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InterviewRadio J — L'interview politique· 12 juin 2025 13 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéSolidarités & familleÉconomie & entreprisesEurope & international

David Amiel - La Barbier du matin du 12/06/25

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:08ComplaisanteRéponse partielle

    David Amiel, bonjour.

  • 0:13OuverteRéponse directe

    On va évidemment parler de cet équipé du bateau El-Efi Hamas vers Israël.

  • 0:25OuverteRéponse partielle

    Les portiques, par exemple, pour détecter les armes à l'entrée des établissements scolaires... est-ce que ça serait pratiquable ?

  • 1:23RelanceRéponse directe

    Sanctionner vite et fort pour casser tout de suite la violence.

  • 1:54OuverteRéponse directe

    Yannick Noudert propose des kits de détection... vous êtes pour ?

  • 2:15OuverteRéponse directe

    La vente d'armes aux mineurs... on peut quand même la réguler ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:35Invité politiqueFait
    « Je ne suis même pas sûr que ce soit très utile, parce qu'on a vu là que ce meurtre s'est perpétré au moment même où il y avait précisément un contrôle. »
  • 0:48Invité politiqueFait
    « On a vu dans le cas de nos gens que c'était un couteau de cuisine. »
  • 1:36Invité politiquePromesse
    « Il faut qu'il y ait des consultations psy-systématiques de tous les enfants, probablement une en CM2, une en 3e. »
  • 2:03Invité politiquePromesse
    « Je pense que tous les enfants devraient avoir une consultation psy en CM2, une deuxième consultation psy en troisième. »
  • 2:21Invité politiquePromesse
    « Oui, on peut bien sûr la réguler, il faut continuer à pouvoir le faire. »
  • 3:19Invité politiquePromesse
    « Il faut qu'on puisse interdire effectivement l'accès aux réseaux sociaux. »
  • 3:41Invité politiqueFait
    « On a les instruments techniques pour pouvoir le faire. »
  • 3:59Invité politiquePromesse
    « Si l'Europe n'avançait pas assez vite, la France prendrait maintenant ses mesures au niveau national. »
  • 6:05Invité politiqueFait
    « Emmanuel Macron a demandé à l'armée française de combattre aux côtés d'Israël pour défendre Israël contre l'attaque iranienne. »
  • 6:31Invité politiqueFait
    « Pour permettre cette disparition du Hamas, il faut bien sûr des opérations militaires, mais il faut aussi une solution politique. »
  • 7:01Invité politiqueFait
    « Emmanuel Macron a obtenu cette semaine de Mahmoud Abbas une lettre importante qui va dans ce sens. »
  • 9:03Invité politiqueChiffre
    « Dans ma circonscription, c'est près de 30% des logements qui sont aujourd'hui des logements sociaux. »
  • 9:43Invité politiqueChiffre
    « Il en manque près de 100 000 si on regarde à l'échelle de la France. »
  • 11:46Invité politiquePromesse
    « Je suis pour une réforme de l'assurance chômage qui doit permettre aussi de continuer à créer des emplois. »
  • 12:04Invité politiqueChiffre
    « Il faut trouver 40 milliards d'économies. »
  • 13:04Invité politiqueFait
    « C'est ce que le président de la République a défendu. C'est lui qui a mis à l'agenda des discussions internationales de l'OCDE et du G20 cette taxe Jucmane. »

Temps de parole

  • David Amiel79 %
  • Présentateur21 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

David Amiel, bonjour. Bonjour. On va évidemment parler de cet équipé du bateau El-Efi Hamas vers Israël. Commençons quand même par le drame qui a marqué les Français cette semaine, le drame de nos gens. Les politiques ont réagi très rapidement avec beaucoup de propositions, mais qui semblent buter sur la réalité, l'efficacité, la mise en place. Les portiques, par exemple, pour détecter les armes à l'entrée des établissements scolaires. Dans votre circonscription, la 13e de Paris, donc très urbaine, avec beaucoup d'établissements dans chaque rue, est-ce que ça serait pratiquable ?

0:35
David Amiel

Je ne suis même pas sûr que ce soit très utile, parce qu'on a vu là que ce meurtre s'est perpétré au moment même où il y avait précisément un contrôle. Alors pas avec un portique, mais un contrôle des sacs. Et de manière plus générale, j'ai vu aussi les propositions sur le contrôle des couteaux. On a vu dans le cas de nos gens que c'était un couteau de cuisine. Je ne crois pas qu'on interdira les couteaux dans les cuisines. Donc il faut à mon avis qu'on s'attaque à la racine du problème, qui est cette hyper-violence chez les jeunes, qu'on voit dans les grandes villes. Vous avez cité Paris, on avait eu le meurtre terrible d'Elias dans le 14e arrondissement.

On a vu cette hyper-violence dans les quartiers populaires. On l'a vu dans une ville tranquille de la Haute-Marne, c'était le cas de nos gens. Et pour ça, il faut une réponse complète. Évidemment, une refonte du code pénal. C'est ce qu'on a défendu à l'Assemblée nationale avec Gabriel Attal. Des sanctions à l'école dès les premières incartables.

1:23
Présentateur

Sanctionner vite et force pour casser tout de suite la lutte.

1:26
David Amiel

Bien sûr, parce qu'un élève violent commence toujours par des petites violences, entre guillemets, envers ses camarades, envers des enseignants. Et donc d'avoir des réponses extrêmement fermes, très vite, peut permettre d'endiguer. Et puis ensuite, je crois qu'il faut qu'il y ait des consultations psy-systématiques de tous les enfants, probablement une en CM2, une en 3e, pour pouvoir détecter très vite des gamins qui perdent pieds, et sur lesquels il va falloir mettre un suivi psychologique renforcé, parce qu'on a aussi une épidémie de cas qui sont à la frontière de la psychiatrie.

1:54
Présentateur

Yannick Noudert, le ministre de la Santé, propose d'ailleurs des kits de détection, de former deux personnes par établissement pour repérer cette dérive des adolescents.

2:01
David Amiel

Oui, moi je suis pour même le faire de manière systématique. Je pense que tous les enfants devraient avoir une consultation psy en CM2, une deuxième consultation psy en troisième, pour s'assurer qu'on ait aucune personne qui passe à travers l'émail de la détection.

2:13
Présentateur

Même si les couteaux de cuisine, évidemment, ne seront pas interdits, la vente d'armes aux mineurs, soit dans les magasins spécialisés, soit par Internet, on peut quand même la réguler ?

2:21
David Amiel

Oui, on peut bien sûr la réguler, il faut continuer à pouvoir le faire, d'autant plus qu'on a des nouvelles armes, entre guillemets, qui émergent, certaines machettes, ça a été d'ailleurs mentionné à l'instant, qui sont inspirées des jeux vidéo, notamment des jeux vidéo de zombies. Donc ça, il faut continuer à lutter, mais je pense que pour être vraiment réaliste, efficace, il faut qu'on s'attaque à la racine du problème, parce que des armes, malheureusement, d'une manière ou d'une autre, ils en trouveront toujours.

2:44
Présentateur

Et puis, il y a la problématique des réseaux sociaux, très liés à la santé mentale. Des pays ont décidé d'interdire les réseaux sociaux pour les moins de 15 ou les moins de 16. L'Australie, la Nouvelle-Ézion de la Norvège,

2:53
David Amiel

partout, on bute sur la faisabilité technique. Oui, mais d'abord, c'est très important de rappeler pourquoi. C'est-à-dire qu'on voit que depuis l'émergence des réseaux sociaux, ce n'est pas très longtemps en réalité, c'est une grosse dizaine d'années, c'est depuis le début des années 2010, on voit une explosion chez les jeunes, des troubles psychologiques et psychiatriques, de la dépression, des tentatives de suicide, de l'agressivité, de l'hyperviolence. Et donc, je pense qu'il est encore temps de pouvoir agir.

Donc oui, il faut qu'on puisse interdire effectivement l'accès aux réseaux sociaux, parce qu'aujourd'hui, il est interdit en pratique, mais pas en réalité, puisqu'on ne demande pas de pièce d'identité quand vous voulez créer un compte sur Instagram, TikTok ou Facebook. C'est ça qu'il faut qu'on arrive à faire.

3:31
Présentateur

La loi Marc-Angeli a été votée en France en 2023, elle bute sur le fait que l'Europe, qui est responsable de la stratégie numérique, ne valide pas.

3:39
David Amiel

Oui, d'abord, c'est très important de rappeler qu'on a les instruments techniques pour pouvoir le faire. Il est assez simple de pouvoir avoir des applications de contrôle de votre identité. Vous avez votre identité numérique, quand vous vous connectez sur le site des impôts ou d'autres, on peut faire la même chose pour les réseaux sociaux. On a une régulation européenne, il faut pouvoir la faire changer. Ce que le président de la République a annoncé, c'est que si l'Europe n'avançait pas assez vite, la France prendrait maintenant ses mesures au niveau national parce qu'il y a urgence.

4:04
Présentateur

La flottille, Rima Hassan, Greta Thunberg et d'autres proches du Hamas, proches du Hezbollah qui ont vogué vers Israël. Pourquoi ça marche sur l'opinion ? Pourquoi cette grande opération de communication a eu autant de succès ?

4:14
David Amiel

Je ne crois pas qu'elle ait eu beaucoup de succès. Elle a été très couverte médiatiquement, mais je crois que beaucoup de Français se sont aperçus du caractère ridicule et grotesque de la situation. Cette croisière un peu pathétique qu'on a vue pendant plusieurs jours avec des leaders politiques qui semblent d'ailleurs plus intéressés en réalité par leur nombre de suiveurs sur Instagram, TikTok, sur les réseaux sociaux que par le sort réel des habitants de Gaza a éclaté aux yeux des Français. Ils ont osé, les insoumis, utiliser le terme d'otage.

C'est évidemment immonde quand on pense aux sortes des vrais otages qui ont été torturés, massacrés, retenus, captivés par le Hamas pendant de très nombreux mois, dont beaucoup sont morts. Mais c'est aussi totalement ridicule quand on voit que Rima Hassan est tellement déçu au fond de l'accueil qui lui a été réservé par les autorités israéliennes qu'elle fait tout pour prolonger son quart d'heure de gloire médiatique. Il n'y a pas de violence physique, il faut faire croire à une violence. Je n'ai jamais vu un otage refuser une expulsion. Or, c'est bien le cas avec Rima Hassan qui essaie de prolonger son séjour en Israël de quelques heures.

5:14
Présentateur

Quel est le but politique de cette mise en scène ? C'est soulever ici des foules qui vont aller manifester place de la République ?

5:20
David Amiel

Oui, le but est toujours le même. En réalité, il est le même depuis le 7 octobre et même avant. C'est utiliser ce qui se passe en Israël et à Gaza pour cimenter un électorat, surfer sur un antisémitisme latent dans la société française et espérer ainsi prospérer électoralement. Le but des insoumis n'a pas changé.

5:38
Présentateur

Ça se fait sur fond de tensions franco-israéliennes. C'est peut-être aussi cela qui rend difficile l'action de la diplomatie et le fait de faire entendre un autre son de cloche.

5:47
David Amiel

D'abord, il y a eu une très bonne coopération des autorités françaises et israéliennes en ce qui concernait cette flottille. Sur les tensions entre la France et Israël, j'aurais quand même rappelé l'essentiel qui est que quand Israël a été menacé, la France a toujours été à ses côtés. Pour la première fois l'année dernière, pour la première fois depuis 70 ans, Emmanuel Macron a demandé à l'armée française de combattre aux côtés d'Israël pour défendre Israël contre l'attaque iranienne. Cela n'avait pas été le cas depuis les années 50. Des pilotes de chasse français ont risqué leur vie pour défendre Israël et de l'attaque des missiles iraniennes. Il parle de honte,

6:18
Présentateur

il parle de scandale quant à la politique menée à Gaza par Israël.

6:21
David Amiel

Il y a un vrai débat à avoir sur cette question-là. Je crois que la priorité absolue, ça doit être de s'assurer qu'il n'y aura pas de nouveau un 7 octobre. Pour qu'il n'y ait pas de nouveau un 7 octobre, il faut qu'il n'y ait plus de Hamas. Et pour permettre cette disparition du Hamas, il faut bien sûr des opérations militaires, mais il faut aussi une solution politique parce que sinon, il se passera ce qui s'est passé au Liban avec le Hezbollah. C'est-à-dire qu'au bout de deux ans, trois ans, quatre ans, le Hamas renaîtra de ses cendres et sera de nouveau capable de mener les attaques affreuses qu'il a perpétrées le 7 octobre et d'ailleurs même avant. Et ça, ça nécessite deux choses.

Ça nécessite d'abord d'avoir une autorité palestinienne qui se réforme, qui met fin à la corruption, qui retrouve de la légitimité, qui condamne très clairement le Hamas. Emmanuel Macron a obtenu cette semaine de Mahmoud Abbas une lettre importante qui va dans ce sens et qui marque un changement profond de l'attitude de l'autorité palestinienne.

Et puis, il faut que les États arabes de la région reconnaissent Israël et surtout, et c'est le plus important, je crois, à court terme, apportent leur soutien financier et militaire à l'autorité palestinienne pour rétablir l'ordre à Gaza, avoir une alternative au Hamas et permettre à l'armée israélienne de se retirer tout en ne sacrifiant en rien la sécurité d'Israël.

7:26
Présentateur

Alors, même si ça avance, on voit bien que ces trois conditions sont loin d'être remplies. Est-ce qu'il faut du coup abandonner le projet du sommet du 18 juin où il y aurait une sorte de reconnaissance virtuelle

7:36
David Amiel

de l'État palestinien par la France ? La reconnaissance éventuelle d'un État palestinien n'a de sens que si ces conditions sont remplies. Et c'est bien ce qu'a rappelé le Président de la République. Donc, c'est un horizon qu'il va poser. Le but de la reconnaissance d'un État palestinien ne peut être que d'accélérer ce mouvement de l'autorité palestinienne et des pays arabes pour assurer la sécurité d'Israël et la sécurité de la région. Et donc, on verra dans les prochains jours, je ne suis pas dans les négociations diplomatiques, ce que le Président de la République obtient de l'autorité palestinienne et des États arabes.

Mais c'est vraiment avec cette obsession-là qu'il travaille, celle de la sécurité d'Israël et du Proche-Orient. Vous croyez que ça peut encore être un sommet utile ? Il y a eu un moment utile qui a été cette lettre de Mahmoud Abbas. Je pense que c'est un changement très important de l'attitude de l'autorité palestinienne. Mais ce n'est certainement pas le bout du chemin. Il faut qu'on puisse continuer à maintenir la pression sur les États arabes et sur l'autorité palestinienne.

8:27
Présentateur

Parlons économie, parlons sociale. Au croisement des deux, vous défendez un texte de loi qui voudrait faciliter l'accès des agents publics au logement. Dans beaucoup d'endroits, c'est dur pour eux de se loger. Vous allez faire quoi ? Construire de nouveaux immeubles ? Réquisitionner des logements ?

8:42
David Amiel

Je propose une solution très simple, mais que bizarrement, on n'a pas le droit de faire aujourd'hui. C'est de pouvoir recréer des logements de fonction. Vous vous rappelez qu'on en avait jusqu'aux années 90 pour les instituteurs, par exemple, qu'on a progressivement démantelés, mais pouvoir faire ces logements de fonction au sein du parc social.

Dans le parc HLM, qui est souvent très important, dans un certain nombre de villes, dans ma circonscription, c'est près de 30% des logements qui sont aujourd'hui des logements sociaux, qu'on puisse avoir ces logements de fonction que vous attribuez à une aide-soignante qui travaille à l'hôpital et puis évidemment, le jour où elle décide de changer de métier, elle rend son appartement pour permettre à une autre aide-soignante d'en bénéficier. Ça permet quoi ?

Ça permet d'abord de s'assurer que les services publics continuent à fonctionner dans les grandes villes parce qu'aujourd'hui, ils sont menacés puisqu'ils n'arrivent plus à recruter parce que les personnes qui les font tourner doivent vivre à 1h, 1h30 de transport. Ça permet de remettre de la mixité de la classe moyenne dans le parc social et dans les grandes villes. C'est la mesure phare de cette proposition de loi.

9:37
Présentateur

Il manque combien de logements de ce type pour des agents publics qui sont loin de leur travail parce que c'est trop cher ?

9:43
David Amiel

Il en manque près de 100 000 si on regarde à l'échelle de la France, bien sûr. Je ne prétends pas régler tous les problèmes d'un coup, mais je pense que ça peut être une mesure pragmatique pour avancer. En tout cas, c'est une mesure qui est très attendue par les employeurs publics, par les syndicats et par les élus locaux de tous bords.

9:57
Présentateur

Ça peut être aussi, ça doit être aussi des logements neufs avec un État constructeur ?

10:01
David Amiel

Ça doit être des logements neufs, bien sûr, parce que le but doit être de continuer à soutenir la construction. L'État peut cofinancer effectivement ses logements pour ses agents publics. Je pense que c'est un très bon investissement. D'abord, ça soutient l'activité économique, ça permet de loger ses agents, ça permet de les recruter et puis ça permet de les fidéliser aussi. Si on reprend l'exemple de l'hôpital, à cause des problèmes de logement, vous avez un taux de turnover très important des aides-soignantes, des infirmières à Paris qui craquent et qui au bout de 2, 3, 4 ans jettent l'éponge et passent dans le privé ou changent de métier. Vous aurez une majorité sur ce texte ?

J'ai une majorité en commission des affaires économiques à l'Assemblée nationale. Elle a été très largement adoptée. Elle sera bientôt examinée en séance. Donc j'espère avoir à nouveau une majorité très large parce que c'est une question je crois de bon sens et de justice sociale.

10:43
Présentateur

Mauvaise nouvelle pour l'économie française. La Banque de France révit sa prévision de croissance à 0,6% pour l'année. On était parti plutôt sur du 1,5 ou du 1,2 dans les premières projections. Ça veut dire que les recettes fiscales ne seront pas au rendez-vous. Le pari du contrôle du déficit est perdu déjà pour 2025.

10:59
David Amiel

Non, je ne crois pas. Pour 2025, le budget avait été négocié sur la base d'une croissance à 0,7%. 0,7. Nous serons... On n'est pas très loin. Aujourd'hui, à peu près, les prévisions sont autour de 0,6. C'est l'aléa habituel autour des prévisions économiques. Ça peut encore beaucoup changer. Et donc, l'objectif doit bien être de maintenir ce cap des 5,4% de déficit. Un chiffre qui sera en réduction par rapport à l'année dernière qui reste élevé et qui nous appelle évidemment à continuer les efforts pour l'année 2026. On ne peut pas, à chaque fois qu'il y a un ralentissement économique, en tirer prétexte pour abandonner tous les efforts budgétaires. Il faut qu'on maintienne le cap.

11:36
Présentateur

Mais ça ne créera pas beaucoup d'emplois

11:38
David Amiel

à un pays qui a une croissance aussi faible. C'est pour ça qu'il faut continuer à soutenir également l'activité économique. Il faut qu'on continue à maintenir les réformes. Je suis pour une réforme de l'assurance chômage qui doit permettre aussi de continuer à créer des emplois. Je pense qu'il faut pouvoir relancer une véritable politique industrielle, notamment dans le nouveau contexte américain et chinois, continuer à soutenir l'innovation, l'enseignement supérieur et la recherche, tous ces moteurs de la croissance qui sont évidemment cruciaux à moyen terme. Mais il faut trouver 40 milliards d'économies.

C'est tout l'enjeu, mais quand vous faites une réforme, par exemple, de l'assurance chômage, vous soutenez les créations d'emplois et vous faites aussi des économies par la même occasion. Il y a beaucoup de réformes qui permettent de faire l'une et l'autre.

12:17
Présentateur

Aujourd'hui, on va débattre au Sénat de la taxe Zuckman, qui est aussi pour la gauche un moyen de faire rentrer de l'argent. Quelques dizaines de familles très fortunées dans ce pays qui paieraient très très peu, mais ça rapporterait beaucoup.

12:29
David Amiel

Le problème, je crois, c'est qu'elles ne le paieraient pas puisqu'elles partiraient.

12:32
Présentateur

Vous pensez qu'elles fuiraient pour ça ?

12:34
David Amiel

Oui, la taxe qui est proposée pour donner un ordre de grandeur, c'est 5 fois l'ISF. Donc, si on croit que l'ISF contribuait déjà à faire partir un certain nombre de contribuables de France, ce qui est mauvais pour l'activité économique et ce qui est évidemment mauvais pour les recettes fiscales puisque là, on ne les taxe plus du tout, la taxe telle qu'elle est proposée en représenterait 5 fois plus. Je crois que si on veut pouvoir taxer davantage les multimilliardaires puisque ces personnes-là, ce sont ces personnes-là dont on parle qui ont des revenus qui viennent de tous les pays, il faut qu'on puisse avoir une action européenne. C'est ce que le président de la République a défendu.

C'est lui qui a mis à l'agenda des discussions internationales de l'OCDE et du G20 cette taxe Jucmane, mais le faire au niveau français seul, je crois, ne serait pas efficace et même contre-productif.

13:16
Présentateur

David Amiel, député de Paris, merci beaucoup. Merci à vous. Bonne journée.

13:19
David Amiel

Merci beaucoup Christophe. On vous retrouvera demain matin pour la deuxième partie de votre interview avec Charlotte Bélaïch et Olivier Perroux, auteurs du livre La meute enquête sur la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. de Jean-Luc Mélenchon.