L'Événement du dimanche LCI du 14 janvier 2023 : Aurore Bergé
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Bienvenue dans l'événement du dimanche LCI, ravie de vous retrouver pour cette nouvelle émission. Notre invitée aujourd'hui, ce n'est pas un nouveau visage du gouvernement, vous la connaissez bien, Aurore Berger. Vous êtes la nouvelle ministre déléguée chargée de l'égalité entre les hommes et les femmes et la lutte contre les discriminations. Vous étiez anciennement ministre des Solidarités. Avec moi, pour vous interroger, redue en 7h, Ruth Elkrieff, bonjour. Bonjour, bonjour Marie-Claude. Et Nicolas Domenac, bonjour à vous. L'émission, je vous le rappelle, à suivre sur tous nos réseaux sociaux, TF1 Info en direct également.
Beaucoup de sujets à aborder avec vous, nouveau gouvernement, nouveau Premier ministre. Comment gouverner, avec quelle majorité, quel cap ? Mais d'abord, direction tout de suite, quand est ce déplacement du nouveau Premier ministre Gabriel Attal ? Il avait promis un déplacement par jour, vraisemblablement la promesse est tenue. Il va tenir, il ne faut pas qu'il se crame trop vite non plus, ce Premier ministre. Non, mais je pense que c'est très important qu'on soit en contact direct avec les Français, c'est ça qui est attendu de nous. C'est qu'on mène des politiques publiques très claires, clairement identifiées.
Je crois que le Président aura l'occasion à son prochain de redire justement le cap qu'il entend que l'on tienne. Je crois qu'il nous a fait passer lui-même des messages assez clairs quand on nous a réunis en Conseil des ministres cette semaine. On aura l'occasion d'en reparler. Vous voyez un changement de style avec la Première ministre à qui on a, Elisabeth Borne, à qui parfois on a reproché son manque d'empathie. Là, vous voyez un style différent ? Je ne crois pas qu'il me manquait de l'empathie à la Première ministre.
Elle a été sur le terrain et elle a mené aussi des réformes qui ont été extrêmement difficiles, qui l'ont aussi beaucoup occupée, y compris à l'Assemblée nationale et au Sénat, que ce soit sur les retraites, que ce soit sur l'immigration. C'est une nouvelle page qui s'ouvre. C'est une nouvelle politique aussi qu'on doit réussir à mener. C'est-à-dire qu'on doit poursuivre évidemment la dynamique qui est la nôtre depuis 7 ans, sur la lutte contre les discriminations, sur l'égalité entre les femmes et les hommes, mais sur les grands chantiers de services publics, sur l'école, sur l'éducation, sur la santé évidemment.
Mais voilà, à nous aussi d'imposer peut-être un rythme qui doit être différent. Aurore Berger, l'actualité, c'est aussi ce sondage ce matin qui nous interpelle, publié dans la tribune dimanche. La liste du Rassemblement national menée par Jordan Bardella est en effet crédité de plus de 28% des voix, des intentions de vote exprimées. 10 points devant la liste de la majorité présidentielle. Le défi semble aujourd'hui immense pour le gouvernement. La majorité, on a présenté ce nouveau Premier ministre, Gabriel Attal, comme l'arme anti-RN. Force est de constater que le défi est gigantesque. Le défi est immense, mais d'abord parce qu'on parle des élections européennes.
Et je pense que c'est très important aussi qu'on replace cette élection pour l'importance qui est la sienne. C'est-à-dire que ce n'est pas juste un sujet test politique qui soit un peu en amont de la prochaine présidentielle. On a le temps de reparler de la présidentielle. C'est d'abord quelle Europe on veut et quelle politique on veut pouvoir mener au cœur de l'Union européenne au regard des prérogatives qui sont celles du Parlement européen, parce que le risque, il est aussi là.
Est-ce qu'on veut qu'il y ait une vague brune qui submerge l'Union européenne dans quelques mois à peine avec un certain nombre de pays qui basculeraient, qui feraient d'abord confiance à l'extrême droite ou risque que l'extrême droite soit majoritaire au Parlement européen ? Ça veut dire quoi demain, derrière, sur les valeurs qu'on défend au sein de cette Union européenne, sur les enjeux d'immigration, sur les enjeux économiques, les questions du travail, les questions aussi sociales et sociétales ?
Les sujets que je porte, notamment par exemple la question de l'IVG, ce n'est pas totalement neutre de se dire que demain, on pourra avoir une majorité d'extrême droite qui soit farouchement opposée, par exemple. Donc c'est aussi ça. C'est quelle Europe les Français veulent ? Dans quelle Europe veulent-ils continuer à vivre ? Veulent-ils continuer à exercer, à commercer, à être libres ? Et je crois que c'est aussi cet enjeu qu'on doit replacer.
Mais vous dites d'une certaine façon, attention, cette élection européenne, ce n'est pas les mi-termes, c'est quand même une élection nationale. nationale et on a quand même lu dans la nomination de Gabriel Attal une arme, entre guillemets, anti-Bardella. C'est comme ça qu'on l'a appelée. Mais c'est quoi le style Attal ? En quoi il va pouvoir renverser la table, franchement ? On y reviendra. On n'a pas l'impression que c'est lui qui a fait le gouvernement. On a l'impression qu'il est sur le terrain. Mais Jean Castex ou Elisabeth Borne, vous l'avez dit vous-même, l'était aussi. Édouard Philippe l'était aussi. C'est quoi le talent magique, la recette magique de Gabriel Attal ?
C'est à lui, aujourd'hui, évidemment, de le montrer et de dire qui il est, évidemment, aux Français. Et puis c'est une équipe, une équipe que le Président a constituée. On est 14 au sein de ce gouvernement. Justement, il sera complété. Vous voyez bien qu'il y a aussi des sujets importants qui doivent exister dans ce gouvernement. Donc ça supposera évidemment qu'il y ait d'autres personnes et personnalités qui soient nommées. Mais c'est cette équipe aussi qui doit dire quelles sont, encore une fois, les priorités qui sont les des Français. De manière assez claire, pour moi, il y a quelques priorités. Il y a la question en général de l'autorité dans notre pays.
Je crois que ça, c'est une attente extrêmement claire. L'autorité sur les enjeux d'immigration, l'autorité à l'école, l'autorité dans les familles, l'autorité dans la rue. Je crois que ça, c'est un des premiers enjeux qu'on doit réussir à adresser, pas juste en mots, mais clairement en actes. Et puis, évidemment, le réarmement, j'allais dire, de tous nos services publics, que ce soit l'école, que ce soit la santé. Ah ben écoutez, on verra dans quelques jours et dans quelques semaines.
D'ailleurs, il y a un projet de loi que Stéphane Sguérini a commencé à travailler, qui est absolument essentiel, parce que c'est aussi ça qui doit permettre de réarmer nos fonctionnaires pour leur donner plus de latitude et changer aussi la manière avec laquelle ils vont travailler. Mais au-delà de ça, je pense qu'il faut qu'on puisse réaffirmer. On a des priorités qui ont été portées par le président de la République lors de ses voeux aux Français. C'est à nous, maintenant, encore une fois, de les incarner. Nicolas Domenac.
Oui, vous avez souligné l'importance de l'élection européenne. Alors, qu'est-ce que vous attendez pour, un, désigner une tête de liste, deux, un projet ? Redessinez-nous un projet, parce que pour l'instant...
Mais le projet, je pense qu'il est très clair. Enfin, pour le coup... Non, mais attendez. On peut nous faire beaucoup de reproches, mais je crois que s'il y a bien une clarté absolue qui est la nôtre, ça a toujours été sur le projet européen. On a toujours été très clairement identifié. Le président de la République, alors candidat à la première élection présidentielle, dès 2016-2017, avait fait de la question européenne une question identitaire, politique pour lui. Et tout le monde lui disait que c'était une erreur, d'ailleurs. Que les Français ne le suivraient pas, que c'était prendre un trop grand risque.
Il y a 18% pour le moment, la liste, elle est à 18% dans l'élection.
Et la liste, pour l'instant, elle n'est pas constituée. Oui, mais alors justement... Donc, à nous aussi de la constituer, à nous de définir notre tête de liste. La force qu'on a, c'est d'abord la force d'une équipe, parce que ce sera une majorité présidentielle unie, qui devra évidemment affronter cette élection européenne, et qui, renaissance, modem et horizon, on a un projet européen, encore une fois, sur lequel on espoir.
Vous avez une idée pour la tête de liste, un souhait ou un profil ?
Ce n'est pas à moi de le définir, on va en discuter. Olivier, il y a plusieurs à en discuter. Il y a une bonne tête de liste, pour être clair, parce que Stéphane Séjourné a été plus que pressenti, c'est le nouveau ministre des Affaires étrangères. Il faut trouver un candidat. Et c'est une incarnation aussi, une élection. Alors, Gabriel Attal va sans doute mener la campagne. Il a été aussi désigné pour ça. Mais il ne pourra pas être candidat aussi aux européennes. Non, il ne pourra pas être candidat aux européennes.
Mais encore une fois, on a quelques semaines, je pense, pour désigner celui ou celle, aussi être une femme, qui portera évidemment nos couleurs et cette liste, et dans une logique à la fois l'unité, l'unité de notre majorité, c'est un bien extraordinairement précieux et qu'il faut continuer à cultiver. Et encore une fois, sur les enjeux européens, je crois qu'on est extrêmement clair sur ce qu'on veut définir au sein de l'Europe et sur d'ailleurs ce qu'on a réussi à faire. Sur le marché unique européen, sur la question de l'énergie, sur la question de l'immigration, on a des vraies réussites portées par la France, portées par le président de la République qui ont inspiré l'Europe.
Donc vous dites à vos amis du Modem, ne faites pas de liste autonome, attention, on va travailler ensemble.
Je leur dis qu'il n'y a aucune raison qu'on ne sache pas travailler ensemble parce qu'on est unis depuis 2017, c'est ça qui nous a permis de gagner les campagnes présidentielles et législatives. Si on avait été en rang dispersé, ça n'aurait pas pu être le cas. Donc ça veut dire qu'il faut que chacun soit respectueux des autres et n'oublie pas qu'on est trois et qu'on a des partenaires et qu'on a une majorité qui existe et qui est unie, là où tous les autres, de l'extrême droite à la gauche à l'extrême gauche, sont tous divisés au moment des élections européennes. Ça n'est pas et ça ne doit pas être notre...
Non mais là, ils sont chafouins.
Ils ne sont pas contents. Mais on parlera tout à l'heure de vos alliés politiques. Gabriel Attal sur le terrain. Un déplacement par jour, on l'a vu dans ce marché à Caen. Il y est encore. Offensive médiatique qui ne doit rien au hasard aussi. De Marine Le Pen et de son vice-président. En tout cas, elle le présente comme ça. Jordan Bardella. Ils sont dans le JDD ce dimanche. Ils donnent une longue interview commune. Le contre-couple exécutif. En tout cas, c'est comme ça qu'ils essayent de se présenter. C'est-à-dire, ils veulent montrer qu'il y a un ticket qui existerait pour la prochaine élection présidentielle entre Marine Le Pen et Jordan Bardella.
Mais la question, encore une fois, ce n'est pas uniquement l'incarnation. Ce n'est pas savoir si c'est elle, si c'est lui, si c'est eux deux. C'est quel est le projet qu'ils entendent porter pour la France. Et là encore, c'est très intéressant justement de regarder ce qu'ils font quand ils siègent, par exemple, au Parlement européen où systématiquement, à chaque fois qu'ils auraient pu agir pour lutter plus efficacement, par exemple, sur l'immigration illégale, ils ont refusé, par exemple, d'agir. Donc, c'est aussi intéressant de juger les gens sur leurs actes, pas uniquement sur une image, sur une photo. Mais ça marche. Ça marche. Pour l'instant, je ne les ai pas vus gagner des élections.
Donc, est-ce que ça marche parce qu'on a des sondages ou est-ce que ça marche parce qu'à un moment, ils provoquent des résultats ? Ça ne marche pas au Parlement européen. Ce n'est pas vrai. Ils n'ont pas d'alliés. Ils n'ont pas de majorité. Et à chaque fois qu'ils ont pu, ils auraient pu en tout cas, réaffirmer ce qu'ils sont supposés faire, eh bien, ils ont fait l'inverse. Donc, ils se nourrissent aussi de problèmes dont ils ne veulent pas les solutions. Ils se nourrissent aussi de vos nominations et d'un nouveau Premier ministre très jeune, le plus jeune de la 5e Nicolas.
Oui, Rutel Kreev se soulignait au fond l'atout magique quasiment que pouvait représenter la jeunesse de Gabriel Attal. Je m'interrogeais là-dessus. On s'interrogeait. On peut voir d'ailleurs que c'est peut-être un atout qui se fane rapidement. Je l'ai trouvé fatigué, déjà, dans sa dernière sortie. Il ne dure pas beaucoup. Mais bon, Marine Le Pen, elle voit les choses de manière totalement inverse. Elle dit, je vois au moins un avantage dans sa nomination. Les macronistes viennent de tuer le seul argument qu'ils avaient contre Jordan, Jordan Bardella, puisqu'ils avaient commencé à développer l'idée que Jordan était trop jeune pour être Premier ministre.
C'est ce qu'on appelle se tirer une balle dans le pied.
Je ne crois pas que l'argument de l'âge, d'ailleurs, dans un sens comme dans l'autre, soit un argument. Ce n'est pas la question. Pas plus, d'ailleurs, que le fait d'être une femme ou un homme devrait être la question. La seule question, c'est la compétence, la qualité et les qualités aussi humaines des hommes et des femmes qui font de la politique et ce pourquoi ils la font, et surtout la politique qu'on entend mener et qu'on mène. C'est ça le seul sujet, au moment du rendez-vous qu'on aura, et au moment des européennes, et dans quelques années, au moment de l'élection présidentielle. C'est, oui, une incarnation. Est-ce qu'on fait confiance à celles et ceux qui se présentent devant nous ?
Est-ce qu'on estime qu'ils ont le talent, la compétence, l'intelligence humaine et politique pour réussir à mener un pays ? Est-ce qu'ils ont une équipe aussi derrière eux ? Qui ? Derrière Marine Le Pen et Jordan Bardella, aujourd'hui, à part eux deux ? Ils n'ont pas pour vous les bras, aujourd'hui, pour gouverner, constituer un gouvernement ? Non, mais il y a plusieurs sujets. Mais il y a d'abord, encore une fois, quelle est la politique qu'ils entendent mener ? C'est ça, moi, mon seul sujet. C'est un parti d'extrême droite qui entend donc mener une politique d'extrême droite si demain, ils arrivaient au pouvoir. C'est quand même ça le seul enjeu qui devrait nous occuper.
Le sujet, ce n'est pas la photo. Le sujet, encore une fois, ce n'est même pas les sondages du jour. C'est est-ce que, oui ou non, ils sont prêts ? Est-ce qu'ils ont une équipe ? Est-ce qu'ils sont en capacité, demain, d'avoir une majorité ? Et quel est le projet, surtout, qu'ils portent pour notre pays ? Alors, constatez que vous n'avez pas non plus, vous, de majorité. Routel Crier, il n'y a pas de majorité alternative. Parce que moi, j'entends ça depuis 18 mois. Les seuls moments où, au sein de l'Assemblée nationale, on a pu être battu parce qu'on a perdu des votes, c'est quand vous aviez l'alliance de tous les contraires.
C'est-à-dire quand, de l'extrême gauche à l'extrême droite, en passant par les Républicains ou le Parti Socialiste, ils s'alliaient. Ça ne fait pas une majorité alternative. Est-ce que ça veut dire que, nous, seuls, ça suffit ? Non, c'est à nous de trouver des compromis. C'est à nous de réussir à nous dépasser, à élargir la majorité, mais à le faire sans renier les convictions qui sont les nôtres, sans renier les valeurs qui sont les nôtres. Et ne me dites pas que l'extrême gauche, l'extrême droite, le PS et les LR, c'est ça la nouvelle majorité demain pour notre pays. Je ne pense pas que ce soit ce que les Français veulent. Aurore Berger, revenons sur cette semaine.
Un peu folle pour une ministre que vous êtes. Ce ne sont jamais, franchement, les moments les plus agréables dans une carrière. Avec vous, Ruth, sur la formation de ce nouveau gouvernement.
On a eu le sentiment qu'Emmanuel Macron avait tout orchestré d'un bout à l'autre, jusqu'à la surprise d'Atti, en passant par d'autres nominations. Donc, est-ce que ce n'est pas un peu contradictoire avec l'idée de nommer un nouveau Premier ministre politique et peut-être de lui donner un peu de marge de manœuvre ? Et quand on voit ce gouvernement avec, moi, ce que j'appelle déjà les éléphants, c'est-à-dire les personnalités qui sont là déjà depuis sept ans, qui sont venues de la droite, mais c'est une autre affaire, mais qui sont installés dans leur ministère, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin et d'autres. Et on se dit, mais quelle est la marge de manœuvre de ce Premier ministre ?
Est-ce qu'il va arriver à dompter ces éléphants, à leur imposer son autorité,
à travailler et à imprimer sa marque ? Je crois qu'à chaque fois qu'il y a des compositions de gouvernement, que ce soit dans ce quinquennat, le président ou même les précédents, à chaque fois, les mêmes questions se sont posées. C'est-à-dire, qui a choisi ? Est-ce que c'est le Président de la République ? Est-ce que c'est le Premier ministre ? À chaque fois, les mêmes questions sont revenues. On est dans une cinquième République, il y a une logique aussi présidentielle, qu'il faut assumer, et je crois que ce n'est pas illégitime quand même que le président de la République, avec le Premier ministre, choisisse la composition de son gouvernement.
Parce que c'est les interlocuteurs, on est au quotidien, évidemment, à leur côté et au travail, mais sur la base d'abord du projet qui est celui que les Français ont choisi. Donc le projet qui est celui du président de la République et qui est ensuite déployé et mis en œuvre par un gouvernement avec cette tête en premier ministre.
Vous étiez ministre plein des Solidarités, vous êtes ministre déléguée à l'égalité femmes-hommes, c'est un choix personnel ?
Moi, c'était un choix. À partir du moment où le Président de la République m'a demandé de continuer au sein du gouvernement et m'a demandé de continuer sur cette mission, qui est quand même la grande cause de ces deux quinquennats, sur la question de la lutte contre les violences faites aux femmes, de l'égalité entre les femmes et les hommes, la lutte contre les maltraitances. Je crois que ce sont des sujets qui ne sont pas des petits sujets dans notre société, encore une fois, d'égalité et de dignité. Le Parisien raconte, pour l'anecdote, que dix minutes avant l'annonce, vous n'étiez pas dans le gouvernement. Est-ce que d'abord c'est exact ?
Et est-ce que vous avez craint pour votre portefeuille, votre place dans cet état ? Ce n'est pas exactement comme ça que les choses se passent. Il y a plein de choses qui évoluent dans un remaniement et c'est normal, parce qu'il y a des critères qui existent et qui sont légitimes, à la fois de critères de compétence, de critères politiques, de parité, d'équilibre entre justement les différentes composantes de la majorité. Donc ça évolue dans la journée et c'est la vie d'un gouvernement. Pour mon sujet, il n'était pas de rester quoi qu'il arrive et coûte que coûte au gouvernement, mais d'y être, mais pour y être au bon endroit.
Il se trouve que les combats que j'ai menés sont des combats justement sur la question des droits des femmes. On en a souvent parlé, y compris sur vos plateaux, sur la question de la constitutionnalisation de l'accès à l'IVG, sur la question de la lutte contre les violences. On va y revenir longuement. Je crois que ce ne sont pas des petits sujets et la question, elle n'est pas l'ordre protocolaire. Elle est, est-ce que vous avez les moyens d'agir, peut-être la personnalité pour le faire et l'écoute et la confiance du président de la République pour y arriver ? Je crois que c'est les éléphants. Les éléphants qui restaient ministres.
Ce qui nous interpelle aussi dans cette composition d'une première équipe resserrée, on l'a compris, huit ministres de droite ou venus de la droite. C'est adieu la jambe gauche ? Oui, mais la question, c'est aussi comment vous nous caractérisez. Est-ce que systématiquement et même si certains d'entre nous on continue dans 10 ou dans 15 ans, est-ce qu'on nous rappellera nos origines politiques ou est-ce qu'à un moment on accepte de nous considérer pour ce que nous sommes aujourd'hui et pour ce qu'on fait concrètement avec le président de la République ? Oui, moi j'ai appartenu en effet à la droite pendant un certain nombre d'années.
Je n'ai pas l'impression non plus d'être un vieil éléphant de 70 ans. Mais au-delà de ça, est-ce que des hommes et des femmes qui ont fait un vrai choix d'engagement, parliez de Bruno Le Maire. Bruno Le Maire, quand il est candidat aux législatives en 2017, il est sous les couleurs d'En Marche. Il a fait un choix extrêmement clair, politique.
Le même que celui que j'ai fait, le même que celui qu'Edouard Philippe a fait, c'est-à-dire un moment de rompre avec notre famille politique d'origine considérant qu'elle n'était plus là où on aurait aimé qu'elle soit politiquement, qu'elle n'incarnait plus des combats qui pour nous étaient essentiels et qu'à la fin tout ça ne voulait plus dire grand-chose et qu'il y avait sans doute plus de ponts qui pouvaient exister entre des gens qui venaient de la gauche mais qui portaient des réformes économiques et sociétales avec lesquelles on était en accord et des gens qui venaient de la droite et qui, sur la République, sur le régalien, partageaient aussi des combats.
Alors ces gens qui viennent de la gauche
justement, Nicolas... Ou du centre, vous avez des centristes qui grognent fort, qui considèrent que c'est le retour de l'État RPR d'une certaine façon. Moi, je n'ai pas connu le RPR. Et sarkozistes, en tout cas, avec effectivement des anciens porte-parole de Nicolas Sarkozy, de Gérald Darmanin, Madame Vautrin, Rachida Dati, quand même, ce sont des personnalités de poids. Donc il y a quand même un déséquilibre dans cette majorité qui est ressenti. Alors ils ont peut-être tort, vous allez nous le dire, mais en tout cas, il est profondément ressenti puisque c'est vrai, on l'évoquait, même certains centristes veulent faire une liste autonome aux européennes.
Moi, je ne les ai pas entendus dire qu'ils feraient liste autonome aux européennes. Et encore une fois, je crois que notre force est justement l'unité de la majorité. C'est ce que je redisais tout à l'heure. Moi, je n'oublie pas qu'on ne serait pas là aujourd'hui si François Bayrou ne nous avait pas rejoints en 2017. Il faut toujours se souvenir d'où on vient. Il faut toujours se souvenir de qui à un moment vous a soutenu et qui a permis à un moment que vous puissiez constituer des majorités qui sont des majorités solides. Édouard Philippe a été notre premier ministre. Il a conduit notre majorité et le gouvernement.
Et aujourd'hui, il est évidemment pleinement engagé pour la réussite de ce quinquennat. Donc, à un moment, si on veut réussir en 2027, il faudra qu'on réussisse collectivement avant 2027. Donc, ça veut dire l'unité de la majorité. Ça veut dire que chacun soit respecté. Je pense que le président de la République est extrêmement attentif et soucieux de ça pour qu'on ait des équilibres politiques. Après, est-ce que certains ont soutenu Nicolas Sarkozy ? Déjà, ce n'est ni une honte ni une insulte de l'avoir fait. Ça a été mon cas et beaucoup de Français l'ont fait. Sinon, il n'aurait pas été président de la République. Donc, encore une fois, le sujet, il n'est plus là.
Il n'est pas de savoir si un tel ou un tel, il y a 10 ans, 15 ans ou 20 ans, a soutenu des personnalités politiques différentes. Non, mais le sujet, il est peut-être inverse. Le sujet, il n'y colle à Sarkozy aujourd'hui dans certaines de ses nominations. L'ombre aujourd'hui de l'ancien président. Il n'y a pas d'ombre. C'est plus qu'une nomme portée. Je crois que le président de la République sait faire ses choix par lui-même. Vraiment. Et d'ailleurs, souvent, vous lui reprochez en disant qu'il n'écoute pas assez. Vous ne pouvez pas dire dans le même temps qu'il n'écoute pas assez, mais en fait, il est sous influence. Il est président de la République.
Donc, il sait ce qu'il a à faire et qu'il a à choisir et à nommer pour mener la politique et la sienne. Mais encore une fois, celles et ceux qui ont rejoint le gouvernement, que ce soit Rachida Dati ou Catherine Vautrin, ça veut dire qu'elles ont rejoint notre projet et qu'elles ont rejoint le président de la République et qu'elles soutiennent notre majorité. C'est ça qui compte. Donc, elles ne sont plus de droite et elles ne peuvent plus se revendiquer. Je ne leur demande pas de tirer un trait sur ce qu'elles sont, sur leurs convictions. Personne ne demande ça. Personne ne demande ça.
Par contre, ça veut dire qu'à partir du moment où vous appartenez à un gouvernement, vous appartenez à un collectif et vous portez un projet politique. Ce projet politique, c'est celui du président de la République. Arrêtons-nous justement sur ces personnalités. Rachida Dati, avec vous, Rontel Kriya.
Juste avant, peut-être parlons de... Moi, je voudrais revenir juste sur ce cri à l'intention de François Bayrou et d'Édouard Philippe sur le thème « Non, non, mais on vous aime, ça ira, ne partez pas ou ne soyez pas fâchés. » Enfin, moi, c'est ce que j'entends. C'est une forme de rectification, de correction. Il y a eu un peu de fébrilité,
il y a eu un peu d'inquiétude. Moi, j'ai eu la chance et l'honneur d'être présidente de groupe à l'Assemblée nationale. Oui, justement. Donc, je sais que ce qu'il y a de plus précieux et qui est parfois aussi le plus fragile, parce que c'est toujours difficile, c'est l'unité de la majorité. Et la majorité présidentielle, c'est trois partis politiques, c'est trois groupes politiques et il ne faut jamais l'oublier. Et ça n'est pas oublié et ça ne peut pas l'être. Parce que sans ça, il n'y a pas de majorité possible à l'Assemblée nationale sur nos textes. Il n'y a pas la possibilité de continuer à avancer ensemble.
Et est-ce que vous dites la même chose à l'aile gauche ? C'est-à-dire ceux qui, par exemple, avec Clément Beaune qui était contre la loi sur l'immigration, à Elisabeth Borne qui va rejoindre l'Assemblée nationale qui venait de la gauche et qui avait, alors qui a fait voter des lois qui n'étaient peut-être pas vraiment vues entre guillemets comme de gauche ou Sacha Houllier. Est-ce que vous leur dites aussi attention, ne faites pas de groupe de frondeurs s'il vous plaît, ça va être trop dur ? Mais je crois que
ce n'est pas leur intention. Connaissant Elisabeth Borne, je crois que tout le monde a pu éprouver la loyauté qui est la sienne. L'exigence aussi qui a été la sienne pour être première ministre dans un moment qui était quand même un moment politique absolument inédit de majorité relative. Moi, je ne crois pas à ça. Je crois que personne n'a intérêt à fronder à partir du moment où tout le monde est respecté. C'est comme ça que ça se passe. Si vous vous sentez respecté dans les convictions qui sont les vôtres, si vous vous sentez respecté au cœur d'une majorité qui est une majorité encore une fois avec trois composantes, alors personne n'a intérêt à fronder parce que vous y êtes respecté.
Une omissionation a surpris tout le monde. Rachida Dati, vous étiez au courant ? Non, mais parce que je n'ai pas à l'être. Parce que c'est la décision souveraine du président de la République en lien avec son premier ministre. Elle donne sa première interview en tant que ministre de la Culture dans Le Parisien ce matin, ce qui transparaît. Alors, elle est interrogée sur beaucoup de sujets, mais elle s'intéresse à tout, s'exprime sur tous les sujets, un peu ministre de tout. Est-ce qu'elle vous fait peur dans ce gouvernement ? Pourquoi j'aurais peur de Rachida Dati ? D'ailleurs, elle l'a dit avec un trait d'humour au moment de la passation, en disant n'ayez pas peur.
Mais elle a une personnalité politique, nul ne peut l'ignorer. C'est une personnalité politique, une des personnalités politiques à la fois les plus connues et les plus identifiées sans doute, mais je crois aussi les plus appréciées et qui arrivent à parler d'ailleurs à des Français auxquels peu d'hommes et de femmes politiques arrivent à parler. Français qui viennent de milieux qui sont beaucoup plus populaires. Donc, c'est aussi intéressant de peut-être s'interroger, savoir pourquoi cette femme, elle, elle réussit à leur parler, pourtant mère du 7e arrondissement.
Peut-être parce qu'une histoire qui est celle de la méritocratie républicaine, peut-être parce qu'elles sont francs-parlers aussi, sa sincérité sans doute. Donc, c'est à elle maintenant de le mettre en oeuvre au ministère de la culture. C'est une trompisation de la culture et de visuel public, ce sont ses mots ce matin. Que ça fâche Anne Hidalgo, c'était quand même attendu et prévisible.
C'est une bonne nouvelle pour vous, c'est ça que vous dites ?
Écoutez, en tout cas, notre intérêt n'était pas dans la formation du nouvel gouvernement de faire plaisir à Anne Hidalgo. Ce n'était pas l'enjeu, en tout cas. Et je préfère avoir Achille Adetchi au gouvernement qu'à Anne Hidalgo, ça c'est certain. Parce qu'encore une fois, ce sont des choix politiques qui sont importants et que celles et ceux qui nous rejoignent aujourd'hui nous rejoignent sur la base de notre projet.
C'est vrai qu'il fut un temps où elle avait déclaré, vous avez vu cette citation qui est ressortie, qu'il n'y avait dans le macronisme que des traites de gauche et des traites de droite. Mais vous-même, vous aviez fait une déclaration quasiment définitive en disant que, je vais vous citer, j'ai quitté l'LR parce que je refusais de faire la campagne de François Fillon que j'ai toujours cru des passements politiques. C'est vrai. Et nous sommes nombreux dans ce cas. Et vous ajoutiez, ce n'est certainement pas pour accepter aujourd'hui des alliances avec Laurent Wauquiez ou Rachida Dati.
Ah oui, c'était la campagne des municipales à Paris. On avait fait un autre choix à l'époque qui était celui de dire qu'on présentait des listes qui étaient des listes autonomes. Vous voyez, la force, c'est que le dépassement politique peut se poursuivre puisque c'est elle qui est venue. La vérité d'un jour n'est pas celle du lendemain. En fait, je pense que tout ça n'a de sens pour les Français. Le sujet, il n'est pas le débauchage des personnalités. Je pense que ça fatigue les gens. Ce n'est pas la question qui leur est posée. Je pense que ce n'est pas ça qui intéresse en tout cas les Français. Le seul sujet, c'est est-ce que oui ou non, on est bon dans ce qu'on fait ?
Est-ce qu'on est oui ou non en service des Français ? Est-ce qu'on est des bons ministres ? Est-ce qu'on va bien faire notre travail ? Est-ce qu'on sera jugé sur les résultats qui seront les nôtres et qui sont attendus ? Et le Président de la République, je crois, a une vraie exigence de résultats. Ce qu'il nous a dit, moi, je ne veux pas d'état d'âme. Donc, il n'y a pas à avoir d'état d'âme. Le seul sujet, c'est est-ce que oui ou non, à partir du moment où on est nommé, on est toujours à notre tâche et on fait en sorte de réussir dans les missions qui sont les nôtres. Sans trop d'état d'âme, il l'a rappelé notamment au Conseil des ministres.
Aurore Berger, vous restez avec nous tout de suite. Une courte pause. On reviendra évidemment sur vos chantiers, la constitutionnalisation de l'IVG notamment, l'égalité hommes-femmes, forcément votre gros dossier, mais aussi cet appel sans jour pour les otages de l'appel du Président de la République. Restez avec nous.
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Toujours sur le plateau de l'événement du dimanche LCI, toujours avec notre invitée Aurore Berger, nouvelle ministre déléguée chargée de l'égalité hommes-femmes et de la lutte contre les discriminations. Parlons à présent parmi les nouveaux venus, alors pas vraiment nouveaux venus, mais un élargissement de son périmètre et peut-être un premier faux pas de la nouvelle ministre de l'Éducation nationale des sports et des Jeux olympiques. Ça fait peut-être un peu beaucoup, Nicolas.
Et l'éducation, effectivement, ça a créé la première polémique par une déclaration sur le fait qu'elle mettait ses enfants dans le privé parce que, dit-elle, avait trop de non-replacement et qu'elle en a eu assez et qu'elle a donc mis ça dans une école privée stade assez renommée. Alors, il y avait une maladresse dans la forme, il y avait une maladresse sur le fond aussi parce qu'au fond, je crois que ça fait plusieurs années que vous avez mis comme priorité de remplacer ces professeurs absents.
il faut croire que ça n'a pas convaincu en tout cas la ministre en titre qui est chargée de la défense de l'éducation nationale mais ça a cristallisé aussi un malaise qui venait de ce ministère énorme, sport et éducation nationale alors que même qu'il y a les Jeux olympiques qu'elle a excellé dans le sport, on l'attendait aux Jeux olympiques, ben voilà, on la trouve dans un ministère où elle ne connaît pas grand-chose et c'est la première à tomber.
Elle n'est pas à tomber ?
À tomber sur
une erreur. Si elle a été nommée pour avoir travaillé avec elle depuis un an et demi maintenant, c'est d'abord parce que c'est une ministre reconnue sur les sports et en effet sur les Jeux olympiques et paralympiques. Donc, ce n'est pas illégitime à un moment qu'elle puisse aussi avoir une promotion dans le sein de ce gouvernement justement parce que il y a une cohérence aussi. Jean-Michel Blanquer, il avait l'éducation nationale et le sport. Donc, ce n'est pas totalement incohérent de lier évidemment ces deux ministères. Après, sur la polémique, un, moi je persiste à penser que nos familles doivent toujours être tenues à l'écart de la vie politique.
J'entends ceux qui disent que tout est public. Je ne suis pas certaine que tout doit être en permanence publique, y compris quand ça touche à nos enfants. Je permets quand même de faire cette remarque. Ensuite, si ça prend une dimension politique, je pense qu'il y a deux choses. Un, ce qu'elle a dit, c'est malheureusement ce que beaucoup de parents ont vécu. Donc, la seule question qui se pose aujourd'hui à elle en tant que ministre, c'est comment garantir que tous nos enfants aient les mêmes chances où qu'ils soient, quel que soit leur établissement scolaire, quelle que soit leur adresse, quelle que soit leur origine.
C'est ce qu'on a commencé à faire.
Vous ne pouvez pas dire que rien n'a été fait sur l'éducation nationale.
Oui, mais enfin, on a l'impression qu'un certain nombre de choses ne sont pas suffisamment faites et que c'est cela que ça met en exergue. C'est que, depuis sept ans, ça n'a pas assez bougé.
Depuis sept ans, on a vu des progrès qu'on commence à mesurer notamment sur les enfants qui arrivent au collège et qui ont pu bénéficier à l'école primaire des fameux dédoublements des classes, de CP, de CE1. C'est-à-dire, comment on garantit de donner... C'est la première année. On ne va pas rester là-dessus. Mais c'est l'instant qu'on en mesure des résultats parce que ce n'est pas juste une politique d'affichage. Ce n'est pas juste pour faire bien sur la photo au moment où le président de la République est devenu président de la République. C'est garantir, encore une fois, l'égalité des chances, la lutte contre les discriminations.
Ça passe aussi, évidemment, par l'école et par la promesse républicaine à l'école. Donc, ça veut dire que, un, les familles, elles sont libres. Elles sont libres de leur choix, évidemment, de scolariser leur enfant à l'école publique ou privée. Là, c'est en plus privé qui est privé sous contrat. Mais une ministre de l'Éducation peut-elle dire ça ? Pas vraiment. Pas comme ça. Et, encore une fois, notre seul objectif quand on est membre du gouvernement, c'est de réparer et de corriger ce qui ne fonctionne pas. Donc, elle a vécu ce qui pouvait ne pas fonctionner.
Eh bien, la mission qui est la sienne aujourd'hui, je pense qu'elle le sait, quelle que soit leur adresse, quelle que soit leur origine sociale, qu'ils puissent tous réussir de la même manière à l'école de la République. Avant de venir à vos grands chantiers à venir, ils sont très, très nombreux. Juste un mot sur la ministre de la Santé, du travail d'abord et de la santé, périmètre élargi. Là aussi, des filles gigantesques et une personnalité qui fait aussi débat. Catherine Vautrin qui était pressentie pour être la première ministre en 2022, finalement levée de bouclier. Emmanuel Macron a renoncé, notamment à cause des positions qu'elle avait eues sur le mariage pour tous, Nicolas.
Oui, alors elle a fait amende honorable, elle dit qu'elle regrettait que c'était une très bonne loi, un progrès, etc. Et il y a quand même interrogation parce qu'elle avait pris position aussi contre l'euthanasie et nous avons devant nous une loi délicate, importante, sur l'aide à mourir. Alors simplement, est-ce qu'elle va attendre 20 ans pour dire que ce sera une avancée, etc. ou bien est-ce qu'elle va se décider, aider à faire voter cette loi ?
Je n'ai pas à répondre à sa place. En tout cas, je crois qu'elle a dit d'elle-même qu'elle porterait les chantiers qui sont ceux du président de la République et je crois que sur la question de l'aide à mourir qui est un sujet extrêmement délicat qui je crois mérite aussi qu'on respecte les positions des uns et des autres, qu'on agisse avec beaucoup de méthodes, beaucoup de précautions parce que c'est un vrai changement de paradigme.
Si demain, on permet aux Français de choisir la manière avec laquelle ils envisagent leur mort quand évidemment il y a des souffrances qui ne sont plus tolérables, eh bien chacun se jugera et jugera en conscience, votera évidemment avec son libre arbitre, avec son histoire et je crois qu'on n'a pas à le juger. Après, on appartient à un gouvernement et donc évidemment qu'on est nommé sur des missions qui sont portées par le président de la République, eh bien évidemment on s'engage dans cette voie-là. Aurore Berger, vous êtes donc la nouvelle ministre déléguée à l'égalité hommes-femmes.
On va revenir sur ces priorités mais d'abord une question peut-être non intuitive mais est-ce que vous pensez que les mentalités aujourd'hui ont suffisamment évolué, que le féminisme finalement a fait suffisamment de chemin pour qu'un homme soit capable de défendre cette cause où il faut absolument une femme à la tête de ce ministère ? Oh non, il ne faut pas forcément une femme à la tête de ce ministère. Je ne crois pas. Moi, à partir du moment où le président de la République m'a proposé d'assumer cette mission qui est quand même formidable.
Ce n'est pas anodin qu'un président de la République ait choisi que ce soit la grande cause de ces deux quinquennats en liant d'ailleurs à ce qu'il a dit sur le fait dédier aussi ce nouveau quinquennat aux enfants parce que la lutte pour l'égalité entre les femmes et les hommes c'est d'abord l'égalité entre nos filles et les garçons. C'est garantir que nos filles n'aient pas moins de droits de main que nos mères en ont eu et ont réussi à en arracher. Vous citiez la question de l'IVG tout à l'heure. Est-ce que les mentalités ont suffisamment évolué tout le temps et partout ? Non.
Vous voyez bien un certain nombre de polémiques de bruits autour de ces sujets mais je crois que la société et heureusement elle est devenue très intolérante à toute forme de violence qu'elle soit contre nos enfants qu'elle soit contre les femmes dans la société et ça je crois que c'est un acquis assez formidable sur lequel on peut construire de vraies politiques. Société intolérante c'est justement ce sur quoi vous vous interrogez Root c'est son droit de suite c'est tout de suite.
deux fois la grande cause du quinquennat la cause des femmes la cause des droits des femmes la cause de l'égalité femmes-hommes et pourtant on a un gros doute parce qu'on a l'impression qu'Emmanuel Macron proclame donne des budgets et c'est vrai il y a des choses qui ont été faites on va y revenir et en même temps est-ce que c'est sa conviction profonde deux exemples pas de femmes au poste régalien dans ce gouvernement et puis la défense de Gérard Depardieu qui ne passe pas donc on se dit mais en fait il n'y croit pas vraiment à cette grande cause
qu'il proclame pourtant je crois que non seulement il y croit parce que c'est pas juste encore une fois un effet d'affichage il a pris un risque en 2016 quand il a dit que ce serait la grande cause de son quinquennat et beaucoup ricanait en vérité quand il a dit que cela ferait une priorité en disant franchement c'est pas bien sérieux pourquoi s'occuper de ce sujet-là comme si c'était un petit sujet marginal donc déjà il l'a proclamé comme un enjeu majeur de politique publique
aujourd'hui voilà le malaise pas de femmes au poste régalien la défense de Gérard Depardieu et pas l'écoute des paroles des femmes
je veux bien mais les seules personnalités du gouvernement sur lesquelles vous m'avez interrogé dans cette émission c'est que des femmes vous avez parlé que des femmes donc à la fin c'est les femmes qu'on retient quand même dans ce gouvernement et je crois qu'en menommant il a fait quand même le choix de nommer une femme qui a des convictions et qui je l'espère c'est les porter et dire ce qu'elle pense donc il l'a fait en conscience alors vous dites
ce que vous pensez est-ce que vous pensez que Gérard Depardieu est défendable ?
mais je crois surtout alors vous nous dites ce que vous pensez je vous dis ce que je pense les propos qu'il a tenus dans une émission qui a été diffusée en complément d'enquête ce sont des propos qui sont odieux et qui sont inacceptables voilà ce point il n'y a rien à défendre dans les propos qui ont été les siens et personne ne les a défendus ces propos-là personne en tout cas personne évidemment dans le gouvernement ni le président de la République il a eu des propos ambiguës quand même remettant en cause le montage alors qu'on était sûr de rien il y a eu un huissier qui a dit que le montage était écoutez en tout cas moi je n'ai pas entendu le président de la République à aucun moment dire que les propos qui avaient été tenus par Gérard Depardieu méritaient un quelconque soutien une quelconque défense à aucun moment à aucun moment
il n'y aurait pas dû plus porter cette parole des femmes c'est plein de femmes c'est...
mais c'est ce qu'on fait la question c'est surtout comment on agit et comment on agit pour faire en sorte que les féminicides 94 femmes qui sont décédées ça veut dire qui ont été tuées frappées qui sont mortes sous les coups de leurs compagnons ou de leurs conjoints ça diminue ça diminue mais ça reste 94 assassinats de trop donc c'est ce sur quoi on doit travailler et c'est ce qu'on fait aujourd'hui on a créé une aide universelle d'urgence pourquoi ?
parce que quand vous êtes une femme quand vous êtes victime de violence quand vous avez un moment réussi à faire la bascule à prendre la décision de sauver votre peau et de partir vous avez encore trop de femmes qui n'y arrivent pas et qui peuvent parfois ne pas y arriver aussi pour des questions de moyens en moyenne une femme qui décide de partir elle va faire cet aller-retour cette fois elle va dire je pars, je reviens je pars, je reviens parce qu'il y a de l'emprise parce qu'il y a de la violence parce qu'il y a les enfants moi je me souviens qu'il y a encore quelques années et pas il y a 15 ou 20 ans on considérait que les enfants qui n'avaient pas été directement frappés qui n'avaient pas directement subi les coups mais qui n'avaient entre guillemets que vu leur mère subi les coups n'étaient pas des victimes collatérales n'étaient pas des co-victimes les enfants qui voient leur mère être frappée être rabaissée être humiliée qui l'entendent qui parfois accourent pour la protéger évidemment sont des victimes donc la société a énormément évolué j'entendais avec beaucoup d'émotion de témoignage Judith Gaudrech parce qu'elle a sorti à la fois elle a une oeuvre qui vient de sortir mais surtout elle a témoigné sur l'emprise sur l'emprise qu'elle a eu d'un réalisateur quand elle était jeune actrice Benoît Jacquin le plus choquant c'est quand elle décrit toute la société qui l'entourait à cette époque-là où elle n'était qu'une enfant elle avait 14 ans elle n'était qu'une enfant et où toute la bonne société trouvait tout à fait normal qu'un homme de 40 ans soit à ses côtés et partage son lit elle l'a fait sous emprise elle l'a fait sous domination elle l'a fait peut-être sous violence en tout cas c'est une forme de violence évidemment l'emprise et donc tout ça aujourd'hui la société ne l'accepte plus ne tolère plus mais vraiment quand vous regardez les émissions de télévision notamment il y a 15, 20, 30 ans la parole que je tiens aujourd'hui on n'aurait pas pu la tenir elle est très rare qui la tenait mais subissait la violence du mépris du ricanement de l'insulte de l'injure ça a profondément changé vous disiez 94 féminicides l'an passé 118 en 2022 légère baisse mais il reste encore beaucoup parce que ces chiffres choquent terriblement j'aimerais qu'on vous réentende il y a un passage à l'Assemblée nationale vous proposiez une proposition de loi suite à l'affaire notamment Quatennens accusée de violence pour notamment une peine d'éligibilité obligatoire pour certains délits juste vous entendre et on en reparle ensemble ensuite je n'ai pas accepté aucune femme dans cet hémicycle n'a accepté les procès en opportunisme politique sur la question des violences aucune femme entendre sur la mise en doute de la sincérité du combat que nous devrions tous porter sur la question
Votre émotion montre à quel point vous êtes impliquée sur cette question
Je ne m'attendais pas à ce que vous me remontriez ces images Je ne suis pas ici pour parler de ça ni pour parler de moi Sans parler de vous Mais de votre réelle Je sais que c'est un combat Ce que je sais c'est que c'est toujours un combat et que ce qui est toujours le plus interpellant finalement quand on parle de la question des violences faites aux femmes quand on parle et qu'on interroge les femmes qui à un moment s'expriment c'est que très souvent on les met assez vite en accusation Pourquoi elles parlent maintenant ? Est-ce qu'elles ont un intérêt à parler ?
Comme s'il y avait un agenda caché de femmes qui aujourd'hui s'exprimaient pour dire les violences physiques qu'elles ont pu subir les violences sexuelles qu'elles ont pu subir Je crois qu'il n'y a jamais d'agenda caché puisqu'il n'y a jamais d'intérêt à le dire C'est souvent difficile souvent douloureux et donc il faut juste qu'on accepte que cette parole existe dans un équilibre qui est toujours très précaire et très fragile qui est de dire cette parole doit être entendue, respectée accompagnée mais le seul moyen de l'accompagner et de le soutenir c'est évidemment que ce soit un accompagnement judiciaire et qu'une vérité judiciaire puisse éclater qu'elle soit toujours là la justice Oui parce que et c'est là où l'équilibre il est fragile il est fragile entre le respect de la présomption d'innocence entre le respect de la parole et de l'écoute de cette parole pour ne pas tomber ni dans l'arbitraire ni dans le fait qu'encore une fois on balairait la parole des femmes donc il y a le respect l'accompagnement l'écoute le fait que non on ne doit pas par principe considérer que la femme qui parle le fait comme si elle avait un intérêt à parler elle sauve sa peau elle peut-être elle éveille les consciences elle essaye d'ouvrir un chemin peut-être pour d'autres parce que le fait de le dire c'est aussi ce qui permet que d'autres se sentent habilitées à le faire Il faut trouver qu'il y a des choses
qui sont trop radicales parce qu'elles ne sont que sur la parole des femmes et pas assez sur le processus judiciaire et qu'en fait une parole de femme peut suffire à leurs yeux à effacer complètement la parole de celui qui est accusé cela vous inquiète ça à l'inverse ?
C'est cet équilibre qui est extrêmement fragile en fait qu'il faut qu'on arrive à tenir parce qu'il y a ceux qui vont uniquement vous dire la parole ne compte pas si la parole elle est forte elle est puissante et elle compte je parlais de Judith Gauderèche par exemple et elle arrive souvent après qu'il soit possible finalement d'intervenir de manière judiciaire elle arrive souvent trop tard parce que pour plein de raisons c'est difficile de s'exprimer c'est difficile de dire c'est difficile de porter plainte il y a un vrai travail à faire aujourd'hui il y a moins de 1% des viols qui sont effectivement condamnés donc ça veut dire qu'on a quand même un gros travail de l'institution judiciaire oui 1% des plaintes pour viol qui à la fin ont une condamnation parce que les éléments de preuve parce que la durée pour plein de raisons donc il y a aussi un gros travail de l'institution judiciaire qu'elle fait aujourd'hui et qu'elle doit continuer à basculer dans l'arbitraire on ne peut pas avoir un tribunal qui ne deviendrait qu'un tribunal médiatique et c'est tout cet équilibre là qui est difficile à tenir et que moi je veux tenir et je veux en être la garante parce que je pense qu'on n'est pas bonne ministre en charge justement de l'égalité des droits des femmes si on bascule d'un côté ou de l'autre c'est peut-être plus difficile c'est un chemin beaucoup plus exigeant mais qui est à mon avis le seul qu'on peut vraiment tenir égalité hommes-femmes inégalité salariale aussi avec vous Nicolas
c'est une autre forme de violence quelques chiffres sans vous le prétendre remplacer François Langlais mais qui sont assez significatifs écart rémunération entre les femmes et les hommes 28,5% start-up créé en France en 2022 20% compte une femme parmi les fondateurs et enfin 76% des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes ça dit bien quand même une réalité inégalitaire vraiment on a du mal à progresser je pense qu'il y a
des enjeux culturels il y a énormément de lois sur les questions d'égalité entre les femmes et les hommes on a créé un index qui oblige toutes les entreprises de plus de 50 salariés à publier aussi leurs résultats mais on voit qu'il y a une sur-représentation des femmes ou une sous-représentation des femmes en fonction de certains métiers les métiers de première ligne tous les métiers qu'on a applaudis au moment du Covid qui les occupe d'abord ?
Les infirmières les caissières les auxiliaires de pluriculture les aides à domicile ce sont des femmes donc il y a quand même aussi ça c'est quoi la représentation qu'on a de ces métiers pour considérer que finalement ça revient d'abord à des femmes peut-être parce que pendant longtemps ils n'ont pas été assez considérés comme des métiers parce que c'est la femme qui s'arrêtait pour s'occuper d'un enfant pour s'occuper d'un conjoint ou d'un parent malade par exemple qu'est-ce que vous allez faire là-dessus ?
c'est d'abord une question d'attractivité de ces métiers de reconnaissance de ces métiers de lutte contre les stéréotypes aussi dès le plus jeune âge pour garantir encore une fois qu'on n'est pas un chemin tout tracé qu'on soit une petite fille ou un petit garçon c'est la question des congés des congés parentaux notamment on a aujourd'hui un congé paternité il y a 70% des pères qui utilisent qui exercent ce congé paternité mais là encore il y a d'énormes écarts plus vous êtes cadre dans une entreprise moins vous le prenez non c'est l'inverse plus vous le prenez c'est plutôt bien vu par contre quand vous êtes ouvrier employé vous le prenez moins puis des écarts en fonction du type d'entreprise c'est plus facile dans une très grande entreprise que quand vous êtes artisan, commerçant donc comment on garantit que tous les pères qui veulent s'impliquer puissent le faire parce que ce sera aussi un enjeu évidemment d'égalité entre femmes et femmes moi j'ai travaillé sur un congé familial un congé familial qu'on va pouvoir mettre en oeuvre à partir de 2025 qui garantira que les deux parents après un congé maternité un congé paternité puissent s'arrêter ensemble ou successivement mais c'est à la fois bon pour nos enfants évidemment que les deux parents quand ils le souhaitent et du temps ils s'impliquent mais c'est aussi bon en termes d'égalité lutte contre les stéréotypes il n'y a pas que la mère qui doivent évidemment être auprès d'un jeune enfant et arrêter sa carrière et encore moins interrompre sa carrière
votre dossier votre dossier prioritaire en tout cas qui va arriver très vite c'est celui de l'IVG dans la constitution est-ce qu'on connait la date du vote du congrès parce que c'est une réforme constitutionnelle et est-ce que vous connaissez l'intitulé c'est-à-dire que les sénateurs veulent que ce soit une liberté d'amortement d'interruption volontaire de grossesse et vous vous souhaitiez que ce soit un droit est-ce que assez brièvement parce qu'il nous reste un autre chapitre est-ce que vous pouvez nous dire que vous êtes optimiste et que vous avez trouvé la bonne formulation
alors je crois qu'il faut être résolument optimiste parce qu'on doit impérativement faire en sorte que l'IVG soit inscrit dans notre constitution est-ce que ça doit être un droit ou une liberté en vérité je crois que ce qu'il faut c'est qu'on garantisse que ça puisse être adopté à l'Assemblée et au Sénat et à la fin c'est pas ça qui comptera ce qui compte c'est garantir qu'une majorité à l'Assemblée et au Sénat s'accorde sur ce sujet pour qu'encore une fois parce qu'aujourd'hui on a une majorité qui est prête à voter et à l'Assemblée et au Sénat et de gauche et de droite et de la majorité présidentielle il faut saisir cette opportunité il ne faut pas se retrouver dans la situation des Etats-Unis qui s'est dit finalement ce ne sera jamais mis en péril donc ça ne sert à rien de protéger ce droit et on verra bien le on verra bien c'est aujourd'hui des femmes qui risquent la prison qui risquent la prison des médecins qui risquent la prison et des peines d'ailleurs qui sont prononcées si jamais des femmes ont recours à l'IVG et on parle soi-disant de la plus grande démocratie au monde qui est les Etats-Unis donc c'est quand on en a l'opportunité qu'on agit donc moi je suis déçue dès demain à l'Assemblée nationale et c'est cette parole-là que je tiendrai le sujet n'est pas d'être arc-bouté sur une formulation le sujet est de trouver celle qui permette qu'il y ait un chemin et qu'il y ait une majorité quand le Congrès à Versailles il faut d'abord que l'Assemblée et le Sénat votent et donc je ne peux pas préjuger évidemment de leur vote moi je vais essayer de convaincre surtout les deux chambres les deux assemblées pour que ce soit possible et après évidemment pour que le Congrès soit réunie c'est l'engagement qu'a pris le Président de la République j'avais déposé cette proposition c'était le premier acte politique que j'avais fait en tant que présidente de groupe Renaissance à l'Assemblée nationale et là encore beaucoup avaient ricané m'avaient dit ça n'arrivera jamais le Président de la République soit disant on ne soutiendrait pas le Président de la République non seulement il soutient mais il a dit qu'il allait faire en sorte que le Congrès soit réuni Aurore Berger 100 jours de guerre entre Israël et le Hamas Emmanuel Macron a publié une vidéo la France n'abandonne pas ses enfants appelant notamment à reprendre encore et encore les négociations pour la libération des otages rappelons que nous avons trois otages franco-israéliens disparus encore dans la bande de Gaza Nicolas
oui elle n'abandonne pas ses enfants c'est une bonne chose qu'on remette l'accent sur ses otages mais est-ce qu'elle n'abandonne pas ses morts autrement dit on devait rendre hommage aux Français qui ont été assassinés à Gaza les familles attendent toujours vous pensez pousser pour que ça aille lieu
il n'y a aucun doute parce que l'engagement il a été pris par le Président de la République donc il devra et il y aura un hommage national qui sera rendu parce que ce qui s'est passé le 7 octobre il doit y avoir un avant et un après 7 octobre encore une fois c'est la barbarie la plus absolue qui s'est déchaînée et qui a tué des hommes des femmes des personnes âgées des enfants des bébés uniquement parce qu'ils étaient juifs mais vous comprenez que cet hommage n'est pas lieu interroge la volonté du Président de la République c'était d'abord et c'est d'abord de tout faire pour que nos otages soient libérés et je crois que c'était ça qu'il avait placé comme préalable pour garantir d'abord que tout soit mobilisé pour que nos otages reviennent un certain nombre d'entre eux sont revenus moi j'avais rencontré la maman de Mia avant avant sa libération je peux vous dire que cette vieille s'est arrêtée elle s'était arrêtée le 7 octobre dernier et aujourd'hui on voit une jeune femme avec un courage inouï qui reprend vie et ce qui est terrifiant c'est quand même tout ce qu'on a enfin moi ce que j'en ai lu notamment sur les réseaux sociaux c'est-à-dire que quand cette jeune femme a réussi à avoir le courage de témoigner de dire ce qu'elle avait vécu d'abomination et d'exaction de celles et ceux qu'elle a vu mourir à côté d'elle les remarques antisémites les insultes antisémites qui ont fleuri sur l'ensemble des réseaux sociaux et ce qui est le plus ce qui devrait tous en fait nous soulever le coeur c'est de se dire que alors que le 7 octobre on a des hommes et des femmes et des enfants qui ont été assassinés parce que juifs ça a réveillé l'antisémitisme dans notre pays ça aurait dû avoir l'effet inverse des actes qui sont multipliés et on pense notamment cette semaine à la mort d'un grand homme qui a fait de la lutte contre l'antisémitisme un de ses combats Samuel Sandler qui a perdu ses enfants dans l'attentat de Mohamed Mera enfants et petits-enfants là aussi vous en ferez une de vos priorités mais ça doit être une priorité parce que c'est une priorité de la République il a porté une parole qui était très juste mais qui était aussi extrêmement exigeante et difficile moi je me souviens des mots de Samuel Sandler où il disait finalement on n'en a peut-être pas beaucoup parlé parce que c'était des enfants juifs ça interpelle quand même quand vous avez un grand-père et un père qui dit ça et donc il faut que ces paroles elles restent et que la lutte contre l'antisémitisme ce soit d'abord un combat pour la République et qu'on se reçoit tous responsables Aurore Berger merci beaucoup d'avoir été notre invité ce dimanche tout de suite LCI Midi avec Florence O'Kéli on se retrouve dimanche prochain très bon dimanche à tous
Aurore Bergé