Marine Le Pen en cassation : Jean-Philippe Tanguy réagit
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On n'a pas écourté la visite à cause de la gauche...
Il y avait un verre à la mairie de La Flèche. - P.Cohen: Les journalistes sur place ont vu que le déplacement sur le marché a été écourté.
M.Le Pen a dit que ça n'a pas été écourté? - J.-P.Tanguy: Non.
Les journalistes étaient au courant qu'il y avait un pot, puisqu'ils étaient devant les grilles de la mairie. - A.-E.Lemoine: La Cour de cassation a indiqué qu'elle pourrait se prononcer au plus tard début avril 2027.
C'est trop tard ou trop tôt? - J.-P.Tanguy: C'est la procédure judiciaire.
Les magistrats font ce qu'ils veulent. Ils sont libres. J'ai croisé monsieur Attal dans une chaîne du service public qui parlait de "guérilla judiciaire".
Si utiliser la Cour de cassation pour un justiciable, c'est faire une guérilla, c'est un problème. - P.Cohen: C'est plutôt le fait que d'autres porte-paroles et avocats de M.Le Pen, ici même, disaient qu'il fallait que la Cour de cassation ralentissent le rythme qu'elle avait prévu pour rendre sa décision. - J.-P.Tanguy: En quoi c'est une guérilla? - P.Cohen: C'est une manière de faire pression sur les juges et l'institution judiciaire, en particulier sur des magistrats de la Cour de cassation. - J.-P.Tanguy: Heureusement pour vous et pour nous tous que vous n'avez pas fait la guérilla.
Si c'est ça, la guérilla... - A.-E.Lemoine: On peut discuter des termes... - J.-P.Tanguy: La guérilla, c'est ce qu'a fait monsieur Trump au Capitole en ne soutenant pas une élection, en laissant faire des gens violents.
Il y a eu des morts. Dire que c'est trumpien d'utiliser la Cour de cassation...
Je vois pas le rapport. Il faut que tout le monde accepte M.Le Pen...
C'était pas le plan de certains opposants qui ont l'air très désolés. Hier, à l'Assemblée nationale, j'ai vu un certain nombre de députés insoumis, et favorables à monsieur Attal, pleurnicher sur le fait qu'ils étaient déçus que M.Le Pen soit candidate.
Ca me renforce dans ma conviction. - P.Cohen: Hier soir, quand G.Bouleau demande à M.Le Pen ce qu'elle fera si la Cour de cassation valide l'arrêt de la cour d'appel et si elle fera campagne sous bracelet électronique, et qu'elle répond "les Français seront juges", c'est une façon de dire que les Français et la souveraineté populaire est plus forte que l'institution judiciaire. - A.-E.Lemoine: Les Français sont de meilleurs juges que les juges? - P.Cohen: N.Farage a utilisé la même expression pour justifier sa candidature alors qu'il est cerné par un scandale financier en Angleterre.
Il démissionne du Parlement britannique et provoque une élection anticipée. "Les électeurs sont juges." - J.-P.Tanguy: Quel est le problème? - P.Cohen: Ils seront pas juges à la place des juges... - J.-P.Tanguy: Etre juge ne veut pas dire... - A.-E.Lemoine: Ce n'est pas à eux de décider si M.Le Pen est coupable ou non.
Vous dites que les mots ont une importance. - J.-P.Tanguy: Les Français seront juges par leur vote pour savoir si M.Le Pen peut être présidente de la République ou pas.
Elle n'a pas dit que les Français remplaceront les juges. On cherche une mauvaise querelle. M.Le Pen, si elle a envie de dire quelque chose, elle le dit.
Si elle avait envie de dire que les Français savent mieux que les juges, elle l'aurait dit. - P.Cohen: On se souvient de ce qu'elle a dit après le jugement en première instance, lors d'un rassemblement, et où l'institution judiciaire a été plus que vivement critiquée et vilipendée. - J.-P.Tanguy: Si M.Le Pen a voulu dire ce que vous pensez qu'elle a voulu dire, elle l'aurait dit.
Ce n'est pas ce que vous pensez qu'elle pense. - P.Cohen: Elle n'a pas changé de point de vue?
Elle pense toujours qu'il y a un système qui veut l'abattre et l'empêcher de se présenter? - J.-P.Tanguy: Ca ne s'est pas passé de la même façon.
C'est pas le même jugement. Ca lui a rendu son éligibilité. - P.Cohen: Il n'y a pas de système contre le RN? - J.-P.Tanguy: Il en avait un avant, mais il n'y en a plus. - A.-E.Lemoine: M.Le Pen pourrait faire campagne sous bracelet électronique? - J.-P.Tanguy: Si la procédure suit ce chemin, peut-être. - P.Cohen: Des documents montrent que ce n'est pas que des énergumènes de La Flèche...
Ce ne sont pas seulement des énergumènes qui protestent contre la candidature de M.Le Pen et qui pensent qu'elle n'est pas légitime à se présenter devant les électeurs. - G.Attal: On a une responsable politique condamnée 2 fois pour détournement de fonds publics qui engage une forme de guérilla judiciaire et juridique pour se présenter, qui prend en otage toute la campagne présidentielle. - M.Bompard: Elle avait indiqué qu'elle ne miserait pas sur la cassation.
Ca en dit long sur le fait qu'il ne faut pas croire ce que dit M.Le Pen. Elle dit des choses et fait l'inverse. - J.-F.Copé: En 10 minutes à la télé hier, M.Le Pen, très lourdement condamnée, est allée s'asseoir et s'essuyer les pieds sur 40 ans de leçons de morale qu'elle a donné à absolument tout le monde sur le fait que la classe politique était malhonnête et qu'elle incarnerait les mains propres et la tête haute. - P.Cohen: Il n'y a pas une contradiction, pour reprendre ce que dit J.-F.Copé? - J.-P.Tanguy: Non, puisque M.Le Pen s'estime innocente des faits qui lui sont reprochés.
Par ailleurs, il n'y a aucun enrichissement personnel. C'était la critique essentielle, voire exclusive de la campagne du RN. - P.Cohen: Donc il n'y a pas de contradiction? - J.-P.Tanguy: Non.
On va parler des contradictions de monsieur Copé, si on ne veut pas passer une émission trop longue. C'est quelqu'un qui a truqué le vote pour sa propre élection, détruisant son propre parti. - A.-E.Lemoine: Sur franceinfo, voilà comment votre collègue S.Chenu résumait la campagne présidentielle. - S.Chenu: Aujourd'hui, M.Le Pen, comme dans "Le Comte de Monte-Cristo"...
La voilà devant les Français. - A.-E.Lemoine: Vous feriez la même comparaison d'Edmond Dantès? - J.-P.Tanguy: Oui, sauf qu'elle n'est pas vengeresse. - P.Cohen: Pardon, mais Edmond Dantès n'est mû que par la vengeance. - J.-P.Tanguy: On parle d'un film populaire auprès des Français et des Françaises.
On cherche un prêt bancaire pour financer notre campagne. On parle beaucoup de l'Etat de droit, mais personne ne parle du fait que le principal parti d'opposition n'a pas accès au lobby bancaire. - A.-E.Lemoine: Si M.Le Pen voulait se venger, c'est contre ceux qui pensaient que J.Bardella était un meilleur candidat... - J.-P.Tanguy: Ces gens étaient anonymes. - A.-E.Lemoine: J.Bardella, tout le monde a remarqué qu'il était en retrait et plus fermé qu'habituellement.
Dans quel état d'esprit est-il? - J.-P.Tanguy: Comme l'a dit S.Chenu, J.Bardella a conscience de son rôle.
Son rôle est d'être Premier ministre d'une France ruinée, en grande difficulté sur l'éducation, la santé et les services publics. Il a une forme de gravité. Pour avoir fait campagne auprès de M.Le Pen à de nombreuses reprises, quand vous aidez la candidate, vous avez pas la même attitude que quand vous êtes vous-même le candidat. - A.-E.Lemoine: On passe d'un potentiel présidentiable à un Premier ministrable du jour au lendemain. - J.-P.Tanguy: Samedi, ils étaient ensemble à Liévin pour une fête populaire à côté de la circonscription de M.Le Pen.
A ce moment-là, M.Le Pen était moins favorite pour être notre candidate que J.Bardella.
C'est un moment où elle se préparait à lui céder la place. On a la force de ce binôme solide. Il n'y a pas beaucoup de familles politiques qui auraient affronté cette longue année de péripéties judiciaires en étant aussi soudées.
Les autres n'ont pas les difficultés qu'on a eues, et soit ils n'ont pas de candidat, soit ils en ont plusieurs qui ne s'aiment pas entre eux et passent leur pré-campagne à s'affronter plutôt que de se rassembler et faire des propositions. Nous, on est non seulement prêts, mais prêts à proposer des éléments et des solutions aux Français. - P.Lescure: Vous êtes prêts avec déjà une affiche et ce slogan: "Pour la France, la renaissance." L'emploi du mot "renaissance", ça a pas fait tiquer G.Attal? - J.-P.Tanguy: Lui-même avait oublié que c'était le nom de son parti.
Ca n'a pas prospéré. La Renaissance, comme la France, appartiennent à l'histoire de notre civilisation. On décide de s'en saisir, parce que c'est un message d'espoir.
Même si le Moyen Age a été souvent caricaturé, c'était une période de lumière après des temps obscurs, un réveil des sciences, du savoir, de la volonté de découvrir, de l'ambition humaine, de l'humanité, une certaine vision des femmes...
Je suis très fier de cette campagne. Je la trouve belle. Elle donne de l'espoir et de l'envie.
M.Le Pen est très belle et ça fait plaisir de la voir heureuse. Je pense à elle.
C'était pas facile. - P.Cohen: L'affiche a été dévoilée en fin d'après-midi hier.
Celle du plan B était prête, avec Bardella? - J.-P.Tanguy: Bien sûr.
Il y avait...
Je dis pas "plan B". C'était pas un plan B, et c'est pas une critique, c'est qu'on l'envisageait pas comme ça. Comme l'a dit M.Le Pen, si elle tombait, quelqu'un était prêt à monter au front à sa place.
Oui, c'était prêt. Quand vous avez... - A.-E.Lemoine: Qu'allez-vous faire de ces affiches?
Elles deviennent collector? - P.Cohen: Elles n'ont pas été imprimées? - J.-P.Tanguy: Non, parce qu'on avait une capacité d'impression dans la soirée.
Quand on est le principal parti d'opposition, c'est normal d'être prêt. Si on n'avait pas été prêts, ça n'aurait pas été responsable par rapport aux Françaises et aux Français qui nous font confiance. Je suis fier d'appartenir à une famille capable d'avoir ces 2 candidats qui pouvaient être candidats à la présidentielle et qui se présentent aujourd'hui aux Français en bonne intelligence et en bonne entente, avec amitié.
Quand on regarde les autres partis, c'est un sentiment qui n'est pas partagé. - A.-E.Lemoine: Restez avec nous.
C'est la chronique d'A.Lambret. - A.Lambret: Aujourd'hui, la gauche dénonce un permis de tuer.
De quoi parle-t-on? Une loi adoptée hier à l'Assemblée nationale avec les voix du RN, de LR et des macronistes. Cette loi prévoit que lorsqu'ils font usage de leur arme, policiers et gendarmes sont présumés avoir agi légalement dans certains cas, par exemple si leur vie ou celle d'autrui est menacée, dans certaines hypothèses de délit de fuite ou de périple meurtrier.
Un texte adopté à l'Assemblée, dans une ambiance extrêmement tendue. - M.Bompard: La France deviendrait un pays où la mort par tir policier ne donnerait lieu à aucune enquête automatique. - L.Nunez: La présomption de légitime défense peut être levée à tout moment.
Ca n'engage à aucune responsabilité pénale. - A.Lambret: C'est justement ce qui inquiète les opposants au texte, au-delà du fait que cette idée est une vieille rengaine d'extrême droite.
Elle figurait dans le programme de J.-M.Le Pen en 2007.
Ce qui trouble, c'est l'inversion de la charge de la preuve qui figure dans cette loi. - Ce sera aux victimes, parfois la famille des victimes, quand ils ne seront plus en état d'expliquer ce qui s'est passé, d'apporter la charge de la preuve que les policiers n'étaient pas en état de légitime défense. Ce sera très compliqué, puisqu'ils n'ont pas les moyens nécessaires, pas les éléments matériels que le parquet récolte, la vidéosurveillance... - A.Lambret: Cette mesure est réclamée depuis longtemps par les syndicats de policiers qui expliquent que les forces de l'ordre ont besoin de ne pas être automatiquement suspectées quand elles utilisent l'arme. - Ce texte permet de ne plus considérer comme un suspect le policier qui fait un usage régulier, par rapport aux textes, de son arme.
C'est pas un permis de tuer. Une enquête est toujours en cours. L'agent devra respecter les 5 cas d'usage des armes. - A.Lambret: Les syndicats de police saluent une avancée.
Mais ce texte suscite une réelle émotion. Un homme dont le fils avait été tué par tir policier a lancé une pétition contre cette loi. Plus de 400 000 signatures ont été recueillies.
J.-P.Tanguy, votre parti a soutenu ce texte.
Ne redoutez-vous pas que cela risque d'augmenter les bavures? - J.-P.Tanguy: Non.
Je suis fier de cette loi qui provient du programme de M.Le Pen. C'est un texte que nous avons inspiré et soutenu.
Le gouvernement a préféré défendre son texte. Ce qui compte, c'est que les policiers disposent de cette légitimité de défense. - A.Lambret: Vous voulez aller plus loin? - J.-P.Tanguy: Non.
C'est un texte équilibré. On verra comment il atterrit définitivement. Au contraire, beaucoup de policiers sont tombés.
Beaucoup de familles pleurent des policiers qui ont pas pu se défendre parce que la doctrine les empêchait de se défendre alors qu'ils sont formés.
Marine Le Pen