Où en est la loi de refondation de Mayotte ? - Béatrice Bellay
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Mayotte et française, les Maoréis et les Maoraises ont choisi la France mais ce mariage choisi est une trahison. C'est un goût amer que nous habitants des pays des océans connaissons déjà. Je rentre d'une mission d'information parlementaire de la délégation aux outresem là-bas comme chez moi en Martinique, ils ont le sentiment que la République les regarde de loin de haut comme si l'égalité républicaine s'arrêtait au rivage de leur île.
À Mayotte, plus de 350000 habitants sont recensés alors que tout le monde sait qu'il y en a bien davantage. Et ce faisant, les modalités d'accès à l'eau, aux soins, à l'école, au logement, aux services publics demeurent profondément difficiles et leur organisation sous-dimensionnée. Ainsi, il n'y a pas d'eau robinet.
Les coupures se font 2 jours deux fois par semaine. Mais l'État tolère qu'une bouteille d'eau de 33 cl soit vendue 80 centimes et n'en fournit pas à ses concitoyennes et concitoyens. Les inégalités y atteignent un niveau que vous n'accepteriez nulle part ailleurs sur les territoires national continentales.
À cette crise sociale s'ajoute une crise sécuritaire majeure. Les habitants vivent sous la menace quotidienne des violences, des cambriolages, des bandes organisées. Les élus locaux alertent sans relâche sur une situation devenue insoutenable.
Et comment parler de sécurité sans évoquer ? Oui, la question migratoire, ne nous cachons pas. Mayot supporte seule une pression migratoire exceptionnelle qui résulte aussi de l'incapacité de l'État à construire une réponse durable et humaine dans son environnement régional.
Cette situation nourrit les tensions, fragise la cohésion sociale et alimente les discours de rejet. Dans le même temps, le gouvernement a décidé de maintenir les visas territorialisées délivré notamment en ressortissant de la République démocratique du Congo alors même que ce pays est confronté à une résurgence grave d'Ébola. Cette décision soulève une interrogation quant à la cohérence de votre politique sanitaire, migratoire et humanitaire dans l'océan Indien.
Mépris. Alors le drame du après le drame du cycle Shido, après les promesses de reconstruction, après l'annonce d'une grande loi de refondation, je vous le demande, où sont les moyens nouveaux ? Quel calendrier précis ?
Quelle mesure concrètes comptez-vous engager pour garantir enfin la madame la députée ?
Béatrice Bellay