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interviewFrance Inter — L'invité de 6h20· 10 décembre 2014 5 min

Yannick Jadot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Votre invité ce matin, Éric Delvaux, est en ligne et en direct de Lima au Pérou. C'est le député européen écologiste Yannick Jadot qui participe à la conférence de l'ONU sur le climat à Lima.

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Yannick Jadot

Oui, 195 pays réunis depuis le 1er décembre, ça dure jusqu'à demain et peut-être même plus. Il s'agit de jeter les bases d'un accord international qui pourrait être signé exactement dans un an à Paris, puisque la capitale française accueillera la grande conférence internationale sur le climat. Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Et merci de veiller aussi tard, car il est minuit 20, je crois, au Pérou. Plusieurs points, donc. Plusieurs points, d'abord, il s'agit de trouver 10 milliards pour le fonds vert. C'est de l'argent qui servira aux pays sinistrés du réchauffement climatique. 10 milliards pour les pays qui doivent faire face à la montée des eaux.

Est-ce que ce premier point a été résolu à Lima ?

0:51
Présentateur

Il a été résolu dans un premier temps, puisque ce qui avait été décidé en 2009, 2009, à Copenhague, vous vous souvenez un peu de l'échec de cette conférence, c'était que les pays qui ont le plus de moyens, qui ont la plus grande responsabilité historique dans le dérèglement climatique, contribuent à aider ceux qui sont les premières victimes, les pays les plus pauvres et qui ont le moins de moyens. Et l'idée, c'était d'aller jusqu'à 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. Là, on est à 10 milliards, donc on est assez loin du résultat.

Et c'est un sujet extrêmement important, parce que vous savez, ça fait tellement d'années que les pays du Nord promettent aux pays du Sud qu'il y a un niveau de défiance très fort entre les pays du Nord et les pays du Sud. Il va donc falloir que les pays du Nord fassent mieux dans les années qui viennent, parce que sinon, on aura, disons, un retrait des pays du Sud de ces négociations climatiques en disant pourquoi nous, on ferait des efforts alors qu'on est si peu responsables du dérèglement climatique et que les pays du Nord, d'une certaine façon, nous aident si peu à nous adapter. On voit la catastrophe aux Philippines ou à changer de modèle économique pour éviter d'émettre trop de CO2.

2:04
Yannick Jadot

Ça veut dire qu'à Lima, les pays ne se sont pas mis d'accord sur les responsabilités historiques dans le réchauffement climatique ?

2:12
Présentateur

Si, il y a un constat de principe qui est que les pays du Nord sont globalement responsables de 80% des gaz à effet de serre qui ont déjà été émis. On est à un degré de réchauffement climatique. On voit déjà les dégâts, que ce soit, je l'ai dit, aux Philippines ou même plus récemment dans le sud de la France. On sait que les pays du Sud devront agir, mais comme ils sont des pays plus pauvres, ils ont moins à agir. La question qui se pose, c'est comment on gère des pays comme la Chine, comme le Brésil, qui sont des pays aujourd'hui qui ne sont pas des pays totalement développés, mais qui incontestablement commencent à émettre beaucoup de gaz à effet de serre.

Donc, il faut trouver ce statut un peu intermédiaire entre pays riches et pays pauvres. Mais il faut que des pays comme la Chine s'engagent beaucoup plus aujourd'hui à réduire leurs émissions.

3:09
Yannick Jadot

Les Etats-Unis et la Chine, d'ailleurs, ont conclu un accord historique pour réduire entre 26 et 28% le niveau de leurs émissions d'ici 2025, par rapport à 2005. Est-ce que c'est du bluff de la part de Washington et Pékin ou est-ce qu'il faut prendre cette promesse au sérieux ?

3:25
Présentateur

Il faut prendre cette promesse au sérieux. Le problème, c'est qu'on sait, c'est les scientifiques qui le répètent en permanence, il ne faut pas aller au-delà de 2 degrés de réchauffement climatique, sinon ce sera une catastrophe. Les experts sont plus pessimistes que les 2 degrés. Les experts sont plus pessimistes, le problème, c'est que les engagements américains, les engagements chinois et les engagements européens, par exemple, ne permettent pas aujourd'hui d'être sous 2 degrés de réchauffement.

On est effectivement, comme vous le dites plus tôt, sur 4 degrés, ce qui est, encore une fois, on n'arrive même pas à savoir à quel point nos modes de vie vont être transformés, tous nos littéraux vont être modifiés, l'agriculture va complètement changer. Y compris en Europe, et je ne parle pas des pays les plus fragiles d'Afrique ou d'ailleurs.

Et donc, l'un des enjeux de cette conférence à l'IMA, c'est aussi que, dans la perspective de Paris, justement, l'année prochaine, l'ensemble des pays annoncent des objectifs en matière de lutte contre le dérèglement climatique, mais surtout que ces objectifs soient quantifiables, qu'ils soient contrôlables, parce que sinon, on est, comme vous le dites, on est dans le bluff, on est dans les grands discours, et on sait à quel point, généralement, sur l'environnement, on a des grands discours, mais peu d'actions. Il va falloir mettre beaucoup de sérieux, beaucoup de crédibilité, sinon, malheureusement, Paris risque potentiellement d'être un échec.

4:53
Yannick Jadot

Merci Yannick Jadot, et on écoutera les propos de Ségolène Royal, la ministre de l'Écologie, qui arrive à l'IMA pour participer à ce sommet. Merci Yannick Jadot, en direct, donc, de l'IMA, au Pérou, pour cette conférence de l'ONU sur le climat. Il est minuit 25 au Pérou, 6h25 à Paris.