Le Maire PS de Saint-Ouen, Karim Bouamrane face à Thomas Sotto sur RTL
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
Comment faites-vous très concrètement pour essayer de rendre cette canicule la moins insupportable possible pour vos administrés ?
- 0:44RelanceRéponse directe
Et vous avez vous dans vos écoles ? Parce qu'il y a beaucoup d'écoles où il fait 36, 37 degrés et du coup...
- 1:15FerméeRéponse directe
Vous réservez la piscine aux habitants ?
- 1:52OuverteRéponse directe
Vous faites partie de ceux qui disent vite installons la clim partout, partout ?
- 2:25FerméeRéponse partielle
Une école qu'on construit aujourd'hui, elle sera climatisée ou pas ?
- 3:09OuverteRéponse directe
La chaleur fait plus de morts dans les départements les plus pauvres du pays. En 2003, le taux de surmortalité était de 60% à l'échelle du pays. Et il était de 160% en Seine-Saint-Denis. Est-ce que cette grande inégalité, elle est toujours d'actualité aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22Invité politiqueFait
« On bouge, on est agile, donc très concrètement c'est le bâtimentaire. »
- 0:32Invité politiqueFait
« Sauf que là c'est exacerber les inégalités face à cette canicule parce que le premier sujet, on y reviendra, c'est le logement. »
- 0:48Invité politiqueChiffre
« Il y a 22 écoles, c'est une bataille classe par classe. »
- 1:11Invité politiqueFait
« Donc on a ouvert la piscine jusqu'à 23h30. »
- 1:36Invité politiqueChiffre
« Il y a 40% de familles monoparentales, exclusivement des mamans solos. »
- 2:12Invité politiqueChiffre
« À Saint-Ouen, parce que vous avez évoqué le cas de la ville de Saint-Ouen, on a doublé le nombre de surfaces végétalisées. »
- 3:38Invité politiqueFait
« Sauf qu'on n'y arrive pas. »
- 3:56Invité politiqueChiffre
« Il y a 12 millions de mal logés. »
- 4:02Invité politiqueChiffre
« Il manque 500 000 logements. »
- 4:09Invité politiqueFait
« Pourquoi on ne fait pas en sorte qu'elle soit de 5,5 ? »
- 4:24Invité politiqueFait
« Et ensuite, il faut forcer les maires à se limiter à ce prix de sortie. »
- 4:40Invité politiqueFait
« une possibilité d'avoir une rentabilité dans le cadre de ce partenariat avec le privé et le public. »
- 5:09Invité politiqueFait
« On paye une impréparation qui remonte aux 25 dernières années. »
- 9:31Invité politiqueChiffre
« il faut être en capacité de prendre les bonnes décisions sur les 3 000 milliards de dettes que nous avons. »
Temps de parole
- Karim Bouamrane79 %
- Présentateur21 %
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Thomas Soto, RTL Matin. Il est le maire socialiste de Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis et candidat à l'élection présidentielle. Karim Bouamran est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Karim Bouamran. Bonjour M. Soto, merci pour l'invitation. Vous êtes maire d'une ville de près de 55 000 habitants en banlieue parisienne. Comment faites-vous très concrètement pour essayer de rendre cette canicule la moins insupportable possible pour vos administrés ?
On bouge, on est agile, donc très concrètement c'est le bâtimentaire. Donc le bâtimentaire ce sont les écoles. Il y avait deux possibilités, soit la solution de facilité, on dit aux parents gardez vos enfants. Sauf que là c'est exacerber les inégalités face à cette canicule parce que le premier sujet, on y reviendra, c'est le logement. Ou soit on ouvre les écoles et on fait en sorte qu'il y ait des lieux rafraîchis.
Et vous avez vous dans vos écoles ? Parce qu'il y a beaucoup d'écoles où il fait 36, 37 degrés et du coup...
Il y a 22 écoles, c'est une bataille classe par classe. Donc ce qu'on a décidé c'est avec l'éducation nationale. Et il y a toujours, toujours, toutes les 10 minutes que je reçois des SMS et encore nos directrices générales, nos directrices de cabinet et nos élus qui tous les jours, toutes les heures sont dans les écoles pour voir le nombre de ventilateurs, le nombre de climatiseurs. Donc là on est vraiment dans l'urgence. Ensuite on a réadapté nos programmes. Donc on a ouvert la piscine jusqu'à 23h30. Vous réservez la piscine aux habitants ? Gratuite, gratuite, 23h30.
Non, on ne la réserve pas exclusivement à Saint-Ouen, c'est ouvert à toutes et tous, mais 95% ce sont les personnes de Saint-Ouen. Ensuite il y a les lieux culturels qui sont rafraîchis. Donc on réaménage le contenu éducatif pour éviter que ce soit la double paide pour les enfants et les parents. Parce qu'il y a aussi les parents qui travaillent. Il y a 40% de familles monoparentales, exclusivement des mamans solos. Donc on gère ces dix prochains jours. Et surtout, le sujet pour nous c'est sur le plan systémique. Pour la suite, c'est ça.
Je vous voyais écouter attentivement François Languet qui parle climatique. Vous faites partie de ceux qui disent vite installons la clim partout, partout ?
Le débat entre Marine Le Pen qui était 100% clim partout et Jean-Luc Mélenchon qui n'a jamais pris, il semblerait, un Paris-Lyon en période de canicule. C'est un débat hors sol. Donc le sujet il est vraiment systémique. C'est comment on réaménage nos villes, comment on revégétalise. A Saint-Ouen, parce que vous avez évoqué le cas de la ville de Saint-Ouen, on a doublé le nombre de surfaces végétalisées. Il faut revoir, plus tard qu'hier soir j'étais dans une réunion concernant la construction d'une école, il faut revoir vraiment l'aménagement, la construction.
Une école qu'on construit aujourd'hui, elle sera climatisée ou pas ?
Climatisée, pas forcément. Le sujet c'est la construction structurelle, systémique. C'est-à-dire la tournée vers le fleuve, quand vous avez la chance d'avoir un fleuve. Les matériaux, éviter les baies vitrées, le sol, les enjeux, les normes. Aller plus loin que les normes écologiques qui sont, à mon sens, déjà surannées, désuètes. Et si nécessaire, apporter des éléments pour qu'on puisse avoir des climatiseurs si besoin. Mais on ne doit pas la concevoir au travers du prisme de la climatisation.
Donc le 100% clim n'est pas la réponse.
Le 100% clim n'est pas la réponse. Et il y a également, parce que là on a un prisme urbain, il y a aussi l'aspect rural. Parce qu'il y a le sujet agriculteur, sécheresse, la gestion de l'eau qui est déterminant pour la suite. Il faut qu'on sorte du déni climatique.
La chaleur fait plus de morts dans les départements les plus pauvres du pays. En 2003, le taux de surmortalité était de 60% à l'échelle du pays. Et il était de 160% en Seine-Saint-Denis. Est-ce que cette grande inégalité, elle est toujours d'actualité aujourd'hui ?
Elle est effectivement structurelle. Le premier sujet, c'est le logement. Donc hier, on a salué l'intervention du ministre du logement. Jean Brun, c'est vrai que moi, en tant que candidat à la présidence de la République, le logement, pour moi, c'est une des premières causes avec la protection de l'enfant. Donc très concrètement, il faut faire en sorte qu'on arrive à construire plus de logements. Sauf qu'on n'y arrive pas.
Tous les présidents depuis Sarkozy disent qu'on va construire plus de logements, ils n'y arrivent pas.
Alors si vous me donnez 50 secondes, je vous assure, il manque 500 000 logements. Donc le problème du logement, vous le voyez, c'est la prérogative des maires. Mais il y a aussi le prisme État, maire, constructeur, promoteur. Il faut rendre le logement accessible. Il y a 12 millions de mal logés. Vous l'avez évoqué avec les conséquences caniculaires. Les premières victimes, c'est les départements pauvres. Il manque 500 000 logements. C'est comment on arrive à avoir une véritable politique de régulation. Produit de première nécessité. Baisser la TVA. Aujourd'hui, la TVA, elle est de 20%. Pourquoi on ne fait pas en sorte qu'elle soit de 5,5 ? Première décision.
Deuxième décision, entre le prix d'entrée, c'est-à-dire le bâti, baisser les prix. Vous avez la possibilité de limiter auprès des domaines et le prix de sortie. Et ensuite, il faut forcer les maires à se limiter à ce prix de sortie. Suivant, le prisme suivant, et je pense que les maires qui nous écoutent comprendront, aide sociale versus construction. Et là, on arrivera à avoir, chaque année, via un fonds souverain de 100 milliards, qu'on pourrait financer une bonne partie par l'impôt sur les fortunes immobilières, qui représente à peu près 2 milliards, 3 milliards, une possibilité d'avoir une rentabilité dans le cadre de ce partenariat avec le privé et le public.
Le truc, c'est qu'on ne construit pas des bâtiments en 15 jours. Il faut sortir du délit climatique, avez-vous dit tout à l'heure ? Absolument. Il y aura une cellule de crise interministérielle, encore, non, il y en a eu, hier soir, il y en a eu, hier soir, il y en a eu. Hier soir, avec M. Jean-Marc. Est-ce que vous faites partie de ceux qui trouvent que le gouvernement fait ce qu'il a à faire, ou que là, on paye une impréparation ?
On paye une impréparation qui remonte aux 25 dernières années. Donc, ça serait faire preuve de démagogie ou de populisme, que dire, ah, le gouvernement n'est pas préparé. Quand vous regardez la qualité des bâtis, que ce soit des bâtis privés, des bâtis publics, du bâtimentaire, on voyait l'état des espaces, manque d'arbres, notamment dans les espaces urbains, quand vous voyez la relation que nous avons avec une bonne partie du monde rural, je pense notamment aux toutes les zones exploitables, la relation avec les agriculteurs, la sécheresse, le rapport avec l'eau, on a fait comme si, justement, le réchauffement climatique, avec les climato-sceptiques, était, on va dire, digne d'une dystopie.
On est dans le réel.
Oui, mais vous savez ce qui va se passer ? C'est que dans une semaine, ça sera retombé. Et on sera dans l'amnésie collective, et qu'on ne parlera plus du tout de ces sujets, qu'on sera passé à autre chose. Parce que c'est comme ça sur les sujets climatiques. Comment on arrive à sortir de ça ? Si vous êtes président de la République, puisque vous êtes candidat, comment vous faites ?
Parce que le sujet n'est pas porteur. Le sujet n'est pas porteur, le sujet n'est pas sexy, le sujet n'est pas fédérateur. Sauf que, quand vous êtes en responsabilité, vous savez très bien que le premier sujet, c'est le logement. On l'a évoqué. Ensuite, c'est comment on arrive à faire en sorte qu'on travaille directement avec ceux qui décident au jour le jour. C'est-à-dire les maires, les collectivités. Parce qu'une fois que vous construisez le logement, tout ce qui doit s'enclencher, c'est les politiques publiques autour. C'est comment on arrive à répondre aux politiques publiques en termes de crèche, en termes d'école, en termes de services culturels. Donc ça, c'est le premier sujet.
Il faut arrêter avec le millefeuille. Vous avez vu le nombre de strates qu'il y a entre eux ?
Vous faites quoi ? Vous supprimez les départements, les régions ? Il faut revoir.
Vous mariez des communes ? Là, aujourd'hui, c'est des milliards. Quand vous relisez l'œuvre de Jean-Louis Borloo sur la lame avec la superposition du millefeuille administratif, effectivement, il faut revoir la simplification décisionnelle, notamment sur les questions de logement et les questions de raménagement.
Karim Boimran, votre slogan, c'est « Parce que nous avons pris conscience de nos forces ». C'est qui, nous ?
Nous, c'est toutes les personnes qui ont dû travailler 3-4 fois plus pour arriver là où ils en sont. Ceux qui ont un lien sur 2-3 générations avec le peuple. Ceux qui subissent le mépris social. C'est l'entrepreneur qui, dès qu'il se lève, le petit empreneur qui, dès qu'il se lève, se dit « Comment je vais faire pour rentrer une commande, pour payer mes salaires ? » C'est le petit retraité qui a travaillé toute sa vie.
Certains disent qu'il y a une vision communautariste dans ce slogan.
Une vision communautariste ? Non. De quelle communauté on parle ? Parce que nous avons pris conscience de nos forces. Moi, j'ai qu'une communauté, c'est la communauté de l'idéal républicain. Justement, moi, je me bats tous les jours pour que, quelle que soit son origine sociale, quelle que soit son orientation sexuelle, quelle que soit sa couleur de peau, quel que soit le nombre d'années passées en France, ils puissent bénéficier d'une meilleure protection, d'une meilleure sécurité, d'un logement de qualité. On peut dire ça quand on est français ? Avec un principe de... On a la chance d'avoir un État protecteur. Il faut pouvoir le financer.
C'est l'économie qui doit financer notre État protecteur, et pas l'inverse. Karim Bouinouane, vous êtes...
Donc, un réalisme économique également, budgétaire. Vous êtes musulman, et vous ne vous en cachez pas. Ma question est sans doute un peu tabou. Mais est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui, en France, les Français sont prêts à élire un président musulman, un président juif, Raphaël Glucksmann, un président homosexuel, Gabriel Attal, voire même une femme ? Est-ce qu'il y a encore des barrières comme ça dans notre pays, aujourd'hui ?
Deux points là-dessus. Le sujet, je pense qu'il n'est pas ethnique, il n'est pas religieux, il n'est pas au travers de notre orientation sexuelle. Je pense que le problème, il est plutôt social. Moi, quand j'ai déclaré ma candidature à M. Soto, les premières critiques que j'ai essuyées, en plus des soutiens qui étaient très forts, notamment des maires, c'était surtout par rapport à mes origines sociales, en tant que fils d'ouvrier. Le fait que je sois musulman, le fait que je sois noir, homme de couleur, comme dirait le député Récoqueret, parce que c'est comme ça qu'il définit les noirs. Homme de couleur, un propos digne du code noir, donc des bons propos colonialistes.
Donc, le sujet, pour moi, il est surtout social. Et quand je vois des personnes qui sont issues du milieu populaire, que ce soit rural ou ouvrier sur une ou deux générations, c'est eux qui subissent, nous subissons surtout ce mépris. Donc, on montre que, oui, nous sommes majoritaires. Nous sommes majoritaires parce qu'il faut qu'il y ait une reproduction des élites, il faut qu'il y ait une élite populaire, et elle est majoritaire. Le problème, c'est que ceux qui dirigent le pays se ressemblent trop aujourd'hui ? Il y a beaucoup d'entre-soi, il y a beaucoup de mépris, ce qui fait qu'il y a beaucoup de décisions hors sol. On parle beaucoup de ce qu'on ne connaît pas.
Lorsqu'on parle de déni climatique, on est bien souvent peu en responsabilité. Et surtout, il y a aussi un déni démographique parce qu'on a un pays qui vieillit de plus en plus. Et si on veut assurer un État protecteur, il faut être en capacité de prendre les bonnes décisions sur les 3 000 milliards de dettes que nous avons. 3 400, ça va sans doute saluer. Pour 2 000 de prélèvements par rapport aux déficits sociaux, par rapport aux socios, aux déficits sociaux.
Merci, merci, Karim Boimran. Merci à vous, M. Soto. Vous savez que sur le chemin de l'Elysée, il y a un obstacle à franchir pour tous les candidats. C'est Philippe Cavrivière.