Le Grand Jury de Manuel Bompard
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
On s'était promis quoi cet été ? Moins de travail. Et ? Moins de stress. Et ? Moins d'administratif. Alors pourquoi t'es sur ton ordinateur ? Parce que je m'inscris sur Collecto pour la facturation électronique. Ça prend combien de temps ? C'est fait. Inscrivez-vous à la Nuaire de l'État pour la facturation électronique en moins d'une minute avec Collecto. Centralisez devis, factures, paiements et trésorerie sur une plateforme connectée à votre expert comptable. Collecto, la seule promesse de l'été facile à tenir. Pour plus d'informations, rendez-vous sur collecto.fr.
Grand Jury, présenté par Olivier Bost. Bonjour à tous, bienvenue dans ce Grand Jury. Nous sommes en direct sur RTL et en direct sur Public Sénat. Bonjour Manuel Bompard. Bonjour. Vous êtes le coordinateur national de la France insoumise et député des Bouches du Rhône. Des écoles où les élèves suffoquent des logements qui approchent ou qui dépassent les 40 degrés. Une économie qui ralentit. La France souffre de la chaleur. Le voilà, le dérèglement climatique et ce n'est presque qu'un début. Alors comment faire ? Les technologies, la technologie, la climatisation par exemple, partout, est-ce la solution ? La justice en question et en accusation.
C'est demain que seront rendues les enquêtes sur la mort de Liana. Faute et négligence seront pointées. Êtes-vous d'accord avec des sanctions contre les magistrats et les enquêteurs ? Bienvenue dans ce Grand Jury. Manuel Bompard.
Merci à vous.
A mes côtés pour vous interroger, Stéphane Duguay de Public Sénat. Bonjour. Et Jim Jarassé du Figaro. Dans ce Grand Jury, Manuel Bompard. Nous aurons une séquence dédiée à 2027. Jean-Luc Mélenchon promet une nouvelle France. Nouveau sectarisme, nouvel antisémitisme, nouveau racialisme répond Bruno Retailleau. Et puis nous aurons aussi nos questions express.
Le Grand Jury, l'actualité de la semaine.
36 départements sont donc en alerte rouge. 45 départements en alerte orange. Du jamais vu pour un épisode de canicule. L'urgence, Manuel Bompard, c'est de s'adapter et d'apprendre à vivre avec ces épisodes de chaleur.
De toute façon, on n'aura pas le choix, évidemment, qu'on va avoir besoin de s'adapter et d'apprendre à vivre puisque dans la trajectoire de réchauffement climatique qui est la nôtre aujourd'hui, ces phénomènes climatiques extrêmes vont se multiplier, malheureusement. Et ce qui est un peu problématique quand même dans le débat public, c'est qu'on a l'impression qu'à chaque fois, rien n'a été fait pour anticiper, rien n'a été fait pour planifier, et qu'on se retrouve confrontés au pied du mur, à devoir prendre des solutions qui sont des solutions d'urgence, jusqu'à la prochaine canicule où on va à nouveau se poser les mêmes questions.
Pardonnez-moi, mais ça fait quand même depuis maintenant des années et des années que la force politique à laquelle j'appartiens, mais pas seulement, le mouvement écologiste de manière générale dit « Attention, il faut non seulement avoir des politiques de lutte contre le changement climatique, mais aussi des politiques d'adaptation au changement climatique, que ces politiques, elles ne sont pas là aujourd'hui, et qu'on se retrouve dans la situation dans laquelle on... »
Manuel Bonpart, les gouvernements successifs ont quand même fait des plans d'adaptation au changement climatique.
« Ah oui, on peut faire plein de plans, moi aussi, mais le problème c'est que si les plans... »
« Qu'est-ce que vous voulez faire autre chose que des plans ? »
« Je ne sais pas, je vais vous donner quelques exemples. On peut faire un plan. On peut dire qu'il faut faire en sorte de lutter contre les bouilloires thermiques, et donc d'organiser la rénovation thermique, énergétique de l'ensemble des logements. Mais quand dans le même temps, on supprime les financements à un dispositif qui s'appelle MaPrimeRénove, budget après budget, et donc qu'on rénove de moins en moins de logements par an, le plan il n'a servi à rien. On peut dire qu'il va falloir, comme l'avait dit le Président de la République, rénover l'ensemble de nos établissements scolaires.
Mais quand dans le même temps, vous divisez par quatre ce qu'on appelle le fonds vert, c'est-à-dire l'accompagnement financier aux collectivités locales pour pouvoir mettre en œuvre des politiques d'adaptation au changement climatique, votre plan il n'a servi à rien. Donc non seulement il faut des plans, mais en plus il faut une planification, et il faut des financements qui sont dédiés, alloués, stables, et qui ne sont pas rognés dès qu'on se retrouve confronté à des difficultés.
Manuel, je comprends que vous avez une série de mesures à proposer sur le sujet, et pourtant cette semaine, Jean-Luc Mélenchon a dit aux Français « Faites les Andalous, sortez plus tard, sous-entendu faites comme en Espagne, adaptez votre mode de vie ». Est-ce que ce n'est pas une façon de relativiser la crise climatique ?
Pas du tout, mais une politique d'adaptation au changement climatique, elle passe par un certain nombre de mesures politiques, elle passe par un certain nombre de rénovations, de bâtiments, de logements, elle passe aussi par certaines mesures technologiques, mais elle passe aussi par une forme d'adaptation de nos modes de vie, de nos modes de travail. Vous savez, on parle beaucoup dans le débat public de ce qui se passe à l'intérieur des logements, des bâtiments, et c'est évidemment légitime, c'est une question qui est une question importante. Mais on ne parle jamais de ce qui se passe à l'extérieur.
Si on veut avoir une réponse aux situations caniculaires, il faut aussi, par exemple, moduler le droit du travail pour être en capacité de faire face à ces phénomènes de caniculaires.
Il faut un congé climatique, comme le propose Marine Tondelier, par exemple.
Par exemple, nous on propose le fait que quand vous êtes contraint de garder vos enfants à la maison parce que l'école est fermée, que vous puissiez avoir un congé spécifique qui vous permet de faire face à cette situation parce que vous n'êtes pas responsable de cette situation, mais pas seulement.
Donc, il concernerait tout le monde ou uniquement les travailleurs qui sont exposés à des situations de chaleur ? Non, la proposition qui est la nôtre aujourd'hui,
peut-être que de ce point de vue-là, elle nous distingue peut-être de la proposition qui est faite par Marine Tondelier, c'est de faire en sorte que quand les établissements scolaires sont fermés, si vous avez vos enfants dans ces établissements scolaires, vous puissiez bénéficier d'un congé pour pouvoir les garder. Mais attendez, je parlais de l'extérieur, ce n'est pas seulement ça, c'est aussi les travailleurs et les travailleuses eux-mêmes qui sont confrontés à ces situations.
Aujourd'hui, le droit du travail est aujourd'hui adapté. Non, il ne l'est pas. L'employeur est responsable de la santé et de la sécurité de ses employés.
Oui, mais ça ne suffit pas. Il faut, par exemple, faire en sorte que quand on atteint des seuils de température donnés, par exemple, on réduise la durée du travail où on augmente les temps de pause. Il faut faire en sorte, par exemple, que dans chaque entreprise, vous ayez un endroit qui soit un endroit offré. Il faut faire en sorte, par exemple, qu'on puisse moduler les horaires de travail en fonction des températures. Il y a beaucoup de mesures. Nous, on a déposé un certain nombre de propositions de loi pour moduler, modifier les habitudes de travail.
Ce qui veut dire que l'économie, Manuel Bompard, va ralentir.
Oui, mais précisément, il faut essayer d'empêcher ça. Et donc, pour empêcher ça, il faut moduler les choses. Vous savez, on me dit souvent, quand je dis, il faut des investissements, il faut des modifications, ça va nous coûter cher. Alors ça, on est des spécialistes en France. C'est-à-dire qu'on dit toujours que ça va nous coûter cher de faire des investissements pour modifier des choses. Mais on ne dit jamais que la situation actuelle, elle va nous coûter cher. Est-ce que vous savez que les canicules, ça va nous coûter 200 milliards d'euros d'ici à 2030 ? Alors, il faut nous expliciter un peu votre chiffrage. Vous pourrez le vérifier.
Ce chiffrage, c'est un chiffrage qui a été fait par des experts qui réfléchissent sur l'intensification de ces phénomènes de canicules et l'impact que ça a sur l'économie. 200 milliards en France ? Oui, 200 milliards d'ici à 2030. Donc, dans 4 ans ? Oui, bien sûr. Dans 4 ans, 900 milliards. Ça serait bien, mais... C'est de combien ça coûte. Mais vous vous rendez compte de l'impact que ça a sur notre économie ? C'est de la perte de productivité ? C'est tout ça ? L'énergie consommée ? Mais, de facto, c'est des écoles qu'on ferme, c'est des bâtiments dans lesquels ça coûte extrêmement cher. Donc, il y a un coût énergétique qui a un coût énergétique immense.
On parle beaucoup de la climatisation. Tout ça, ça a un coût aussi sur les factures d'électricité. Donc, la question qui nous est posée, c'est est-ce que cette manne financière-là, on préfère la gaspiller parce qu'on ne fait rien et qu'on attend d'être confronté à ces situations ? Ou est-ce qu'on préfère investir pour préparer les modifications et les changements qui sont les changements nécessaires ?
Stéphane Ligueur. Justement, Manuel Bompard, une des solutions immédiates pour régler le problème maintenant, pour les gens qui ont chaud, c'est la climatisation. Est-ce que vous, vous êtes pour ou contre la climatisation ? Est-ce qu'il faut généraliser la climatisation ?
En fait, le débat, il ne peut pas être pour ou contre la climatisation. Moi, je ne suis évidemment pas opposé à l'idée qu'on installe de la climatisation, par exemple, dans tous les lieux dans lesquels des publics fragiles vont se retrouver. La question, c'est... Mais l'on parle chez les particuliers. Je vais vous donner des exemples. Dans les EHPAD, on cueille des endroits. Est-ce qu'on peut climatiser l'ensemble de l'EHPAD ? Je ne sais pas, parce que tout ça, c'est des... Mais chez les Français, d'une manière générale, est-ce que vous êtes pour l'équipement ? Mais je ne vais pas aller... Enfin, on a le droit d'acheter une climatisation aujourd'hui.
Mais faire croire que la réponse à la problématique des phénomènes climatiques extrêmes aujourd'hui, c'est d'installer partout, dans tous les lieux, dans tous les logements des climatiseurs, à mon avis, c'est se tromper. D'abord, parce que la faisabilité me paraît très compliquée. Et par ailleurs, là aussi, il y a quand même un travail scientifique qui a été fait sur ce sujet. La vérité, c'est que quand vous refroidissez quelque part, vous réchauffez ailleurs. Et donc, par exemple, généraliser l'installation de la climatisation partout, c'est produire des îlots de chaleur, c'est augmenter la température dans une ville.
Par ailleurs, on utilise des gaz quand même, frigorigènes, qui eux-mêmes ont un impact du point de vue du réchauffement climatique. Le risque, c'est quand même d'aggraver le problème auquel on prétend répondre. Donc, la solution, ce n'est pas ni pour, ni contre la climatisation. La solution, c'est d'abord d'essayer d'avoir des modalités de rénovation énergétique, des logements avec des matériaux intelligents, avec, par exemple, des volets, des stores, tout ce qu'on peut faire qui est passif, mais qui permet de faire en sorte qu'on soit moins confronté à ces températures extrêmes.
Et ensuite, pour les publics fragiles, les EHPAD, certains hôpitaux, les écoles, qu'on puisse là avoir des mesures de développement de climatisation. Ça, ça me paraît être une réponse intelligente. Mais la deuxième maladie française, c'est que dès qu'il se passe quelque chose, on veut répondre avec une mesure choc pour faire croire que ça va répondre et permettre d'apporter une réponse au problème. Je ne le crois absolument pas.
Stéphane Duguay. Hier, Jean-Luc Mélenchon a proposé une mesure, justement, remplacer les régions par ce qu'il appelle des éco-régions qui géraient l'eau, l'air, la qualité de l'air, la qualité de la terre, la biodiversité. Qu'est-ce que ça veut dire ?
D'abord, je vous remercie de poser une question sur ce sujet, parce qu'effectivement, c'était une des grandes propositions de Jean-Luc Mélenchon dans le meeting que nous avons tenu à Saint-Denis il y a 15 jours. Et peu de personnes l'avaient relevé pour l'instant. L'idée, c'est de mettre la question écologique au cœur de nos politiques publiques. C'est le principe, le concept de ce qu'on a appelé la planification écologique. C'est vrai sur faire face aux événements climatiques extrêmes, mais pas seulement. C'est aussi lutter contre le réchauffement climatique lui-même.
Et l'idée, c'est d'avoir des instruments de pilotage de cette planification écologique qui ne peuvent pas être qu'une planification étatique nationale. L'idée, c'est donc... Il y a toujours eu un débat sur à quoi servent les régions. Eh bien, l'idée, c'est de faire en sorte que les régions...
Les co-régions, ce n'est pas du marketing, là, pour le coup ? Il y a des régions, elles sont responsables d'un certain nombre de choses et elles peuvent être responsables...
C'est au contraire de valoriser et de considérer que les régions peuvent être l'instrument dans nos politiques publiques de pilotage de cette planification écologique. Et donc, de les découper de manière différente par rapport au découpage actuel. Et notamment, de réfléchir sur la question des bassins versants. Pourquoi ? Parce que c'est là que se pose une problématique et une problématique centrale. On n'en a pas parlé pour l'instant, alors qu'on a parlé de réchauffement climatique, de canicule, de sécheresse. C'est la question de la gestion de l'eau. Et évidemment, la question de la gestion de l'eau, c'est une question centrale.
Donc, par exemple, vous faites une seule région qui va de Paris à la Normandie. Vous êtes qui ne peut pas vous présenter. Non, parce que vous me parlez de...
De l'organiser sur la base des bassins versants. Après, les bassins versants, on peut les découper à différentes échelles. Ça veut dire revoir le découpage des régions. Oui, oui, ça veut dire revoir le découpage des régions pour essayer de faire en sorte que cette question-là, la question des conflits d'usage d'eau, et il faut comprendre pourquoi. Parce que sinon, on se retrouve dans des régions qui peuvent être y compris en compétition les unes par rapport aux autres dans la gestion de la ressource en eau. Donc, ça me paraît être une proposition qui est une proposition très novatrice.
Et je suis content qu'on puisse en débattre parce que je trouve que ça mériterait d'être dans le débat public. Qu'est-ce qu'on va faire demain pour mettre en œuvre cette planification écologique ? Et est-ce qu'on considère, oui ou non, que les régions sont l'instrument politique le plus adapté pour le faire ? Vous n'avez parlé tout à l'heure. Il faudra que les collectivités locales, les associations, évidemment, soient associées,
mais qui sont un instrument de pilotage. Vous avez parlé tout à l'heure du coup des canicules. Est-ce qu'aujourd'hui, il ne faut pas revoir les priorités ? C'est-à-dire, est-ce qu'il ne faut pas d'abord s'adapter au réchauffement climatique avant de lutter contre le réchauffement climatique ? Parce que c'est deux choses qui coûtent cher.
Non, pas du tout. Parce que si vous ne luttez pas contre le réchauffement climatique, au bout d'un moment, votre politique d'adaptation, elle va avoir des limites.
Oui, mais à court terme, dans les dix ans qui viennent, on a plus un problème de réchauffement qui vient immédiat.
C'est précisément si on a un problème aujourd'hui, c'est parce qu'on a utilisé votre raisonnement pendant des années et des années, en disant, ça va, on a le temps, on n'est pas confronté au problème. Maintenant, on est confronté au problème parce qu'on n'a pas anticipé. Donc, je propose qu'on évite de reproduire à nouveau les mêmes erreurs. Les mêmes erreurs, c'est-à-dire de dire, on va juste répondre contre les effets immédiats et on ne va pas préparer demain. Parce que quand vous serez à 4 ou 5 degrés à l'échelle mondiale de réchauffement climatique, vous allez voir que les phénomènes climatiques extrêmes, ça va être d'une autre ampleur.
Parce que, par exemple, vous parlez de climatisation. La climatisation, tous les gens vont vous dire 30, 40 degrés, ça marche encore. À 50 degrés, ça va commencer à poser des problèmes. Donc, évidemment qu'il faut faire les deux en même temps. Évidemment qu'il faut faire les deux en même temps. Faire que l'un, faire que l'adaptation, c'est vraiment avoir une vision à courte vue qui, à mon avis, est suicidaire.
La lutte contre le réchauffement climatique, elle passe aussi par une lutte contre le capitalisme. Jean-Luc Mélenchon avait dit en 2023, seule l'action révolutionnaire et subversive qui assure la rupture avec le capitalisme peut nous permettre de tirer l'humanité de l'impasse. Expliquez-nous ce raisonnement, le lien entre ces phénomènes.
C'est assez simple.
C'est assez simple.
Si vous faites primer comme seul le valeur, comme seul le boussole dans les politiques publiques, mais y compris dans le développement de l'économie, la rentabilité financière, sans à aucun moment prendre en compte la question des droits, des besoins sociaux et des besoins écologiques, si vous avez une vision d'un capitalisme débridé qui tourne absolument sur augmenter son taux de profit, son taux de rentabilité, eh bien oui, ça se fait au détriment de la prise en compte.
Il y a des entreprises qui sont éco-responsables. Je veux dire, qui ont intégré cette question ? Oui, il y en a peut-être qui l'ont intégré,
mais en l'occurrence, si vous n'y ajoutez pas une forme de contrainte, vous voyez bien que ça n'avancera pas. D'ailleurs, les principales avancées, à mon avis beaucoup trop minimes, dans la lutte contre le réchauffement climatique, elles se sont passées quand même par des dispositions contraignantes. D'ailleurs, regardez, on a fait un accord de Paris il y a maintenant plusieurs années où on s'est fixé des objectifs. Et une des difficultés auxquelles on est confrontés aujourd'hui, c'est que ces objectifs n'ont pas été contraignants.
Et comme ces objectifs n'ont pas été contraignants, on voit bien aujourd'hui que non seulement on ne les respecte pas, mais qu'ils sont insuffisants et que les politiques qu'on met en place aujourd'hui sont insuffisantes. Donc il faut de la contrainte. Et donc c'est la puissance publique, parce qu'elle est garante de l'intérêt général, qui doit dire à un moment, ce qui doit primer, ce n'est pas les objectifs de rentabilité, c'est l'intérêt général. Et l'intérêt général, il est social. Et l'intérêt général, il est écologique. Voilà la réflexion qui est la nôtre. Donc c'est le principe de la planification écologique.
On fixe par exemple des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. On le fait secteur par secteur. Évidemment, on les discute, on les concerte. Mais une fois qu'on les a décidés, on les respecte. Or aujourd'hui, on fait l'inverse. La France ne respecte pas ses objectifs, par exemple de développement des énergies renouvelables. La France, au rythme auquel elle baisse ses émissions de gaz à effet de serre aujourd'hui, elle n'est pas dans la trajectoire des accords de Paris qu'elle a signés. Donc il faut faire bien davantage. Et oui, de ce point de vue-là, le capitalisme est un obstacle.
Quand vous dites des contraintes, Manuel Bompard, pour qu'on comprenne bien concrètement, quel type de contrainte ? Des amendes, voire plus ? Ça dépend de quoi on parle.
Sur l'entreprise, par exemple ? Bien sûr qu'il faut parfois des réglementations financières, des objectifs qui doivent être tenus. Taxe carbone ? Le problème, il faut toujours être vigilant, parce que taxe carbone, ça peut vouloir dire beaucoup de choses, et leur contraire, parce que si à la fin, c'est faire porter le prix, le coût de la transition écologique sur des individus, des particuliers qui n'ont pas d'autres alternatives possibles, qui ne sont d'ailleurs pas ceux qui sont les principaux responsables de nos émissions de gaz à effet de serre. Or, la taxe carbone, elle peut vouloir dire beaucoup de choses.
En tout cas, quand elle s'applique sur des individus, sur des particuliers, j'y suis absolument hostile. Ça a été, y compris ce qu'on a vu avec des politiques comme le développement des zones à faible émission, où on dit, pour lutter contre les émissions dans une ville, en fait, c'est les individus, c'est les particuliers qui sont responsables de ça.
Or, vous savez très bien que vous avez des gens qui n'ont pas d'alternative aujourd'hui, parce qu'on a eu une politique d'aménagement du territoire qui s'est traduite par le fait que certains ont l'obligation de prendre leur véhicule individuel, par exemple, et donc leur demander à eux de faire les efforts financiers alors qu'ils ne sont pas responsables de ça me paraît particulièrement injuste. L'écologie, elle ne pourra être mise en œuvre dans nos politiques publiques que si elle est juste, que si elle est populaire, que si elle est sociale. Et donc, à l'inverse de ce qu'ont fait les gouvernements et la Commission européenne depuis des années et des années.
Est-ce que vous avez songé, est-ce que vous réfléchissez, Manuel Bompard, à annuler la fête de la musique avec la chaleur actuelle que vous avez prévue cet après-midi à Paris ?
Écoutez, nous, on s'inscrit dans le cadre des décisions qui sont des décisions du gouvernement et des collectivités locales. Aujourd'hui, la fête de la musique va avoir lieu ce soir. Nous, on s'inscrit dans ce cadre-là et on met en œuvre, et c'est légitime qu'on le fasse, en tant qu'organisateur de cet événement, un certain nombre de mesures, d'accès à des points d'eau, de distribution de bouteilles d'eau, de consignes. Vous attendez combien de personnes ? À la fête de la musique ce soir, je n'en sais rien du tout. C'est Place de la République qui a une grande place. C'est Place de la République, c'est ouverte à toutes et tous.
Vous n'avez pas de raison si vous voulez que nous, on annule un événement alors que la fête de la musique est maintenue. Si la fête de la musique était, pour des raisons de sécurité, suspendue, on la suspendrait évidemment, mais ce n'est pas le cas aujourd'hui.
C'est ouvert à toutes et tous, mais il y a quand même une forme de politisation de cet événement, en l'occurrence sur l'espace public, sur une des places les plus symboliques de la capitale. Est-ce que vous considérez que cette place, ce soir, vous appartient ? Non, mais elle n'appartient à personne.
Mais vous savez, le principe même de la fête de la musique depuis sa création, c'est de dire qu'il y a une soirée où il y a des milliers de concerts qui sont organisés dans nos villes. Tous les Français se retrouvent ensemble, que ce soit leurs opinions politiques. Absolument. C'est ça le concept. Absolument. Et puis parfois, vous, vous allez aimer un type de musique, donc vous allez écouter tel concert. Mais là, il y a des... Attendez, peut-être qu'il y a un concert qui va moins vous plaire, et donc vous allez en voir un autre. Bon, mais là, il y a des... Ça sera pareil pour les Français ce soir. Ceux qui ont envie de venir écouter notre concert à la place de la République.
Mais là, il y aura des... Évidemment, les bienvenus. Ceux qui ne le souhaitent pas, ils peuvent aller en voir un autre.
Manuel Bompard, il y aura des interventions entre les artistes. Donc c'est un meeting politique ce soir. Non, c'est un concert. Ce n'est pas une fête de la musique.
Il y aura sans doute des petites interventions, mais ça sera d'abord un concert. Mais c'est... Enfin, je veux dire, je ne sais pas, vous n'avez jamais assisté à un concert, parce que dans des concerts, vous savez, des fois, il y a des artistes... Non, mais entre deux chansons...
Oui, mais un parti politique... Un parti politique qui organise...
Oui, il choisit d'aller dans un événement privé. Mais non, mais c'est pareil. Mais attendez, sur un espace public, c'est extraordinaire. S'il y a des gens qui n'ont pas envie, et je comprends très bien, de vouloir participer à l'événement organisé par la France Assoumise, je leur dis, pas d'inquiétude, vous avez des milliers d'autres choix. Mais je trouve qu'il y a quand même une forme d'indignation à la géométrie variable, parce que, par exemple, quand Spotify, ce soir, privatise la place de la Bastille, je vois, bizarrement, je ne vous ai pas entendu dire... Un événement politique. Ah oui, c'est commercial. Oui, ça, ça vous va. Commercial, ok. Politique, non. Pas pour moi.
Voilà, excusez-moi. Voilà, après... Par exemple, il faut se détendre, en fait. C'est vieux comme la fête de la musique, il y a des événements qui sont organisés.
Prenons un exemple précis. Si, par exemple, l'extrême droite organisait un événement similaire, place du Trocadéro, vous diriez que c'est totalement normal ?
Ça dépend de ce qu'ils ont prévu d'y faire,
les propos qui sont venus. Avec des prises de parole et d'un spectacle musical. Oui. Vous diriez, aucun problème.
Sauf s'il y avait un risque qu'il y ait des propos, qu'ils soient des propos racistes, contraires à la loi, etc. Mais sinon, oui, je vois. D'ailleurs, ça se fait, en fait. Il y a des événements qui sont organisés, y compris à connotation politique, par des gens qui, par exemple, défendent des positions politiques avec lesquelles je suis très opposé. Peut-être que vous ne le savez pas, mais par exemple, ce soir, il y a un concert organisé pro-israélien. Je n'ai pas demandé son interdiction.
C'est déjà arrivé à la France insoumise de demander des interdictions de concert.
Ça dépend sur quoi, oui, mais ce n'est pas le sujet. En fait, le sujet, c'est de savoir s'il y a des propos qui sont contraires à la loi, à la dignité humaine, etc. En l'occurrence, dans le concert qu'on a prévu d'organiser, c'est une fête contre le racisme. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais si la séquence qu'on vient de vivre avait lieu dans un autre pays, en Europe, sans doute qu'on serait en train de dénoncer ce qui se passe dans cet autre pays. C'est-à-dire, interdire ou tenter d'interdire un concert antiraciste en plein air ouvert à tout le monde. Si, je ne sais pas, c'était en Italie, je pense que le gouvernement français aurait protesté contre ce pays.
Pour donner le contexte, il faut le rappeler quand même, c'est le préfet de Paris qui avait interdit votre fête de la musique avant que le tribunal administratif nous donne effectivement raison. Est-ce que vous accusez d'ailleurs au passage le préfet de police de faire de la politique ? Ah bah là, c'est évident.
Écoutez, vous pouvez lire l'arrêté, c'est absolument incroyable. Je ne sais pas si vous vous rendez compte. C'est-à-dire, le préfet voulait interdire ce concert en s'appuyant sur des propos, d'ailleurs, mensongers, qui auraient été tenus par des artistes qui n'étaient pas prévus au concert. C'est Kafka, vous vous rendez compte ? C'est comme si demain, j'annule, on vient protester contre une émission que vous organisez, en raison d'invités qui ne sont pas invités dans votre émission. Vous vous rendez compte de quoi on est en train de parler ? D'accord. Et donc ça, c'est les plus hautes autorités de l'État. Le préfet de police de Paris qui fait ça.
Et donc, évidemment que le tribunal lui a dit mais moi, je ne trouve pas que ça soit une bonne nouvelle que le préfet de police se sente autorisé aujourd'hui à s'attaquer aux libertés publiques
avec des arrêtés qui sont des arrêtés absolument ridicules. Vous redoutez que des meetings soient interdits pendant la campagne présidentielle ?
Vous pensez que le redoute... Moi, j'espère, et là, le tribunal administratif l'a démontré, qu'il y a encore aujourd'hui dans notre pays quand même des institutions qui empêchent les abus de pouvoir absolu et qui sont en capacité de dire « Arrêtez, vous allez trop loin ». Franchement, vous vous rendez compte quand même de ça ?
Des meetings dans des salles privées, entre guillemets, où tous vos rassemblants seront des rassemblants sur la voie publique ?
Mais on a toujours fait, vous savez, des événements dans des salles privées Ça fait partie de votre tradition. Des événements sur la place publique. Et donc, on a fait un meeting à Saint-Denis, j'en parlais tout à l'heure, il y a 15 jours, et 20 000 personnes, c'était sur une place publique, tout s'est très, très bien passé. Et l'espace public, il est politique. Enfin, qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Sur l'intérieur. Et heureusement. Et puis après, personne n'est obligé de venir. Donc, il faut... Et après, bien sûr qu'on aura aussi des meetings dans des salles privées, comme on a toujours fait.
Mais vous savez, je vais vous dire, parce que j'ai l'impression que tout le monde a oublié, l'année dernière, à la fête de la musique, on a organisé un concert. Canal Saint-Martin. Personne n'a rien dit. Ça s'est très, très bien passé. En l'occurrence, il n'y avait pas une interdiction qui était tombée dessus. Ah bah oui, bien sûr, c'est bien ce que je vous dis. Personne n'a rien dit. Pourquoi le gouvernement se réveille un an avant l'élection présidente ?
Alors, Jean-Luc Mélenchon, lui, a accusé précisément Ariel Veil, le maire de Paris-Centre, cette interdiction ?
En tout cas, c'est les premiers qui ont réagi sur ce sujet. Ça, c'est vrai. Tout se passait très, très bien. On avait des discussions depuis un mois avec la préfecture de police de Paris. À aucun moment, l'hypothèse d'une interdiction avait été avancée. Et une fois qu'on a annoncé la programmation musicale, lundi matin, vous avez le président du CRIF qui, on ne comprend pas trop pourquoi d'ailleurs, se met à... Enfin, si, on a compris, parce que le président du CRIF l'a dit publiquement, il s'est fixé comme objectif de rendre la France insoumise résiduelle. Je reprends ses termes et ses propos. Donc, il est dans une bataille politique contre la France insoumise.
Et puis après, vous avez le maire de Paris-Centre, maire du Parti socialiste, qui fait une interview dans un journal pour dire que cet événement ne devrait pas avoir lieu. Donc, excusez-nous de dire la réalité. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui ont décidé, pour une raison, à mon avis, de bataille politique, d'essayer d'empêcher ce concert. Pardonnez-nous de souligner qu'on a trouvé cette démarche absolument inacceptable et qu'on n'a pas compris pourquoi la préfecture de police, en quelque sorte, a donné suite à ses exigences d'interdiction.
Stéphane Duguay. Jonathan Arfil, lui, se défend d'avoir demandé l'interdiction de l'événement. Mais Jean-Luc Mélenchon...
Attendez, attendez, attendez. Je ne veux pas vous interrompre, mais il peut s'en défendre. Enfin, je veux dire, à un moment, il y a des faits. Il dit, je partage une réflexion sur les réseaux sociaux... Qui se termine par ce concert ne devrait pas avoir lieu. Vous l'interprétez comme vous voulez, mais il peut reculer après. Mais la vérité, c'est que c'est ce qu'il a fait et qu'il assume sa position politique.
Jean-Luc Mélenchon, en tout cas, a parlé du CRIF cette semaine. Il a dit, je cite, que c'est un machin d'extrême droite où tous les ans, les ministres défilent pour aller bouffer. Ils vont tous là-bas et ils sont aux ordres. C'était le moment politique du 18 juin. Ça veut dire quoi, aux ordres ?
Ça veut dire que, manifestement, vous avez... D'abord, je veux dire, parce que je vois bien, après, les interprétations qu'on essaye de donner à ces interventions, veut dire que le CRIF, aujourd'hui, c'est une institution politique qui défend des positions politiques. Et vous avez le droit de critiquer le CRIF. Et ça ne veut pas dire que vous vous en prenez, évidemment, aux Juifs de France. D'ailleurs, il y a des Juifs, sans doute, qui se reconnaissent dans les positions du CRIF et d'autres qui ne se reconnaissent pas dans les positions du CRIF. Et donc, le CRIF a engagé une bataille politique contre la France insoumise. Et donc, on y répond, politiquement. Voilà. Et donc, voir après M.
Harfi venir sur les plateaux de télévision, dire, en gros, parce que vous avez souligné que j'ai pris cette position, vous êtes antisémite, ça suffit. On a le droit de critiquer le CRIF sans être immédiatement confronté à des accusations d'antisémitisme. Moi, ma bataille contre les CRIF, c'est une bataille politique. Point. Rien d'autre. Et qu'est-ce que vous dites aux Juifs qui peuvent se sentir blessés par ces propos ? Je ne crois pas qu'il y ait des Juifs qui se sentent blessés par le fait qu'on mène une bataille politique contre le CRIF. Et pour le reste, je leur dis qu'évidemment, notre opposition, elle est politique et rien d'autre.
Et donc, ils n'ont pas de raison de se sentir blessés par ces propos.
Avec toujours le même principe, des réponses par oui ou par non, pour ou contre. Ça ne va pas être très compliqué, on va revenir sur la canicule à Narbonne et dans d'autres villes en France. Les municipalités prennent des arrêtés pour interdire de circuler torse nu ou en maillot de bain. Avec cette chaleur, vous êtes pour ou contre ces interdictions ?
Non, je trouve ça assez ridicule. Je préfère les communes insoumises qui rendent les piscines gratuites, les musées gratuits, les bibliothèques gratuites. Ou je préfère Saint-Denis où on a mis des rafraîchissements, des ventilateurs, des brumisateurs. Ok, c'est placé. Plus intelligent.
Achraf Hakimi, défenseur du Paris Saint-Germain, qui joue en ce moment le mondial de foot avec le Maroc et renvoyé en procès pour viol. Est-ce que vous demandez qu'il ne joue plus avec le PSG dans l'attente de son procès ? Je pense qu'il ne devrait plus jouer, oui.
Mardi, on assistera à la panthéonisation de l'historien Marc Bloch. La France insoumise au pouvoir, qui choisiriez-vous de panthéoniser ? Bonne question.
D'abord, je trouve que c'est une très bonne nouvelle qu'on panthéonise Marc Bloch. Personnellement, j'y participerai à cette panthéonisation. Pour le reste, franchement, je ne vais pas répondre à titre individuel si la France insoumise était au pouvoir. Au collectif peut-être du mouvement, vous n'avez pas une petite idée ? Non, mais par ailleurs, je ne suis pas sûr qu'il faille considérer que ça doit être la décision individuelle d'un président de la République ou d'un gouvernement. Il faut un travail avec des historiens. Mais l'idée de panthéoniser des personnes importantes de notre histoire, ça me paraît évidemment nécessaire.
Je suis très heureux, vous voyez, je suis capable de dire du bien, par exemple, qu'on ait panthéonisé Missa Kéméline Manouchian. Je pense que c'était une très bonne mesure. Et je suis très heureux qu'on panthéonise Marc Bloch.
Manuel Bompard, le coordinateur national de la France insoumise et député des Bouches-du-Rhône. Et notre invité ce dimanche, on marque une pause dans le grand jury et dans un instant, on reviendra sur les enquêtes administratives dans l'affaire de Ligana. Et puis, on parlera également, bien évidemment, de la campagne présidentielle 2027 qui a largement commencé. A tout de suite.
On s'était promis quoi cet été ? Moins de travail. Et ? Moins de stress. Et ? Moins d'administratif. Alors pourquoi t'es sur ton ordinateur ? Parce que je m'inscris sur Collecto pour la facturation électronique. Ça prend combien de temps ? C'est fait. Inscrivez-vous à l'annuaire de l'État pour la facturation électronique en moins d'une minute avec Collecto. Centralisez devis, factures, paiements et trésorerie sur une plateforme connectée à votre expert comptable. Collecto, la seule promesse de l'été facile à tenir. Pour plus d'informations, rendez-vous sur Collecto.fr
Suite du Grand Jury, présenté par Olivier Bost. Manuel Bompard, coordinateur national de la France insoumise, député de Marseille et notre invité. Stéphane Duguay pour Public Sénat et Jim Jarassé pour le Figaro sont à mes côtés pour vous interroger.
Le Grand Jury, l'actualité de la semaine.
Le rapport des enquêtes administratives sur les dysfonctionnements autour de l'affaire Liana sera rendu demain. Manuel Bompard, qu'attendez-vous de ce rapport ?
D'abord qu'on puisse identifier quelles ont été les failles dans la prise en charge des multiples et des différents signalements, plaintes qui sont arrivées à la gendarmerie et à la justice avant le drame de la mort de Liana. Qu'on puisse comprendre ça. Et puis ensuite que ça nous permette d'y apporter des réponses. Alors je sais qu'immédiatement, on va poser la question des responsabilités individuelles. Si elles existent, s'il y a des responsabilités individuelles, sans doute donneront-elles lieu à des sanctions.
Mais si on reste à des réponses individuelles, en gros en désignant une ou deux boucs émissaires, sans prendre à bras-le-corps un fléau qui est un fléau aujourd'hui national et même international qui est celui de la violence sexiste, sexuelle et des violences sexuelles contre les enfants, je pense qu'on sera passé absolument à côté du sujet.
Est-ce que l'affaire Liana ne va pas se résumer justement à des responsabilités individuelles ? Je pense que si c'est le cas.
Oui mais si c'est le cas. Non parce que ça ne sera pas le cas. Parce que c'est évidemment un drame qui va avoir ses spécificités, comme les drames ont leurs spécificités, mais qui s'inscrit dans un tableau d'ensemble. Il y a un chiffre qui permet de le résumer. Vous avez aujourd'hui 70% des plaintes déposées pour viol contre enfant qui sont classées sans suite. Donc si vous n'êtes pas capable de répondre à cette question-là de manière globale, et si on en sort par il y a eu tel ou tel dysfonctionnement, donc on a telle ou telle sanction individuelle, pardonnez-moi. Le responsable c'est l'État, c'est ce que vous dites ?
Non, je dis que c'est un problème systémique, c'est un problème global, dans lequel évidemment les gouvernements, l'État a sa responsabilité, mais ce n'est pas que l'État. L'État a ses responsabilités. Chacune, chacun d'entre nous, avons sans doute nos responsabilités. L'absence de formation dans la police, dans la justice, a ses responsabilités. Les collectivités locales ont leurs responsabilités, on le voit avec d'autres affaires. Et donc il faut une réponse qui soit une réponse globale.
C'est la raison pour laquelle je trouve assez indécent, et en tout cas absolument inefficace et ridicule, les propositions qui ont été faites par un certain nombre de candidats à l'élection présidentielle, faisant croire que finalement, face à cet océan noir, cette question, ce truc caché, qui est en train de sortir dans une vague de fonds qui frappe l'ensemble de la société, de faire croire qu'on va y répondre par une mesure démagogique. Il faut une loi globale, intégrale, qui répond sur tous les sujets.
Vous la soutenez, cette loi intégrale, qui a été déposée par une députée socialiste, qui est soutenue par la présidente de l'Assemblée, Yann Brunthier ?
Vous ne l'avez pas signée ? Oui, je vais vous dire pourquoi, parce qu'il y a certaines mesures à l'intérieur de cette loi avec lesquelles on est en désaccord. Il y a d'autres mesures qui, de notre point de vue, manquent. Mais en tout cas, je suis favorable, et je pense qu'il faut le principe d'une loi globale et intégrale. Pourquoi vous n'êtes pas d'accord ? Vous n'êtes pas d'accord avec quoi ? Précisément, c'est la raison pour laquelle j'allais vous dire. Moi, je souhaite qu'elle puisse, par exemple, celle-là être inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, et on fera notre travail d'amendement.
Parce que, par exemple, la coalition féministe qui était à l'origine de cette loi avait formulé plus de 100 mesures, je crois 140 de mémoire. Il y en a quasiment la moitié d'entre elles qui ne sont pas dans cette loi. Et par exemple, il n'y a rien sur la question de la réparation, du suivi des victimes, de l'accompagnement des victimes. Pour prendre cet exemple-là, je pourrais en donner d'autres. Donc, il y a des mesures qui manquent. Il y a des mesures qui suscitent du débat. Et en tout cas, je pense qu'on a besoin d'un débat qui permet de conduire à une réponse qui est une réponse globale.
Et deuxième élément, on peut faire les lois qu'on veut, on n'apportera pas de réponse à cette problématique si on ne débloque pas les financements nécessaires. C'est le même débat.
Oui, mais cette loi globale amènera à des moyens supplémentaires. Bah, précisément, non. Pour l'instant, ça ne suffira pas.
Ah, si, par la nature des mesures, il y a des choses qui demandent des moyens. Mais donc, il faut un budget rectificatif. C'est la demande qu'on formule. On peut le faire demain à l'Assemblée nationale. Il suffit que le gouvernement demande à l'Assemblée un budget rectificatif. Mais ce n'est pas un peu maximaliste de dire... Et qu'on débloque les 3 milliards d'euros qui sont demandés depuis des années et des années par l'ensemble des associations pour faire en sorte que ces mesures soient effectives. Mais ce n'est pas un peu maximaliste.
Enfin, à la France Insoumise, ça arrive. Mais de dire si on n'a pas tous, c'est-à-dire 140 mesures, si on n'a pas les 140 mesures, on ne veut pas des 70 ou en tout cas on ne soutient pas les 70 mesures.
Mais est-ce que c'est ce que je vous ai dit ? Vous n'avez pas signé. Je vous ai dit que... Non, mais il y a aussi des mesures qui ne sont pas seulement des manques. Il y a aussi des mesures avec lesquelles je suis en désaccord. Par exemple, il y a un article, je pense que c'est une erreur de rédaction qui, si on devait adopter la loi en l'État, ne caractériserait plus de viol des choses qui sont aujourd'hui caractérisées de viol. Je pense que c'est une erreur de rédaction. Mais ça a été pointé par un certain nombre d'associations. Donc, vous voyez, je ne suis pas en train de vous dire que je suis contre cette loi.
Je suis en train de vous dire inscrivons-la lors d'autres jours de l'Assemblée nationale et après, il y a un débat parlementaire. Et dans ce débat parlementaire, nous, on fera des propositions pour compléter, améliorer cette loi parce que sur certains aspects, elle nous semble insuffisante. Stéphane Duguay.
Sur la protection de l'enfance, il y a le scandale du périscolaire à Paris. Les insoumis de la capitale, emmenés par Sofia Chiquirou, qui était votre candidate, ont annoncé avoir fait un signalement au procureur sur la connaissance ancienne du risque et les défaillances de son traitement. Est-ce que vous espérez des condamnations ?
D'abord, j'espère là aussi des réponses. Avant tout, quand on demande à une autorité, la justice là en particulier, d'enquêter. Manifestement, il semble qu'il y a eu des signalements qui n'ont pas été suivis de des faits, qui n'ont pas été pris en compte. Donc, il faut comprendre pourquoi. Est-ce qu'il y a des responsabilités ? Politiques, c'est ça. Elles peuvent être politiques, évidemment. Oui, mais s'il y a des responsabilités politiques, tout le monde doit assumer ces responsabilités politiques. Et quand Sophia Chikirou, pendant la campagne des élections municipales, a pointé ce sujet, on lui a dit, ah non, il ne faut pas parler de ça, en quelque sorte, faites de la récupération.
Non, c'est un sujet.
Le candidat était Emmanuel Grégoire, qui a remporté cette municipale. Est-ce que vous pensez qu'il a une responsabilité directe dans cette affaire ?
Je pense que c'est en particulier pourquoi, par exemple, cette enquête doit permettre de déterminer quelles sont les responsabilités. Et puis nous, parce qu'il n'y a pas que Paris, moi, je ne suis pas dans une démarche politicienne à l'égard d'Emmanuel Grégoire sur ce sujet. De la même manière que quand on a posé la question de la responsabilité politique de M. Darmanin, on n'est pas dans une démarche politicienne à l'égard de M. Darmanin. On dit tout simplement que les politiques, ils ont des responsabilités, qu'ils doivent assumer leurs responsabilités.
Dans la France Insoumise, ça fait plusieurs semaines, on a déposé une demande de commission d'enquête au niveau national sur la question du périscolaire. Oui, on n'est pas focalisé sur Paris. Il y a sans doute d'autres communes, et certainement, malheureusement, d'autres communes où il y a des problèmes. Mais est-ce que, oui ou non, on considère désormais qu'on ne peut pas considérer que la question de nos enfants, c'est une question accessoire ? Et est-ce qu'on la met sur la pile, sur le devant des priorités politiques ? Je pense qu'on doit le faire.
Et donc, devoir le faire, c'est faire des propositions, on en a parlé, et puis c'est aussi enquêter sur les dysfonctionnements, identifier les responsabilités, que les responsabilités politiques
aussi soient établies. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres et à leurs collaborateurs de faire des dépistages surprises pour détecter l'usage ou non de drogue. Est-ce que vous approuvez cette démarche ?
Pourquoi pas ? Mais je trouve qu'elle est un peu démagogique. On parle de tests salivaires. Les tests salivaires, ça permet de détecter s'il y a eu des prises de drogue quelques jours avant. Je ne crois pas que ça résolve vraiment le problème qui est, lui, un vrai problème, qui est la question des addictions dans notre société de manière générale. Et le fait que des personnes qui sont en responsabilité, elle peut être politique, mais ça peut être d'autres types de responsabilités, peuvent être soumises à ces addictions.
On voit bien qu'il y a un changement d'approche. C'est-à-dire que dans la lutte contre le narcotrafic aujourd'hui, on ne peut pas dire qu'il y ait beaucoup de succès, que le trafic ne baisse pas, que la délinquance augmente. C'est un peu maximaliste, là. C'est ça. Cela dit, c'est une différence d'approche. C'est-à-dire que le fait de tester les consommateurs, demain, les travailleurs,
est-ce que c'est une différence d'approche ? C'est exactement l'approche que met en œuvre le gouvernement dans la lutte contre le trafic de drogue. Alors, vous, votre approche, c'est quoi ? C'est la légalisation ? Alors, attendez. Passons pas... Les deux sujets ne sont pas exactement les mêmes. Là, on parlait des responsables politiques. Maintenant, si vous me posez la question de savoir comment on lutte contre les addictions de manière générale, je pense qu'on ne lutte pas efficacement contre les addictions par des politiques de pénalisation du consommateur. Je vous le confirme. Je pense qu'on le fait par des politiques de santé publique.
Et dans ces politiques de santé publique, oui, je pense que la légalisation du cannabis en particulier, pas parce que ça ne serait pas dangereux, ça ne poserait pas de problème, mais parce qu'on serait plus efficace pour pouvoir attirer l'attention justement sur les risques pour la santé que porte une consommation régulière de cannabis. Je pense qu'il faut effectivement passer par...
Sur le fléau de la cocaïne, par exemple, ça peut se régler avec de la prévention ? Non, justement, ce n'est pas ce que je vous dis.
Là, on parlait du cannabis. Non, non, je ne parle pas de légalisation, je parle de prévention. Vous dites, il faut répondre. Non, ça peut se régler par de la prévention. C'est une addiction. Si vous n'apportez pas des réponses, évidemment qu'il faut aussi des réponses de pénalisation des cartels, des réseaux, de la criminalité organisée. Mais pas viser les consommateurs. Mais le problème, c'est qu'à un moment, tout ça est une question de priorité politique.
Si vous mettez vos effectifs de police à passer leur temps à courir derrière les consommateurs, excusez-moi, mais c'est moins de moyens, moins d'énergie, moins d'attention qui est portée à ce que devrait faire de mon point de vue la police, et en particulier la police judiciaire, si M. Darmanin ne l'avait pas absolument désorganisé, c'est-à-dire se concentrer sur le démantèlement des réseaux. Parce que ces réseaux-là, c'est eux qui sont responsables de cette situation et qui s'en mettent plein les poches.
Donc vous êtes opposé à l'idée que par exemple des employeurs puissent faire des tests sur les stupéfiants auprès de leurs salariés ? Je ne pense pas
que ce soit la bonne démarche. Je pense que la bonne démarche, c'est des politiques de lutte contre les addictions, des politiques de santé publique et des moyens policiers. Stéphane Dugas.
Ils sont concentrés sur les réseaux de la criminalité organisée. Le Premier ministre justifie ces tests en disant que la consommation de drogue peut rendre les personnes vulnérables sur des emplois, notamment où il y a des données sensibles, des données liées à la sécurité. Est-ce que, malgré, on entend votre approche, ça ne pose pas un souci pour les consommateurs s'ils ont des postes à responsabilité de consommer la drogue ?
Évidemment que ça peut poser un souci. Pardonnez-moi, mais travailler sous usage de drogue ou sous usage d'alcool, par exemple, c'est une faute professionnelle. Donc si quelqu'un en est responsable, évidemment qu'il ne doit pas travailler sous usage de drogue ou sous usage d'alcool. Vous avez fait son poste ? Non, mais après, moi, je ne suis pas responsable des entreprises. Quand il y a des fautes professionnelles, il y a des sanctions. C'est comme ça que ça marche dans une entreprise. Donc après, quel est le degré, la nature des sanctions ? Ça dépend sans doute du degré de la faute.
Il y a un député de votre groupe, Andy Kerbrad, qui avait été attaqué sur cette question et confronté à des problèmes d'addiction. Il n'a pas quitté son mandat de député. Est-ce que ça ne pose pas de problème ? D'abord,
Andy Kerbrad, il a dit lui-même et il a justement suivi un programme de lutte contre cette addiction parce que c'est une addiction et donc ça se soigne, en fait. Donc il a vu des soignants, il a pris du recul. En attendant, évidemment, son groupe politique, sa voix était représentée à l'intérieur de son groupe politique. Et aujourd'hui, il va mieux et il est revenu. et vous savez, je pense qu'on lutte plus efficacement contre le problème des addictions de cette manière. Après, je vois bien que parce qu'Andy Kerbrad est député sous l'étiquette de la France insoumise, on veut en parler beaucoup.
Mais vous savez, il y a des députés d'autres formations politiques dont on a vu et on a pu constater, par exemple, qu'ils avaient consommé de la cocaïne dont on a pu constater pour certains d'ailleurs au Sénat qu'ils avaient utilisé de la drogue sur autrui, ce qui est encore plus grave. C'est déjà grave, évidemment, d'utiliser de la drogue sur soi-même, mais sur autrui pour faire de la soumission chimique. Et je ne trouve pas que ce cas ait eu la médiatisation similaire à celle de Andy Kerrwatt. Alors je sais que quand on est insoumis, on a le droit à cette médaille qu'il faut être encore plus exemplaire que les autres. On essaye de l'être.
Rapidement, Manuel Bompard, est-ce que vous seriez pour que les candidats à la présidentielle fassent des tests de détection de drogue ? S'ils veulent faire
que les candidats à la présidentielle fassent des tests. Mais franchement, tout ça, vous imaginez bien que par définition un test salivaire que vous allez prévoir, vous pouvez avoir un ministre, un candidat, un député, n'importe qui qui est addict à une drogue et qui va faire en sorte que pendant les trois jours précédents, ils ne consomment pas de drogue pour ne pas tomber dans le test salivaire. Franchement, je trouve que c'est de la démagogie. Considérer qu'on peut répondre à la problématique des addictions et de l'usage des drogues dans notre pays qui a effectivement augmenté par ces moyens me paraît à mon avis hors de propos.
Le Grand Jury 2027, c'est demain.
Bruno Rotaillot, le candidat à la présidentielle des Républicains tenait meeting hier. Il a fustigé votre concept de Nouvelle France. Il estime que la Nouvelle France c'est un nouveau sectarisme, un nouvel antisémitisme, un nouveau racialisme. Que lui répondez-vous ?
Moi, je ferme le vœu si vous voulez que dans la campagne présidentielle, on puisse avoir des confrontations qui soient projet contre projet, qu'on évite les insultes. Je trouve que ce n'est pas très digne de la part d'un ancien ministre qui prétend diriger le pays d'insulter une autre formation politique. Je sais que M. Rotaillot, si vous voulez, il est au fond du gouffre, il a quitté le gouvernement, personne n'a compris pourquoi. Il est en mal d'existence. Est-ce que la Nouvelle France... Attendez, il est en mal d'existence parce qu'il y a d'autres candidats qui sont présentés, il cherche son espace.
Mais s'il peut régler ses problèmes avec ses amis, d'éviter de prendre la France insoumise. L'avantage d'aujourd'hui, c'est que quand vous tapez sur la France insoumise, tout le monde en parle. Donc tout le monde essaye de profiter de la lumière de la France insoumise. Désolé,
je ne donnerai pas de lumière à M. Rotaillot. Est-ce que ce n'est pas justement le principe de la Nouvelle France de faire réagir vos opposants politiques en premier lieu le Rassemblement national ?
On peut débattre, évidemment. J'aspire à ce qu'on puisse débattre, y compris autour de ce concept de la Nouvelle France, des éco-régions dont on a parlé tout à l'heure. Par exemple, on aurait pu débattre de savoir si les gens trouvent que c'est bien que M. Rotaillot propose la retraite à 65 ans. Par exemple, ça aurait été intéressant. Ou on aurait pu débattre de savoir s'il faut, comme le dit M. Rotaillot, remettre en cause l'indépendance de la justice en supprimant le juge d'application des peines. Ça, ça serait des débats dignes.
Mais les insultes, franchement... Pardon, Manuel Bompard, je reviens sur ce concept de Nouvelle France. Comment vous voulez convaincre ceux qui ne se sentent pas justement appartenir à cette Nouvelle France telle que vous la décrivez ? Pourquoi ils n'appartiendraient pas à cette Nouvelle France ? Parce que vous avez ciblé notamment des nouvelles générations, des racisés, etc. Vous avez décrit ce que vous considérez comme ça.
On a dit la Nouvelle France c'est la France d'aujourd'hui. En contraste à la France de la Ve République et la France de 1958. Pourquoi ? Parce que la France elle a bougé.
Elle a évolué. Vous ne les incluez pas dans cette Nouvelle France ? Pardon ? Les seniors, vous ne les incluez pas dans cette Nouvelle France ? Si, parce que vous savez, d'abord il n'y a pas beaucoup de seniors
qui ont voté pour la constitution de 1958 et par ailleurs on dit juste quels ont été les changements quasi anthropologiques si vous voulez de la société française depuis 1958. Quelles sont les questions politiques nouvelles que ça nous pose et comment on y répond ? Et parmi ces changements il y a par exemple la condition aujourd'hui de les problématiques liées à la dépendance, comment on peut bien vieillir dans notre société ?
Donc non seulement j'inclus comme vous le dites les seniors dans la Nouvelle France mais je vais même vous dire les seniors, les personnes les plus âgées ils ont intérêt à ce qu'on se pose cette question avec la modification des générations de la pyramide des âges comment on fait en sorte d'avoir par exemple dans la sécurité sociale un vrai dispositif de financement de la dépendance pour que les gens puissent vieillir dignement qu'on ne les mette pas dans des EHPAD privés qui les obligent eux et bien souvent l'ensemble de leur famille a dépensé tous leurs deniers pour faire en sorte que les personnes âgées de leur famille parce qu'évidemment on y est tous très attachés puissent être accompagnés et suivis dans les derniers moments de leur vie donc par exemple ces questions-là on pourrait en parler mieux que d'une manière là aussi la Nouvelle France qui s'oppose à l'ancienne France nous on n'a jamais dit dans la Nouvelle France la Nouvelle France c'est la France telle qu'elle est aujourd'hui avec les questions politiques nouvelles qui sont posées aujourd'hui et quelles sont les réponses qu'on peut apporter à ces questions politiques nouvelles voilà la démarche qui est à la note
dans la Nouvelle France Manuel Bompard on peut siffler la Marseillaise un principe que défend Bali Bagayoko le maire de Saint-Denis il ne faut pas caricaturer les propos de la France insoumise
parce que sinon je vois bien que Bali Bagayoko depuis son élection il y a beaucoup de gens qui lui cherchent des noix sur à peu près n'importe quel sujet et donc Bali Bagayoko n'a pas défendu le principe de siffler la Marseillaise vous savez moi la Marseillaise dans l'ensemble des meetings organisés par la France insoumise on chante la Marseillaise et moi je sais d'où vient ce chant son caractère révolutionnaire après ce que dit Bali Bagayoko c'est quand des gens ne sifflent pas la Marseillaise essayons de comprendre pourquoi pour précisément répondre à ces raisons est-ce que ça justifie
ça ne justifie pas c'est un droit à la réplique populaire c'est ce qu'il a dit précisément
il n'a pas dit il faut que les gens s'en fassent alors que depuis maintenant depuis qu'il a dit ça vous avez sur tous les plateaux de télévision la droite l'extrême droite qui n'a rien à proposer pour le pays juste à essayer en permanence de construire des polémiques et alors en plus qu'on sait sur Bali Bagayoko maire de Saint-Denis maire noire de Saint-Denis alors là ça les amuse beaucoup franchement on va passer une semaine sur le fait de savoir si on peut essayer de comprendre d'essayer d'identifier les raisons pour lesquelles il y a des gens qui se retrouvent dans un rapport dans lequel ils ont l'impression que ce pays n'est pas là et comment on fait en sorte d'y répondre c'est ça la question qui nous est posée essayons de répondre à ça précisément parce qu'on a envie que tous les françaises et les français tous nos jeunes en particulier se sentent français
Selon L'Express Manuel Bompard Emmanuel Macron a dit que Jean-Luc Mélenchon serait au second tour de l'élection présidentielle est-ce que le président de la République a à vos yeux une bonne analyse politique ou il veut au contraire effrayer et remobiliser une part de son électorat
sans doute les deux je ne sais pas et franchement je ne sais même pas si ses propos ont été vraiment tenus ou pas moi ce que je sais c'est la dynamique qu'il y a autour aujourd'hui de la candidature et de la campagne de Jean-Luc Mélenchon vous savez il y a beaucoup de meetings au mois de juin on arrive bientôt à la fin il ne reste plus que celui de M.
Edouard Philippe ce qui vous estimez que vous avez gagné le match Jean-Luc Mélenchon il aura réuni tout seul plus que tous les autres meetings réunis je pense que ça dit quand même quelque chose de la dynamique qui est la nôtre on a quasiment 320 000 parrainages citoyens d'individus avec vérification du numéro de téléphone qui sont venus appuyer la candidature de Jean-Luc Mélenchon on a 15 000 contributions programmatiques et voilà on est dans une campagne qui a bien démarré et maintenant moi j'appelle toutes celles et ceux qui nous écoutent si vous voulez que cette élection présidentielle permette précisément d'ouvrir une nouvelle page pour répondre aux problématiques sociales, écologiques, démocratiques dont on a parlé venez nous rejoindre venez nous aider dans cette campagne
vous parliez justement du programme et des contributions à votre programme il y a une question importante c'est quand même celle de l'entrée dans l'atmosphère en quelque sorte de votre programme notamment sur la réaction de l'Europe et aussi des marchés financiers qui financent aujourd'hui l'endettement de la France comment faites-vous pour éviter que les taux d'emprunt financés 3400 milliards d'euros de dettes ne s'envolent pas avec votre programme
je vais juste vous dire quelque chose vous savez quand il y a eu les élections législatives de 2024 et que contre tous les sondages qui disaient que c'est le rassemblement national qui allait avoir le plus grand nombre de députés à l'issue de ces élections ça a été le nouveau front populaire à l'époque qui a eu le plus grand nombre de députés à l'époque il y a eu un débat sur est-ce qu'on nomme un premier ministre ou pas issu du nouveau front populaire et les mêmes arguments que vous êtes en train d'employer ont été employés les taux d'intérêt vont s'envoler etc il y avait même des prévisions il n'a pas été nommé exactement et les taux d'intérêt on n'a pas pu voir ce que ça donnait et les taux d'intérêt ont augmenté exactement dans les proportions qui étaient ceux des prévisionnistes économiques de l'époque de telle sorte qu'à la fin de l'année les taux d'intérêt ont beaucoup grimpé donc en fait ça c'est le chiffon rouge qu'on agite comme ça pour essayer de faire peur donc vous savez la France Insoumise elle a un programme ce programme il est en cours d'actualisation il sera présenté il y aura un chiffrage de notre programme en 2022 on a chiffré notre programme on a été les seuls à le faire
il y aura toujours 185 milliards d'euros d'impôts en plus c'était le programme 2022
vous verrez nos propositions et notre chiffrage mais il ne faut pas tout mélanger parce que les impôts en plus ça ne veut rien dire moi les impôts des gens ce que je peux vous dire c'est que les impôts des gens qui sont dans les premières tranches de revenus jusqu'à 92% des françaises et des français c'était notre proposition de 2022 leurs impôts ils n'augmentent pas ils baissent ou ils restent à l'identique voilà donc les impôts ça ne veut rien dire vous pouvez décider d'augmenter effectivement la fiscalité pour les ultra riches les grandes entreprises qui ne payent pas suffisamment leurs impôts en France et ça oui je vous le confirme on le fera parce qu'on en aura besoin et parce que ce n'est pas normal il y a eu un rapport sénatoriel cette semaine qui a démontré à quel point vous avez aujourd'hui des ultra riches qui ne payent zéro impôt sur le revenu si vous trouvez ça normal moi non
Manuel Montaguez est-ce que vous vous préparez à un scénario où potentiellement il y a une crise économique à votre accession au pouvoir comme François Mitterrand avait dû en son temps faire un tournant de la rigueur en 1983 est-ce que c'est un scénario sur lequel vous vous basez quand même mais il y a une crise économique déjà là
enfin je veux dire et en plus je ne veux pas affoler tout le monde mais il y a des perspectives très noires aux Etats-Unis qui commencent à monter ce qu'on appelle la crise de la dette privée il y a ce spectre qui plane il y a la question de la situation géopolitique internationale de facto on est dans une situation économique qui est une situation économique troublée et c'est précisément la raison pour laquelle la seule réponse viable dans cette situation ça ne peut pas être de reproduire les recettes du passé ça ne peut pas être de continuer comme ça de faire comme si on n'avait pas vu de considérer comme l'avait dit M.
Sarkozy après la crise de subprime on va moraliser le capitalisme ils l'ont tellement moralisé qu'ils ont réglementé les banques ils ont développé la finance privée et aujourd'hui c'est la finance privée qui nous met dans le mur et qui va peut-être s'effondrer précisément parce qu'on est dans ce moment c'est un moment de rupture et la rupture c'est nous qui l'apportons parce que ce n'est pas M. Bardella à la Jordane de Monaco qui est en capacité de régler ce problème
Manuel Bonpar une dernière question avec une réponse en une minute et ça ne va pas être évident Qu'est-ce que pense la France Insoumise de l'intelligence artificielle ? Est-ce une menace ou l'avenir ?
Précisément la France Insoumise considère que c'est plutôt de l'avenir mais que pour autant il y a certains usages de l'intelligence artificielle qui sont dangereux et qu'il faut sortir précisément d'une vision tout blanc tout noir et essayer de promouvoir l'intelligence
Il n'y a rien dans votre programme en l'état pour l'instant sur l'intelligence artificielle
On avait déjà un livret consacré à ces questions mais on continue à travailler parce qu'évidemment ces questions sont montées en puissance il y a des usages de l'intelligence artificielle qu'il faut absolument favoriser qu'il faut absolument développer et puis il y en a d'autres sur lesquelles il faut réglementer il faut faire attention il ne faut pas faire n'importe quoi Il y a des problèmes de souveraineté et je pense que ça devrait être notre priorité Est-ce qu'on veut que la France soit un endroit où on mette des data centers pour faire tourner des intelligences artificielles américaines, chinoises ou alors est-ce qu'on veut avoir nous-mêmes nos propres outils donc un réseau public de cloud souverain des investissements dans des entreprises françaises une politique de recherche publique sur l'intelligence artificielle voilà ce qu'il faut faire pas se satisfaire quand il y a des milliards d'euros qui sont investis par les géants de l'intelligence artificielle en France parce que ça on n'a pas le contrôle et vous avez vu ce qui s'est passé pardon j'ai bientôt fini avec Donald Trump qui a interdit l'usage d'entropique des intelligences artificielles d'entropique en dehors des Etats-Unis vous voyez bien que si on est dépendant d'eux du jour au lendemain on peut se retrouver sans rien voilà ce qui devrait être la priorité je pense qu'on est les seuls Manuel Bompard
merci pour ce grand jury je vous souhaite un bon dimanche à tous on se retrouve la semaine prochaine ciao
ciao
Manuel Bompard