Qui gouverne la France et l'Europe ? - 3/4
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 5 %Attaque 86 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Locuteur 1Fait
« « La contre-stratégie gaullienne d'Europe indépendante sous influence française a été sabotée par les Allemands, que De Gaulle et le gaullisme ont été neutralisés en France » »
- 10:00Locuteur 1Chiffre
« « M. Sarkozy, en l'espace de 5 ans, a endetté la France de pratiquement 600 milliards d'euros » »
- 12:00Locuteur 1Fait
« « Nous avons ici une illustration parfaite du stratagème des chaînes dont je vous ai parlé. C'est que c'est très gentil de vouloir une autre Europe à la française » »
- 16:00Locuteur 1Chiffre
« « Les commissaires proches des vues américaines représentent plus de 80% du total » »
- 22:00Locuteur 1Fait
« « Le point n°4, c'était réformer complètement notre système de retraite. Le point n°5 : élever l'âge effectif de la retraite » »
- Fait
« les Français, les syndicats les faisaient descendre pour manifester contre Sarkozy et Woerth. Pas un seul tract ne disait qui a décidé la réforme des retraites. C'est la Commission européenne. »
- Fait
« les 5 plus grands syndicats français : la CGT, la CFDT, Force ouvrière, l'UNSA et la CFTC sont tous les 5 membres de la Confédération européenne des syndicats, la CES, dirigée par M. John Monks, qui est entièrement financée par la Commission européenne. »
- Fait
« la CGT n'a plus rien à voir avec ce qu'était la CGT des années 60. »
- Fait
« les leaders syndicaux vivent très confortablement. »
- Fait
« la CGT, la CFDT, FO, l'UNSA et la CFTC sont en fait les relais de la construction européenne. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Alors la sixième question bête : puisque la contre-stratégie gaullienne d'Europe indépendante sous influence française a été sabotée par les Allemands, que De Gaulle et le gaullisme ont été neutralisés en France, eh bien qu'est-ce qu'il s'est passé ? Eh bah il s'est passé ce que nous constatons, ce que nous constatons maintenant. C'est-à-dire une tour de Babel ingérable devenue un glacis géopolitique américain. Et nous sommes en route vers le désastre absolu de notre nation. Je ne veux pas jouer les prophètes de l'Apocalypse. Mais tous les Français comprennent que les choses vont de plus en plus mal.
Tous les Français comprennent qu'il y a des choses qu'ils ne comprennent plus, qu'ils ne se reconnaissent plus dans leur propre pays. C'est cette guerre invisible, cette guerre inconnue dont parlait François Mitterrand que je vous ai décrite en long, en large et en travers depuis maintenant le début de cette conférence pour essayer de vous faire comprendre ce qui se passe. Et ça nécessite du temps pour le comprendre, parce que c'est une espèce de guerre nouvelle d'un type totalement nouveau. Il faut donc du temps pour le comprendre. Nous avions l'Europe des 6 en 1962. L'Europe des 9 en 1973, après l'entrée du Royaume-Uni, de l'Irlande et du Danemark.
Vous voyez, dans l'Europe des 6, la France était au centre des opérations. Avec l'Europe des 9, l'Europe se tourne vers le nord. Avec l'entrée de la Grèce, en 1981, puis l'entrée de l'Espagne et du Portugal, elle se rééquilibre vers le sud. Mais à chaque fois... La France, dans l'Europe des 12, elle pèse évidemment moitié moins que dans l'Europe des 6, surtout avec des grands pays entrés comme – par exemple – l'Espagne, le Royaume-Uni. Et puis l'Europe des 15 en 1995 avec la Suède, la Finlande et l'Autriche. Insensiblement, on va voir les pays anglophones ou ayant recours facilement à la langue anglaise se substituer à la France et à la langue française.
Et puis après l'Europe des 15 en 1995, on passe à l'Europe à 25 en 2004 avec 10 nouveaux pays de l'Est parce qu'à chaque fois, les États-Unis sont là pour faire entrer, faire entrer, faire entrer de plus en plus d'États. Et puis après, c'est l'Europe à 27 en 2007, avec l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie. En attendant l'Europe à 29 dans quelques mois... Nous sommes en avril 2012. Vous savez que la Croatie – ça y est. C'est fait. C'est décidé – va entrer dans l'Europe dans quelques mois. Ça sera le 28e. La Macédoine sera le 29e État. Il y a la Bosnie, l'Albanie qui sont sur les rangs. Et puis également la Moldavie. Et puis également l'Arménie, la Géorgie.
Et la Turquie, qui entrera probablement avant 2020. Ça sera l'Europe à 30. L'Europe à 33 avec peut-être l'Ukraine, la Géorgie et l'Arménie. Et à chaque fois, les États-Unis sont derrière pour faire entrer le maximum d'États. Vous comprenez à quel point, d'ailleurs, le bobard que l'on vous raconte sur le fait que l'union fait la force est une monstruosité. Il y a d'ores et déjà dans l'UE à 27... Nous sommes déjà 500 millions de personnes. Les États-Unis ont 308 millions d'habitants.
Si, effectivement, il fallait avoir le plus grand nombre d'habitants possible pour peser, alors les Américains feraient tout pour empêcher que l'UE se développe et ils feraient entrer dare-dare le Canada, le Mexique, le Venezuela, le Panama, le Costa Rica dans les États-Unis d'Amérique. Pas du tout ! C'est pas du tout ce qu'ils font ! Le long du Rio Grande, dans la frontière entre les États-Unis et le Mexique, ils tirent à vue sur les Chicanos qui veulent entrer aux États-Unis d'Amérique. Vous le savez, c'est une des frontières les plus dangereuses du monde.
Donc si les Américains ne veulent pas fusionner avec le Mexique alors qu'ils imposent à l'Europe d'accroître de plus en plus, ça veut bien dire là aussi qu'il y a une stratégie derrière qui est celle que je vous ai décrite. Il n'y a aucun autre moyen de vous expliquer ce qui se passe. Alors ce qui se passe aujourd'hui, c'est ça. Il y a 27 États dans l'UE. Je n'aurai pas l'impudence de vous demander, d'ailleurs, de me décrire tous ces États parce que la grande majorité des Français ne le savent même plus.
Il y a 27 États et il y a 23 langues officielles : l'allemand, l'anglais, le bulgare, le danois, l'espagnol, l'estonien, le finnois, le français, le grec, le hongrois, l'irlandais, l'italien, le letton, le lituanien, le maltais, le néerlandais, le polonais, le portugais, le roumain, le slovaque, le slovène, le suédois et le tchèque. Il y a désormais trois alphabets : l'alphabet romain, ελληνικό αλφάβητο : l'alphabet grec, кирилица qui est l'alphabet cyrillique introduit par la Bulgarie. Et 23 langues officielles, si vous êtes mathématicien, vous saurez que ça donne 506 combinaisons possibles de traduction. Avec des coûts de traduction phénoménaux.
Et comme vous le savez sans doute, on peut trouver facilement des interprètes français/anglais ou français/allemand. Ça, ça court les rues. Mais en revanche, trouver un interprète letton/finnois ou bien bulgare/néerlandais ou encore maltais/roumain, c'est déjà beaucoup plus difficile. Donc qu'est-ce qui se passe ? Eh bien on passe par l'intermédiaire de l'anglais. Et puis progressivement, l'anglais devient ce que les linguistes appellent une koinè. C'est-à-dire la langue vernaculaire. En 1962, lorsque De Gaulle dénonçait le fédérateur extérieur, dans l'Europe des 6, il n'y avait que 4 langues officielles : le français, l'allemand, l'italien et le néerlandais.
L'anglais n'existait pas puisqu'il n'y avait pas l'Angleterre. En 1962, 80 % des documents de la CEE étaient en français. C'est la raison pour laquelle De Gaulle pouvait encore imaginer d'avoir une Europe française. Qu'est-ce qu'il en est devenu ? Eh bien voici l'évolution de la langue de rédaction d'origine des documents à la Commission. En bleu, ce sont les documents en français. En rouge, c'est en anglais. Donc je vous ai dit : en 1962, le bleu représentait à peu près 80%. En 1996, nous étions tombés à 38%, tandis que les documents en anglais représentaient 46%. Et puis vous voyez quelle a été l'évolution depuis les 16 dernières années, notamment avec l'élargissement. Bah oui.
Parce que tout le monde préfère parler en anglo-américain. Donc désormais, la France est tombée... En 2007, on était à 12%. On a dû tomber maintenant à environ 7 ou 8%. L'allemand et les autres langues sont encore plus basses. Et l'anglo-américain, c'est plus de 90% des documents. En d'autres termes, le piège se referme inexorablement. Il ne peut pas y avoir d'autre Europe qu'une Europe américaine. La langue de travail de l'Union européenne devient exclusivement l'anglo-américain. La langue française subit une véritable déroute. Or, imposer sa langue, c'est imposer ses valeurs et sa vision du monde.
Vous avez vu, d'ailleurs, qu'on a reconnu en France que l'on pouvait déposer en France des brevets en langue étrangère, notamment en anglais. La pelote de fil qu'on va dérouler derrière, c'est que si on peut déposer des brevets en langue anglaise en France, ce qui viole rien moins que le traité de Villers-Cotterêts de François Ier de (NDLR : 1539) qui imposait que tous les actes officiels en France fussent en français... Donc on revient sur 4 siècles d'histoire ! On va déposer des brevets, désormais, en anglais en France.
Et si les brevets sont – en France en anglais – déposés, il faudra bien qu'il y ait des avocats qui puissent négocier ou traiter de ces brevets en langue anglaise en France ! La débandade du français dans les instances européennes est corrélée à la débandade de la stratégie de la France en Europe et de sa place dans le monde ! C'est pour ça que ce dont je vous parle... Les gens disent : « Ah ! Vous êtes un nostalgique. Vous êtes ci. Vous êtes ça ». Non ! Maintenant, nous sommes attaqués. C'est une guerre à mort, comme a dit François Mitterrand après 14 années à l'Élysée. Alors il faut ajouter à cela ce phénomène burlesque de ce stratagème des chaînes dont je parlais tout à l'heure.
Ça, c'est l'inflation normative communautaire. C'est le rythme de prolifération exponentiel – je dirais presque cancéreux, métastatique – du nombre de réglementations européennes. Ici, nous avons le nombre de pages au journal officiel des communautés européennes. Donc le nombre de pages des règlements. Vous voyez qu'entre 1957 et 1969 – départ de De Gaulle, d'ailleurs –, on était restés à quelques centaines de pages au total. Et vous voyez quelle est l'évolution avec les nouveaux traités qui ont transféré de plus en plus de pouvoir et les élargissements. Actuellement, nous avons en 2011 250 000 pages de réglementations européennes.
Actuellement, la réglementation européenne s'accroît d'environ 100 pages de plus par jour ouvrable. C'est-à-dire 12 pages supplémentaires par heure de travail. Une page de plus toutes les 5 minutes. Alors d'ailleurs, les Français disent : « On n'en peut plus de ces réglementations qui tombent sur les PME, sur les artisans, etc. On n'en peut plus de ces énarques ». C'est pas des énarques qui font la réglementation en France. Faut arrêter. Les lois, les règlements, désormais, ça vient essentiellement de l'Union européenne. D'ailleurs, en France, on est dirigés... Il n'y a plus d'énarques. Enfin, je veux dire : Sarkozy n'est pas énarque, M.
Fillon n'est pas énarque, Mme Lagarde n'était pas énarque, M. Baroin, aux Finances, n'est pas énarque. M. Thierry Breton n'était pas énarque. Mme Morano n'est pas énarque. Donc on entretient les Français dans l'illusion qu'ils seraient victimes d'une espèce de technostructure délirante française. Je ne dis pas qu'il n'y a pas des critiques à faire. Mais fondamentalement, ce que l'on cache aux Français, c'est ça. C'est qu'en fait, l'immense machine bureaucratique qui nous tombe dessus, ça vient de Bruxelles. D'ailleurs, voici l'armée mexicaine. Ce que j'appelle l'armée mexicaine, c'est... En matière de diplomatie, par exemple. Qui va s'occuper de politique étrangère maintenant ?
Eh bien vous avez M. Van Rompuy, nouveau président permanent du Conseil de l'UE. Je dis nouveau parce que vous savez que c'est une innovation du traité de Lisbonne. On avait dit au moment de la Constitution européenne : « Il faut que l'Europe parle d'une seule voix », comme si le problème de l'Europe était qu'il manquait une voix. C'est pas le problème. Si l'Europe est en permanence conflictuelle, c'est parce qu'elle se télescope les 27 intérêts nationaux divergents. Donc dire qu'il fallait qu'il y ait un bonhomme qui représente l'Europe, c'est se moquer du monde, parce que si on donne un bonhomme qui devient président permanent du Conseil de l'UE, qu'est-ce qu'il va se passer ?
Eh ben il va se passer que les chefs d'État et de gouvernement vont s'ingénier pour nommer à ce poste quelqu'un qui est un paltoquet, pour qu'il ne fasse d'ombre à personne. C'est ce qui se passe à l'Organisation des Nations unies. À l'ONU, tous les États ont des intérêts nationaux tellement divergents qu'ils nomment comme secrétaire général de l'ONU quelqu'un qui s'envole au moindre souffle de vent. Vous avez vu M. Ban Ki-moon, qui est le secrétaire général de l'ONU... On n'a jamais vu un secrétaire général de l'ONU aussi couleur de muraille, évanescent alors que, pourtant, la concurrence était rude. C'est pareil. À l'UE, on a nommé M. Van Rompuy, cet hurluberlu.
Tout le monde s'en fiche, d'ailleurs, de ce qu'il a été nommé. Mais il s'occupe de politique étrangère. Et il est le président du Conseil de l'UE. Il est flanqué d'une ministre des Affaires étrangères de l'UE qui, paraît-il, devait donner plus de poids à l'UE, qui est Mme Catherine Ashton, qui était une travailliste. Et puis comme vous le savez, l'Angleterre est une monarchie aristocratique. Et donc, comme elle avait bien manœuvré, elle a été anoblie par la reine d'Angleterre. Elle est devenue Lady Catherine Ashton of Upholland. Elle est baronne. C'est une baronne travailliste. Comme je le dis souvent, à quand les duchesses marxistes léninistes ?
Cette baronne travailliste, elle est la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Elle est – de notoriété publique – totalement incompétente. Mais ce qui est certain, c'est qu'elle est complètement alignée sur les intérêts américains et atlantistes. Et puis faut y ajouter M. Barroso, le président de la Commission européenne qui s'occupe aussi d'affaires étrangères. Donc ceux-ci, ce sont déjà trois personnes qui s'occupent d'affaires étrangères au sein de la Commission européenne ou du Conseil. Mais il faut y ajouter d'autres personnes. Il faut y ajouter M.
Juncker, le Luxembourgeois, qui est le président de l'Eurogroupe qui s'occupe des questions monétaires internationales. Et il passe son temps à aller se rencontrer avec ses homologues. Il faut y ajouter cette curiosité. C'est qu'il y a un président non tournant de l'Europe. Il est nommé pour 2 ans et demi. Mais il y a un président tournant qui subsiste qui est celui qui change tous les 6 mois puisque tous les 6 mois, il y a un changement du pays qui fait la présidence du Conseil. Alors au lieu de supprimer ce poste – puisqu'on avait créé un poste de 2 ans et demi –, on l'a maintenu avec des prérogatives inférieures.
Donc vous avez un président qui tourne tous les 6 mois et un président du Conseil qui tourne tous les 2 ans et demi. On dirait un petit peu, vous savez, le système solaire... Les calculs d'astrologie pour savoir les planètes, à quels endroits elles en sont. Et puis n'oubliez pas qu'il faut y ajouter aussi les chefs d'État et les chefs de la diplomatie des autres pays. En France, par exemple, nous avons le président de la République française : M. Sarkozy, en ce 27 avril 2012 et M. Juppé, ministre des Affaires étrangères. Figurez-vous qu'ils font de la politique étrangère. C'est d'ailleurs l'un des intérêts principaux de la fonction de président de la République.
Et c'est l'intérêt exclusif du rôle de ministre des Affaires étrangères. Si on voulait que l'Europe parle d'une seule voix, il faudrait supprimer purement et simplement le poste de ministre français des Affaires étrangères. À quoi ça sert de le maintenir si on veut que l'Europe parle d'une seule voix ? Si on le maintient, c'est bien parce que la France a des intérêts nationaux qu'elle ne peut pas ignorer. Et il n'y a pas que la France, puisque Mme Merkel, la chancelière allemande, fait de même avec le ministre allemand des Affaires étrangères. D'ailleurs, je vais vous poser une petite question. Qui est le ministre allemand des Affaires étrangères ? Comment s'appelle-t-il ?
C'est quand même assez curieux. Nos ancêtres, nos parents, nos grands-parents, en 1935, si on leur disait : « Qui est le ministre des Affaires étrangères allemand ? », ils le savaient. Il s'appelle M. Ribbentrop (NDLR : il est ministre des AE de 1938 à 1945). Si on leur demandait qui était le ministre des Affaires étrangères anglais, ils le savaient aussi. M. Chamberlain (NDLR : de 1924 à 1929). Maintenant, on ne sait même plus. Alors on sait quel est le ministre des Affaires étrangères américain. Mme Hillary Clinton. Mais on ne sait même plus quel est le nom des ministres des Affaires étrangères, pour même pas dire le nom des chefs de gouvernement des États d'Europe.
C'est très intéressant comme remarque. Ça veut dire que loin... La construction européenne est censée nous rendre plus proches. Elle nous rend de plus en plus éloignés et indifférents les uns des autres. Le ministre des Affaires étrangères allemand s'appelle M. Guido Westerwelle. Il nous tire la langue sur cette photo. Il faut y ajouter le Premier ministre britannique et le ministre des Affaires étrangères britannique, qui s'appelle M. William Hague. Il faut y ajouter le Premier ministre espagnol : monsieur... Il s'appelle comment, d'ailleurs, le Premier ministre espagnol ? M. Rajoy. Et M. Garcia, qui est le ministre des Affaires étrangères espagnol. Il faut y ajouter M.
Mario Monti, le président du Conseil italien et M. Terzi di Sant'Agata, qui est le ministre des Affaires étrangères italien. Il faut y ajouter aussi le président polonais, le Premier ministre polonais M. Tusk. Il faut y rajouter le président Gasparovic de Slovaquie le président de Roumanie, M. Václav Klaus de République tchèque, leurs ministres des Affaires étrangères, etc., etc., etc.
Bref, si l'on additionne le nombre de chefs d'État, de chefs de gouvernement, de ministres des Affaires étrangères, de ministres des Affaires européennes plus les dirigeants des institutions européennes qui sont tous censés s'occuper des Affaires étrangères et qui sont tous censés parler d'une seule voix, eh bien nous parvenons exactement à plus de 100 responsables gouvernementaux qui parlent 23 langues différentes et qui sont tous censés parler d'une seule voix ! Voilà comment marche l'UE. Plus exactement comme elle ne marche pas. L'autoblocage est parfait.
C'est celui qui a été réfléchi, médité dès la fin de la Seconde Guerre mondiale par les États-Unis d'Amérique et qui parvient à quelque chose d'absolument convaincant. « Nous faisons bon accueil à une Europe vraiment unie », comme le disait George Bush à l'université de Varsovie le 15 juin 2001. En effet, ils ont de quoi rigoler. Il y a de quoi éclater de rire de voir les États-Unis qui nous forcent à intégrer de plus en plus d'États. Et plus on intègre d'États, et plus nous sommes ligotés dans un truc qui est ingérable. Et nous sommes en train de disparaître comme acteurs de l'Histoire. D'ailleurs, jamais depuis le Moyen-Âge les pays d'Europe n'ont pesé aussi peu qu'actuellement.
Il y a 7 ans, M. Sarkozy, dans le journal Libération, le 22 avril 2005, avait fait cette confidence : « Si vous votez non », au référendum de 2005, « ça ne vous fera même pas plaisir. Vous allez garder l'Europe telle qu'elle est. Et vous allez continuer à mourir. Ou alors votez oui. De toute façon, ça ne peut pas être pire qu'aujourd'hui. Vous voulez changer d'Europe ? Votez oui ». Alors moi, de cette déclaration je retiens plusieurs choses. Quand M. Sarkozy dit : « Si vous votez non, ça ne vous fera même pas plaisir », il ment. Moi, j'ai voté « non ». Ça m'a fait très plaisir, d'autant plus que 55% des Français ont voté non.
Ensuite, quand il disait en 2005 : « De toute façon, ça ne peut pas être pire qu'aujourd'hui », il mentait, puisque la situation en 2012 est beaucoup plus grave qu'elle n'était en 2005. Et d'ailleurs, si nous continuons comme ça, en 2019, elle sera encore beaucoup plus grave qu'en 2012. Mais surtout, ce que je retiens de tout cela, c'est que M. Sarkozy, qui n'était pas encore président de la République à l'époque, il le savait. Il savait ! « Vous allez garder l'Europe telle qu'elle est. Vous allez continuer à mourir. De toute façon, ça ne peut pas être pire qu'aujourd'hui ». Voilà ce que disent en confidence nos dirigeants. Alors là, je cite M.
Sarkozy mais je peux vous assurer que dans les allées du pouvoir, à l'UMP, au PS, au MoDem, tout le monde, les hauts fonctionnaires, les dirigeants politiques savent que c'est une catastrophe. Ils le savent parfaitement. Combien j'ai vu de gens, par exemple de hauts fonctionnaires ou de dirigeants dire : « Depuis l'élargissement de 2004, depuis qu'on est passés de 15 à 25 puis 27, ça ne marche plus du tout. On n'aurait jamais dû faire cet élargissement ». J'ai entendu plusieurs ministres, des hauts fonctionnaires me dire tous la même chose. Et quelle est la conclusion qu'ils en tirent ? On va passer de 27 à 28 avec l'entrée de la Croatie.
C'est-à-dire qu'ils font le diagnostic qu'on n'aurait jamais dû faire cet élargissement. Et ils laissent procéder à une nouvelle adhésion, ce qui prouve qu'ils n'ont plus les manettes. Ce qui prouve que ceux qui décident, ce sont d'autres qu'eux. Il n'y a plus en France quelqu'un qui décide de l'avenir de la maison France. La stratégie nous a été volée. Alors la question, c'est que tous les dirigeants européens savent pertinemment que l'Europe à 27 est ingérable et qu'elle nous conduit au désastre. Ils le savent ! Ils le savent ! Alors pourquoi le cachent-ils au peuple ? Eh bien tout simplement parce qu'ils manquent de courage, que ce sont des carriéristes.
Ils savent que s'ils l'avouaient en public, ils seraient aussitôt diabolisés dans les médias qui sont verrouillés par les intérêts euro-américains. C'est d'ailleurs ce qui m'est arrivé, puisque je me suis retrouvé dans un placard administratif à partir du moment où j'ai commencé à dire ce qui était la vérité. Alors la septième question bête : qu'est-ce qui assure aux Américains qu'ils continueront à être le syndic extérieur de l'immeuble Europe ? Eh bien la réponse, c'est l'infiltration de la Commission européenne par les relais d'influence américains. Le président de la Commission européenne, j'en ai déjà parlé, c'est M. Barroso, qui est portugais. M. Barroso, quand il était jeune...
En 1974, il était étudiant. Il était président de l'Union des étudiants maoïstes. En 1974, il y a la révolution des Œillets – comme on a dit – au Portugal. Sans doute, d'ailleurs, les Américains étaient peut-être un peu derrière. C'est pas impossible. La révolution des Œillets, la révolution du Jasmin, la révolution des Roses, etc., la révolution orange... Tout ça, ça sent un peu toujours la même pâte qu'il y a derrière. En attendant, ce sont quand même des militaires portugais qui se sont révoltés contre le gouvernement Sá Carneiro qui était le gouvernement dictatorial, le successeur de Salazar. Et donc ils réintroduisent la liberté des partis politiques.
Et parmi les partis politiques, il y a le Parti communiste portugais, inféodé à Moscou et au KGB. Les Américains prennent peur, parce qu'on est en 1974. On est pendant cette décennie 70 où l'Union soviétique va marquer beaucoup de points. En 1975, il y aura le Vietnam, le Cambodge, le Laos qui tomberont – si j'ose dire – dans l'escarcelle du camp socialiste. Donc les Américains prennent peur. Ils ont peur que le Portugal bascule dans le camp socialiste. Or, le Portugal, c'est notamment la base militaire des Açores qui est une base tout à fait stratégique.
Donc les Américains décident d'envoyer un ambassadeur de choc qui s'appelle Frank Carlucci, qui – en dépit de son nom – est américain et qui est un agent de la CIA. On le sait de façon certaine puisqu'après avoir été ambassadeur à Lisbonne, il a été directeur général adjoint de la CIA de la centrale de Lengley. Et Frank Carlucci arrive pour empêcher la prise de pouvoir par le PCP, par le Parti communiste portugais. Et selon le théorème : « Les ennemis de nos ennemis sont nos amis », eh bien il repère très vite Barroso qui est le président de l'Union des étudiants maoïstes.
D'ailleurs, beaucoup de mouvements maoïstes ont toujours été proches des intérêts américains puisqu'ils étaient les principaux opposants à gauche des partis communistes qui étaient inféodés à Moscou. J'ai parlé tout à l'heure de Cohn-Bendit qui était maoïste. J'aurais pu parler de Serge July, d'Edwy Plenel – directeur du Monde –. C'est pas moi qui en ai parlé. C'est Gilles Ménage, ancien directeur de cabinet du président Mitterrand qui, dans un prétoire de la République, a dit : « M. Edwy Plenel est un agent de la CIA ». Ça a fait un scandale. On a dit que M. Ménage déménageait – si j'ose dire –, qu'il avait perdu l'esprit.
Mais en attendant, Edwy Plenel a quand même quitté la direction du journal Le Monde. En attendant donc, l'ambassadeur américain repère Barroso et va en faire un protégé des intérêts américains. Le jeune José Barroso, à l'époque président de l'Union des étudiants maoïstes, va d'un seul coup bénéficier de fonds d'une bourse de la fondation Volkswagenwerk pour aller faire des études à Genève pendant quelques mois. Et ensuite, il traverse l'Atlantique. Il devient boursier de l'OTAN pour aller faire des études à Georgetown University.
Alors c'est quand même assez fort quand vous êtes président de l'Union des étudiants maoïstes de vous retrouver un an et demi après boursier de l'OTAN pour aller à Washington à Georgetown University, qui est un peu l'équivalent de l'ENA américaine. Une ENA où on formerait également les agents de la CIA puisque beaucoup d'anciens de la CIA ont été profs à Georgetown et réciproquement. Et puis après, on va orchestrer, les Américains vont commencer à orchestrer la montée en puissance de la carrière de M.Barroso selon la théorie américaine de la « self-fulfilling prophecy », c'est-à-dire de la prophétie autoréalisatrice. Donc M. Barroso va entrer, va commencer à faire de la politique.
Et il va se pointer au congrès de Davos, au sommet de Davos. Et d'un seul coup, tous les journaux européens, américains, etc., journaux économiques, vont tous faire le même type de papier en disant : « Il y a une étoile montante extraordinaire au Portugal. Un type (smack) fantastique qui est vraiment... Ça sera probablement un jour le Premier ministre du Portugal. Donc à force de dire ça, eh bien on entretient une espèce d'image qui s'entretient, qui s'entretient, qui s'entretient jusqu'à devenir réalité. On a vu ça récemment, d'ailleurs, en France. Avec une espèce d'orchestration sur le thème que M. Dominique Strauss-Kahn était un type fantastique en matière économique et financière.
Que c'était... On pouvait pas se passer de ses talents. Alors que les talents de M. Strauss-Kahn, j'aimerais qu'on me les montre. Aussi bien quand il était à la tête de la France qu'au FMI. Mais tout le monde, même à droite, répétait comme ça, comme si l'idée venait d'eux-mêmes. « Ah oui, c'est dommage. M. Strauss-Kahn, quand même... C'est vraiment un type très fort en matière économique, financière ». Mais ils n'avaient pas de bilan pour cela. Donc c'est ce qu'on a fait avec M. Barroso. À force de le dire, c'est devenu un fait. Donc M. Barroso a fini par devenir Premier ministre portugais. Et il est resté célèbre dans son pays pour un scandale.
Alors qu'il était Premier ministre, il a voulu, en 2003, vendre de gré à gré la société nationale de pétrole du Portugal, c'est-à-dire un des joyaux du patrimoine public portugais... Pour ceux d'entre vous qui ne savent pas ce que ça veut dire, ça veut dire : « Eh ben je décide de le vendre à qui je veux au prix que je veux ». C'est un peu comme si le président de la République française décidait de vendre le château de Versailles pour 15 000 € à un copain. Non. D'abord, on ne vend pas le château de Versailles. C'est le patrimoine public. Et secondement, si on veut vendre une société publique, au moins, on doit mettre ça aux enchères.
Et qu'il y ait le maximum de gens qui enchérissent pour vendre le plus cher possible. Non. Là, c'était la vente de gré à gré. Et à qui a-t-il voulu la vendre de gré à gré ? Au groupe Carlyle. Le groupe Carlyle dirigé par Frank Carlucci, lequel Frank Carlucci, après avoir été ambassadeur des États-Unis à Lisbonne en 1974 était devenu directeur général adjoint de la CIA puis termine maintenant sa carrière comme directeur général du fonds Carlyle, qui est un fonds d'investissement qui gère la fortune de la famille Bush, qui est une famille texane que vous connaissez peut-être. Vous connaissez pas la famille Bush ? Et qui est copine avec une famille saoudienne qui s'appelle ben Laden.
Et donc le fonds Carlyle gère les avoirs financiers de la famille Bush et de la famille ben Laden. Alors comme cela a fait scandale à l'époque, les députés – notamment du Parti communiste portugais – ont fait scandale. Eh bien l'affaire ne s'est pas faite. Il y a eu des élections. Et Barroso a été chassé par les Portugais. Chassé par la porte, il rentre par la fenêtre puisqu'il a été nommé par les dirigeants européens président de la Commission européenne en 2005. Donc ça fait maintenant 7 ans qu'il est président de la Commission européenne. Et tout le monde sait, dans les allées du pouvoir, que c'est un homme qui est très très proche des intérêts américains.
Le président de la Commission européenne a ce pedigree. C'est quelqu'un qui a beaucoup plus d'influence sur notre vie que le président de la République française que les Français élisent en croyant qu'ils élisent quelqu'un qui a du pouvoir. Dans cette petite galerie de portraits que je vous propose, je vous propose de jeter un œil sur cette dame, commissaire néerlandaise, commissaire européenne qui s'appelle Neelie Kroes. Elle est actuellement chargée de la société numérique. Mais dans la commission précédente où elle figurait déjà, elle était chargée de la concurrence où elle avait un poste tout à fait éminent. Elle avait un poste tout à fait éminent.
On l'a vu en 2005 lorsque le Premier ministre français de l'époque, M. De Villepin, a été confronté à l'affaire Arcelor-Mittal. Vous savez qu'Arcelor, c'est la sidérurgie française. Plus exactement franco-luxembourgeoise. Et qui a été rachetée par une société anglo-indienne avec M. Lakshmi Mittal, qui est un Indien à la tête de cette entreprise. Donc M. De Villepin, à l'époque, avait dit – il avait d'ailleurs 75% de la population française qui le soutenait – qu'il fallait garder Arcelor dans le giron franco-luxembourgeois, qu'il fallait rétablir du patriotisme économique et qu'il avait décidé de prendre un décret anti-OPA pour protéger les secteurs les plus sensibles des rachats étrangers.
J'étais à l'époque délégué général à l'intelligence économique au ministère des Finances. Et on avait commencé à me saisir ou me demander mon avis, venant de Matignon. Ça n'a pas duré 48 heures puisque Mme Kroes, commissaire chargée de la concurrence, qui était en voyage à Londres, a immédiatement – ayant eu vent des informations venant de Paris – convoqué la presse pour dire ceci : « Confrontés à l'insécurité et à une perte de confiance collective, certains politiques sont prompts à rechercher des politiques régressives de repli sur soi.
Ils veulent protéger des champions et des marques nationaux – ou même européens – des assauts du marché mondial pour relancer les canards boiteux de l'industrie. Nous ne pouvons pas nous permettre d'être complaisants face à la résurgence actuelle de la rhétorique protectionniste. Le risque est à la fois réel et urgent ». Donc la commissaire européenne s'est indignée que l'on puisse protéger des champions industriels nationaux et même européens ! Le fait que l'Europe protège une sidérurgie franco-luxembourgeoise est apparu comme un scandale. Il fallait absolument jouer le jeu du marché. Et donc que ça tombe aux mains d'une entreprise anglo-indienne. C'est comme ça que ça se passe à l'UE.
Le résultat, c'est que c'était le 14 septembre 2005. Elle a traversé le Channel. Elle est venue dire à M. De Villepin que son projet de décret devait être mis au panier, ce qui a été le cas. D'ailleurs, c'était contraire aux traités européens. Alors qui est cette dame qui a eu ce pouvoir de faire plier le Premier ministre français qui, sur ce dossier-là... Je suis pas là pour chanter les charmes de M. De Villepin dont je n'oublie pas que, par ailleurs, il a été le ministre des Affaires étrangères au moment de la Constitution européenne, qu'il a approuvée. Il a approuvé le principe de la Constitution européenne. Il a ensuite approuvé le principe de traité du Lisbonne.
Donc que l'on ne se méprenne pas sur mes propos. Mais moi, je dis ce qui est vrai. Et donc là, en l'espèce, M. De Villepin était soutenu par 75% des Français. Et donc qui est cette dame qui a eu ce pouvoir ? Eh bien c'est une Néerlandaise qui, avant d'être commissaire européenne, émargeait dans 40 conseils d'administration, essentiellement américains, de sociétés américaines. Avec notamment PricewaterhouseCoopers, qui est un cabinet d'audit et de consultance qui est un des paravents des services secrets américains. De source sûre je le sais. Deuxièmement de McDonald's. Parmi beaucoup d'autres ! Alors elle était, je crois, dans le conseil d'administration de Thales, une entreprise française.
Alors certains Français se rassurent en disant : « Mais elle était dans le conseil d'administration de Thales ». Ça veut rien dire. Ça veut pas dire... Thales, c'est une société d'origine française. Le capital duquel il y a des fonds d'investissement de nombreux pays, notamment américains... Mais surtout, elle était au conseil d'administration de sociétés du complexe militaro-industriel américain. Notamment Lucent Technologies et également Lockheed Martin qui fabrique les F-16. Lockheed Martin dont le slogan – baseline, comme on dit en américain – : « We never forget who we're working for ». Ça veut dire : « Nous n'oublions jamais pour qui nous travaillons ».
Bah écoutez, c'est formidable d'avoir au moins cette devise quand on est commissaire chargée de la concurrence. Alors pour peaufiner le pedigree de cette dame qui a fait plier M. De Villepin, qui a fait plier un Premier ministre de la République qui bénéficiait d'une majorité au Parlement et qui bénéficiait sur ce sujet de l'appui de 75% des Français, il faut savoir que Mme Neelie Kroes a été mouillée par un scandale qui était dans ses liens avec un monsieur qui s'appelle Jan-Dirk Paarlberg, qui était son amant. Et ce M. Paarlberg est un membre de son parti politique : le Parti populaire pour la liberté et la démocratie.
Jusque là, on s'en fiche complètement qu'elle ait eu des relations intimes avec l'un des membres de son parti politique. La question n'est pas là. La question, c'est que les tabloïds néerlandais ont découvert que ce type était membre de l'organisation criminelle d'un certain Willem Holleeder, l'ennemi public n°1 aux Pays-Bas, qui s'était spécialisé dans les extorsions de fonds, les faux et usages de faux, le blanchiment d'argent sale et les enlèvements crapuleux, notamment celui de papy Heineken, Freddy Heineken, 80 ans (NDLR : il en avait 60 lors de l'enlèvement), l'héritier des brasseries Heineken. Alors c'étaient des mauvaises fréquentations, dira-t-on. Ça peut se limiter à ça. Oui.
Sauf que ce que l'on a découvert par ailleurs, c'est que Mme Neelie Kroes avait menti sur la déclaration de son patrimoine personnel. Lorsqu'elle est devenue commissaire européenne, il faut déclarer le patrimoine que l'on a. Elle l'a déclaré. Et lorsque la police néerlandaise a fait des recherches, elle a découvert qu'elle avait plusieurs immeubles de bureau à Rotterdam qu'elle n'avait pas déclarés dans son patrimoine. Donc on lui a demandé : « Madame, comment avez-vous fait pour financer ces plusieurs immeubles de bureau à Rotterdam ? », qui est une des grandes villes des Pays-Bas, comme vous le savez. Et Mme Kroes a dit : « Je me rappelle plus ». Non mais elle avait un trou de mémoire.
Ça peut arriver. Tout le monde a 3, 4 immeubles de bureau. Moi, j'en ai 4, 5 à la Défense. Je sais plus très bien comment je les ai financés. C'était se foutre du monde, évidemment. Mme Kroes a donc été soupçonnée d'avoir directement participé à des opérations de blanchiment d'argent sale. Je me permets d'insister, hein, parce que ce qui est en train de se passer avec cette construction européenne où l'on manie des sommes de plus en plus colossales avec interdiction d'être contre, avec interdiction de critiquer, avec par ailleurs une complexité des circuits qui fait que 99,9% des peuples se désintéressent.
Vous avez un mérite extraordinaire de m'écouter, parce que ce que je vous dis est extraordinairement ennuyeux. Tout ce qui touche à l'Europe est emmerdant comme la pluie. C'est ça, la vérité. Et c'est fait pour, parce que pour la première fois dans l'histoire des peuples et des nations, nous avons une dictature qui est en train de s'installer par l'ennui et l'indifférence. C'est tellement ennuyeux que personne ne veut regarder. C'est beaucoup plus génial que d'envoyer des chars dans la rue. Et les gens n'y comprennent rien. C'est ça qui est génial. Mais qu'est-ce qui se passe dans ce genre de situation ? Eh bien ça attire évidemment les escrocs et les mafias.
Donc nous sommes en train de tomber... L'ensemble du continent européen – je pèse mes mots – est en train de tomber dans une dictature mafieuse. C'est les dérives de tous les régimes totalitaires. D'ailleurs, c'est comme ça qu'a fini l'Union soviétique. Par des mafias. La mafia du coton en Ouzbékistan, la mafia du camp Brejnev. Actuellement, en Corée du Nord, c'est la mafia de la famille de Kim et de ses descendants. C'est la même chose qui est en train de se produire en Europe. C'est la prise du pouvoir continental par des mafias, une oligarchie financière, bancaire et industrielle pour le plus grand profit des États-Unis d'Amérique.
Eux-mêmes, d'ailleurs, de plus en plus dans la main de la mafia. En attendant, eh bien je peux vous dire qu'en France, il y avait une instruction judiciaire qui a été ouverte pour savoir de quoi il retournait, parce que c'était un réseau international. Et puis un jour – tout ça, c'était donc en 2006 –, on n'a plus entendu parler de rien ! Voilà. Donc sans doute, elle a dû retrouver les emprunts qu'elle a faits à la Caisse d'épargne pour s'acheter ses immeubles. On n'a plus entendu parler de rien. En tout cas, elle a été rétrogradée dans la commission Barroso II. Elle est passée à un poste beaucoup plus honorifique, beaucoup moins important.
Ça veut donc dire que sans doute, il y avait des choses qui devaient sentir très très mauvais et qu'on l'a mise un petit peu moins en avant qu'elle ne l'était. M. Maroš Šefčovič, commissaire slovaque chargé des relations inter-institutionnelles et de l'administration. Pedigree : université Stanford, Hoover Institution de la Californie, Dale Carnegie & Associates. États-Unis. M. Šefčovič, qui est un Slovaque chargé de l'administration s'est rendu... Célèbre si l'on peut dire. Dans le petit Landerneau. Il a été interviewé par l'agence européenne euractiv.com qui est allée l'interviewer. Vous pensez comme tout le monde s'en fiche éperdument de M. Šefčovič. Vraiment.
D'ailleurs, je pense que personne n'avait jamais entendu parler de son existence avant que je ne vous en parle. C'est quand même un homme important, puisqu'il est commissaire européen chargé de l'administration. Et donc il a été interrogé le 6 mai 2010 par des journalistes de cette agence de presse. Et voici ce qu'il a dit. On l'interrogait sur les pétitions. Vous savez que la Constitution européenne reprise par le traité de Lisbonne avait dit : « Il y a un grand progrès dans la démocratisation de l'Europe. C'est que, désormais, les citoyens européens auront un droit de pétition ». Alors voici ce qu'a dit M.
Šefčovič : « La Commission européenne filtrera les pétitions des citoyens pour s'assurer que les initiatives stupides comme par exemple l'abolition de l'UE soient bloquées », a affirmé le vice-président de l'exécutif de l'UE. Bah voilà ! C'est-à-dire que si vous aviez demain 1 million, 2 millions, 3 millions, 5 millions de citoyens européens qui réclamaient un référendum pour abolir l'UE, eh bien la Commission européenne dirait : « Bah non. C'est une initiative stupide. On n'en parle plus ». C'est une démocratie – comme vous le voyez – bien tempérée. Le commissaire finlandais chargé des affaires économiques et monétaires M.
Olli Rehn, diplômé du collège Saint-Paul dans le Minnesota, de l'université de Berkeley. Auparavant, avant d'être chargé des affaires économiques et monétaires, il était chargé de l'élargissement. Donc il avait fait son travail. C'est-à-dire qu'il avait obéi aux instructions de Washington. Donc c'est lui qui a fait entrer la Bulgarie et la Roumanie comme demandé le 1e janvier 2007. Et puis quand il était encore commissaire chargé de l'élargissement, c'est lui qui avait dit qu'il était favorable à l'entrée de la Turquie dans l'UE. Bah évidemment. Il était chargé de l'élargissement. Donc il était sous l'instruction des États-Unis d'Amérique. Je vous signale, d'ailleurs, que nous avons...
Je vous renvoie à une autre de mes conférences qui s'appelle : « L'Europe, c'est la paie ». Mais ça s'écrit P - A - I - E, comme la paye. Parce qu'en fait, c'est une fantastique machine à pomper du fric et à le répartir entre les amis et les copains. Je vous signale que sur les 5 dernières années et les 5 qui viennent, au total, l'UE aura versé plus de 6 milliards d'euros à la Turquie pour la mise à niveau pour l'intégration. Donc ceux d'entre vous qui pensent que la Turquie n'entrera pas, la Turquie va évidemment entrer, puisque les États-Unis l'ont décidé. M. Siim Kallas, l'Estonien commissaire chargé des transports. Alors lui, c'est trois étoiles dans le Michelin, « vaut le voyage ». M.
Kallas est estonien. Et avant, l'Estonie, vous savez, c'était une république socialiste soviétique. Il a été membre du Parti communiste de l'Union soviétique pendant 18 ans, de 1972 à 1990. Et il a été ministre des Finances de la république soviétique d'Estonie de 1975 à 1979. Il a donc été ministre de Brejnev. Je répète. Ministre des Finances de la république d'Estonie de 1975 à 1979 sous Brejnev. Bien. Il a été mêlé à un scandale lorsqu'il était président de la Banque d'Estonie. L'Estonie a proclamé son indépendance au moment de la chute de l'Union soviétique. L'Estonie est devenue un pays indépendant. Et il a été président de la Banque d'Estonie. Bien.
Voilà qu'en 1994, 1995, il y a un audit. Et d'un seul coup, on ne trouve plus... Je sais plus si c'était 10, 20 ou 30 millions de dollars. C'était pas une grosse grosse somme. Enfin disons, ça arrondit les fins de mois, quand même. 30 millions de dollars, ça fait 25 millions d'euros. C'est déjà pas mal. Donc on a cherché, cherché, cherché. Les auditeurs ont cherché. Ils n'ont pas trouvé. Donc à la fin des fins, tous les regards se sont tournés vers le président de la banque centrale en disant : « M. Kallas, vous auriez pas vu par hasard passer 30 millions de dollars ? ». « Non », dit-il. « On n'a pas vu ».
Finalement, tout cela a aussi été enterré comme l'affaire de Mme Kroes parce qu'entretemps, eh bien M. Kallas, qui était auparavant un des chantres de l'Union soviétique est devenu un des grands chantres de l'OTAN. Il a négocié l'entrée de l'Estonie dans l'OTAN et dans l'UE. Il est devenu vice-président de la Commission européenne. Et il est très très proche de son ami, qui était le président Bush. Voilà. Je ne suis pas sûr qu'avant d'écouter cette conférence, vous saviez que ce monsieur, qui est vice-président de la Commission européenne, est un ancien ministre de Brejnev. J'ajouterais maintenant pour aller vite le commissaire espagnol M. Almunia, chargé de la concurrence.
Auparavant, il était chargé de l'euro. Lui, il a suivi le programme « Senior Managers in Government » de la Kennedy School of Government, de l'université de Harvard au Massachusetts, États-Unis d'Amérique. Je vous signale que M. Lewandowski, le commissaire polonais chargé du budget, est quant à lui diplômé de l'université de Harvard aux États-Unis. Je vous signale que le commissaire hongrois M. Andor chargé de l'emploi, des affaires sociales et de l'insertion est diplômé de l'université du Wisconsin aux États-Unis d'Amérique. Enfin, je vais pas vous passer tout ce petit monde en revue.
Je voudrais simplement faire avec vous ce qui est assez naturel de faire et que je suis – semble-t-il – le seul à avoir eu l'idée de faire. C'est un camembert statistique pour voir, parmi les 27 commissaires européens, qui pense quoi. La Commission, c'est le vrai gouvernement de l'Europe qui, d'ailleurs, au mépris de la séparation des pouvoirs chère à Montesquieu, mélange à la fois l'exécutif et le législatif puisque c'est à la fois le gouvernement mais elle a également le monopole de l'initiative des directives qui sont des véritables lois européennes. Le Français représente 1 sur 27. Ça fait 3,7%.
Prenez ce camembert statistique avec des précautions d'usage parce qu'en fait, ce que je vais vous dire dépend un peu de chaque sujet. En gros, selon les sujets, il y a souvent 3, 4 commissaires qui sont proches des intérêts français. L'italien, le portugais. En général les pays du Sud. Mais pas toujours. Le belge. Ça dépend. Donc on peut estimer en gros que sur chaque problématique, la France peut compter sur son commissaire et puis... Environ 3, 4 commissaires, ça fait 14%. Le commissaire allemand, il se trouve... Je ne fais pas du tout de germanophobie. J'aime bien les Allemands. Il se trouve que sur quasiment tous les sujets, nous sommes en désaccord.
Et ça n'est pas parce qu'on claironne à la télévision le couple franco-allemand... Je vous expliquais plus tôt dans cette conférence ce qu'il fallait en penser. Ça n'est pas parce que l'on vous dit ça que c'est vrai. D'ailleurs, on voit bien sur tous les sujets, notamment sur l'euro, le MES, le FSF, sur les affaires industrielles, etc., on voit qu'on est en désaccord systématique. Même sur la Libye, d'ailleurs, parce que la France est intervenue en Libye. Vous avez vu que l'Allemagne n'a pas voulu intervenir. Enfin sur tous les sujets, nous sommes en désaccord. Il faut ajouter à ça d'autres commissaires qui sont à priori – à priori – plutôt défavorables à la France. En gros, environ 6 ou 7.
Ce sont les commissaires des pays de l'Est. Que ce soit en matière diplomatique, d'alignement sur ci, d'alignement sur ça, l'harmonisation fiscale, salariale, etc., on se heurte aux intérêts de la Hongrie, de la Slovaquie, de la Pologne, etc. Donc ça fait à peu près 22,2%. Il faut y ajouter tous les commissaires ayant effectué des études aux États-Unis. Un tiers dans la commission Barroso I. Ceux qui avaient travaillé en plus pour des sociétés américaines. Il y en avait 2. Ça faisait 7,4%. Les anglophones de naissance, il y en avait encore 2 autres. Et puis ceux qui avaient effectué des études au Royaume-Uni, ça en faisait 1 – encore – en plus qui n'entrait pas dans les cases précédentes.
Donc en gros, on peut considérer qu'on a sur à peu près tous les sujets... Les commissaires proches des vues américaines représentent plus de 80% du total. Au moment du déclenchement de la guerre en Irak, la France était seule à être contre. Il y avait deux pays qui étaient neutres qui étaient la Belgique et l'Allemagne. Donc cette fois-là, il n'y avait que 3 au lieu qu'il y en ait comme ici 5. Donc on peut considérer qu'il y avait 88% des commissaires européens qui étaient alignés sur les positions américaines au sujet de la guerre en Irak. Voilà donc sur ce camembert... Alors encore une fois, ça varie selon les sujets. Mais c'est toujours un peu les mêmes proportions.
Ça veut dire qu'en gros, nous sommes systématiquement minorisés avec plus des trois quarts des commissaires qui sont alignés sur les vues américaines. Alors ça, c'est un message qu'il faut envoyer notamment à tous ceux qui proposent une autre Europe. Parce que de Mme Le Pen à M. Poutou, de l'extrême-droite à l'extrême-gauche en passant par tout le spectre politique français, tous les responsables politiques critiquent l'Europe. Mais aucun ne propose d'en sortir. Et ils proposent tous une autre Europe. « Moi, je veux une autre Europe comme ci, une autre Europe comme ça ». Nous avons ici une illustration parfaite du stratagème des chaînes dont je vous ai parlé.
C'est que c'est très gentil de vouloir une autre Europe à la française. Mais vous allez la faire avec qui ? Avec qui vous allez faire cette Europe sociale que M. Mélenchon se fait fort d'imposer aux autres quand on est systématiquement minorisés ? Avec qui Mme Le Pen va-t-elle renégocier je sais pas quoi, puisqu'on est systématiquement minorisés ? En plus, si Mme Le Pen arrive au pouvoir, alors la France sera amplement plus minorisée. Donc il n'y a pas de solution. Il n'y a que deux solutions viables, possibles, intellectuellement qui tiennent debout.
La première, c'est : on continue comme on est et, au bout du compte, c'est la destruction de notre pays dans un magma vassalisé par les États-Unis. Et la seconde, c'est qu'on en sorte ! Il n'y a pas d'autre possibilité que ces deux-là. Tant que les Français ne l'auront pas compris, n'auront pas compris cette problématique, eh bien nous continuerons à rester dans la version n°1. Et donc en rêvant d'une autre Europe... Vous savez que ça fait plus de 30 ans que le Parti socialiste fait des campagnes à chaque élection européenne en proposant de changer d'Europe. Eh bien nous aurons de plus en plus le développement de la situation catastrophique que je vous ai décrite.
Alors je vous ai parlé des commissaires européens, c'est-à-dire des icebergs. Mais il faudrait aussi que j'aie le temps – ce que, malheureusement, je n'ai pas – de vous parler de la partie immergée de l'iceberg qui est les fonctionnaires européens. Parce qu'il y a 27 commissaires européens. Mais des fonctionnaires européens, il y en a des centaines. Il y en a même plusieurs milliers. Or, vous savez que les prises de décision dans une structure administrative ou dans une société, c'est pas uniquement le patron. C'est que c'est tout au long d'une chaîne hiérarchique qu'apparaît une décision.
Et donc il est très important de regarder aussi qui sont les directeurs des différentes directions, quels sont ces hauts fonctionnaires. Je n'ai pas le temps de vous en présenter beaucoup. Je ne vais vous en présenter qu'un. Mais lequel ! Je vais vous présenter la personne qui a dirigé la France au cours des années 2000. C'est un fonctionnaire allemand qui s'appelle M. Klaus Regling. Il a été pendant pratiquement toutes les années 2000 le directeur général des affaires économiques à la Commission européenne. À ce titre, il a fixé la politique économique et sociale de la France. Lui avec les fonctionnaires qui l'entouraient.
Il y avait peut-être une secrétaire française, un cadre luxembourgeois, un autre cadre qui était espagnol, un autre polonais. C'est probable. Donc je ne veux pas dénoncer le fait – spécialement – qu'il soit allemand. Je veux simplement vous faire toucher du doigt le processus de fonctionnement.
Nous avons donc une technocratie qui n'a été élue par personne, qui n'a aucun lien national, qui ne correspond en rien à la volonté du peuple français qui – donc – édicte et qui a édicté par le rapport COM 2003 du 8 avril 2003 quelles devaient être les grandes orientations de politique économique de la France en vertu, d'ailleurs, de l'application des traités européens, notamment du traité de Maastricht et des successeurs qui prévoient justement l'obligation de faire converger les grandes orientations de politique économique – les GOPÉ – pour essayer de viabiliser l'euro, la monnaie européenne. Donc qu'est-ce qu'avait décidé M. Regling dans ce rapport en 2003 ?
Premièrement, abaisser le déficit public français sous la barre de 3% du PIB. Vous vous rappelez, on nous a bassinés avec ça pendant des années. Jusqu'à ce qu'en 2008, il y ait la crise économique et financière. D'un seul coup, comme il fallait sauver les banques, à ce moment-là, on n'en a plus du tout parlé. Donc moi, je me rappelle, en 2004, 2005, quand on avait un déficit de 2,9% du PIB, on disait : « Haro sur les fonctionnaires ». Paraît-il que c'étaient les fonctionnaires français qui ne fichaient rien et qui vivaient de façon sardanapalesque dans des espèces de palais des Mille et Une Nuits. C'étaient les ministères français.
Et puis à partir du moment où il y a eu la crise financière, alors là, on n'en a plus du tout parlé. On est passés de 2,9 à 3 ; 3,5 ; 4 ; 4,5 ; 5 ; 5,5 ; 6 ; 6,5 ; 7 ; 7,5 ; 8 ; 8,5% ! On est arrivés à 8,5% de déficit ! M. Sarkozy, en l'espace de 5 ans, a endetté la France de pratiquement 600 milliards d'euros. Jamais depuis Vercingétorix nous avions vu quelqu'un qui avait endetté la France d'une telle montagne de dettes en si peu de temps. Il s'agissait de sauver les banques.
Le deuxième point qui avait été défini, c'était réduire le coût de la main-d'œuvre, notamment pour les bas salaires, allant de pair avec le troisième point : réformer le marché du travail en simplifiant la protection de l'emploi et en imposant des schémas d'emplois et de carrières plus flexibles. Alors ça, c'est la langue de bois européiste. Comme il y avait une langue de bois soviétique, il y a une langue de bois européiste. Donc ça veut dire quoi ? Qu'est-ce que ça veut dire, à votre avis, « simplifier la protection de l'emploi » ? Ça veut dire qu'on peut foutre les gens à la porte du jour au lendemain.
C'était l'esprit même, d'ailleurs, du contrat première embauche – vous savez, le CPE – de De Villepin. Il y avait 2 millions de personnes qui étaient descendues dans les rues. Tout le monde avait dit : « Salaud, Villepin ! ». Mais Villepin ne faisait qu'appliquer les directives européennes. Ce qui, d'ailleurs, est un scandale. Parce qu'on peut pas se prétendre – comme il se prétend – gaulliste, pour l'indépendance de la France et être le toutou d'institutions qui imposent aux Français des choses que les Français ne veulent pas. Mais ça va très loin parce que, bien entendu, tout cela s'applique encore, hein.
Donc quel que soit le président de la République française, que ce soit un président UMP ou socialiste, il est obligé de simplifier la protection de l'emploi par notre appartenance à l'UE et à nos traités. Obligé d'avoir des schémas de carrières plus flexibles. Obligé de réduire le coût de la main-d'œuvre, notamment pour les bas salaires. C'est merveilleux, cette phrase. Enfin, merveille... Merveilleux de scandale. Il faut réduire le coût de la main-d'œuvre, notamment pour les bas salaires. Ça veut dire quoi ? Bah ça veut dire que les gens qui gagnent peu, il faut qu'ils gagnent encore moins. C'est ça que ça veut dire. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'on va avoir des contrats de travail moins longs. Vous avez vu que vers la fin du gouvernement Fillon, M. Fillon avait dit qu'on réfléchissait à des contrats de travail de 8 heures par semaine. Donc l'avenir pour les Français, de plus en plus, c'est des contrats de travail... C'est des petits boulots. On va travailler 3 heures par jour ici, bien contents. Enfin on est en train de paupériser l'ensemble de la population. On est en train de détruire tous les acquis sociaux du XXe siècle et même de la fin du XIXe siècle. Et c'est pas uniquement quelque chose de droite. Je rappelle quand même que sous M.
Jospin, la gauche a supprimé l'interdiction de travail de nuit des femmes, qui avait été imposée en France par Roger Salengro. C'était une conquête sociale. Tout cela à la demande de l'UE. Je rappelle que M. Jean-Claude Gayssot, ministre communiste des Transports, a commencé à privatiser Air France, à la demande de la Commission européenne. Donc faut surtout bien comprendre à quel point tout cela vide de sens notre démocratie. Le point n°4, c'était réformer complètement notre système de retraite. Le point n°5 : élever l'âge effectif de la retraite. C'est depuis le début des années 2000 qu'il a été décidé... M. Jospin, Premier ministre socialiste, avec M.
Chirac, président de la République, conjointement, ont donné leur accord à ces grandes orientations de la Commission européenne. C'est-à-dire que nous allons passer progressivement à 65 ans, puis 67, puis 70 ans pour le départ à la retraite. Et les cotisations de 37 ans et demi à 38, 39, 40, 41, 42. On en est déjà à 41. Il faut voir que, désormais, en Allemagne, l'objectif maintenant, c'est vraiment le départ à la retraite à 70 ans. Alors tous les programmes que l'on fait miroiter aux Français sont des attrape-nigauds. Tous les programmes politiques sont vidés de sens par ces ins... Puisque nous appartenons, nous n'avons pas la possibilité de négocier.
Les traités européens nous font obligation d'obéir à ces décisions. Le point n°6 : enrayer la spirale des dépenses dans le secteur de la santé. Les déremboursements des médicaments. Vous savez que tous les 6 mois, on dérembourse de nouveaux médicaments. Et à gauche, on a crié contre le gouvernement Sarkozy, Fillon, etc. Mais bien sûr que c'est normal de protester. Mais ce qu'il faut bien voir, c'est que le mal vient... Enfin je ne suis pas là du tout pour défendre M. Sarkozy ou M. Fillon, bien entendu. Je dis simplement que quel que soit le gouvernement français, il appliquera les instructions venues de Bruxelles. D'ailleurs, M.
Mélenchon a fait sa campagne présidentielle sur cette thématique. Mais la proposition qu'il faisait aux Français, c'était de dire : « On va désobéir aux traités européens ». Ce qui, d'abord, est contraire à l'article 5 de la Constitution française puisque le président de la République doit respecter les traités. Et secondement, on ne prend pas en considération quelle aurait été la réaction de nos partenaires. On peut pas prétendre rester dans un dîner avec 26 autres convives et mettre les pieds sur la table et considérer que les autres vont s'en satisfaire. C'est pas vrai. Donc si vous n'êtes pas d'accord, ben vous quittez la table.
Mais on peut pas désobéir aux traités, faire un scandale et prétendre que les autres vont rester là. Parce que ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'est un pied de nez à leur souveraineté nationale à eux. Ça veut dire qu'on ne respecte pas l'accord que nous avions tous entre nous. Le point n°7 : mettre en concurrence les marchés de l'énergie, notamment gaz et électricité. C'est ce qu'a fait, d'ailleurs, le gouvernement Fillon début 2010 en ouvrant le marché du gaz à Goldman Sachs et à JP Morgan, ce qui est un véritable scandale puisque Goldman Sachs et JP Morgan se fichent éperdument de la qualité de service public.
Est-ce que vous croyez vraiment que Goldman Sachs est préoccupée par la façon dont on va servir du gaz à une habitante de Lons-le-Saunier ? La réponse est « non ». Ils ne sont là que pour dégager le maximum de cash. C'est une honte d'avoir ouvert le marché du gaz à JP Morgan ou à Goldman Sachs. Alors quand je vous dis tout cela, eh bien moi, je vous montre maintenant ceci. Ceci, ce sont mes compatriotes dont on se moque, dont les syndicats français se moquent éperdument. Parce que ça... Vous savez, tout au long de l'année 2010, 2011, on a fait circuler, descendre dans la rue des milliers, des dizaines de milliers de Français pour protester contre la réforme des retraites.
Il y avait la CGT, la CFDT, etc. Ça, ça se passe boulevard Beaumarchais, à Paris, près de la place de la Bastille. C'est pas très loin de chez moi. J'étais allé voir cette manifestation. J'avais récolté des tracts. Mais ce qui est fascinant dans tous ces tracts et dans toutes ces manifestations, c'est que les Français, les syndicats les faisaient descendre pour manifester contre Sarkozy et Woerth. Pas un seul tract ne disait qui a décidé la réforme des retraites. C'est la Commission européenne. Et quand vous en parlez à un dirigeant syndical, il vous dit : « Ah oui. C'est peut-être vrai. Mais de toute façon, on peut pas sortir de l'Europe ».
Je dis : « Mais pourquoi ne sortons-nous pas de ce carcan de dictature ? ». Aussitôt : « Mais vous êtes d'extrême-droite ». « Non. Je ne suis pas du tout d'extrême-droite, justement ». Mais quelle est la réponse officielle des syndicats ? « Non. Nous devons rester dans l'Europe et nous devons changer l'Europe. Nous devons avoir une autre Europe ». On reboucle sur ce que je vous ai dit tout à l'heure. « Mais vous allez la faire avec qui, cette autre Europe, quand vous avez 80% de nos partenaires qui sont complètement alignés sur la vision ultralibérale de l'économie, notamment tous les pays de l'Est ? Vous allez la faire avec qui ? ».
À force de dire aux syndiqués qu'il faut rester dans l'Europe et se battre pour une autre Europe, les syndicats, en fait, accompagnent la destruction de nos acquis sociaux. Et ça, c'est peut-être ce qu'il y a de plus terrible. C'est que l'ensemble du système médiatique, politique et syndical français est complice de la situation. Parce que les 5 plus grands syndicats français : la CGT, la CFDT, Force ouvrière, l'UNSA et la CFTC sont tous les 5 membres de la Confédération européenne des syndicats, la CES, dirigée par M. John Monks, qui est entièrement financée par la Commission européenne. J'aurai l'occasion de développer... Je l'ai déjà présenté dans mon programme présidentiel...
Mais de montrer comment la Commission européenne finance les syndicats français ou autres, notamment ces syndicats, pour qu'ils fassent passer à leurs troupes des formations sur la nécessité des réformes indispensables de structure. Donc nous n'avons plus de syndicats qui sont des syndicats qui défendent l'intérêt des salariés. Nous avons des syndicats jaunes. Moi, je les appelle les syndicats bleus à étoiles d'or. On a réinventé les syndicats jaunes. La vérité, c'est celle-là. Je parle pas de SUD, qui ne fait pas partie de la CES. Mais la vérité, c'est celle-là. C'est que la CGT n'a plus rien à voir avec ce qu'était la CGT des années 60.
D'ailleurs, les leaders syndicaux vivent très confortablement. La CGT, la CFDT, FO, l'UNSA et la CFTC sont en fait les relais de la construction européenne. Donc ils font descendre les Français dans la rue derrière des petits fanions en protestant contre Woerth, etc. Et puis au bout du compte, après avoir fait 2, 3 manifestations : « Bon allez, on range les drapeaux. Et puis, bon, camarades, on est bien obligés de... Voilà ». Ils ont en réalité servi de paratonnerre pour distraire la colère des Français et l'annihiler. C'est comme ça que ça se passe.
Donc comme au théâtre de Guignol, les responsables politiques et syndicaux incitent les Français en colère à s'en prendre à des marionnettes dépourvues de tout vrai pouvoir. « Méchant Sarkozy ! Méchant Woerth ! Méchant Jospin ! Méchant Villepin ! ».
François Asselineau