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interviewPublic Sénat· 13 juin 2024 3 min

Front populaire : « Quand l’extrême droite est à 40 %, il faut un électrochoc dans le pays »

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Yannick Jadot

– Je l'espère, je l'espère, on est en négociation, ça avance bien, on est quand même dans une situation politique totalement inédite, dans toutes les démocraties, quand vous créez une coalition, vous mettez des semaines à négocier, et c'est normal, puisqu'il s'agit de l'avenir du pays, c'est ce qui se passe chez tous nos voisins, et là en quelques jours, il faut trouver un accord, un accord programmatique, on met l'accent sur notre volonté absolue d'apporter des réponses aux Françaises et aux Français dans leurs difficultés, comme dans leurs aspirations, vous savez, moi je dis souvent, on disqualifie trop le Rassemblement national, non pas parce qu'il ne mérite pas d'être disqualifié, mais passant beaucoup de temps à les disqualifier, on ne passe pas du temps à nous requalifier vis-à-vis des Françaises et des Françaises, c'est-à-dire au fond, on comprend pourquoi il ne faut pas voter pour le Rassemblement national, je veux dire l'aberration économique, l'aberration sociale, le racisme, le rejet de l'autre, la haine de soi, mais on voit en réalité, si on veut gagner cette élection, il faut que nous arrivions à convaincre les Françaises et les Français, pas sur le rejet du RN, mais sur la volonté de porter avec nous un bon projet.

1:22
Présentateur

Pour la rentrée, pour le pouvoir d'achat, pour la transition écologique. Est-ce qu'il ne vous a pas rendu service le Président d'une certaine manière, en vous obligeant à vous accorder entre des forces de gauche qui étaient si antagonistes il y a encore quelques jours à peine, et là vous forcez à vous accorder en quelques jours seulement ?

1:40
Yannick Jadot

Le 7 juillet le dira. Ce qui est certain, c'est que notre pays va mal. Ce qui est certain, c'est que quand l'extrême droite est à 40%, qu'elle n'a jamais été aussi proche du pouvoir, il faut un électrochoc dans le pays. Moi, j'ai fortement critiqué la décision du Président de la République, que j'ai trouvée totalement immature et funeste. C'est-à-dire que... La dissolution. La dissolution, bien sûr. Maintenant, nous allons déjouer ce pronostic, ce scénario funeste, en créant à la fois un projet qui, je le dis, répondra aux difficultés des Français et aux difficultés du pays dès les premiers jours. C'est ça. C'est ce sur quoi on travaille. Avec quelles mesures ? On va rentrer dans le détail.

Je ne vais pas vous le dire parce que l'accord n'est pas adopté. Ça veut dire qu'il y a des divergences sur le fond. Il y a des différences sur le fond. Vous savez, quand on a une coalition, c'est qu'on est différent. Ça va être le principe de la coalition. Si on était tous pareils, ça irait plus vite. Mais nous sommes différents. Et une coalition, c'est à chaque fois, au fond, laisser un peu chez soi une partie de son logiciel, de ses propositions, de ses convictions, de ses combats, pour trouver un média d'accord.

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