MÉLENCHON SUR LCI : cette journaliste m'a arrêté net
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Amélie Carwer. Waouh ! 85 minutes sur LCI, entièrement axé sur l'international. Je ne vais pas vous parler du fond, pas aujourd'hui. Je vais vous parler de quelque chose de plus rare, une journaliste qui fait son travail. Je sais que ça peut paraître comme un compliment banal, c'est tout le contraire parce que quand on a l'habitude du reste et on a l'habitude du reste, ça saute aux yeux. Alors voilà ce que j'ai vu moment par moment. L'interview commence. Voilà ce que Amélie Carwer dit en ouverture. Merci beaucoup d'avoir accepté notre notre entretien qui va être axé sur l'international. Vous êtes désormais quadruple candidat à la présidentielle. Vous l'avez annoncé jeudi que disent
dimanche dernier sur TF1. Le scrutin 2027, c'est une évidence, sera percutée par l'actualité internationale. Vous avez décidé de faire de la question diplomatique un axe central de votre programme, sauf erreur de ma part. Alors, on va être très concret. On va prendre les dossiers les uns après les autres. Jean-Luc Mélenchon, bien sûr, je commence par l'Iran. L'Iran, demain, vous êtes au pouvoir. Que faites-vous ? Première mesure sur le sujet. Regardez ce qui se passe en 15 secondes. Axé sur l'international, pas axé sur votre âge, pas sur vos contradictions de 2018, pas sur ce que tel ou tel a dit sur vous cette semaine. L'international, le programme, ce pourquoi il est candidat. Et sauf erreur de ma part.
Sauf erreur de ma part. Oh my god. trois mots. Mais dans un paysage où chaque affirmation est une arme de mise en défense, ces trois mots disent quelque chose d'important. Je pose une question, pas une thèse et enfin, on va être concret, on va prendre les dossiers les uns après les autres. On va être très concret, on va prendre les dossiers les uns après les autres. Elle annonce la méthode transparente, rigoureuse. Enfin, une vraie émission de politique qui nous laisse découvrir les compétences, les connaissances d'un homme capable de diriger la France. On est sur le dossier de l'Iran et plus précisément sur le régime iranien. Amélie Carw dit ça. On fait quoi aujourd'hui pour le le
faire tomber définitivement ce régime ? Parce que vous savez, vous avez soutenu d'ailleurs les manifestants, j'ai relu certains de de vos messages de début janvier. relu certains de de vos messages de début janvier. J'ai relu vos messages de début janvier. Elle est allé chercher, elle a relu ses postes sur les manifestants iraniens, pas pour le piéger, pour comprendre sa position dans la durée et pour lui permettre de la clarifier. C'est ça préparer une interview. Ce n'est pas trouver la petite phrase qui fait polémique, c'est de reconstituer ce que quelqu'un a réellement dit dans le temps sur un sujet très bonne journaliste avec des questions précises. Pas du tout dans la caricature. Ça change des bavardeurs
de C News et de Rutel CRF. Oh, on est à 21 minutes et elle veut revenir sur l'Iran. Elle dit alors je reprends le le fil, on s'est beaucoup arrêté sur ce point. Je voudrais qu'on revienne un peu sur l'Iran parce que on y est passé. C'est ma responsabilité vite au début. Mais euh c'est ma responsabilité. Oui, c'est ma responsabilité. Waouh ! Une journaliste qui en direct reconnaît que c'est elle qui a mal géré le temps sur un sujet. Pas Mélenchon qui parlait trop, pas la prode, pas l'actualité. Elle dans le désastre télévisuel actuel, ça fait du bien. Cette interview vaut par la qualité de sa journaliste qui ne cherche pas le petit mot, la petite faille, la polémique et écoute posément
son invité en lui laissant dérouler suite à des questions censées. Outre la qualité des propos de monsieur Mélenchon, on peut vraiment souligner la qualité de ces journalistes. On est sur le sujet du front du refus en Europe. Mélenchon développe un raisonnement long, complexe. Amie Kerware intervient brièvement et il dit "Attendez, laissez-moi finir." Elle le laisse finir et elle enchaîne avec ça. "Attendez, laissez-moi finir. Je fais le contraire, c'est-à-dire d'abord un front du refus car cette guerre est intriqué avec celle de Gaza et de l'invasion du Liban. Front avec qui avec qui vous faites front ? Alors, le front du refus, bah d'abord avec les pays européens qui refusent la stratégie des États-Unis et d'Israël. en premier lieu,
les espagnols et vous verriez que très vite en dehors des espagnols, vous avez qui en tête ? Mais attendez, parce que la question c'est de savoir si vous seriez seul ou vous auriez vraiment du monde à vos côtés. Il dit "Lissez-moi finir." Elle le laisse finir. Et ensuite elle pose une vraie question de suivi. Pas une attaque, pas une interruption calculée pour le déstabiliser. Une question qui reprend exactement ce qu'il vient de dire et qui creuse une journaliste respectueuse. J'en reviens pas. C'était intéressant et elle laisse parler. Je n'ai jamais vu une interview aussi respectueuse, pas à charge depuis des années. J'ai toujours peur qu'une journaliste qui laisse parler Mélenchon plus de 2 minutes sans l'interrompre et
en le traitant d'antisémite se fasse virer. Ici, on est à 7 minutes sur le fond diplomatique et ça continue du vrai journalisme. Pas de complaisance de sa part et un gros morceau en face hein, jusqu'au bout de chaque sujet. C'est révigorant. Si vous regardez cette vidéo, c'est que la question du journalisme vous intéresse. Ce canal est fait pour ça. Regardez ensemble ce qui se passe vraiment dans une interview. Abonnez-vous à politique Table si ce n'est pas encore fait. On passe de la Chine à la Russie. Amélie Carwer construit une question en plusieurs parties. L'Ukraine et la Russie. Mathilde Panot, j'entendais Mathilde Panot cette semaine qui disait "Jean-luc Mélenchon, c'est le seul qui saura tenir tête à Trump et à
Poutine." Bon, Trump, on en a parlé. Poutine maintenant toujours dans le même exercice Jean-Luc Mélenchon, vous êtes élu président de la République. De quelle manière vous tenez tête à Vladimir Poutine ? Quelle attitude vous adoptez ? Est-ce que vous lui parlez ? Est-ce que vous le rencontrez ? Et est-ce que vous mettez en branle rapidement un rapprochement que vous appelez de vos vœux, c'est-à-dire le rétablissement du gaz au Nordstream qui est, je le précise pour nos téléspectateurs, le principal canal d'approvisionnement depuis la Russie, ce qui veut dire quand même un retour dans le concert européen. Écoutez cette question. Elle utilise une déclaration de Mathilde Panu pour ouvrir le sujet. Elle suit l'actualité. Elle pose plusieurs sous-questions distinctes. Le temps, la méthode, le
calendrier, le Nordstream. Et elle dit, je le précise pour nos téléspectateurs en expliquant ce qu'est le Nord Stream. Elle pense au téléspectateur qui ne sait pas. Elle prépare le terrain pour que la réponse soit compréhensible. C'est ce qu'on appelle avoir une éthique de l'interview. Interview excellente et quel bol d'air de raison. Clairevoyance et courage politique. On est à 1h 10 minutes à peu près. On aborde total et la crise du carburant. Elle dit avant sa question. Bon, je vais vous poser la question comme ça d'entrée. Est-ce que vous dites je connais la réponse mais tout de même. Merci beaucoup Patrick Pouyanet PDG total de plafonner les prix dans les stations essences.
Je connais la réponse. Elle le dit, elle le savait. qu'il ne va pas remercier total et elle ne prétend pas l'ignorer. Elle lui pose la question quand même parce que la question mérite d'être posé pas parce qu'elle espère le piéger avec une réponse surprise. C'est une petite phrase mais elle dit tout de la manière dont elle conduit cet entretien. Pas de fausse naïveté, pas de mise en scène. La journaliste, l'invité et les faits. Enfin, une journaliste qui respecte Mélenchon, même si elle n'est pas forcément d'accord avec lui. Elle a bossé et c'est un grand moment. On est sur la Russie. Mélenchon commence à insigner qu'elle serait plus sévère avec sa position qu'avec les autres. Elle répond. Non non madame, ça c'est pas possible de
parler comme ça. Donc vous ne croyez à la parole de personne à part celle des Américains. Ah non, j'ai jamais dit ça. J'interroge toutes les positions depuis le début de cette émission. Elle ne cède pas, elle ne s'excuse pas, elle ne dit pas "Vous comprenez la situation géopolitique blab blabla". et dit "J'interroge toutes les positions simple, clair juste." Et c'est vrai, pendant 55 minutes, on l'a vu challenger ses positions sur l'Iran, sur l'OTAN, sur la Chine, sur Taiïwan, sur le budget des armées. Elle a le droit de dire ça parce que c'est ce qu'elle a fait. Bravo pour sa neutralité. Enfin, cette interview fait du bien. L'interview se termine 1h25
à peu près. C'est la fin de cet entretien. Merci beaucoup Jeanluc d'avoir accepté. Merci pour cette longueur sur un sujet qui me passionne et vous m'avez fait euh la démarche respectueuse que qui a été la vôtre et j'apprécie beaucoup beaucoup ce moment. Hm. Ce moment, il dit la démarche respectueuse qui a été la vôtre qui remercie pas par politesse automatique parce qu'il a vécu quelque chose de rare et cette phrase résume 85 minutes. 85 minutes sans qu'on lui tente un mot sorti de son contexte pour le piéger. 85 minutes sur l'Iran, l'OTAN, Taiwan, la Russie, l'Algérie, Total, le
budget et les armé sur le fond, sur le programme, sur ce pourquoi il est candidat. 1h25 d'interview et on ne s'est pas ennuyé une seconde, une véritable masterclasse. La journaliste a été respectueuse et c'est assez rare pour le souligner. Conclusion, je vais être direct. Ce que vous venez de voir n'est pas extraordinaire dans l'absolu. C'est du journalisme. Mais en [raclement de gorge] 2026 en France, ça l' devenu parce que le formant dominant, c'est le contraire. l'interruption permanente, l'archive sortie de son contexte, la polémique comme objectif, le clash qu'on produit, l'invité transformé en suspect qu'on doit faire craquer. Et quand on sort de ça, quand
on voit quelqu'un poser des questions censées, laisser les réponses exister, tenir son rôle sans agressivité ni complaisance, le contraste est saisissant. Ce passage dont la caricature est exclu reste un bon moment mené avec professionnalisme. Si la campagne pouvait avoir ce format calme et intelligible, sans parasitage inutile ou piège rhthorique, nul doute que le meilleur l'emporterait. Nul doute que cela n'arrivera pas car nul doute non plus que les agresseurs médiatiques et le verbiage seront de sortis le moment venu. En tout cas, ce soir-là sur LCI, Amélie Carw a montré ce que ça peut être et ça valait la peine de le noter. Si
vous voulez voir d'autres décryptages dans cet esprit, pas pour vous dire quoi penser, mais pour vous aider à voir ce qui se passe vraiment dans une interview, abonnez-vous à Politique table. On continuera à regarder ensemble. M.
Jean-Luc Mélenchon