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InterviewRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 13 septembre 2022 14 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleSantéRetraites

Annie Genevard, présidente des Républicains

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:25OuverteRéponse directe

    N'êtes-vous pas allé un peu vite en enclenchant une procédure d'exclusion à son encontre ?

  • 2:53OuverteRéponse partielle

    Certains élus de son entourage demandent qu'il sorte de la vie politique. Est-ce qu'il faut qu'il en passe par là ?

  • 3:32OuverteRéponse directe

    Pourquoi avoir décidé de ne pas vous présenter à l'élection LR ?

  • 5:06OuverteRéponse directe

    Ces trois courants sont-ils révélateurs des divisions au sein de votre parti ?

  • 6:01OuverteÉludée

    Quel candidat vous semble le mieux armé pour porter le parti ?

  • 7:30OuverteRéponse directe

    Tout changer est-ce la bonne méthode pour passer à autre chose après la présidentielle ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:16Invité politiqueFait
    « La course est désormais lancée. Trois candidats sont en lice pour espérer devenir président des Républicains. »
  • 0:35Invité politiqueFait
    « L'élection du président du Parti Les Républicains aura lieu le 3 décembre. »
  • 1:04Invité politiqueFait
    « Vous avez lancé hier une procédure d'exclusion du parti à son encontre. »
  • 2:26PrésentateurFait
    « C'est la fédération qui demande l'exclusion. »
  • 3:46PrésentateurFait
    « J'ai fait ce choix parce que nous avons déjà beaucoup de candidats. »
  • 5:11PrésentateurFait
    « Non, je crois que c'est une erreur d'y voir des divisions, mais plutôt des sensibilités. »
  • 7:48PrésentateurFait
    « Si on s'obstinait à faire ce qu'on a fait dans le passé, ce serait courir le risque du même résultat. »
  • 10:04PrésentateurFait
    « La loi Cles-Leonetti n'est peut-être pas appliquée partout, n'est peut-être pas appropriée partout. »

Temps de parole

  • Présentateur71 %
  • Annie Genevard29 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. Le Grand Invité

0:16
Annie Genevard

La course est désormais lancée. Trois candidats sont en lice pour espérer devenir président des Républicains. Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat. Éric Ciotti, député des Alpes-Maritimes. Et Aurélien Pradier, député du Lot. Ils sont tous candidats et ils incarnent tous des lignes et des sensibilités différentes. L'élection du président du Parti Les Républicains aura lieu le 3 décembre. Le défi est de taille, il faut le dire, pour recréer l'unité au sein de ce parti après la défaite de Valérie Pécresse à l'élection présidentielle. Bonjour Annie Gennevard. Bonjour. Députée du Doubs et présidente du Parti Les Républicains. Merci d'avoir accepté notre invitation ce matin sur rcf.

On va donc parler de cette élection de la présidence du Parti Les Républicains. Mais d'abord, parler de Gaëlle Pedriot, le maire de Saint-Etienne. Vous avez lancé hier une procédure d'exclusion du parti à son encontre. Le maire de Saint-Etienne, Gaëlle Pedriot, on le rappelle, a été placé en garde à vue hier dans le cadre d'une information judiciaire qui concerne une affaire de chantage à la sextape envers son premier adjoint à Gilles Artig. Garde à vue qui a été levée hier dans la journée. Gaëlle Pedriot n'est pas mise en examen. N'êtes-vous pas allé un petit peu vite en enclenchant tout de suite une procédure d'exclusion à son encontre ?

1:32
Présentateur

Écoutez, nous n'avons pas vocation à nous substituer à la justice, néanmoins. Les enregistrements qui ont été produits par Mediapart montrent très clairement qu'à tout le moins, Gaëlle Pedriot était informée. Un de ses proches, très proches collaborateurs, était à la manœuvre dans cette sinistre histoire. Donc c'était suffisant pour que nous prenions radicalement nos distances avec lui. D'autant que lui-même était déjà, si j'ose dire, à moitié en dehors de la maison, puisqu'il avait été privé de ses fonctions de vice-président du parti par Christian Jacob. Et il n'était plus à jour de cotisation pour son mandat d'élu. Et puis notre mouvement a une procédure bien établie.

C'est la fédération qui demande l'exclusion. Donc formellement, c'est la fédération de la Loire, en la personne de son président, le député Jean-Pierre Tête, qui a demandé l'exclusion de Gaëlle Pedriot. Et j'ai donc, sur cette base, et sur la base des éléments révélés par Mediapart, eh bien, lancé la procédure d'expulsion à son nom. C'est mon compte.

2:53
Annie Genevard

Certains élus de son entourage, qui travaillent avec lui à la mairie de Saint-Etienne, demandent d'aller encore plus loin, demandent qu'il sorte de la vie politique, qu'il se retire de la vie politique. Est-ce qu'il faut qu'il en passe par là ? Vous le pensez également, Annie Gennevar ?

3:07
Présentateur

Je pense qu'il appartiendra aux habitants de Saint-Etienne et aux élus de Saint-Etienne d'en décider. Ce n'est pas à la présidente du parti que je suis qui doit contrevenir à la règle de la libre administration des collectivités locales. Soit la justice, évidemment, se prononce sur le sujet, soit c'est une décision qui appartient aux élus, à la population.

3:32
Annie Genevard

Annie Gennevar, vous êtes la présidente du parti Les Républicains. Pour quelques mois encore, l'élection d'un nouveau président se tiendra en décembre. Vous avez expliqué que vous ne vous présenterez pas. Pourquoi avoir fait ce choix ?

3:46
Présentateur

J'ai fait ce choix parce que nous avons déjà beaucoup de candidats. Il y en a six à ce jour, parmi eux, de solides candidatures. Et je craignais que ma candidature n'apporte toute la confusion. Je pense que les candidats qui sont en lice couvrent largement, je dirais, le profil qui conviendra à la tête du mouvement. Et j'ajoute que si je me présentais à la présidente, je devrais quitter la fonction de présidente par intérim, ce qui pose d'autres problèmes, parce qu'il faut bien gérer la maison. Et il faut bien gérer cette période délicate de l'élection interne. Donc, pour toutes ces raisons, j'ai décidé de ne pas me présenter.

4:42
Annie Genevard

Alors, je rappelle les trois candidats qui se sont déclarés. Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, qui représente une LAC conservatrice du parti. Éric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, qui, lui, est un peu plus rigoureux, plus dur sur l'aspect régalien. Et puis, plus récemment, Aurélien Pradié, député du Lot, qui s'est déclaré le plus récemment. Il est plus considéré comme un peu plus progressiste dans le parti. Ces trois courants, très différents, est-ce qu'ils sont révélateurs des divisions au sein de votre parti ?

5:11
Présentateur

Non, je crois que c'est une erreur d'y voir des divisions, mais plutôt des sensibilités, des priorités exprimées différemment que des différences de lignes. Vous ne trouverez pas de différence entre ces trois candidats. Par exemple, sur la question de l'autorité et de la sécurité, tous ont une vision gaulliste de la question, à savoir le respect de l'autorité de l'État, l'ordre public, l'unité de la nation. Enfin, tous ces sujets-là ne font pas débat entre nous. Alors, il peut y avoir des sensibilités différentes, des façons de les exprimer différentes, des priorités différentes, des personnalités différentes, à l'évidence.

Mais de là à en tirer la conclusion de combat de ligne, je pense que c'est une erreur.

6:01
Annie Genevard

En tout cas, est-ce que l'un des trois vous semble-t-il le mieux armé pour porter le parti ? On partira plutôt sur de l'expérience ou un peu plus de jeunesse ? Qu'est-ce qui vous semble important aujourd'hui à porter au niveau du parti, à la tête du parti ?

6:18
Présentateur

Alors, vous savez, dans la fonction que j'occupe, je me dois à une totale neutralité, parce que sinon je ne peux pas piloter le dispositif de l'élection interne. Donc, je ne peux pas répondre à votre question. J'ai bien sûr, en mon fort intérieur, une petite idée de qui je choisirais. Mais ce sont trois candidats de très bonne qualité et qui ont tous trois vocation à exercer des responsabilités au sein de mon moment, quoi qu'il arrive. Mais je me dois à une parfaite neutralité. J'ajoute que nous avons d'autres candidats. Donc, il y a également Serge Grouard, Sébastien Lail et M. Jameau. Et je crois une nouvelle personne qui s'est présentée également. Mais voilà.

Donc, là, ils sont candidats à la candidature. Il faudra examiner leur parrainage, puisque pour être candidat, il faut être parrainé. Et puis ensuite, la campagne pourra démarrer entre les candidats retenus.

7:30
Annie Genevard

Aurélien Pradié, qui s'est déclaré tout récemment, a lu une posture assez particulière. Il revendique de tout changer, d'incarner une rupture. Car, je cite ces mots, le parti est en danger de mort. Tout changer, est-ce la bonne méthode, selon vous, pour passer à autre chose après la présidentielle ?

7:48
Présentateur

Je crois que si on s'obstinait à faire ce qu'on a fait dans le passé, ce serait courir le risque du même résultat. Donc, il faut changer des choses. Il faut changer les manières de faire. Il faut changer les façons de parler au français. Il faut changer dans notre propre réflexion. Qu'est-ce qui est important ? Et puis, la vie politique, les politiques doivent sentir l'opinion publique, savoir ce qui préoccupe les Français, trouver les meilleures réponses aux difficultés qui sont les leurs, et puis surtout donner un espoir. Donc, oui, bien sûr, il faut changer des choses, parce que si nous ne changeions rien, nous pourrions encourir les mêmes conséquences.

Donc, je crois que tous les candidats ont envie de changer, ont envie de redonner du souffle à ce grand mouvement gaulliste qui a un avenir, ne serait-ce que parce que s'il n'y a pas d'alternative au macronisme, en dehors de l'ANUP et du Rassemblement national, eh bien, j'estime que la démocratie s'en trouverait singulièrement affaiblie et que les Français manqueraient de la complétude du choix démocratique. Donc, je pense qu'on a une mission, une responsabilité plus grande que jamais de réinstaller les Républicains dans le champ politique pleinement, à la juste place qui devrait être la sienne.

9:11
Annie Genevard

Annie Gennevard, le chef de l'État, Emmanuel Macron, a annoncé le lancement d'une convention citoyenne sur la fin de vie pour octobre, et dans le même temps, le Comité consultatif national d'éthique a entrouvert la voie à la possibilité d'une aide active à mourir qui serait strictement encadrée. Quelle est votre position au sein des Républicains ? Faut-il s'en tenir à la loi actuelle, la loi Cles-Leonetti, ou aller plus loin ?

9:33
Présentateur

Alors, écoutez, cette nouvelle vient d'arriver, donc nous n'avons pas eu l'occasion d'en débattre entre nous. Vous savez que les sujets sociétaux sont des sujets sur lesquels il n'y a pas de ligne ou partie, parce que ça interroge la conscience de chacun, et donc nous avons toujours pratiqué en la matière une liberté de vote, donc il n'y aura pas probablement une voie unique portée à droite sur ces sujets. Maintenant, si vous interrogez à titre personnel, je dirais deux choses. D'abord, la loi Cles-Leonetti n'est peut-être pas appliquée partout, n'est peut-être pas appropriée partout.

Je crois que nous manquons également de services de soins palliatifs qui expliquent que les familles peuvent se trouver parfois extrêmement démunies. Et puis, au-delà de tout ça, cette question de la fin de vie, l'autorisation de l'assistance à mourir, l'euthanasie, du suicide assisté, interroge évidemment des questions philosophiques très profondes. Autoriser à donner la mort n'est évidemment pas une étape, une décision comme une autre, et tout cela mérite qu'on s'interroge et qu'on prenne le temps de la discussion et du débat.

Alors, la Convention citoyenne, ce qui s'est passé sur le climat m'incite à regarder les choses avec un peu de circonspection parce qu'on ne peut pas dire que ça a été vraiment très concluant. De même, sur les précédents textes bioéthiques, les consultations qui ont pu être tenues dans le pays, par exemple sur la loi bioéthique, la dernière loi bioéthique, on ne peut pas dire que le gouvernement en est véritablement tenu compte. Donc, je suis assez méfiante à l'égard de cet affichage de consultation car dans le passé, j'ai vu à quel point, lorsqu'on voulait passer, on faisait fin de ce qui avait pu être dit dans le pays sur le sujet. Donc, le débat viendra au Parlement.

Le président de la République a ouvert la porte du référendum. Je ne sais pas s'il s'y risquera. Vous savez qu'un des référendums est toujours un exercice politique périlleux. Les enquêtes d'opinion montrent que les Français y seraient plutôt favorables, mais je pense qu'il faut vraiment prendre le temps de l'exploration éthique, morale, philosophique, religieuse, de la question sociale aussi, médicale, avant de se prononcer.

12:20
Annie Genevard

Donc, un peu de prudence à l'égard d'Emmanuel Macron sur ce sujet. Il y a d'autres sujets sur lesquels vous êtes un peu plus en phase, vraisemblablement avec l'exécutif, notamment la question de la réforme des retraites. Emmanuel Macron a annoncé vouloir avancer vite sur le sujet. Chez les Républicains, vous êtes favorable à l'allongement du départ à la retraite qui est proposé par Emmanuel Macron. Est-ce que vous abordez cette rentrée relativement en phase avec la majorité ?

12:48
Présentateur

D'abord, vous savez, entre les mots, entre le dire et le faire, il y a souvent eu un univers. Donc, moi, j'attends de voir le texte qui sera présenté au Parlement avant de vous répondre. Tant que nous n'aurons pas le texte sous les yeux, nous avons été échaudés pendant un quinquennat. La question de la réforme des retraites a été lancinante. On allait le faire. Le gouvernement, la majorité, allait le faire. Ça a été des discussions infinies, des consultations sans fin. Et puis, finalement, rien ne s'est fait. Vous restez donc dans ce cas par cas ? Attendons de voir le texte. Mais il est clair que le corps vient de produire son rapport sur le financement des retraites.

13:35
Annie Genevard

Vous avancerez encore au cas par cas, cette année, sur les textes ? Vous n'aurez pas de ligne hostile à la majorité, mais plutôt au cas par cas sur les textes, vous voterez en fonction de... Oui, bien sûr.

13:48
Présentateur

On n'a pas une position de principe d'hostilité à tous les textes. Ce serait trahir le mandat. Et les Français, nous serons là à la fois en exigeant, en regard exigeant, et puis en proposant aussi. Je pense que nous avons toujours fait preuve d'un sens de la responsabilité. Quand les textes vont dans l'intérêt des Français, nous les votons. Et puis, nous avons proposé beaucoup de choses aussi.

14:13
Annie Genevard

Merci beaucoup, Annie Gennevard, députée du Doubs et présidente des Républicains. Merci d'avoir accepté notre invitation ce matin sur RCF.

Annie Genevard, présidente des Républicains — Annie Genevard · Pourquijevote