La zone euro va-t-elle être rachetée par l'étranger ?
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« En l'an 2000, on avait entre 22% et 24% de l'encours des actions cotées qui appartenaient à des non-résidents. Et vous voyez quelles ont été les évolutions, bien entendu qui ne sont pas linéaires. C'est en dents de scie. »
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« Mais qui sont parvenues à ce qu'en 2017-2018, on a entre 34% et 37% de l'encours des actions cotées qui appartient désormais à des intérêts étrangers. Presque 40% des actions cotées sur l'ensemble des bourses à l'intérieur de la zone euro appartiennent désormais à des étrangers. »
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« Aux États-Unis, la capitalisation boursière a atteint 30 000 milliards de dollars. Au même moment, la capitalisation boursière dans la zone euro est passée d'environ 4 milliards de dollars à 7 à 8 milliards de dollars. »
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« Le taux d'épargne des Chinois a oscillé entre 40% et 50%. En 2018, il atteint 45% du PIB chinois. »
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« Les investissements chinois sur la période 1998-2018. On s'aperçoit qu'il y a eu énormément d'investissements dans le domaine de la construction et du logement. »
- 10:13Invité politiqueFait
« Les traités européens, par l'article 63 (du TFUE), posent le principe de la libre circulation des mouvements de capitaux. »
- 11:33Invité politiqueFait
« L'euro nous vole notre démocratie, non seulement l'euro nous fait peser sur la tête une épée de Damoclès qui un jour va nous tomber dessus, puisque de toute façon, l'euro n'est pas viable, avec le déficit de la balance des paiements entre les pays du Sud et l'Allemagne. »
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- François Asselineau100 %
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Bonjour à toutes et à tous ! Nous sommes aujourd'hui le 17 janvier 2019. Je voudrais vous présenter assez rapidement une note qui a été produite par les services de la grande banque française Natixis, en particulier sous la signature de Patrick Artus, économiste en chef de Natixis. Une note tout à fait passionnante et très inquiétante qui montre que la zone euro est en train d'être rachetée à la fois par des intérêts américains et par des intérêts chinois. Alors je vais vous présenter quelques graphiques. J'espère que vous n'allez pas être effrayés.
Ce sont des graphiques assez faciles à comprendre que je vais vous commenter, et qui viennent directement de cette note que vous trouvez sur le site de Natixis. Premier graphique : il s'agit ici de l'encours des actions cotées sur l'ensemble des bourses de la zone euro par des non-résidents de la zone euro, c'est-à-dire des étrangers à la zone euro, principalement des Américains, des Chinois, des Japonais et toutes les nationalités du monde, mais principalement Américains et Chinois. Qu'est-ce que l'on observe ? On observe qu'en l'an 2000, on avait entre 22% et 24% de l'encours des actions cotées qui appartenaient à des non-résidents.
Et vous voyez quelles ont été les évolutions, bien entendu qui ne sont pas linéaires. C'est en dents de scie. Mais qui sont parvenues à ce qu'en 2017-2018, on a entre 34% et 37% de l'encours des actions cotées qui appartient désormais à des intérêts étrangers. Presque 40% des actions cotées sur l'ensemble des bourses à l'intérieur de la zone euro appartiennent désormais à des étrangers. On va voir sur le graphique suivant, toujours de la note de Natixis... C'est le stock d'investissement direct étranger dans la zone euro, d'investissement direct étranger.
Vous voyez qu'il suit une courbe qui est très impressionnante également, puisqu'en 1998-2000, on avait à peu près 15% du PIB en valeur de l'ensemble des pays de la zone euro qui correspondait... Enfin le stock d'investissement direct étranger correspondait à peu près à 15% du PIB en valeur de la zone euro. Et vous voyez que ces investissements étrangers n'ont pas arrêté d'augmenter, ou à peu près, et qu'en 2018, on est arrivés pratiquement à 80%. Les investissements directs étrangers dans la zone euro représentent un tel volume désormais que c'est l'équivalent de 80% du PIB de la zone.
Alors dans le graphique suivant, on explique, et c'est ce qu'explique Natixis, que les principaux acquéreurs viennent de deux pays du monde : les États-Unis d'Amérique et la Chine. Et pourquoi ça ? Natixis explique que s'agissant des États-Unis, il y a une très grosse différence dans ce que l'on appelle la capitalisation boursière. Ça, c'est l'évolution de la capitalisation boursière entre 1998 et 2018, donc sur 20 ans. Vous voyez qu'aux États-Unis, la capitalisation boursière a atteint 30 000 milliards de dollars. Au même moment, la capitalisation boursière dans la zone euro est passée d'environ 4 milliards de dollars à 7 à 8 milliards de dollars.
Ça veut dire que l'évolution à l'intérieur de la zone euro a été beaucoup plus faible. Qu'est-ce que ça veut dire, tout ça ? Ça veut dire que, vu des États-Unis, il est beaucoup plus cher d'acheter encore une entreprise américaine, parce que la capitalisation boursière – c'est-à-dire sa valeur si on achète toutes les actions en bourse – est beaucoup trop élevée par rapport à ce qu'elle est en Europe. Le résultat, c'est que naturellement, les Américains vont acheter de plus en plus d'entreprises en Europe, puisqu'elles sont moins chères. Le deuxième graphique de cette série, c'est la même chose...
C'est le même graphique exactement, limité cette fois-ci aux seules valeurs de haute technologie. Et vous voyez qu'aux États-Unis, la capitalisation boursière des valeurs technologiques est extrêmement élevée comparée à la capitalisation boursière des valeurs technologiques dans la zone euro. Autre raison pour laquelle les Américains vont acheter beaucoup d'entreprises en Europe et dans la zone euro dans les semaines, les mois et les années qui viennent, à en croire Natixis. Ça, c'est ce qui concerne les États-Unis. Maintenant, le graphique suivant, lui, nous explique le cas chinois. En Chine... La Chine, ça n'est pas la même situation qu'aux États-Unis.
Ça n'est pas qu'il y a une capitalisation boursière trop élevée en Chine. C'est que les Chinois ont énormément d'épargne. C'est le peuple du monde qui met de côté la somme la plus importante d'argent. Ici, nous avons le taux d'épargne de la Chine en pourcentage du PIB en valeur. Vous voyez qu'entre 1998 et 2018, le taux d'épargne des Chinois a oscillé entre 40% et 50%. En 2018, il atteint 45% du PIB chinois. C'est un trait culturel chinois. Vous savez que les Chinois sont souvent... Enfin sont des commerçants et ont un goût pour le commerce, pour le monde des affaires, aussi pour l'épargne.
Ce sont des épargnants nés, alors que le taux d'épargne – comme vous le voyez – aux États-Unis est très faible. Il avait même atteint 0, à peu près, en moyenne, en 2009. On estime que le taux aux États-Unis est de l'ordre de 17%. Dans la zone euro, il reste moyennement faible. Il est aux alentours de 22%. Ça veut donc dire que les Chinois ont beaucoup de disponibilités à dépenser. Et dans quoi vont-elles le dépenser, ces élites chinoises ? Eh bien en réalité, on voit ici les investissements chinois sur la période 1998-2018. On s'aperçoit qu'il y a eu énormément d'investissements dans le domaine de la construction et du logement.
Ça correspondait à une politique du gouvernement chinois, qui d'une part voulait favoriser l'accession au logement... Il y a 1,4 milliard d'habitants en Chine, je le rappelle. Et donc il y avait des centaines de millions de paysans qui quittent la terre pour aller dans les grandes villes. Il y avait donc un très très gros effort à faire en matière de construction. Mais c'est également dû au fait que les autorités chinoises contrôlent les mouvements de capitaux et interdisaient largement (NDLR : l'exportation de mouvements de capitaux) pour acheter des entreprises ou acheter de l'immobilier ailleurs.
L'investissement, par ailleurs, total hors construction, lui, était faible, justement parce que les entreprises ont atteint en Chine un niveau assez élevé de capitalisation. Le graphique suivant nous montre justement les investissements directs à l'étranger faits par les Chinois. Et comme vous le voyez, ils étaient de l'ordre de 0, de 0 milliard de dollars en 1998. Et progressivement, on a assisté à une libéralisation, à une ouverture progressive décidée par les autorités chinoises, le gouvernement de Pékin pour commencer à aller acheter des entreprises ou bien des sociétés diverses et variées : en France par exemple de très nombreuses entreprises viticoles, des châteaux dans le Bordelais.
Il y en a plus de 120 qui ont été rachetés par des intérêts chinois. Eh bien à partir des années 2006-2008, on commence à voir se développer ces investissements à l'étranger, qui ont atteint quand même en 2016 la pointe de près de 280 milliards de dollars, qui sont retombés ensuite en 2018 – si l'on peut dire – à 100 milliards de dollars, ce qui est quand même beaucoup en termes d'investissements à l'étranger.
Et comme vous le voyez, c'est une courbe qui est quand même orientée à la hausse, et très probablement qui va continuer à augmenter, puisque les investissements en matière de logement sont désormais peu porteurs en Chine, et que les autorités chinoises constatent que le taux d'épargne est très élevé et qu'il est maintenant de leur intérêt d'utiliser d'ailleurs des dollars qu'ils ont accumulés pour acheter des entreprises à l'étranger. Et les acheter où ? Pas aux États-Unis, où elles sont trop chères – on l'a vu tout à l'heure – du fait de la capitalisation. Les acheter où ? Les acheter en Europe ! Voilà ! Je m'arrête ici dans la présentation de cette note. Elle est tout à fait capitale.
Qu'est-ce qu'elle veut dire ? Elle veut dire qu'au sein de la zone euro, pour sauver l'euro, prétendument, on a en permanence des politiques restrictives. L'Allemagne a des politiques restrictives en matière de salaire pour justement être en compétition avec le reste du monde. Quant à tous les pays du Sud, ils sont obligés d'avoir ce que l'on appelle une politique de dévaluation interne pour essayer d'avoir la même monnaie que l'Allemagne. D'où le fait que les salaires sont orientés à la baisse dans tous les pays du Sud.
On en sait quelque chose en France, puisque dans tous les pays d'Europe et en particulier en France se développe un véritable soulèvement populaire contre l'appauvrissement des gens. La zone euro est en train donc d'appauvrir les gens, de faire diminuer leur taux d'épargne, de faire en sorte qu'ils n'ont plus les moyens, collectivement, d'investir dans les entreprises. Donc les entreprises dans la zone euro sont sous-cotées, ont une faible capitalisation boursière. Et les taux d'épargne sont orientés à la baisse. Il y a une faible épargne.
Au même moment, les États-Unis et la Chine, pour les raisons que je viens de vous présenter, ont envie et la capacité d'acheter des sociétés peu chères qui se trouvent dans la zone euro. Enfin, la cerise sur le gâteau, c'est que les traités européens, par l'article 63 (du TFUE), posent le principe de la libre circulation des mouvements de capitaux. Et donc les pays d'Europe ne peuvent pas s'opposer au rachat d'entreprises françaises par exemple, italiennes, d'entreprises de la zone euro par des intérêts américains ou chinois. J'ai eu l'occasion depuis plusieurs années de souligner ce phénomène.
Ce qui est nouveau, c'est qu'une très grande banque comme la banque Natixis vient de publier cette étude, qui est une véritable bombe et qui, évidemment, n'a pas été présentée au grand public. Il faut bien comprendre que l'euro... Non seulement l'euro nous vole notre démocratie, non seulement l'euro nous fait peser sur la tête une épée de Damoclès qui un jour va nous tomber dessus, puisque de toute façon, l'euro n'est pas viable, avec le déficit de la balance des paiements entre les pays du Sud et l'Allemagne... Non seulement l'euro présente tous ces problèmes...
Non seulement l'euro nous vole notre démocratie, puisqu'il impose une politique commune à tous les pays, non seulement l'euro appauvrit l'ensemble des pays du Sud notamment, mais en plus de ça, l'euro est en train d'apporter sur un plateau d'argent, du fait des phénomènes que je viens de vous montrer, toutes les entreprises de la zone euro aux intérêts américains et chinois. Si nous ne sortons pas au plus vite – au plus vite – de l'euro, toute la France et tous les pays de la zone euro, petit à petit et même assez rapidement, risquent d'être rachetés par des intérêts américains et chinois. Je le dis depuis des années.
Désormais, c'est l'une des plus grandes banques françaises, sous l'autorité de Patrick Artus, qui vous le dit aussi. L'euro, ça n'est pas la force. L'euro, c'est la destruction. L'union ne fait pas la force dans ce cas-là. L'union fait la faiblesse. Vive la République, vive la France et vive le retour au franc français et au contrôle des mouvements de capitaux. Retrouvez nos analyses, nos propositions, adhérez ou faites un don sur « upr.fr ». Retrouvez-nous aussi sur Facebook pour partager des idées et participer aux directs, Twitter pour suivre les réactions de François Asselineau au jour le jour, Youtube pour ne rater aucune de nos vidéos.
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François Asselineau