. C'est bon.

13:28
Locuteur 3

C'est bien.

13:29
Mathilde Ollivier

Et voilà, elle nous parlait de six personnes dans ces taxis volants. Au final, ça devrait être un passager pour un conducteur. Enfin, bon, bref. Et puis, tout le projet, globalement, semble très compliqué à mettre. Il ressemble à quoi, ces taxis volants ? Mais tu sais, c'est le truc avec Candelis, là. C'est le truc avec Candelis dessus.

13:46
Présentateur

T'as pas vu les images 3D ? Ça fait des années qu'on nous vend ça pour les JO de 2024.

13:49
Locuteur 4

Non, c'est des gros drones ? Ouais, c'est ça. C'est un peu ça. C'est des méga drones.

13:52
Présentateur

J'ai l'impression que ça te hype. Mais vous pouvez te mettre dedans.

13:55
Locuteur 4

Non, oui, non, mais c'est commode, quand même. Tu vois, moi, j'ai l'air toujours à avoir des Vélibes. Parce que j'habite...

14:01
Présentateur

Parce que tu vas à Charles de Gaulle, toi ?

14:03
Locuteur 4

Non, pas trop.

14:03
Présentateur

Bon, ben voilà.

14:04
Locuteur 4

Je galère toujours à avoir des Vélibes. En vrai, ça serait trop commode, tu vois. Mais en plus, j'habite en montée. Je galère en vélo tout le temps. C'est ouf.

14:12
Locuteur 3

On va avoir un vlog de Léa Chamboncel. Testing. Ouais, vas-y.

14:15
Locuteur 4

J'ai contacté Valoche. Oh, waouh.

14:18
Présentateur

T'avais une question à poser, Léa ?

14:19
Locuteur 4

Oui, tout à fait. Moi, je voulais revenir sur... Alors, je sais que c'est pas votre commission, mais c'est quand même assez important. Hier, la commission des affaires sociales a adopté une proposition de loi de la sénatrice LR, bien entendu, Jacqueline Eustache-Brignot pour interdire toute transition médicale pour les personnes mineures. C'est forcément un sujet qui va arriver, du coup, dans l'hémicycle. J'imagine que vous suivez ça avec attention parce que vous faites partie des quelques progressistes du Sénat. On peut le dire comme ça, a priori. Rassurez-moi. Ou alors, je n'ai pas le compris. Est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu ce qui s'est passé ?

Parce qu'il y a aussi un problème. Il y a Mediapart qui a sorti une enquête le 3 mai pour dire que le rapport sur lequel se base cette PPL est truffée d'infos, de fake news, en fait. C'est une intox totale. Donc, j'aurais aimé savoir un peu comment ça se passait au Sénat. Est-ce que vous, vous aviez prévu aussi, la gauche réunie plus ou moins, de faire dans l'hémicycle lors de l'examen de cette PPL ? S'il vous plaît.

15:16
Mathilde Ollivier

Oui, alors cette PPL, en effet, elle est très problématique. Bien sûr, l'interdiction des transitions de genre pour les mineurs, c'est encore une fois un sujet qui touche à la fois aux personnes trans, mais en fait, plus largement, quand on commence à s'attaquer aux personnes trans, en fait, c'est le début d'une attaque sur le droit des personnes LGBTQIA+, mais de toutes les minorités globalement. Moi, je n'ai pas suivi exactement les débats hier, donc je ne pourrais pas réagir sur ces débats-là en particulier. mais je sais que nous, ce qu'on porte, c'est une proposition de loi qui a aussi été déposée.

Pour le coup, encore une fois, ma collègue Mélanie Vogel en force sur ces sujets pour justement faciliter la reconnaissance du genre et le changement de genre à l'état civil. Il y a une pénétration aussi, d'ailleurs.

16:11
Présentateur

Une PPL, je précise pour le chat, une PPL, c'est une proposition de loi.

16:15
Mathilde Ollivier

Merci. Ce n'est pas grave, c'est mon boulot. Voilà, donc en fait, c'est nous faire des contre-propositions à ces propositions délétères d'air. Mais en fait, ils n'arrêtent pas. Ils n'arrêtent pas avec... Voilà, là, il y a... Sur la transidentité, sur la mixité, sur la laïcité dans le sport. Là, on va avoir une proposition de loi dans quelques temps aussi sur ces sujets-là.

16:36
Présentateur

Tu veux interdire le voile.

16:37
Mathilde Ollivier

Voilà.

16:38
Présentateur

Mais élargissons le spectre. On est face à une offensive réactionnaire dans ce pays de grande ampleur et vous la voyez arriver au Sénat. C'est quand même très particulier le moment qu'on est en train de vivre. Il faut défendre les personnes trans, il faut défendre les personnes LGBTQIA+. Il faut défendre les minorités de genre, il faut défendre les femmes, il faut défendre les personnes racisées. C'est quand même une époque particulière. Vous avez conscience d'être dans cette époque-là quand vous le voyez au Sénat ?

17:04
Mathilde Ollivier

Oui.

17:07
Locuteur 1

Oui.

17:07
Mathilde Ollivier

Ça a toujours été un peu le cas.

17:08
Locuteur 1

Est-ce que ça n'arrive pas aussi par le Sénat ?

17:10
Mathilde Ollivier

Non, je pense que c'est devenu... Vraiment, là, il y a quand même un changement. C'est-à-dire que la droite conservatrice qui siège au Sénat, elle a évolué, elle est en train aussi d'évoluer vers des positions beaucoup plus réactionnaires que la droite classique, disons... Libérale. Libérale.

17:30
Locuteur 1

Qui aujourd'hui n'est plus beaucoup.

17:32
Mathilde Ollivier

Voilà. Donc ça, oui, on le voit. Je ne sais pas quoi dire. Est-ce que c'est inquiétant ? Oui, c'est très inquiétant. Mais encore une fois, c'est important.

17:39
Présentateur

Ça mobilise la gauche au Sénat ?

17:42
Mathilde Ollivier

Oui, bien sûr. Bien sûr qu'on est fortement mobilisés et puis qu'on essaye de trouver... Alors, il y a deux choses. Soit de trouver des interstices d'espoir en essayant de faire passer des textes. En fait, tout le sujet autour de faire passer des textes au Sénat, c'est de réussir à visibiliser le travail qui est fait au Sénat et la responsabilité qu'ont ces élus, ces sénateurs, dans les textes qui sont votés. C'est ce qui s'était passé sur la constitutionnalisation de l'IVG parce que c'est ce qu'il disait. C'est la petite fille du sénateur qui dit non, mais papy, qu'est-ce que tu vas voter sur ce texte ? En fait, c'est ce niveau-là. Et puis voilà, je ne sais pas quoi dire de plus.

C'est peut-être un élément, je trouve, qui est important parce que le Sénat, on parlait, c'est la représentation des territoires, des collectivités. Et en fait, pour modifier ces équilibres au sein du Sénat, il faut qu'on ait une mobilisation et un engagement dans les collectivités locales aussi, au niveau local.

18:44
Présentateur

Et il y a cette représentativité particulière des élections sénatoriales où les maires de petites communes rurales ont beaucoup plus de poids que les maires de grands centres urbains. Mais la percée des écolos en 2020, aux élections de 2021 au Sénat, était le fruit des municipales de 2020 où les écolos, je vous le rappelle, ont gagné des grandes villes quand même. On parle de Lyon, on parle de Strasbourg, on parle de Bordeaux. Donc oui, effectivement. Mais c'est des équilibres qui sont lents à changer, les équilibres territoriaux. Donc c'est pour ça que le Sénat, c'est d'ailleurs l'argument de stabilité institutionnelle du Sénat qui ne bouge pas avec le vent. Ça prend plus de temps.

Le Sénat, c'est la quille du bateau, c'est un peu plus lourd, ça prend un peu plus de temps à bouger.

19:21
Mathilde Ollivier

Ce que nous avait dit un certain nombre d'analystes, c'est aussi que, mine de rien, le Sénat, même s'il ne représente pas, au final, la vie politique française aujourd'hui, ou en tout cas les équilibres politiques tels qu'ils sont dans la société française, avait quand même permis d'éviter un certain nombre de détricotages que la majorité présidentielle avait essayé de mettre en place en 2017. Et qu'en fait, le Sénat avait quand même permis une certaine stabilité qui, au final, était positive en partie. Mais en effet, ça prend du temps pour bouger les équilibres politiques.

Et juste pour revenir sur le niveau local, parce que je pense que c'est important pour comprendre comment fonctionne le Sénat aussi, en fait, il y a aujourd'hui plus de 50% des maires qui ont plus de 60 ans. Donc en fait, ça, ça a un impact direct ensuite sur les gens qu'ils vont faire élire au Sénat. Moi, bien sûr que ça a été pendant toute ma période d'élection, c'était un grand sujet que posaient les grands électeurs avec lesquels j'étais en contact. Quelle est ta légitimité ? On en parlait juste il y a quelques temps. Ah, ça fait deux ans que t'es engagé, ça fait deux ans que t'es engagé au niveau local pour représenter les Français de l'étranger.

Quelle est ta légitimité pour porter ces sujets-là ? Mais en fait, si on attend, notamment chez les écologistes, si on attend d'avoir 15 ans d'expérience politique avant de se présenter à des élections, en fait, ce sera trop tard entre guillemets face à l'urgence climatique.

20:50
Locuteur 3

C'est même déjà trop tard. Oui, mais bon,

20:52
Locuteur 1

vous faisiez comprendre tout à l'heure que vous aviez une marge de manœuvre qui était assez limitée et qu'il fallait parfois passer par des trous de souris. Est-ce que vous êtes aussi en relation avec les collègues de l'Assemblée, parfois pour vous mettre d'accord sur certains textes et comment ça se passe dans ces cas-là ? Oui,

21:07
Mathilde Ollivier

on travaille beaucoup avec nos collègues à l'Assemblée nationale, notamment avec les gens qui sont dans les mêmes commissions que nous. Donc voilà, moi, je suis beaucoup en contact avec les députés qui sont dans la commission culture côté Assemblée nationale et puis aussi avec des jeunes élus. Pour moi, c'est important aussi de pouvoir échanger avec des personnes de ma génération qui sont élues. On est peu et c'est important qu'on puisse se soutenir dans les deux chambres.

21:36
Locuteur 1

Et s'il y a un amendement que vous n'arrivez pas à caser vous, vous pouvez leur demander éventuellement des petits arrangements comme ça ?

21:43
Mathilde Ollivier

Ou alors, en fait, on essaye de le faire passer d'une chambre à l'autre. Par exemple, un exemple dans le projet de loi de finances en décembre, on s'est battus pour des places d'hébergement d'urgence supplémentaires parce qu'il y avait un grand manque de places d'hébergement d'urgence. Il y avait un rapport de l'UNICEF qui disait que 2000 enfants dormaient dehors dans les rues en France à ce moment-là. Et donc, du coup, l'Assemblée nationale s'est fortement mobilisée et donc, en fait, ce qui est important, c'est qu'on reprenne... Voilà, exactement.

Et donc, l'idée, c'était de reprendre le travail qu'ils avaient fait à l'Assemblée, d'essayer de le porter au Sénat, de trouver des majorités parce que sur ces sujets-là, c'est aussi important d'essayer de trouver des majorités. On l'avait eu, la majorité, c'est retourné à l'Assemblée nationale et le gouvernement l'a coupé 49-3 alors qu'on avait une majorité dans les deux chambres. On avait donc réussi à convaincre nos collègues de droite.

22:38
Présentateur

Léa ?

22:38
Mathilde Ollivier

Moi,

22:38
Locuteur 4

je voulais revenir sur des questions plus d'actualité. L'élection européenne, c'est quoi l'ambiance chez les Verts ? Enfin, EELV, pardon. Les écologistes. Entre nous, il n'y a pas grand monde qui voulait écouter.

22:49
Locuteur 3

C'est les écologistes.

22:50
Locuteur 4

C'est quoi l'ambiance, là ? Parce qu'en vrai, ce n'est pas joujou quand on regarde les sondages. Alors bon, il ne faut pas juger qu'avec les sondages mais c'est quand même une élection vous brillez. C'est un peu le moment pour les Verts, pour les écolos, pardon, de briller un peu et là, c'est mal barré, non ?

23:09
Locuteur 3

Pour rappel, en 2019, les Verts ont fait 13% et au dernier sondage, le fameux rolling de l'IFUB qui paraît quotidiennement, vous êtes crédité aujourd'hui à 5%.

23:18
Mathilde Ollivier

En fait, je pense qu'il y a un certain nombre de constats autour du recul des sujets écologiques dans le débat public mais aussi dans les politiques européennes ces derniers mois, ces dernières années et il faut qu'on continue à se battre contre ça. En 2019, les élections européennes se passaient en plein pendant les marches climat. Il y avait une mobilisation forte de la jeunesse et cette jeunesse, elle est ensuite allée voter aux élections européennes. Et aujourd'hui, la jeunesse, le premier parti, c'est l'abstention. Et donc, tout l'enjeu, et d'ailleurs, il y a une étude de la fondation Jean Jaurès là-dessus, tout l'enjeu, c'est que les jeunes aillent voter.

Et actuellement, c'est très incertain. En fait, tous les sondages, il y a un certain taux d'incertitude qui est lié au fait que les jeunes ne se mobilisent pas pour l'instant pour aller voter. Et donc, à partir de ça, on a du mal à voir quels seront les résultats finaux. Et donc, moi, le message que j'ai envie de faire passer, c'est que cette jeunesse, il faut qu'elle se mobilise et il faut qu'elle aille voter. Les élections européennes, c'est une élection qui mobilise assez peu. Et donc, tout l'enjeu de réussir à mobiliser les forces progressistes pour aller voter.

Les écologistes et les autres partis pour qu'on fasse, au final, à gauche, le score le plus important possible, c'est essentiel pour les prochaines majorités au Parlement européen.

24:39
Locuteur 3

Je pense qu'on est tous d'accord sur le fait qu'il est important que tout le monde aille participer et aille voter aux élections. Le premier parti, c'est l'abstention. Le fait est que, quand même, le deuxième parti, ce n'est toujours pas vous. Oui. C'est le Rassemblement national. C'est le Rassemblement national, malheureusement. Donc, je ne sais pas, est-ce que là, on peut se faire est-ce que c'est le moment ou pas le moment, mais de se dire la campagne Marie Toussaint, qu'est-ce que ça donne chez vous ? Petite introspection, je ne sais pas, est-ce que c'est une bonne dynamique, est-ce que c'est les bons sujets ? Je ne sais pas.

25:07
Mathilde Ollivier

Moi, je pense que, enfin, Marie Toussaint, je trouve que c'est une candidate qui m'inspire beaucoup, qui est inspirante par les combats qu'elle a portés, qu'elle a portés en 2019. Elle a été très investie dans notre affaire à tous. C'est elle qui a participé, enfin, elle a participé avec tout ce mouvement à la condamnation de l'État pour une action climatique. On a des candidats qui ont été députés européens qui ont porté des combats essentiels.

Caroline Rose sur la pêche, sur le bien-être animal, c'est, en fait, si ces députés européens ne sont pas là, Benoît Biteau sur l'agriculture, si ces députés européens ne sont pas là, en fait, il n'y a personne pour porter leurs sujets au Parlement européen. Et donc, c'est essentiel qu'on fasse des élus écologistes au Parlement européen et qu'on en fasse le plus possible. Oui,

25:54
Locuteur 1

mais il y a un problème dans la campagne. Elle ne l'imprime pas. Enfin, désolé, mais la campagne, elle n'imprime pas. Donc, c'est ce que disait Malek. C'est quoi l'introspection à faire sur la campagne qui n'imprime pas ? Parce que ce n'est pas que de la faute des jeunes qui ne vont peut-être pas aller voter non plus. Oui.

26:08
Mathilde Ollivier

Non,

26:08
Locuteur 1

non, non.

26:11
Mathilde Ollivier

On n'est pas, enfin, la campagne, elle n'est pas finie. Je pense que c'est important qu'on continue à se mobiliser. Marie Toussaint, elle porte quand même plein de combats qui me semblent importants qu'elle essaye de porter sur la santé aussi environnementale. On a quand même plein de sujets très importants là-dessus. Là, la semaine prochaine, au Sénat, on vote le texte sur les PFAS, par exemple, qui a été porté à l'Assemblée nationale. Il y a des réglementations européennes aussi sur les produits chimiques sur lesquels les députés européens se sont mobilisés.

Donc, moi, mon objectif, c'est de continuer à visibiliser un maximum ce qui a été fait par tous ces députés, visibiliser leurs réussites et puis aussi les profils des autres candidats en plus de Marie. La gauche,

26:56
Présentateur

elle paye aussi le prix de ses divisions. C'est aussi ça. C'est-à-dire que le fait que la gauche ne soit pas sur une liste commune de la NUPES à l'élection européenne, aujourd'hui, elle en paye le prix. Pour le peuple de gauche. Pour le peuple de gauche, ils préfèrent rester chez eux.

27:08
Locuteur 4

Il y a une incompréhension, en fait.

27:10
Mathilde Ollivier

Oui, alors en fait, ça, c'est un peu une question aussi de perspective quand nous, globalement à gauche, on porte quand même la proportionnelle. On porte la proportionnelle pour un certain nombre d'élections. La proportionnelle, c'est un mode d'élection qui permet de voter pour des parties dans lesquelles on est le plus proche, de ne pas faire seulement un choix de vote utile. Et ça, d'ailleurs, c'est aussi quelque chose qui est, je pense, important de rappeler sur ces élections européennes, qu'en fait, on peut voter pour les candidats qui nous parlent le plus.

Et en fait, cette diversité qu'on a à gauche, c'est aussi une richesse et ça permet de toucher différents publics, différentes personnes. Et ces élections européennes, elles permettent ça. Je pense que ça ne fait pas forcément sens de dire... Non, mais c'est effectivement

27:50
Présentateur

le mode d'élection des élections européennes ne rend pas nécessaire une union de la gauche, mais l'union de la gauche eût été utile à la mobilisation des électeurs de gauche, semble-t-il, d'après les sondages. On verra ce qui se passera le 9 juin.

28:01
Locuteur 4

Ça lance aussi un message assez fort. Mais la perte de hype, en vrai, elle n'est pas actuelle. Même Jadot, les scores à la présidentielle étaient assez catastrophiques. Est-ce que vraiment vous arrivez à faire une introspection, comme ce que disait Malek, sur la perte de hype des verts, des écolos ?

28:19
Présentateur

Vous l'avez dit sur les marches climat, sur le fait qu'on n'est pas dans une ambiance de parler des... Vous êtes les seuls à parler d'écologie dans une élection

28:24
Locuteur 4

où personne n'en parle. Tout le monde parle d'écologie, ce n'est pas vrai. Tout le monde parle d'écologie. De plus en plus, c'est de plus en plus un véritable sujet, en tout cas dans les milieux militants, etc. Comment vous n'arrivez pas à rattacher les milieux militants ?

28:34
Mathilde Ollivier

Oui, mais en fait, on voit quand même... Il y a un peu eu deux phases sur le dernier mandat européen. Il y a eu la période 2019-2021, en gros, jusqu'au Covid, où il y a eu une forte mobilisation à la fois par les marches climat, Greta Thunberg au Parlement européen, plusieurs lois qui sont passées sur l'interdiction des plastiques, sur l'interdiction de la pêche en eau profonde. Il y a un certain nombre. Et puis le pacte vert européen, globalement, où on s'est donné quand même des grandes ambitions au niveau européen. Ça, c'était la première partie du mandat. Ensuite, Covid, guerre en Ukraine.

Et en final, quand même, les sujets environnementaux, les sujets écologiques, ils sont passés un peu au second plan. Et là, on voit quand même que d'ailleurs, c'est toute la responsabilité. On parlait du RN en premier, là, dans les sondages. c'est la responsabilité aussi du gouvernement et aussi du RN d'essayer de renationaliser le débat entre eux. Attal, Bardella. Je vois dans le chat,

29:34
Locuteur 4

il y a pas mal de gens qui disent ce serait cool de parler de climat. Est-ce que vous pouvez au moins parler des principales propositions de votre parti pour les élections européennes ? Au moins ça. Ça doit être intéressant.

29:45
Présentateur

Et ce sera la dernière question.

29:47
Locuteur 4

Ah, pardon.

29:47
Mathilde Ollivier

Alors, plusieurs propositions. Parler de mobilité parce que moi, en tant que sénatrice des Français de l'étranger, c'est un sujet qui m'importe beaucoup. Sur le développement des trains de nuit, une proposition qu'on porte les verts au niveau français et au niveau européen, c'est celle d'avoir un ticket de train qui soit à 10 centimes le kilomètre. Donc en gros, disons, Paris-Berlin, je ne sais plus combien de kilomètres c'est, peut-être 1200, le ticket maximum de train serait à 120 euros. Essayer de limiter comme ça les billets de train pour que cette mobilité partout en Europe soit faisable.

Il y a aussi le droit de veto social qui est porté par Marie Toussaint et qui est, je pense, quelque chose qui est très important. On a besoin de parler de questions sociales au niveau européen, qu'on ne parle pas juste de libre-échange et d'échanges commerciaux. Et cette idée de veto social, c'est que toutes les lois qui passent au Parlement européen, elles aient une évaluation et que si elles impactent les 10-20% les plus vulnérables de la population européenne, eh bien,

30:55
Présentateur

c'est fini. Il y a eu une illumination, il y a eu une épiphanie, c'est incroyable.

30:59
Mathilde Ollivier

C'est fait dégager là. Eh bien, on puisse donner un droit de veto et que cette loi ne soit pas adoptée.

31:04
Locuteur 4

Pardon, je vous interromps, mais si je ne dis pas de conneries, en fait, ce n'est pas du tout dans les compétences du Parlement européen, ça. Qu'est-ce qui ne serait pas... Si, tu peux.

31:12
Présentateur

Tu peux faire des directives, tu peux faire des règlements, bien sûr.

31:14
Locuteur 4

Mais attends, il faudrait former les traités pour mettre un droit de veto des institutions. Il faudrait former le TFUE, non ?

31:19
Présentateur

Ah ouais, peut-être.

31:20
Locuteur 4

Ah bah je pense, oui. Désolée, petite question. Je peux me tromper, mais... Expert droit international jusqu'au bout aujourd'hui.

31:27
Présentateur

T'as raison, ce n'est pas du droit dérivé. Je ne pense pas, non.

31:30
Locuteur 4

Mais bon, excellente proposition, ce n'est pas applicable du coup. Désolée, mais...

31:35
Mathilde Ollivier

Et une autre proposition qu'on a, je ne sais pas si ça passe sans droit européen ou pas, une autre proposition qu'on porte, c'est sur l'européanisation des grandes majeures pétrolières, des six plus grandes majeures pétrolières, avoir au niveau européen, en fait, prendre des parts dans toutes ces grandes entreprises et que suite à cela, on puisse faire transitionner ces grandes entreprises vers le changement parce que là, on se rend compte, et là, il y a un article du Monde, c'est aujourd'hui l'article du Monde qui montre les liens entre Total et le gouvernement français.

En fait, on a vraiment absolument besoin de reprendre la main sur ces grandes majeures pétro-gazières et ça, c'est un combat majeur qu'on doit mener et en fait, on ne peut pas les laisser juste être un État dans l'État. Et donc, pour ça, on a besoin de renationaliser ou européaniser ces grandes majeures pétrolières. C'est une des autres propositions qu'on porte.

32:28
Présentateur

Dernière question, il paraît que vous aimez la techno, que vous aimez la musique électro. Genre, il y a moyen de vous croiser en teuf en Autriche ? Ouais. Trop cool.

32:36
Mathilde Ollivier

Merci. Mais pas house, techno.

32:39
Présentateur

Non, techno, pas house. Non, attention, on ne confond pas. Merci beaucoup, Mathilde Olivier, d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de l'Axie.

32:45
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada.