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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 19 janvier 2019 45 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Le rejet du projet d'accord sur le Brexit

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:17Invité politiqueChiffre
    « Cet accord a été rejeté, vous le savez, par la Chambre des communes, par un score sans appel : 432 voix pour le rejet, contre l'accord, et seulement 202 voix pour l'accord. »
  • 2:03Invité politiqueChiffre
    « En juin 2016, ont voté non à l'UE, ont voté en faveur du Brexit, il y a eu 52% des Britanniques qui ont voté (NDLR : pour). »
  • 2:47Invité politiqueFait
    « Le problème s'est noué avec le fait qu'au sein du Parti conservateur, il y avait une majorité de députés qui étaient contre le Brexit, qui étaient comme on dit des remainers. »
  • 5:33Invité politiqueFait
    « Elle s'est également aliéné une partie du UKIP, du parti de Nigel Farage, qui constamment a soupçonné Mme May, à tort ou à raison, de ne pas négocier suffisamment bien les intérêts britanniques. »
  • 6:13Invité politiqueFait
    « En réalité, cette affaire de Brexit a montré, a fait tomber le masque des européistes qui ont montré un visage haineux à l'encontre des Britanniques comme si c'était un scandale absolu que de vouloir sortir de ce paradis des peuples qu'est censée être à leurs yeux l'UE. »
  • 8:19Invité politiqueFait
    « Elle a proposé en définitive qu'il y ait une frontière entre la Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord. »
  • 9:03Invité politiqueFait
    « C'est en fait ça qui a mis le feu aux poudres. »
  • 10:20Invité politiqueFait
    « Le Brexit a été négocié du côté britannique par un gouvernement dont la Première ministre et les principaux ministres étaient à l'origine contre le Brexit, et du côté européen a été négocié par la Commission européenne, M. Michel Barnier et ses services, qui – eux – ne voulaient pas du Brexit. »
  • 11:39Invité politiqueFait
    « Mme Theresa May a dû affronter hier soir 16 janvier une motion de censure déposée par Jeremy Corbyn, qui est le patron des travaillistes. »
  • 13:03Invité politiqueFait
    « Le Royaume-Uni est un pays qui est une vieille démocratie. C'est un pays qui n'a pas l'habitude des référendums. »
  • 15:08Invité politiqueFait
    « Que devient le royal assent de la reine Elizabeth II ? Que deviennent aussi les élections européennes ? »
  • 22:37Invité politiqueChiffre
    « Aux dernières nouvelles, d'après le Financial Times, il y en avait peut-être 2 000. »
  • 25:52Invité politiqueChiffre
    « Le taux de chômage au Royaume-Uni est de 4%, alors qu'en France, le taux de chômage officiel, et seulement des chômeurs de catégorie A, est de l'ordre de 10%. »
  • 27:52Invité politiqueFait
    « S'il y a un Brexit sans accord de sortie, si les Britanniques disent : « Maintenant, au bout des 2 ans, on sort sans accord », qui nous dit que Londres va payer les 44 milliards d'euros ? »
  • 28:30Invité politiqueFait
    « Ceux qui vont payer, ce sont les pays qui sont piégés dans l'UE et qui doivent se substituer au Royaume-Uni. S'il manque 44 milliards d'euros de recettes, il va bien falloir répartir ces 44 milliards d'euros de recettes entre les 27 pays restants au prorata des recettes qu'ils versent déjà. »
  • 29:12Invité politiqueChiffre
    « 20% de 44 milliards d'euros, ça fait 8,8 milliards d'euros. »
  • 29:56Invité politiqueFait
    « M. Mélenchon a dit et redit et reredit qu'il n'y avait plus de plan B, que d'ailleurs le plan B n'avait jamais consisté dans la sortie de l'UE. »
  • 31:08Invité politiqueFait
    « M. Macron, tel un crooner des années 50 un peu ringard, va se répandre comme ça. »
  • 31:50Invité politiqueFait
    « M. Obama et toute l'oligarchie d'outre-Atlantique de l'époque avaient fait pression considérablement pour rejeter le Brexit. »
  • 33:58Invité politiqueFait
    « Nous, nous voudrions avoir des explications sur les ingérences qui ont eu lieu lors de l'élection présidentielle. »
  • 38:51Invité politiqueFait
    « Ce qu'il importe de voir, c'est sur le long terme. Si vous découvrez que vous avez une dent cariée avec une très grosse carie et que vous allez voir votre dentiste, si votre dentiste dit : « Écoutez, il n'y a pas d'autre solution que d'arracher la dent », vous avez deux solutions. »
  • 40:58Invité politiqueFait
    « Il faudra avoir un gouvernement uni constitué dans ce but, dans le but du Frexit, rassemblant tous les résistants, parce qu'on trouve des résistants à droite, à l'extrême-droite, au centre, à gauche et à l'extrême-gauche. »

Temps de parole

  • François Asselineau100 %

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0:08
François Asselineau

Eh bien bonjour à toutes et à tous. Nous sommes aujourd'hui le 17 janvier 2019. Je voudrais faire avec vous un petit point sur les événements qui se passent au Royaume-Uni avec bien entendu le rejet de l'accord sur le Brexit, accord qui avait été négocié par la Première ministre Mme Theresa May et la Commission européenne. Cet accord a été rejeté, vous le savez, par la Chambre des communes, par un score sans appel : 432 voix pour le rejet, contre l'accord, et seulement 202 voix pour l'accord. Derrière moi figure une photo de la séance qui s'est tenue à Westminster, qui est une grande séance, puisque comme vous le voyez, la salle était pleine. Ça n'est pas un hémicycle.

Je crois d'ailleurs que l'histoire veut qu'il y ait moins de sièges que de députés. Donc quand tous les députés arrivent, ou presque, eh bien il y a pléthore, et ils sont obligés de se serrer les uns contre les autres. Ce score de 432 contre et 202 pour semble être l'un des pires échecs qu'un gouvernement britannique ait essuyé depuis les années 1920, à en croire du moins les journaux. Alors moi, ce que je voudrais dire sur cette question, c'est plusieurs choses.

D'une part, faire le point sur la situation telle qu'elle est, comment on en est arrivés là, deuxièmement quelles sont les perspectives, et puis troisièmement, je voudrais faire quelques commentaires sur les réactions des uns et des autres qui ont eu lieu en France. Comment on en est arrivés là ? Ce qu'il faut savoir – je l'ai déjà dit et j'y reviens –, c'est que Mme Theresa May faisait partie du gouvernement de David Cameron du Parti conservateur. Mme Theresa May s'était déclarée contre le Brexit. Elle avait fait campagne… Pas beaucoup, mais elle avait fait campagne contre le Brexit.

Lorsque les Britanniques, en juin 2016, ont voté non à l'UE, ont voté en faveur du Brexit, il y a eu 52% des Britanniques qui ont voté (NDLR : pour). Ces 52% de Britanniques venaient pour une partie de la droite britannique : une partie des électeurs conservateurs mais également des électeurs du parti de Nigel Farage, du UKIP, et puis pour une partie venaient des électeurs travaillistes. On estime que 21% venaient des électeurs travaillistes, donc de la gauche. Le problème qui s'est donc posé au vu du référendum, c'est que David Cameron, selon la tradition britannique, a dû présenter sa démission.

Mais au Royaume-Uni, le parti qui gouverne est celui qui dispose du plus grand nombre de députés. Donc David Cameron a démissionné, puisque son référendum avait échoué, mais le Parti conservateur n'avait pas de raison de perdre le pouvoir, puisqu'il était toujours celui qui avait le plus de députés. Le problème s'est noué avec le fait qu'au sein du Parti conservateur, il y avait une majorité de députés qui étaient contre le Brexit, qui étaient comme on dit des remainers. La succession de David Cameron a été ouverte.

Certains pensaient que ce serait Boris Johnson, par exemple, qui deviendrait le Premier ministre, puisque Boris Johnson était la principale figure conservatrice à avoir appelé à voter pour le Brexit. Mais c'était sans compter le fait qu'il était minoritaire dans son propre parti. Et donc le Premier ministre au Royaume-Uni est nécessairement le chef du parti ayant le plus de députés.

Et donc comme une majorité de députés était anti-Brexit, lorsque David Cameron est parti, ils ont élu comme nouveau chef et donc comme nouveau Premier ministre Mme Theresa May, qui était anti-Brexit, et qui avait l'avantage de ne pas avoir été trop mêlée quand même à la campagne, et qui a promis de ménager la chèvre et le chou, et donc de conduire le Brexit en sauvegardant un petit peu les intérêts des uns et des autres. Tout le problème est donc venu de là. C'est que le Brexit a été négocié côté britannique par quelqu'un qui, à l'origine, n'en voulait pas.

Normalement, il aurait fallu avoir un gouvernement nouveau qui aurait représenté l'ensemble des électeurs qui avaient voté pour le Brexit. Il aurait donc fallu un gouvernement d'union nationale avec des membres du parti UKIP, avec des membres du Parti conservateur ayant appelé à voter pour le Brexit, avec des membres du Labour, du Parti travailliste ayant appelé à voter pour le Brexit. Ainsi, on aurait eu un gouvernement uni constitué dans l'objectif du Brexit, uni sur cet objectif, avec tous les ministres d'accord. Et le Premier ministre eût été choisi parmi eux et aurait conduit les négociations sans faire preuve de la moindre faiblesse vis-à-vis de Bruxelles.

Ça n'est pas ce qui a été choisi. Selon la tradition britannique, c'est donc le chef du Parti conservateur qui a mené les négociations. Ça veut dire que d'emblée, elle s'est aliéné l'ensemble des travaillistes, y compris ceux qui avaient appelé à voter pour le Brexit. Elle s'est également aliéné une partie du UKIP, du parti de Nigel Farage, qui constamment a soupçonné Mme May, à tort ou à raison, de ne pas négocier suffisamment bien les intérêts britanniques. Il faut ajouter à ça que du côté de la Commission européenne, les européistes sont très inquiets par cette affaire de Brexit. Ils ont dit et redit… Et beaucoup de commentateurs l'ont dit avec eux.

Je pense notamment à l'inénarrable Jean Quatremer, qui a dit qu'il allait falloir en faire baver, faire payer tout ce qu'on pouvait, faire payer aux Britanniques qui voulaient (NDLR : sortir de l'UE). En réalité, cette affaire de Brexit a montré, a fait tomber le masque des européistes qui ont montré un visage haineux à l'encontre des Britanniques comme si c'était un scandale absolu que de vouloir sortir de ce paradis des peuples qu'est censée être à leurs yeux l'UE. Du coup, la Commission européenne n'a pas cherché à trouver une solution convenable. Elle a cherché à mettre de l'huile sur le feu. Et l'un des éléments essentiels dans ce dispositif a été l'affaire de l'Irlande du Nord.

Comme vous le savez sans doute, l'île de l'Irlande est divisée en deux parties de superficie inégale. La plus grosse partie, c'est la République d'Irlande, qui est indépendante depuis 1911, et qui est un pays catholique. La partie tout à fait du nord-est, qu'on appelle l'Ulster, beaucoup plus petite, est restée rattachée au Royaume-Uni et est majoritairement protestante. Tout au long des années 60, 70, il y a eu une espèce de guerre civile entre les deux parties de l'Irlande. Et ceci avait abouti finalement aux accords de Belfast qui avaient mis un terme à la guerre entre les deux parties de l'Irlande.

Et un des éléments importants du processus de paix, c'était qu'il n'y aurait plus de frontière physique entre les deux Irlandes. L'affaire de cette suppression des frontières était rendue facile parce que le Royaume-Uni et l'Irlande faisaient partie de l'UE justement. Mais à partir du moment où le Royaume-Uni sort de l'UE, tandis que la République d'Irlande y reste, se pose le problème de savoir si l'on recrée une frontière au risque donc de revenir donc sur les accords de Belfast et au risque de relancer un conflit entre l'Irlande du Nord et l'Irlande du Sud. Mais si l'on ne fait pas de frontière entre l'Irlande du Nord et l'Irlande du Sud, que fait-on ?

C'est tout le problème sur lequel la Commission européenne, vicieusement, a jeté de l'huile sur le feu. Elle a proposé en définitive qu'il y ait une frontière entre la Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord. Sauf que Mme Theresa May, depuis les dernières élections générales, a besoin d'un petit parti unioniste qui s'appelle le DUP pour avoir la majorité. Or, ce parti nord-irlandais unioniste refusait bec et ongles qu'il y ait la moindre frontière entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni.

À ce moment-là, la Commission européenne a donc proposé que le Royaume-Uni reste avec l'Irlande du Nord dans une libre circulation avec l'Irlande, ce qui revenait en définitive à faire que le Royaume-Uni restait dans le marché commun commercial sans pouvoir participer aux prises de décision. C'est en fait ça qui a mis le feu aux poudres. Remarquez tout de suite que cette question ne se poserait pas si la France décidait de sortir de l'UE, puisque nous, nous n'avons pas une Irlande du Nord qui… On n'a pas la même situation géopolitique et géographique.

Alors les partisans de l'accord de Mme Theresa May faisaient valoir que le Royaume-Uni allait sortir quand même de l'UE, que les lois britanniques, donc, deviendraient de nouveau les lois prédominantes, que la Grande-Bretagne ne serait pas soumise sauf sur les questions commerciales à la Cour de justice de l'UE, que le Royaume-Uni retrouverait sa totale liberté de manœuvre en matière de traités internationaux ou en matière de négociations finalement dans tous les domaines sauf les questions commerciales.

Mais pour les partisans du Brexit, ils considéraient que c'était en fait un Brexit en trompe-l'œil, que le Royaume-Uni allait rester sans qu'il y ait de date prévisible sous la sujétion de l'UE pour les questions commerciales. Et c'était inacceptable, puisque c'était contre ça justement que les Britanniques avaient voté. On résume donc la situation. Le Brexit a été négocié du côté britannique par un gouvernement dont la Première ministre et les principaux ministres étaient à l'origine contre le Brexit, et du côté européen a été négocié par la Commission européenne, M. Michel Barnier et ses services, qui – eux – ne voulaient pas du Brexit.

C'était évidemment la pire solution que l'on puisse trouver pour parvenir à une situation confortable. Et Mme Theresa May ayant mécontenté à la fois tous ceux qui voulaient rester dans l'UE, bien entendu, ayant mécontenté les partisans du Brexit du côté du Labour, du côté des travaillistes, ayant mécontenté les partisans du Brexit du côté de UKIP et les partisans du Brexit du côté des conservateurs, elle s'est retrouvée dans la situation que je décrivais au début : 202 députés simplement ont soutenu son accord, 432 ont voté contre. Qu'est-ce qui va se passer maintenant ? Maintenant, – vous lisez comme moi les journaux – nul ne sait très bien ce qui va se passer.

Mme Theresa May va probablement essayer de trouver encore un accord. Mais il est très peu probable que la Commission européenne change substantiellement l'offre qu'elle avait faite. Il est très peu probable également que les députés qui ont voté contre se satisfassent d'une toute petite modification. Mme Theresa May a dû affronter hier soir 16 janvier une motion de censure déposée par Jeremy Corbyn, qui est le patron des travaillistes. Et cette motion de censure a été rejetée. Donc Mme Theresa May a été confortée dans sa position.

Dans toute cette situation, finalement, il apparaît que assez probablement – assez probablement –, dans la mesure où tout a été fait pour que le Royaume-Uni sorte de l'UE le 29 mars prochain, il est assez probable qu'on s'oriente vers une sortie sans accord. Je rappelle qu'il y a quand même des décisions qui ont été prises. La loi sur la sortie de l'UE a été promulguée en juin de l'année dernière par Sa Majesté Elizabeth II, qui a donné son royal assent, c'est-à-dire sa promulgation. Ça vaut au Royaume-Uni toutes les publications au Journal officiel de la République française. Ça veut dire que le souverain a mis toute sa majesté sacrée dans la balance.

Désormais, la loi a été approuvée par le souverain. Au Royaume-Uni, on ne plaisante pas avec ça. Ceux qui disent « On va refaire un référendum » oublient simplement que le Royaume-Uni est un pays qui est une vieille démocratie. C'est un pays qui n'a pas l'habitude des référendums. Ils font très très peu de référendums au Royaume-Uni. Je ne sais pas, je me trompe peut-être, mais je crois que le dernier référendum avait été justement celui qui avait été fait pour entrer dans le marché commun en 1972. Vous savez que le Royaume-Uni avait ratifié le traité de Maastricht sans que le Premier ministre de l'époque, d'ailleurs, M.

John Major, qui maintenant file des jours heureux en Californie au fonds Carlyle, eh bien sans que John Major ne soumette ça au référendum. Et vous savez qu'il n'y a pas eu de référendum non plus sur la constitution européenne, puisque les Français et les Néerlandais ont fait capoter le projet. Donc je crois que ça doit être le deuxième référendum peut-être depuis la Seconde Guerre mondiale qui a lieu au Royaume-Uni. C'est dire que c'est une procédure tout à fait inhabituelle au Royaume-Uni, que les Britanniques, dans leur écrasante majorité, désapprouveraient d'avoir (NDLR : un deuxième référendum).

D'ailleurs, Mme Theresa May a toujours dit qu'il n'en était pas question, même si les forces euro-atlantistes, agitées notamment par la City londonienne, essayent de revenir sur le vote des Britanniques. Et Mme May a très sagement dit que s'il y avait un deuxième référendum, ça reviendrait à considérer que le premier était nul et non avenu, ce qui au Royaume-Uni, à la différence de ce qui s'est passé en Irlande, en Norvège, au Danemark et en France... Lorsque la parole a été donnée par le peuple, on ne revient pas dessus. Donc sauf surprise tout à fait extraordinaire, il n'y aura pas de nouveau référendum.

Dans ces conditions, il est assez probable en effet qu'il va y avoir une sortie sans accord, parce que l'idée de reporter la sortie poserait d'autres problèmes. Que devient le royal assent de la reine Elizabeth II ? Que deviennent aussi les élections européennes ? Je rappelle que les élections européennes... Le nombre de députés a été modifié. Par exemple, en France, on est passés de 74 à 79 députés européens pour les prochaines élections, puisqu'on a tenu compte du fait que le Royaume-Uni ne serait plus dans l'UE, donc n'aurait plus de députés. Si d'un seul coup le Royaume-Uni reste encore quelques mois, qu'est-ce que l'on fait ?

Modifier les traités, en l'espace de 2 mois, c'est absolument impossible, d'autant plus qu'il faut l'unanimité des États membres – vous le savez – pour modifier les traités. Le résultat de tout ça, c'est que assez probablement, il va donc y avoir une sortie de l'UE sans accord. Alors, est-ce que c'est grave, docteur ? Quand je lis la presse française, on a l'impression que c'est quelque chose d'absolument inimaginable, que ça va être un désastre sans équivalent. J'ai vu que le nouveau président du Medef en France a dit que c'était une situation catastrophique qui risquait de se produire.

J'ai vu que l'inénarrable Macron a roulé des mécaniques en disant : « Vous vous rendez compte, ce qui va se passer ? Les compagnies aériennes vont plus pouvoir poser leurs avions. (NDLR : 70% de la nourriture des supermarchés britanniques) vient du continent. Qu'est-ce qu'ils vont faire ? »), etc. Je voudrais dire à ceux qui croient ces balivernes que ce sont des balivernes. Le jour où le Royaume-Uni va sortir, pourquoi voulez-vous donc que Air France, la Lufthansa, Alitalia, Iberia, toutes les compagnies de pays d'Europe ou les compagnies internationales, d'un seul coup, n'aillent plus se poser au Royaume-Uni ?

D'ailleurs, les compagnies japonaises, américaines, canadiennes, brésiliennes vont continuer à se poser au Royaume-Uni, parce qu'elles ne sont pas concernées par la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Donc ça voudrait dire, à en croire M. Macron, que le risque serait que les compagnies aériennes des pays d'Europe, à la différence des compagnies aériennes de tous les autres pays qui continueraient à se poser à Londres, d'un seul coup, n'iraient pas se poser. Mais pourquoi donc ? Le fait que le Royaume-Uni sorte de l'UE ne vient pas modifier si peu que ce soit les licences aériennes qui ont été données, les plans de vol qui ont été déposés, les billets qui ont été achetés et vendus.

Pareil d'ailleurs pour les compagnies britanniques. Donc tout simplement, ce sont des peurs irrationnelles. C'est pareil, d'ailleurs, pour les marchandises qui vont être vendues au Royaume-Uni. Pourquoi voulez-vous que les producteurs de viande, de céréales, d'alcool, de parfum, de produits cosmétiques, de produits pour manger, des produits bruns, des produits blancs qui vivent dans le reste du monde et en Europe en particulier... Pourquoi d'un seul coup ils arrêteraient de servir leurs clients ? Ça n'a pas de sens. Ce qui peut se passer en effet, c'est que...

Ce qui se passera, d'ailleurs, c'est que l'UE rétablisse un tarif extérieur commun, qui d'ailleurs est très faible – en moyenne, il est de 3% –, ce qui fait que les marchandises britanniques arrivant en France par exemple acquitteraient en moyenne un droit de 3%. Quant aux Britanniques, eh bien ils achèteront leurs produits. Rien ne les force d'ailleurs à se précipiter à imposer des taxes. Sortir de l'UE, c'est permettre au gouvernement britannique de décider de modifier les règlements existants. Ça n'est pas rendre caducs toutes les lois et tous les règlements existants. C'est un principe d'ailleurs de droit international qu'on appelle la succession des États.

Lorsqu'il y a une révolution dans un État, tous les traités, toutes les lois internationales qui lient cet État au reste du monde restent valables tant que le pouvoir révolutionnaire par exemple n'a pas décidé de modifier un traité. Donc en réalité, les obstacles qui sont évoqués par les partisans de l'UE sont très exagérés, probablement. Je ne dis pas qu'il ne se passera rien. Je dis que très probablement, ces obstacles sont exagérés pour une raison simple. C'est que les Britanniques continueront à vouloir faire du commerce. Et les Français continueront à vouloir acheter du whisky écossais ou vouloir acheter du cake britannique ou vouloir acheter les produits britanniques.

Par exemple, beaucoup d'industries automobiles européennes ont des usines au Royaume-Uni. Elles voudront racheter des pièces détachées qu'elles fabriquent dans les usines. Donc les clients en Europe comme dans le reste du monde de produits britanniques voudront toujours les acheter. Et puis de la même façon, les Britanniques voudront toujours acheter du cognac français, du champagne – ils en sont des grands consommateurs –, des produits cosmétiques, etc., ou bien les machines-outils en Allemagne, etc. Et pourquoi voulez-vous que les producteurs français ou allemands refusent de le leur vendre ? Ils seront bien contents de le vendre.

Donc la difficulté qui sera posée sera un ajustement qui pourra prendre peut-être quelques jours. Peut-être même ça ira d'ailleurs très vite, parce que l'Angleterre est une île – ne l'oublions pas –. Et donc les procédures d'arrivée sont déjà prêtes. Il n'y a pas de transports de frontière terrestres. La seule frontière terrestre, si l'on peut dire, c'est par le tunnel sous la Manche. Et donc faut déjà montrer patte blanche, puisque le Royaume-Uni n'est pas dans l'espace Schengen. En d'autres termes, probablement, eh bien le Brexit sans accord va se passer finalement beaucoup mieux que ce que l'on anticipait. D'ailleurs, il y a une chose qui ne trompe pas.

Si vous allez regarder ce qui s'est passé sur le marché des changes, lorsque 432 députés ont voté en rejetant l'accord de Theresa May, la livre sterling a monté par rapport à l'euro. Ou l'euro a baissé par rapport à la livre sterling. Ça veut dire que les marchés financiers ont examiné les choses à la loupe et se sont rendu compte en définitive que les problèmes avaient été... Je dis pas qu'il n'y en aura sans doute pas. Il y en aura probablement. Mais ce sont pas des problèmes dirimants, comme on dit. C'est pas des problèmes énormes, contrairement aux histoires de loup-garou, aux histoires d'horreur que l'on nous raconte dans les grands médias euro-atlantistes.

La City londonienne, d'ailleurs, le sait très bien, puisque, j'ai déjà eu l'occasion de le rappeler : contrairement à toutes les prophéties de malheur qui avaient été faites, en réalité, très très très très peu de Britanniques ont quitté le Royaume-Uni pour venir trouver du travail en Europe. On avait estimé à plusieurs centaines de milliers le nombre d'emplois qui seraient délocalisés sur le continent. Aux dernières nouvelles, d'après le Financial Times, il y en avait peut-être 2 000. Et encore... Et au même moment, on a découvert que la baisse de la livre sterling avait rendu les investissements au Royaume-Uni beaucoup plus attractifs.

Et donc on a vu arriver des investissements nombreux, l'un des derniers en date étant d'ailleurs une nouvelle usine Boeing qui a préféré s'installer au Royaume-Uni plutôt que sur le continent. En définitive, lorsque le Royaume-Uni aura quitté l'UE, avec ou sans accord, le Brexit, le Royaume-Uni va se retrouver finalement dans une situation extrêmement banale. Il va se retrouver dans la même situation que (NDLR : 165) des 193 États membres des Nations unies : les (NDLR : 165) États qui ne sont pas membres de l'UE.

J'ajoute d'ailleurs que le monde n'est pas une jungle, qu'il y a une organisation qui s'appelle l'Organisation mondiale du commerce (OMC), et que cette OMC dont fait partie le Royaume-Uni en tant que tel, en tant qu'État, de même que la France fait partie de l'OMC, cette OMC, elle a des règles. Et l'OMC interdirait, à supposer même que les peuples, les gouvernements des pays d'Europe occidentale veuillent punir le Royaume-Uni, comme on l'entend souvent... Mais l'OMC l'interdirait purement et simplement. Et encore une fois, comme je vous l'ai dit, ni du côté britannique ni du côté des pays d'Europe ni du côté de l'ensemble des pays du reste du monde, personne n'y aura intérêt.

Alors je voudrais terminer mon propos avec plusieurs remarques. La première, c'est que ceux qui sont très embêtés par cette affaire, c'est finalement beaucoup moins le gouvernement britannique et les Britanniques que les européistes. Il suffit d'ailleurs de réfléchir de façon saine. Si les européistes pensaient que sortir de l'UE est une catastrophe, ils devraient se frotter les mains, ils devraient se dire : « Tant mieux ! Que les Britanniques s'en aillent ! Ils vont administrer la preuve à l'ensemble de la planète en général et à l'ensemble des peuples des pays membres de l'UE en particulier que sortir de l'UE est un désastre ».

Ils devraient donc avoir ce que l'on appelle en allemand Schadenfreude, une joie maligne. Ils devraient se réjouir malicieusement de voir les Britanniques sortir de l'UE en se disant : « On va voir ce que l'on va voir ». Seulement, voilà, en réalité, ils ont la peur inverse. En réalité, ils savent bien que le Royaume-Uni, depuis qu'il a décidé de sortir de l'UE par le référendum du Brexit en juin 2016... Ça fait quand même du temps. Ça fait quand même 2 ans et demi, maintenant. Depuis 2 ans et demi que le Royaume-Uni négocie sa sortie de l'UE, a-t-on vu un effondrement de l'économie britannique ? Pas du tout. Le taux de croissance, il est supérieur à celui de la France.

A-t-on vu une flambée du chômage ? Pas du tout. Le chômage est au plus bas depuis 1960. Le taux de chômage au Royaume-Uni est de 4%, alors qu'en France, le taux de chômage officiel, et seulement des chômeurs de catégorie A, est de l'ordre de 10%. Et si l'on ajoute en France tous les chômeurs masqués qui ont des petits boulots, qui sont dans des stages parking, qui ont été artificiellement sortis des statistiques du chômage, etc., les économistes estiment qu'on n'est pas loin de 17% à 18% de chômeurs en France. Que M. Macron se taise ! Qu'il ait la pudeur de ne pas en plus fanfaronner.

En réalité, la situation au Royaume-Uni s'est beaucoup améliorée depuis 2 ans et demi, notamment parce que la livre sterling s'est dépréciée de l'ordre de 10% par rapport au dollar et à l'euro – je l'ai dit tout à l'heure –, mais aussi parce que les Britanniques ont repris confiance dans leur propre pays. Ça a redonné une dynamique, un espoir nouveau dans la Grande-Bretagne et dans son avenir. Alors le non-dit également des européistes, et ce qui les rend terriblement inquiets, c'est non seulement que le Royaume-Uni se porte de mieux en mieux une fois qu'il sera sorti de l'UE, mais c'est très concrètement à très court terme des histoires d'argent.

Parce que la Commission européenne avait fini par imposer à Londres de verser 44 milliards d'euros pour sortir qui étaient en fait l'accumulation des engagements financiers pris par David Cameron dans le cadre de l'engagement budgétaire pluriannuel vis-à-vis de l'UE. Mais s'il y a un Brexit sans accord de sortie, si les Britanniques disent : « Maintenant, au bout des 2 ans, on sort sans accord », qui nous dit que Londres va payer les 44 milliards d'euros ? Ils peuvent très bien dire : « Puisqu'il n'y a pas d'accord, il n'y a pas d'accord. Donc vous ne respectez pas ce qu'on avait demandé, on ne respecte pas ce qu'on avait promis ».

Et il n'est donc pas exclu que l'UE constate un manque à gagner budgétaire – excusez du peu – de 44 milliards d'euros à court terme. Nous avons demandé par un communiqué de presse au gouvernement de nous expliquer ce qui se passerait dans ce cas-là, c'est-à-dire « Qui va payer ? ». Moi, j'ai la réponse. Ceux qui vont payer, ce sont les pays qui sont piégés dans l'UE et qui doivent se substituer au Royaume-Uni. S'il manque 44 milliards d'euros de recettes, il va bien falloir répartir ces 44 milliards d'euros de recettes entre les 27 pays restants au prorata des recettes qu'ils versent déjà.

Or, comme la France verse actuellement à peu près 17% des recettes et que le Royaume-Uni étant sorti, elle devrait prendre à sa charge à peu près 20%, 20% de 44 milliards d'euros, ça fait 8,8 milliards d'euros. Je rappelle par exemple que la suppression de l'ISF a dû coûter au budget de l'État à peu près 4 milliards d'euros. Voilà ce que ça veut dire. Donc ceux qui ont du souci à se faire, c'est beaucoup plus les pays qui restent. En conclusion, je voudrais revenir sur 2, 3 déclarations. D'abord la déclaration de M. Mélenchon. J'ai vu que M. Mélenchon a osé se féliciter du rejet de l'accord par le Parlement britannique, au motif que c'était un mauvais accord pour le Brexit.

Alors moi, j'avoue que je ne comprends plus rien, ou plus exactement que je comprends tout sur l'escroquerie politique et intellectuelle de M. Mélenchon. M. Mélenchon a dit et redit et reredit qu'il n'y avait plus de plan B, que d'ailleurs le plan B n'avait jamais consisté dans la sortie de l'UE. M. Mélenchon veut et dit qu'il faut rester dans l'UE. Il dit et il veut rester dans l'UE en proposant évidemment comme d'habitude le coup de violon : une nouvelle Europe à renégocier. De qui se moque-t-il ?

Mais au moins, s'il prend cette position, au moins qu'il ne fasse pas semblant vis-à-vis des Français d'approuver tous ceux qui ont rejeté l'accord de Mme Theresa May, parce que là, c'est vraiment se moquer du monde. Et puis il y a une deuxième déclaration sur laquelle je voudrais revenir. Ce sont les déclarations de M. Macron. M. Macron a osé dire devant des maires... Puisque M. Macron – vous l'avez compris – a lancé la campagne pour les européennes au profit de son parti En marche en mélangeant les genres, en confondant ça avec le fameux grand débat national qu'il prétend lancer. M. Macron, tel un crooner des années 50 un peu ringard, va se répandre comme ça.

Il a fait un one-man-show ridicule, d'ailleurs, d'un grotesque achevé devant des maires en Normandie. Et M. Macron a notamment dit au sujet de ce rejet de l'accord de Mme Theresa May que tout ceci était dû au fait que le référendum sur le (NDLR : Brexit) avait été manipulé par l'étranger. Je croyais savoir que M. Macron avait fait voter une loi qui punit les fake news en période électorale. Alors je sais qu'il est protégé par son immunité sur cette question. Mais c'est vraiment se moquer du monde. M.

Macron, quand vous dites que le référendum sur le Brexit a été manipulé de l'étranger, pouvez-vous nous rappeler quelles ont été les déclarations du président Obama, le président des États-Unis, qui s'est rendu au moins une fois, sinon à deux reprises au Royaume-Uni pendant que David Cameron était Premier ministre pour demander aux Britanniques de voter contre le Brexit ? Vous appelez ça comment, M. Macron ? Vous pensez que M. Obama est là... C'était mère Teresa qui était venue faire des actions de grâce ? M. Obama et toute l'oligarchie d'outre-Atlantique de l'époque avaient fait pression considérablement pour rejeter le Brexit. C'est vrai ou c'est pas vrai, M. Macron ?

Après ça, vous savez que Donald Trump – lui – a été plutôt en faveur du Brexit, Donald Trump qui de façon très ironique d'ailleurs a fait retirer il y a quelques jours à l'UE son statut d'État en termes protocolaires selon le protocole des États-Unis d'Amérique. Est-ce que c'est de cette ingérence-là que vous parlez ? Et vous, d'ailleurs, M. Macron, n'êtes-vous pas allé au Royaume-Uni aussi ? N'avez-vous pas dit aussi que vous espériez que les Britanniques voteraient contre le Brexit ? De quelle ingérence parlez-vous ? Probablement encore une fois cette vieille lune selon laquelle la Russie... À vos yeux, c'est toujours la Russie qui est responsable de tout.

Moi, je n'ai jamais beaucoup entendu les Russes se prononcer sur cette affaire de Brexit. En attendant, vous répandez – M. Macron – de façon constante des fake news qui sont particulièrement abjectes. Et puisque l'on en est à parler d'ingérences étrangères dans des élections, moi, j'aimerais surtout que vous expliquiez aux Français quels ont été vos financements pendant les élections présidentielles ? Qui a payé votre campagne présidentielle ? Qu'est-ce qui s'est passé lors de votre voyage à Las Vegas ? Comment se fait-il que selon la Commission nationale des comptes de campagne, il y ait 144 000 € dont on n'a toujours pas trouvé la trace dans le financement de En marche ?

Nous, nous voudrions avoir des explications sur les ingérences qui ont eu lieu lors de l'élection présidentielle. Mes chers compatriotes, il faut faire confiance au grand peuple britannique. Je rappelle que les Britanniques, depuis 1215, depuis plus de 800 ans, ont inventé toutes les grandes inventions politiques de l'Europe occidentale en matière de démocratie et de libertés publiques. En 1215, ils ont inventé la Magna Carta, la grande Charte des droits qui, pour la première fois, protégeait les seigneurs de l'arbitraire royal. Ça ne concernait pas – bien entendu – le peuple.

Mais en 1215, pour la première fois, un monarque voyait son pouvoir limité par une charte écrite au profit des seigneurs de l'État qu'il dirigeait. Aux XVIe et XVIIe siècles, on a vu apparaître l'Habeas corpus. C'est-à-dire que les Britanniques ont inventé les libertés individuelles. Au Royaume-Uni, jusqu'au Premier ministre Anthony Blair, les Britanniques n'avaient pas besoin de papiers d'identité. Ils pouvaient se promener librement à travers le Royaume-Uni sans aucun papier d'identité. C'était le principe fondamental de la liberté publique.

Je rappelle qu'après l'épisode de la République de Cromwell, le Royaume-Uni a inventé le régime parlementaire : une monarchie qui règne mais qui ne gouverne pas, une monarchie comme on la connaît aujourd'hui où le roi ou la reine ont un pouvoir éminemment symbolique, mais où toutes les décisions politiques sont en fait prises par le Premier ministre et son gouvernement qui émanent des élections, et un gouvernement qui est responsable devant la chambre des députés qu'on appelle la Chambre des communes : le Parlement à Westminster, à côté de la Chambre des lords.

Je rappelle également que le Royaume-Uni a inventé les trade unions, c'est-à-dire les premiers syndicats pour permettre aux travailleurs de se protéger de l'arbitraire et de l'autoritarisme des grands patrons lors du développement du capitalisme qui a eu lieu au Royaume-Uni. Je rappelle qu'en 1940, le Royaume-Uni, entre la débâcle française de juin 1940 et l'opération Barbarossa de Hitler à l'été 1941, pendant plus d'un an, le Royaume-Uni a été le seul pays au monde – au monde ! – à continuer à être en guerre contre l'Allemagne hitlérienne.

Le Royaume-Uni, par l'intermédiaire de Winston Churchill, qui a permis à la France de donner refuge, accorder refuge à Charles de Gaulle pour maintenir une France libre qui ne serait pas assujettie à l'Allemagne hitlérienne. Compte tenu de toute cette histoire, qui pourrait nous faire croire que ce grand peuple britannique est devenu fou ? Il n'est pas devenu fou.

Il a compris avant les autres massivement, dans la profondeur de sa population, que la construction européenne est une dictature qui ne dit pas son nom, qui impose une volonté d'une oligarchie non élue, symbolisée par des commissaires européens qui ne sont pas élus, un mélange complet des pouvoirs, une structure fondamentalement dictatoriale d'ailleurs inventée par Walter Hallstein, le juriste d'Adolf Hitler, premier président ensuite de la Commission européenne.

Le Royaume-Uni a compris que la construction européenne et l'euro dans lequel il a sagement refusé d'entrer étaient en fait des institutions qui auraient pour effet de détruire tout simplement non seulement les libertés publiques, la démocratie, le niveau de vie, mais tout simplement aussi l'existence même du Royaume-Uni. C'est la raison pour laquelle avant tous les autres, montrant la voie aux autres, le Royaume-Uni a décidé d'en sortir. Face à un choix d'une aussi grande importance historique, bien entendu, les petits inconvénients qui pourraient résulter ici ou là d'un Brexit sans accord sont en fait des combats d'arrière-garde. Ce qu'il importe de voir, c'est sur le long terme.

Si vous découvrez que vous avez une dent cariée avec une très grosse carie et que vous allez voir votre dentiste, si votre dentiste dit : « Écoutez, il n'y a pas d'autre solution que d'arracher la dent », vous avez deux solutions. Vous avez la solution des faibles, des gens qui manquent de courage, des gens qui ne voient pas l'avenir, qui sont stupides, en définitive, qui disent : « Ah non, non, non, je ne veux pas me faire opérer ». Le résultat, c'est que la dent va devenir de plus en plus douloureuse, la carie va se développer. Et peut-être vous risquez un risque de septicémie et une opération en urgence.

La sagesse, c'est de se dire : « J'ai un petit mauvais moment à supporter qui va durer un quart d'heure. On va m'arracher la dent. Et je ne risquerai ensuite plus rien ». Eh bien voilà la situation telle qu'elle est. Le Royaume-Uni a décidé de retirer cette dent cariée qui était en train de provoquer une septicémie dans le corps britannique. Malheureusement, en France, nous conservons des molaires qui sont toutes cariées les unes après les autres. La France est en train d'être détruite : son niveau de vie, sa liberté, sa démocratie, son existence même.

On le voit, c'est en train d'exploser à la figure avec le mouvement des Gilets jaunes qui est loin d'être fini, mais qui au contraire est révélateur de la révolution qui arrive. Et nous avons face à ça un M. Macron qui ne comprend rien ou qui ne veut rien comprendre, et qui s'attache et qui ne veut pas lâcher la dent cariée. En conclusion de tout ceci, je rappellerai les enseignements que nous donne l'expérience britannique.

Ce que nous donne l'enseignement britannique, c'est que pour sortir de l'UE, pour mener le Frexit, il faudra avoir un gouvernement uni constitué dans ce but, dans le but du Frexit, rassemblant tous les résistants, parce qu'on trouve des résistants à droite, à l'extrême-droite, au centre, à gauche et à l'extrême-gauche, de la même façon qu'on trouve des collabos partout. Il faudra donc comme en 1943-1944 avec le Conseil national de la Résistance rassembler tous les résistants, qu'ils soient de droite, qu'ils soient du centre, qu'ils soient de gauche avec un programme extrêmement clair et que le nouveau gouvernement mettra en œuvre en ayant eu l'approbation du peuple français. Ne cherchez pas.

Vous l'avez trouvé. Vous le savez, en fait. Le seul parti politique d'importance qui peut porter cette politique, c'est l'UPR, parce que depuis bientôt 12 ans, l'UPR s'est constituée comme le Conseil national de la Résistance. L'UPR a vocation à être un mouvement provisoire, qui a vocation à rassembler des gens venant de tous les horizons : de droite, du centre, de gauche, d'extrême-droite et d'extrême-gauche.

Et nous avons à l'UPR des électeurs venus de toutes ces familles politiques qui ont décidé de mettre de côté ce qui les séparait pour se rassembler sur ce qui est la chose la plus importante : la liberté, la souveraineté nationale, la démocratie, le niveau de vie, l'existence même de la France. Laissez donc tomber tous ces partis politiques chèvre-chou qui proposent de rester dans l'UE et de modifier de l'intérieur. Vous savez que ça ne marche pas. Laissez donc tomber le FN qui veut rester dans l'UE et l'euro, qui l'a dit et redit. Laissez tomber DLF, qui promet lui aussi de modifier les traités européens et puis dont on ne sait pas s'il fait alliance ou pas alliance avec le FN.

Laissez tomber la FI qui veut rester elle aussi dans l'UE et tous ces partis qui sont là à cultiver le clivage droite-gauche qui actuellement n'a plus de sens, puisque nous avons perdu notre liberté d'action. Vous me permettrez de souligner que le grand mouvement de protestation des Gilets jaunes, qui est un mouvement fondamentalement soutenu par l'ensemble du peuple français. Au moins 70% des Français soutiennent ce mouvement. Des gilets jaunes, il y en a de droite, il y en a de gauche, il y en a du centre. Ce que veulent les gilets jaunes, c'est récupérer leur démocratie.

Plus les gilets jaunes étudient la situation, plus ils découvrent l'UPR et plus ils découvrent que c'est notre parti politique qui, depuis 12 ans, a la solution du problème, parce que seule l'UPR est capable de rassembler les Français au-dessus du clivage droite-gauche pour faire sortir la France de l'UE, de l'euro et de l'OTAN. Merci aux Britanniques de nous confirmer que notre mouvement est dans la justesse des analyses et des propositions depuis le début. Vive la République, vive la France et vive le Royaume-Uni libre, souverain, indépendant et ami de la France. Retrouvez nos analyses, nos propositions, adhérez ou faites un don sur « upr.fr ».

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