Florian Philippot
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:06OuverteRéponse directe
Est-ce que vous irez manifester aujourd'hui ?
- 0:32RelanceRéponse directe
Vous ne croyez pas au rapport de force dans la rue pour tenter d'obtenir le retrait d'un texte ?
- 1:16OuverteRéponse partielle
Les syndicats CGT en tête, est-ce qu'ils jouent, à votre avis, un rôle positif ou néfaste dans le mouvement actuel ?
- 1:45RelanceÉludée
Puisque vous n'avez pas de mots assez durs pour qualifier cette loi, est-ce que vous allez joindre le geste à la parole en allant défiler ou en soutenant...
- 2:30OuverteRéponse directe
J'ai vu l'un de vos dirigeants récemment, Gilles Penel, se réjouir par un tweet de la façon dont un petit patron avait cloué le bec à Philippe Martinez il y a quelques jours.
- 3:14OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez que la grève est un système archaïque ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:25Invité politiqueFait
« Vous dénoncez un projet infâme. »
- 2:18PrésentateurFait
« Or à la base de la loi El Khomri, la loi travail, il y a évidemment une recommandation forte, une exigence forte même de l'Union Européenne. »
- 3:03PrésentateurFait
« Peut-être parce qu'elle fait baisser les salaires, qu'elle fait pression à la baisse sur les salaires et le modèle social français. »
- 5:11PrésentateurFait
« C'est une exigence, évidemment. »
- 5:47PrésentateurFait
« C'est parce qu'on est dans une feuille de route déroulée, selon les exigences de l'Union Européenne, qui nous empêche de jouer sur des variables d'ajustement naturelles en économie, la monnaie, le budget, etc. »
- 8:08PrésentateurFait
« Le Front, à la minute même où il avait lu cette loi, il a été contre. Parce qu'il y a vu les 25% de majoration des heures supplémentaires qui passaient à 10%. »
- 8:16PrésentateurFait
« Que lui a toujours défendu les accords de branche et la loi, et non pas les accords d'entreprise qui créent le dumping social. »
- 8:48PrésentateurFait
« M. Juncker l'a déjà dit, le président de la commission européenne. Ça n'est qu'un commencement, c'est le minimum de ce qu'il faut faire. »
Temps de parole
- Présentateur75 %
- Florian Philippot25 %
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Le 7-9, Patrick Cohen, sur France Inter.
Bonjour Florian Philippot. Bonjour. Est-ce que vous irez manifester aujourd'hui ? Non, je n'irai pas manifester. Ce n'est pas un bourgminde d'expression ?
Ce n'est surtout pas, je pense, tout à fait ma place. Moi je suis contre cette loi. Mais c'est une expression syndicale. Enfin, je veux dire, vous savez, ce sont les syndicats qui sont à l'origine du mouvement social. Il y a des leaders politiques aussi. Oui, il peut y avoir des leaders politiques. Mais bon, moi j'ai aussi...
Vous dénoncez un projet infâme.
Le vrai changement, je pense qu'il viendra plutôt du vote et des urnes. Mais c'est bien qu'il puisse y avoir, heureusement, que cette manifestation ait été autorisée.
Vous ne croyez pas au rapport de force dans la rue pour tenter d'obtenir le retrait d'un texte ?
Je pense que ça peut être utile, bien sûr. Mais ça peut aussi être inutile. Ça dépend des contextes et des circonstances.
On a vu des cas du FN contre le mariage gay, par exemple.
Non, non, mais la manifestation, de toute façon, fait partie de la démocratie, de la démocratie sociale. Même si le gouvernement avait eu le sentiment de l'oublier ces derniers jours. Mais la manifestation est un droit, comme la grève est un droit. Et donc, il est tout à fait légitime que puisse s'exprimer une opposition à un texte. Mais ensuite, il y a le temps du vote. J'espère surtout qu'on aura la possibilité d'avoir une motion de censure au courant juillet à l'Assemblée. Et que cette fois-ci, elle pourra passer. Ce qui fera gagner à peu près un an à tout le monde et un an au pays.
Il y en a eu une, déjà, une première qui n'est pas passée. Les syndicats CGT en tête, est-ce qu'ils jouent, à votre avis, un rôle positif ou néfaste dans le mouvement actuel ?
Mais ils ont parfaitement le droit, les syndicats CGT est faux, etc. de contester une loi et d'organiser un mouvement social. Le fait même qu'on se pose maintenant la question montre quand même qu'on a dégringolé dans l'état d'esprit démocratique et républicain de notre pays.
Mais je ne vous pose pas la question sur le droit. Je vous pose la question sur est-ce qu'il joue un rôle positif ou néfaste dans le combat que vous faites votre ? Puisque vous n'avez pas de mots assez durs pour qualifier cette loi, il est assez logique que je vous demande si vous allez joindre le geste à la parole en allant défiler ou en soutenant...
Comme vous le savez, les partis politiques et les syndicats, ce n'est pas du tout la même chose. Donc on n'a pas du tout le même rôle. Eux, ils jouent leur rôle selon leur méthode et leur manière. Et je ne m'ingère pas dans leur façon de faire. Et Dieu sait que j'ai des désaccords avec la CGT dont j'estime qu'elle porte une partie de la responsabilité. Je n'oublie pas qu'elle a fait voter François Hollande. Elle aurait pu s'abstenir d'appel au vote puisqu'entre Sarkozy et Hollande, en tout cas nous c'était notre analyse, il n'y avait pas de différence et je crois qu'on a eu raison. Et puis elle n'a jamais contesté l'Union Européenne.
Or à la base de la loi El Khomri, la loi travail, il y a évidemment une recommandation forte, une exigence forte même de l'Union Européenne. Et ça je trouve que quand on ne va pas au bout de l'analyse, on manque quelque chose et on ne dit pas toute la vérité aux travailleurs français.
J'ai vu l'un de vos dirigeants récemment, Gilles Penel, se réjouir par un tweet de la façon dont un petit patron avait cloué le bec à Philippe Martinez il y a quelques jours.
Oui, il a le droit de le penser, je n'ai pas vu cet échange en particulier, mais il y a des bons arguments. Gilles Penel, c'est le chef du Front National en Bretagne. Il y a des bons arguments ici ou là, je ne suis ni l'avocat ni l'accusateur de M. Martinez, il fait son boulot comme il le veut et on ne sera pas d'accord sur beaucoup de points. Je vous l'ai dit sur l'analyse de l'Union Européenne, sur l'analyse de l'immigration aussi, je considère que la CGT et les autres syndicats n'ont jamais analysé la raison pour laquelle le grand patronat soutenait l'immigration.
Peut-être parce qu'elle fait baisser les salaires, qu'elle fait pression à la baisse sur les salaires et le modèle social français. Et cela il serait bien, tout comme la dénonciation de l'Union Européenne, que les syndicats puissent s'en saisir parce que sinon encore une fois on ne va pas jusqu'au bout.
Est-ce que vous pensez que la grève est un système archaïque ?
Personnellement je ne le pense pas, mais on peut avoir le droit de le penser. C'est la formule employée la semaine dernière par Lou Alliot. Oui mais vous voudriez qu'il y ait une... je ne sais pas, vous voudriez que...
Je vous interroge sur les modes d'action face à une loi qui provoque votre indignation.
Non mais vous êtes pour une vision assez effrayante d'un parti politique où tout le monde devrait penser la même chose à chaque instant et dire la même chose à chaque instant. Non, on a le droit de penser ce qu'on veut.
Non, c'est vous qui soulignez les divergences dans votre propre parti.
Non, c'est parce que vous m'assurgez comme si c'était incroyable.
Sauf que... Je cherche à savoir, le plan Philippot, si vous croyez dans les manifestations, si vous croyez dans la grève, si vous croyez dans les syndicats, est-ce que vous croyez à la lutte des classes ?
Je dis, je dis, monsieur Cohen... Est-ce que vous croyez à la lutte des classes ? Arrêtez avec vos questions un peu bêtes. La manifestation, la grève... C'est bête de penser ? Oui, c'est un peu bête. Excusez-moi. Est-ce que votre lecture de la société... Parce que si on ne va pas au fond des choses, on manque... On va au fond des classes. Non, je ne suis pas un marxiste. Voilà, je vous ai répondu. Maintenant, est-ce qu'il y a des intérêts divergents parfois entre les ouvriers et le grand patronat ? Oui. Mais est-ce que je mets le patron dans la même classe ? Non. Parce que je considère que les petits patrons et les grands patrons, ce n'est pas la même chose. Voilà, je vous ai répondu.
Et c'est très intéressant. Mais à partir de là, on ne va pas parler de grand-chose. Parce que ce qui compte pour les Français, c'est la loi El Khomri. C'est la loi travail. On peut faire toutes les digressions qu'on veut pour essayer de ne pas en parler. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être pour ménager le gouvernement. Mais moi, je ne veux en parler de cette loi travail.
On ne parle que de ça depuis 5 minutes.
Non, non, on parle des babales lancées par le gouvernement. Est-ce qu'il faut une manifestation statique ou pas statique ? Je vous ai parlé de ça ? Je vous ai parlé de ça ? Non, mais la CGT, quel rôle, pas quel rôle ? On s'en moque un peu. La CGT, elle existe. Elle fait ce qu'elle veut. Elle a fait beaucoup d'erreurs dans son histoire. Elle a fait des choses bien. Ce n'est pas le problème. Le problème, c'est cette loi. Cette loi travail, c'est une loi voulue par l'Union Européenne. C'est une loi quand même qui va...
Non, non, ça c'est vous qui le dites.
Si, si. Vous lisez les recommandations. Moi, je lis chaque année les recommandations de la Commission Européenne à l'économie française.
Une recommandation. Vous avez parlé des exigences tout à l'heure.
Oui, mais excusez-moi, une recommandation sous menace de ne pas valider votre budget, c'est plus qu'une recommandation. C'est une exigence, évidemment. Et quand l'Union Européenne nous dit, écoutez, à partir du moment où vous ne pouvez plus jouer sur le niveau de votre monnaie, parce que vous avez la monnaie unique, l'euro, à partir du moment où vous ne pouvez plus jouer sur les protections frontières, eh bien, vous jouez sur ce qui reste, c'est-à-dire les variables d'ajustement, le niveau des salaires, le niveau des retraites, les privatisations et la dérégulation du marché du travail. Eh bien, on y est en plein dedans.
Et je pense que c'est cette analyse-là qu'il faut faire, parce que sinon, les gens ne comprennent pas d'où viennent ces lois. Pourquoi d'un coup, il y a la loi Macron, puis la loi Macron 2, puis la loi El Khomri, et puis si c'était Sarkozy ou Juppé, ce serait strictement la même chose. C'est parce qu'on est dans une feuille de route déroulée, selon les exigences de l'Union Européenne, qui nous empêche de jouer sur des variables d'ajustement naturelles en économie, la monnaie, le budget, etc., et qui nous poussent vers d'autres variables d'ajustement qui font des dégâts sociaux.
Dans votre schéma explicatif, ce que je ne comprends pas, c'est quand certains de vos cadres ou de vos élus sénateurs veulent aller plus loin encore que ces exigences-là, quand vos sénateurs demandent la suppression du compte pénibilité, le doublement des seuils sociaux, l'encadrement de l'activité syndicale, c'est-à-dire qu'ils veulent modifier la loi travail, dans un sens plus libéral, des amendements déposés par Racheline et Ravier au Sénat, vous le savez bien.
Ah bon, M. Cohen, est-ce que vous faites votre travail sérieusement ? Vous êtes en train de dire que les sénateurs ont déposé ces amendements ?
Ils ont été publiés avant d'être retirés, effectivement. Donc qu'est-ce qu'ils ont été déposés ? Non, ils n'ont pas été déposés, mais ils ont été publiés.
Vous êtes contredit à 30 secondes d'intervalle.
Ils ont été publiés, ils n'ont pas été. Ils ont voulu, j'ai dit exactement les choses, ils ont voulu, ils ont demandé la suppression du compte pénibilité, doublement des seuils sociaux, l'encadrement de l'activité syndicale.
Eh bien non, ils ne l'ont pas demandé, puisque moi je raisonne, M. Cohen, je ne raisonne pas sur des brouillons écrits par des assistants. Ils sont pour. Non, non, ils sont contre. Ils sont contre ? Faites votre travail, écoutez les interviews de M. Racheline, ah, qu'il y a des bugs d'organisation, ça peut arriver. Ça, je vous le concède. Mais écoutez les interviews de M. Racheline et M. Ravier, et vous verrez qu'ils sont vent debout contre cette loi, et qu'il y a eu des brouillons, c'est vrai, il y a eu des brouillons faits par des assistants parlementaires, mais qui n'ont pas été déposés.
Vous savez, ce qui compte en démocratie, ce qui compte, ce sont les amendements qui sont débattus en séance. En l'occurrence, le seul amendement valable sur cette loi, c'est un amendement de retrait pur et simple. Nous nous demandons le retrait de cette loi.
Est-il exact qu'à l'Assemblée, Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen comptaient déposer des amendements de même nature et qu'ils ont été rappelés à l'ordre par Marine Le Pen ?
Non, il ne faut pas écouter ou lire tout ce qui est écrit dans une certaine presse sensationnelle. C'est faux, il n'avait pas l'intention de déposer des amendements. Non, qui vous explique que Marine Le Pen a envoyé un texto. Alors j'aimerais bien savoir comment cette presse se serait procurée sous texto. Ce serait Marion qui serait allé voir le canard enchaîné en disant « Regardez, j'ai reçu un texto de Marine Le Pen ». C'est crédible une seconde, vous croyez ?
C'est-à-dire que c'est crédible dans le sens où Marion Maréchal-Le Pen a défendu des idées autour de la loi travail qui correspondent à ces modifications demandées.
Je sais qu'on peut essayer d'ergoter, d'essayer de tout complexifier, de rendre les choses illisibles. Ce que je vois depuis le départ, c'est que le Front, à la minute même où il avait lu cette loi, il a été contre. Parce qu'il y a vu les 25% de majoration des heures supplémentaires qui passaient à 10%. Parce qu'il y a vu le dumping social avec les accords d'entreprise. Que lui a toujours défendu les accords de branche et la loi, et non pas les accords d'entreprise qui créent le dumping social.
Dans les amendements au Sénat, il y avait aussi la défense des accords d'entreprise.
Ce que j'ai vu, mais ces amendements n'ont pas été déposés. Ce que j'ai vu, c'est à l'Assemblée nationale, un vote de la motion de censure contre cette loi. Et nos députés qui disaient, même si la gauche avait réussi à déposer la motion de censure, nous l'aurions voté. Contrairement aux élus UMP qui se débinait. Voilà ce que j'ai vu. Et ça, c'est une opposition à cette loi El Khomri. Tout le reste, c'est de la mousse entretenue par le gouvernement. Et je pense que nous avons l'obligation de parler du fond de cette loi, parce qu'elle est grave, et qu'elle en annonce d'autres. M. Juncker l'a déjà dit, le président de la commission européenne.
Ça n'est qu'un commencement, c'est le minimum de ce qu'il faut faire. Mais il a aussi signifié que ça allait dans le bon sens.
Florian Philippot, invité de France Inter ce matin. D'autres questions bêtes dans quelques minutes, avec celles des auditeurs ? Si, vous avez dit que mes questions étaient bêtes.
Moi, je trouvais qu'elle était bête dans le sens où elle n'est pas dans le... A mon avis, quand on essaie de... Quand ça ne vous plaît pas, c'est bête ? Non, ce n'est pas ça, c'est quand on pose des questions qui ne sont pas dans le fond du sujet, et qu'on joue la com' du gouvernement, parce que, franchement, le gouvernement...
Mais ce n'est pas la com' du gouvernement, la lutte des classes, la CGT, la place des syndicats...
Oui, mais je vous ai répondu d'ailleurs, vous voyez, comme quoi ce n'est pas si bête que ça, je vous ai répondu. Mais, honnêtement, est-ce que c'est ça l'intérêt, quand on a 10 minutes d'interview, est-ce qu'il faut aller sur le fond... J'essaye de savoir si... Oui, ou est-ce qu'il faut aller sur le fond de ce que disent les lois qui vont être appliquées aux Français et aux travailleurs français ?
J'essaie de savoir si le Front National est d'inspiration libérale, comme il l'a été pendant 35 ans, ou s'il est devenu plutôt...
Il est d'inspiration pragmatique, voilà, ni libérale, ni pas libérale, il est simplement pragmatique, il défend une forme de colbertisme rénové en matière économique, c'est-à-dire qu'il faut laisser la liberté aux entreprises, et en même temps, la puissance publique doit exister, et doit pouvoir réguler l'économie.
Même si tous ces dirigeants ne sont pas tout à fait d'accord, mais c'est pas très grave. Mais si, ils sont d'accord. Vous nous avez dit tout à l'heure, il y a des divergences, mais c'est pas grave.
Vous l'avez dit. J'ai dit, on a le droit d'avoir son opinion sur la grève, ou pas son opinion, franchement. C'est pas grave. 8h33.
Florian Philippot