Discours du Président Emmanuel Macron à l’Assemblée générale des Nations unies.
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- 5:45PrésentateurPromesse
« La France poursuivra donc ses efforts pour que l'initiative mondiale en faveur du droit international humanitaire, déjà rejointe par plus de 116 Etats, nous amène à renouveler ensemble nos engagements. »
- 7:18PrésentateurChiffre
« Je me félicite que 128 Etats membres la soutiennent désormais. »
- 21:42PrésentateurChiffre
« Protéger 30 % de notre espace terrestre et de nos mers. »
- 22:16PrésentateurChiffre
« En quelques mois, nous avons finalisé les plus de 60 ratifications. »
Temps de parole
- Présentateur84 %
- ?16 %
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Mesdames,
Messieurs les ministres, Mesdames, Messieurs les ambassadrices, ambassadeurs et délégués, chers amis, depuis ce matin,
ici
se succèdent les discours
qui
disent l'état du monde, et j'ai peur de manquer d'originalité
en
le décrivant. Chacun décrit en effet
le
retour de l'impérialisme,
de
l'arrogance,
du
retour à la force sans règles ni retenues,
un
monde au fond de concentration du pouvoir où quelques-uns
pensent
qu'on peut battre en brèche
l
'ordre international pour élargir ses frontières,
ou
d'autres pensent qu'on peut fouler au pied
la
souveraineté des peuples
pour
en disposer soi-même, et où quelques-uns pensent pouvoir décider de l'avenir de la planète, qu'il s'agisse du climat ou de l'intelligence artificielle.
Et
au fond, la question qui nous est posée de manière très simple
consiste
à savoir si nous voulons vivre
dans
cet état de nature,
avec
une forme de retour de la loi de la jungle,
ou
dans une société internationale civilisée.
Notre
devoir, plus que jamais,
est
de nous tenir droit aux côtés des Nations unies pour décider précisément ensemble
de
l'intérêt commun,
c
'est-à-dire du côté de ceux qui veulent choisir librement leur destin, leurs alliances, leur modèle de développement, leur avenir,
du
côté de ceux qui refusent que leur souveraineté soit confisquée par la force injuste ou par la peur,
et
du côté de l'espoir.
C
'est la raison d'être de notre organisation, cette maison commune
qui
réunit les peuples libres, égaux, qui est fondée sur l'égalité souveraine de chacun de ses membres.
C
'est notre charte qui empêche que la puissance des uns leur permette de décider pour les autres.
C
'est elle surtout qui nous oblige à faire ensemble la démonstration de notre engagement
et
de notre capacité d'agir utilement.
Vous
savez,
l
'attachement de la France aux Nations unies est sa volonté d'assumer pleinement les responsabilités particulières que la charte lui confie.
Et
je veux vous dire aussi l'engagement de mon pays à agir avec chacun d'entre vous
pour
renouveler les conditions de l'action multilatérale
et
faire la démonstration que nous sommes plus forts, plus efficaces,
mieux
capables de faire face ensemble
aux
défis
communs, ceux
d'aujourd'hui et ceux qui viennent,
qui
nous échappent encore, alors même que tout change autour de nous. J'évoquais le climat et l'environnement.
C
'est vrai aussi pour la guerre et la paix. C'est vrai évidemment pour les technologies comme pour le développement.
Au
fond, dans chacun de ces domaines, là où la loi du plus fort tente de s'imposer, il nous faut défendre
la
justice, l'intérêt commun, et il faut le faire dans notre intérêt même à chacun,
car
c'est notre charte qui protège
cette
possibilité de vivre ensemble.
Alors, face
au cours du monde
et
au fait que ce que nous sommes en train de vivre aujourd'hui, c'est l'accumulation
de
guerres que nous n'arrivons pas à résoudre, de crises qui se multiplient
et
de défis contemporains
qui
viennent porter une ombre nouvelle sur les générations nouvelles,
je
crois que notre devoir,
c
'est de ne pas céder. Et au fond, le message que je suis venu porter aujourd'hui, comme je le fais depuis 9 ans,
c
'est celui
d
'une détermination, d'un optimisme de l'action, mais c'est de vous dire, ne cédons pas
à
l'esprit de défaite, à la fatalité,
au
fond, à ce qui est à la mode, qui serait de nous résoudre à dire, cette organisation, nous y venons pour faire des discours, mais elle ne sert plus à grand-chose. Mettons en place d'autres organisations où la loi du plus fort peut réussir et on peut peut-être imposer une autre paix.
Ne
cédons pas à cela, encore moins aujourd'hui qu'hier.
Et
n'y cédons pas
à
cinq égards. Ce sont les cinq remarques que je voudrais faire. La première, ne cédons pas
à
une forme de fatalité face à la guerre et au malheur des peuples.
Nous
devons nous réengager pour trouver des solutions concrètes et bâtir la paix. Le droit international n'a jamais prétendu décrire la réalité.
Il
dit les limites que des puissances souveraines se sont volontairement fixées.
Et
pour que la force ne soit pas le seul recours en cas de désaccord, pour que même
dans
le face-à-face de la guerre, l'ennemi demeure un être humain. Ce sont les leçons du XXe siècle. Ceux qui veulent les oublier aujourd'hui commettent tout à la fois une faute morale et une erreur politique.
Mais
la réalité est là.
Au
Moyen-Orient, en Ukraine, en Afrique, l'industrialisation des crimes de guerre, des violations du droit et de la destruction des infrastructures civiles ouvrent un nouvel âge de la barbarie. Aucun d'entre nous ne peut vouloir être celui qui démantèle le cadre protecteur des conventions de Genève,
alors
que les attaques se multiplient de Dniepro à Gaza, de Bukavu à El-Facher,
avec
la Jordanie
et
le CICR.
La
France poursuivra donc ses efforts pour que l'initiative mondiale en faveur du droit international humanitaire, déjà rejointe par plus de 116 Etats,
nous
amène à renouveler ensemble nos engagements.
Nous
devons nous remobiliser pour défendre nos humanitaires, défendre le droit international humanitaire dans cette période.
Comme
nombre d'entre nous l'avons dit souvent, c'est aussi parce qu'il n
'y
a pas de paix sans justice
que
la France continue d'apporter un soutien à la fois politique
et
opérationnel aux mécanismes internationaux de justice, d'enquête, de collecte d'épreuves, notamment les missions d'établissement des faits,
et
que nous continuons et continuerons d'appuyer la Cour internationale de justice et son rôle central.
Nous
ne pouvons pas accepter
le
nouvel ordre de l'impunité que certains voudraient bâtir.
C
'est aussi pour cela qu'au Conseil de sécurité, la France soutient les réformes qui garantissent son efficacité.
Sur
le format, bien sûr, nous devons l'ouvrir à de nouveaux membres, à de nouvelles régions du monde, à commencer par l'Afrique,
mais
aussi sur le fond,
le
Conseil de sécurité doit pouvoir agir face à des violations massives du droit international.
Qui
peut se satisfaire d'une impasse procédurale face à la barbarie
? L
'initiative franco-mexicaine d'encadrement du droit de veto en cas d'atrocité de masse est plus que jamais nécessaire.
Et
je me félicite que 128 Etats membres la soutiennent désormais.
La
campagne doit continuer, permettre de l'emporter, donc obtenir l'engagement de chacun des membres permanents du Conseil de sécurité.
Mais
il ne suffit pas de convoquer le droit et d'invoquer nos valeurs pour satisfaire les obligations auxquelles nous avons chacun consenti en rejoignant les Nations unies.
Notre
devoir, c'est l'action.
La
France y est prête,
en
coalition avec tous ceux qui veulent agir dans le respect des principes de la Charte
et
qui n'acceptent pas l'impuissance. Ainsi, en Ukraine, la coalition des volontaires que nous avons formée avec le Royaume-Uni et l'Allemagne rassemble l'ensemble de ceux qui sont prêts à garantir la paix et la stabilité au cœur de l'Europe, là où deux guerres mondiales ont commencé et dont personne ne peut se désintéresser. Beaucoup ici
savent
mieux que quiconque
ce
que le retour de la guerre en Europe
peut
signifier.
Nous
n'y céderons rien.
La
coalition des volontaires porte ce combat.
Au
Moyen-Orient, nous avons mis sur pied une coalition indépendante et multinationale pour restaurer la liberté de navigation dans le détroit d'Hormuz.
Celle
-ci ne doit pas être un objet de chantage,
c
'est un principe cardinal du droit international et il est dans l'intérêt de tout ce que les navires passent le détroit en toute sécurité
et
que l'approvisionnement énergétique de nos pays soit assuré.
La
réouverture du détroit d'Hormuz
est
une priorité. Le respect du droit international y est une priorité dans l'intérêt de tous et la France s'y engagera.
En
Afrique,
nous
portons une responsabilité collective face aux crises qui s'accumulent et aux réponses qui ne viennent pas.
Au
cœur des conflits, les opérations de paix doivent être plus efficaces
et
pour cela, elles doivent disposer des moyens adéquats et s'inscrire dans une meilleure coordination entre les Etats-Unis et les Etats hautes.
J
'évoquais déjà en 2018 le rôle des organisations régionales et l'organisation d'une meilleure coordination entre celles-ci et les Nations unies.
Lors
du sommet Africa Forward à Nairobi avec plus de 30 chefs d'Etat africains,
puis
au siège de l'Union africaine à Addis Abeba n
'est pas
aux côtés de l'ONU, nous l'avons dit clairement.
L
'Union africaine et les organisations régionales doivent être en capacité de jouer pleinement leur rôle en matière de paix et de sécurité sur le continent.
Nous
organiserons à Paris en novembre une réunion de reconstitution du Fonds de paix de l'Union africaine
en
marge du Forum de Paris sur la paix,
et
j'appelle tous les contributeurs potentiels à y prendre des engagements forts et concrets.
Ne
pas céder donc
face
aux guerres, nous réengager, chercher à bâtir dans le respect de la charte des solutions.
Le
deuxième principe,
c
'est de ne pas céder
à
la tentation permanente
du
double standard,
car
c'est celui qui divise notre planète et qui décrédibilise
la
cohérence de notre ordre international et de notre charte. Combien de fois avons-nous entendu
que
la souveraineté des peuples était valable en Europe, mais que quand il s'agissait de regarder
le
Moyen-Orient ou l'Afrique, on pouvait bien s'en passer
? Non, nous
devons défendre partout les mêmes principes
et
le faire dans le respect de la charte, c'est-à-dire de la souveraineté de ces mêmes peuples, jamais en nous substituant à eux. Et à chaque fois que quelques Etats, parfois au nom même de l'ordre international, ont voulu se substituer au peuple
pour
changer tel régime ou changer tel système,
ils
ont plongé ces Etats dans des chaos plus grands encore. Aucun double standard.
Une
vie égale une vie. La paix et la sécurité sont indivisibles et tous y ont droit.
En
Ukraine, depuis près de 5 ans, la Russie poursuit une guerre cruelle contre les civils et occupe
le
territoire d'un pays souverain.
La
France continuera d'apporter un soutien sans faille aux aspirations légitimes du peuple ukrainien à la paix, à la sécurité et à l'avenir.
Dans
le même temps, elle ne ménagera aucun effort pour que s'engage au plus vite une négociation utile entre l'Ukraine et la Russie.
Nous
devons défendre les Ukrainiens et les défendre plus que jamais avant l'hiver qui s'annonce. Les défendre en matière d'énergie, les défendre pour avoir davantage d'intercepteurs et protéger leur population civile.
C
'est aussi pour cela
que
nous soutenons
l
'initiative
d
'un double moratoire.
Un
moratoire
sur
l'énergie et les infrastructures civiles, de part et d'autre,
et
un moratoire sur la mer Noire qui permettra de libérer les céréales
et
d'apporter une réponse
à
la question de sécurité alimentaire
ô
combien cruciale
pour
tant de pays émergents et en développement.
Ce
double moratoire est une nécessité. Proposons-le
et
mettons la Russie
face
à ses propres discours.
Au
Proche et Moyen-Orient, c'est encore le respect de la souveraineté de chacun qui peut seul amener la paix et la sécurité à tous. Et c'est ce que nous défendons. Respect de la souveraineté pour les Libanais déplacés et dont les villages sont détruits les uns après les autres dans le Sud. Seul un Liban pleinement souverain
pourra
conduire à faire rendre les armes au Hezbollah
et
à rétablir la sécurité pour la Libanée et tous les voisins. Souveraineté du Liban et de son peuple. Souveraineté pour les Palestiniens dont les droits les plus élémentaires sont encore aujourd'hui bafoués.
Il
y a un an,
ici
même,
nous
étions une douzaine d'États à reconnaître.
La
Palestine.
J
'entends le cynisme de certains. Reconnaissance de papier, regardez la réalité.
Mais
quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza ? Certains sont flats d'une paix prétendue.
Mais
cette paix n'a pas rouvert une seule seconde les voies humanitaires. Devons-nous contempler ce spectacle qui nous fait honte à tous
? Jamais.
Regardez ce qui se passe
en
Cisjordanie
où
chaque jour des violations
sont
faites
au
nom de quoi
? Le
Hamas n'a jamais sévi en Cisjordanie.
C
'est construire chaque jour l'impossibilité d'un projet
qui
est le respect des droits légitimes du peuple palestinien à exister. Mais c'est en même temps les conditions même de la sécurité d'aujourd'hui et de demain
pour
Israël et son peuple. Sécurité à laquelle nous sommes attachés, existence à laquelle nous sommes attachés.
Mais
tous ceux qui prétendent que la sécurité d'Israël passe par la violation de la souveraineté de tous ses voisins font une erreur funeste, affaiblissent la sécurité d'Israël pour aujourd'hui et pour demain.
Et
la menace
!
Souveraineté aussi
pour
la Syrie dont la révolution ne doit pas être déçue.
J
'étais il y a quelques mois
à
Damas pour apporter le soutien de la France
à
la construction de la Syrie libre.
Et
nous devons poursuivre ses efforts et là aussi permettre à la Syrie de restaurer pleinement sa souveraineté et son unité.
La
France est engagée
dans
chacun de ses combats, comme nous sommes engagés avec l'Italie, avec l'aide de la Jordanie et de quelques autres et de tous les amis du Liban pour trouver une suite efficace à notre engagement d'un demi-siècle au sein de la Finule, au service de tous les Libanais et de la souveraineté de leur pays.
Pas
de double standard, donc. Souveraineté des peuples partout.
Ma
troisième conviction,
c
'est que nous ne devons pas céder à la division du monde et à cette fracture
que
beaucoup décrivent, que certains utilisent,
entre
le Nord et le Sud.
nous
ne réglerons aucun des défis de la planète
si
nous laissons cette division s'installer.
Alors,
elle s'installe, elle se nourrit du double standard quand il est
pratiqué
par certains, mais nous avons besoin de réconcilier le Nord et le Sud pour répondre aux défis, qu'il s'agisse du climat, de la santé, du développement. C'est à ce titre que nous avons, ces dernières années, multiplié les initiatives. Face au Covid, avec les initiatives Acta et Covax, en partenariat avec l'Organisation mondiale de la santé et l'Union africaine,
lorsqu
'il s'agit de relancer les économies
avec
le Fonds monétaire international pour réallouer des droits de tirage spéciaux et permettre de mieux financer les économies africaines.
Et
nous avons tenu parole
en
réallouant plus de 100 milliards de dollars de droits de tirage pour aider
les
pays africains.
Mais
nous devons constamment veiller à garder
l
'unité
et
ne pas opposer les blocs.
C
'est pourquoi il est si important de ne pas laisser se fracturer l'architecture mondiale de la santé.
Nous
devons continuer d'avancer sur sa réforme,
mais
en affaiblissant jamais l'Organisation mondiale de la santé, en permettant de finaliser le traité pandémie
et
en soutenant
l
'OMS et CDC Africa pour lutter encore plus efficacement contre Ebola.
Nous
devons aussi
savoir
lucidement réformer notre aide publique au développement
et
bâtir
un
investissement solidaire
beaucoup
plus efficace.
C
'est le sens de ce que nous avons fait en 2023 avec le Pacte pour la prospérité, les peuples et la planète. C'est le sens de l'initiative prise à Nairobi il y a quelques mois lors du sommet Africa Forward, bâtir un nouveau consensus de l'investissement solidaire.
Là
où tant de pays sont en train de réduire leurs transferts et pourtant où les besoins de nombreux pays du Sud augmentent,
nous
devons aller plus vite et plus fort
pour
aider le FMI et la Banque mondiale à avoir plus d'efficacité,
à
améliorer l'efficacité de leurs instruments, à mieux mobiliser le secteur privé, à bâtir des mécanismes de garantie
pour
que dans les pays émergents,
les
pays à revenus intermédiaires et les pays en développement, nous puissions apporter une réponse plus efficace.
C
'est ce partenariat nouveau financier qu'il nous faut bâtir pour éviter
la
fracture entre le Nord et le Sud.
De
la même manière,
ce
partenariat Nord-Sud passe et passera
par
notre capacité à réouvrir des dialogues sur nos histoires communes, nos mémoires et nos relations culturelles.
C
'est ce que la France a cherché à faire ces dernières années par un travail de connaissance et de reconnaissance sur la base de travaux scientifiques conjoints,
en
lançant un processus législatif qui nous a permis d'enclencher la restitution des biens culturels,
d
'avoir là aussi en quelque sorte un partenariat de mémoire,
de
culture, d'histoire avec nombre des pays du Sud. Et nous poursuivons, avec le Ghana notamment, mais aussi avec tous les partenaires qui le souhaitent, le travail pour répondre aux besoins de justice réparatrice qui a été formulé.
C
'est une question de respect
et
c'est sur ce respect aussi
que
se bâtit la réunion du Nord et du Sud.
Au
-delà des politiques de développement et de mémoire, de nouveaux partenariats impliquent aussi
d
'avoir une mondialisation, un commerce mondial plus efficace et plus équitable.
C
'est ce que nous avons cherché à faire lors du G7 organisé par la France,
en
associant plusieurs pays du Sud,
en
bâtissant à travers le sommet des Convergences un dialogue
au
-delà du G7
avec la
Chine, l'Inde,
le
Brésil,
la
Corée, le Kenya et j'en passe pour permettre
d
'améliorer
notre
organisation collective, d'éviter l'accumulation par quelques-uns des minerais critiques et des terres rares
et
de permettre une coopération plus efficace
en
matière de commerce comme en matière monétaire.
Au
fond, vous le comprenez, nous avons une responsabilité pour ne pas laisser s'installer cette fracture entre deux blocs.
Le
quatrième principe,
c
'est de ne pas céder à la fatalité
en
matière
de
climat et de biodiversité.
Nous
avons beaucoup fait ces dernières années, depuis les accords de Paris, il y a 11 ans, dont les principes restent valables, dont les accords sont à défendre et dont nous ne devons pas dévier.
Mais
j'entends comme vous
le
doute qui naît chez certains, la remise en cause de la science chez d'autres.
Et
donc, là aussi,
ne
cédons rien.
Si
nous voulons répondre aux défis de la planète,
ceux
du climat, de la biodiversité,
nous
avons besoin du multilatéralisme d'action.
C
'est ce que nous avons cherché à faire à travers les One Planet Summit.
C
'est ce que nous avons aussi cherché à faire collectivement et réussi si on regarde la question des océans. Il y a quelques années, tout le monde nous disait qu'il était impossible
de
bâtir des accords pour protéger nos aires marines, nos océans. Regardez ce que nous avons fait il y a quelques années, protéger 30 %
de
notre espace terrestre
et
de nos mers.
Nous
avons bâti cet accord, nous améliorons chaque année sa mise en oeuvre.
Et
puis beaucoup nous disaient que nous n'arrivions jamais
au
fond à
préserver ce
qui représente
plus
des deux tiers de nos océans,
la
haute mer, au-delà de nos zones économiques exclusives.
Nous
avons réussi à mener cette négociation en engageant là aussi les grandes puissances.
Ce
fut l'accord dit BB&J.
Et
en quelques mois, nous avons finalisé
les
plus de 60 ratifications. ce qui fait que cet accord aujourd'hui
est
en oeuvre.
Le
sommet de Nice, rassemblant les nations pour l'UNOC III
en
juin de l'année dernière, a permis d'accélérer ce travail plus quelques autres réalisations.
Et
la première COP sur les océans se tiendra dans quelques mois en janvier. C'est une formidable preuve
de
notre capacité à avoir des résultats concrets lorsque nous nous mobilisons et agissons ensemble.
Et
donc, ne cédons rien à la fatalité du moment. Défendons nos acquis, mais défendons aussi nos principes.
Nous
devons défendre la science indépendante et libre. Protégeons le GIEC, l'IPBES, nos scientifiques qui nous alertent, qui mesurent, qui évaluent. Restons attachés aux accords de Paris, à nos trajectoires nationales, à notre décarbonation et à l'objectif de neutralité carbone à 2050. Prenons nos responsabilités, accélérons les coopérations, l'innovation, relançons le travail sur le crédit biodiversité et mettons en oeuvre nos objectifs sur la protection des forêts et des océans.
Il
n'y a aucune fatalité que des décisions à prendre pour nous dès aujourd'hui qui sommes déjà les victimes du dérèglement climatique
et
plus encore pour nos enfants. Enfin,
ne
cédons rien
à
l'état du monde qui est en train d'émerger sur l'intelligence artificielle
et
par lequel quelques-uns voudraient nous faire croire que seuls deux puissances, les Etats-Unis et la Chine, pourraient décider ou plus exactement que quelques acteurs économiques
pourraient
décider de tout. Décider des innovations qu'ils veulent faire, décider les uns de faire une pause, les autres non, décider de savoir si les innovations qu'ils feront viendront attenter à la sécurité nationale de nos Etats, pourront demain permettre d'attaquer nos hôpitaux ou nos banques et décider aussi de ce que sera l'avenir de nos sociétés.
Non. Non. Et
nous ne découvrons pas cela.
Dès
2018,
au
sein du G7 avec nos amis canadiens, nous avons lancé le Partenariat mondial pour l'intelligence artificielle, adossant cette structure à l'OCDE pour
commencer
la discussion et la nécessité de régulation.
Lors
du Sommet pour l'Action sur l'intelligence artificielle organisé à Paris en 2025, poursuivi par l'Inde en 2026 et qui se tiendra en Suisse l'année prochaine,
nous
avons plaidé
pour
deux éléments très simples,
que
chaque région du monde puisse se doter de ses capacités propres, de calcul, de modèles LLM,
d
'écosystèmes d'intelligence artificielle
et
pour que nous puissions développer
la
possibilité d'auditer ces modèles et de ne pas être dépendants simplement de quelques acteurs privés. L'Europe, d'ailleurs, a été la première, avec l'IA Act,
à
bâtir ces principes et en particulier la capacité à auditer ces modèles. Nous devons poursuivre sur cette voie.
Et
à cet égard, je veux ici insister sur un point, notre jeunesse et nos enfants.
Nous
avons trop tardé à protéger nos enfants et nos adolescents des réseaux sociaux. Partout dans nos sociétés, nous voyons les conséquences. Baisse de la capacité à apprendre. Épidémie
d
'obésité chez les uns,
de
troubles de la santé mentale chez les autres.
Les
constats sont là
et
les éléments de corrélation sont bien établis.
C
'est pourquoi nous avons lancé à quelques-uns une grande initiative pour protéger nos enfants et nos adolescents de l'accès aux réseaux sociaux avant 15 ans ou 16 ans, selon les pays. Et l'Europe a suivi maintenant ce pas qui a décidé de lancer une régulation. Et je veux saluer ici le caractère pionnier des Australiens qui ont été les premiers à légiférer en la matière.
Nous
allons poursuivre jusqu'au bout ce combat. Mais n'attendons pas les mêmes conséquences quand il s'agira de l'intelligence artificielle. Dès maintenant, nous devons protéger nos enfants et nos adolescents à cet égard. Regardez l'impact
des
chatbots sur nos enfants.
C
'est pourquoi
nous
avons réuni avec le Kenya, l'Espagne, l'Australie, la Coalition pour les droits et la protection des enfants à l'ère de l'intelligence artificielle. Dès cet après-midi, nous la mobilisons. et
le
Forum de Paris sur la paix sera le lieu où les 10 et 11 novembre prochains, nous voulons réunir l'ensemble des gouvernements, l'ensemble des organisations, l'ensemble des acteurs publics, privés, des entreprises et des académiques qui veulent accélérer cet agenda de protection de nos enfants.
Et
je vous donne rendez-vous le 10 et 11 novembre prochain à Paris à cet égard.
Au
-delà de cela,
nous
voyons bien la course au modèle frontière qui est lancée.
Nous
devons continuer d'investir, chacun dans nos géographies, pour y participer. Et la France est fière
d
'avoir justement un acteur qui
est
dans la compétition des modèles frontières. Et nous allons continuer d'investir, d'accompagner Mistral et Haï
pour
pouvoir
tenir
notre rang et essayer
justement
d'avoir un tel modèle.
Mais
nous devons aussi bâtir des coopérations nouvelles.
Et
je souhaite très profondément que tous les Etats souverains attachés à leur indépendance, Européens, Canadiens, Brésiliens, Indiens, Donésiens, Africains, Etats du Golfe, Singapour, et j'en passe, cette coalition des indépendants que j'ai plusieurs fois évoquée, ceux au fond, qui ne veulent pas devenir les vassaux
de
l'un ou l'autre des deux grandes puissances mondiales,
se
mettent ensemble pour développer un modèle frontière open source, en mutualisant les capacités de calcul qui sont à leur disposition,
en
mutualisant leur capacité d'investissement pour bâtir un modèle frontière
d
'intelligence artificielle en open source que nous partagerions.
Nous
ne devons pas dépendre de l'un ou de l'autre et nous devons réussir à pousser justement un tel agenda par la coopération.
Enfin,
il y a des domaines sur lesquels nous devons clairement établir les nouvelles règles du jeu,
l
'intelligence artificielle dans le spatial, dans la défense, dans la cybersécurité, comme je l'évoquais, à des conséquences profondes qui touchent notre sécurité nationale.
Nous
avons lancé ce dialogue lors du G7 de juin dernier à Evian. Plusieurs ont aujourd'hui mobilisé, nous soutenons l'appel qui a été lancé par nos amis norvégiens et finlandais
et
nous voulons continuer dans le cadre du G7 en lien aussi étroit avec nos amis britanniques qui auront l'année prochaine la responsabilité du G20
à
bâtir justement un agenda de coopération
en
matière d'intelligence artificielle
pour protéger
les éléments les plus sensibles qui touchent notre sécurité nationale.
Comme
nous avons par le passé su nous mettre d'accord pour bâtir
une
architecture internationale nouvelle
quand
il s'agissait des armes chimiques ou d'autres risques, nous devons acter qu'émergent aujourd'hui des sujets quand il s'agit du spatial, de la défense, de la cybersécurité
sur
lequel nous devons reprendre le contrôle et qui impose des coopérations spécifiques et un cadre spécifique
entre
Etats membres
et
nous devons bâtir
cette
coopération et ce cadre.
là
-dessus, nous ne devons rien céder.
Voilà
les cinq principes d'action et je ne suis
sous
égard pas exhaustif, mais je vais m'arrêter là, auxquels la France croit et que je voulais aujourd'hui défendre devant vous.
Et
au fond,
sur
ces cinq points,
mon
message
est
de ne rien céder,
ne
rien céder à ce qui est en train de s'installer,
qui
est
au
fond
une
lente division du monde,
un
esprit de défaite qui s'installe
et
qui laisserait quelques-uns
dans
l'abus de pouvoir, abus de pouvoir des empires qui menacent la souveraineté des uns ou des autres, abus de pouvoir de quelques-uns qui concentrent les capacités capitalistiques et qui auraient les droits ou de polluer ou d'agréger les capacités de calcul pour tous, abus de pouvoir de quelques-uns qui voudraient concentrer les richesses.
Face
aux abus de pouvoir,
nous
devons retrouver ce qu'est la vitalité de notre organisation, ce multilatéralisme
qui
est la défense d'un intérêt commun,
d
'une justice pour tous
et
qui est au fond, par l'unité,
la
justice et la coopération, de retrouver la seule efficacité,
celle
qui permet
de
rétablir une paix juste et durable
dans
nos pays, celle qui permet
de
retrouver l'unité entre le Nord et le Sud,
celle
qui permet de rebâtir un agenda d'action en matière de climat comme en matière technologique.
Ne
cédons rien. Plus que jamais, nous avons besoin de nos nations unies et à l'heure où nous procédons au choix de notre secrétaire général,
et
je veux rendre ici hommage à l'action d'Antonio Guterres durant toutes ces années dans ce climat si dur,
il
n'a jamais rien cédé.
À
cette heure où nous avons à affronter des crises anciennes et des défis nouveaux, nous devons,
en
effet, continuer d'agir, aujourd'hui, plus que jamais,
d
'avoir le courage d'être optimiste,
de
nous mobiliser
et
d'être utile,
de
ne rien céder à l'esprit du temps
pour
toutes
et
pour tous.
Vive
les Nations Unies ! Merci.
Au
nom de
l'Assemblée Générale
qui me soit permis de remercier le Président de la République française,
l
'Assemblée
Générale
va entendre
une allocution de son Excellence Emmanuel Gonsalves,
Lourenço, Président
de la République d
'Angola.
J
'invite le
protocole à...